Cathédrale Saint-Basile (Moscou)

L’Europe centrale, une région porteuse d’opportunités pour les investisseurs

Lorsqu’il est question de marchés financiers ou de places boursières, l’Europe centrale et de l’Est n’est probablement pas la région qui vient le plus naturellement à l’esprit. A côté de leurs semblables autrement plus célèbres et imposants que sont par exemple Euronext et le London Stock Exchange en Europe, le New York Stock Exchange aux Etats-Unis, les bourses de ces pays offrent pourtant un potentiel plus qu’intéressant en matière d’investissement. Celles-ci ont pour la plupart retrouvé leur activité à la suite de la chute du bloc soviétique, au début des années 1990, et les sociétés qui y sont cotées se situent ainsi dans des pays jouissant d’une excellente croissance économique. Situées à l’écart d’une finance de marché « centralisée », ces places financières sont-elles pour autant moins attrayantes ?

 

Des bourses dans l’ombre des géants occidentaux

D’un point de vue purement quantitatif, il apparaît évident que les bourses d’Europe Centrale et de l’Est se situent en retrait vis-à-vis des poids lourds occidentaux. La somme de toutes les capitalisations boursières associées aux principaux indices de cette région (WIG, PX, ATX, BUX, BET) peine à dépasser celle du seul groupe LVMH (236 milliards d’euros). Le Warsaw Stock Exchange, première bourse d’Europe de l’Est, affiche une capitalisation de 130 milliards d’euros, soit seulement 3% du géant européen Euronext.

La plupart des sociétés cotées sur ces places financières sont par ailleurs méconnues de l’investisseur classique, qui préfère en général se replier sur des valeurs plus « populaires », pour lesquelles les volumes d’échanges sont également beaucoup plus importants.

En plus d’être marginalisés, il est reproché à l’ensemble de ces marchés « émergents » d’offrir une liquidité peu attrayante pour les investisseurs, notamment les plus averses au risque. Outre le peu d’échanges possibles sur les différentes valeurs afférentes à ces places boursières, les marchés d’Europe de l’Est accusent un certain retard relatif aux moyens technologiques offerts aux intervenants : les plateformes de transactions ne sont pas encore en mesure de rivaliser avec celles proposées en Europe de l’Ouest et des efforts doivent encore être menés en matière de digitalisation des processus.

Du point de vue des sociétés elles-mêmes, ce manque d’attractivité se fait ressentir au regard de la tendance, d’une part, des grandes entreprises à privilégier les indices les plus prestigieux afin de bénéficier d’une liquidité des actifs plus importante ainsi que d’une meilleure valorisation. D’autre part, de nombreuses sociétés ont tendance à se laisser attirer par les indices les plus célèbres malgré le désavantage financier que leur imposeraient les coûts importants liés à leur cotation sur de tels indices.

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Une économie performante en Europe de l’Est

L’essentiel de ces pays appartenait à l’ex-Union Soviétique jusqu’à son effondrement au début des années 1990. Après avoir réintroduit une économie de marché, nombre d’entre eux ont, notamment au cours des années 2000 , intégré l’Union Européenne.

Billets de banque URSSEn plus de bénéficier des avantages prodigués à tout pays membre, ces nations peuvent encore à l’heure actuelle compter sur un soutien économique de l’UE afin d’accompagner leur croissance. C’est le cas par exemple de la Pologne, ayant reçu 70 milliards d’euros pour la seule période s’échelonnant de 2014 à 2020. Leur croissance économique s’avère par ailleurs remarquablement haute (de l’ordre de 2% à 3%) en comparaison avec la plupart des pays développés, et même certains autres pays émergents. Celle-ci est directement liée à une hausse importante de la demande dans ces pays. Une telle situation profite naturellement aux firmes locales, mais également aux entreprises étrangères qui disposent d’une main d’œuvre qualifiée tout en profitant de salaires compétitifs par rapport aux niveaux des pays d’Europe de l’Ouest.

Outre une économie en pleine croissance, ces pays reposent sur des fondamentaux solides. Les institutions bancaires locales ont considérablement accru leurs réserves au cours de la dernière décennie, dont les montants sont supérieurs aux niveaux minimum requis, ce qui permet d’aborder sereinement toute situation de crise. Également, ces pays sont peu endettés comparativement au reste de l’Europe : en 2018, leur dette publique était comprise entre 30% et 60% (22% pour la Bulgarie) de leur PIB pour la plupart, bien en-deçà des 78% de l’Union Européenne dans son ensemble.

Plus particulièrement, cette région a été relativement épargnée par la pandémie de COVID-19, la reprise économique devrait donc s’effectuer plus rapidement dans ces pays.

 

Des places boursières qui possèdent de nombreux avantages

En réalité, les bourses situées dans ces pays possèdent des caractéristiques intéressantes, à la fois pour les investisseurs et les sociétés. Pour les premiers, les actions qui y sont proposées sont assez peu coûteuses comparativement à celles des bourses française et allemande par exemple. Si l’on considère le Price-to-Earning Ratio, qui reflète le montant que l’acheteur serait prêt à engager pour chaque euro de bénéfice dégagé par l’entreprise, et donc le « coût » que représente finalement l’achat d’une action, on constate que celui-ci est en moyenne inférieur à 10 pour les bourses d’Europe continentale . Parmi les moins élevés, qui correspondent donc aux marchés les moins chers, on retrouve par exemple les bourses de Ljubljana et de Bucarest avec des PER moyens situés autour de 8. Pour le CAC40 et le DAX30, deux des principaux indices occidentaux, celui-ci oscille généralement autour de 15.

Outre leur faible coût, les actions issues des indices d’Europe de l’Est affichent un taux de rendement de leurs dividendes assez élevé. En reprenant le cas du CAC40, des résultats parus à la fin de l’année 2019 affirmaient que le rendement moyen des dividendes distribués au cours des 5 années précédentes était de 3.7%. Pour le S&P 500, indice le plus représentatif des sociétés américaines, celui-ci atteignait péniblement 2% au cours de la dernière décennie. A titre de comparaison, les dividendes des sociétés cotées dans les pays de l’Est offraient en moyenne un rendement compris entre 5% et 6% (notamment, la République Tchèque et la Slovaquie offrent les ratios les plus intéressants de ce point de vue).

Pour de nombreuses entreprises également, les bourses de cette région peuvent se révéler attractives. En effet, le fait d’être cotée sur un indice majeur (NASDAQ, FTSE, etc…) représente un coût important pour une entreprise. Pour les plus importantes d’entre elles, cela peut s’avérer rentable. Cependant, pour des entreprises de plus petite taille, être listée sur un indice de premier plan ne permet pas de bénéficier d’une grande visibilité, ce qui peut rapidement devenir rédhibitoire. En revanche, celles-ci peuvent être plus dignement représentées en étant listées sur des indices émanant de bourses d’ordre secondaire, comme l’explique Marek Dietl, président de la bourse de Varsovie, ajoutant que les moyens de communications actuels accordent désormais une visibilité analogue aux entreprises auprès des investisseurs, quel que soit le type d’indice sur lequel elles sont listées.

Les perspectives offertes par ces indices peuvent donc être intéressantes pour des sociétés locales, au rayonnement régional, qui peuvent profiter des bénéfices d’une introduction en bourse tout en évitant les désagréments liés à une cotation sur des indices de plus grande ampleur. Les sociétés domiciliées dans les pays les plus à l’est comme la Géorgie pourraient y trouver un avantage. De plus, de nombreux investisseurs cherchent désormais à investir dans des compagnies de plus petite taille, mais ayant des perspectives de croissance intéressantes.

Certains secteurs d’activités sont de plus particulièrement performants dans ces pays et mériteraient d’attirer l’attention des investisseurs. Par exemple, l’industrie des produits électroniques est très dynamique en République Tchèque et en Hongrie, et l’important développement mené récemment dans le secteur des nanotechnologies (ainsi que dans d’autres technologies de pointe) pourrait créer des opportunités selon le cabinet de conseil KPMG, d’après son étude « Investment in the Czech Republic » parue en 2017.

 

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Un territoire d’avenir

D’un point de vue économique, un bel avenir semble se profiler pour ces pays avec une croissance qui ne devrait pas fléchir au cours des prochaines années.

Parallèlement, les bourses d’Europe de l’Est ont pris conscience de leur retard et mènent actuellement une politique de modernisation, de démocratisation de leur accès afin d’atteindre les standards des bourses les plus importantes, entre autres par l’utilisation des technologies « blockchain ». A titre d’exemple, la bourse de Varsovie a lancé une vaste opération de développement de nouvelles plateformes permettant de mettre en relation acheteurs et vendeurs au sein des salles de marchés, qui devrait aboutir en 2022. Les objectifs de ces travaux sont multiples : améliorer la liquidité des actifs cotés sur la bourse de Varsovie, offrir aux PME polonaises le cadre permettant de s’affirmer face à la concurrence internationale.

Par ailleurs, ces places boursières affichent aujourd’hui des ambitions certaines et commencent à accueillir des sociétés de plus gros calibre. La plus importante introduction en bourse de cette année 2020 a justement eu lieu à Varsovie, et concerne le géant polonais du e-commerce Allegro (la société était valorisée à 10 milliards d’euros au moment de son introduction). Progressivement, cette montée en gamme pourrait susciter l’intérêt de nombreux investisseurs pour ces marchés, et ainsi faire de ces places financières des acteurs influents sur la scène continentale.

 

Qu’en est-il des opportunités professionnelles ?

Le recrutement en banque d’investissement ainsi que le marché des offres de stages en sont encore à leurs balbutiements dans cette région. La plupart des institutions locales sont essentiellement concentrées sur le secteur de la banque de détail (Bank Millennium, SKB Group, etc…). Cependant, une petite révolution est apparue au début des années 2000 avec l’apport important de capitaux étrangers et l’arrivée de groupes internationaux. L’immense majorité des actifs sur ce marché est d’ailleurs gérée par des banques étrangères. Néanmoins, pour les passionnés de finance de marché, l’Europe Centrale et de l’Est n’est pas la destination la plus appropriée. A l’heure actuelle, les banques recrutent principalement au sein de leurs équipes M&A et ECM.

Bâtiment principal de l'université d'État de Moscou (prise de vue aérienne)Les groupes français (Société Générale, BNP Paribas) sont plutôt bien représentés dans ces pays par le biais de leurs filiales (BGZ et Ukrsibbank étant les filiales principales de la région pour BNP, Komercni Banka et Rosbank pour la Société Générale) et recrutent régulièrement, notamment via leurs offres de Volontariat International en Entreprise (VIE).

En dehors des grands noms de la banque, de nombreux acteurs locaux sont chaque année à la recherche de nouveaux stagiaires et employés. Parmi les plus importants d’entre eux, la banque russe Sberbank, implantée à la fois en Russie et en Europe de l’Est, est une excellente option. Celle-ci a d’ailleurs récemment été reconnue comme étant la meilleure banque M&A en Europe Centrale et de l’Est, et la meilleure banque d’investissement en Russie par le magazine Global Finance.

Il est également intéressant de noter que certaines institutions locales, bien que domiciliées dans leurs pays respectifs, ont en réalité développé un réseau sur l’ensemble de la région et proposent donc des offres dans plusieurs pays. C’est le cas du groupe hongrois OTP Bank et du letton SEB Banka par exemple. Ce dernier dispose par ailleurs d’une équipe en finance de marché relativement développée, principalement spécialisée dans les produits financiers des marchés baltes, ce qui offre la possibilité originale de pouvoir travailler sur des marchés peu courants.

Parmi les autres acteurs intéressants, on peut également citer : PKO Bank (Pologne), CSBO (République Tchèque) ; Raiffaisen Bank Aval (Ukraine).

Outre les banques d’investissement, les cabinets de conseil disposent de nombreuses antennes en Europe de l’Est, et proposent de temps à autre des offres de stages et d’emploi. Parmi les plus connus, Deloitte et PwC y sont plutôt bien implantés. Cependant, il existe une fois encore des acteurs locaux en pleine expansion internationale, comme le cabinet lithuanien Civitta.

Il est toutefois important de préciser que dans de nombreux cas, outre un anglais excellent, une maîtrise courante de la langue locale est également exigée, bien que certaines offres ne tiennent pas compte de ce critère.

LA4Lire aussi : Quelles opportunités en Finance et en Conseil dans les pays du Golfe ?

 

Cette région n’a pour le moment été créditée que d’une importance marginale par le monde de la finance, aussi bien par les investisseurs d’une part (systèmes de transactions archaïques, faible liquidité des marchés) que par les entreprises d’autre part (manque de prestige des bourses locales). Néanmoins, ces places financières sont actuellement en pleine transition, au niveau de leur accessibilité notamment : des solutions digitales sont en train d’être mises en place afin d’améliorer l’interaction entre les investisseurs et les marchés dans le cadre des transactions. Cette région demeure également une exception en matière de croissance. Outre la bonne santé financière de ces pays et leurs perspectives économiques, la plupart d’entre eux jouissent de l’implantation locale d’industries de pointe.

 

A l’heure où de nombreuses entreprises d’Europe de l’Est cherchent à poursuivre leur développement, les bourses locales, en plus de leur proximité, offrent des coûts de cotation largement inférieurs à ceux des indices les plus connus, tout en proposant une bonne visibilité à ces firmes grâce aux technologies actuelles. D’ailleurs, la conjonction de cette croissance avec le peu d’intérêt actuellement porté à ces marchés permet encore aujourd’hui d’offrir aux investisseurs la possibilité d’acheter des actions peu onéreuses et à haut rendement. D’un point de vue professionnel, l’industrie de la finance locale propose de nombreuses offres de stages mais aussi de contrats d’embauche pour ceux qui souhaiteraient travailler sur ces marchés (de plus, le coût de la vie dans ces pays est moins élevé que dans le reste de l’Europe). Finalement, pour une entreprise, un investisseur, une société financière ou encore un simple étudiant, cette région pourrait offrir bien des avantages dans les années à venir lors de la poursuite du développement de ces places financières.

 

 

Nicolas Liszczynski, étudiant à l’EDHEC Business School et contributeur du blog AlumnEye

 


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Comment aborder un bilan de compétences ?

Déjà, faire un bilan de compétences peut avoir des conséquences (toutes positives) très variées : on peut aussi bien s’apercevoir que le travail que l’on a nous convient, et qu’un petit détail est à modifier, ou vouloir changer de secteur en gardant son métier, changer de type et de culture d’entreprise, ou encore faire évoluer sa vie professionnelle au regard de nouveaux impératifs présents dans notre vie personnelle. Rien ne présage donc d’un changement radical à 180° : ces reconversions complètes sont plus présentes dans un imaginaire collectif (le fameux pubard parisien qui a tout plaqué pour faire du miel dans les montagnes) que dans la réalité des faits. 

Entraîneur de baseball avec un jeune joueur

 

 

En revanche, changer de vie (même un tout petit peu), ça se prépare et ça se réfléchit. C’est pour cela que Chance a mis au point un parcours de 3 mois, mêlant des séances de coaching professionnel avec un coach choisi sur-mesure, et des outils d’autocoaching avancés pour partir de soi et de ses aspirations profondes. Le parcours est structuré autour de 5 phases principales (diagnostic, introspection, exploration, validation et action) afin d’aboutir à un projet concret et pragmatique qui vous rendra heureux(se).

LA4Lire aussi : Les débouchés du conseil en stratégie

 

Comment financer son bilan de compétences avec le Compte Personnel de Formation (CPF) ?

Les bilans de compétences sont considérés comme des formations, et le Compte personnel de formation donne accès à une liste de bilans considérés comme étant de grande qualité (et évidemment, Chance en fait partie). 

 

Qu’est-ce que le CPF ?

Si vous avez plus de 30 ans, vous avez sans doute entendu parler du DIF (Droit Individuel à la Formation) : le DIF était la version vintage du CPF, et ne pouvait être utilisé que si l’employeur l’acceptait (il devait donc y voir une valeur ajoutée pour l’entreprise, pas nécessairement pour l’employé). 

 

Avec le CPF, c’est une autre histoire : ce compte vous est bien personnel, ce qui signifie que vous êtes libre de dépenser l’argent qui s’y trouve pour la formation ou le bilan de compétences que vous voulez, et sans en parler à qui que ce soit.

Le CPF, c’est personnel, comme son nom l’indique. L’argent ne peut pas être transféré à un autre compte (les généreux doivent donc l’être avec eux-mêmes). Comme son nom l’indique aussi, ce compte est dédié à la formation, et ne peut ainsi pas être récupéré en espèces sonnantes et trébuchantes (il doit donc être dépensé pour une formation ou un bilan de compétences présent sur le site Mon Compte Formation). 

 

Tout le monde peut-il financer son bilan de compétences avec le CPF ?

Du moment que vous avez ou avez eu un travail déclaré, vous avez un CPF ! Chaque année, votre activité cotise une somme d’argent (500 ou 800€/ an selon votre situation) sur le compte Mon Compte Formation, qu’il vous suffit d’activer (détails juste un peu plus bas dans cet article). 

 

Cela concerne :

  • Les salarié(s)s du public et du privé
  • Les professions libérales et les indépendants
  • Les conjoint(e)s collaborateur(e)s
  • Les artistes auteurs(rices)
  • Les demandeurs(ses) d’emploi

 

 

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Quelles étapes suivre pour financer son bilan de compétences avec son CPF ?

Étape 1 : créez votre compte 

Allez sur le site  Mon Compte formation

Pour créer votre compte, vous aurez juste besoin de votre numéro de sécurité sociale. Si vous avez déjà un compte, passez directement à l’étape suivante.

Étape 2 : découvrez combien vous avez sur votre compte

Le montant de vos droits apparaît à l’écran. Selon ce dont vous disposez, vous pouvez compléter le prix d’un bilan de compétences avec vos propres fonds directement sur le site Mon Compte Formation. C’est très simple et rapide (en vrai). 

Étape 3 : choisissez votre bilan de compétences

Pour vous mâcher le travail, nous vous menons directement à la page Formation de Chance.

Là, vous faites votre demande de financement par le CPF. 

Allez à l’onglet “Inscription”, puis sur “S’inscrire à cette formation”. Là, vous complétez vos informations personnelles et vous validez votre demande. 

Si votre solde CPF est insuffisant, vous pouvez compléter avec vos propres fonds (le paiement se fera lorsque la demande sera validée).

Étape 4 : validez votre demande

Chance (ou autre) reçoit votre demande et la valide. 

Surveillez vos mails : le site Mon Compte Formation vous en enverra un intitulé “Changement de statut de votre dossier”. 

Allez alors directement sur Mes dossiers de formation, faites le paiement de la différence si nécessaire, et voilà ! Vous avez financé votre bilan de compétences : à vous un horizon clair vers une vie professionnelle qui vous ressemble. 

LA4Lire aussi : Quitter le Conseil en Stratégie : l’argent est-il un obstacle pour retrouver du sens ?

 

Lancez-vous !

Femme au sommet d'un escalier surplombant la forêt et la ville

 

Quel que soit votre parcours antérieur, faire un bilan de compétences – mais surtout opérer une réflexion sur vos aspirations et leur mise en œuvre concrète – est l’opportunité de remettre les pendules à la bonne heure dans votre rapport au travail. 


C’est le moment d’arrêter de naviguer à vue et de devenir acteur du développement de votre carrière, confiant(e), déterminé(e) et engagé(e) pour choisir la voie professionnelle qui vous ressemble. Alors, partant(e) ?  

 

 

 

 

 


Petite fille qui lève les bras devant son ordinateur en signe de victoire

Comment passer d'un DUT à un Master Finance ? Les conseils d'un étudiant admis à l'ESSEC et l'ESCP

Après avoir effectué un DUT GEA, une Licence d’Economie Gestion à Brest puis un IAE (Institut d’Administration des Entreprise) à Rennes en Risk et Asset Management, Mathieu a réussi ses candidatures aux Masters Finance de l’ESSEC et de l’ESCP. Voici son interview exclusive pour AlumnEye !

 

Qu’est-ce qu’un Master Spécialisé en Finance au juste ?

C’est une formation qu’un étudiant suit entre 1 ou 2 ans, en général en fin d’études, pour pouvoir se spécialiser en Finance. La sélectivité accrue en finance oblige souvent les étudiants comme moi venant d’écoles « non target » à intégrer le MS d’écoles « target ». Outre ce « brand name » assumé et coûteux, le MS en Finance permet également aux étudiants de décrocher des stages dans les banques les plus renommées. Cela a totalement changé mes perspectives de carrière !

LA4Lire aussi : Pourquoi faire un Master Spécialisé Finance à HEC, ESSEC ou ESCP ? Témoignage

 

Raconte-nous ton parcours avant d’intégrer le Master Spécialisé de l’ESSEC.

 J’ai intégré un DUT GEA à Brest puis je suis entré en L3 à l’université de Brest. J’ai ensuite été sélectionné à l’IAE de Rennes en Risk et Asset Management. Je ne savais pas trop ce que je voulais faire à ce moment-là et je me sentais en même temps bloqué dans cette filière très spécialisée. Dans le cadre de ce cursus, j’ai effectué un stage de 4 mois en Contrôle de Gestion et Audit interne avant ma césure. C’est d’ailleurs lors de ma césure que je me suis rendu compte que j’avais des aspirations en désaccord avec ce que me proposait l’IAE de Rennes. Après mon échange de 4 mois en Chine, j’ai fait 6 mois de stage en Colateral Management chez CACEIS au Luxembourg. Mon alternance lors de mon M2 à l’IAE de Rennes chez Amundi en trading a été le principal moteur de mes candidatures en MS : je voulais absolument travailler dans les grandes banques d’investissement.

 

 

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Ce n’est qu’à la fin de ton cursus à l’IAE de Rennes que tu décides de postuler aux MS Finance, mais avec le recul que tu as désormais, quelles expériences conseillerais-tu à un étudiant qui souhaite également en intégrer un ?

Selon moi, ce sont mes expériences professionnelles – à la fois mes stages et mon alternance – qui m’ont permis de faire la différence. Tout étudiant aspirant à une carrière en finance doit faire une césure ; c’est indispensable, car c’est ce qui permet d’obtenir de l’expérience et de renforcer son profil. Il ne faut également pas hésiter à contacter des étudiants du Master si l’on a des questions ou si l’on a besoin de conseils.

Comment t’y es-tu pris pour obtenir des stages en trading avec un master Risk & Asset management ?

Tout d’abord, j’ai postulé à d’innombrables offres durant ma césure afin d’obtenir mon premier stage en trading ; et je suis parvenu à obtenir un entretien. Je m’étais très bien préparé sur le plan technique et j’étais extrêmement motivé. Je pense que cela s’est ressenti et a énormément joué en ma faveur durant le processus de sélection.

 

C’est décidé, tu choisis de suivre un MS ! Comment se sont déroulées tes candidatures ?

Je suis passé par la formation « Prépa MS » d’AlumnEye ; j’ai donc été mis en relation avec un de leur formateur. Nous avons dès septembre planifié un calendrier de dates butoirs : le TAGE, TOEIC, entretiens blancs… De plus, mon CV était déjà tout prêt, donc mes candidatures en Summer se sont faites assez rapidement ! Le plus dur en candidature en MS c’est de garder le moral car dans mon école, personne n’a candidaté et personne n’était là pour m’épauler et me conseiller. Finalement, j’ai eu les deux MS : celui de l’ESSEC et celui de l’ESCP.

 

Quels conseils donnerais-tu à un étudiant qui s’inquiète de ne pas parvenir à conjuguer candidatures aux MS Finance et M2 ?

Dans un premier temps, je lui conseillerais de préparer les tests d’anglais et d’aptitudes le plus tôt possible afin d’anticiper et de pouvoir les repasser en cas de mauvais score. Ensuite, il est important de bien networker. Pour ma part, j’ai eu la chance de travailler chez Amundi avec un alumni du Master de l’ESSEC et il m’a fait une lettre de recommandation pour intégrer le MS.

 

Pourquoi as-tu préféré le MS de l’ESSEC plutôt que celui de l’ESCP ?

Cela a été une décision assez difficile. J’ai choisi l’ESSEC pour son réseau d’anciens élèves principalement : énormément d’étudiants du MiF (Master in Finance) travaillent désormais en salle de marché au sein des plus grandes banques. Mais les deux programmes sont très bons pour intégrer les meilleurs postes en finance que ce soit en finance de marché ou d’entreprise. Il fallait faire un choix !

LA4Lire aussi : Le classement 2020 des masters Finance du Financial Times est-il fiable ?

 

Comment s’est passée ta rentrée ? Est-elle à la hauteur de tes attentes ?

Avec les cours à distance tout est différent. Le programme est très dense, surtout avec le T0 (Trimestre 0 : le premier trimestre du MS, il débute en septembre et dure cinq semaines). Ce trimestre consiste principalement en une remise à niveau en mathématiques, on a des cours de théorie financière, de statistiques et de mathématiques. C’est difficile mais avec de la rigueur et du travail on y arrive. Et il faut aussi gérer les candidatures aux Summers qui sont très chronophages. Pour le moment, je suis très satisfait du contenu des cours. Par ailleurs, j’ai également été sélectionné pour un premier call pour un Summer en S&T.

Que dirais-tu à un étudiant en DUT qui hésite encore à postuler aux MS Finance ?

Je pense qu’intégrer un MS Finance maximise ses chances d’accéder aux postes les plus prestigieux en finance. En intégrant un MS, on dispose d’un excellent réseau qui aide énormément à l’insertion professionnelle. Avoir un CV estampillé ESSEC ou ESCP permet de passer les screenings pour ces postes et d’être sélectionné pour les entretiens, ce qui est très dur avec un M2 universitaire.

Un dernier conseil pour nos lecteurs ?

Organisez-vous un an avant une candidature en MS et prenez le temps de construire votre parcours avec des stages pertinents.

 


Pions avec une couronne (jeu d'échecs)

Réussir son Virtual Summer Internship chez Goldman Sachs, une AlumnEye témoigne

Un Magistère en finance, un master en économie quantitative, de multiples expériences en finance : la recette pour décrocher un Summer et un Graduate chez Goldman Sachs ? Issue d’un cursus universitaire qui ne la prédestinait pas à une carrière en finance, découvrez le récit du parcours d’une jeune Goldmanite.

 

Peux-tu nous présenter ton parcours ?

 

Je ne fais pas partie des personnes qui savent qu’elles veulent faire de la finance depuis toutes petites. J’ai commencé par une classe préparatoire à l’ENS Paris-Saclay ; ce sont les mathématiques qui me plaisaient le plus  et j’avais tendance à penser que la finance c’était principalement des mathématiques. Mais désormais je réaliseque ce n’est pas du tout le cas. Ce qui m’a aussi attirée vers la finance c’est le lien permanent avec l’actualité : c’est quelque chose qui bouge sans cesse. J’avais déjà eu des cours d’analyse financière, et j’aimais beaucoup analyser des sociétés, comprendre comment améliorer la stratégie, la performance, etc. Je me suis donc lancée en finance en me disant que je n’allais pas m’ennuyer. J’avais également envie d’être à Paris et ma classe préparatoire ne m’offrait pas la possibilité d’aller en école de commerce, sauf en passant par les admissions sur titre. D’autant plus que je n’avais pas particulièrement envie d’intégrer une école de commerce : j’avais choisi cette classe préparatoire parce que je voulais Normale Sup’ et rien d’autre. Mais en fin de deuxième année j’ai réalisé que je ne voulais pas faire de la recherche, que cela ne me ressemblait pas du tout. Si j’avais été admise, la question se serait sûrement posée, mais cela n’a pas été le cas et j’en suis venue à m’intéresser aux magistères parce qu’on nous les vendait beaucoup en classe préparatoire. Celui qui m’attirait le plus, car il semblait très dynamique et lié à l’actualité, c’était celui sur la finance. Je me suis alors retrouvée en Magistère en finance et je me suis rendu compte que je ne connaissais rien à la finance ; il a donc fallu apprendre sur le tas.

 

En dépit d’expériences valorisantes et de ton Magistère en finance, tu décides de faire un master en économie. Qu’est-ce qui a motivé ton choix ? Est-ce que tu estimais qu’il te manquait quelque chose ?

 

Photo prise au pied des marches du CapitoleJ’ai conclu mon année de césure avec un stage dans un fonds d’investissement, et c’est alors que j’ai compris que je voulais faire de l’investissement. J’ai l’impression qu’en finance la formation reste très technique, il me manquait une vue d’ensemble. Je voulais prendre du recul sur ce qui se passait réellement dans le monde et faire des parallèles entre l’économie, la finance, etc. Sachant qu’à terme j’avais envie de travailler en investissement, j’ai décidé d’ajouter une corde à mon arc et d’aiguiser mes compétences et ma connaissance du monde économique actuel. Je cherchais donc un master et j’ai trouvé celui-ci. Il m’avait l’air assez challengeant et en effet il exigeait la même rigueur qu’en classe préparatoire. Ce master était un peu plus lié à la recherche : la plupart des étudiants l’ayant obtenu travaillent désormais à Bercy ou bien rédigent leur thèse. Grâce à ce master j’ai l’impression de prendre plus de hauteur, de ne pas uniquement faire des DCF et je comprends non seulement ce qui se passe en finance mais aussi en économie. Ce n’est pas du tout un impératif pour rentrer dans une grosse banque ; si certaines personnes veulent aller plus vite elles n’ont pas besoin de passer par cette étape. Mais aujourd’hui je suis contente de l’avoir fait.

LA4Lire aussi : Conseils pour réussir un virtual Summer Intership

 

Et ça ne t’a pas donné envie de faire de la Research ?

 

Oui j’y avais pensé, mais après avoir postulé à des offres en finance, j’ai seulement été recontactée par des gens en M&A ou en IB. J’ai donc fini par me dire que si on me voulait dans ces domaines c’était peut-être pour une bonne raison. Avec du recul, je réalise que toutes ces expériences en M&A et en investissement early stage n’ont pas été vaines parce qu’elle m’ont permis de savoir ce qui m’intéresse le plus. Pour des gens qui veulent travailler en Research, ce master pourrait convenir ; il faut prendre une petite spécialisation en finance également mais ça peut se faire.

 

Sur le plan professionnel tu as mutiplié les expériences en finance : M&A, Private Equity, Venture Capital. Voulais-tu découvrir un maximum de branches en finance pour renforcer ton profil ou étais-tu plutôt à la recherche du secteur dans lequel tu voudrais faire carrière ?

 

Comme beaucoup de gens, je voulais avoir mon stage en M&A parce qu’on me répétait que c’était le mieux à faire. Après ça je me suis un peu cherchée, car en M&A tu consacres ta vie à ton travail et tu n’es pas toujours entouré de personnes très sympathiques. Je savais que ce qui m’intéressait c’était l’analyse de sociétés, le fait de travailler sur des secteurs différents. Je voulais découvrir différents métiers pour trouver celui qui me corresponderait le mieux et celui dans lequel je serais la plus heureuse. Après mon année de césure, je savais que je pouvais travailler en M&A, mais ce n’était pas un secteur dans lequel je me serais épanouie. Ce n’était pas mon premier choix, alors j’ai décidé d’avoir d’autres expériences et un peu de temps pour qu’à terme je puisse me dire que si finalement je décidais de faire du M&A, je saurais que je finis à 4h du matin pour une bonne raison. Toutes ces expériences m’ont surtout permis de me laisser le temps de découvrir ce qui m’intéresse, de mûrir et d’acquérir de l’expérience en même temps.

 

Tu as commencé par du M&A ; considères-tu que c’est ce qui t’a permis de décrocher tes autres stages ?

 

J’ai fait mon tout premier stage, en L3, dans les risques, donc ça ne m’a pas ouvert beaucoup de portes. Par contre, il est certain que mon stage en M&A m’en a ouvertes. De manière générale, quand on décroche un stage en M&A tout est plus simple par la suite.

 

Après toutes ces expériences tu décides d’intégrer le Summer de Goldman Sachs ? Pourquoi ne pas directement avoir postulé à un CDI en Investment Banking ?

 

Photo prise derrière le comptoir d'un bar plein (noir & blanc)C’était ma grande question : est-ce que je devais postuler en Summer ou en Graduate ? Et en allant à des events je me suis retrouvée face à des gens qui me disaient qu’ils n’avaient aucune place ouverte en Graduate et que mon CV ne pourrait pas passer, non pas parce qu’il était mauvais mais parce qu’il n’y avait pas assez de places. Finalement, j’ai un peu fait les deux. Pour Goldman Sachs j’avais déjà postulé en Graduate après être allée à l’event des Graduate et une équipe voulait me rencontrer. Cet évènement a eu lieu en août et ils ont fait finir le Summer à la fin du mois d’août. À la mi-septembre ils faisaient les tables-rondes pour savoir qui ils décidaient de garder et tous les postes étaient pourvus, sauf en FIG, secteur que je n’avais jamais fréquenté auparavant et qui ne m’intéressait pas plus que ça. Ensuite je suis restée en contact avec ces personnes que j’avais rencontrées lors des évènements : des Associate, des VP de chez Goldman Sachs, etc. Et il y en a un qui m’a conseillé de postuler en Summer. C’est pour ça que j’ai postulé un peu tard, à la fin du mois de septembre environ. Mon profil a été retenu, j’ai passé les entretiens et j’ai été prise. Sans ce contact je n’aurais jamais postulé en Summer. Ayant déjà postulé en Graduate, je pensais que ce n’était pas possible mais finalement les RH ont été assez conciliants.

 

Cette année le Summer était un Virtual Summer, tout s’est donc fait en télétravail ; quel a été ton ressenti ?

 

Au début ce n’était pas évident parce que Goldman Sachs est une énorme structure et on a peu d’informations en amont. Ces informations arrivent, mais assez tard, environ deux mois avant le début du Summer donc c’est assez stressant car on a le temps de se poser des questions sur la tenue effective du Summer en dépit du contexte. Il demeure que tout était très bien organisé. En tenant compte du fait que j’avais fait du télétravail lorsque je travaillais dans le fonds VC, j’y étais déjà habituée et ce n’était pas quelque chose de stressant pour moi. Il y a également une excellente communication en interne. L’IB se divise en deux parties : le M&A et le Financing, chaque responsable contacte ses équipes. J’étais en Financing Equity et ma responsable a appelé tous les Summer interns pour qu’on puisse se présenter, être plus détendu, etc. Deux ou trois semaines avant le début du Summer, ils ont fait en sorte que tout le monde se rencontre, qu’on ait les informations. Il y a aussi un système de buddy : on nous a affecté à chacun un contact privilégié au sein de notre équipe quelques semaines avant, donc je l’avais déjà eu au téléphone. Les gens sont opérationnels pour travailler avec les nouvelles recrues et ils leur font sentir qu’elles sont une partie intégrante de l’équipe. Il y a ensuite une semaine de formation durant laquelle on consacre nos journées entières aux formations, à faire des exercices en groupe, et le soir on a un peu le temps pour networker avec les autres Summer interns. Dans mon groupe, on a essayé de bien se connaître dès la première semaine et de prévoir des appels avec les gens de notre équipe avec lesquels on n’entrerait en contact seulement une semaine plus tard. J’ai trouvé la première semaine vraiment cool, il n’y a eu aucun couac, on aurait dit qu’ils étaient déjà rodés. Ils ont aussi mis en place des office hours : des VP s’étaient portés volontaires pour donner dix minutes de leur temps par Summer intern et par semaine, pour nous appeler et nous écouter. Sur deux heures d’office hours, on décidait de prendre un stock de 10 minutes avec l’un des trois professionnels de Goldman Sachs, et on leur posait souvent des questions techniques. C’était top, ça nous permettait de discuter avec des anciens et il y avait le même système avec les RH mais c’était plus détendu avec eux, on posait des questions plus légères. On avait également un mentor, c’est-à-dire un senior avec qui on avait la liberté de déterminer la fréquence de nos discussions. J’ai eu la chance d’avoir un excellent mentor ; on passait une heure par semaine à s’appeler. En résumé, ils ont mis en place un tas de choses qui nous ont permis de ne jamais nous ennuyer. Par la suite, nous avons été affectés à des desks ; je ne sais pas comment ça se passait en présentiel mais en virtuel, bien qu’on soit censés travailler toute la journée, on avait aussi beaucoup de conférences, de discussions avec d’autres équipes qui venaient se présenter avec d’autres interns. Ça finissait par nous prendre 4/5 heures dans la journée, donc ça devenait plutôt difficile de faire son travail. D’autant plus que parallèlement à cela, il faut networker au maximum et là c’est à chacun d’envoyer des mails, appeler des gens, poser des questions intelligentes, etc. C’est assez intense et ça durait cinq semaines, donc il ne fallait jamais s’arrêter. Voilà pour une vue d’ensemble. Ensuite, au sein de mon équipe, j’ai trouvé que leurs attentes étaient moins élevées que pour un stage de six mois à Paris dans lequel on attend du stagiaire un vrai travail d’analyste. Pour un Summer, je ne sais pas vraiment ce qu’on attend. En l’occurrence dans mon équipe, la dernière semaine j’ai eu un entretien avec un MD alors que je lui parlais depuis le début de mon Summer. Il m’a fait passer un entretien semblable à un entretien d’embauche, avec des brainteasers, etc. C’était un peu sorti de nulle part, ça m’a surprise mais il faut s’y attendre. Après, j’ai eu deux exercices de modeling à faire et deux présentations à réaliser devant toute mon équipe. Dans la première je devais parler de quelque chose qui me passionnait en faisant un PowerPoint, l’objectif étant d’évaluer mon aptitude à vendre quelque chose. Pour la seconde, je devais faire une thèse d’investissement en expliquant pourquoi ce serait intéressant d’investir dans une société que je devais choisir ; j’ai choisi une société privée parce que mon équipe travaillait sur le conseil pour des levées de fonds de sociétés privées. Il fallait tout faire du début à la fin, comme un info-mémo mais seul, sur une boîte privée, et ensuite le présenter pendant 45 minutes devant toute l’équipe. Le travail quotidien était raisonnable, mais il y avait beaucoup de projets annexes à construire en autonomie et à présenter devant l’équipe, tout en sachant que c’est sur cette base qu’ils détermineront s’ils vont te garder ou pas. C’était assez stimulant ! Après, encore une fois, cela ne concernait que mon équipe ; je sais qu’en ECM ou en M&A ils n’ont pas du tout eu de tels projets par exemple.

 

 

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En plus d’être une excellente expérience, un Summer c’est l’opportunité de faire du networking. Comment s’y prendre en remote ? D’autant qu’avec tous ces autres projets, cela doit être difficile de trouver le temps de s’y consacrer.

 

Premièrement, je saisissais toutes les opportunités tendues par Goldman Sachs. Par exemple, dès que je pouvais discuter avec mon mentor je le faisais et je lui demandais s’il ne connaissait pas des gens avec qui je pourrais discuter. Mais il a quand même fallu que je détermine une stratégie pour le networking : j’étais en IB, je connaissais le côté M&A, j’étais intéressée par la Tech donc je networkais au sein du M&A Tech ; je connaissais moins le côté Financing donc j’avais envie de rencontrer toutes les équipes, avec un objectif d’au moins une personne par équipe. Ensuite, dès que je parlais à quelqu’un, je lui expliquais ma stratégie pour qu’éventuellement il puisse me transmettre des contacts dans les autres équipes. Lorsque quelqu’un de Goldman Sachs envoie un mail en guise d’introduction, ça aide énormément. Les premières personnes avec qui j’ai parlé étaient d’abord mes mentors, les office hours, les membres de mon équipe ; il y avait aussi tous les groupes présents chez Goldman Sachs, comme Women network, le groupe LGBT, etc. Le groupe LGBT était très bien fait pour le networking : on t’attribuait un buddy dès ton arrivée. En fait, dès que je pouvais intégrer un groupe, rencontrer des gens, je le faisais. Ça permet de s’ouvrir plein de portes, de rencontrer d’autres personnes. Certes, ça passe par mail et on se retrouve à devoir préparer des coffee chats sur Zoom mais tout le monde est habitué à faire ça, personne ne s’étonne de recevoir un message de la part d’un intern qui demande si c’est possible de discuter à propos de son travail. Depuis qu’ils sont en télétravail, les employés de Goldman Sachs font déjà des coffee chats. Voilà ce qu’était ma stratégie, je tenais aussi un Excel pour faire les comptes de ceux qui ne m’avaient pas répondu pour pouvoir éventuellement les relancer. Je m’obligeais chaque jour à envoyer des mails, à faire des coffee chats, parce que ça passe très vite donc on peut facilement se retrouver à la quatrième ou la cinquième semaine sans avoir parlé à beaucoup de personnes. Je n’avais pas peur de dire à ma responsable en Equity Financing que je n’avais pas pu parler à telle équipe, en lui demandant si elle ne connaissait pas des gens susceptibles de m’introduire. Le networking a été la partie la plus fatigante de mon Summer !

 

Comment t’es-tu préparée (mentalement et sur le plan logistique) en amont du Summer ?

 

Je connaissais quelques personnes chez Goldman Sachs donc je les ai contactées pour savoir si je devais me préparer pour le côté technique, et la réponse a été unanime : « Ne t’embête pas, tu vas tout revoir dès la première semaine ». Et c’était vrai. J’ai surtout préparé ma stratégie de gestion de temps et de networking. J’ai cherché à savoir comment avoir une offre en demandant à d’autres personnes qui l’avaient obtenue. J’ai discuté avec la responsable des alumni d’HEC à Londres car elle avait été en contact avec les RH de nombreuses banques, dont Goldman Sachs, qui lui ont expliqué comment les Summer allaient se dérouler, et elle m’a donné des conseils sur ma préparation. J’ai discuté avec des gens qui en savaient plus que moi sur le déroulé d’un Summer, et particulièrement d’un Virtual Summer. J’avais besoin de savoir comment ça allait se passer, comment je devais me positionner. Dès que j’ai pu, j’ai contacté mon équipe pour être plus à l’aise avec eux et pour leur montrer que j’étais là. Ce qui était plus délicat, c’est qu’au début du Summer mon équipe n’avait pas réalisé que ça ne durait que cinq semaines donc ils mettaient du temps à répondre; j’ai donc dû insister en leur expliquant que je n’étais pas là pour longtemps.

 

Penses-tu qu’il serait possible qu’à terme les Virtual Summer deviennent la norme ?

 

Je ne pense pas. Tout le monde était vraiment déçu, surtout les équipes qui auraient préféré rencontrer les gens en personne. Pendant mon Summer, mon équipe m’a même proposé de venir les voir à Londres. C’est tellement court qu’ils ont besoin de rencontrer la personne pour savoir s’ils peuvent lui faire confiance. Et le gros manque des Summer internships en télétravail est, bien sûr, le déficit de communication entre interns. On était tout le temps à fond, on travaillait principalement avec d’autres personnes donc on n’avait pas le temps de nouer des liens entre nous. C’était vraiment dommage et les RH s’en sont rendu compte et ont essayé de trouver des moyens pour qu’on puisse se rencontrer. À vrai dire, j’ai parlé avec trois personnes mais ce n’est pas possible de discuter avec tous les interns, on n’a pas le temps. C’est le point négatif de ce Virtual Summer. À Goldman Sachs ils sont beaucoup portés sur le côté promo, ils veulent que tout le monde s’entende bien, qu’il y ait un vrai esprit d’équipe au sein des promotions. Ça les a beaucoup dérangés donc je suis presque sûre que ça ne deviendra jamais la norme, sauf peut-être avec un COVID qui s’éternise mais tout le monde était dépité.

 

Chez AlumnEye, on a eu l’occasion d’interroger un autre étudiant qui a fait son Summer en télétravail chez Citi, et il nous a expliqué qu’ils avaient un groupe WhatsApp entre interns et que ça avait tout de même permis de créer un lien. Il avait également rencontré tous les Français de sa promo en amont du Summer. As-tu également connu de tels groupes ou évènements ?

 

En effet, il y avait beaucoup de groupes WhatsApp dont certains avaient été créés par les anciens Spring. Il y en avait pour tous les Summers, pour ceux en IB, et au sein de ces derniers il y en avait pour ceux en Financing. On en avait aussi créé un pour les Français et les francophones. C’était très bien, on s’entraidait énormément même sans se connaître. On n’était pas du tout seuls car on communiquait beaucoup entre nous, mais c’était plus difficile de nouer de vraies relations. La première semaine on a essayé de tous se contacter un à un afin de sympathiser ; certains se sont rencontrés à Londres. Certains étaient à Paris, d’autres en Norvège. On a quand beaucoup essayé de créer un lien mais on n’avait pas le temps.

 

LA4Lire aussi : De PSB à Citi, itinéraire peu commun d’un étudiant déterminé

 

Ça ressemble beaucoup au networking que tu devais déjà faire au sein de ton équipe et auprès des membres de Goldman Sachs. Pendant un Virtual Summer, le networking entre interns ne devient-il pas une charge de travail supplémentaire ?

 

En effet. J’imagine qu’en temps normal on se retrouve tous au même endroit pour des cocktails ou autre ; il suffit de discuter, de plaisanter et on sympathise. Là, il fallait organiser des appels et se poser des questions sur notre parcours, etc. Finalement, ça ressemble plus à un entretien.

 

Malgré ce contexte particulier, tu as reçu une offre de Graduate. Comment t’y es-tu prise pour te démarquer ? Tu l’as déjà un peu expliqué mais est-ce que le networking a vraiment été déterminant ?

 

Je ne sais pas trop, je ne pense pas que tout soit dû au networking. Premièrement, on m’a expliqué qu’il fallait me positionner comme quelqu’un qui voulait une offre. Il y a 20 personnes, parmi elles des Anglais et des internationaux qui sont dans leur première année d’études et qui veulent Goldman Sachs parce que c’est un super nom mais qui n’ont jamais fait de finance ou qui ne sont pas sûrs que ça leur plaise. Il faut vraiment montrer que toi, tu es là parce que tu sais ce que tu veux et que si tu avais pu tu ne serais pas passé par le Summer mais tu aurais directement cherché à obtenir l’offre. Dès qu’on te demande un travail, il faut rendre quelque chose d’excellent ; bien sûr ça ne peut pas toujours être parfait mais il faut faire au mieux. Il faut toujours montrer que tu es là, que tu es prêt à tout donner. Il faut beaucoup communiquer, ne pas avoir peur de demander aux autres s’ils ont besoin d’aide ; j’ai même directement contacté une VP pour lui proposer mon aide. Il faut essayer de travailler avec un maximum de personnes. Je ne savais pas que j’allais avoir un travail de modeling à faire, ça s’est fait très vite. Par conséquent, avant ça j’étais un peu stressée parce que j’avais le sentiment de ne pas avoir montré ce que je savais faire, alors j’ai demandé des travaux à faire pour montrer que j’étais un bon élément pour l’équipe. En bref, il faut montrer que tu es prêt à en faire toujours plus pour atteindre tes objectifs. À la fin, ce que j’ai beaucoup fait aussi, c’est me concentrer sur les gens qui pouvaient être influents. Je ne me suis pas contentée de contacter mon équipe mais je suis allée jusqu’à ceux qui dirigent l’Equity Financing. Je voulais tenter de les appeler pour faire en sorte qu’ils sachent qui j’étais. Même si au moment des délibérations, ce sont les MD qui décident, c’est toujours mieux si tu as également discuté avec des gens plus haut placés. Enfin, étant donné qu’il n’était pas toujours simple de communiquer avec mes MD, j’ai décidé que tous les vendredis soirs je leur enverrai un mail pour leur expliquer ce que j’avais fait dans la semaine, les projets sur lesquels j’avais travaillé et avec quelles personnes j’avais pu networker. Si tu ne leur dis pas, ils ne vont pas forcément aller chercher cette information et je ne voulais pas qu’on ne sache pas ce que je faisais. Avec du recul, je pense que c’est vraiment tout ça qui m’a permis d’obtenir l’offre.

 

Cindy Loggins, la directrice du recrutement universitaire chez eBay, a affirmé que le format « à distance » des Summer a permis aux candidats de se sentir plus libres et confiants, et ainsi plus aptes à former une communauté. Qu’en penses-tu vis-à-vis de ta propre expérience ?

 

Peut-être que j’étais un peu plus confiante. Quand on est chez soi on est plus tranquille ; par exemple, on peut corriger un mail en allant sur Google Traduction alors qu’au bureau on ne l’aurait jamais fait, de peur d’être la risée des collègues. En revanche, on évolue dans un contexte d’incertitude constante car on ne sait pas comment va se passer un stage en télétravail. Je ne suis pas d’accord sur le fait que ce soit un environnement dans lequel on se sent particulièrement bien. Certes, il y a des points positifs : on peut faire des petites bourdes et ne pas avoir à sourire constamment. Et concernant les projets, on n’a pas besoin de cacher son stress. A contrario, la communication est beaucoup plus difficile, tout est beaucoup plus long et tu ne te sens pas partie intégrante d’une équipe.

 

D’une manière générale, que retiens-tu de ce Virtual Summer ? As-tu réellement pu découvrir le monde de la finance à Londres et la culture d’entreprise de Goldman Sachs ?

 

Photo de Canary Wharf prise de nuitComplètement ! Ils ont organisé une multitude de conférences, de discussions, pour présenter la culture d’entreprise et la faire découvrir aux interns. Je me souviens très bien de personnes haut placées qui voulaient à tout prix m’expliquer pourquoi Goldman Sachs était vraiment bien. Je ressors de ce Summer en comprenant bien les valeurs de Goldman Sachs et ce que ça pourrait m’apporter. Parfois ça m’a même fait rire ; par exemple, durant mon dernier call avec une personne haut placée, elle m’a dit : « Il ne nous reste plus que 30 minutes, il faut que je te vende Goldman Sachs ! ». Ils sont à fond dans la culture d’entreprise, je pense que c’était une de leurs priorités. Concernant la finance à Londres, je dirais que j’ai pu la découvrir également. On travaille avec des gens au quotidien, et même si j’avais déjà travaillé à Londres, c’est quelque chose qu’on ressent.

 

Pour revenir sur la culture d’entreprise, il faut vraiment comprendre que chez Goldman Sachs on est à un niveau incomparable avec la France. En France, dès qu’on peut trouver un meilleur emploi on le fait, alors que pour les Américains leur emploi c’est leur vie ! Ça se ressent beaucoup chez Goldman Sachs et dans tout ce qu’ils mettent en œuvre pour qu’on se sente comme au sein d’une famille. D’ailleurs mon buddy m’a raconté n’avoir pas ressenti la culture d’entreprise lorsqu’il travaillait chez Bank of America, avant d’arriver chez Goldman Sachs. Il cherchait un support au sein de son travail pour l’aider sur certains points personnels, notamment grâce aux groupes LGBT, et il ne l’a pas vraiment trouvé là-bas. Et lorsqu’il est arrivé chez Goldman Sachs, il a été extrêmement surpris de voir un drapeau LGBT dans le bureau de certains. Il considère que Goldman Sachs l’a aidé sur le plan personnel, et sachant qu’il n’avait pas tendance à enjoliver les choses, j’estime que la culture d’entreprise et le sentiment d’appartenance au sein d’une boîte existent. Toutes les banques disent la même chose, mais ça reflète un petit peu l’ambiance chez Goldman Sachs, leurs employés se voyant même attribuer le surnom de « Goldmanites ».

LA4Lire aussi : Conseils Summer Intership et Offcycle : 8 clés pour décrocher son offre

 

Pour finir, que conseillerais-tu à un étudiant pour décrocher un Summer, et ensuite un Graduate ?

 

Pour décrocher un Summer il faut d’abord avoir les bonnes écoles sur le CV ; il faut reconnaître que ça aide, même si la formation AlumnEye permet de dépasser cette barrière. Il faut aussi participer aux évènements, c’est important. Sans cela, je n’aurais pas rencontré la personne qui m’a conseillé de postuler aux Summer. Et pour le Graduate, je dirais qu’il faut avoir une bonne stratégie, être très bien organisé, bien travailler et s’intéresser à tout. Il faut être extrêmement curieux, poser des questions, rencontrer des gens. Je me suis dit que j’aurais l’offre uniquement en faisant le maximum en cinq semaines, autant sur le côté professionnel que sur le côté personnel et le networking. Ils n’exigent pas de gens parfaits sur le plan technique ; je connais deux personnes qui ont reçu l’offre sans beaucoup d’expérience en finance, dont une qui est arrivée en ECM sans connaître du tout et en ayant dû faire des présentations. Je pense que ce qui a été déterminant, c’est qu’elle a persévéré, elle a beaucoup networké et finalement elle a eu l’offre. C’est une sorte de stratégie pour parvenir à faire le maximum pendant le peu de temps que nous avons.

 

 

Sam M’TAR, étudiant à Grenoble École de Management et responsable éditorial du blog AlumnEye

 


Murs remplis de caméras de surveillance dans la rue

Zoom sur l’inspection générale : une « voie royale » de la banque ?

L’inspection générale en banque attire chaque année davantage de candidats. Avec un processus de recrutement très sélectif, ce « Graduate Program » des banques françaises permet aux heureux élus de découvrir de nombreux métiers grâce aux diverses missions proposées et de se laisser plus de temps pour « choisir leur voie ». Ce programme, qui dure de 3 à 9 ans, voué à se développer dans les établissements bancaires, sert à identifier et former les cadres dirigeants de demain. Aujourd’hui, bien qu’elle soit un corps de métier ancien (l’IG de la Société Générale a été créée en 1868), elle occupe une place capitale depuis la crise de 2008, au sein des établissements financiers qui doivent répondre aux exigences grandissantes de la BCE.

 

Quid de l’inspection générale en banque ? En quoi consiste-t-elle ?

 

Les inspecteurs des banques, souvent qualifiés « d’unité d’élite », jouent un rôle primordial au sein d’une entité bancaire. En effet, ils sont chargés d’évaluer les risques opérationnels, de crédit, de marché, structurels ainsi que la conformité des différents métiers inhérents à la banque : banque de proximité, banque de financement et d’investissement, gestion d’actifs ou encore assurance. Ces inspecteurs, sont le garant de la bonne maîtrise des risques et du respect des exigences réglementaires auxquelles sont soumises les banques, tout en constituant une entité indépendante de toute autre Business ou Service Unit, rattachée directement à la Direction Générale. Fort de sa vision globale, l’inspecteur est amené à émettre des recommandations auprès des entités auditées (« vérifiées »), pour renforcer leur gestion en identifiant les risques et les opportunités. Il peut par exemple proposer des formations, de nouvelles méthodes de travail, des outils dans un objectif d’amélioration continue des processus et de l’efficacité opérationnelle. Ces propositions font partie du « rapport de mission », rédigé avec grande précision à la fin des travaux. Un exemple de mission d’inspection célèbre, la fameuse « MISSION GREEN », nom de code pour la fraude Jérôme Kerviel, est publique et disponible en ligne. Cette fraude de 4,82 milliards d’euros a été annoncée par le président de la Société Générale de l’époque, Daniel Bouton, le 24 janvier 2008. Elle serait due à Jérôme Kerviel, ex-trader à la SG, qui a créé « une entreprise dans l’entreprise » et a pris des positions secrètes qui, lorsqu’elles ont été liquidées, ont engendré ces pertes. Le 5 octobre 2010, Jérôme Kerviel est condamné à cinq ans de prison, dont deux ans de sursis et à des dommages et intérêt dus à la SG.

 

LA4Lire aussi : Les plus grosses pertes du trading : la finance de marché déconnectée

 

Des missions variées, très riches et formatrices

 

Les missions de l’IG peuvent être transversales, spécifiques ou réglementaires, elles changent environ tous les 6 mois et permettent de travailler à chaque fois sur de nouvelles problématiques dans différents contextes. Celles-ci peuvent par exemple aussi bien porter sur la stratégie que le processus de production bancaire, l’ALM et les risques financiers ou le développement commercial. Elles se déroulent en France et à l’international (40% du temps à la SG) et impliquent donc de nombreux déplacements en région et à l’étranger, c’est pourquoi être mobile est un prérequis. Les missions sont ponctuées de temps d’échanges entre les inspecteurs et cadres dirigeants, de formations, permettant à l’inspecteur de prendre du recul et de se remettre en question. Elles se déroulent en équipe de 3 à 15 inspecteurs qui peuvent être épaulés par l’audit interne, des « inspecteurs IT » (en fonction des banques) et peuvent également être conduites avec des inspecteurs de la BCE sur des missions du régulateur.

 

Des programmes qui recrutent régulièrement

 

Les banques telles que la BPCE, la Société Générale, le Crédit Agricole et la Banque Postale organisent des concours chaque année pour une trentaine de postes à pourvoir à destination des sorties d’école. HSBC et Edmond de Rothschild embauchent quant à elles en continu sur l’année, avec un processus de recrutement plus classique et s’adressent à des inspecteurs ayant quelques années d’expérience dans une autre banque. Les Inspecteurs de Rothschild ont très souvent déjà 3 ans d’expérience chez BPCE ou à la SG par exemple. En ce qui concerne la BNP Paribas, il est impossible de candidater lorsqu’on est externe – avoir une expérience au sein du groupe est une condition sine qua non.

Les processus de recrutement diffèrent en fonction des banques et sont globalement longs, de 3 mois à presque 1 an. Ils sont composés d’entretiens de « fit », d’épreuves écrites et de mises en situation de groupe. Certains groupes bancaires proposent différentes filières d’inspection. Par exemple, à la BPCE, il y a trois filières : bancaire (qui consiste en un audit sur divers aspects du fonctionnement d’un établissement financier), informatique (qui se concentre sur l’audit des systèmes d’information, le développement, l’architecture, la sécurité), quantitative pour des sujets plus techniques d’audit des modèles. Au Crédit Agricole, il y en a deux : l’Inspection Banque de Détail et l’Inspection Banque de Financement et d’Investissement.

 

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Comment intégrer l’inspection générale ?

 

Etiquetée parcours d’excellence, l’inspection générale requiert une forte résistance à un rythme de travail soutenu, une aisance orale pour la présentation des rapports d’inspection à la Direction de l’entité « vérifiée » et parfois même à la Direction Générale de la Banque, une certaine mobilité et surtout le goût du challenge. Ce poste permet d’acquérir une vision transversale des différents métiers mais aussi de réelles compétences, pas seulement en matière d’audit, utiles tout au long d’une carrière professionnelle : capacité d’analyse, de synthèse, de résolution de problème, d’écoute, d’adaptation, de respect des délais, culture de l’exigence, sens du travail en équipe, qualités relationnelles, managériales et de communication autant à l’écrit qu’à l’oral.

Coffre en bois légèrement ouvertPour intégrer l’IG de la SG, de la BPCE, du Crédit Agricole ou de la Banque Postale, il faut postuler sur le site internet, passer un concours d’entrée ouvert aux diplômés d’écoles de commerce, d’ingénieurs, d’institut d’études politiques, de cycle universitaire en France ou à l’étranger. Le processus comporte trois grands axes répartis sur des Assessment Centers : des épreuves écrites avec un cas stratégique et financier, des tests de logique, une synthèse de texte, une épreuve d’anglais ; des épreuves orales avec un entretien RH, un entretien avec des inspecteurs en poste, une mise en situation de Groupe et/ou un Escape Game (à la SG). Enfin, l’épreuve ultime est le « Grand Oral » : le candidat se présente devant un jury composé de membres du Comex (comité exécutif qui rassemble les principaux dirigeants) et du Codir (comité de direction ouvert à des cadres et managers de différents niveaux, ayant pour objectif de donner au groupe une direction stratégique globale) lors duquel il peut présenter un sujet d’actualité ou encore de culture générale, ces épreuves variant toutefois en fonction des banques. A la fin du processus de sélection, seulement 2% des CV reçus réussissent à obtenir le poste, pour une intégration en janvier de l’année suivante à la BPCE. En ce qui concerne les entretiens de l’Inspection chez Rothschild ou HSBC, ils sont assez classiques et similaires à ceux du Consulting, avec des études de cas et des entretiens de motivation. Toutefois, ce mode de recrutement est destiné aux inspecteurs expérimentés.

A propos des dates de candidatures, elles varient en fonction des banques mais il faut se renseigner à l’avance car le processus est relativement long et encadré. BPCE organise deux campagnes de recrutement chaque année. Pour la deuxième, cette année, il faut être sélectionné avant le 15 septembre pour passer des épreuves écrites jusqu’au 15 octobre. La première quinzaine de novembre est dédiée aux épreuves orales et c’est au début du mois de décembre que se déroule le Grand Oral pour une intégration en Janvier 2021. En ce qui concerne la SG, cette année, il faut s’inscrire en ligne entre le 1er septembre et le 30 novembre pour passer les tests en ligne en décembre. Le candidat sera convoqué à l’Assessment Center en Janvier 2021, son grand oral se déroulera entre fin janvier et le mois de février pour signer le contrat ou une promesse d’embauche en mars 2021. Le nouvel inspecteur pourra intégrer le service en septembre 2021 ou en Janvier 2022.

LA4Lire aussi : Fraudes et délits d’initiés en M&A et Sales & Trading : pourquoi ?

 

Un environnement stimulant et une évolution rapide au sein de l’inspection générale

 

Un parcours à l’IG dure en général de 3 à 9 ans, ce qui permet à l’inspecteur de connaître tous les rouages des institutions bancaires mais aussi d’acquérir des compétences recherchées par les recruteurs. Durant ses trois premières années, l’Inspecteur est sous la supervision d’un chef de mission et sera affecté à des sujets précis de travaux desquels il devra devenir « spécialiste ». L’Inspecteur peut, dès son entrée à l’inspection, mener des entretiens seul avec les audités, être en autonomie sur plusieurs sujets et avoir beaucoup de responsabilités. Après 3 ans, l’inspecteur devient « chef de mission », ce qui lui enlèvera une part des travaux réservés aux juniors sur les missions mais le challengera dans l’organisation de la mission, la compréhension de la portée globale de cette dernière et la restitution des préconisations à la direction de l’entité. A la fin de ses trois années en tant que chef de mission, il peut passer Inspecteur Principal, auquel cas il aura à charge l’organisation de tout le département de l’inspection mais également la supervision de plusieurs chefs de missions.

 

L’inspection générale : un accélérateur de carrière ?

 

Décollage de la fusée SpaceXPour garantir son indépendance, l’IG est directement rattachée à la direction, ce qui permet aux nouvelles recrues
d’être visibles des plus hautes instances et de multiplier leurs opportunités de carrière. Ainsi, après un parcours à l’IG, un inspecteur peut aspirer à des métiers à hautes responsabilités dans différents domaines : finance et stratégie, risques, contrôle et engagements, marketing, finance de marché… Les inspecteurs peuvent se diriger
en Support (Compliance, Risk, Middle Office) ou en Front Office (M&A, Trading) selon CA-CIB. Le Front Office reste toutefois un débouché rare pour les inspecteurs, ces derniers restant souvent dans des postes de management. Nombreux sont les Inspecteurs qui, une fois leur parcours à l’IG fini, se tournent vers un poste de directeur de cabinet d’un membre du Codir ou encore des postes de COO d’une entité pour rester à des postes de direction sans réellement être passés par un poste d’opérationnel. Hors de la banque, un Inspecteur ayant 3 à 6 ans d’expérience peut également prétendre intégrer un top cabinet de conseil en stratégie : McKinsey, BCG, Roland Berger, à condition d’avoir le profil universitaire adéquat. En intégrant l’IG dès sa sortie d’école, un jeune diplômé peut espérer un salaire annuel fixe d’en moyenne 44k, auquel il faut ajouter une part variable (bonus et primes de déplacements). Le salaire annuel fixe peut monter jusqu’à plus de 80k après six ans d’expérience.

Pour attirer plus de candidats dans cette voie, Frédéric Oudéa, Directeur Générale de la Société Générale, intervient régulièrement pour présenter le parcours, communiquant sur 25% des membres du CoDir qui seraient issus de l’Inspection ou en venant en tant que jury à la dernière épreuve : le Grand Oral. A noter également que Fredéric Oudéa organise tous les ans un cocktail de bienvenue aux trente lauréats du concours afin de s’entretenir avec chacun d’eux de façon informelle.

L’IG, entre « voie royale » et humilité, constitue un accélérateur de carrière indéniable. Cette fonction, du fait de sa position généraliste d’une part, et de sa possibilité de spécialisation d’autre part, attire de plus en plus de candidats et commence à se faire connaître auprès des jeunes diplômés. Au vu du durcissement progressif de la règlementation bancaire, elle devrait prendre davantage d’importance et peut-être devenir plus attractive dans l’imaginaire collectif.

 

Ludivine Charenton, étudiante à l’EDHEC Business School et contributrice du blog AlumnEye

 


Signes dollars avec effet de lumière et de flou sur fond noir

Quitter le Conseil en Stratégie : l’argent est-il un obstacle pour retrouver du sens ?

En tant que consultant, vous accomplissez des missions dont le sens est à géométrie variable. Cela peut devenir frustrant, jusqu’à parfois faire douter de l’utilité concrète de votre travail, et vous donner des envies de changement plus profond de voie professionnelle. 

Notre partenaire Chance aide les personnes dans leur réorientation professionnelle et accompagne de nombreux consultants. Ils ont observé qu’un des freins majeurs au départ du conseil est celui de l’argent, qui amène à repousser l’échéance de votre réflexion professionnelle (“Ce que je fais ne me ressemble pas, mais je gagne très bien ma vie donc je procrastine”). Comment dès lors résoudre l’équation entre le rééquilibrage de sens professionnel et ses impératifs financiers ?

 

Débarasser une bonne fois pour toutes les notions d’ « argent » et de « sens » de leurs clichés

 

Commençons par pousser une porte déjà grande ouverte : il est évident que selon l’adage, l’argent, s’il ne fait pas le bonheur, y contribue, ne serait-ce que parce qu’il permet de se loger, de manger et de se distraire. Il désigne une somme de besoins individuels. 

Et comme l’argent touche à des imaginaires de réussite sociale et de confort douillet, le relier à une quête de sens peut parfois paraître antinomique. Car le sens, lui, souffre aussi de clichés : “si un travail a du sens, alors il ne rapporte pas” (en gros, si on est heureux, on doit souffrir quand même). On en revient au mythe de l’artiste bohème qui adore sa vie, mais dort dans une mansarde humide où il attrape une pneumonie, ou à la nouvelle imagerie du couple qui a plaqué sa carrière dans le marketing pour vivre, vêtu d’une peau de bête, au milieu de quelques brebis.

Or en réalité, on peut tout à fait concilier les impératifs financiers et la quête de sens. Le tout est d’y aller avec méthode, débarrassés de ces clichés tenaces et des tabous, et de choisir une grille d’analyse qui assure de bien connaître ses réels besoins (aussi bien financiers que de sens) : chez Chance, qui propose un parcours en ligne ultra avancé de réorientation professionnelle, mêlant vidéo-coaching et autocoaching, la méthode se fonde sur l’idée qu’un travail est loin de n’être qu’un métier. Un travail, c’est à la fois un métier + du sens (celui qu’on lui donne) + les impératifs auxquels le travail répond (financiers, géographiques, familiaux etc.) + un environnement (type de structure, de culture, etc.). En analysant ces 4 piliers, en en testant la solidité, on aboutit à un projet robuste, pragmatique et – bien évidemment – épanouissant. 

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Comment intégrer l’argent dans mon projet de reconversion professionnelle ?

1. Se défaire des discours et injonctions socio-culturelles et familiales

 

Pour prendre un exemple très concret et géographique, aux États-Unis, parler d’argent est très peu tabou, là où en France c’est souvent considéré comme vulgaire et salissant. À l’échelle des familles, le rapport à l’argent peut changer du tout au tout, passant d’une méfiance (“L’argent c’est mal”) à une adoration liée à une notion erronée de la réussite (“Avoir” est synonyme d’”être”), à une cristallisation de la reconnaissance qu’on suscite, et même à un rapport sain – parce que la névrose n’est pas toujours au rendez-vous (dans ce cas, l’argent est perçu comme une rétribution).

Quoi qu’il en soit, l’essentiel est de faire un bon gros tri entre nos impératifs financiers personnels et les croyances et discours hérités de la société et de la famille. Pour ça, l’accompagnement professionnel d’un coach aide énormément à identifier et déconstruire les discours qui nous encombrent, pour mieux renouer avec soi-même et avec ses besoins réels.

 

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2. Envisager l’argent avec objectivité : déterminer un seuil de rémunération

 

Si l’on est dans un processus de réorientation professionnelle digne de ce nom, on doit envisager son avenir professionnel dans le juste équilibre d’idéalisme et d’aspects ultra concrets. L’argent fait très clairement partie des questions incontournables. 

 

Pour déterminer un seuil de rémunération, commencez par être frontal(e) (combien avez-vous besoin de gagner ? En vrai. En tenant compte de toutes vos dépenses) et donc méthodique : 

  • Quelles sont vos charges fixes, incompressibles, variables ? Une technique unique et infaillible : épluchez vos factures. ; 
  • Sur quoi pouvez-vous faire preuve d’un peu de souplesse, sans jeter le bébé avec l’eau du bain ? (avez-vous besoin de 4 abonnements à des chaînes de VOD ? votre budget en matière d’habits est-il incompressible ?). Attention, ne vous jugez pas, soyez objectif(ve) et reconnaissez l’aspect personnel de ce rapport que vous entretenez à l’argent.  

Posez une limite qui prenne en compte :

  • Vos besoins/impératifs
  • La réalité du marché (et du secteur dans lequel vous évoluez)

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3. Assumer sa valeur ajoutée

 

Pour affirmer sa valeur ajoutée, notez vos accomplissements : 

  • Qu’avez-vous apporté à votre boîte en 2 mois ? Seul au sommet d'un rocher bras levés devant la mer au coucher de soleil
  • Combien de chiffre d’affaires ? Quelles évolutions du produit ? À quelle cadence ?
  • Quelles compétences interpersonnelles et sociales me sont propres ? L’initiative, la créativité, l’adaptabilité, le leadership ?
  • Combien de mes idées ont-elles été déployées ?

 

Pour aller plus loin dans votre réflexion et dans votre positionnement professionnel, commencez le parcours Chance, les premières étapes (activités d’autocoaching + 1ère séance de vidéo-coaching) sont gratuites et sans engagement :