La garde-robe féminine idéale pour son premier job : les tips indispensables

Qui s’est déjà demandé quelle serait la bonne combine de la Working Girl pour avoir l’air smart au travail ? Certainement tout le monde. Mais lorsque l’on est une femme, et que l’on souhaite débuter sa carrière dans les milieux exigeants et toutefois assez masculins que sont la finance ou le conseil en stratégie, la réponse n’est résolument pas évidente. Vous trouverez ici un petit guide pour garder un certain style (le look Linette Scavo étant à proscrire), tout en évitant le look panthère d’Ivanka Trump. En somme, révélez la Rachel Zane qui est en vous !

 

Conservatisme et non conformisme

Dans l’univers de la banque ou du conseil, la discrétion reste de mise, bien qu’il soit possible de vous distinguer. Le costume féminin et le tailleur sont les premiers uniformes que les femmes se sont appropriés dans ces environnements depuis les années 60s (oui, c’est à partir de là que l’on peut observer une significative hausse des effectifs féminins). Intemporels, ils sont une valeur sure, à condition de suivre quelques règles de base. D’abord, la jupe ne devrait jamais être trop courte. La blouse peut se substituer à la traditionnelle chemise blanche, voire certains tops décontractés avec des manches (hors métiers de vente), s’ils sont portés sous une veste. Concernant les couleurs, c’est à l’appréciation de chacune, et dans la limite de ce qui est acceptable comparé à vos collègues. Par exemple, en France, le blanc rosé est toléré, pas le rose. On pratique pourtant le Pink Friday sur Canary Wharf. Enfin, le décolleté plongeant ne saurait être toléré.

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Halte au bling bling

Si certains prestigieux banquiers ont pu oublier que le plus gros signe de richesse est la sobriété, lorsque l’on commence, autant ne pas se faire remarquer. Les accessoires ont alors toute leur importance. Prenons les sacs : un sac de marque peut avoir sa place dans une tenue, si et seulement si on le remarque par sa qualité et non son aspect ostentatoire. Il en va de même pour les bijoux : les premiers jours, laissez de côté la bague de vos 20 ans et sondez l’ambiance de l’équipe, notamment si d’autres femmes travaillent avec vous. D’autres petits détails sont cruciaux ; le vernis par exemple, saura se faire discret. Enfin, on évitera la surcharge de bijoux car, comme le dirait Cristina Cordula « Ma chérie, tu es banquier, pas sapin de Noël ».

Les intemporels ont un très bon ROI

Fini les temps où vous étiez stagiaire … et fini le salaire de stagiaire. Votre premier job doit aussi être l’occasion d’investir dans des intemporels de qualité, bien taillés, qui s’enfilent sans réfléchir le matin à 5h45. Misez sur les chemises et blouses blanches et crèmes, pantalons fuselés noirs et gris foncés, ou encore robes simples mais impérativement taillées à votre morphologie. Il est possible de trouver ces petites merveilles chez Sezane, APC, Alice + Olivia, Antonio Berardi, Theory, Comme des Garçons, By Marlène Birger, Carven, Jil Sander, DA/DA DIANE DUCASSE, Agnès B… Voir les sites Net à porter et L’exception.

Les conseils de mamie Buffet

  • On s’habille en fonction de son âge. Cela vaut pour les quarantenaires comme pour les trentenaires : la méméisation ne boostera pas votre crédibilité.
  • En été, les manches longues et la petite laine ne sont pas une option. C’est qu’aux côtés de nos collègues masculins en costume, la climatisation tournera à plein régime.
  • Du pareil … mais pas au même : il est possible de dépareiller un ensemble, à condition que ce soit fait avec élégance (voir notre sélection de looks).
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Tips et idées de génie

  • La jupe longue « midi » portée de façon moderne et casual avec des talons et un haut souple.
  • Le tailleur pantalon se porte slim, mais aussi large. Quant à la veste, elle peut être cintrée ou ceinturée, Vue chez la créatrice Diane Ducasse ici : http://dadaparis.com/
  • Des derbys foncées sauveront celles qui ne portent pas de talons.
  • L’allure stricte mais moderne : le costume à rayures tennis se porte épuré, façon garçonne. Il est possible de le féminiser avec un bijou et une paire de talons.
  • L’esprit sporty : optez pour un Teddy sur votre pantalon de bureau. Les sweets de belle qualité se portent sur la chemise, avec un beau collier.
  • Le masculin/féminin, LA valeur sure. C’est un bon moyen de porter des pièces plus stylée ou décalées, tout en respectant les codes de l’entreprise.
  • Enfin, structurée, vivez le conceptuel avec des lignes. On en abuse sur les manteaux, les pantalons unis, les chemises décalées et on assagit le tout avec des pièces classiques.

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Don’ts

  • Les collants couleur chair et les mis bas qui plissent.
  • Les chemises trop cintrées, à moins d’avoir le corps de Karlie Kloss et le cerveau de Georges Soros.
  • L’orthodoxie qui souhaite que nous portions des talons tous les jours : adoptez les babies et autres alternatives confortables aux escarpins (vu chez Sézane notamment).

 

Le chantier des accessoires

S’il va de soi qu’il ne faut pas en faire trop, ni étaler tous ses diamants pendant sa période d’essai, voici quelques conseils à adopter :

  • Les bagues : il est préférable de choisir des pièces de qualité, qui ne rouillent pas sur le doigt. On privilégie des choses simples et non clinquantes.
  • Les bracelets : attention à ce qu’ils ne vous gênent pas dans votre travail, et ne soient synonymes de nuisances sonores.
  • Les colliers :  à accorder avec le reste de la tenue. Minimaliste, elle acceptera un gros collier fantaisie. Sinon, on préfère les sautoirs discrets et autres pièces classiques.
  • Le sac à main : pratique il sera. Mon conseil serait d’éviter les sacs ostentatoires et les cabas plexiglas de chez Primark. Encore une fois, tout est une question de juste milieu, du moins lorsque l’on est junior … La bonne idée : la jeune marque Léo et Violette.

 

En fin de compte, l’habit fait beaucoup le moine

  • Gardez à l’esprit que la tenue contribue à forger l’image que l’on renvoie. Ce n’est donc pas quelque chose à prendre à la légère.
  • Cela doit être un moyen de gagner de l’assurance : il s’agit d’être à l’aise toute la journée dans des vêtements qui nous correspondent.
  • Gage de crédibilité, votre tenue induit la confiance que l’on peut vous accorder. Pensez donc toujours à l‘interlocuteur ou au client que vous avez en face de vous et adaptez-vous au message que vous souhaitez transmettre.

 

Lina GHAYOR


Digital et technologie : quels challenges pour les banques d’investissement ?

« What are the main challenges for the banking industry ? ». Candidats en banque d’investissement, cette question vous poursuit. Avec des retours sur fonds propres au plus bas, c’est une révolution qui s’amorce dans le secteur bancaire.  La concurrence accrue de nouveaux acteurs digitalisés et de petites structures plus flexibles pousse les établissements traditionnels à revoir totalement leur business model. L’intelligence artificielle, le Big Data mais aussi la robotique sont autant de pistes de réflexion à explorer pour les banques (et autant d’éléments de réponse pour vous).

 

N26, un nouveau venu

Alors que les banques traditionnelles sont de plus en plus concurrencées par des banques en ligne type Boursorama ou Fortuneo, N26 casse davantage les codes et pousse l’expérience digitale à son paroxysme. En effet, N26 permet les retraits à l’international sans frais ainsi que toutes les opérations courantes grâce à l’application mobile; et ce, où que l’on se trouve. Dans le même temps, les banques traditionnelles ont tendance à augmenter les divers coûts de retrait d’argent ainsi que ceux de tenue de compte. Autant de raisons qui expliquent la défiance des consommateurs et l’émergence de nouveaux acteurs parmi lesquels N26 fait figure de précurseur. Créée à Berlin en 2013, la start-up lance son service en Allemagne et en Autriche à partir de janvier 2015. En un an, la banque allemande couvre 6 nouveaux marchés dont la France. Pour financer son développement rapide, N26 a reçu le soutien de prestigieux investisseurs dont Li Ka-shing – le milliardaire hongkongais actionnaire de Facebook via Horizons Ventures – et de Peter Thiel, cofondateur de Paypal. Actuellement la société permet d’ouvrir un compte dans 17 pays, couvrant ainsi une majorité de l’Europe, et totalise plus de 200,000 clients.

N26 fonde son succès sur une formule choc : « ouvrir un compte en banque en 8 minutes ! ».  Si la promesse enjolive légèrement les faits, cela reste une prouesse dans une industrie au fonctionnement lourd et à la paperasse souvent décourageante. Le système est idéal pour les voyageurs, et vise les 18-35 ans. Ceux qui ont grandi avec la technologie s’y retrouveront facilement grâce à une application ergonomique. Si le service est de qualité et très avantageux financièrement, N26 ne permet pour l’heure que d’ouvrir un compte d’appoint. Il est impossible d’encaisser des chèques, et la start-up reste absente sur le marché des produits financiers et du crédit. L’exemple de N26 nous montre que les banques traditionnelles vont devoir s’adapter et se moderniser afin de répondre aux nouvelles exigences des clients.

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Une industrie en pleine évolution

A l’instar de Booking et AirBnb avec les hôtels, de Uber avec les taxis, il semblerait que le système bancaire soit en train de subir sa révolution. Il connaît en effet une crise majeure. Une étude récemment réalisée au Royaume-Uni a montré que seulement 13% des personnes interrogées pensent que les banquiers d’affaires de la City se comportent de manière éthique et honnête dans leur travail. A cette crise de confiance du public, s’ajoute l’arrivée sur le marché de nouveaux concurrents innovants. Le britannique Revolut fait la même promesse que N26, ne faisant payer aucun frais à ses clients. Cependant, à la différence de la banque allemande, Revolut s’assimile plus à un compte Paypal disposant d’une carte MasterCard. En 2014, la France a également vu le lancement du compte Nickel : un compte en banque sans banque. Pour l’ouvrir, il suffit de se rendre chez un buraliste partenaire muni d’une pièce d’identité et d’un numéro de téléphone. En cinq minutes, le client obtient un RIB et une carte bancaire MasterCard, pour des frais annuels de 20€. Ainsi, le marché français est de plus en plus éclaté dans un pays où le système bancaire a toujours été très concentré.

La banque d’investissement en quête de modernisation

Les banques d’investissement traditionnelles doivent faire leur révolution numérique. Il s’agit plus d’une nécessité que d’un choix. En 2014, le retour sur fonds propres s’est établi à 8%, contre 12% 3 ans plus tôt. Après avoir utilisé tous les leviers de réduction des coûts – tels que la baisse des salaires, des effectifs et du train de vie des collaborateurs – les économies réalisées ne suffissent pas à compenser les erreurs du passé. En effet, le montant combiné des amendes, litiges et pertes de trading s’élève à 104 milliards de dollars entre 2007 et 2014. De plus, les coûts de structure restent très élevés : l’écrasante majorité des banques possède un ratio coûts-revenus supérieur à 60%.

A cela s’ajoute une profitabilité de plus en plus faible due à une concurrence plus dense et à l’émergence de nouvelles boutiques M&A. Ces dernières sont intervenues dans 22% des opérations de fusions-acquisitions en 2014 contre seulement 16% en 2007. La majorité des institutions se sont trop diversifiées en proposant des variantes de produits similaires dont les coûts sont élevés au vu de la rentabilité qu’ils proposent.

L’enjeu pour les banques va être d’intégrer de nouvelles technologies dans leur fonctionnement, tout en restant sécurisées. En juin dernier, la Banque de France a mis en garde les dirigeants des grands groupes bancaires français sur leur vulnérabilité face aux cyberattaques. Le piratage du réseau interbancaire Swift, en 2016 – ayant permis le transfert frauduleux de 81 millions de dollars au détriment de la Banque Centrale du Bangladesh – a lancé une première alerte. Pour l’instant, 75% du budget IT des banques est alloué à la maintenance.  Un chiffre qui nous montre que le monde bancaire amorce doucement une révolution high-tech, mais consacre une majorité de son budget à maintenir son parc informatique.

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Un véritable challenge pour les banques d’investissement

Goldman Sachs, par le biais du co-directeur de son département technologie, Don Duet, a annoncé avoir investi de manière importante dans l’intelligence artificielle et le Big Data. La banque américaine veut collecter des données et les transformer en actifs au cœur de sa stratégie. D’après Don Duet, l’industrie n’en est qu’à ses prémices dans l’utilisation de l’intelligence artificielle. Il cherche à créer des synergies et des applications de cette nouvelle technologie. Les opportunités qui en découlent permettront d’améliorer l’expérience client et les processus déjà existants. JP Morgan ne veut pas se faire distancer, et se concentre sur les applications du Big Data et de la robotique. La banque devrait communiquer davantage sur sur cette stratégie d’investissement prochainement.
Il semblerait que les banques d’affaires internationales aient pris conscience du challenge à relever. Si la concurrence s’est plus que jamais accrue, les plus prestigieuses voient dans l’innovation technologique le moyen de tirer leur épingle du jeu. Selon une étude publiée par Ernst & Young, les banques d’affaires atteindront un retour durable sur fonds propres de 12 à 15%, à condition de poursuivre les changements radicaux de stratégie en marche. La banque d’investissement risque donc de vous surprendre en réinventant son business model.

 

Thomas Henry, étudiant à l’EDHEC et contributeur du blog AlumnEye


2016, année de consolidation pour les banques d'affaires M&A

Si la concurrence est intense entre les acquéreurs, elle l’est tout autant entre les banquiers M&A. L’année 2015 avait été marquée par une croissance record du volume de transactions sur ce marché. Depuis, le volume des opérations a baissé dans le monde entier, en premier lieu en Amérique du Nord et en Europe. Ces résultats suggèrent que, malgré les faibles taux d’intérêt qui encouragent les entreprises à lever des capitaux pour financer des fusions-acquisitions, l’incertitude économique post-Brexit et pré-élections américaines les a poussées à attendre avant de se lancer dans de nouvelles opérations. En 2016, le marché mondial des fusions-acquisitions a donc reculé de 17% en volume, plafonné à 3,630 milliards de dollars. En France, le volume des transactions a reculé de 9% et ressort à 155,7 milliards de dollars (148,5 milliards d’euros), selon Thomson Reuters. Sur la période, les banquiers parisiens des boutiques M&A ont fait l’actualité. Certains ont développé des expertises sectorielles, d’autres ont renforcé leur couverture internationale, multiplié les rapprochements et les partenariats avec des confrères étrangers… Retour sur une année riche en consolidations.

 

Du mouvement dans le TOP 10

Les cartes ont été rebattues en 2016 : le trio de tête de 2015 – Bank of America Merrill Lynch, Morgan Stanley, BNP Paribas – s’est vu relégué en deuxième partie de classement. Pourtant tenant du titre, BAML chute à la huitième place, Morgan Stanley doit se contenter de la cinquième position en chutant de 3 places et BNP Paribas – longtemps en tête dans l’hexagone – rejoint la 9e place. Ce sont Rothschild & Co et Transaction R – sa filiale spécialisée dans les midcaps – qui ont pris la tête du classement. Rothschild & Co gagne trois places en un an, après avoir conseillé 123 transactions (soit deux fois plus que son dauphin Lazard, et quatre fois plus que le numéro 3, Goldman Sachs) générant 63,4 milliards de dollars. Entre autres, la boutique d’élite a conseillé la cession par Crédit Agricole SA de sa participation dans les caisses régionales (18 Mds€) et l’asset-swap entre Sanofi et Boehringer (11,4 milliards d’euros). Elle ne s’est pas arrêtée là, enchaînant la fusion de Technip avec FMC Technologies (5,6 milliards), la cession par Casino de sa participation dans le thaïlandais Big C Supercenter (3,1 milliards) ou encore la vente des centrales fossiles américaines d’Engie (3 milliards).

C’es qu’en effet, la baisse de l’activité concerne principalement les très grosses opérations. Le marché des acquisitions d’entreprises de plus petite taille a quant à lui marqué par son dynamisme. A l’échelle de la zone euro, le deal flow connaît une hausse de 12 %. Selon l’indice Argos Mid-Market de septembre 2016, « en dépit du ralentissement observé au 3ème trimestre 2016, le cycle haussier du M&A européen ne semble pas interrompu, porté par des facteurs économiques et financiers consistants : maintien des taux très bas, reprise progressive de la croissance, politique de croissance externe des entreprises ».

Face à la baisse de l’activité M&A post-crise financière et à la pénurie de mega-deals, de nombreuses grandes banques ont investi le terrain du M&A midcap. Les boutiques ont subi de plein fouet l’arrivée de nouveaux concurrents sur ce marché, elles sont donc de plus en plus nombreuses à s’allier pour rester dans la course. Cette stratégie semble payante : leur part du marché mondial passant de 20% à 45% entre 2000 et 2016 (selon le n° 1270 de Capital Finance). La dynamique des boutiques sur le marché du M&A midcap est notamment portée par la constitution de réseaux internationaux, en réponse à la hausse des opérations transfrontalières. D’après Baker & McKenzie, au troisième trimestre 2016, la valeur du M&A transfrontaliers a représenté 373 milliards de dollars au niveau mondial – soit 44 % de l’ensemble des opérations contre 41 % en 2015 – et 1 275 deals ont été recensés – soit 34 % du total des fusions-acquisitions, contre 36 % en 2015. Cette tendance de fond favorise donc l’accélération de la consolidation sur le marché des conseils qui a marqué, ces derniers mois, à Paris.

 

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Une offre de services renouvelée

En mai 2015, Natixis a pris un virage stratégique visant à diversifier son offre de services financiers et à développer des activités faiblement consommatrices en capitaux dites «asset light». Le groupe français, filiale de la BPCE, a ainsi pris une participation de 75% dans Leonardo & Co France – banque d’affaires midcap du groupe italien Banca Leonardo. Ce sont ainsi 25 banquiers d’affaires qui rejoignent Natixis. Ils seront suivis par 9 espagnols issus de l’acquisition de 360 Corporate Finance en novembre 2015, et une cinquantaine de banquiers américains issus du rachat de Peter J. Solomon Company en juin 2016. En moins de deux ans, Natixis s’est ainsi constituée une équipe d’environ 90 banquiers, disposant d’une force de frappe sur le vieux continent comme outre-Atlantique.

En parallèle, en octobre 2015, la banque belge Degroof – repreuneur d’Aforge Finance en 2008 – s’est rapprochée de la société de Bourse et de gestion Petercam. La nouvelle entité, Degroof Petercam, est présente dans neuf pays. En France, elle mise sur les trois métiers que sont la gestion de fortune, la banque d’affaires et la gestion d’actifs. Elle entend ainsi développer des synergies et offrir à ses clients une large palette de services.

Cette même année, Oddo & Cie finalise l’acquisition de Close Brothers Seydler. Oddo Seydler entend créer un leader franco-allemand de la banque privée dans la zone euro. Ce rapprochement traduit la volonté du groupe de créer un champion européen dominant le marché des valeurs de taille moyenne. Au premier semestre 2016, Oddo s’est de nouveau illustrée en bouclant avec succès son OPA sur le groupe financier BHF Kleinwort Benson, dont il détient désormais 97,22 % des parts. Ce début d’année 2017 marque un tournant pour Oddo Seydler et la banque d’affaires Messier Maris & Associés : ils ont annoncé la création d’une joint-venture non capitalistique dont le but est de conseiller les entreprises du SBF 120 (plus de 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires) pour leurs projets d’introduction en Bourse, émissions d’actions et reventes de titres de participation.

LA4Lire aussi : Allen & Co. et Qatalyst, deux boutiques M&A qui jouent les trouble-fêtes

 

Renforcement de la couverture internationale

La boutique Aelios Finance fut pionnière dans le développement de sa couverture à l’international, initiant la création de l’alliance M&A International en 1985. Forts de ce succès, ses dirigeants ont encouragé le regroupement des membres de l’alliance sous la même entité et ont fait naître Oaklins en octobre 2016. Ce sont donc 46 membres de l’alliance M&A International qui constituent un réseau de 700 banquiers, présents dans 60 bureaux à travers le monde, auteurs de 162 transactions en 2016. Selon le classement annuel 2015 Thomson Reuters, Oaklins – anciennement M&A International, Inc – était classé 6ème banque d’affaires mondiale mid-market pour des transactions inférieures à 500 million de dollars. L’initiative n’est pas isolée, au mois de mars Easton Corporate Finance s’était alliée avec Clearwater International pour structurer une offre M&A mondiale et disposer d’une présence aux Etats-Unis, en Europe et en Asie. Si les deux entités travaillaient conjointement depuis déjà quatre ans, Easton Corporate Finance s’adosse ainsi à un réseau puissant de quinze bureaux et 200 collaborateurs pour accompagner ses clients sur de nouveaux marchés. En parallèle, la prise de participation minoritaire (35%) du Crédit Mutuel Arkéa au capital de Clearwater, permettra à la banque d’affaires de bénéficier d’un partenaire bancaire de taille pour développer son offre auprès d’une large clientèle de professionnels.

Enfin, le groupe financier espagnol N+1 cotée à Madrid, présent dans la banque d’affaires et la gestion d’actifs, a décidé d’adopter une nouvelle identité. Rebaptisé Alantra depuis septembre 2016, ce changement de marque a permis de rassembler sous une seule bannière des maisons aux noms dissonants – N+1 Downer, N+1 Swiss Capital, N+1 Daruma, Dinamia – qui avaient rejoint le groupe au fil de son expansion internationale. Le groupe espagnol avait ouvert un bureau parisien en janvier 2015, il a par la suite racheté en novembre l’américain CW Downer – 40 professionnels dans six pays – avant d’entrer en Amérique Latine avec l’acquisition de Landmark Capital en 2016. Le groupe ne manque pas d’appétit, et a pour ambition de devenir un acteur global, leader sur le segment mid-market. Il regroupe aujourd’hui 250 banquiers d’affaires à travers 19 pays ; en 2016, les équipes d’Alantra ont conseillé 147 opérations de fusions-acquisitions.
La plupart de ces rapprochements sont motivés par la recherche d’une taille critique et l’accès à l’international. Pour faire face à la concurrence des mastodontes de la banque d’affaires qui dominent les classements, les conseils indépendants sont confrontés à la nécessité de développer des réseaux internationaux. Leur implantation locale leur permettant alors de capter la demande et d’accompagner leurs clients en quête de relais de croissance hors de leurs frontières. Les rapprochements font donc gagner un temps précieux aux boutiques M&A. Développer de nouvelles compétences, ou encore bénéficier d’un accès international, leur permettent de croître et d’offrir une palette de services diversifiés à leurs clients, et en un temps record.

 

Paul Morvannic, étudiant à Kedge Business School et contributeur du blog AlumnEye


Le déroulement d'un Assessment Center : explication et conseils

Aspirants Summer Interns ou Graduates, vous avez probablement déjà entendu parlé d’Assessment Center. C’est qu’en effet, il clôt le fastidieux processus de recrutement en Banque d’Investissement. Cette étape finale est de loin la plus intense et difficile : les épreuves se suivent et obéissent toutes à la tragique loi du « pass or fail ». Alors, si vous ne savez pas exactement à quoi vous attendre, échouer si prêt du but serait frustrant. Les combinaisons et modalités des exercices étant propres à chaque banque, nous vous livrons les clés pour ne pas être pris au dépourvu le jour J et mettre toutes les chances de votre côté. Cet article a été rédigé en collaboration avec notre partenaire JopTestPrep, qui propose des préparations aux Assessment Centers.

 

Pourquoi un Assessment Center ?

Les Assessment Centers évaluent les compétences clés du poste que vous convoitez. Les plus grands recruteurs investissent des sommes conséquentes dans ce processus ultra-sélectif qui n’épargnera que les meilleurs candidats. Si vous êtes là, c’est que vous maitrisez votre story-telling. Malheureusement cela ne suffit pas : les banques veulent vous évaluer en conditions et voir ce qu’il y a sous la surface. Les mises en situations et diverses épreuves concoctées pour vous visent purement à reproduire le cadre professionnel dans lequel vous entendez évoluer. Certes, ce processus peut vous sembler artificiel et étranger, mais il vous donnera un aperçu de ce qui vous attend si vous décrochez votre offre.

Qu’est-ce qu’un Assessment Center ?

Dans ce véritable marathon du recrutement, vous avez survécu aux tests numérico-logico-verbaux, et séduit lors des entretiens vidéo et téléphonique. Convoqué aux Assessment Centers, vous allez devoir prouver votre endurance. C’est généralement une journée intense qui vous attend; rythmée par les entretiens (opérationnels et RH), les cases studies, les présentations, ou encore la vérification de vos résultats aux tests en ligne. Vous l’aurez compris, le fit ne sera pas seul à décider de votre sort. Vous devrez performer techniquement mais aussi (et surtout) briller par vos soft skills et interagir avec les candidats comme les opérationnels. En bref, faire en sorte qu’on ait envie de travailler avec vous.

Interviews

Comme vous le savez, les entretiens sont déterminants dans le processus de recrutement. Comme pour les premiers tours d’entretiens, usez du story-telling et de la méthode STAR pour construire des réponses structurées. Vous serez votre plus grand ennemi durant cette épreuve : la fatigue accumulée et le sentiment de lassitude ne doivent pas avoir raison de votre motivation. Au delà de cette pression, il s’agit de recueillir la vision la plus complète de vous grâce à différents interlocuteurs (RH comme opérationnels). Assurez-vous donc de tenir le même discours à chacun, sans pour autant jeter l’éponge si le courant ne passe manifestement pas avec l’un d’eux.

LA4Lire aussi : Assessment Center à Londres : Une journée dans la peau d’un candidat

 

Case Studies

Pour l’étude de cas, vous recevrez un dossier de 5 à 15 pages dont le sujet varie, là encore selon les recruteurs, mais sera spécifique au poste ou à la division auxquels vous postulez. Vous serez invité à en analyser les informations en faisant appel à votre business sense, comme à votre connaissance du métier. C’est sans doute l’exercice le plus technique des Assessment Centers. Ne vous laissez pas submerger par les données, vous devez avoir l’esprit clair lorsque l’on viendra vous chercher pour la restitution.

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Jeux de rôles

Un énoncé vous sera remis avant l‘épreuve décrivant votre rôle et le contexte dans lequel un problème se pose. Prouvez simplement votre capacité à réfléchir et bâtir une argumentation structurée. La majorité des cas ne comporte pas de solution unique et directe donc faites preuve de bon sens. Enfin, oubliez l’aspect ludique, l’objet de cette épreuve est là encore d’évaluer vos capacités à communiquer avec des collègues et/ou clients. Il s’agit d’un exercice interactif qui met l’accent sur votre capacité à prendre des décisions immédiates.

Online tests

Cauchemar que beaucoup de candidats appréhendent, les tests reviendront surement hanter vos Assessment Centers. Si les banques exigent que les candidats certifient de les passer honnêtement et sans aide extérieure, dans les faits, beaucoup font entorse à la règle : passer les tests à plusieurs, ou utiliser des anales sont des stratégies courantes. Pour rectifier le tir, les banques vous feront passer un test papier le jour J. Conclusion ? Que vous ayez passé les tests honnêtement ou non, préparez le terrain avant de venir à l’Assessment Center. Demandez aux RH à quel type de tests vous attendre et révisez. Cela vous évitera des sueurs froides face à votre feuille. Il serait dommage d’être remercié si bêtement.

LA4Lire aussi : Les 9 erreurs à éviter lors des tests numériques

 

Exercices de groupe

Lors d’un exercice en groupe, 5 à 7 candidats prennent connaissance des informations à leur disposition sur un sujet donné. L’évaluation a déjà commencé car, dès la phase de préparation – de 5 à 30 minutes – on observe la façon dont vous interagissez dans un groupe. Certes, il faut que l’on vous entende, mais ne confondez pas quantité et qualité. Réfléchissez à des arguments originaux pour vous démarquer. Surtout, ne cherchez pas à avoir le dernier mot et écraser vos adversaires car rien de pire qu’un leader arrogant. Au contraire, si vous estimez avoir parlé suffisamment – et intelligemment – encouragez les plus réservés : ils vous remercieront, et les évaluateurs aussi.

Présentations

Si cet exercice est commun à de nombreux Assessment Centers, sa forme varie énormément selon les banques. Certaines vous remettront le dossier de documents à étudier plusieurs semaines à l’avance, d’autres vous laisseront à peine le temps d’en prendre connaissance le jour J. L’enjeu sera alors de présenter l’information de façon claire et structurée. Soyez – ou donnez l’illusion – d’être à l’aise le moment venu. Vous devrez être prêt à répondre à des questions et recevoir des commentaires critiques sans perdre votre aplomb.

E-Tray / In-Tray

Vous aurez accès à un dossier imprimé (In-tray) ou électronique (E-tray). Il contiendra une série de courriels, rapports, messages et autres correspondances, ainsi que des informations sur votre poste et la structure de l’entreprise. C’est une véritable mise en situation qui synthétise les exercices précédents (on peut vous demander de faire des recommandations, écrire un rapport et répondre aux mails que vous avez reçus…). Vous serez évalué sur votre capacité à hiérarchiser les priorités, gérer les tâches et votre temps. Soyez prêt à expliquer votre stratégie et les motifs de vos décisions.

Rédaction de rapport

Jusque là laissée de côté, il vous faudra démontrer vos capacités de rédaction et de synthèse – essentielles à un analyste comme à un Associate. La forme de l’exercice variera considérablement selon les banques. Vous disposerez de 30 minutes à 1h30 pour rédiger un mail ou un mémo de plusieurs pages. Là encore, pas de secret, soyez structuré, la forme importera autant que le fond. Bâtissez un argumentaire aboutissant à une prise de décision justifiée. Gare au syndrome de la page blanche et, à l’inverse, restez simple et synthétique si les idées fusent dans votre tête.

Pour en savoir plus sur les préparations JobTestPrep sur les Assessment Centers, c'est ici.

 


Consolidation et expansion : les défis des banques chinoises

Sous Deng Xiaoping, le gouvernement central a entrepris un vaste programme de structuration du système bancaire. Après s’être efforcé de diminuer la part des créances douteuses dans le bilan des principales banques d’Etat, Beijing a continué son œuvre en mettant sur pied la CRBC (Commission de régulation des banques chinoises) en 2003. La troisième étape du développement bancaire chinois a vu l’injection de plus de 110 milliards d’euros dans les banques afin de consolider les passifs de ces dernières. De cette façon, le Parti Communiste a fait émerger un système bancaire conforme aux standards internationaux, et notamment aux exigences de Bâle II.

 

La structuration historique du système bancaire chinois face à ses limites économiques

Pour ce faire, l’Etat central a procédé au dépeçage de l’ancien système communiste mono-bancaire pour passer à un système dominé par quatre consortiums gigantesques, chacun dédié au financement du développement d’un secteur de l’économie. Avec plus de 3 420 milliards d’euros d’actifs gérés, l’Industrial & Commercial Bank of China est ainsi la plus grande banque au monde. Encore méconnue en Europe, son introduction en bourse en 2006 pour près de 19 milliards d’euros — un record depuis battu par une autre banque chinoise (l’Agricultural Bank of China, introduite en bourse en 2010 pour plus de 22 milliards d’euros) — signa l’entrée fracassante des banques chinoises sur un secteur largement dominé par les occidentales.

Quel modèle de développement pour le secteur bancaire chinois ?

Néanmoins, le secteur demeure fragile, notamment du fait de la proportion sous-évaluée de prêts non performants dans l’économie. Ces créances douteuses sont aussi bien le fait du système bancaire traditionnel que du système bancaire parallèle non surveillé (Shadow Banking).

Moody’s estime la taille du Shadow Banking à plus de 3 500 milliards d’euros. Echappant à toute surveillance des autorités de régulation, ces activités de crédit entre particuliers ou entreprises ont explosé ces dernières années en Chine. Confrontés à des conditions d’emprunts parfois rédhibitoires, à un taux de rémunération des dépôts plafonnés à des niveaux très faibles, ainsi qu’à la hausse des prix de l’immobilier, ce système constitue pour beaucoup de ménages et de PME un moyen d’emprunter et de prêter de l’argent facilement, via des intermédiaires financiers peu regardants. De la même façon, chez les grandes banques du pays, le taux de prêts non performants avoisinerait les 15%, voire 19% ; chiffres bien supérieurs aux 1,75% des statistiques officielles. La faute à des usages hérités de la période communiste, une trop grande fluctuation des recettes fiscales et des remboursements de prêts de la part de certaines entreprises publiques en surproduction.

En parallèle, le gigantesque plan de relance de 4 000 milliards de yuans lancé par le gouvernement en 2008 a laissé des traces dans les comptes des provinces chinoises. Financé seulement à un tiers par le gouvernement central, il a poussé les gouvernements locaux à mettre en place des véhicules d’investissement pour émettre de la dette. Ces LGIC (Local Government Investment Vehicles) ont donc contracté les prêts servant à financer des programmes d’investissement, afin de contourner le faible pouvoir d’émission de dettes sur les marchés que la loi confère aux provinces. Cette accumulation de dette pose aujourd’hui problème, alors que seuls 27 % des prêts des LGIV verraient leurs échéances actuelles couvertes par les recettes des investissements réalisés. Ce qui pose la question de la solidité du système bancaire régional chinois, principal apporteur de fonds des secteurs agricole et industriel au sein des zones rurales, et qui fonctionne encore largement sur un modèle de coopératives bancaires.

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Quelle place pour les banques chinoises sur l’échiquier bancaire mondial ?

Face au ralentissement de l’économie sur le marché intérieur, le gouvernement chinois s’est montré très prompt à soutenir l’internationalisation de ses banques. Pour cela, l’Etat central et les dirigeants de ses institutions satellites ont très tôt porté l’idée de l’internationalisation du renminbi. La première étape de ce processus consista en l’établissement d’une plateforme d’usage offshore du renminbi à Hong Kong. Quatrième place financière mondiale, connectée aux bourses de Shanghai et désormais de Shenzhen, l’ancienne colonie britannique a su apporter son savoir-faire en matière de services financiers pour développer l’offre de produits libellés en monnaie chinoise. Ainsi, les succès des émissions obligataires de McDonald, Caterpillar ou encore Renault ont attiré de nouveaux investisseurs. Des fonds de Private Equity dédiés aux investissements en yuan ont ainsi fait leur apparition. Capitalisant sur cette crédibilité nouvelle, Pékin a par ailleurs bénéficié d’une deuxième source d’internationalisation de sa monnaie. En effet, le 1er octobre 2016, le renminbi a officiellement intégré le panier de devises du FMI, aux côtés du dollar, de l’euro, de la livre et du yen.

D’autre part, le gouvernement chinois a taché de poursuivre les efforts de bonne gouvernance déjà entrepris au sein des grandes banques du pays. Les dispositions prescrites par Bâle III furent par exemple intégrées au cadre législatif chinois dès le 1er janvier 2013, soit six mois avant les Etats Unis. Au-delà du renforcement des capitaux propres des banques qu’elles imposent, elles ont aussi poussé les banques chinoises à diversifier leurs activités. Des départements cash management et factoring ont ainsi fait leur apparition. Autre illustration, selon le classement annuel de The Banker, quatre des cinq premières banques mondiales en termes de ratio Tier 1 — mesure de la capacité des banques à absorber des pertes, générer une croissance rentable et résister à des crises — sont chinoises. En 2016, ces dernières représentaient 32% du bénéfice total des mille premières banques mondiales, contre 4% dix ans auparavant.

L’émergence des banques d’affaires chinoises

Les groupes bancaires chinois ne se contentent plus seulement des activités de banques de détail, et se tournent de plus en plus vers les opérations de haut de bilan, au service du développement des entreprises. Dopées par les acquisitions chinoises à l’international, les activités de M&A des banques de l’Empire du milieu ont atteint des sommets. Leur proximité avec les milieux décisionnels et la taille conséquente de ces établissements leur permet de décrocher de nouveaux contrats, là où les banques d’affaires occidentales ne se risquent pas à engager plus de 10% de leur bilan sur une opération. Portés par des coups d’éclat comme l’acquisition par ChemChina de Syngenta pour 43 milliards d’euros, ou l’augmentation de la prise de participation au capital d’Accor Hotels de Jin Jiang, les grands acteurs chinois de la banque d’affaires comme CICC, Citic et la China Construction Bank se frottent les mains.

Au-delà des considérations géopolitiques souvent évoquées, ces acquisitions accroissent les parts de marché nouvelles et apportent une crédibilité supplémentaire aux groupes chinois. En faisant l’acquisition de grandes entreprises, ce sont aussi des actifs valorisables et des marques matures et établies que les entreprises chinoises achètent.

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La tech : une aubaine pour les banques chinoises

Sur un marché dominé par des structures soutenues par l’Etat — comme Citic Securities — une nouvelle génération de banques d’affaires a fait son apparition ; à laquelle Renaissance Partners fait partie. Fondée en 2004 par Fao Ban — passé par Crédit Suisse et Morgan Stanley — cette banque-conseil s’est fait un nom en conseillant la majorité des deals sur le marché chinois. A la différence de ses aînées, qui ont perçu de généreuses commissions grâce aux IPO en série des anciennes entreprises d’Etat, Renaissance Partners s’est fixée un crédo : conseiller des opérations pour les géants de la tech chinoise. A la clé ? Des deals fondateurs pour l’écosystème chinois, comme la fusion à plus de 6 milliards de dollars entre les ex-ennemis Kuaidi et Didi, à qui Uber faisait pourtant les yeux doux depuis plusieurs mois. Les synergies créées pourraient permettre à la nouvelle entité de rejoindre le cercle des géants numériques chinois tels Baidu, Alibaba et Tencent. Dans l’Empire du Milieu, la niche du numérique est devenue une véritable mine d’or. Pour ces nouvelles banques d’affaires, il s’agit donc de cultiver la proximité avec la scène entrepreneuriale chinoise à Pékin, Shenzhen et Hong Kong.

Cependant, les activités de M&A des banques chinoises restent encore marginales à côté des activités de DCM. Ce sont les émissions obligataires d’entreprises qui ont joué le rôle de moteur de la croissance intérieure ces dernières années. Avec un montant avoisinant les 170% du PIB, la Chine est devenue le plus gros marché mondial de la dette d’entreprise en 2014. Pour faire face à cette hausse de l’activité, et continuer à diffuser les pratiques de bonne gouvernance, les banques chinoises tentent désormais d’attirer des banquiers seniors issus des acteurs traditionnels de la banque.

Un marché chinois en pleine ébullition, devenu trop étroit

Les activités de banque d’affaires visent notamment à élargir le spectre des revenus des groupes chinois sur un marché de plus en plus concurrentiel. Si les banques chinoises tentent de diversifier leurs activités, c’est également parce que la concurrence se fait de plus en rude sur les activités de détail. En effet, au cours des cinq dernières années, les banques en ligne ont connu un développement exponentiel. Très simples d’utilisation et permettant de dépasser le manque de bureaux de banque physiques, nombre de jeunes consommateurs et de petites entreprises ont rapidement adopté ce service, notamment sur les téléphones mobiles. Les activités des banques Internet ont ainsi augmenté de 248 % l’an dernier, contre une hausse de 20 % pour les transactions entre banques. Même si les sommes échangées restent modestes — 12 000 milliards de yuans (1 700 milliards d’euros) contre 1 106 trillions de yuans (163 000 milliards d’euros) pour les banques traditionnelles — cette croissance exponentielle laisse augurer de belles perspectives de développement pour ce marché. A tel point que l’un des plus grands assureurs chinois, Ping An, a lancé sa propre plateforme de banque en ligne.

Les banques chinoises face à leurs défis

Pour les banques chinoises, une plus grande efficacité économique passera nécessairement par l’assainissement de leurs bilans, afin de diminuer le poids des créances douteuses. Protégées par des taux d’épargne et de dépôt parmi les plus hauts au monde, les géants bancaires chinois devront cependant concilier leurs tentatives de faire respecter des règles de gestion rigoureuses et des incitations politiques à l’égard des banques pour favoriser l’octroi de prêts aux entreprises d’État et ainsi contenir la hausse du chômage. A l’international, la volonté gouvernementale de limiter l’érosion des réserves de change du pays risque par ailleurs de freiner les acquisitions chinoises sur le Vieux Continent.

 

Bastien Le Bars, étudiant à Sciences Po Rennes et contributeur du blog AlumnEye


Le Private Equity raconté par un Directeur d'Investissement

Vous avez probablement souvent entendu la phrase « Le Private Equity n’embauche pas de juniors ». Cette nouvelle interview AlumnEye la décodera pour vous. Anthony est diplômé du Master 225 de Finance d’Entreprise et d’Ingénierie Financière de Paris Dauphine. Après une première expérience en M&A chez DC Advisory, il a rejoint il y a maintenant sept ans l’équipe parisienne de Motion Equity Partners où il est Directeur d’Investissements. Il vous fait découvrir son fonds d’investissement et vous livre son regard d’insider sur le Private Equity, avec en prime de précieux conseils sur la stratégie à adopter si vous souhaitez effectuer une carrière dans cette industrie. Bonne lecture !

 

Pouvez-vous nous présenter votre métier ?

De façon concrète, il consiste à accompagner des équipes de management dans des projets de développement ambitieux en France ou à l’international. Les sociétés que nous ciblons réalisent entre 50 et 300m€ de chiffre d’affaires. Motion Equity Partners se positionne donc comme un fonds de Private Equity mid-cap. Nous réalisons des opérations de LBO majoritaire en investissant des tickets en capital de 20 à 80m€. Nous nous différencions par notre savoir-faire démontré dans la réalisation d’opérations de croissance externe pour le compte de nos sociétés en portefeuille. Sur les 10 dernières années nous avons réalisé plus d’une quarantaine de « build-up » dans des pays aussi variés que l’Allemagne, la Thaïlande ou le Brésil.

Pourriez vous nous présenter l’une de vos opérations récentes ?

Nous avons réalisé l’acquisition du groupe Altaïr, leader français des produits d’entretiens et insecticides ménagers commercialisés en grande surface de bricolage sous les marques Starwax et Kapo. Notre stratégie consiste à accompagner le groupe aux 70m€ de chiffre d’affaires dans son développement à l’international, qui se fera principalement par croissance externe, afin de consolider un marché européen encore très fragmenté. Nous sommes actuellement en discussions avancées avec plusieurs acteurs et espérons pouvoir permettre au groupe de doubler de taille rapidement.

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A quoi ressemble une journée type ?

Il n’y a pas de journée type, c’est justement la diversité des problématiques abordées qui rend ce métier passionnant. Cela passe par la recherche d’opportunités (études de secteurs, rencontres de conseils et dirigeants), l’accompagnement de nos participations (orientations stratégiques, croissances externes, investissements opérationnels, etc.) et bien entendu l’étude et la réalisation de projets d’investissement.

Quelles sont, selon vous, les motivations nécessaires pour postuler dans le secteur ?

Beaucoup pensent que le Private Equity est un métier focalisé sur les aspects financiers et c’est une erreur. Les dimensions business, légales et fiscales sont tout aussi clés ; le plus important restant l’aspect humain. Chaque investissement est avant tout une rencontre entre des managers et notre équipe dans l’optique de partager un projet de développement commun. Le Private Equity est vraiment un secteur complet dans lequel l’humain et le relationnel font la différence.

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Quels sont les profils présents dans votre équipe ?

L’équipe comprend aussi bien des ingénieurs (Polytechnique, Ponts et Chaussées) que des profils école de commerce (EM Lyon, Dauphine, EDHEC, ESSEC) ces derniers étant tout de même plus nombreux. Nous avons chez Motion réalisé nos 3 derniers recrutements suite à des stages effectués au sein de notre structure, et j’y suis moi-même entré en tant que stagiaire.

On dit souvent que le Private Equity n’embauche pas de juniors : pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

Mon point de vue est assez différent. Je pense que jusqu’à une certaine période les profils « juniors » étaient quasi inexistants. Le profil type du candidat justifiait alors de 3/4 ans d’expériences en M&A, en financements structurés ou en conseil en stratégie. Le monde du Private Equity a depuis évolué et il n’est plus rare de voir des fonds recruter des jeunes diplômés et les former. Si les places restent rares, je suis convaincu qu’aujourd’hui les candidats les mieux placés pour rejoindre un fonds de Private Equity sont ceux ayant déjà une expérience concluante en fonds ou en M&A, et ayant ensuite réalisé un très bon stage au sein de la structure qui recrute. Compte-tenu de la taille des équipes et donc de l’importance de chaque personne – y compris les juniors – un fonds ne peut pas se permettre de se tromper. Et le meilleur confort est clairement d’avoir déjà travaillé au préalable avec la recrue potentielle.

LA4Lire aussi : Qu’est-ce que le Private Equity ?

 

Combien de postes de stagiaire offrez vous ?

Nous avons régulièrement un poste de stagiaire dans l’équipe mais jamais plus. Nous recrutons habituellement pour des débuts de stage en Janvier ou Juin. Les process de recrutement sont habituellement lancés environ 4 mois au préalable. Nos candidatures sont postées sur les sites des écoles cibles. Logiquement, nous visons des profils de top écoles de commerce et d’ingénieurs. Pour autant, nous valorisons les candidatures académiquement différentes mais affichant des expériences professionnelles pertinentes.

Quelles sont les qualités que vous rechercheriez chez un candidat ?

Des connaissances financières solides sont un prérequis mais ne suffisent pas. Les qualités principales recherchées sont : une forte curiosité, de la rigueur et un esprit entrepreneurial. Notre philosophie est d’associer pleinement les stagiaires à nos projets d’acquisition et de développement. Nous cherchons à les impliquer sur un maximum de sujets afin de leur offrir une expérience aussi enrichissante que possible. En contrepartie nous attendons un vrai professionnalisme de leur part, une maitrise parfaite des outils informatiques ainsi qu’une bonne capacité de synthèse.

Quels seraient les conseils que vous lui donneriez ?

Ma recommandation principale est de ne s’orienter vers le Private Equity qu’après une première expérience en banque ; idéalement en M&A. Si les responsabilités confiées à nos stagiaires sont avant tout proportionnelles à leur motivation, démarrer avec un niveau de rigueur déjà élevé et une bonne maîtrise des outils et concepts de base permet de gagner en autonomie et en responsabilité rapidement.

Interview réalisée par Marine Cocaud, étudiante à l’EDHEC et contributrice du blog AlumnEye