Stage en M&A : à quoi s’attendre ? 3 AlumnEye témoignent

Le stage en M&A est l’expérience tant attendue de beaucoup d’étudiants en finance, mais avant de s’embarquer dans cette aventure, trop peu d’entre eux savent réellement à quoi s’attendre.  Qu’en est-il du quotidien du stagiaire en M&A ? Quelle est sa charge de travail ? Comment réussir son stage en M&A ?

Afin de vous éclairer sur le sujet, nous avons donné la parole à 3 étudiants passés par une telle expérience. Ces AlumnEye ont découvert le M&A dans des structures très différentes :  Andrea, ancien stagiaire chez Rothschild et Lazard (Large cap) ; Aurélien, qui fut stagiaire chez DC Advisory (boutique Mid cap internationale), et Camille, passée par Capitalmind (boutique Mid cap également), témoignent aujourd’hui pour vous donner un aperçu des points communs et des différences entre leurs équipes respectives.

 

Pourquoi as-tu choisi de faire un stage en M&A ?

 

Andrea : Je pense que le M&A qu’on veuille en faire ou non sa carrière, c’est une excellente école : ça permet de gérer des deadlines dans un environnement très exigent, de voir tout un tas de secteurs, côtoyer des problématiques de niveau CEO, CFO : c’est vraiment passionnant. Aussi faire un stage en M&A permet de prendre du recul sur pas mal de choses, de voir un petit peu la réalité du monde professionnel, et ça permet de commencer par ce qu’il y a de plus difficile, mettre des choses en perspectives et vérifier si c’est vraiment ce que l’on veut faire. A titre personnel j’ai choisi cette voie car c’est un métier technique, où l’on a besoin d’avoir un bon sens business, où il y a pas mal de stratégie et enfin car c’est un métier où l’on apprend en permanence que ce soit sur des entreprises, des secteurs, des façons de faire. C’est vraiment très enrichissant sur ce point-là.

 

Camille : Je dirais que c’est d’abord pour l’aspect stratégique du métier, on conseille les entreprises dans des moments clés. Notre valeur ajoutée est d’autant plus significative en Mid cap car la plupart du temps, le management des entreprises ne connaît rien aux process et se repose vraiment sur le conseil ; on est donc impliqué à 100% dans la stratégie de l’entreprise. Finalement, en M&A on a vite des responsabilités et on apprend beaucoup, c’est ce qui me motive vraiment. Tu dois te débrouiller aussi bien avec des choses basiques (maîtrise d’Excel et de PowerPoint) que dans des tâches plus compliquées comme créer un rapport pour ton client et en se plongeant dans son entreprise afin de la comprendre parfaitement en quelques jours.

 

Aurélien : Au départ, quand je suis arrivé en école de commerce, mon objectif était de faire de la finance de marché. J’ai donc décidé d’intégrer l’association finance de l’école et c’est là que j’ai appris ce qu’était un DCF ou des trading comps par exemple. Cela m’a tout de suite intéressé car contrairement à la finance de marché, la finance d’entreprise permet de se retrouver au cœur du « problème », de la machine. La réflexion stratégique est beaucoup plus présente, poussée et importante. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de changer de chemin et de me diriger en corporate finance. Et quoi de mieux que le M&A pour se retrouver au milieu de toutes ces problématiques ?

 

LA4Lire aussi : Entretien en M&A : les questions techniques fréquentes

 

Quelles ont été tes tâches au quotidien ?

 

Andrea : Chez Lazard, les stagiaires sont totalement intégrés dans les deals et les différentes opérations. En fonction du projet on peut avoir des tâches très variées : préparation de slides PowerPoint, préparation d’IM (Information Memorandum), de teasers, de documents à rendre au board. On passe aussi beaucoup de temps à chercher des informations, à les préparer pour que l’analyste puisse ensuite les traiter de la façon la plus efficiente.  Il y a également beaucoup de process, c’est-à dire organiser les différentes réunions, suivre les différentes parties prenantes d’un deal : auditeurs, avocats, consultants.

 

Camille : Il y a tout d’abord la gestion de la dataroom qui consiste à vérifier la validité des documents puis les trier. Je participe aussi au travail de valorisation : on me donne un chiffre d’affaires et un périmètre géographique et je cherche des comparables de transactions. Je collabore également à l’élaboration de pitchs : analyse de marchés, analyse de la concurrence…. Il m’arrive aussi de participer à la rédaction de rapports stratégiques ou de notes sectorielles : pour cela je revois les états financiers, j’étudie l’entreprise ou un secteur en détails.

 

Aurélien : Je ne pense pas pouvoir parler de tâches quotidiennes, car une journée ne se déroule jamais de la même manière, mais plutôt de tâches en générale. Personnellement, je pense avoir eu de la chance car j’ai eu l’occasion de travailler sur 7 mandats en 6 mois, que ce soit en buy-side, sell-side ou même pour un refinancement. Cela m’a permis d’avoir des tâches diversifiées. Bien sûr il y a les grands classiques comme faire des trading comps, des transaction comps, des profils, des screening, etc. Mais j’ai aussi pu construire un modèle de rating et faire un peu de modeling.

 

Comment s’organise ta journée ?

 

Andrea : C’est la question à laquelle il est quasiment impossible de répondre en M&A, parce que la nature du travail fait qu’en fonction des deadlines les journées sont toutes différentes. Chez Lazard, j’arrivais vers 9h, la première chose était de prendre connaissance des mails de la nuit, voir quels vont être les top priorités de la matinée puis on se met au travail et on répond aux différentes attentes. Généralement à partir de 15-16h le gros du travail commence car la hiérarchie revient de meetings et a eu des updates de la part des clients. Chez Rothschild j’avais également des side-projects comme la mise à jour de bases de données sur des boites cotées et dont je devais m’occuper lorsque j’avais le temps.

 

Camille : La journée est rythmée par le client et ton donneur d’ordre. Globalement il y a un planning sur la semaine qui te permet de ne pas être débordé et d’allouer le bon temps à chaque sujet. Pour résumer je sais à quelle heure j’arrive mais pas à quelle heure je pars mais en moyenne mes journées s’étendent de 8h30 à 22h30.

 

Aurélien : En général, je suis mobilisé sur plusieurs exécutions et/ou pitch en même temps. Typiquement il m’est arrivé d’être sur trois process simultanément, chacun à un niveau d’avancement différent, et en fonction de cela j’avais des slides à faire, des recherches à effectuer, des documents à télécharger… En début d’après-midi mes propositions étaient revues et je devais passer les marks-up (corrections). En parallèle, il est possible qu’un MD (Managing Director) me demande de travailler sur quelque chose en annexe, et ça peut aller du simple profile au petit book un peu poussé sur un marché qui l’intéresse. Il n’y a pas de journée type, je ne suis jamais entré dans une sorte de routine et c’est ce qui rend le travail passionnant.

 

Comment es-tu formé(e) au cours du stage ?

 

Camille : J’ai été formée dès mon arrivée en stage. Pour ce qui est de l’apprentissage du fonctionnement des bases de données que l’on utilise au quotidien du type CapitalIQ, les prestataires sont venus directement nous former sur place à l’utilisation de leurs outils. En parallèle, nous avons bénéficié de formations des différents membres de l’équipe : quelques heures sur la dataroom, sur les comparables, sur Excel et PowerPoint. C’était vraiment très utile et ça m’a permis d’être opérationnelle dès le début.

 

Aurélien : Il n’y avait pas vraiment de formation au début du stage chez DC Advisory, à part une formation de 2h dans les bureaux de Facset. Dans les boutiques en France, on apprend surtout sur le tas et il ne faut pas être stressé si on a l’impression de faire des tâches ingrates, c’est normal. Il y a un temps pour tout. On apprend petit à petit à se connaître entre analystes et stagiaires. On gagne petit à petit en responsabilité. Je pense qu’il faut surtout montrer que l’on a envie d’apprendre, de poser des questions et ça viendra avec le temps. J’ai beaucoup de chance aussi car l’équipe chez DCA est très pédagogue. Les analystes prennent le temps de nous expliquer ce qu’il faut faire. Il faut juste bien écouter et essayer de comprendre le plus vite possible car ils ont beaucoup de sujets différents et revenir 2, 3, 4 fois pour poser la même question, ce n’est pas faisable.

 

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Quelles sont les qualités nécessaires à la réussite de ton stage ?

 

Andrea : Les qualités nécessaires sont d’abord humaines, on n’attend pas des stagiaires qu’ils soient des brutes en finance, on cherche avant tout des gens rigoureux, disciplinés, débrouillards et surtout agréables. Rigoureux et disciplinés tout simplement car on attend du stagiaire qu’il devienne indépendant et qu’on puisse compter sur son travail. La différence entre un bon stagiaire et un mauvais c’est que le bon sera sûr de son travail, capable d’envoyer un travail sans coquilles et des chiffres surs. Ensuite débrouillard car le stagiaire doit être capable de juger si ce qu’on lui demande de faire est faisable. Par exemple, un jour on m’avait demandé de faire une recherche d’un chiffre et au bout d’une heure je me suis rendue compte que cette information était introuvable car elle n’existait pas, le rôle du stagiaire c’est de prendre son courage à deux mains et d’aller en parler avec l’analyste plutôt que de perdre du temps, il faut prendre des initiatives. Finalement le point le plus important c’est que le stagiaire soit agréable, c’est à dire qu’a niveau égal, on préfèrera le stagiaire qui est souriant, disponible et aimable à 2-3 h du matin.

 

Camille : La première chose c’est qu’il faut être extrêmement rigoureux, rendre des travaux impeccables, s’imposer une vraie discipline en autonomie. Deuxièmement, il faut être à 100% dans son boulot pour être capable de faire la petite chose en plus qu’on ne t’a pas demandé et qui fera la différence : rester 1 h de plus pour faire une recherche en plus ou arriver avant tout le monde le matin pour prendre de l’avance. Et dernièrement, il faut aimer le métier. On travaille beaucoup, il y a peu de moments dans la journée où l’on peut souffler, il ne faut pas se laisser déborder : toujours être à jour, ce n’est pas parce que l’on n’a rien à faire qu’il ne faut pas prendre de l’avance et à l’inverse lorsque l’on est débordé, il faut être capable de dire à un donneur d’ordre qu’on a une autre deadline.

 

Aurélien : La première qualité à avoir selon moi c’est la curiosité car en tant que stagiaire on est souvent amené à exécuter des tâches et si on n’est pas curieux, le travail devient de moins en moins intéressant, la progression ralentie de manière exponentielle et les personnes avec qui l’on travaille peuvent vite se rendre compte du manque d’intérêt du stagiaire et donc lui donner des tâches moins importantes. Nous ne sommes pas uniquement là pour faire des slides, si on pose des questions, les analystes nous font davantage confiance car ils nous sentent impliqués. Le deuxième conseil est d’être proactif. Au vu de la charge de travail, le temps est compté, et si l’on peut permettre à son analyste et à soi-même de gagner une heure dans sa journée en prenant de l’avance ou en commençant une tâche qu’il ne nous a pas encore demandé de faire, c’est valorisant et ça permet au stagiaire de gagner la confiance de ses pairs. Cependant, c’est une qualité qui vient avec le temps car sur un premier stage en M&A, on ne connaît pas très bien les process et on a besoin d’être guidé mais avec l’expérience, on peut mieux anticiper et sentir les choses. Enfin, je pense qu’il faut une certaine capacité de travail. En effet, les heures sont longues, la charge de travail peut-être très élevée et si l’on n’est pas capable de rester concentré 15 heures de suite, je pense que ça peut être compliqué.

 

Quels conseils donnerais-tu aux futurs stagiaires en M&A ?

 

Andrea : Je pense qu’il faut prendre les bons réflexes dès le début : imprimer ses sources, prendre les devants, être très poli, être très carré dans les mails, donner une bonne première impression, se montrer souriant et avenant et motivé. Il faut surtout ne jamais se reposer sur ses lauriers, et surtout rester humble. Ce qui a été particulièrement marquant pour moi, c’est que chez Rothschild j’étais dans une promo de rockstars et du coup ça me permettait de garder les pieds sur terre car je savais que j’avais tout à prouver.

Camille : Au début de son stage, il faut se forcer à prendre les bonnes habitudes sans attendre : apprendre rapidement les raccourcis clavier, tenir au courant ses donneurs d’ordre, prendre des notes, écouter. Au début ça prend du temps et de l’énergie, on emmagasine une importante quantité d’informations dans un laps de temps très court mais il faut prendre le pli pour pouvoir par la suite gagner du temps avec les automatismes acquis. Le deuxième conseil que je donnerais c’est d’être très organisé : il faut être très carré dans la prise de notes, bien comprendre ce que l’on nous demande, gérer ses deadlines et surtout communiquer, ne pas hésiter au début du stage à dire « je n’ai pas compris, vous pouvez me réexpliquer » car il n’y a rien de pire que de revenir à son bureau sans avoir compris ce que l’on devait faire.

Aurélien : Premier conseil sans hésiter : le networking, que ce soit par curiosité pour le milieu ou pour se faire des contacts. C’est quelque chose de beaucoup trop sous-estimé je pense. Personnellement, j’ai commencé quand j’étais en deuxième année d’école de commerce et ça m’a permis d’avoir beaucoup plus de facilités lorsque j’ai commencé à chercher des stages. Le deuxième conseil que je donnerais c’est de s’intéresser au monde de la finance : lire des articles de presse économique, des études de marchés, s’intéresser aux différentes sociétés, et pas seulement Hermès ou LVMH mais aussi les petites ou les moins connues ou reconnues, qui constituent le tissu économique. Cela permet d’avoir une certaine connaissance du marché bien utile car en entretien ça peut jouer énormément.

 

LA4Lire aussi : M&A : Analyst, Associate, VP, etc., quel rôle selon votre grade ?

 

Quel est ton ressenti sur cette expérience ?

 

Andrea : A titre personnel j’ai adoré ma césure en M&A. C’était très fatigant, j’étais vraiment épuisé à la fin mais j’ai rencontré des gens brillantissimes, j’ai vu ce que c’était la réalité du monde professionnel, j’ai travaillé sur des dossiers passionnants, j’ai vu que c’était challengeant mais pas surhumain. Finalement j’ai adoré l’ambiance : le M&A c’est une école accompagnée d’un prestige énorme.  Je me projette vraiment dans ce métier car il est en perpétuel mouvement et à mesure que l’on va progresser dans la hiérarchie, le métier va devenir de plus en plus commercial.

 

Camille : Que du positif et c’est pour cela que je me vois poursuivre ma carrière en M&A. J’ai énormément appris, que ce soit sur la méthodologie, le métier ou l’industrie, je suis toujours très stimulée au quotidien. Je pense aussi que c’est l’équipe qui fait tout, une bonne ambiance est vraiment primordiale dans un environnement aussi exigeant que celui de la banque d’affaires. C’est aussi un stage très responsabilisant car je travaille avec des Associates, VP, Director et même parfois des Partners, la proximité avec le top management est très enrichissante.

 

Aurélien : J’ai adoré. DC Advisory a une vraie culture d’entreprise, les personnes qui y travaillent sont bienveillantes et vraiment très sympas. J’y ai passé de très bons moments, que ce soit tard le soir quand la deadline est à 9h00 le lendemain ou en soirée avec eux. Je me suis vraiment beaucoup amusé et épanoui. En ce qui concerne le travail, je trouve avoir eu énormément d’exposition, ce qu’on ne peut pas ou plus retrouver dans la plupart des grandes banques de la place parisienne car les stagiaires doivent partir à 20h ou 22h. On m’a donné beaucoup de responsabilités, ce qui m’a permis d’apprendre et de comprendre beaucoup plus de choses, que ce soit en matière de process ou de technicité, que lors de mes précédents stages. Je le recommande vivement à quiconque souhaitant s’investir et apprendre.

 

Alessandra Petiot, étudiante à Dauphine et contributrice du blog AlumnEye

 


Où postuler en Wealth Management ?

La gestion privée ou banque privée (wealth management) consiste en un service de conseil spécialisé proposé par des établissements financiers à des clients particuliers ou institutionnels qui disposent de moyens financiers et d’un patrimoine importants. Ce type de conseil s’adresse notamment à des investisseurs privés (particuliers aisés, familles fortunées, entrepreneurs ou dirigeants d’entreprise) qui souhaitent développer et structurer à la fois leur capital et leur patrimoine en investissant dans différents véhicules qu’ils soient financiers et/ou immobiliers, tout en optimisant autant que faire se peut l’impact fiscal. Pour ce faire, les établissements qui pratiquent une activité de gestion privée emploient un large panel d’experts qui couvrent l’ensemble des problématiques liées à l’optimisation d’un patrimoine : banquiers privés, avocats, conseillers en gestion de patrimoine, ingénieurs patrimoniaux, experts-comptables, notaires et asset managers.

 

Travailler dans la gestion privée ?

 

Les établissements financiers qui disposent d’une activité de banque privée ou de gestion de patrimoine/de fortune s’organisent selon différentes structures. Il peut s’agir soit d’une division banque privée adossée à un grand groupe bancaire (Société Générale Private Banking, BNP Banque Privée, CA Indosuez Wealth Management, Natixis Wealth Management (groupe BPCE), HSBC Private Banking), d’une banque privée indépendante (Rothschild Martin Maurel, Oddo BHF, Edmond de Rothschild, Lazard Frères Gestion, Neuflize OBC, Banque Hottinguer) ou d’un cabinet indépendant de conseil en gestion de patrimoine (Meeschaert Gestion Privée, Lonlay & Associés, Agora Finance, Herez, Cyrus Conseil, Cheval Blanc Patrimoine, Dauphine Patrimoine).

Ainsi, ces établissements se différencient non seulement par leur taille et leur degré d’indépendance mais également par la clientèle qu’ils conseillent. En effet, chaque banque ou société de gestion privée dessine sa propre stratégie et propose en conséquence une offre adaptée à la clientèle qu’elle souhaite cibler ; on parle alors de segmentation de la clientèle. A ce titre, on peut distinguer quatre principaux niveaux de segmentation des clients fortunés, hiérarchisés selon les seuils d’actifs gérés par le cabinet ou la banque. On trouve premièrement les Upper Affluent qui ont un patrimoine compris entre 100 000 € et 1 000 000 €. Afin de développer leur patrimoine, ces clients s’orientent majoritairement vers les offres « premium » des banques Retail, les sociétés d’assurance ou les cabinets indépendants de conseil en gestion de patrimoine. On relève ensuite les High Net Worth Individuals (HNWI) qui disposent d’un patrimoine jusqu’à 5 000 000 €. Les HNWI constituent généralement une part importante de la clientèle des banques privées qu’elles soient indépendantes ou adossées à des grands groupes bancaires français ou étrangers. Les personnes justifiant d’un patrimoine estimé compris entre 5 000 000 € et 30 000 000 € représentent les Very High Net Worth Individuals (Very HNWI). Cette clientèle très fortunée et exigeante est généralement conseillée par les départements gestion de fortune des banques privées indépendantes et des banques privées rattachées aux banques de réseaux. Enfin, pour les personnes les plus aisées qui jouissent d’un patrimoine supérieur à 30 000 000 €, il existe des family offices. Il s’agit d’organisations externes de personnes au service d’une (mono-family office) ou de quelques familles fortunées (multi-family office). Les family offices emploient des personnes souvent expérimentées avec des compétences larges et pluridisciplinaires. En effet, ces entités requièrent de maintenir une excellente relation avec la ou les familles conseillées. L’activité des family offices s’inscrit dans une vision à long terme : la préservation du patrimoine est transgénérationnelle. Ils proposent des services variés en ligne avec les intérêts patrimoniaux de leurs clients : ingénierie patrimoniale, gestion de portefeuille, transmission, trustees ou gouvernance familiale…

Ainsi, la clientèle traitée, la complexité et l’intérêt des missions peuvent fortement varier selon la structure dans laquelle vous travaillez, que ce soit en tant que stagiaire ou en CDI.

 

LA4Lire aussi : Qu’est ce que la Gestion de Patrimoine ?

 

Structure à taille humaine et indépendance versus grand groupe bancaire : avantages et inconvénients

 

Comme nous l’avons vu, chaque établissement de gestion privée développe sa propre stratégie en fonction des expertises métier dont il dispose et de la clientèle qu’il désire conseiller. En tant que candidat à un stage ou à un poste en CDI, il est légitime de s’interroger quant à la société que l’on souhaite intégrer en fonction de l’orientation que l’on veut donner à son parcours en école ou à sa carrière.

En intégrant un cabinet indépendant de conseil en gestion de patrimoine, vous bénéficierez premièrement des avantages d’un cabinet à taille humaine, en particulier une proximité entre les équipes de conseillers, les analystes et les associés.  Dans ces sociétés, les équipes sont réduites, de quelques-uns à quelques dizaines de conseillers maximum. Le cabinet profite donc en général d’une grande adaptabilité et d’une flexibilité importante, lui permettant de traiter des clients assez variés tant par leur niveau de richesse que par les problématiques patrimoniales. Vous aurez donc l’opportunité de rencontrer de nombreux clients très différents dans leur parcours : particuliers souhaitant se constituer un patrimoine immobilier et/ou financier, cadres supérieurs, entrepreneurs avec des problématiques de transmission et d’optimisation fiscale, sportifs de haut niveau et héritiers voulant structurer une succession… Aussi, la formation continue des collaborateurs est au centre des préoccupations dans les cabinets de gestion de patrimoine. En rejoignant par exemple des cabinets parisiens comme Lonlay & Associés ou Agora Finance, vous commencerez généralement votre stage ou période d’essai par une formation générale spécifique au métier de conseiller en gestion de patrimoine : fiscalité, droit, marchés financiers, savoir-être et stratégies commerciales… Et, tout au long de votre parcours, vous participerez à des formations de ce type afin de vous maintenir à jour, notamment des dernières dispositions fiscales et juridiques. Par conséquent, vous serez en capacité de conseiller des clients avec des besoins patrimoniaux particuliers en vous appuyant à la fois sur les outils et solutions offerts par le cadre légal et fiscal en vigueur et sur les produits que le cabinet met à disposition de la clientèle. Ces derniers constituent l’avantage majeur des cabinets de gestion de patrimoine : l’indépendance dans les conseils prodigués et les produits financiers proposés. Les sociétés indépendantes de gestion privée travaillent ainsi en architecture ouverte, c’est-à-dire qu’elles sélectionnent des produits selon les besoins de leurs clients et les stratégies d’investissement qu’ils souhaitent développer. La sélection des fonds se fait auprès de sociétés de gestion d’actifs et de fonds qui agissent comme des tierces parties, fournissant ainsi des services d’investissement.

Si vous êtes étudiant en année de césure, le choix de s’orienter vers la division banque privée adossée à une grande banque de réseau comme Société Générale, BNP ou Crédit Agricole peut s’avérer pertinent pour ajouter une expérience notable à votre CV. Ces grands établissements bancaires bénéficient des économies d’échelles et notamment des outils digitaux qu’ils créent lors de leurs développements Retail. Ils disposent également d’offres segmentées adaptées aux différents niveaux de clients qu’ils conseillent : clients patrimoniaux, Upper Affluent en banque privée ou HNWI et Ultra-HNWI qui sont conseillés par le département gestion de fortune. En fonction de votre poste, vous serez donc amené à travailler sur différents dossiers plus ou moins stratégiques. En intégrant une banque privée rattachée à une grande banque de réseau, vous bénéficierez, comme pour les cabinets de gestion de patrimoine, de formations régulières sur les différents domaines de la gestion privée. Vous aurez également l’opportunité d’assister les conseillers en gestion de patrimoine et les banquiers privés lors de leurs rendez-vous clients et vous aurez ainsi l’occasion de voir énormément de clients, ce qui vous permettra notamment de développer vos qualités relationnelles. Néanmoins, il existe quelques inconvénients à ce type de banque malgré l’expérience que cela peut apporter à votre CV. Premièrement, vous serez cantonné à vendre des solutions et conseiller les clients sur des produits « maison » et donc votre marge de manœuvre sera limitée aux seules offres développées par la banque. Enfin, en fonction du segment de clientèle que vous conseillez, les missions peuvent parfois être redondantes ou peu intéressantes, ce qui vaut aussi pour les cabinets indépendants de gestion de patrimoine : demande de financement et crédits basiques, investissement immobilier simple, gestion de compte…

In fine, une autre opportunité s’offre à vous, celle des banques privées indépendantes. Ces banques prestigieuses dont la réputation en matière de gestion de fortune n’est plus à prouver agrémenteront certainement votre CV grâce à une expérience à la fois très exigeante et enrichissante. En intégrant une banque privée comme Edmond de Rothschild ou Lazard Frères Gestion, vous serez entouré d’experts (banquiers privés, ingénieurs patrimoniaux notamment) et apprendrez énormément lors des différentes missions qui vous seront confiées. En tant qu’analyste vous serez certainement amené à réaliser des pitchs d’investissement avec un degré d’exigence similaire à celui attendu en M&A, des missions de développement du portefeuille client, de l’analyse financière et de portefeuille, de la sélection de fonds. Un autre atout de ces banques privées indépendantes est leur proximité avec les autres départements (notamment ceux du Corporate Finance), en particulier s’ils appartiennent à un groupe financier plus important. Vous travaillerez donc possiblement en coopération avec le M&A afin d’identifier de potentiels deals à venir et par conséquent la génération de nouvelles fortunes. Enfin, au regard de leur accessibilité en matière d’actifs à placer, ces établissements de renom conseillent principalement des familles très fortunées. Travailler dans une telle banque vous permettra potentiellement de faire de belles rencontres. Néanmoins, celles-ci resteront rares. Du fait du nombre restreint de clients conseillés et du haut niveau d’exigence et de complexité des besoins patrimoniaux, vous serez sans doute moins en contact direct avec la clientèle.

 

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Vous trouverez à présent une liste non exhaustive de sociétés de gestion privée présentes en France

 

Banque privées rattachées à des banques de réseau

 

  • Société Générale Private Banking

A la Société Générale, les activités de la Banque de grande clientèle et des solutions investisseurs regroupent notamment la Gestion d’Actifs (via la filiale détenue à 100% Lyxor Asset Management) et la Banque Privée qui sont étroitement liées. La division banque privée exerce sous la marque Société Générale Private Banking. Elle constitue un acteur majeur de la gestion privée en France, avec une présence marquée sur le territoire grâce au développement des 80 implantations au sein des plus grandes villes françaises. Depuis janvier 2014, la banque a opéré une réorientation stratégique de son modèle d’affaires en développant, en collaboration étroite avec la banque de détail, son offre patrimoniale à destination des clients particuliers disposant de plus de 500 000 euros d’actifs. Outre sa présence marquée dans l’Hexagone, le groupe est bien implanté à l’étranger notamment en Europe, en Afrique/Moyen-Orient et en Asie. SG Private Banking offre ainsi ses services dans 16 pays. Afin de consolider son modèle dans le cadre du plan stratégique 2016-2020 « Transform to Grow », la banque s’est restructurée en cédant notamment en 2018, ses activités de banque privée en Belgique à la banque néerlandaise ABN AMRO. Fin 2018, les encours d’actifs sous gestion de la Banque Privée de SG s’élevaient à 113 milliards d’euros, en baisse de 5 milliards par rapport à N-1. A la même période, la Gestion d’Actifs et la Banque Privée représentait 11% du PNB.

 

  • CA Indosuez Wealth Management

Indosuez Wealth Management gère l’ensemble des services en gestion de fortune du groupe Crédit Agricole dont elle est la filiale à 100%. La division est intégrée à la banque de financement et d’investissement Crédit Agricole CIB. L’activité de CA Indosuez s’organise en six aires géographiques que sont l’UE, l’Europe de l’Est, l’Asie, le Pacifique, le Moyen-Orient et les Amériques. Elle dispose d’un réseau international d’une trentaine de points de contact. A fin 2017, la filiale employait 3 110 personnes pour 118,3 milliards d’actifs sous gestion et un PNB de 765,3 millions d’euros.

 

  • BNP Banque Privée

BNP Paribas, première banque privée en France, met à disposition des centres de gestion privée auprès des clients disposant de plus de 250 000 euros d’actifs financiers ainsi que des sites de gestion de fortune pour les clients dont le patrimoine financier est supérieur à 5 millions d’euros. La division Wealth Management de BNP emploie 7 000 collaborateurs à travers le monde et gère environ 361 milliards d’actifs. Afin de se consolider à la fois sur les marchés luxembourgeois et européen, BNP Paribas a fait l’acquisition du néerlandais ABN AMRO Bank Luxembourg pour les activités banque privée et assurance. La banque a également pour objectif de conquérir les marchés allemands de la grande clientèle : les HNWI et UHNWI ainsi que les entrepreneurs du Mittelstand.

 

  • Natixis Wealth Management

Filiale du groupe BPCE, le pôle Gestion de Fortune de Natixis Wealth Management cible deux segments de clientèle : la clientèle patrimoniale de la banque de réseau BPCE et de Natixis et les clients directs qu’ils soient de grands investisseurs privés, des entrepreneurs ou des familles. Entre 2017 et 2018, la banque privée a fait le choix d’un repositionnement en se concentrant sur les HNWI pour son métier de gestion de fortune. Fin 2018, les encours d’actifs gérés par Natixis Wealth Management s’élevaient à 26 milliards d’euros, en progression de 3% par rapport à 2017.

 

LA4Lire aussi : Quel avenir pour les banques privées ?

 

 

Banques privées indépendantes

 

  • Rothschild Martin Maurel (Rothschild & Co)

En 2016, le groupe Rothschild & Co a acquis la banque familiale Martin Maurel afin de se renforcer dans ses activités de banque privée. La banque ainsi formée est devenue l’une des plus importantes banques privées indépendantes en France. Le conseil en gestion de fortune est historiquement une spécialité de la famille Rothschild. Cette dernière jouit donc d’une excellente réputation dans le domaine. Rothschild & Co exerce ses activités de banque privée et de gestion d’actifs en Europe de l’ouest, en Asie et aux Etats-Unis. Au 31 mars 2017, la division banque privée et gestion d’actifs de Rothschild & Co disposait de 66,6 Mds d’actifs sous gestion avec une collecte nette de 1,2 Mds sur l’année fiscale 2016/2017.

 

  • Lazard Frères Gestion

Fondé en 1848, le Groupe Lazard est spécialisé dans le conseil financier et l’asset management. Lazard exerce son métier de gestion d’actifs dans 17 pays sur les principaux continents. La maison de Paris, Lazard Frères Gestion, a été créée en 1995 avec l’objectif de constituer « un spécialiste de la gestion d’actifs avec une double culture française et internationale ». La branche Lazard Frères Gestion est présente à Paris, Lyon, Bordeaux, Nantes et Bruxelles et gère plus de 22 milliards d’euros d’actifs pour le compte de clients privés et institutionnels.

 

  • Oddo BHF

Oddo BHF est un groupe financier franco-allemand créé en 1849. La banque est présente dans 3 métiers différents que sont la banque de financement et d’investissement, la banque privée et la gestion d’actifs. En ce qui concerne la banque privée, Oddo BHF dispose de 30 milliards d’euros d’encours sous gestion et emploie 400 collaborateurs au sein d’agences à la fois en France, en Allemagne et en Suisse.

 

 

  • Neuflize OBC

La banque Neuflize OBC est une filiale à 99,90% de la banque néerlandaise ABN AMRO, dont le capital est en parti détenu par l’Etat néerlandais. La banque Neuflize OBC conseille ses clients sur leurs problématiques patrimoniales à la fois dans des bureaux en France (Strasbourg, Bordeaux, Toulouse, Lille, Nantes, Nice, Marseille et Lyon) mais également à l’international via le réseau d’ABN AMRO.

 

 

  • Edmond de Rothschild

Le groupe Edmond de Rothschild (à ne pas confondre avec Rothschild & Co dirigé par David puis Alexandre de Rothschild) est un groupe financier dont le siège social est à Genève sous la Présidence de Ariane et Benjamin de Rothschild. Edmond de Rothschild a pour principales activités la banque privée et la gestion d’actifs. Il emploie 2700 collaborateurs dans 15 pays et 32 implantations. Au 31 décembre 2018, la branche française d’Edmond de Rothschild gérait 53,5 milliards d’euros répartis comme suit : 15,1 milliards d’euros pour la banque privée et 38,4 milliards d’euros pour la gestion d’actifs.

 

 

  • Banque Hottinguer

La banque Hottinguer est l’une des dernières banques privées indépendantes en France dont le capital est encore majoritairement détenu par la famille fondatrice. L’établissement bancaire éponyme a été fondé en 1786 par Jean-Conrad Hottinguer. Aujourd’hui, la banque opère dans trois principaux métiers à savoir la banque privée, la gestion d’actifs et la banque d’affaires. La banque Hottinguer emploie environ 40 collaborateurs pour la gestion privée et gère environ 2 milliards d’euros d’actifs.

 

Cabinets de conseil en gestion de patrimoine/ de fortune ayant une présence significative en France

 

  • Meeschaert Gestion Privée

Le Groupe Meeschaert a été créé en 1935. Le groupe, dont l’actionnariat est majoritairement familial s’est spécialisé dans quatre métiers : la gestion privée, le family office, la gestion d’actifs et le private equity. Il emploie plus de 200 collaborateurs répartis dans neufs bureaux en France et un à New-York. Au 31 décembre 2018, il gérait et supervisait 6 milliards d’euros d’actifs.

 

  • Cyrus Conseil

Le groupe Cyrus Conseil est créé en 1989. Il représente aujourd’hui l’un des leaders de la gestion de patrimoine en France avec 4000 familles conseillées. Le groupe est détenu à 100%

par les managers associés et les collaborateurs. 65 conseillers en gestion de patrimoine opèrent dans les 3 métiers clés de la gestion privée : le conseil en gestion de patrimoine via Cyrus Conseil, le conseil en investissement immobilier avec Eternam et la gestion financière sur-mesure par le biais d’Invest AM.

 

  • Lonlay&Associés

Créé en 2004, Lonlay & Associés est un cabinet de conseil en gestion de patrimoine relativement jeune. L’établissement connait néanmoins une croissance significative depuis sa création et conseille aujourd’hui plus de 6 500 familles pour 1,2 milliards d’euros d’encours sous gestion. Le cabinet emploie une quarantaine de collaborateurs ; un nombre en constante augmentation puisqu’il publie régulièrement de nombreuses offres à la fois en stage et CDI afin de soutenir son développement.

 

 

  • Herez

Herez est un cabinet spécialisé en gestion privée, gestion de patrimoine, gestion de fortune et Family office. Depuis plus de 20 ans, il accompagne ses clients dans l’optimisation de leur patrimoine. Régulièrement cité en référence par la presse spécialisée, le cabinet jouit d’une très bonne réputation dans le domaine de la gestion privée.

 

 

  • Cheval Blanc Patrimoine

Cheval Blanc Patrimoine est un cabinet indépendant de gestion privée fondé par deux associés, passés auparavant par de grandes sociétés aussi bien dans la gestion de patrimoine, que dans l’immobilier ou la gestion de portefeuille. Le cabinet emploie quelques dizaines de collaborateurs répartis en pôles (Opérations de banque, Investissement immobilier, Gestion de patrimoine et Transactions immobilières) qui opèrent depuis 4 sites en France métropolitaine (Paris, Versailles et Bordeaux) et en Outre-mer (Ile de la Réunion). La présence d’équipes pluridisciplinaires encadrées par les associés fait de Cheval Blanc Patrimoine un cabinet capable de traiter l’ensemble des problématiques liées à la constitution ou à l’optimisation d’un patrimoine.

 

Yael Jacob, contributeur du blog Alumneye

 


Avant de monter sa propre agence immobilière digitale, Stanislas de Dinechin a d’abord fait de la finance : Private Equity chez XAnge puis Bpifrance et Transaction Services chez Eight Advisory. Toutes ses expériences lui ont permis d’avoir le recul nécessaire pour se lancer dans l’entrepreneuriat et créer Hosman en 2017.

Stanislas nous explique dans cette interview en quoi consiste le Transaction Services, comment intégrer cet univers, et à quelles difficultés on fait face quand on devient entrepreneur.

 

Pouvez-vous nous décrire votre parcours ?

 

Diplômé du Master 225 de l’université Paris Dauphine, j’ai commencé ma carrière en finance en enchainant plusieurs postes : Private Equity Analyst chez XAnge puis Bpifrance, Transaction Services et restructuring chez Eight Advisory. Ensuite, je me suis lancé dans l’entreprenariat. Je suis parti travailler chez Jumia, l’« Amazon africain ». Je manageais des équipes sur le terrain dans plusieurs pays africains – Nigéria, Kenya, Sénégal – et au Pakistan. Puis, je suis passé Managing Director donc je dirigeais toute la partie East Africa de Jumia. Enfin, en 2017, j’ai créé ma propre entreprise immobilière, Hosman.

 

Pour bien comprendre, pouvez-vous nous expliquer le rôle d’une équipe de TS et le genre de missions sur lesquelles elle intervient ?

 

Au sens large, l’équipe de Transaction Services a pour objectif de donner du sens aux chiffres et aux métriques financières de leurs clients afin de les conseiller. Les clients sont des Corporate ou des fonds de Private Equity.

Il existe plusieurs branches dans le Transaction Services :

  • Le Transaction Services pur qui consiste à conseiller un client sur une opération d’acquisition ou de cession en rédigeant des due diligences i.e. des rapports sur les chiffres de l’entreprise target : buy side/vendor due diligence.
  • Le restructuring qui consiste à conseiller une entreprise en difficulté. Les métriques financières sont ici utilisées pour sauver l’entreprise. Le conseiller intervient comme un médecin urgentiste à un moment critique pour l’entreprise.
  • L’évaluation et la modélisation qui consistent à valoriser et pricer des entreprises.

Les consultants en Transaction Services peuvent également intervenir sur des missions ponctuelles comme l’identification des métriques d’une activité particulière d’une entreprise. Ces opérations interviennent lorsqu’une entreprise souhaite se séparer d’une seule activité seulement. Le Transaction Services est un métier très intéressant car il est non seulement lié à la finance mais également aux contraintes stratégiques et opérationnelles des entreprises pour donner du sens aux chiffres financiers.

 

LA4Lire aussi : Faire carrière en M&A : les conseils d’Irakli, ex-banquier chez Rothschild

 

Il est généralement difficile de décrocher un stage en Transaction Services en 1ère partie de césure, comment expliquez-vous cela ? Quelles qualités recherche-t-on chez un candidat ?

 

La difficulté de trouver un stage en 1ère partie de césure est présente quel que soit le secteur choisi car le problème vient du fait que le candidat n’est pas opérationnel tout de suite et le former pour seulement 6 mois représente un gros investissement. Ainsi, il est toujours plus facile de décrocher un stage en 2ème partie car le candidat est formé.

Les qualités requises sont un bon esprit analytique et beaucoup de rigueur car on traite avec beaucoup de chiffres. Il faut être curieux et avoir envie d’apprendre car pour donner du sens aux chiffres il faut creuser de nombreux sujets. Le candidat doit également être très travailleur comme dans tous les métiers de la finance. Enfin, le plus est d’avoir un gros capital sympathie car on travaille beaucoup en équipe donc bien s’intégrer dans celle-ci est essentiel. Une des questions qu’un recruteur se pose face à un candidat est : est-ce que je me vois travailler avec ce gars-là ?

 

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En finance, vous avez fait du Private Equity et du Transaction Services. Pourquoi pas du M&A ?

 

Je n’ai pas choisi le M&A car je voulais donner du sens au métier que j’allais faire. En Private Equity, j’investissais dans des entreprises mais j’accompagnais également l’entrepreneur dans ses stratégies de croissance. De même, en Restructring, j’intervenais dans des phases critiques de l’entreprise pour la sauver. J’avais l’impression de créer plus de valeur en travaillant en PE ou en Restructuring qu’en M&A. De plus, je pense que le Transaction Services est plus pragmatique que le M&A ce qui m’a plus servi dans ma carrière d’entrepreneur.

 

Ensuite vous êtes parti chez Jumia, le « Amazon africain », quelles ont été les raisons de ce revirement de carrière ?

 

Il y en a plusieurs. Je faisais de la finance et du conseil pour me former mais je savais que je n’en ferais pas toute ma vie. J’ai toujours voulu devenir entrepreneur et chez Jumia, on est justement formé aux meilleures techniques de l’entrepreneuriat. De plus, j’aimais l’idée de partir dans un pays émergeant pour y créer des business. Cette expérience m’a permis de sortir des sentiers battus de Paris. Enfin je voulais plus créer que conseiller comme c’était le cas en finance. Derrière chaque entrepreneur se cache une envie de concret.

Vous avez beaucoup travaillé en Afrique, à Nairobi notamment, comment c’était ? Auriez-vous une anecdote à nous raconter ?

C’était absolument passionnant ! Il y a une énergie extraordinaire en Afrique du fait de ses perspectives de développement. Dans un pays développé, beaucoup de choses sont faites alors qu’en Afrique, beaucoup de choses sont à faire. Travailler en Afrique c’est avoir le sentiment d’être un pionnier de l’entrepreneuriat.

J’ai pleins d’anecdotes à vous raconter, en voici quelques-unes selon les pays dans lesquels j’ai travaillé. À Nairobi, au retour des beaux jours après une saison de pluie, j’ai retrouvé mon bureau envahi d’un nuage d’insectes. Au Nigéria, je me souviens être arrivé au bureau sans que personne ne soit là ; j’ai finalement compris qu’à cause de la saison des pluies, tout le monde était tombé malade de la malaria.  À Dakar, il ne pleut tellement jamais que dès que la pluie arrive, tout le monde se met à danser et à chanter.

 

Finalement vous avez décidé de vous lancer dans l’entreprenariat en créant Hosman, une start-up immobilière. Comment vous est venue cette idée ?

 

L’idée est venue assez simplement d’une expérience d’acheteur. En achetant mon bien immobilier, j’ai découvert à quel point les agences immobilières étaient chères alors qu’elles utilisent des techniques dépassées. Je voulais créer une entreprise, il me manquait juste l’idée. En 6 mois je suis passé de cette idée de révolutionner le monde immobilier à un business plan concret pour créer Hosman. L’immobilier est un univers à la fois challenging et sensé car on rend service aux personnes qui cherchent à acheter. Le besoin de se loger est un besoin fondamental.

 

De nombreux lecteurs de notre blog sont de jeunes actifs qui se posent la question de l’investissement immobilier, une étape importante dans une vie. Un conseil d’expert pour eux ?

 

L’investissement immobilier c’est juste une question de timing. Mon conseil serait d’investir le plus tôt possible. C’est d’autant plus intéressant que les taux sont très bas en ce moment donc les investisseurs peuvent bénéficier d’un effet de levier important.

Pour investir il faut :

  • Le faire le plus rapidement possible
  • Avoir du bon sens
  • S’endetter significativement pour avoir un effet de levier
  • Optimiser son rendement à la vente

Qu’est-ce qui vous manque le plus/le moins dans votre carrière en Transaction Services ?

 

Ce qui me manque le plus c’est l’esprit de corps et la bonne ambiance du cabinet de conseil en TS. Au contraire, ce qui me manque le moins c’est le peu de prise de responsabilité. Personnellement, je trouve que la reconnaissance sociale et les salaires émanant des métiers de la finance sont bien trop importants comparé à la réelle création de valeur de ces métiers.

 

LA4Lire aussi : Le Private Equity raconté par un Directeur d’Investissement

 

Avez-vous des conseils pour nos lecteurs souhaitant s’orienter vers une carrière en Transaction Services/Private Equity ?

 

Quel que soit le métier de la finance que l’on souhaite faire, l’étape préalable est de se préparer à fond afin de décrocher des entretiens et les réussir. Mon vrai conseil c’est d’oser. Il faut arrêter de se dire que nos chemins sont déjà tracés car ce n’est pas le cas, tout est possible, il faut seulement oser.

 

Ariane Guillaume, étudiante à l’EDHEC Business School et Responsable Editorial du blog AlumnEye

 

Le Luxembourg, futur hub financier européen ?

Alors que les conditions pour le Brexit ne sont toujours pas fixées et que l’échéance est régulièrement reportée, de nombreux journalistes et professionnels du secteur financier tentent de prédire la grande capitale européenne qui tirera parti de la sortie de l’UE du Royaume-Uni. Les places financières de Paris et Francfort apparaissent fréquemment comme les premiers points de chute pour les institutions financières établies à Londres. Néanmoins, selon Nicolas Mackel – CEO de l’agence de développement de la place financière Luxembourg for Finance – le Luxembourg pourrait bien ressortir comme l’un des principaux gagnants du Brexit. Le pays présente les avantages d’une « stabilité économique, politique et sociale », « du caractère international de la place » et du support « des autorités à l’égard des acteurs financiers ». En tout cas, le Grand-Duché ne manque pas d’atouts et avance de réelles opportunités de carrière dans la finance. 

 

Luxembourg, centre névralgique européen pour la gestion privée

 

Depuis plusieurs décennies, le Luxembourg offre des services d’expertise en matière de banque privée et de gestion de patrimoine. Du fait de sa situation géographique privilégiée, le Grand-Duché bénéficie d’avantages concurrentiels majeurs qui en font une plateforme européenne et transfrontalière de référence dans le secteur de la gestion privée. La place luxembourgeoise agit comme guichet unique pour la gestion de patrimoine, en concentrant un ensemble de savoir-faire et produits nécessaires pour servir une clientèle internationale. En particulier, le Luxembourg emploie de nombreux professionnels et spécialistes qui lui permettent de répondre à des problématiques patrimoniales complexes, souvent dans un contexte de multiples juridictions. L’offre se concentre notamment sur :

  • Le conseil en investissement financier
  • La gestion d’actifs
  • La stratégie patrimoniale
  • La gestion immobilière
  • Les successions et transmissions
  • Le family office
  • La philanthropie

À titre illustratif, depuis 2008, le secteur de la banque privée au Luxembourg a affiché 35% de croissance. En 2019, il comptabilise 360 milliards d’euros d’actifs sous gestion et 42% des actifs des clients conseillés proviennent de pays non européens.

Les clients cherchent avant tout au Luxembourg selon Jeanne Duvoux – Directrice de Société Générale Private Banking Luxembourg – « une stabilité et des moyens de diversification ».  Cette clientèle comprend notamment des entrepreneurs qui se sont structurés à l’international avec des filiales dans différents pays et qui sont à la recherche d’un point d’ancrage au Luxembourg. Il s’agit également de grands patrimoines qui cherchent une diversification au risque pays en particulier pour des raisons géopolitiques, et qui vont donc trouver au Luxembourg des moyens de sécuriser leurs actifs. Ces familles fortunées sont très bien organisées, de manière presque professionnelle, et se structurent souvent sous la forme de family office. Elles souhaitent ainsi trouver au Luxembourg des services à forte valeur ajoutée pour aider leur family office à structurer leur capital. Les banques privées présentes au Grand-Duché s’adressent donc également aux intermédiaires financiers et juridiques – fiduciaires et family offices en particulier – dans le cadre d’une relation BtoB afin de proposer des solutions patrimoniales complètes.

 

Si le Luxembourg attire autant les grandes fortunes internationales, c’est parce qu’il profite d’une grande stabilité économique et politique. Le gouvernement plutôt « pro-business » et réactif favorise une transposition rapide des directives européennes. Il assure une orientation positive des règlementations en faveur des activités financières. Le Luxembourg offre aussi une expertise de très grande qualité, la fameuse « boite à outils » luxembourgeoise qui fournit les instruments appropriés en termes de structuration du patrimoine.  Chaque client peut ainsi trouver une solution adaptée à son cas, en fonction de son pays de résidence et de son organisation patrimoniale.  Par conséquent, le pays jouit d’une concentration d’expertises (spécialistes en investissements, intermédiaires financiers, fiduciaires, avocats, experts-comptables) et d’une grande ouverture du fait de sa taille, qui permet de conseiller les clients sur des sujets multi-juridictionnels, avec des compétences fiscales et une capacité à traiter les clients selon leur langue d’origine et les spécificités de leur pays de résidence.  Le Luxembourg est donc un hub idéal pour une banque privée qui souhaite se développer sur une clientèle internationale, en fonctionnant comme une plateforme qui utilise l’ensemble de l’écosystème luxembourgeois. Ainsi, beaucoup de banques se structurent à partir du Luxembourg autour d’organisations plus légères comme des bureaux de représentation ou des succursales qui permettent d’avoir des points de contact avec les clients, de comprendre les spécificités du pays tout en utilisant les capacités de la banque au Luxembourg. Par exemple, Société Générale Private Banking Luxembourg a ouvert un bureau de représentation à Milan en 2017 et à Francfort cette année car l’Allemagne se dessine comme le marché le plus important pour la gestion de fortune en Union Européenne. Enfin, la présence d’équipes internationales fortement qualifiées, le déploiement de solutions technologiques avancées et le large portefeuille d’expertises disponibles au Luxembourg en font clairement le leader européen de la gestion de fortune.

 

LA4Lire aussi : Qu’est ce que la Banque Privée (Private Banking) ? Interview AlumnEye

 

Le Luxembourg, berceau des fonds d’investissement, des fonds alternatifs et des fintechs

 

En outre, le Luxembourg permet aux investisseurs privés et institutionnels d’ouvrir leurs investissements à d’autres classes d’actifs comme l’immobilier, l’art, la philanthropie mais également le private equity et les fonds d’investissement internationaux.

Pionnier dans la mise en place des règlementations européennes applicables aux fonds, le Luxembourg joue un rôle fondamental dans l’administration des fonds. La place luxembourgeoise favorise particulièrement l’ouverture des fonds à l’international et donne accès à ces investissements aussi bien aux clients privés fortunés qu’aux institutionnels européens. Les fonds qui sont domiciliés au Luxembourg sont répartis sur de nombreuses zones géographiques, en particulier l’Europe, l’Asie et l’Amérique Latine. Les plus grandes sociétés de gestion d’actifs (par exemple M&G Investments, Janus Henderson) opèrent pour leurs fonds internationaux depuis Luxembourg. Le Grand-Duché offre un éventail large de compétences dans ce domaine et dispose notamment d’une « boite à outils » propre à l’administration des fonds. Parmi ces outils, on trouve par exemple :

– Les OPCVM (organismes de placement collectif en valeurs mobilières) – fonds réglementés qui s’adressent aussi bien aux clients particuliers qu’aux investisseurs

– Les FIS (fonds d’investissement spécialisés) – créés en 2007 par le Luxembourg, ce sont des fonds réservés aux institutionnels et aux investisseurs avertis, ils ont pour atout leur grande souplesse tant du point de vue de la formation que de l’utilisation des véhicules d’investissement

– La SICAR (société d’investissement en capital-risque) – fonds spécialisés dans le private equity

– Les OPC (organismes de placement collectif) – fonds réglementés qui investissent pour le compte d’un grand nombre d’épargnants

– Le FIAR (fonds d’investissement alternatif réservé) – nouveau fonds voté en 2016 au Luxembourg qui présente des caractéristiques proches du FIS (fonds d’investissement spécialisé) mais bénéficie également d’une grande flexibilité car moins règlementé et d’une grande rapidité de lancement.

Ainsi, d’après la CSSF (Commission de Surveillance du Secteur Financier), les actifs sous gestion dans les fonds d’investissement au Luxembourg s’élevaient à 4300 milliards d’euros. Le Luxembourg s’illustre particulièrement dans les organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPVCM). Fin juin 2018, le Luxembourg détenait environ 36% de parts de marché dans les OPCVM européens, totalisant 3,5 milliards d’euros d’actifs sous gestion. Les fonds des OPCVM luxembourgeois jouissent de leur orientation très internationale et du haut niveau de protection qu’ils offrent aux investisseurs. Cette caractéristique émane notamment de décisions politiques favorisant le business puisque le Luxembourg fut le premier pays en 1988 à intégrer les directives relatives aux OPCVM dans le cadre de son droit national.

Le Grand-Duché occupe également une place de choix pour les sociétés de gestion de fonds alternatifs, qu’il s’agisse du capital-investissement, du capital-risque, des fonds spéculatifs ou des fonds immobiliers. La présence d’institutions renommées comme 3i, Blackstone, et The Caryle Group confirme la domination croissante du Luxembourg dans l’administration de fonds alternatifs. L’écosystème financier du pays a permis l’émergence de structures qui facilitent les acquisitions de capital-investissement et d’actifs immobiliers. Les fonds alternatifs font preuve également d’une grande adaptabilité dans un contexte transfrontalier avec des juridictions différentes. Le degré élevé de réglementation garantit un environnement de gestion sain pour les fonds alternatifs. L’entrée en vigueur en 2013 de la directive relative aux gestionnaires de fonds d’investissement alternatifs (Alternative Investment Managers Directive) renforce particulièrement le rôle du Luxembourg en tant que plateforme globale de gestion alternative et confirme la qualité des règlementations pour ces types d’investissement.

Enfin, en ce qui concerne les fintechs, le Luxembourg représente une véritable passerelle pour les sociétés étrangères désireuses de se développer sur les marchés européens. Le Luxembourg abrite notamment les sièges de grandes entreprises de paiement électronique et d’e-commerce telles qu’Amazon, Rakuten et Paypal. Une plateforme nationale dédiée aux fintechs, la LHoFT (Luxembourg House of Financial Technology) a pour objectif d’animer le secteur des fintechs en stimulant l’innovation par le biais des projets de coopération, en favorisant l’intégration des sociétés internationales en collaboration avec les régulateurs et en participant au développement des différentes sources de financement.

 

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Perspectives offertes par le Brexit pour la Place Luxembourgeoise ?

 

Quelles que soient les issues négociées pour le Brexit, les institutions financières doivent se préparer à relocaliser certaines de leurs activités afin d’anticiper la perte de leurs droits relatifs au passeport financier européen. Le Luxembourg a annoncé l’arrivée de 52 institutions financières qui ont décidé d’y placer stratégiquement certaines de leurs activités. Parmi ces établissements, on compte 25 gestionnaires d’actifs (dont Jupiter Asset Management par exemple), 13 sociétés d’assurance (AIG, Hiscox), 8 banques (renforcement de JP Morgan Chase) et 6 entreprises de services de paiement (Alipay, Revolut). Ces arrivées ne bouleversent pas fondamentalement le secteur financier au Luxembourg mais elles confirment bien entendu qu’il est l’une des places fortes en Europe pour la finance. En particulier pour certaines activités dont la gestion de fortune, l’administration de fonds d’investissement, les assurances et les services de paiement.

L’importance de ces relocalisations donne de nouvelles perspectives à la place financière luxembourgeoise non pas tant par le nombre de firmes qui prévoient de s’y installer que par les potentiels développements que ces entreprises vont exporter au Luxembourg dans leurs différents domaines de prédilection. Ces changements stratégiques ne feront que renforcer l’écosystème financier de la Place. Dans le secteur des fonds par exemple, un certain nombre d’entreprises n’ont pas seulement renforcé leurs activités existantes, elles y ont également développé de nouveaux services en particulier des services de conseils en investissement financier en lien avec les entrées en vigueur des réglementations MIFID2. L’importance prise par le Luxembourg est également soulignée dans le domaine du capital-investissement et du capital-risque.

Certaines sociétés de private equity (comme le géant suédois EQT) ne considèrent plus seulement le Luxembourg pour des fonctions administratives mais également pour la prise de décisions. Elles ont en effet déplacé ces fonctions stratégiques de Londres vers Luxembourg. C’est notamment l’un des messages que souhaite faire passer Rajaa Mekouar-Schneider – Présidente de Luxembourg Private Equity & Venture Capital Association – car selon elle, « le Luxembourg est désormais un hub pour le private equity à l’échelle européenne. Les acteurs du secteur n’y viennent plus seulement pour des structures d’administration, on y trouve aussi de plus en plus d’équipes qui prennent les décisions d’investissement et affichent une vraie substance ».

Ainsi, en tant que solution alternative post-Brexit, le Luxembourg pourrait bien se positionner pour devenir l’un des grands acteurs de la finance européenne. Cette potentielle montée en puissance de la place luxembourgeoise sera source d’opportunités pour des carrières en finance.

 

LA4Lire aussi : Où vont les banques après le Brexit ?

 

Luxembourg : quelles opportunités de carrière en finance ?

 

La croissance exponentielle du private equity au Luxembourg et l’accélération des levées de fonds avant le Brexit ont considérablement dopé les perspectives de recrutement, et en particulier dans ce domaine. Les mouvements et les relocalisations de firmes londoniennes vers le Luxembourg contribueront au développement des activités financières de prédilection du Luxembourg et seront créatrices de perspectives d’emploi. Dans le contexte du Brexit, les fonds d’investissement et les asset managers entrent en concurrence pour attirer les talents. Entre janvier et octobre 2018, les offres d’embauches dans le private equity au Luxembourg, qui emploie déjà 6 000 professionnels environ, ont atteint un sommet à 900 demandes. Avant, il s’agissait principalement d’emplois dans le back-office. À présent, des opportunités existent aussi dans la compliance, le risque et de plus en plus dans les métiers liés à l’investissement.

Il est vrai que le Luxembourg offre de nombreux avantages pour une carrière en finance. Parmi les points forts de la place luxembourgeoise, on peut citer en premier lieu la stabilité économique, politique et sociale. Dans le cadre du renforcement des règlementations européennes, le Luxembourg confirme son leadership dans certains secteurs financiers, en particulier la gestion de fortune, la gestion d’actifs et les fonds d’investissements et alternatifs mais aussi la compliance et le risk management.  Le pays démontre aussi un environnement de travail international, idéal pour développer sa carrière en finance. La présence d’équipes multiculturelles en fait un pays multilingue avec l’anglais comme langue dominante. Finalement, le Grand-Duché offre, dans une région transfrontalière, un cadre de vie plutôt agréable avec des salaires élevés, même si le charme de Paris ou la grandeur de Londres pourrait manquer à certaines personnes.

 

 

Yael Jacob, contributeur du blog Alumneye


Tout savoir sur les ETFs grâce à Alexandre Roubaud, responsable du marché secondaire et optionnel des ETFs iShares chez Blackrock

Avec près de 10 ans d’expérience sur le marché des ETFs (Exchange Traded Funds) dans des institutions de renommée internationale telles que BNP Paribas, Crédit Suisse et BlackRock, Alexandre Roubaud a développé une expertise complète sur ce produit. Actuellement en poste chez Blackrock, leader du marché mondial des ETFs, il nous dévoile dans cette interview son parcours, les subtilités de ces produits – définition, construction, intérêt – ainsi que les perspectives d’emploi dans ce secteur.

 

Bonjour Alexandre, merci d’avoir accepté de répondre à̀ nos questions.

 

Peux-tu nous décrire ton parcours ?

 

Après avoir été diplômé du bachelor de l’EDHEC, et un premier stage en salle des marchés chez CACIB (Crédit Agricole CIB), j’ai voulu continuer mes études en validant le Msc Financial Markets & Investment à SKEMA. A la fin de ce dernier, je suis entré en Graduate chez un Market Maker d’ETFs pour ensuite rejoindre l’équipe de structuration indicielle de BNP Paribas. Après un an à la BNP, j’ai eu l’opportunité d’intégrer l’équipe ETF Global Markets de Crédit Suisse. L’émetteur ETF de Crédit Suisse s’étant fait racheter par BlackRock en 2013, j’ai intégré l’équipe Global Markets EMEA de BlackRock dans laquelle je suis actuellement responsable du marché secondaire et optionnel.

 

Qu’est-ce qu’un ETF ?

 

Pour expliquer un ETF simplement, partons d’un indice que tout le monde connaît : le CAC 40. Celui-ci est composé de 40 actions. Si une personne souhaite investir dans le CAC 40, elle peut soit acheter les 40 actions de cet indice selon une certaine pondération prédéfinie par la méthodologie de l’indice, soit acheter une part d’un ETF qui va répliquer exactement la performance du CAC 40. Ainsi, un ETF est un moyen facile d’accéder à la performance d’un indice sans avoir à gérer un panier d’actions comme le ferait un gérant de portefeuille.

 

Comment se construit un ETF ? Blackrock utilise-t-il une méthode en particulier ?

 

Il y a deux méthodologies principales pour construire un ETF : physique ou synthétique. La méthode physique consiste simplement à répliquer un indice en achetant directement les sous-jacents. C’est la méthode la plus utilisée, notamment aux USA. La méthode synthétique quant à elle consiste à recevoir la performance d’un indice via un swap conclu avec une banque d’investissement.

Les institutions américaines comme Blackrock utilisent historiquement la méthode physique.

Les émetteurs français ont quant à eux historiquement plutôt tendance à utiliser la méthode synthétique, car l’émetteur d’ETFs est souvent une entité appartenant à̀ une banque d’investissement.

De manière générique, il n’y a pas de méthodologie à privilégier. Chacune a ses avantages et inconvénients et c’est vraiment du cas par cas en fonction du type de sous-jacent, de la domiciliation de l’ETF etc…

LA4Lire aussi : Le métier de Sales : tips et décryptage, une interview AlumnEye

 

A qui s’adresse ce type de produit ? Quelle est la tendance des ventes en Europe ?

 

Du fait de la diversité des produits proposés, les ETFs s’adressent à tout le monde. Vous trouverez du thématique, facteurs, crédits, matières premières, fx hedge, duration hedge etc… bref tout pour construire et optimiser un portefeuille. Notre clientèle est donc très diversifiée, Asset Managers, Assurances, Fonds structurés, banques centrales etc… c’est en partie ce qui rend notre business si intéressant.

Maintenant la grosse différence avec les US, c’est le marché retail. On peut y voir là-bas ~50% de l’activité venant de ce segment. En Europe la pénétration est pour le moment négligeable. Comment expliquer une telle différence ? Avant toute chose la culture financière y est bien mieux implémentée aux USA. Mais aussi les banques de réseaux en Europe auront tendance à limiter l’accès aux ETFs à leurs clients et privilégieront avant toute chose leurs fonds mutuels. Essayez donc d’acheter des ETFs via une assurance vie…très peu de contrats offrent cette possibilité…mais les choses évoluent dans le bon sens.

 

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Travailler avec des ETFs requiert une certaine technicité. Selon toi, quelles sont les qualités recherchées à l’embauche d’un candidat ?

 

Concernant les juniors, il est toujours appréciable qu’ils aient une expertise en codage. A mon époque c’était VBA, maintenant la tendance se tourne plutôt vers Python ou SQL.

Étant dans une institution américaine, on ne s’intéresse pas réellement aux connaissances techniques en premier lieu. D’ailleurs, il est fréquent que les Graduates chez BlackRocks soient issus d’un master en philosophie ou en histoire de l’art par exemple. On recherche avant tout la flexibilité i.e. que le candidat n’ait pas une approche trop académique des sujets afin qu’il soit capable de se remettre en question.

On attend également que le candidat ait un esprit créatif et soit capable d’être innovant dans son approche. C’est d’ailleurs une question que l’on pose souvent à nos juniors : quel genre d’ETF tu créerais ? L’objectif est que le candidat soit capable de développer une idée novatrice.

 

En quoi consiste ton poste au quotidien ?

 

Je travaille au sein de l’équipe « Global Markets » qui est en charge des interactions entre l’émetteur et le marché. Son but premier de l’équipe est d’assurer la liquidité des ETFs. Chez Blackrock l’équipe est scindée en 2 divisions : le marché primaire, qui assure le bon fonctionnement du processus de création et rédemption des ETFs et le marché secondaire. Je suis en charge de cette seconde équipe dont l’objectif est de stimuler la croissance et l’efficience de l’activité de trading sur nos produits.

Cela se fait par plusieurs axes :

1) Gérer et développer un réseau de market makers et brokers faisant des prix sur nos produits,

2) Travailler avec les bourses et régulateurs pour améliorer l’écosystème européen,

3) Travailler sur des projets annexes ayant un impact direct sur la liquidité de nos produits comme le business optionnel ou de prêt emprunt,

4) Accompagner nos clients lors de leurs exécutions,

5) Un aspect de plus en plus important dans notre industrie, travailler en continue avec nos équipes « tech » pour créer ou améliorer divers outils informatiques nous fournissant un avantage compétitif.

Donc du fait de la diversité des tâches, je n’ai pas vraiment de day to day.

 

Comment s’est porté le marché des ETFs en 2018 ? Quelles seront les prochaines innovations selon toi ? 

 

Ce qu’il faut revenir de 2018 pour le marché ETF, c’est l’implémentation de MiFID II, une directive concernant les marchés d’instruments financiers ayant eu un impact multiple sur notre business.

Le marché des ETFs en Europe est structurellement problématique car il est fragmenté entre plusieurs marchés organisés (chaque pays européen ayant sa bourse), et une grande partie de l’activité se fait OTC (~70%). Donc il était historiquement très difficile d’avoir une visibilité sur l’ensemble des exécutions.

Avec MIFID II, chaque exécution doit être maintenant reportée et rendue public. C’est ce que l’on nomme la Post Trade Transparency. Cela fut déterminant car maintenant le marché peut avoir une vision précise de ce qui se traite réellement sur les ETFs, et cela apaise certaines inquiétudes que pouvaient avoir des clients finaux sur la liquidité des produits – dans certains cas, nous avons observé des volumes moyens sur certains ETFs être multipliés par 20. Cela accélère l’adoption de l’utilisation des ETFs notamment par les clients qui n’étaient pas convaincus initialement de la liquidité de ces produits.

En ce qui concerne les innovations, on observe actuellement un « boom » de la demande sur l’investissement socialement responsable ou encore de l’investissement sur des thématiques particulières. Aujourd’hui, les ETFs peuvent donner un accès très aisé à des thématiques comme la robotique.

 

Peux-tu nous expliquer les différences entre une gestion active et une gestion indicielle d’un ETF ? L’une est-elle préférable à l’autre ? 

La gestion indicielle consiste à suivre la performance d’un indice, le rôle du gérant de l’ETF est de minimiser l’erreur de réplication. Au contraire, la gestion active consiste à offrir aux investisseurs une vision de marché dans le but de surperformer un indice. Les deux sont en théorie opposés, mais finalement elles sont assez complémentaires dans la construction d’un portefeuille.

 

Avez-vous déjà encadré des stagiaires ou des juniors ? Si oui, quelles étaient leurs missions ?  

 

Oui dans les deux cas. Concernant les Summer Interns, nous donnons habituellement un projet à court terme (environ 1 mois) sur différentes thématiques : création d’un outil, veille de marché, etc. Le but du projet est de voir si le stagiaire sait gérer son temps, montrer une certaine indépendance etc…dans l’optique de l’embaucher pour le graduate program de l’année suivante.

Concernant les juniors, en plus du day to day, il est important de leur donner le contrôle de projets plus stratégiques qui vont développer chez eux sur le moyen terme de nouvelles compétences qu’ils pourront réutiliser pour occuper un poste de plus grande ampleur.

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En quoi le milieu des ETFs a-t-il évolué depuis ses débuts ?

 

Lors de ma première expérience du côté trading, le pricing était pour la plupart des boites encore très manuel et pouvait se faire encore sur un fichier excel. Maintenant la plupart des process ont été entièrement automatisés. Même les demandes OTC, qui historiquement étaient faites au téléphone ou par chat Bloomberg, sont maintenant électroniques avec des algorithmes qui auto-quotent. Tout est de plus en plus automatisé et l’humain a de moins en moins sa place. Mais cela n’est pas spécifique aux ETFs…

 

Quelles sont les perspectives d’emploi dans ce secteur ?

 

En raison de l’évolution du marché décrite à l’instant, le métier de « Sales Trader » est voué à̀ disparaître, un peu comme ce qui s’est passé en Cash Equity. Mais les « Sales Specialists » ont eux un bel avenir. En effet, les ETFs ne se contentent plus de suivre un indice « basique ». Nous voyons de plus en plus d’innovations dans le secteur avec l’arrivée des thématiques, smart beta etc… et les émetteurs vont de plus en plus chercher des Sales avec une expertise produit précise. Concernant le trading, les profils d’ingénieurs vont continuer d’attirer pour leur qualité d’expertise sur la technologie. Enfin, je pense qu’il y aura une forte demande sur les métiers liés à la régulation qui devient de plus en plus un point central de notre métier.

 

Nicolas Sombret, étudiant à l’ESSEC et contributeur du blog AlumnEye

 


Front Office et Asset Management ? Les conseils de Tamila Chaouche, ex-JP Morgan

A travers chacune de ses expériences professionnelles, Tamila Chaouche a cherché la relation directe avec les clients. Savoir démarcher des clients, comprendre leurs besoins et créer un lien avec eux sont des compétences nécessaires en Front Office, que ce soit en banque d’investissement ou dans une boutique d’Asset Management. Quelles sont les qualités requises pour réussir ? Quelle structure choisir ? Quels stages faut-il décrocher pour y parvenir ? Dans cette interview, Tamila Chaouche vous livre les réponses à ces questions en revenant sur les différents postes qu’elle a occupés en France et à l’international.

Bonjour Tamila, merci d’avoir accepté de répondre à nos questions.

Peux-tu nous décrire ton parcours ?

Après avoir été diplômée de Kedge Business School, j’ai commencé ma carrière à Londres en Sales & Trading en 2011 au sein de HSBC Investment Bank, spécialisée sur les Exchange Traded Funds. Ensuite, j’ai déménagé à Washington D.C. où j’ai travaillé en tant que portfolio manager assistant dans une boutique de gestion. De retour en Europe, j’ai rejoint une équipe de sales/traders cross-assets chez BNP Paribas. Les mandats comprenaient les opérations de Change, d’Equities, de Fixed Income et Commodities. C’est à cette période-là que j’ai reçu une proposition de JP Morgan, chez qui je suis restée trois années. En 2017, j’ai décidé de retourner dans le monde du family office et de l’asset management.

Quel était ton job au quotidien chez JPMorgan ?

J’étais au sein des équipes Alternative Investments à savoir hedge funds et Private Equity. Une partie de mon travail consistait à faire part des particularités techniques de chacun de ces fonds aux investisseurs afin de déterminer les fonds les mieux adaptés aux clients compte tenu de leur profil, de leur domiciliation ou de leur calendrier d’investissement.

On dit souvent que pour intégrer une banque comme JPMorgan, il faut venir de ce qu’on appelle une « target school ». Venant de Kedge, peux-tu nous expliquer ce qui selon toi a fait ta réussite ?

L’école est un facteur non négligeable, mais elle n’est qu’une pièce de la mosaïque. Lorsque de beaux groupes comme JP Morgan se penchent sur un CV, ils voient le parcours académique, mais leurs regards englobent aussi ce que le candidat a réussi à construire autour. Quelle que soit la notoriété de l’école, il ne faut pas se contenter d’assister aux cours et d’aller aux soirées. Il faut, et ce le plus tôt possible, trouver un moyen d’établir des bases professionnelles solides, celles qui feront en sorte que l’étudiant arrive sur le marché du travail… en ayant déjà travaillé.  La démocratisation de l’année de césure, le tissu associatif des écoles, les Juniors Entreprises sont autant d’outils qui sont aujourd’hui mis à la disposition des étudiants.

 

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Tu vis depuis 5 ans à Genève, qui a une image de ville parfaite pour une carrière en finance, mais où il ne se passe pas grand-chose en dehors. Qu’en penses-tu ?

Viens passer une semaine avec nous et je te mets au défi de poser cette même question en partant !

Tu es passée de JPMorgan à une boutique d’Asset Management/Family Office, quelles ont été les raisons de ce choix ?

En 2012, aux États-Unis, j’ai rejoint Liberty Wealth Management, une boutique d’Asset Management fondée par un ancien de TDAmeritrade et un ancien de Morgan Stanley. Nous étions quatre et nous travaillions dans une même pièce – pour ne pas dire sur un même bureau ! Présentations, élaboration de portefeuille, backtesting, rencontres clients, passages des ordres… Là où les grandes structures ont des équipes dédiées à chacune de ces étapes, nous travaillions tous sur chacune d’entre elles.

Nous sommes tous dans le même bateau, barreurs et rameurs à la fois, où la communication et la réactivité sont les mots d’ordre.  C’est cet esprit d’équipe qui m’a énormément plu et qui est souvent mis en exergue dans les « boutiques ». L’idée de rejoindre une entité en plein développement a également pesé dans la balance.

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En quoi consiste le poste de Relationship Manager ou de Sales au sein d’une boutique? 

Je souhaiterais commencer par expliquer la différence entre un Sales et un Relationship Manager et à préciser que les dénominations varient au sein de la même industrie. Le terme de Sales s’emploie généralement en banque d’investissement pour désigner une personne dont le métier est de vendre des produits spécifiques aux clients. En banque privée, on aura tendance à utiliser la dénomination Relationship Manager car le Relationship Manager ne se contente pas de proposer des solutions d’investissement mais il doit avant tout construire une relation de confiance avec les clients.

En tant que responsable de la clientèle notamment institutionnelle, une partie de mes journées est rythmée par les rencontres avec les clients ou avec des clients potentiels. Nous discutons ensemble afin de bien comprendre leurs besoins, leur stratégie d’allocation sur les marchés, leurs objectifs de rendement et les risques auxquels ils s’exposent. Mon rôle est d’assimiler les facteurs endogènes et exogènes qui pourraient avoir un impact sur l’évolution des différents placements et proposer, lorsque cela est nécessaire, des outils pour pérenniser les rendements tout en maîtrisant le risque.

Nous commençons aussi nos journées par nous informer de l’actualité des marchés afin de déterminer leurs tendances. Il y a les incontournables clôtures des marchés US et asiatiques mais il faut également prendre connaissance des calendriers et des données économiques et politiques des pays (élections, ajustement des taux, etc.) qui pourraient avoir un impact sur nos positions ou nos propositions. En complément, d’autres banques et cabinets nous fournissent des analyses spécifiques. Absorber l’information puis la trier est une partie peu visible mais cruciale du métier.

 

En quoi est-ce différent de travailler pour une banque d’affaires ou un cabinet indépendant ?

On peut trouver plus de spontanéité au sein d’un cabinet indépendant. Les strates décisionnelles y sont moins nombreuses et apportent un avantage face à une hiérarchisation accrue des process en banque d’investissement. Il y a souvent moins de temps d’inertie dans les cabinets indépendants; c’est une des raisons pour lesquelles les relations clients et le travail au quotidien diffèrent d’une structure à l’autre.

As-tu une histoire drôle à nous raconter au sujet d’un client avec qui tu as traité ?

Pour être honnête, ce n’est pas lorsque l’on traite que l’on a les meilleurs fou-rires, mais je me souviens de ce client qui après avoir passé ses ordres avait toujours une chanson à entonner dans son intégralité ! Il était talentueux et avait un large répertoire, donc c’était agréable !

Selon toi, quelles sont les qualités requises pour devenir Sales ou Relation Manager ? à part le classique « bon relationnel ».

S’il y a des qualités requises pour réussir dans ce milieu, les principales qui me viennent à l’esprit seraient : la technicité, la lucidité et l’ouverture d’esprit. Il faut avoir de la technicité et de bonnes capacités analytiques pour comprendre les stratégies mises en place et savoir expliquer les solutions que l’on serait amené à proposer. Il est aussi primordial de faire preuve de lucidité notamment quant à l’évolution d’une discussion : cela permet d’éviter certaines impasses tout en maintenant un discours fluide et sensé.
Enfin, être d’un naturel curieux et avoir des centres d’intérêt variés peut s’avérer précieux. Au cours d’un déjeuner avec un client, nous avons bien entendu parlé des marchés mais il se peut que la discussion dérive sur une exposition d’art, sur un prochain voyage, ou sur le score du match de la veille : pouvoir rebondir sur des sujets variés permet d’établir un dialogue et le partage de passions respectives ne rendra le moment – et le métier – que plus plaisant.

Est-ce un avantage ou inconvénient d’être une femme sur un poste en Front Office ? Cet univers historiquement plutôt masculin est-il difficile à appréhender ?

Il l’était historiquement, et il l’est toujours. Même aujourd’hui il n’est pas rare de se retrouver en meeting avec dix personnes et d’être l’unique femme. Cependant, je ne me considère pas « femme dans une équipe d’hommes ». J’estime que ce qui définit un individu dans son travail ce sont ses responsabilités, son efficacité ou son esprit d’équipe. L’absence – ou non – du chromosome Y dans son caryotype, après tout, ce n’est pas vraiment mon problème. Ceci étant, je suis consciente que les gens peuvent percevoir encore les choses de manière différente. Dans ce cas, faire partie d‘une minorité peut être là une belle chance à saisir.

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Tu n’as jamais travaillé en France, est-ce le hasard ou une volonté de ta part ?

J’ai travaillé en France mais il est vrai que sur les 10 dernières années je n’y ai passé que très peu de temps. Même si ce n’était pas prémédité, je suis très heureuse d’évoluer hors de mes zones de confort. Si un jour je dois revenir en France, mes années passées à l’étranger joueront peut-être en ma faveur.

Selon toi, quels premiers stages peuvent permettre à un étudiant, par la suite, de postuler en Sales ou en Asset Management ?

Je pense que les stages en trading-floors IB (front office) sont vraiment formateurs. C’est un environnement qui ne laisse pas de place à l’erreur, et dans lequel on apprend énormément, tant au niveau technique que physique et mental.

Dans un autre registre, il y a les stages en boutiques d’Asset Management ou family-office. L’ambiance y est souvent plus feutrée mais le travail y est tout aussi intense. La hiérarchie étant aussi moins complexe, le centre névralgique de l’entreprise est bien plus accessible.

C’est un milieu méconnu des étudiants et jeunes professionnels et à une époque où l’humain est revenu au cœur des réflexions, ces sociétés offrent une expérience de très grande qualité : travailler au sein de structures plus flexibles est un moyen d’être jaugé au plus juste, au besoin corrigé, avant d’être responsabilisé. Nous avons eu dernièrement un stagiaire qui a appris énormément en l’espace de quelques mois et à qui nous avons fait une proposition de CDI.

De manière générale, je pense qu’il faut préconiser les environnements challenging, ceux qui permettent de se surpasser. Il est vrai qu’obtenir un stage hautement valorisé par le marché est une des clefs pour s’offrir un large panel de possibilités à l’heure du choix du premier travail !

 

 

Ariane Guillaume, étudiante à l’EDHEC Business School et Responsable Editorial du blog AlumnEye