Verbal Reasoning Tests : comment s’y préparer ?


Vous souhaitez vous entraîner sur les tests de raisonnement verbaux ? Consultez les Verbal Reasoning practice tests de JobTestPrep

Avant d’envoyer votre CV pour un stage ou de postuler en ligne à un programme de type Summer Internship ou Graduate, c’est se tirer une balle dans le pied que d’arriver la fleur au fusil. Préparez-vous ! Vous serez très probablement soumis à des tests en ligne, notamment le test de raisonnement verbal, ou verbal reasoning test. De même que les tests numériques en ligne, ce sont les tests les plus communément utilisés par les banques et institutions financières pour écrémer les candidats. L’improvisation n’est pas le talent qui vous sauvera et l’entraînement reste le meilleur moyen d’améliorer ses performances et sa rapidité.

 

Quelques conseils pour s’y préparer

Il existe plusieurs types de tests de « verbal reasoning ». Ces derniers sont voués à tester les compétences des candidats en termes de logique et compréhension. Si l’on peut recourir au bachotage pour les questions de grammaire, seuls la pratique et l’entraînement pourront améliorer vos performances et votre rapidité devant des questions de logique et de compréhension. Il est donc recommandé d’entraîner le cerveau aux questions types et de savoir, lorsque vous candidatez, à quel type de test vous serez confronté afin de s’entraîner en amont et d’être préparé le jour J.

 

Premier réflexe : se renseigner sur l’éditeur de test de votre recruteur

Les recruteurs n’innovent pas beaucoup en termes de verbal reasoning tests et prennent pour source de leurs questions les mêmes bases de données. Ces tests émanent d’éditeurs spécialisés comme Kenexa (PSL), SHL, Talent Q, etc. La plupart des tests de verbal reasoning se ressemblent, mais chaque éditeur de texte utilise un format-type de questions. Renseignez-vous donc sur l’éditeur de test utilisé par le recruteur chez lequel vous avez postulé afin de vous préparer de façon efficace : c’est une information clef et facile à obtenir (elle figure parfois sur le mail d’invitation au test ou en interrogeant un minimum les moteurs de recherche).

Pour vous entraîner, JobTestPrep propose des packs d’entraînement aux verbal reasoning tests spécialement conçus pour chaque éditeur de tests. N’hésitez pas à vous renseigner sur ces packs d’entraînement tests ici :

 

Les questions typiques

Afin de vous préparer au large éventail possible de questions présentes dans les Verbal reasoning tests, nous avons répertorié les principaux types existants :

  • Reasoning test :un texte vous est présenté et les questions portent sur des extraits précis du texte. Une question en rapport avec l’extrait vous est posée avec 3 réponses possibles. Il vous faudra évaluer si la phrase supplémentaire présentée est “Vraie”, “Fausse” ou “Impossible à déterminer” par rapport au texte initial.
  • Verbal comprehension test : comme son nom l’indique, il s’agit de mesurer la capacité de compréhension du candidat. Très fréquemment utilisé, ce test requiert une lecture rapide d’un texte afin d’en tirer les informations principales.
  • Verbal Application : ces tests de raisonnement verbal présentent des phrases partielles à compléter. Toujours sous forme de QCM, il faut choisir l’une des options proposées. Ces tests sont privilégiés pour des postes plus seniors de management.
  • Analogies :ces questions vous testent sur les relations entre différents mots et différentes phrases.
  • Grammar test : assez similaire aux tests d’English proficiency, ce test de grammaire vous demande d’identifier les tournures grammaticales incorrectes parmi un choix proposé.
  • English proficiency test :ce test évalue votre niveau de compréhension de la langue anglaise. Les questions portent sur la compréhension, le vocabulaire, mais aussi l’orthographe.

 

D’autres Verbal Reasoning tests plus atypiques

Il existe d’autres tests d’aptitude basés sur le raisonnement verbal mais qui n’entrent pas dans les catégories mentionnées plus haut. Ces tests différents portent un nom qui leur est propre et peuvent être préparés de façon distincte.

  • Watson Glaser test :répandu chez les recruteurs de cabinets d’avocats, ce test de critical thinking est utilisé par un grand nombre d’entreprises pour sélectionner leurs candidats. Pour en savoir plus, cliquez ici.
  • Logical/Deductive Reasoning tests :ces tests s’apparentent davantage à des tests de logique qu’à d’habituels tests de raisonnement verbal. Il convient lors de ces tests de trouver certaines informations par élimination ou bien par déduction. Pour en savoir plus, cliquez ici. Alors pour réussir, musclez votre cerveau et préparez-vous.

 

Exemple de question tirée d’un Verbal Reasoning Test :

Paragraphe principal :

There is no doubt that vegetarian food can be healthier than a traditional diet – indeed, research has demonstrated that vegetarians are less likely to suffer from heart disease and obesity than those who eat meat. One long-standing concern about a vegetarian lifestyle is the risk of failing to take in enough protein. However, historical calculations as to the amount of protein needed for a healthy lifestyle have recently been shown to overestimate the quantities needed, and if vegetarians select their food carefully they should be able to meet their protein needs.

Question :

A balanced diet is more likely to promote health than any particular food or food group in isolation.

  • True
  • False
  • Cannot Say

 

 


Les fonds activistes : des hedge funds cousins des fonds vautours

Warren Buffett, l’oracle d’Omaha, est sans doute l’investisseur le plus respecté au monde. Critique du court-termisme, il s’est toujours déclaré hostile aux interventions dans des appels d’offre et a essuyé les attaques de ses pères. Parmi eux, Paul Singer, le directeur du célèbre fonds activiste Elliott Management. Début juillet, Elliott, connu pour ses opérations spéculatives sur les dettes publiques, a surpris en affrontant Berkshire Hathaway sur la reprise du groupe électrique Oncor. En effet, alors que le fonds de Warren Buffett se portait acquéreur, Elliott – alors créancier de l’une des filiales – a décidé de surenchérir. Cet épisode est le nouveau coup d’éclat d’un fonds activiste. Ces investisseurs atypiques, cousins des fonds vautours, sont désormais incontournables pour les grands groupes. Beaucoup d’entre eux mènent une politique dite event-driven leur permettant de tirer profit d’opérations de M&A. Mais qui sont-ils vraiment ?

 

Qu’est-ce qu’un fonds activiste ?

Symbolisés par des hommes d’affaires célèbres comme Carl Icahn ou Bill Ackman, les fonds activistes viennent tout droit des Etats-Unis où ils sont nés dans les années 1960. Dans la culture populaire, l’investisseur activiste est symbolisé par Gordon Gekko dans Wall Street où il convainc Bud Fox, les syndicats et les autres actionnaires de Bluestar Airlines, de lui donner plus de pouvoir pour finalement essayer de céder l’entreprise.

Les fonds activistes se caractérisent par des investissements dans des sociétés dans lesquelles ils interviennent bien davantage que les investisseurs minoritaires. Leur but est simple : obtenir un rendement et une création de valeur maximaux. Pour cela, ils ont en commun avec les fonds vautours l’utilisation des règles juridiques. Ils se distinguent en revanche en utilisant à leur avantage les règles de la corporate governance. En effet, alors que les fonds vautours s’opposent aux restructurations de dettes en tant que créanciers, les activistes s’opposent ou proposent des mesures créatrices de valeur en tant qu’actionnaires. Leur implication dans les sociétés cibles est progressive. Généralement, les activistes prennent discrètement contact avec la direction de la cible et lui font des recommandations en tant qu’actionnaires minoritaires. Ces recommandations sont assez classiques quand une rentabilité supérieure est recherchée : cessions d’actifs ou de branches d’activités, recentrage d’activités, plans de licenciement. Mais, s’ils ne sont pas écoutés, les activistes recourent à leur arme principale : un changement dans la gouvernance de l’entreprise. En utilisant les prérogatives accordées par le droit des sociétés en tant qu’actionnaires, les activistes peuvent s’attribuer des places au conseil d’administration de la cible pour peser sur sa gestion, refuser des opérations stratégiques ou en changer la direction. Leurs voix ainsi que celles d’autres actionnaires qu’ils réussissent à rallier sont donc cruciales.

LA4Lire aussi : Les fonds vautours : acteurs controversés du système financier

 

Carl Icahn et Bill Ackman : deux activistes emblématiques

L’activiste le plus célèbre est l’Américain Carl Icahn. Né en 1936, Forbes lui attribue une fortune de plus de 16 milliards de dollars. En pionnier, le « raider » se spécialisa dans les prises de participations minoritaires de sociétés qu’il avait au préalable étudiées et proposait par la suite aux dirigeants des mesures d’amélioration. En 1985, il se fit remarquer en acquérant par LBO la compagnie aérienne Trans World Airlines dont il revendit successivement les actifs par morceaux pour rembourser sa dette. Ses détracteurs lui attribuèrent alors les titres de dépeceur d’entreprises et de « raider ». Face à ces qualificatifs péjoratives, lui se revendique comme créateur de valeur pour tous les actionnaires.

Bill Ackman constitue un autre exemple d’activiste célèbre . Son fonds, Pershing Square, est le dixième fonds activiste dans le monde, avec plus de 10 milliards de dollars sous gestion. Ayant notamment investi dans les chaînes de restauration rapide Wendy’s, Mc Donald’s ou encore Chipotle, il a défrayé la chronique avec son investissement sur Valeant Pharmaceuticals. En 2015, Pershing Square avait acquis ce joyau pharmaceutique dans l’optique de le rapprocher d’Allergan. Cependant, à la suite de révélations sur les pratiques pharmaceutiques de Valeant, le groupe a perdu 95% de sa capitalisation boursière. Valeant était pour Ackman un modèle de réussite de l’activisme. Son dirigeant, ancien de McKinsey, était soutenu par un autre fond activiste connu : ValueAct. Ce qui devait être un investissement d’exception dans une entreprise symbole des réussites de l’activisme a été le plus grand pari perdu par Ackman, lui coutant alors 4 milliards de dollars. Dans une lettre à ses investisseurs en mars dernier, il a annoncé vouloir arrêter les dégâts après presque deux ans d’obstination.

Une influence notable sur la gouvernance des entreprises et la pratique des investisseurs

Si les références de l’investissement activiste sont américaines, ces méthodes sont en expansion continue. Avec des rendements bien souvent supérieurs aux investisseurs institutionnels ; mais aussi plus volatiles, ces hedge funds d’un autre type séduisent ces investisseurs traditionnels. Les institutionnels peuvent ainsi se révéler activistes occasionnels quand les fonds activistes proposent une résolution à l’assemblée générale  dont l’impact financier à court-terme convient à la majorité. Certains actionnaires deviennent même activistes à leur propre initiative. Un exemple frappant est celui du fonds souverain norvégien, connu pour être traditionnellement un investisseur de long-terme et amical vis-à-vis des directions de ses participations. En dévoilant les décisions votées dans le cadre de sa politique d’investissement, ce dernier a révélé avoir voté contre la réélection de Martin Bouygues au conseil d’administration de son groupe, contre les rémunérations de Bernard Arnault chez LVMH, d’Antoine Riboud chez Danone et d’Alexandre Ricard chez Pernod Ricard.

Sous l’influence des activistes, les gérants traditionnels s’adaptent. Ainsi, de plus en plus de fonds se dotent d’une équipe dédiée à la corporate governance. Le CEO de BlackRock a, dans une communication début 2016, affirmé que les activistes pouvaient avoir de meilleures stratégies que les dirigeants et que dans ce cas les équipes corporate governance de BlackRock y apporteraient leur soutien. Les entreprises elles-mêmes suivent le mouvement. Si elles ont préalablement recours à des conseils pour prévenir des attaques activistes, elles tiennent aussi à renforcer le dialogue avec leurs actionnaires et ainsi éviter d’être prises de vitesse par des revendications surprenantes et agressives.

LA4Lire aussi : Ces fonds de pension canadiens à l’assaut des entreprises françaises

 

La France et les activistes : une relation qui s’approfondit

En 2016, 758 sociétés dans le monde avaient été l’objet d’actions de la part de fonds activistes.  Le Vieux Continent est un marché privilégié pour les activistes car il est traditionnellement plus protecteur des actionnaires. A l’instar des structures capitalistiques américaines très dispersées, les grands groupes européens tendent de moins en moins à être détenus par d’importants blocs d’actions. Carl Icahn est d’ailleurs un investisseur ancien de Cevian Capital ; fonds suédois et activiste européen le plus connu qui gérait en 2016 plus de 12 milliards d’euros. Cevian a notamment investi dans Volvo et poussé au remplacement de son directeur général.

Longtemps, la France a été vue comme une terre hostile aux activistes. Dans un pays où l’Etat alternait entre phases de nationalisations et de privatisations dans les années 1980 et 1990, le terrain semblait peu propice; de surcroît quand on sait que l’Etat n’hésitait pas à conserver des participations dans des secteurs stratégiques. En 2010, le raider franco-américain Guy Wyser-Pratte avait defrayé la chronique en remettant en cause la gouvernance du groupe Lagardère et sa stratégie trop diversifiée. Étant constitué sous forme de société en commandite par actions, ce groupe voit sa gestions assurée par des commanditaires distincts et indépendants des actionnaires commanditaires, ce qui limite l’impact des actionnaires sur la politique du groupe. S’il avait échoué à obtenir l’accord des autres actionnaires sur ce volet, Wyser-Pratte a tout de même vu le groupe Lagardère se recentrer sur les médias et la culture, ce qu’il préconisait.

Depuis, les choses ont bien changé. Weser-Pratte s’attaque à la stratégie d’Euro Disney et les fonds activistes sont omniprésents dans la vie des entreprises du CAC 40. Valeo, Danone, Safran ou encore Solocal ont été touchées. Fin 2015, Casino a été attaqué par le fonds Muddy Waters qui, dans une note, dénonçait le calcul de ses marges au Brésil et le comportement de son PDG, Jean-Charles Naouri, s’appuyant sur un ancien analyste comportemental de la CIA. La France a maintenant ses propres fonds activistes. CI-AM, fondé en 2010, est particulièrement actif notamment grâce à une politique event-driven cherchant à profiter d’opérations de M&A. Il s’est fait particulièrement remarqué comme investisseur d’Altice. Après avoir contesté la parité de l’action lors de son IPO initiale, CI-AM conteste depuis juin l’abandon de la marque SFR par Altice au nom d’actionnaires minoritaires de SFR Group. Avant de prendre part à la stratégie de leurs cibles, les activistes doivent cependant se déclarer pour les sociétés cotées dès lors qu’ils franchissent un certain seuil au capital.

Mais la France a aussi modifié son droit pour protéger et augmenter les prérogatives des actionnaires. En 2013, une loi instaurait le principe du Say on Pay. Cette pratique consiste à imposer un vote consultatif obligatoire des actionnaires pour les sociétés cotées en France au sujet de la rémunération des dirigeants. D’autres lois sont aussi à double tranchant, telle la loi Florange encouragée par Arnaud Montebourg en 2014. Afin de lutter contre la spéculation, elle met en place un dispositif accordant un droit de vote double aux actionnaires des sociétés cotées au capital depuis au moins deux ans. Alors que Cevian Capital a une durée moyenne d’investissement de trois ans, une telle mesure améliorerait les droits d’activistes restant aussi longtemps.

Un rôle positif pour l’économie ?

En période de crise financière, le rôle des fonds activistes est encore plus prégnant car les valorisations sont plus faibles, ce qui facilite les critiques sur la rentabilité des entreprises. Alors qu’ils sont critiqués pour leur politique dite agressive et destructrice, les activistes peuvent néanmoins se targuer de mener des politiques de long-terme, certes dures à court-terme, mais permettant d’obtenir des rendements significatifs. Toute la question repose sur la place à accorder à l’actionnaire dans l’entreprise. Doit-il prendre pleinement part aux décisions stratégiques, ou être réduit à un simple rôle de consultant ou de votant ?

Les activistes défendent bien sûr le premier paradigme et profitent d’un cercle vertueux en leur faveur. Ils n’utilisent que les prérogatives que leur donnent le droit. Avec leurs réussites, ils attirent toujours plus d’investisseurs et bénéficient du phénomène de transparence accrue. En jouissant des lois qui augmentent les droits de tous les actionnaires, ils favorisent leurs intérêts particuliers. Là est tout le paradoxe : en défendant les petits actionnaires, on favorise les activistes contre qui l’on veut lutter. En France la loi Sapin 2 adoptée en décembre 2016 modifie le Say on Pay. Cette règle est désormais contraignante pour toutes les sociétés cotées. Les actionnaires pourront empêcher les dirigeants de toucher une rémunération qu’ils jugent trop élevée. Nul doute que les fonds activistes sauront s’engouffrer dans la brèche.

 

Jean-Baptiste Bourbier, étudiant à l’ESCP et contributeur du blog AlumnEye


Les tips de Lloyd Blankfein aux Summer Interns de Goldman Sachs

Dans cette vidéo, Lloyd Blankfein donne ses conseils aux nouveaux entrants du Summer Internship 2017 de Goldman Sachs.

Une vidéo à voir absolument alors que les applications pour les Summer Internships 2018 sont ouvertes. Inspirez-vous des mots de Lloyd Blankfein pour exprimer vos motivations lors de vos candidatures.

Et n’hésitez pas à vous rendre sur PrepFinance pour en savoir plus sur Goldman Sachs en M&A ou Goldman Sachs en Sales & Trading.

Goldman Sachs est régulièrement citée comme la banque la plus prestigieuse et la plus sélective du monde. En 2016, plusieurs dizaines de milliers de candidats ont postulé au Summer Internship de Goldman Sachs, pour un taux de sélection de moins de 1%.

 

https://www.youtube.com/watch?v=_KP-2NxDaHQ


Emmanuel Hasbanian, un parcours sans faute

C’est un portrait inédit que nous vous proposons. Un portrait de celui qui, il y a quelques années encore, était présenté comme un jeune espoir des fusions-acquisitions. En un temps record, Emmanuel Hasbanian a su s’imposer dans un milieu extrêmement concurrentiel. Son nouveau challenge, contribuer à repositionner Deutsche Bank au sommet du classement des banques européennes.

 

De HEC à PAI, une rencontre avec la banque d’affaires

Après deux années de classe préparatoire, j’ai intégré HEC en tant que major de promotion en 1993. J’ai réalisé une année de césure qui m’a conduit chez PAI Partners, à l’époque rattaché au groupe Paribas. Le métier, sa technicité et sa nature intrinsèquement unique m’ont rapidement plu, et PAI m’a soumis, à l’issue de cette année chez eux, une offre d’embauche avant même la fin de mes études. N’ayant pas la possibilité de suivre mes cours à HEC par correspondance, j’ai accepté l’offre de PAI mais à mi-temps.  Groupant mes cours le matin, chaque après-midi, je rejoignais les bureaux de Paribas. Commençait alors une deuxième journée de travail, qui ne se terminait généralement que tard dans la nuit. Si ce fut une expérience très éprouvante, elle fut surtout fort enrichissante sur le plan personnel. J’ai tenu ce rythme dix mois.

Un parcours sans faute jusqu’à la Deutsche Bank

Dans le cadre de ma dernière année de scolarité, en 1997, j’ai décidé de rejoindre Cologne pour y poursuivre mes études. PAI m’a proposé de rejoindre son équipe basée à Hong-Kong. Mais malgré mon jeune âge, j’avais déjà pu connaître plusieurs expériences, notamment à Tokyo et à New York, et mon rêve d’alors était de rejoindre Londres. Tout en restant dans le groupe Paribas, j’ai rejoint non pas les équipes de PAI à Hong Kong, mais les équipes Advisory à Londres, pour une période de 3 ans; jusqu’en 2000, et la fusion qui s’amorçait avec BNP. Celle-ci entraîne une certaine période de flottement au sein du groupe, notamment pour les plus jeunes collaborateurs, ce qui m’a poussé à prendre du recul et rejoindre les rangs de Merrill Lynch. J’y resterai jusqu’en 2009, année du rapprochement avec Bank of America. Je prends alors la décision de rejoindre la banque la plus solide du marché en Europe en 2009 : Deutsche Bank. Initialement en charge des fusions-acquisitions, j’y ai progressivement élargi mon spectre d’activités, jusqu’à superviser l’ensemble des activités de banque d’affaires en France aujourd’hui, aux côtés de Julien Fabre.

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Quelles opérations vous ont particulièrement marqué au sein de votre carrière ?

Après plus de vingt ans de carrière, difficile d’isoler une opération marquante. Cependant, la création d’Arcelor m’a profondément marqué. Ce projet sacerdotal de rapprochement était inédit par sa longueur, sa complexité et son caractère transfrontalier. Au-delà de la triple fusion Usinor, Arbed, Aceralia, d’autres sociétés de ce périmètre furent amenées à se greffer à l’opération de fusion, dans un cadre législatif communautaire bien loin d’être aussi intégré qu’aujourd’hui.

Au-delà de l’extrême complexité d’un tel dossier, ce type d’opérations m’a permis de développer des relations personnelles avec le client, mais aussi de construire ma crédibilité en interne. En effet, en parallèle de ce dossier, j’étais alors également partie prenante de l’équipe en charge de la fusion entre British Petroleum et TNK en Russie, qui représentait alors la plus grosse Joint-Venture jamais réalisée en Russie par un groupe étranger. Ce type de dossier permet de développer une vision plus acérée des divers mécanismes clés d’une opération, et donc une meilleure capacité à défricher des problématiques sensibles. A 32 ans, à la suite de ces opérations, j’ai été promu au rang de Managing Director. Tout au long de ma carrière, j’ai eu la chance d’être associé à de nombreuses opérations d’envergure qui ont marqué l’actualité. Du rapprochement entre Sanofi et Aventis, au mariage entre GDF et Suez, au total ce sont plus de 500 milliards de transactions que j’ai traitées depuis le début de ma carrière en Advisory.

Le métier de banquier d’affaires évolue pour se réinventer

A mes débuts, les marchés financiers étaient beaucoup moins intégrés qu’aujourd’hui, et les équipes en charge des dossiers beaucoup plus réduites. Actuellement, le double phénomène d’internationalisation et de sophistication rend presque impossibles des opérations menées par des équipes resserrées, de trois ou quatre personnes, quelques banques et quelques avocats. Auparavant, des équipes « commandos » étaient attribuées à chaque dossier, et devaient allier toutes les compétences indispensables à la réussite d’un deal (financement, M&A, droit boursier, fiscalité…). Pour l’anecdote, les banquiers mandatés réalisaient intégralement eux-mêmes les notes d’opérations destinées à l’AMF ; une situation impensable aujourd’hui !

Face à ces évolutions, comment attirer et retenir les talents ?

C’est cette atmosphère de travail que nous tentons de recréer chez Deutsche Bank, car les métiers de la banque d’affaires ne sont passionnants qu’à condition d’être au cœur des dossiers. Plutôt que de recruter des effectifs pléthoriques, nous proposons une courbe d’apprentissage plus importante à nos collaborateurs, car ceux-ci sont réellement impliqués sur les opérations que nous supervisons. Ici, nos jeunes sont formés à travailler en équipe, et se familiarisent donc tout autant au financement, à l’Equity et au M&A. Je connais un jeune chez Deutsche Bank qui peut se targuer d’avoir réalisé plus d’IPOs que des responsables Capital Markets chez certaines banques de la place parisienne.

Derrière cette responsabilisation des juniors, et de manière plus globale, c’est un fonctionnement entièrement tourné vers le client que nous avons souhaité construire. Notre philosophie, c’est de faire plus avec moins pour le client, multiplier les intervenants ne multiplie pas les expertises. Cette expertise, le « deal captain » seul la réunit et l’utilise pour les besoins du client, mais en aucun cas il ne la sous-traite. Il en résulte des opérations menées par des task-forces de 4 à 5 personnes, qui gèrent le dossier seules, dans une extrême confidentialité. Nous privilégions ce mode de travail car il est également plus enrichissant de comprendre les tenants et aboutissants d’une opération. Nous ne sommes pas des maitres d’œuvre, nous sommes des multi-experts. Un gage de responsabilisation des équipes, mais aussi de technicité, afin de répondre à des clients aux demandes de plus en plus sophistiquées.

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Qu’est ce qui, selon vous, fait la singularité et la force de la Deutsche Bank ?

Deutsche Bank a fait le choix de rassembler les activités de marché, de corporate finance et de banque transactionnelle au sein de d’une division commune (Corporate & Investment Bank, CIB), dans le but de recentrer notre organisation autour des clients. Les murailles de Chine sont toujours strictement respectées, mais des  synergies sont nécessaires entre marchés et banques d’affaires. A titre d’exemple, Deutsche Bank a mené 16 des dernières 18 IPO de sociétés françaises de taille conséquente. Ce track-record s’explique en très grande partie par la puissance de frappe de la banque, de ses équipes marché en distribution de l’equity, et par la coopération rodée entre nos équipes. Aujourd’hui, quand un actionnaire américain est à la recherche de papier européen, il pense très naturellement à Deutsche Bank, qui est l’un des plus grands traders de titres européens (actions et dette).  Derrière ces exemples, se pose la question du choix d’une banque « one stop shop » pour les clients corporate : une banque qui arrive à allier toutes les compétences, à haut niveau. Toutes les banques peuvent tout faire, mais cela ne dit rien de la qualité des prestations fournies. Deutsche Bank est l’une des seules banques européennes capable de rivaliser avec les banques américaines et a pour ambition de redevenir la première banque d’investissement en Europe.

Pourquoi rejoindre la Deutsche Bank aujourd’hui ?

Deutsche Bank a, au court de sa longue histoire, construit un focus plein et entier sur l’Investment Banking. Ce focus, elle a su le nourrir en développant des positions extrêmement fortes sur chaque métier, ainsi qu’un dialogue stratégique avec chacun de ses clients. Nos clients sont à la recherche de techniciens en fusions-acquisitions, qui soient aussi capable de comprendre la façon dont les investisseurs vont interpréter des mouvements annoncés par leurs entreprises. Mais ils sont surtout à la recherche de banques qui seront à leurs côtés sur le long terme. Servir les clients européens partout dans le monde, cela pourrait être notre motto.

Nous recrutons régulièrement en France. Au niveau junior, les recrutements se font sur une base internationale. Chaque année une dizaine de stagiaires et d’analystes sont ainsi recrutés à Paris. Outre une formation extrêmement complète, nous proposons également à nos jeunes recrues des perspectives d’évolution au sein de nos autres bureaux à New York, Londres ou Hong Kong dès la troisième année.

 

Merci Emmanuel Hasbanian d’avoir accepté de répondre à nos questions

Interview réalisée par Bastien Le Bars, étudiant à l’ESSEC et contributeur du blog AlumnEye


Comment obtenir une offre à Londres en venant d'une école d'ingénieur

Pour clore notre série de témoignages AlumnEye sur les Springs, un ingénieur vous éclaire sur sa semaine au sein d’une top-tier américaine. Il vous raconte comment il a su tirer profit des événements networking pour affiner sa candidature. Enfin, il insiste sur l’état d’esprit à adopter pendant la semaine afin de tirer profit au maximum de cette immersion, et, dans le meilleur des cas, rentrer à Paris avec une offre de Summer Internship !

 

Quel est ton profil ?

Etudiant à l’ENSAE, j’étais en deuxième année lorsque j’ai postulé aux Springs. J’avais auparavant réalisé un stage de trois mois dans une institution publique, mais je n’avais pas d’expérience préalable en finance. D’où l’importance des activités extrascolaires et des hobbies, qui sont réellement valorisés par les recruteurs. J’ai ainsi pu mettre en avant mon expérience en Junior Entreprise et mon engagement sportif. Avant de candidater, il est important de travailler sur ces aspects, qui sont déterminants pour les entretiens.

Comment s’est déroulé le processus de recrutement ?

J’ai postulé mi-octobre, après avoir participé à la soirée de networking organisée dans les bureaux de Paris. Cela m’a permis d’échanger avec des opérationnels français, ainsi que des RH britanniques présentes, et donc d’adapter ma candidature en conséquence.  La suite du process s’est décomposée en deux entretiens téléphoniques, chacun avec un opérationnel et durant une trentaine de minutes. Le premier, début décembre, était tout à fait classique : questions de fit sur mon parcours et mes projets, sur ma connaissance de la banque, et enfin un échange rapide sur des grands thèmes d’actualité. Le second entretien, que j’ai passé deux semaines plus tard, était plus atypique. Il était dédié à la résolution d’une étude de cas, orientée business et actualité, pas du tout technique. J’ai reçu l’offre début janvier.

LA4Lire aussi : Etudiant à l’IESEG, il décroche une offre dans une américaine

 

Quels étaient les profils des autres Springs Interns et qu’en était-il de la compétition ?

Le programme s’est déroulé sur cinq jours, avec le choix de deux sessions différentes. Nous étions 34 étudiants durant la première session du programme. Il y avait une grande majorité de britanniques, venus des plus grandes universités, avec, par ailleurs, quatre français (HEC, EDHEC), plusieurs espagnols, allemands, et d’autres nationalités. La plupart des étudiants avait tout de même un background en économie ou en finance, à l’exception de quelques britanniques qui suivaient un parcours en philosophie ou en histoire. Il y avait une bonne ambiance entre les Spring Interns, et nous nous côtoyions d’ailleurs tous après chaque journée. Je n’ai pas ressenti de véritable compétition entre nous, malgré la pression perceptible et les ambitions de chacun. Il est important, je pense, de garder une attitude naturelle et de ne pas chercher à se démarquer à tout prix : l’ouverture d’esprit, la volonté d’apprendre et l’intérêt pour le secteur feront la différence à la fin de la semaine.

Comment était organisé le Spring ?

Les deux premiers jours du Spring sont généralistes : des séances de questions-réponses avec des opérationnels et des case studies en groupe étaient organisés pour découvrir chacune des grandes divisions de la banque. L’essentiel est de toujours se montrer curieux et passionné, les RH étant constamment présentes pour nous évaluer. Les trois jours suivants étaient dédiés à une division spécifique, selon les vœux de chacun. Nous étions 17 personnes affectées à la division IBD. Nous avons ainsi suivi des présentations de la plupart des groupes de Coverage sectoriel (Technology, Industrials, Healthcare, FIG…) ainsi que de certaines équipes en ECM et DCM. Ces présentations étaient complétées de sessions de work shadowing avec des opérationnels, qui permettaient de découvrir plus en détail les tâches quotidiennes de chaque équipe. En somme, les journées n’étaient pas particulièrement longues – de 8h à 17h en général – mais intenses et particulièrement instructives. La semaine fut ponctuée d’un diner très sympa avec tous les Spring Interns, des opérationnels et des RH.

LA4Lire aussi : Un Summer Internship en poche, un an et demi à l’avance

 

Peux-tu nous en dire plus sur ton Assessment Center ?

Les épreuves de l’Assessment Center – habituellement regroupées sur une journée – étaient ici réparties sur les trois derniers jours de la semaine. Les présentations et sessions de work shadowing étaient donc entrecoupées de plusieurs entretiens et études de cas, seul ou en groupe. Tous les étudiants ont passé ces épreuves, sans sélection préalable. Une grande partie des entretiens était encore dédiée au fit, tandis que les études de cas ainsi que les questions techniques étaient tout à fait abordables avec les éléments étudiés lors de la formation Alumneye. En IBD, environ 20% des Spring interns ont reçu une offre de Summer dans les semaines qui ont suivi le programme.

Que retiens-tu du Spring ?

Cette semaine a été une excellente expérience. Tout d’abord, c’était évidemment une occasion unique de pouvoir rencontrer et échanger avec des opérationnels de tous grades, qui avaient de commun l’envie de partager leur expérience et leur quotidien. Je garde un très bon souvenir des sessions de work shadowing et des études de cas réalisées avec des opérationnels tout au long de la semaine. Un Spring est également un moyen de découvrir l’environnement et l’ambiance qui règne au sein de la banque et plus globalement à Londres. Cela permet de démystifier l’idée que l’on peut se faire de l’environnement ou des conditions de travail. Enfin, participer à un tel programme donne la possibilité d’en apprendre davantage sur la banque, son positionnement et sa structure. C’est une opportunité unique de faire un premier pas dans cet univers exigeant, avant, peut-être, d’y entrer de plein pied. Tout ceci nécessite évidemment une préparation importante à fournir en amont, en particulier lors des candidatures, mais qui avec la volonté et la curiosité nécessaires, aura toutes les chances de s’avérer payante à l’issue de la semaine de Spring.

 

Merci à lui pour ce témoignage !


Un Summer Internship en poche, un an et demi à l'avance

Spring Internship, Spring Insight ou encore Spring week, les « Springs » à la popularité croissante restent relativement méconnus des éudiants français. Pourtant, c’est bien souvent la meilleure porte d’entrée pour ceux qui visent un Summer Internship, puis un poste en Graduate Program à Londres. Dans la lignée de notre dernier témoignage, une étudiante à l’EDHEC nous livre ses impressions sur l’apport d’un tel stage. Sélectionnée après son Spring pour passer les entretiens,  et après avoir décroché son Summer Internship pour 2018, elle vous donne son feedback. Que vous comptiez postuler en Spring ou en Summer, glanez des tips avec ce focus sur ce qu’on appelle le fast-track et l’Assessment Center.

 

Quel est ton profil ?

Etudiante en M1, j’ai postulé aux Springs sans aucune expérience en finance sur mon CV mais une formation AlumnEye en poche. Le fait qu’ils cherchent des talents « bruts », je n’y croyais pas vraiment. Pourtant je me suis rendue compte pendant le Spring que ce n’était pas qu’un argument marketing que les banques mettaient en avant ! Pendant les entretiens du Spring, du fast-track, comme des déjeuners networking, on parlait bien évidemment plus de nos associations étudiantes, de nos hobbies, que de nos cours…

Comment s’est déroulé le processus de recrutement ?

J’ai postulé courant septembre pour une dizaine de banques au total. J’ai passé plusieurs entretiens téléphoniques qui avaient de commun de ne jamais avoir été techniques. Le format variait tout de même puisque l’un des process s’est résumé à un seul entretien de fit avec une RH et un opérationnel, clôturé par des brainteasers. A l’inverse, j’ai aussi eu 2 tours d’entretiens avec un opérationnel M&A : le premier purement fit, le second beaucoup plus axé sur l’actualité financière au sens large (lecture d’un scénario sur la stratégie d’une entreprise, questions sur ma prise de notes puis discussion sur l’actualité).

Quels étaient les profils des Spring Interns ?

Nous étions une quarantaine dont 7 français (HEC, ESCP, Dauphine, EDHEC, EM, Audencia). Les autres étudiaient généralement l’économie ou les Computer Sciences dans les meilleures universités anglaises (« OxBridge », LSE, King’s, UCL…). Si on m’avait prévenue, j’ai été surprise de me retrouver avec des anglais à peine sortie du lycée sans véritables connaissances techniques (i.e. ne connaissant pas les méthodes de valorisation ou la compta de base) mais extrêmement avenants. Une anglaise étudiait le japonais à Oxford et peu avaient un background financier, y compris ceux qui faisaient de l’économie à la LSE !

Peux-tu nous en dire plus sur la structure du Spring ?

Chaque journée était organisée autour d’un secteur d’activités : Global Market, Middle Office/Compliance…, et IBD ; la première étant dédiée à une présentation plus globale du Spring et de la banque. Notre temps était alors partagé entre les présentations (de divisions et métiers), les case study ou group exercise (présents dans les Assessment Centers), déjeuners networking ou encore des exercices ludiques en lien avec les différents secteurs (trading game, brainstorming en groupe sur un cas de stratégie). Le rythme était donc soutenu même si nous finissions les journées relativement tôt ; le fait est qu ‘on ne peu pas être à 100% tout le temps mais il faut en donner l’illusion. Pour preuve, il faut parfois se faire légèrement violence pour rester impliqué au maximum pendant une session de speed networking pendant que l’on digère la pizza du midi et que des étudiants en IT vraiment intéressés posent, eux, des questions smart…

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La compétition était-elle palpable parmi les Spring Interns ?

Le Spring n’était pas divisionnel et la majorité des Interns cherchaient véritablement à découvrir les différents métiers. Si nous avions chaque jour des activités de groupe et/ou case studies, l’ambiance était plutôt bon enfant et peu cherchaient à étaler leur savoir. Au moment des Q&A ou des sessions de networking, certains faisaient clairement les intéressants mais je dirais qu’ils se faisaient davantage remarquer parce qu’ils exaspéraient les autres que par leur prestance. Dernier jour oblige, au moment de remplir nos choix de divisions, nous sondions nos voisins sur leurs choix ce qui revenait à « évaluer la concurrence » finalement.

Peux-tu nous en dire plus sur le « fast-track » ?

Les RH ont insisté sur le fait qu’ils collectaient les feedbacks de tous ceux avec lesquels on avait interagi : le trader qui nous avait été assigné pour une session de shadowing, comme l’Associate qu’on avait sollicité pour prendre un café indépendamment de nos activités de la semaine. Sur cette impression globale, ils nous ont évalués et convoqués à des entretiens pour le Summer Internship 2018. Les candidats fast-tracked (soit la majorité d’entre nous) ont reçu leur invitation à l’Assessment Center par mail ; nous avions ainsi un avantage conséquent sur les candidats qui postuleront cet été et devront passer par les phases de screening, phone interview avant leur Assessment Center d’automne. Le format était simple : 3 entretiens de motivation et un case study (M&A pour ma part). Pour chaque créneau, nous étions quatre candidats à rencontrer tour à tour chaque interviewer.

Comment as-tu vécu ton Assessment Center ?

Case study : si les entretiens pour décrocher le Spring n’avaient pas été techniques, la restitution du case study visait clairement à jauger nos connaissances et surtout notre compréhension des logiques financières (plus que l’application de la formule du WACC…). Nous sommes passés rapidement sur les applications numériques et avons beaucoup parlé de la rationnelle du deal (c’était un cas de LBO), des conditions de marché, des différences entre industries etc.

Fit : 2 entretiens relativement basiques afin de cerner ma personnalité et surtout mes motivations. Des interlocuteurs bienveillants avec lesquels on aboutissait sur une véritable discussion. Enfin, un entretien particulièrement surprenant au cours duquel mon interlocuteur a clairement cherché à me pousser dans mes retranchements. Aucune mention de la banque ou du M&A, mais des questions qui se bousculaient et décortiquaient mon parcours.

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Quels sont, selon toi, les éléments clés dans le décrochage de ton offre ?

Contrairement à ce qu’on peut entendre sur les processus anglo-saxons, la technique était importante parce qu’elle visait surtout à éliminer les candidats « par le bas » ; les candidats ne pouvant raisonnablement pas se distinguer par leur maitrise remarquable du DCF… L’entretien de fit le plus challenging a sûrement été décisif dans mon cas. Je ne m’attendais pas à ce qu’on m’interrompe à chaque réponse et de façon aussi incisive. J’ai essayé de garder mon calme pour répondre au mieux (ou répondre tout court dans certains cas). Enfin, lors des entretiens de fit plus classiques j’ai été honnête en expliquant pourquoi j’étais là et surtout en prouvant que j’avais été proactive pendant le Spring (name dropping, enthousiasme…).

Que recommanderais-tu à de futurs candidats ?

Pendant ces process, ce n’est pas votre voisin mais vous qui êtes votre pire ennemi. Même si je ne l’ai vraiment ressenti que durant l’entretien le plus déstabilisant (et la préparation du case study dans une moindre mesure), le process est fait pour que vous soyez sous pression (et le ressentiez). Donc gardez la tête froide même si on vous pousse dans vos retranchements, vous vous remercierez en sortant !
Restez vous même. J’y croyais à moitié quand on nous donnait ce conseil avant de postuler mais c’est vrai. L’un de mes interlocuteurs a clos notre entretien en glissant que ça faisait plaisir de voir que, d’une part, nous avions compris ce qu’ils voulaient véhiculer, et que, d’autre part,  nous nous sentions bien dans la banque.
Enfin, c’est un conseil bateau qui fera sûrement rire mais ayez des « étoiles dans les yeux ». Ils recherchent de bons candidats, certes, mais surtout des personnalités avec lesquelles ils auront plaisir à travailler 100h/semaine parce que vous êtes un minimum contents d’être là, et que ça se voit. Pas juste parce que vous appris le nom du CEO et la market cap de la banque dans le métro en arrivant.

Qu’as-tu à dire à ceux qui hésitent à sauter le pas ?

Les candidatures demandent du temps, certes. Mais tout le travail que vous abattrez (en préparant aussi bien la technique que le fit) sera utile et gagné sur vos candidatures suivantes de césure ou de Summer. Si le Spring est la « voie royale » vers les Summers (et donc les Graduate Programs) à Londres, c’est avant tout une super expérience. Bien sûr, c’est une occasion unique de networker et de mettre un pied dans cet univers relativement inconnu. Cependant, si vous êtes curieux, c’est un programme fait pour vous puisque vous pourrez découvrir ce qui motive les opérationnels, ce qui fait le propre de la banque, et surtout vous interroger sur votre « fit » avec la structure. En somme, c’est une semaine intense et riche en découvertes qui vous attend, un Summer à la clé, peut-être !

 

Merci à elle pour ce témoignage !