Réussir l’épreuve de l’HireVue est une condition nécessaire pour décrocher une offre de Spring, Summer ou Graduate Program dans une banque. Cet exercice redouté notamment pour son format est souvent la dernière étape avant d’accéder à l’Assessment Center. AlumnEye vous explique tout sur les spécificités et la manière d’aborder ce test grâce aux témoignages de trois candidats l’ayant réussi.

 

Qu’est-ce qu’un HireVue ?

L’HireVue est un test vidéo de sélection que l’on retrouve dans les processus des banques, que vous postuliez pour un Spring, Summer ou Graduate Program. Cette technique d’entretien s’est peu à peu substituée aux premiers tours classiques, et permet aux banques d’analyser les candidats avec un grand nombre de critères. Concrètement, durant le test, la plateforme vous soumet des questions pour lesquelles vous avez un temps de préparation limité. Vous restituerez ensuite votre réponse face à votre caméra, une manière pour la banque d’enregistrer votre réponse et d’analyser votre respiration, votre vocabulaire ou vos mouvements oculaires.

Lorsque vous vous connecterez sur la plateforme en cliquant sur le lien que la banque vous a envoyé, une vidéo d’introduction vous expliquera ce qu’est un HireVue et les conseils de la banque pour réussir. Quelques exemples pourront vous être proposés afin que vous puissiez vous assurer que votre micro et votre caméra fonctionnent. Attention, cet exercice est différent d’un entretien par visio-conférence notamment parce que vous êtes certes filmé, mais vous n’aurez pas d’interlocuteur. Les questions apparaitront les unes à la suite des autres, et sera à chaque fois précisé le temps de préparation dont vous disposez avant que votre caméra ne se déclenche pour vous permettre de répondre.

Pour les banques, l’introduction de l’HireVue permet d’évaluer un plus grand nombre de candidats tout en mobilisant des ressources limitées. En substituant l’HireVue à des entretiens classiques, les banques élargissent la base de leurs candidats sans engager de frais supplémentaires. Pour réussir, la préparation est primordiale, et c’est la raison pour laquelle AlumnEye a donné la parole à trois candidats (Marion, Nathan et Camille) qui ont réussi cet exercice, respectivement chez JPMorgan, Macquarie et UBS.

 

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Un exercice singulier :

 Nous l’avons vu, l’HireVue est un exercice particulier, mais concrètement qu’est-ce qui le différencie d’un appel téléphonique classique ? « C’est très différent dans le sens où personne ne rebondit sur ce que l’on dit et c’est plus difficile de détourner la question si jamais on ne parvient pas à répondre. Au téléphone, les questions ne sont pas chronométrées, on a le temps de réfléchir, de demander des précisions à l’interviewer, etc. Par ailleurs, le fait d’être filmé nécessite que l’on ait une bonne tenue. ». Vous n’avez pas d’interlocuteur et êtes seul face à votre caméra, il vous sera donc impossible de créer du lien et de l’empathie : « A la différence d’un phone interview, on ne peut pas créer de lien avec l’interlocuteur. C’est déstabilisant notamment parce qu’on ne peut pas à la fin de l’entretien se distinguer des autres candidats avec des questions-réponses. Il y a aussi une pression supplémentaire en raison du timing et de la caméra ».

Sans doute vous posez vous la question de savoir ce qui vous sera demandé lors de l’HireVue et si l’on peut distinguer des grands thèmes lors du test : « Dans l’HireVue que j’ai passé il y avait seulement trois questions. C’est difficile de dégager des thématiques mais c’était principalement des questions de fit de type TMAT. » nous dit Marion à propos de l’HireVue JP Morgan. Nos deux autres candidats ont cependant pu dégager quelques tendances comme en témoignent Camille : « Ça dépend des banques. Chez Goldman Sachs, il y avait 4 questions fit / mises en situation et une question sur notre choix de division. Chez UBS, c’était à la fois fit et des questions sur la banque. » et Nathan : « « Mon HireVue chez Macquarie était structuré de la façon suivante : une première partie – générale : pourquoi cette banque/division ? pourquoi la finance ? Une seconde partie – motivation : type TMAT. Enfin une troisième partie – “technique” avec des questions concrètes ». Retenez que la structure de l’HireVue dépend de la banque dans laquelle vous passez le test. Néanmoins un bon bagage technique est nécessaire pour ne pas être surpris lors d’une question, et la partie fit est très souvent sous forme TMAT.

 

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Comment se préparer pour votre HireVue ?

Réussir ce test a demandé à chaque candidat une préparation minutieuse, et lorsque nous les interrogeons sur les raisons de leur succès, les réponses sont unanimes : « Avoir eu les questions à l’avance grâce au Forum AlumnEye a été un énorme plus je pense. Cela m’a permis de me concentrer sur la structuration des réponses et de pouvoir énoncer des choses précises. » confie Nathan après son succès chez Macquarie. Marion, elle, insiste sur la qualité de sa préparation : « Honnêtement, je ne sais pas car j’ignore comment ont performé les autres candidats et quelles étaient les attentes précises des recruteurs vis-à-vis de l’HireVue. J’avais vraiment été consciencieuse dans ma préparation en réfléchissant à des exemples différents qui pourraient me distinguer des autres candidats en essayant de préparer le maximum de questions possibles tout en faisant attention au rendu final. ».

L’HireVue est un exercice dans lequel il existe des questions de fit qui reviennent dans chaque process, peu importe la banque dans laquelle vous postulez. Ceci est d’autant plus vrai pour les banques qui recrutent en Spring, Summer ou Graduate Program. Ces questions doivent être préparées minutieusement. Camille nous livre les clés de sa préparation : « « Je me suis préparée comme pour un entretien face to face. Je me suis également entrainée à répondre aux questions classiques en me filmant et en me chronométrant. », Nathan, lui, a pris contact avec d’anciens candidats : « Grâce aux comptes rendus sur le forum AlumnEye, j’ai eu les questions en avance et j’ai donc pu les préparer en amont. Pour ma part (Macquarie), il me semblait très compliqué de réussir cet exercice sans avoir eu les questions en avance car elles nécessitent des connaissances précises sur certains secteurs et leurs key metrics ». Marion se montre très précise lorsqu’elle évoque la manière avec laquelle elle s’est préparée : « J’ai travaillé sur les questions de « fit » classiques (TMAT…) en listant les compétences sur lesquelles on pouvait m’interroger, les questions qui pouvaient être posées sur chacune des compétences en préparant des exemples différents (sur le modèle STAR) pour répondre à chacune d’entre elles. Ensuite, j’ai répété ces réponses à l’oral devant un miroir et ajusté le rendu (ton, débit, expression…) afin qu’il soit le plus fluide possible. Dans un second temps, j’ai effectué une préparation identique à celle d’un entretien classique (glaner des informations spécifiques à la banque, à la division à laquelle j’ai postulé) »

 

Quelques tips pour réussir le HireVue

Interrogés après coup sur les difficultés qu’ils ont rencontrées, les candidats révèlent que la préparation est primordiale pour éviter d’être déstabilisé par une question. Le temps court de préparation ne vous permettra pas de structurer une réponse convaincante. Nathan nous explique : « Le temps de réponse chez Macquarie est extrêmement court, souvent d’une minute. De plus, il est impossible de s’enregistrer une seconde fois, ce qui augmente davantage le stress au moment de restituer sa réponse. ». La forme compte aussi bien que le fond, or si vous n’avez pas préparé les questions en amont il vous sera impossible de paraître avenant lors de votre réponse. C’est ce qu’explique Camille : « Il y a deux éléments que je trouve perturbant dans le format de l’HireVue : d’une part, le temps imparti pour chaque réponse est bref, il faut être à la fois concis et donner des détails. D’autre part, la vidéo est enregistrée, il faut donc tenter de paraître naturel sachant que l’on n’a pas d’interlocuteur et ne pas oublier de regarder la caméra plutôt que l’écran ».

Enfin nous leur avons demandé de donner des conseils aux futurs candidats qui se soumettront au test de l’HireVue, Marion nous donne le sien : « C’est très important de bien préparer les questions de fit et de les répéter devant un miroir ou bien s’enregistrer. Il faut avoir conscience de l’image que l’on renvoie et de la structure des réponses. Il y a aussi des éléments perturbateurs comme le timing, la caméra et les questions auxquelles on n’aurait pas réfléchi. C’est important de garder son sang-froid. Enfin je conseillerais comme pour un entretien classique de ne pas apprendre ses réponses par cœur mais plutôt de constituer des éléments de réponses et des exemples que l’on puisse rattacher. »

 

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En effet, le succès à l’HireVue n’est jamais dû au hasard. Qui plus est, une bonne partie de l’entretien peut être préparé en amont afin de faire la différence par rapport aux autres candidats. C’est sur ces questions que vous devez vous démarquer en proposant une réponse très structurée tout en ayant l’air naturel. C’est sur ce point que Camille et Nathan décident d’insister : « Je conseille de faire une liste de questions basiques et de s’entrainer à y répondre en se filmant et en se chronométrant. Lorsque l’on parle, il faut regarder la caméra de la même manière que l’on regarderait un interviewer. Ne pas hésiter à sourire ou à parler avec les mains tout en essayant d’être le plus naturel possible. » ; « Je conseillerais tout d’abord d’enlever l’image de la caméra lors des réponses, car on a tendance à se regarder à l’écran ce qui détourne notre regard de la caméra. Aussi, je dirais qu’il faut absolument structurer ses réponses avec des link words comme first, secondly… pour qu’elles soient claires ».

 

Guillaume Baziadoly, étudiant à l’EMLyon et contributeur du blog AlumnEye