Photo de l'interview d'Edouard pour Chance

Conseil, audit : et si ce n’était pas fait pour moi ?

La voie royale. Le conseil en stratégie fait rêver les étudiants : une courbe d’apprentissage phénoménale, être confronté très tôt à des enjeux stratégiques, intégrer un cabinet reconnu internationalement, etc. Nombreuses sont les raisons qui en font la richesse, l’attrait mais également la sélectivité. Les taux de recrutement au sein des cabinets de conseil en stratégie sont extrêmement faibles ; rares sont les heureux élus qui décrochent une offre. À l’ombre de ces process, on retrouve une élite parfois perdue, en quête de sens. Nombreux sont les étudiants qui, en sortie de l’école, peinent à se décider. De fait, bien que le conseil – aussi bien en management qu’en stratégie – ou encore l’audit soient souvent perçus comme des carrières permettant de ne pas faire de choix immédiatement à la sortie de l’école, arrive le jour où il faut en faire un. Et si choisir son industrie de prédilection n’est pas une mince affaire, il est encore plus difficile de choisir de quitter ces métiers.

LA4Lire aussi : Quitter le Conseil en Stratégie : l’argent est-il un obstacle pour retrouver du sens ?

 

Meghan Markle ne vous dira pas le contraire, chaque voie royale a sa part d’ombre. Si les missions de consultant sont souvent enrichissantes et challengeantes, beaucoup critiquent leur caractère répétitif. L’euphorie des premières années laisse parfois place à une lassitude difficile à combler. D’autant plus qu’en tant que consultant, vos missions ne sont pas toujours en corrélation avec vos valeurs et peuvent susciter une certaine frustration dans votre travail et votre carrière. Alors que la fougue de la jeunesse a souvent d’autres priorités, la maturité apporte avec elle un désir de sens. Consultant pendant 9 ans, Edouard s’est posé toutes ces questions avant d’en venir à se demander même : et si je n’étais pas fait pour le conseil ? Après un début de carrière en audit financier, Edouard s’est lancé dans le conseil en organisation. Désireux d’être confronté à de nouvelles problématiques chaque jour, il a trouvé dans ce milieu le challenge qu’il recherchait. Néanmoins, le manque d’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle ne lui a pas permis de s’épanouir. Las d’être un « mercenaire » selon ses propres termes, Edouard a donc pris la décision de changer de voie grâce au parcours Chance.

 

 

 

Chance, avec qui nous sommes partenaires, aide les personnes qui, comme Edouard, se questionnent et cherchent un renouveau dans leur vie professionnelle sans pour autant renier leur passé. Ce parcours de coaching 100% en ligne, mais avec un coach, permet ainsi à de nombreux consultant(e)s de choisir enfin le travail qui les rendra heureux(se).

 


Logo des Big 4 sur fond de photo de Canary Warth

Le M&A en Big Four : quelles opportunités ?

Au sein des banques d’affaires, les équipes de Fusions-Acquisitions – ou Mergers & Acquisitions (M&A) en anglais – sont parmi les plus convoitées par les candidats. Prestigieux et exigeants, les stages offerts aux étudiants sont extrêmement sélectifs. Cet environnement compétitif impose de ne négliger aucune opportunité de candidature. A cet égard, les leaders de l’audit sont souvent oubliés alors qu’ils disposent d’équipes M&A au développement fulgurant depuis les années 1990.

Découvrez une présentation de ces équipes et de leurs atouts pour préparer au mieux votre stage en M&A.

 

Le Deal Advisory : une expertise des Big Four

 

Les quatre leaders mondiaux de l’audit financier sont couramment rassemblés sous l’appellation de Big Four, qui désigne les cabinets Deloitte, PwC, EY et KPMG.

En France, ces acteurs sont incontournables et dominent de plus en plus le marché des commissariats aux comptes des sociétés du CAC 40. Cette concentration et la guerre des prix qui en résulte contraignent les cabinets à se diversifier, afin de trouver de nouveaux relais de croissance.

Ils ont ainsi pleinement investi le champ du conseil aux entreprises et proposent un éventail de services allant du conseil en stratégie à l’analyse financière.

Ce dernier volet regroupe des activités de deal advisory, c’est-à-dire d’accompagnement des clients sur leurs opérations de croissance externe par exemple. L’intégration de cette practice à leur savoir-faire historique leur permet désormais de proposer une offre unique à leurs clients. Au contraire des bulge brackets et boutiques de renommée, les Big Four peuvent en effet compter sur leur ancrage géographique vaste et local à la fois, leur réputation d’ordre mondial et une approche transversale des besoins des clients.

En France, les branches M&A des Big Four ont vu le jour dans les années 1990. PwC a été l’un des premiers à pénétrer ce marché, en 1987. A l’instar des dynamiques observées aux Etats-Unis et dans le monde, le secteur des fusions-acquisitions était alors extrêmement dynamique en France. A titre d’illustration, l’ouvrage de référence Fusions Acquisitions (F. Ceddaha, 2017) avance que la valeur des deals français représentait 20% du PIB en 1999, année record de la période.

Les Big Four se sont alors spécialisés sur les transactions de petite et moyenne envergure, soit des entreprises qui valent jusqu’à 500 millions d’euros, moins concurrencées par les grandes banques d’affaires.

Depuis, ils sont parvenus à s’imposer sur les segments small et mid cap, en tirant le meilleur parti de leurs atouts. Cette stratégie leur permet d’atteindre le haut du classement lorsqu’on s’intéresse au nombre de transactions M&A conduites à terme en 2020 : KPMG se hisse 1er avec 33 deals, et In Extenso (qui faisait partie de Deloitte jusqu’en 2019) 2ème avec 30 deals.

 

Tableau 1 M&A Big 4 AlumnEye
Classement 2020 des banquiers d’affaires par type d’opération (en nombre de deals). Source : www.cfnews.net

 

Ces performances prouvent la qualité de l’expertise des cabinets de conseil sur les sujets de fusions-acquisitions. Leur capacité à couvrir une quantité importante d’opérations est un signal de la confiance accordée par leurs clients. En tant que stagiaire ou jeune actif, ce dynamisme est également synonyme de responsabilité et d’exposition. Intégrer l’une de ces divisions est donc tout à fait pertinent et intéressant, et il s’agit d’une véritable troisième voie si vous rêver de faire du M&A, en plus des bulge brackets et boutiques.

LA4Lire aussi : Pourquoi démarrer en M&A ?

 

Quelles opportunités au sein des Big Four ?

 

A l’instar du secteur du M&A dans son ensemble, les équipes dédiées des cabinets de conseil recrutent stagiaires et analystes plusieurs fois par an.

La transversalité de leur approche et le tropisme small et mid cap fournissent un cadre formateur, que ce soit pour un projet de carrière dans le secteur financier ou celui d’une aventure entrepreneuriale.

Les Big Four offrent une rémunération intéressante, bien qu’un peu inférieure à celle du large cap. La progression de carrière est rapide et présente des opportunités de mobilités au sein des autres divisions des cabinets.

Par ailleurs, leur forte stratégie d’implantation régionale est une distinction majeure face à l’approche des grandes banques d’affaires. Il en résulte des possibilités d’expérience professionnelle en province, qui est enrichissante si l’on s’intéresse au maillage économique d’un territoire. Par exemple, KPMG a lancé un véritable plan de développement national en ouvrant des bureaux à Nantes, Lyon et Toulouse. PwC a pour sa part implanté un pôle Corporate Finance à Lyon.

 

Des organisations spécifiques à chaque cabinet

 

Si vous envisagez de postuler à un stage au sein des équipes M&A de l’un de ces quatre cabinets, il est essentiel d’avoir une idée de leur fonctionnement et organisation.

Ainsi, Deloitte a créé un pôle « Financial Advisory » qui regroupe l’ensemble de ses activités de due diligence, conseil en M&A, conseil en financement et restructuring. Il faut noter à ce sujet que depuis 2019, In Extenso ne fait plus partie du groupe Deloitte.

Ensuite, PwC a pour sa part mis en place une ligne de services intitulée « Transactions ». Elle couvre l’ensemble de ses services liés au deal advisory, en plus de ses prestations en conseil en financement. Son équipe est composée d’une vingtaine de professionnels du secteur, selon des sources en interne.

EY dispose d’une division « Transaction Advisory Services » (TAS) opérant dans les mêmes secteurs. Elle est composée de 30 experts français.

Enfin, KPMG a fait le choix de lier ses activités de conseil en management et de conseil financier dans une plus large section appelée « Conseil ». Les équipes d’analystes M&A sont ainsi intégrées au sein de la branche « Deal Advisory ». Cette équipe est composée de 40 experts répartis entre Paris, Lyon, Nantes et Toulouse.

 

    PRÉPARE TES ENTRETIENS TECHNIQUES EN CORPORATE FINANCE

Découvre gratuitement les questions techniques en entretien de M&A, Private Equity, etc., corrigées par un pro.

 

M&A en Big Four : le défi de la valeur des deals

 

Ayant développé une forte présence sur le secteur du small-cap ainsi que du mid-cap, les Big Four ont réussi à se construire une solide réputation sur ces marchés, confirmée par le nombre d’opérations couvertes. Pour autant, la pression concurrentielle demeure extrêmement forte au sein d’un secteur dominé, en valeur, par les banques d’affaires (BNP Paribas, CACIB, Lazard, Goldman Sachs, etc.) et boutiques spécialisées plus réputées (Natixis Partners, DC Advisory, In Extenso, etc.).

 

Tableau 2 M&A Big 4 AlumnEye
Classement par fourchette de valorisation (en nombre de deals et à l’exclusion des deals sans informations publiques à ce sujet). Source : www.cfnews.net

 

On constate en effet que seul KPMG parvient à se hisser dans Top-10 en valeur, sur le segment small-cap. Cet état de fait souligne la position ambiguë des activités M&A des Big Four : en dépit d’un volume de transactions traitées important, celles-ci sont d’une valeur moindre dans leurs segments respectifs. En creux, puisqu’une partie de la rémunération des conseils financiers représente un pourcentage de la transaction conclue (les success fees), la situation des cabinets d’audit traduit une profitabilité inférieure à leurs concurrents. Il s’agit désormais d’un enjeu réel à dépasser, afin de conforter leur position sur un marché qu’ils ont résolument investi.

Ce défi n’entache néanmoins pas totalement le succès des Big Four. Ils sont parvenus à concevoir leurs activités de M&A comme des véritables relais de croissance et à développer avec intelligence leur pluridisciplinarité. Il s’agit donc de véritables opportunités de carrières pour celles et ceux en quête d’expérience dans un secteur ultra-compétitif.

LA4Lire aussi : Pourquoi les opérations de M&A font souvent l’objet de critiques ?

 

Bonus : Retour sur des deals récents conseillés par les Big Four

 

Deloitte :

Deloitte a conseillé le fonds spécialisé en infrastructures Antin Infrastructure Partners dans la vente du groupe Inicea, gestionnaire d’établissements dédiés aux soins des pathologies mentales. L’acquéreur est le groupe Korian, poids-lourd du secteur des établissements de santé. La transaction s’est conclue en décembre 2020, pour un montant de 360 millions d’euros.

Deloitte a également conseillé l’acheteur Rubis Terminal, leader européen du stockage et de la distribution des produits pétro-chimiques, lors de son acquisition de TEPSA, un opérateur espagnol du même secteur, vendu par l’entreprise Pétrofrance. D’un montant total de 352 millions d’euros, la transaction s’est conclue en juillet 2020.

PwC :

PwC a conseillé l’entreprise KOSC, opérateur télécom sur le segment B2B, lors de son acquisition par Altitude Infrastructure, fonds spécialisé. La transaction portait sur un montant de 14 millions d’euros et s’est conclu en juillet 2020.

PwC a également accompagné Carrefour dans le cadre de son acquisition de Supersol Spain, chaîne de supermarchés de proximité en Espagne, et propriété de Vilniaus prekyba, un fonds lithuanien spécialisé en real estate. Annoncé en août 2020, le deal est évalué à 78 millions d’euros.

EY :

EY a conseillé Provepharm, un laboratoire pharmaceutique français, dans l’acquisition du laboratoire américain Apollo Pharmaceuticals, fabricant de matériel stérile injectable. Le montant de cette transaction n’a pas été révélé lors de son annonce, en décembre 2020.

KPMG :

KPMG était le conseil financier de Babcock Wanson, une entreprise française de dimension européenne et leader sur le marché des systèmes de chaufferie industrielle, lors de son acquisition de l’entreprise belge Maes Industries, du même secteur. Révélée en octobre 2020, cette opération portait sur un montant de 6 millions d’euros.

 

 

Nolwenn Ringeval, étudiante à Sciences Po Paris et contributrice du blog AlumnEye

 


Maison faite en billets et en pièces de monnaie

Devenir investisseur dans un fonds de Private Debt : témoignage d'un Analyste

 

Alternative au financement classique d’acquisition, le Private Debt s’est développé au gré des crises dont celle de la COVID-19. Avec un fonctionnement similaire aux fonds de Private Equity et grâce à un mode de vie plus attractif, les fonds de dette privée intéressent de plus en plus de candidats. À ce titre, le blog AlumnEye propose un article sur le Private Debt ici. Afin de découvrir en détail ce secteur, découvrez cette nouvelle interview d’un AlumnEye, actuellement analyste en Private Debt dans un fonds anglo-saxon de premier rang.

 

Peux-tu nous présenter ton parcours ?

J’ai d’abord fait une école post-bac et j’ai réalisé mes premiers stages en analyse crédit dans des banques de réseaux. Ensuite, durant ma césure, j’ai travaillé en Leverage Finance puis en Private Debt, avant un Summer en M&A à Londres. Enfin, je suis revenu à Paris pour être analyste en Private Debt, le poste que j’occupe actuellement.

 

Comment as-tu découvert le secteur du Private Debt ?

Réunion de travail autour d'une tableJ’ai découvert le Private Debt durant mon premier stage en Leverage Finance alors que nous perdions certains deals au profit de fonds de dette. J’ai alors commencé à m’intéresser à ces acteurs, j’ai fait quelques recherches et je me suis rendu compte que c’était extrêmement intéressant. En Private Debt, on fait davantage d’analyses et on a une meilleure exposition qu’en banque car les équipes sont plus petites. Dans un premier temps, je ne savais pas trop où postuler parce qu’il y a plusieurs types de fonds : les fonds anglo-saxons, les fonds français, etc. J’ai donc candidaté un peu partout et je me suis finalement retrouvé dans un fonds anglo-saxon pour ma deuxième partie de césure. J’ai choisi le fonds anglo-saxon parce que je m’y sentais mieux et que j’appréciais son côté plus international.

 

Quels sont les principaux acteurs du Private Debt en France ?

En Private Debt, il y a trois grands types d’acteurs :

 

  • Les premiers sont les acteurs internationaux, ils viennent généralement des grands fonds de Private Equity : BlackStone Credit, GSO, Bain Capital Credit, Apollo, CVC Credit Partners, etc. Ces acteurs ne sont pas forcément sur tous les types de deals, ils ont des attentes de retour sur investissement plus élevées que la moyenne.
  • Ensuite, il y a les acteurs européens : BlueBay, ICG, Hayfin, Tikehau, etc.
  • Enfin, les acteurs locaux, français ou européens, comme : Capzanine, Kartesia, ID Invest, etc.

 

Parfois, on note également la présence de certains assureurs comme Axa ou Generali, qui ont des branches dans l’Asset Management faisant un peu de Private Debt mais à plus petite échelle. Les assureurs sont plus présents sur les marchés de dettes plus liquides, les Leveraged Loans and High Yield. 

LA4Lire aussi : Apollo Global Management, un géant du Private Equity

 

Est-ce que la crise de la COVID-19 a changé quelque chose au sein de ton fonds, au niveau de la stratégie d’investissement ou de ton quotidien ?

Oui, d’abord pendant les premiers mois, on ne savait plus très bien où on allait. Il y avait également un confinement très strict donc ça jouait beaucoup sur mon implication dans des dossiers portefeuille. Il faut d’abord comprendre que mon fonds est organisé d’une certaine manière : il y a une équipe investissement – dont je fais partie – et une équipe portfolio management. Au quotidien, c’est plutôt l’équipe portfolio management qui gère le monitoring des entreprises dans lesquelles on a investi. Par conséquent, en temps normal mon équipe a peu d’interactions avec le management après l’investissement. En revanche, durant la période de confinement, nous étions bien plus impliqués dans la gestion des entreprises en portefeuille pour tout superviser et fournir un peu de liquidités aux entreprises qui en manquaient. Nous avons notamment investi dans les secteurs les plus touchés par la crise, à l’instar des salles de sport ou des restaurants. Nous devions aussi négocier avec les fonds de Private Equity présents au capital des sociétés pour les cas de bris de covenant. Ainsi j’ai été beaucoup plus impliqué dans ce domaine et c’était très intéressant, cela m’a permis d’observer un aspect plus restructuring et légal du métier. Désormais, après avoir passé ces premiers mois, les choses sont revenues à la normale, on a bien plus transmis les dossiers à l’équipe portefeuille.

Ensuite, sur la partie d’investissement, nos critères ont changé avec la crise. On ne regarde plus du tout des secteurs pouvant être victimes d’un potentiel confinement. Et on est très intéressés par toutes les entreprises relevant du secteur logiciel ou du secteur de la santé, de l’éducation, etc. Ces dossiers-là sont regardés avec encore plus d’attention qu’auparavant.

 

Observer et prendre part à ces nouvelles activités ne t’a-t-il pas donné envie de découvrir cet autre aspect du métier ?

Avant cette expérience, je trouvais déjà le restructuring intéressant mais généralement lorsqu’une entreprise de notre portefeuille est en restructuring c’est que quelque chose s’est mal passé, c’est rarement un bon signe. Ça demeure une expérience intéressante, on apprend des choses différentes qui peuvent être utiles. D’autant plus que je travaille dans un fonds qui a des attentes de retour plus élevées que la moyenne donc nous regardons parfois des crédits un peu plus risqués et complexes. Ainsi, j’ai un peu d’exposition à ce type de situation et ça a confirmé mon intérêt pour ces problématiques restructuring. Je suis forcément intéressé par cela et j’espère être confronté à des situations similaires dans le futur.

 

    LES SECRETS DU RECRUTEMENT EN FINANCE

Obtiens gratuitement 30 min de vidéo pour comprendre comment faire la différence sur des milliers de candidats.

 

Tu as d’abord travaillé en Leverage Finance (stage) avant d’aller en Private Debt, quelles différences as-tu pu relever au quotidien entre ces deux secteurs ?

Je trouve que ce sont des secteurs assez similaires, mais la principale différence se fait au niveau de la profondeur d’analyse. En Private Debt, on analyse tout le financement : sur un LBO de 200 millions d’euros de dette, on travaille généralement sur la totalité de cette dette. Ce n’est pas le même chose en Leverage Finance, où dans cette même situation la banque pourrait avoir une participation de 20 millions d’euros au sein d’une syndication d’une dizaine de banques. Je pense qu’il y a également une interaction plus importante avec le management, les fonds de Private Equity et les différents conseils.

Le quotidien peut être plus intense également. En effet, l’un des avantages du Private Debt vis-à-vis des solutions bancaires, c’est la rapidité : un deal peut prendre 2 à 3 semaines, tandis qu’en banque le planning s’étend sur plusieurs mois. L’analyse doit donc être faite bien plus rapidement, ce qui conduit nos horaires à s’étirer durant les périodes cruciales.

En Private Debt, on travaille sur des produits plus variés. Si en banque les opérations concernent principalement des dettes senior, en dette privée nous travaillons également sur des dettes mezzanines, des dettes PIK, des dettes second-lien, voire parfois des investissements en Equity. Cela amène beaucoup de diversité et je trouve que c’est un avantage du Private Debt sur le Leverage Finance.

 

Mis à part les LBO, sur quels types de deals travaille-t-on en Private Debt ?

On travaille principalement sur des LBO, ils représentent à eux seuls environ 70% de notre activité. Les 30% restants concernent ce qu’on appelle le sponsorless, c’est-à-dire des leverage recap d’actionnaires qui veulent monétiser la croissance de l’entreprise. On peut également aider des entreprises n’ayant pas été financées par des fonds de Private Equity à réaliser des acquisitions ou des roll-out. À titre d’exemple, j’ai mentionné précédemment les salles de sport ou les restaurants, on peut aider une franchise comme Burger King à ouvrir de nouveaux restaurants.

LA4Lire aussi : Qu’est-ce qu’un LBO ?

 

Quelles sont les missions d’un stagiaire en Private Debt ? d’un analyste ?

Je pense que les missions sont à peu près les mêmes que dans les métiers de Leverage Finance ou de Private Equity : elles consistent en une lecture des due diligences, commerciales, financières, légales, etc. ; et une production de mémos d’investissements. Cela représente notre principale tâche. Ensuite, il y a également une partie modeling et une participation au côté légal, bien que cette dernière soit plus passive pour les stagiaires et au niveau analyste. À partir du niveau analyste on participe au comité d’investissement, c’est aussi l’un des points de différence avec le Leverage Finance. Lors de notre passage en comité d’investissement, on doit défendre notre opinion sur un dossier. Dès le niveau analyste, on prend la parole et c’est une partie que je trouve très intéressante car elle nous permet de beaucoup progresser.

 

Est-ce facile de trouver un job là-dedans en sortie d’école ou tu fais figure d’exception ?

Oeufs en bac sur surface blancheJe dirais que ça dépend du type d’acteurs. Dans les fonds anglo-saxons, il existe une préférence pour le recrutement d’associates ayant déjà fait du M&A ou du Leverage Finance dans des grandes banques anglo-saxonnes. Au niveau analyste, les process de recrutement s’ouvrent de plus en plus car il y a une volonté de former en interne, de donner l’esprit et la culture du fonds. Ensuite, concernant les fonds plus locaux, je pense qu’il y a des possibilités au niveau analyste généralement après un stage de fin d’études. Des fonds comme Capza, Kartezia ou Ardian recrutent des analystes en sortie d’école.

 

 

Selon ce que tu observes, quels métiers peuvent mener au Private Debt ?

Je dirais principalement le M&A et le Leverage Finance, il y a également des personnes issues du Private Equity, c’est plus rare mais c’est un choix qui peut être motivé par un mode de vie plus attractif. On peut aussi trouver des consultants en stratégie, exceptionnellement des gens issus du DCM ou parfois de hedge funds avec un focus crédit (mais pas les profils quantitatifs).

 

Pour finir, qu’est-ce que tu conseillerais à un étudiant qui souhaite faire carrière en Private Debt ?

Avant tout je lui conseillerais de bien identifier pourquoi il veut travailler du côté crédit plutôt que du côté Equity, car c’est vraiment différent. En effet, quand on est du côté crédit, on se focalise beaucoup sur les risques downside et l’analyse de la capital structure. Notre retour sur investissement est par définition limité, notre objectif principal est donc de le protéger. Il convient également de savoir mettre en avant certains avantages du Private Debt, comme le fait de travailler sur plus de dossiers qu’en Private Equity où on passe parfois plusieurs mois sur une opération. La priorité d’un étudiant voulant faire carrière en Private Debt doit être de bien comprendre ses motivations profondes et de savoir répondre sans mal à la question : pourquoi faire du crédit ?

 

 

Sam M’TAR, étudiant à Grenoble Ecole de Management et responsable éditorial du blog AlumnEye

 

 


Cathédrale Saint-Basile (Moscou)

L’Europe centrale, une région porteuse d’opportunités pour les investisseurs

Lorsqu’il est question de marchés financiers ou de places boursières, l’Europe centrale et de l’Est n’est probablement pas la région qui vient le plus naturellement à l’esprit. A côté de leurs semblables autrement plus célèbres et imposants que sont par exemple Euronext et le London Stock Exchange en Europe, le New York Stock Exchange aux Etats-Unis, les bourses de ces pays offrent pourtant un potentiel plus qu’intéressant en matière d’investissement. Celles-ci ont pour la plupart retrouvé leur activité à la suite de la chute du bloc soviétique, au début des années 1990, et les sociétés qui y sont cotées se situent ainsi dans des pays jouissant d’une excellente croissance économique. Situées à l’écart d’une finance de marché « centralisée », ces places financières sont-elles pour autant moins attrayantes ?

 

Des bourses dans l’ombre des géants occidentaux

D’un point de vue purement quantitatif, il apparaît évident que les bourses d’Europe Centrale et de l’Est se situent en retrait vis-à-vis des poids lourds occidentaux. La somme de toutes les capitalisations boursières associées aux principaux indices de cette région (WIG, PX, ATX, BUX, BET) peine à dépasser celle du seul groupe LVMH (236 milliards d’euros). Le Warsaw Stock Exchange, première bourse d’Europe de l’Est, affiche une capitalisation de 130 milliards d’euros, soit seulement 3% du géant européen Euronext.

La plupart des sociétés cotées sur ces places financières sont par ailleurs méconnues de l’investisseur classique, qui préfère en général se replier sur des valeurs plus « populaires », pour lesquelles les volumes d’échanges sont également beaucoup plus importants.

En plus d’être marginalisés, il est reproché à l’ensemble de ces marchés « émergents » d’offrir une liquidité peu attrayante pour les investisseurs, notamment les plus averses au risque. Outre le peu d’échanges possibles sur les différentes valeurs afférentes à ces places boursières, les marchés d’Europe de l’Est accusent un certain retard relatif aux moyens technologiques offerts aux intervenants : les plateformes de transactions ne sont pas encore en mesure de rivaliser avec celles proposées en Europe de l’Ouest et des efforts doivent encore être menés en matière de digitalisation des processus.

Du point de vue des sociétés elles-mêmes, ce manque d’attractivité se fait ressentir au regard de la tendance, d’une part, des grandes entreprises à privilégier les indices les plus prestigieux afin de bénéficier d’une liquidité des actifs plus importante ainsi que d’une meilleure valorisation. D’autre part, de nombreuses sociétés ont tendance à se laisser attirer par les indices les plus célèbres malgré le désavantage financier que leur imposeraient les coûts importants liés à leur cotation sur de tels indices.

LA4Lire aussi : Le Luxembourg cherche ses futurs talents en Finance

 

Une économie performante en Europe de l’Est

L’essentiel de ces pays appartenait à l’ex-Union Soviétique jusqu’à son effondrement au début des années 1990. Après avoir réintroduit une économie de marché, nombre d’entre eux ont, notamment au cours des années 2000 , intégré l’Union Européenne.

Billets de banque URSSEn plus de bénéficier des avantages prodigués à tout pays membre, ces nations peuvent encore à l’heure actuelle compter sur un soutien économique de l’UE afin d’accompagner leur croissance. C’est le cas par exemple de la Pologne, ayant reçu 70 milliards d’euros pour la seule période s’échelonnant de 2014 à 2020. Leur croissance économique s’avère par ailleurs remarquablement haute (de l’ordre de 2% à 3%) en comparaison avec la plupart des pays développés, et même certains autres pays émergents. Celle-ci est directement liée à une hausse importante de la demande dans ces pays. Une telle situation profite naturellement aux firmes locales, mais également aux entreprises étrangères qui disposent d’une main d’œuvre qualifiée tout en profitant de salaires compétitifs par rapport aux niveaux des pays d’Europe de l’Ouest.

Outre une économie en pleine croissance, ces pays reposent sur des fondamentaux solides. Les institutions bancaires locales ont considérablement accru leurs réserves au cours de la dernière décennie, dont les montants sont supérieurs aux niveaux minimum requis, ce qui permet d’aborder sereinement toute situation de crise. Également, ces pays sont peu endettés comparativement au reste de l’Europe : en 2018, leur dette publique était comprise entre 30% et 60% (22% pour la Bulgarie) de leur PIB pour la plupart, bien en-deçà des 78% de l’Union Européenne dans son ensemble.

Plus particulièrement, cette région a été relativement épargnée par la pandémie de COVID-19, la reprise économique devrait donc s’effectuer plus rapidement dans ces pays.

 

Des places boursières qui possèdent de nombreux avantages

En réalité, les bourses situées dans ces pays possèdent des caractéristiques intéressantes, à la fois pour les investisseurs et les sociétés. Pour les premiers, les actions qui y sont proposées sont assez peu coûteuses comparativement à celles des bourses française et allemande par exemple. Si l’on considère le Price-to-Earning Ratio, qui reflète le montant que l’acheteur serait prêt à engager pour chaque euro de bénéfice dégagé par l’entreprise, et donc le « coût » que représente finalement l’achat d’une action, on constate que celui-ci est en moyenne inférieur à 10 pour les bourses d’Europe continentale . Parmi les moins élevés, qui correspondent donc aux marchés les moins chers, on retrouve par exemple les bourses de Ljubljana et de Bucarest avec des PER moyens situés autour de 8. Pour le CAC40 et le DAX30, deux des principaux indices occidentaux, celui-ci oscille généralement autour de 15.

Outre leur faible coût, les actions issues des indices d’Europe de l’Est affichent un taux de rendement de leurs dividendes assez élevé. En reprenant le cas du CAC40, des résultats parus à la fin de l’année 2019 affirmaient que le rendement moyen des dividendes distribués au cours des 5 années précédentes était de 3.7%. Pour le S&P 500, indice le plus représentatif des sociétés américaines, celui-ci atteignait péniblement 2% au cours de la dernière décennie. A titre de comparaison, les dividendes des sociétés cotées dans les pays de l’Est offraient en moyenne un rendement compris entre 5% et 6% (notamment, la République Tchèque et la Slovaquie offrent les ratios les plus intéressants de ce point de vue).

Pour de nombreuses entreprises également, les bourses de cette région peuvent se révéler attractives. En effet, le fait d’être cotée sur un indice majeur (NASDAQ, FTSE, etc…) représente un coût important pour une entreprise. Pour les plus importantes d’entre elles, cela peut s’avérer rentable. Cependant, pour des entreprises de plus petite taille, être listée sur un indice de premier plan ne permet pas de bénéficier d’une grande visibilité, ce qui peut rapidement devenir rédhibitoire. En revanche, celles-ci peuvent être plus dignement représentées en étant listées sur des indices émanant de bourses d’ordre secondaire, comme l’explique Marek Dietl, président de la bourse de Varsovie, ajoutant que les moyens de communications actuels accordent désormais une visibilité analogue aux entreprises auprès des investisseurs, quel que soit le type d’indice sur lequel elles sont listées.

Les perspectives offertes par ces indices peuvent donc être intéressantes pour des sociétés locales, au rayonnement régional, qui peuvent profiter des bénéfices d’une introduction en bourse tout en évitant les désagréments liés à une cotation sur des indices de plus grande ampleur. Les sociétés domiciliées dans les pays les plus à l’est comme la Géorgie pourraient y trouver un avantage. De plus, de nombreux investisseurs cherchent désormais à investir dans des compagnies de plus petite taille, mais ayant des perspectives de croissance intéressantes.

Certains secteurs d’activités sont de plus particulièrement performants dans ces pays et mériteraient d’attirer l’attention des investisseurs. Par exemple, l’industrie des produits électroniques est très dynamique en République Tchèque et en Hongrie, et l’important développement mené récemment dans le secteur des nanotechnologies (ainsi que dans d’autres technologies de pointe) pourrait créer des opportunités selon le cabinet de conseil KPMG, d’après son étude « Investment in the Czech Republic » parue en 2017.

 

    ENTRETIEN EN FINANCE : PRÉPARE LES BRAINTEASERS

Découvre gratuitement les Brainteasers posés en entretien avec les réponses détaillées par un pro de la finance.

Un territoire d’avenir

D’un point de vue économique, un bel avenir semble se profiler pour ces pays avec une croissance qui ne devrait pas fléchir au cours des prochaines années.

Parallèlement, les bourses d’Europe de l’Est ont pris conscience de leur retard et mènent actuellement une politique de modernisation, de démocratisation de leur accès afin d’atteindre les standards des bourses les plus importantes, entre autres par l’utilisation des technologies « blockchain ». A titre d’exemple, la bourse de Varsovie a lancé une vaste opération de développement de nouvelles plateformes permettant de mettre en relation acheteurs et vendeurs au sein des salles de marchés, qui devrait aboutir en 2022. Les objectifs de ces travaux sont multiples : améliorer la liquidité des actifs cotés sur la bourse de Varsovie, offrir aux PME polonaises le cadre permettant de s’affirmer face à la concurrence internationale.

Par ailleurs, ces places boursières affichent aujourd’hui des ambitions certaines et commencent à accueillir des sociétés de plus gros calibre. La plus importante introduction en bourse de cette année 2020 a justement eu lieu à Varsovie, et concerne le géant polonais du e-commerce Allegro (la société était valorisée à 10 milliards d’euros au moment de son introduction). Progressivement, cette montée en gamme pourrait susciter l’intérêt de nombreux investisseurs pour ces marchés, et ainsi faire de ces places financières des acteurs influents sur la scène continentale.

 

Qu’en est-il des opportunités professionnelles ?

Le recrutement en banque d’investissement ainsi que le marché des offres de stages en sont encore à leurs balbutiements dans cette région. La plupart des institutions locales sont essentiellement concentrées sur le secteur de la banque de détail (Bank Millennium, SKB Group, etc…). Cependant, une petite révolution est apparue au début des années 2000 avec l’apport important de capitaux étrangers et l’arrivée de groupes internationaux. L’immense majorité des actifs sur ce marché est d’ailleurs gérée par des banques étrangères. Néanmoins, pour les passionnés de finance de marché, l’Europe Centrale et de l’Est n’est pas la destination la plus appropriée. A l’heure actuelle, les banques recrutent principalement au sein de leurs équipes M&A et ECM.

Bâtiment principal de l'université d'État de Moscou (prise de vue aérienne)Les groupes français (Société Générale, BNP Paribas) sont plutôt bien représentés dans ces pays par le biais de leurs filiales (BGZ et Ukrsibbank étant les filiales principales de la région pour BNP, Komercni Banka et Rosbank pour la Société Générale) et recrutent régulièrement, notamment via leurs offres de Volontariat International en Entreprise (VIE).

En dehors des grands noms de la banque, de nombreux acteurs locaux sont chaque année à la recherche de nouveaux stagiaires et employés. Parmi les plus importants d’entre eux, la banque russe Sberbank, implantée à la fois en Russie et en Europe de l’Est, est une excellente option. Celle-ci a d’ailleurs récemment été reconnue comme étant la meilleure banque M&A en Europe Centrale et de l’Est, et la meilleure banque d’investissement en Russie par le magazine Global Finance.

Il est également intéressant de noter que certaines institutions locales, bien que domiciliées dans leurs pays respectifs, ont en réalité développé un réseau sur l’ensemble de la région et proposent donc des offres dans plusieurs pays. C’est le cas du groupe hongrois OTP Bank et du letton SEB Banka par exemple. Ce dernier dispose par ailleurs d’une équipe en finance de marché relativement développée, principalement spécialisée dans les produits financiers des marchés baltes, ce qui offre la possibilité originale de pouvoir travailler sur des marchés peu courants.

Parmi les autres acteurs intéressants, on peut également citer : PKO Bank (Pologne), CSBO (République Tchèque) ; Raiffaisen Bank Aval (Ukraine).

Outre les banques d’investissement, les cabinets de conseil disposent de nombreuses antennes en Europe de l’Est, et proposent de temps à autre des offres de stages et d’emploi. Parmi les plus connus, Deloitte et PwC y sont plutôt bien implantés. Cependant, il existe une fois encore des acteurs locaux en pleine expansion internationale, comme le cabinet lithuanien Civitta.

Il est toutefois important de préciser que dans de nombreux cas, outre un anglais excellent, une maîtrise courante de la langue locale est également exigée, bien que certaines offres ne tiennent pas compte de ce critère.

LA4Lire aussi : Quelles opportunités en Finance et en Conseil dans les pays du Golfe ?

 

Cette région n’a pour le moment été créditée que d’une importance marginale par le monde de la finance, aussi bien par les investisseurs d’une part (systèmes de transactions archaïques, faible liquidité des marchés) que par les entreprises d’autre part (manque de prestige des bourses locales). Néanmoins, ces places financières sont actuellement en pleine transition, au niveau de leur accessibilité notamment : des solutions digitales sont en train d’être mises en place afin d’améliorer l’interaction entre les investisseurs et les marchés dans le cadre des transactions. Cette région demeure également une exception en matière de croissance. Outre la bonne santé financière de ces pays et leurs perspectives économiques, la plupart d’entre eux jouissent de l’implantation locale d’industries de pointe.

 

A l’heure où de nombreuses entreprises d’Europe de l’Est cherchent à poursuivre leur développement, les bourses locales, en plus de leur proximité, offrent des coûts de cotation largement inférieurs à ceux des indices les plus connus, tout en proposant une bonne visibilité à ces firmes grâce aux technologies actuelles. D’ailleurs, la conjonction de cette croissance avec le peu d’intérêt actuellement porté à ces marchés permet encore aujourd’hui d’offrir aux investisseurs la possibilité d’acheter des actions peu onéreuses et à haut rendement. D’un point de vue professionnel, l’industrie de la finance locale propose de nombreuses offres de stages mais aussi de contrats d’embauche pour ceux qui souhaiteraient travailler sur ces marchés (de plus, le coût de la vie dans ces pays est moins élevé que dans le reste de l’Europe). Finalement, pour une entreprise, un investisseur, une société financière ou encore un simple étudiant, cette région pourrait offrir bien des avantages dans les années à venir lors de la poursuite du développement de ces places financières.

 

 

Nicolas Liszczynski, étudiant à l’EDHEC Business School et contributeur du blog AlumnEye

 


Comment se reconvertir “gratuitement” ?

Vous envisagez une reconversion professionnelle et souhaitez évaluer vos compétences professionnelles ? Le bilan de compétences est un moyen très utile pour analyser toutes ses qualités et favoriser le développement de votre carrière.

 

Nos camarades de Chance, organisme de formation référencé comme alternative innovante et ultra complète aux bilans de compétences, proposent un parcours de coaching 100% en ligne pour choisir le travail qui vous rendra heureux(se). Aujourd’hui, ils vous expliquent point par point comment faire financer votre bilan de compétences grâce au dispositif du Compte Personnel de Formation (CPF). 

 

Comment aborder un bilan de compétences ?

Déjà, faire un bilan de compétences peut avoir des conséquences (toutes positives) très variées : on peut aussi bien s’apercevoir que le travail que l’on a nous convient, et qu’un petit détail est à modifier, ou vouloir changer de secteur en gardant son métier, changer de type et de culture d’entreprise, ou encore faire évoluer sa vie professionnelle au regard de nouveaux impératifs présents dans notre vie personnelle. Rien ne présage donc d’un changement radical à 180° : ces reconversions complètes sont plus présentes dans un imaginaire collectif (le fameux pubard parisien qui a tout plaqué pour faire du miel dans les montagnes) que dans la réalité des faits. 

Entraîneur de baseball avec un jeune joueur

 

 

En revanche, changer de vie (même un tout petit peu), ça se prépare et ça se réfléchit. C’est pour cela que Chance a mis au point un parcours de 3 mois, mêlant des séances de coaching professionnel avec un coach choisi sur-mesure, et des outils d’autocoaching avancés pour partir de soi et de ses aspirations profondes. Le parcours est structuré autour de 5 phases principales (diagnostic, introspection, exploration, validation et action) afin d’aboutir à un projet concret et pragmatique qui vous rendra heureux(se).

LA4Lire aussi : Les débouchés du conseil en stratégie

 

Comment financer son bilan de compétences avec le Compte Personnel de Formation (CPF) ?

Les bilans de compétences sont considérés comme des formations, et le Compte personnel de formation donne accès à une liste de bilans considérés comme étant de grande qualité (et évidemment, Chance en fait partie). 

 

Qu’est-ce que le CPF ?

Si vous avez plus de 30 ans, vous avez sans doute entendu parler du DIF (Droit Individuel à la Formation) : le DIF était la version vintage du CPF, et ne pouvait être utilisé que si l’employeur l’acceptait (il devait donc y voir une valeur ajoutée pour l’entreprise, pas nécessairement pour l’employé). 

 

Avec le CPF, c’est une autre histoire : ce compte vous est bien personnel, ce qui signifie que vous êtes libre de dépenser l’argent qui s’y trouve pour la formation ou le bilan de compétences que vous voulez, et sans en parler à qui que ce soit.

Le CPF, c’est personnel, comme son nom l’indique. L’argent ne peut pas être transféré à un autre compte (les généreux doivent donc l’être avec eux-mêmes). Comme son nom l’indique aussi, ce compte est dédié à la formation, et ne peut ainsi pas être récupéré en espèces sonnantes et trébuchantes (il doit donc être dépensé pour une formation ou un bilan de compétences présent sur le site Mon Compte Formation). 

 

Tout le monde peut-il financer son bilan de compétences avec le CPF ?

Du moment que vous avez ou avez eu un travail déclaré, vous avez un CPF ! Chaque année, votre activité cotise une somme d’argent (500 ou 800€/ an selon votre situation) sur le compte Mon Compte Formation, qu’il vous suffit d’activer (détails juste un peu plus bas dans cet article). 

 

Cela concerne :

  • Les salarié(s)s du public et du privé
  • Les professions libérales et les indépendants
  • Les conjoint(e)s collaborateur(e)s
  • Les artistes auteurs(rices)
  • Les demandeurs(ses) d’emploi

 

 

    LES SECRETS DU RECRUTEMENT EN FINANCE

Obtiens gratuitement 30 min de vidéo pour comprendre comment faire la différence sur des milliers de candidats.

 

 

Quelles étapes suivre pour financer son bilan de compétences avec son CPF ?

Étape 1 : créez votre compte 

Allez sur le site  Mon Compte formation

Pour créer votre compte, vous aurez juste besoin de votre numéro de sécurité sociale. Si vous avez déjà un compte, passez directement à l’étape suivante.

Étape 2 : découvrez combien vous avez sur votre compte

Le montant de vos droits apparaît à l’écran. Selon ce dont vous disposez, vous pouvez compléter le prix d’un bilan de compétences avec vos propres fonds directement sur le site Mon Compte Formation. C’est très simple et rapide (en vrai). 

Étape 3 : choisissez votre bilan de compétences

Pour vous mâcher le travail, nous vous menons directement à la page Formation de Chance.

Là, vous faites votre demande de financement par le CPF. 

Allez à l’onglet “Inscription”, puis sur “S’inscrire à cette formation”. Là, vous complétez vos informations personnelles et vous validez votre demande. 

Si votre solde CPF est insuffisant, vous pouvez compléter avec vos propres fonds (le paiement se fera lorsque la demande sera validée).

Étape 4 : validez votre demande

Chance (ou autre) reçoit votre demande et la valide. 

Surveillez vos mails : le site Mon Compte Formation vous en enverra un intitulé “Changement de statut de votre dossier”. 

Allez alors directement sur Mes dossiers de formation, faites le paiement de la différence si nécessaire, et voilà ! Vous avez financé votre bilan de compétences : à vous un horizon clair vers une vie professionnelle qui vous ressemble. 

LA4Lire aussi : Quitter le Conseil en Stratégie : l’argent est-il un obstacle pour retrouver du sens ?

 

Lancez-vous !

Femme au sommet d'un escalier surplombant la forêt et la ville

 

Quel que soit votre parcours antérieur, faire un bilan de compétences – mais surtout opérer une réflexion sur vos aspirations et leur mise en œuvre concrète – est l’opportunité de remettre les pendules à la bonne heure dans votre rapport au travail. 


C’est le moment d’arrêter de naviguer à vue et de devenir acteur du développement de votre carrière, confiant(e), déterminé(e) et engagé(e) pour choisir la voie professionnelle qui vous ressemble. Alors, partant(e) ?  

 

 

 

 

 


Petite fille qui lève les bras devant son ordinateur en signe de victoire

Comment passer d'un DUT à un Master Finance ? Les conseils d'un étudiant admis à l'ESSEC et l'ESCP

Après avoir effectué un DUT GEA, une Licence d’Economie Gestion à Brest puis un IAE (Institut d’Administration des Entreprise) à Rennes en Risk et Asset Management, Mathieu a réussi ses candidatures aux Masters Finance de l’ESSEC et de l’ESCP. Voici son interview exclusive pour AlumnEye !

 

Qu’est-ce qu’un Master Spécialisé en Finance au juste ?

C’est une formation qu’un étudiant suit entre 1 ou 2 ans, en général en fin d’études, pour pouvoir se spécialiser en Finance. La sélectivité accrue en finance oblige souvent les étudiants comme moi venant d’écoles « non target » à intégrer le MS d’écoles « target ». Outre ce « brand name » assumé et coûteux, le MS en Finance permet également aux étudiants de décrocher des stages dans les banques les plus renommées. Cela a totalement changé mes perspectives de carrière !

LA4Lire aussi : Pourquoi faire un Master Spécialisé Finance à HEC, ESSEC ou ESCP ? Témoignage

 

Raconte-nous ton parcours avant d’intégrer le Master Spécialisé de l’ESSEC.

 J’ai intégré un DUT GEA à Brest puis je suis entré en L3 à l’université de Brest. J’ai ensuite été sélectionné à l’IAE de Rennes en Risk et Asset Management. Je ne savais pas trop ce que je voulais faire à ce moment-là et je me sentais en même temps bloqué dans cette filière très spécialisée. Dans le cadre de ce cursus, j’ai effectué un stage de 4 mois en Contrôle de Gestion et Audit interne avant ma césure. C’est d’ailleurs lors de ma césure que je me suis rendu compte que j’avais des aspirations en désaccord avec ce que me proposait l’IAE de Rennes. Après mon échange de 4 mois en Chine, j’ai fait 6 mois de stage en Colateral Management chez CACEIS au Luxembourg. Mon alternance lors de mon M2 à l’IAE de Rennes chez Amundi en trading a été le principal moteur de mes candidatures en MS : je voulais absolument travailler dans les grandes banques d’investissement.

 

 

    LES SECRETS DU RECRUTEMENT EN FINANCE

Obtiens gratuitement 30 min de vidéo pour comprendre comment faire la différence sur des milliers de candidats.

 

 

Ce n’est qu’à la fin de ton cursus à l’IAE de Rennes que tu décides de postuler aux MS Finance, mais avec le recul que tu as désormais, quelles expériences conseillerais-tu à un étudiant qui souhaite également en intégrer un ?

Selon moi, ce sont mes expériences professionnelles – à la fois mes stages et mon alternance – qui m’ont permis de faire la différence. Tout étudiant aspirant à une carrière en finance doit faire une césure ; c’est indispensable, car c’est ce qui permet d’obtenir de l’expérience et de renforcer son profil. Il ne faut également pas hésiter à contacter des étudiants du Master si l’on a des questions ou si l’on a besoin de conseils.

Comment t’y es-tu pris pour obtenir des stages en trading avec un master Risk & Asset management ?

Tout d’abord, j’ai postulé à d’innombrables offres durant ma césure afin d’obtenir mon premier stage en trading ; et je suis parvenu à obtenir un entretien. Je m’étais très bien préparé sur le plan technique et j’étais extrêmement motivé. Je pense que cela s’est ressenti et a énormément joué en ma faveur durant le processus de sélection.

 

C’est décidé, tu choisis de suivre un MS ! Comment se sont déroulées tes candidatures ?

Je suis passé par la formation « Prépa MS » d’AlumnEye ; j’ai donc été mis en relation avec un de leur formateur. Nous avons dès septembre planifié un calendrier de dates butoirs : le TAGE, TOEIC, entretiens blancs… De plus, mon CV était déjà tout prêt, donc mes candidatures en Summer se sont faites assez rapidement ! Le plus dur en candidature en MS c’est de garder le moral car dans mon école, personne n’a candidaté et personne n’était là pour m’épauler et me conseiller. Finalement, j’ai eu les deux MS : celui de l’ESSEC et celui de l’ESCP.

 

Quels conseils donnerais-tu à un étudiant qui s’inquiète de ne pas parvenir à conjuguer candidatures aux MS Finance et M2 ?

Dans un premier temps, je lui conseillerais de préparer les tests d’anglais et d’aptitudes le plus tôt possible afin d’anticiper et de pouvoir les repasser en cas de mauvais score. Ensuite, il est important de bien networker. Pour ma part, j’ai eu la chance de travailler chez Amundi avec un alumni du Master de l’ESSEC et il m’a fait une lettre de recommandation pour intégrer le MS.

 

Pourquoi as-tu préféré le MS de l’ESSEC plutôt que celui de l’ESCP ?

Cela a été une décision assez difficile. J’ai choisi l’ESSEC pour son réseau d’anciens élèves principalement : énormément d’étudiants du MiF (Master in Finance) travaillent désormais en salle de marché au sein des plus grandes banques. Mais les deux programmes sont très bons pour intégrer les meilleurs postes en finance que ce soit en finance de marché ou d’entreprise. Il fallait faire un choix !

LA4Lire aussi : Le classement 2020 des masters Finance du Financial Times est-il fiable ?

 

Comment s’est passée ta rentrée ? Est-elle à la hauteur de tes attentes ?

Avec les cours à distance tout est différent. Le programme est très dense, surtout avec le T0 (Trimestre 0 : le premier trimestre du MS, il débute en septembre et dure cinq semaines). Ce trimestre consiste principalement en une remise à niveau en mathématiques, on a des cours de théorie financière, de statistiques et de mathématiques. C’est difficile mais avec de la rigueur et du travail on y arrive. Et il faut aussi gérer les candidatures aux Summers qui sont très chronophages. Pour le moment, je suis très satisfait du contenu des cours. Par ailleurs, j’ai également été sélectionné pour un premier call pour un Summer en S&T.

Que dirais-tu à un étudiant en DUT qui hésite encore à postuler aux MS Finance ?

Je pense qu’intégrer un MS Finance maximise ses chances d’accéder aux postes les plus prestigieux en finance. En intégrant un MS, on dispose d’un excellent réseau qui aide énormément à l’insertion professionnelle. Avoir un CV estampillé ESSEC ou ESCP permet de passer les screenings pour ces postes et d’être sélectionné pour les entretiens, ce qui est très dur avec un M2 universitaire.

Un dernier conseil pour nos lecteurs ?

Organisez-vous un an avant une candidature en MS et prenez le temps de construire votre parcours avec des stages pertinents.