Préparer le CFA : quand, où, comment ?

Le Chartered Financial Analyst (CFA) est un diplôme délivré par le CFA Institute qui permet de renforcer un profil orienté Finance. Cet examen difficile est bien considéré par les recruteurs tant dans les pays anglo-saxons qu’en Asie et en Europe, et comporte plusieurs niveaux (I, II et III). Beaucoup d’étudiants se tournent vers AlumnEye et se posent des questions concernant l’intérêt de ce diplôme pour leur carrière et les opportunités qu’il ouvre : « Le CFA est-il nécessaire pour décrocher un premier emploi ? Quelles sont mes chances de réussir ? Ne vaut-il pas mieux entrer d’abord dans la vie active avant de préparer cet examen ? Comment réviser le CFA et à partir de quel moment ? »

A votre service, AlumnEye répond à toutes vos questions.

 

Le CFA, pour qui ?

Pour avoir quelques chiffres en tête, 200 000 candidats du monde entier s’inscrivent chaque année à cet examen difficile. Il représente un atout à l’international car le CFA est reconnu par les recruteurs du monde entier, indépendamment de l’Ecole dont le candidat est issu. Le CFA est même fortement recommandé pour l’obtention de certains postes dans les pays anglo-saxons, même s’il n’est pas une condition sine qua non à l’embauche en France.

15% des candidats sont encore étudiants. En effet, il faut être titulaire d’un Bachelor pour se présenter et il n’est pas impossible de se lancer dès le Master, en parallèle des cours. De plus en plus d’écoles de renom et d’universités françaises comprennent l’intérêt de ce label : le CFA Institute a d’ailleurs créé un partenariat avec les 3 parisiennes (HEC, l’ESSEC et l’ESCP-Europe), ainsi qu’avec l’Insead, Paris-Dauphine, Panthéon-Sorbonne ou encore Neoma Business School à travers le CFA University Recognition Program.

Le niveau 1 du CFA comporte 240 questions de type QCM. Pour passer l’examen, il faut plus de 70% de bonnes réponses.

Une grande variété de matières sont abordées à l’examen : Méthodes de calcul quantitatives, (Quantitative Methods), Economie (Economics), Finance d’entreprise (Corporate Finance) et Gestion de portefeuille (Portfolio Management). L’examen teste aussi les connaissances du candidat sur les décisions liées à l’investissement avec des épreuves telles Investissements en actions (Equity Investments), Investissements à taux fixe (Fixed Income) et Produits dérivés (Derivatives), Investissements alternatifs (Alternative Investments). Attendez-vous à affronter également des matières plus déroutantes comme l’éthique et les standards professionnels (Ethical and Professional Standards), où une approche intuitive sera insuffisante pour réussir.

 LA4Lire aussi : Les tests standardisés (GMAT, CFA, TOEIC…). Lesquels passer et lesquels mettre sur son CV

La certification CFA : un label international pour une carrière en finance

Dans le secteur financier, il n’existe pas de label comparable en termes de reconnaissance internationale. Ce diplôme est un gage de valeur qui garantit des compétences et connaissances pratiques relatives aux décisions d’investissement. La certification CFA comporte 3 niveaux (ou « levels »).

De nombreux candidats voient long-terme dès leurs études et se demandent s’il est bon de se lancer en tant qu’étudiant. Les avis sont partagés, mais passer la certification CFA durant votre cursus comporte 3 principaux points positifs : 

  • Un avantage décisif sur les autres candidats: votre CV sera sensiblement au-dessus du lot lors d’une candidature de stage de fin d’études ou pour une première embauche, notamment si vous avez un niveau 2 ou 3. Le niveau 1 n’est que peu discriminant.
  • Une dimension internationale de fait, qui viendra appuyer votre diplôme de Master quelle que soit la cote de votre Ecole
  • Un emploi du temps bien plus flexible qu’une fois en CDI

 

Comment se préparer ?

  • Premier conseil, gérer son planning de révisions. Deux sessions annuelles accueillent les candidats du Level I du CFA : au mois de juin et au mois de décembre. Il ne faut pas sous-estimer la charge de travail qu’implique une telle préparation : entre 250 et 300 heures de travail recommandées ! Ainsi, si vous vous inscrivez en juin, mieux vaut voir large et commencer la préparation dès novembre ou décembre.
  • Ne pas prendre cet examen à la légère : seuls 43% des candidats ont réussi l’examen Level I de juin 2017. Rassemblez les supports pédagogiques pertinents, et profitez des périodes de cours les moins chargées pour réviser un maximum.
 LA4Lire aussi : Faut-il passer son CFA pendant ses études ? 

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Excel : le match VLOOKUP vs INDEX MATCH

Excel est un des sujets préférés de nos lecteurs. Et pour cause, c’est sans doute le logiciel avec lequel vous passez le plus clair de votre temps !

Nous avons donc décidé de vous donner quelques tips utiles qui réduiront vos longues soirées sur Excel, et vous feront passer pour un guru « technique » auprès de votre boss et vos collègues.

INDEX MATCH, le pourfendeur du VLOOKUP

Pour ceux qui ont un Excel en français, le VLOOKUP n’est autre que le fameux RECHERCHEV, très coté, très connu, très simple d’utilisation. Quant à l’INDEX MATCH, son petit nom francophone est INDEX EQUIV, plus timide, moins tapageur, mais bien plus efficace.

Pourquoi vouloir remplacer le VLOOKUP ? 

Il y a 3 principales raisons, qui méritent d’abandonner le VLOOKUP :

1. La contrainte de l’ordre des colonnes

VLOOKUP recherche une valeur dans la « colonne de référence » qui doit être située à gauche de colonne de la valeur retournée. Pour cette raison, il est parfois nécessaire de changer l’ordre des colonnes pour utiliser la fonction VLOOKUP, ce qui est toujours pénible.

2. La contrainte du comptage des colonnes

Lorsque vous cherchez à retourner une valeur située en colonne n°3, ça n’est pas un problème, mais si elle est en colonne n°554, il faut compter ! ça n’est certainement pas le plus gros blocage, mais on s’en passerait bien.

3. La contrainte sur le tri croissant des valeurs numérique

Si l’on utilise le VLOOKUP pour rechercher une valeur numérique, il est indispensable de trier la colonne de valeurs selon un ordre croissant. Encore une manipulation supplémentaire nécessaire pour utiliser cette fonction.

Pourquoi INDEX MATCH est une fonction bien supérieure que VLOOKUP

Pour comprendre la supériorité d’INDEX MATCH, il faut d’abord bien comprendre la fonction INDEX et la fonction MATCH et leur complémentarité.

Rien de tel pour ça qu’une vidéo avec une spreadsheet excel en exemple !

 

Si vous avez compris le principe, tant mieux ! Cette deuxième vidéo vous donnera un exemple plus complexe qui requiert INDEX MATCH


Franck Ceddaha, Professeur & Partner : HEC, Sciences Po, DegroofPetercam

AlumnEye délivre des formations en finance et conseil avec une spécificité particulière : mettre des professionnels au coeur des formations, pour délivrer le point de vue de praticiens, loin d’une approche académique purement théorique.

C’est pourquoi nous sommes allés à la rencontre de Franck Ceddaha, Managing Partner chez DegroofPetercam et Professeur affilé au Groupe HEC et enseignant à Sciences Po Paris. Tout au long de sa carrière, M. Ceddaha a combiné l’enseignement et la pratique de la banque d’affaires, pour arriver au sommet des deux arts : Partner, Professeur et Auteur. Interview.

De Sciences Po et HEC à DegroofPetercam en passant par Oddo, pourriez-vous présenter votre parcours ?

Plus de 25 ans de banque d’affaires en quelques mots : 12 ans de Paribas (devenu BNP Paribas) puis 3 ans de banque américaine Donaldson Lufkin Jenrette  (devenu Credit Suisse), puis 9 ans comme Associé Gérant chez Oddo (devenu Oddo BHF), j’ai rejoint Degroof en 2013 devenu DegroofPetercam en 2015. Les fusions acquisitions touchent aussi les banques d’affaires !

Votre parcours en tant que banquier d’affaires est impressionnant : quelle opération vous a le plus marqué, et pourquoi ?

La dernière opération annoncée est toujours la plus marquante : chaque deal est une aventure humaine et son annonce publique est toujours un moment particulier dans la vie d’un banquier d’affaires, sans parler du closing dinner ! On oublie progressivement les autres avec le temps même si elles restent prestigieuses ou importantes.

Quel souvenir gardez-vous de vos 9 ans passés chez Oddo ? Quelle différence majeure voyez-vous avec DegroofPetercam ?

Mon passage chez Oddo a été l’occasion d’approfondir ma connaissance du riche tissu de belles PME/ETI familiales et de les aider dans leur développement. Le choix de rejoindre la banque belge privée DegroofPetercam s’inscrit dans cette logique mais avec une dimension européenne plus affirmée et une culture très ancienne de banque privée au service des groupes familiaux.

Vous êtes aujourd’hui professeur de finance à HEC et Sciences Po, qu’est-ce qui vous a conduit à prendre le chemin de l’enseignement ?

Ma rencontre avec Pierre Vernimmen disparu trop tôt a été déterminante dans ma carrière professionnelle et dans ma vocation d’enseignant. J’essaie de faire partager à mes étudiants son charisme intellectuel et les grands concepts de finance d’entreprise qu’il m’a appris et que j’utilise au quotidien dans mon métier de banque d’affaires.

Sentez-vous une perte d’appétit des étudiants pour les métiers de la finance ?

Pour l’instant non, quand je vois le nombre d’étudiants qui suivent mes cours et au nombre de candidatures que nous recevons ! On est revenu à des niveaux pré-chute de Lehman Brothers ! En revanche, cette nouvelle génération plus féminine, plus exigeante mais aussi plus équilibrée dans la gestion de son temps de travail,  a soif d’être envoyée plus rapidement en clientèle et de mettre des deals sur son CV, ce qui est sain.

Quel conseil donnez-vous à vos étudiants qui souhaitent aujourd’hui s’orienter en finance ?

Etre exigeant sur la qualité des gens avec qui vous allez travailler ! Ne vous laissez pas griser par la marque et ouvrez les yeux sur le track-record de l’équipe et la personnalité des gens que vous allez côtoyer. Vous allez passer plus de temps avec eux qu’avec ceux que vous aimez et donc cela vaut le coup d’y réfléchir !

Quels sont selon vous les challenges du métier de la banque d’affaires pour la nouvelle génération de banquiers ?

La banque d’affaires devient pour certains une sorte de sous traitant ancillaire dédié à la gestion à distance d’un deal assorti de travaux d’évaluation sur tableur !  C’est à l’opposé de ma conception qui est celle d’un vrai rôle de banquier conseil (trusted advisor en franglais) qui donne un avis indépendant à son client sur un projet d’opération financière (acquisition, financement, cession , IPO…) ce qui n’est pas toujours facile au vu de la volatilité des marchés financiers ! Cela nécessite de solides compétences. Rien ne remplace l’expérience et la compréhension détaillée des enjeux de l’entreprise !

La 5e édition de votre livre Fusions-Acquisitions est parue en Juillet 2017, quel est l’objectif de cet ouvrage, et à qui s’adresse-t-il ?

Ce livre est un mélange de mes deux vies : ma vie de professeur et ma vie de banquier d’affaires. Les 21 chapitres de cette 5e édition décrivent dans un style vivant le déroulement des différentes étapes d’une opération de M&A d’un point de vue théorique et pratique, avec le souci constant de la clarté pédagogique et le recours à des exemples récents de transactions financières.

Avez-vous un ou plusieurs autres ouvrages à recommander ?

En Finance ou en général ? La dernière édition du manuel Finance d’Entreprise de P. Vernimmen auquel j’ai contribué pendant plusieurs années n’est jamais loin de mon bureau ! Tout comme la dernière édition du Valuation de Tim Koller (McKinsey)…  Pour le reste chaque étudiant devrait lire La promesse de l’aube de Romain Gary pour mesurer la richesse d’une vie !

Découvrez ces ouvrages ici : 

Merci infiniment pour cette interview !


Les banquiers d'affaires gagnent-ils trop d'argent ?

L’incompréhension de ces salaires

Il y a 6 mois, suite à une conversation Facebook animée, j’ai compris à quel point la rémunération des banquiers d’affaires était peu acceptée ou mal comprise par les personnes qui ne travaillent pas dans l’industrie.

Et pour cause, il n’est pas évident d’accepter que des « jeunes » de moins de 30 ans gagnent souvent entre 100K€ et 250K€ de salaire brut annuel (voire parfois beaucoup plus s’ils ont commencé à travailler à 21 ans comme au Royaume-Uni).

Pour cette raison, j’ai essayé de lister les raisons plus ou moins rationnelles qui expliquent sinon justifient ces salaires. Cette liste n’a pas vocation à être exhaustive.

Si vous êtes révoltés à la lecture de ces salaires, alors je vous invite fortement à finir la lecture de cet article !

Des salaires justifiés ?

Plusieurs éléments de réponses expliquent les salaires élevés de la banque d’affaires :

  • Le business model de la banque d’affaires explique en partie les rémunérations. Prenons l’exemple du métier de M&A, les opérations de fusions-acquisitions sont gérées par des équipes réduites qui conseillent parfois des transactions de plusieurs centaines de millions, voire milliards d’euros. Sur ces deals, la banque se rémunère en prélevant un pourcentage du montant total de la transaction, ce qui représente souvent plusieurs millions ou dizaines de millions à chaque opération. Les équipes de M&A sont donc rémunérées de manière proportionnelle à la valeur qu’elles ont générée pour la banque.
  • Le rythme de vie du banquier d’affaires est un calvaire, et plus spécifiquement celui des banquiers M&A. Nombreuses sont les journées de 17 heures d’affilées, 6 à 7 jours sur 7. Ce rythme de vie a souvent un impact physique sur les juniors qui enchaînent parfois plusieurs jours à 3 ou 4 heures de sommeil par nuit. Le secteur est assez « unique » de ce point de vue.
  • La concurrence pour les talents est très forte : le conseil en stratégie et les boîtes de tech comme Facebook, Google, Apple, proposent des salaires très compétitifs. Il est donc indispensable pour les banques d’affaires de garder en tête le benchmark de la concurrence pour rester dans le haut du panier.
  • La pression exercée sur les équipes en banque d’affaires est souvent supérieure à celle que ressentent les équipes dans d’autres industries. Ceci s’explique par 2 éléments : la gestion de plusieurs dossiers en même temps, et le niveau d’exigence extrêmement élevé : rigueur, précision, attention aux détails. 
  • La rétention des juniors est difficile. En effet, la proportion de juniors restant plus de 3 ans en banque est extrêmement faible, pour toutes les raisons citées ici. Il est crucial pour la banque de conserver une proportion importante des Analystes pour devenir Associate puis Vice President. Les salaires augmentent donc de manière drastique une fois les 2-3 premières années passées pour inciter les juniors à rester.
  • La disponibilité permanente est souvent évoquée comme le pire aspect du métier. Au delà du nombre d’heures hebdomadaire, le banquier d’affaires est souvent disponible 24/24, 7/7 même s’il n’est pas physiquement au bureau. Il est mobilisable. Les vacances, la vie de famille, les week-ends, les mariages, les naissances ne constituent jamais d’excuses suffisantes pour passer devant un dossier urgent. Conséquence : annulation de  dîners, de week-ends, absence à son propre anniversaire, retour anticipé de vacances annuelles. Impossible de programmer quoi que ce soit sans avoir l’angoisse de l’annulation au dernier moment. Résultat : ils n’organisent quasiment plus rien et ne sont que rarement conviés aux dîners et week-ends car leurs amis ont « compris ».

Alors, heureux ?

Il est ironique que le mot anglais pour désigner la rémunération soit « compensation ». Car c’est exactement de cela qu’il s’agit : la rémunération vient « compenser » cet enfer.

En effet, le résultat du lifestyle en banque d’affaires n’est pas glorieux. Dès les premières années : épuisement souvent, burnout parfois, dépression, cheveux blancs, couple vacillant, ou problèmes graves de santé (sans rentrer dans les détails).

Evidemment, il existe des exceptions à cette règle, des banques dans lesquelles certains juniors s’en sortent mieux que d’autres pour diverses raisons. Mais croire que c’est la règle dans l’industrie, c’est se mentir. De manière générale, c’est un rythme très difficile à tenir sur la durée.

Si ces rémunérations paraissent scandaleuses, on peut désormais en discuter : à quel prix seriez-vous prêt à mettre de côté votre vie sociale, vos vacances, votre santé, votre couple, et votre sommeil ?

Les conditions de travail n’expliquent pas tout

Certes, la pression est forte, la disponibilité permanente est usante, le niveau d’exigence est élevé, les responsabilités sont importantes. 

Mais cela n’explique pas tout, et on pourrait aisément avancer que le métier d’infirmier remplit chacune de ces caractéristiques

Il est donc indispensable de comprendre la dimension de « compétitivité » du marché de l’emploi dans lequel évoluent ces talents. Ces diplômés sont courtisés par tous les acteurs de la finance, de la tech, du marketing, et du conseil. Ils peuvent bénéficier dans ces autres métiers ou industries de salaires intéressants et d’un rythme de vie plus équilibré. Ils ont donc le choix et c’est cette compétition qui tire les salaires vers le haut.

Avec le temps, ça ira mieux

En faisant relire cet article à certains banquiers juniors, plusieurs m’ont fait la remarque suivante : « après quelques années, ça se calme, notamment à partir du grade de VP ». 

Ah, le fameux mythe du grade de VP. 

Il est certain que, de manière générale, le lifestyle s’améliore avec les années. Certes, après 6 ans de banque, la trentaine passée, un VP tente d’arrêter les all-nighters pour s’occuper de sa famille. Pour autant, il reste le garant de l’exécution d’un deal et n’échappe pas aux exigences client. De la même manière, certains Associate s’en sortent très bien : ils ont fait leur trou, gagné la confiance de leurs VP et MD, arrivent à push-back les demandes aberrantes et à protéger leurs week-ends.

Toutefois, cette réalité n’est pas la même dans toutes les banques et dans toutes les équipes. Si certains juniors voient leurs VP quitter le bureau à 19h-20h en semaine, d’autres voient leur VP pousser jusqu’à 23h-minuit très fréquemment, avec une présence le week-end.

En résumé, la meilleure manière pour un Analyste de savoir si le lifestyle s’améliore vraiment, c’est d’observer ses propres Associates, VP et MD. S’ils trainent encore dans les couloirs les samedi du mois d’août, mieux vaut ne pas compter sur cette fameuse « amélioration »


Classement Financial Times des Masters in Management 2017 : Les françaises à la peine

Lundi est sorti le classement tant attendu du Financial Times de 2017. Il s’agit du classement global des meilleurs masters in management.

Si St Gallen en Suisse est toujours en tête, cette année, un changement dans les critères à redistribué les cartes de la suite du classement, aux dépends des écoles françaises.

 

Une nouvelle méthodologie 

Cette année, le Financial Times a décidé de changer ses critères de classement des master in management. Deux nouveaux critères ont ainsi fait leur entrée dans le classement : l’évolution de carrière et l’évolution du salaire. Pour ce faire, le journal a contacté des alumnis diplômés depuis 3 ans pour pouvoir comparer leur travail et salaire avec celui qu’ils avaient à leur sortie d’école.

Coup dur pour les écoles françaises qui sous-performent sur ces critères, au contraire des écoles anglo-saxonnes. A l’inverse, des critères comme l’ouverture internationale qui faisaient la force d’écoles de commerce françaises ont perdu du poids dans la pondération finale faisant baisser au classement ces écoles.

 

L’ESCP sort du top 5

La grande majorité des grandes écoles françaises perd donc des places dans ce classement par rapport à celui de l’année dernière. L’ESSEC passe de la 3ème à la 5ème place alors que l’ESCP sort du top 5 pour tomber à la 6ème place, se faisant doubler par l’IE Business School et la London Business School. La Bocconi clot ce top 10.

LA4  Lire aussi : Les 10 critères de sélection pour un master en finance

Le top 10 du classement, source rankings.ft.com

Les anglo-saxonnes en forme

Si la nouvelle méthodologie n’est pas tendre avec les écoles françaises, c’est tout le contraire pour les écoles britanniques qui progressent presque toutes. Warwick réalise une grosse performance en gagnant 17 places pour atteindre la 21ème du classement. Tout comme l’Imperial College qui gagne 6 places pour atteindre les portes du top 10.

Du coté du reste des écoles françaises, si l’EDHEC se maintient à la 15ème place, les autres se retrouvent autour de la trentième place avec l’EMLyon à la 27ème, et autour de la 50ème place. L’Université Paris Dauphine quant à elle fait son entrée dans le classement à la 68ème place, marquant l’aboutissement de sa stratégie de mise en avant à l’international.

LA4  Lire aussi : Pourquoi faire un Master Spécialisé Finance à HEC, ESSEC, ESCP ?

Les françaises à la baisse alors que les anglaises montent, source rankings.ft.com


Se réorienter en Finance avec le Cnam

AlumnEye reçoit tous les jours des messages demandant comment faire pour se réorienter en finance en venant d’un cursus différent. Plusieurs solutions s’offrent aux candidats, en fonction de leur profil. Parmi celles-ci, il existe le Cnam. Cet établissement de renom, très connu pour la qualité de ses intervenants, propose à qui le souhaite des formations techniques, notamment en Finance. Pour nous en parler, nous avons eu le plaisir de rencontrer Alexis Collomb, actuel directeur du département Economie Finance Assurance Banque du Cnam, qui nous explique les spécificités de cet établissement de renom. Si l’idée d’une formation en Finance vous trotte dans la tête depuis quelques temps, cet article vous aidera certainement à prendre une décision. Bonne lecture !

 

Bonjour Alexis, pouvez-vous d’abord vous présenter ?

Bonjour, je suis titulaire de la chaire de finance du Cnam et responsable de son équipe Economie Finance Assurance Banque (EFAB). J’ai eu auparavant une double formation d’ingénieur et d’économiste financier, et j’ai travaillé dans différentes institutions financières avant de rejoindre le Cnam – essentiellement à l’international, en Californie, à New York et à Londres, avant de revenir à Paris. J’ai également eu une expérience dans un laboratoire d’intelligence articificielle au Japon. Ayant toujours été passionné par la technologie, aujourd’hui je me focalise sur la transformation numérique et co-dirige une initiative de recherche sur les crypto-monnaies et les blockchains.

Quelles sont les formations dispensées par le CNAM ?

Les formations dispensées par le Cnam sont multiples car c’est un établissement par essence pluri-disciplinaire mais leur grande spécificité est de se focaliser sur des adultes et de pouvoir être suivies par des hommes et des femmes qui ont un emploi dans la journée. Ainsi la plupart de nos cours sont donnés les soirs de semaine, en général à partir de 18h30, ou les samedis matins, afin de permettre à des salariés en poste de les suivre.

Au sein de l’équipe, nous avons des formations en finance, en économie, en banque, avec également une grosse composante en actuariat et en assurance avec l’Enass. Les niveaux couverts vont de la licence au doctorat, avec différents masters – niveaux M1 et M2 – et dans certains cas – plus rares bien sûr – des doctorats. Ainsi en finance, nous avons :

  • une licence « Analyse économique et financière » ;
  • un master M1 avec une spécialisation en finance d’entreprise ou en finance de marché ;
  • et un master M2 avec également deux parcours – finance d’entreprise et finance de marché –
  • et plusieurs options possibles (économétrie de la finance, économie des activités et produits bancaires, stratégie et expertise financière, évaluation de l’entreprise et analyse stratégique et boursière, gestion de patrimoine). Certaines de ces options se font en partenariat avec d’autres équipes du Cnam comme celle de statistiques par exemple pour le cours d’économétrie de la finance. Cela permet à nos étudiants de bénéficier d’une exposition à des intervenants très compétents et spécialisés dans le domaine traité.

A quel public cela s’adresse-t-il ? Dans quel objectif ?

Le public visé peut beaucoup varier mais en général il correspond à la mission historique et à l’ADN du Cnam : la formation continue tout au long de la vie. Nous visons donc des adultes qui ont un emploi, ou qui sont en transition et veulent se donner de meilleures chances pour en trouver un qui répondrait mieux à leurs attentes. Mais il ne faut pas nécessairement avoir dix ans d’expérience professionnelle pour s’inscrire au Cnam, loin s’en faut ! Nous avons par exemple beaucoup de jeunes avec deux ou trois ans d’expérience professionnelle qui viennent chez nous, à la recherche parfois d’un diplôme complémentaire – par exemple d’un M2 dans le domaine de la finance. Et nous avons également de jeunes étudiants en fin de formation initiale, et à la recherche d’une formation complémentaire, qui viennent s’inscrire chez nous.

Si je devais classer les motivations de nos auditeurs, je dirais qu’elles procèdent souvent de l’une des trois catégories suivantes : (i) avoir un meilleur diplôme pour favoriser son avancement de carrière, (ii) acquérir des compétences spécifiques pour réponde à une situation professionnelle donnée ou également parfois (iii) la simple curiosité intellectuelle. Dans le premier cas, nous avons affaire à des étudiants qui par exemple savent qu’ils ont besoin d’un M2 en finance pour avancer leur carrière, ou être pris au sérieux pour postuler – en interne ou en externe – à une nouvelle position. Ils suivront un cursus complet et pourront rester deux ou trois ans à suivre des cours chez nous. Dans le second cas, il s’agit d’adultes qui commencent par prendre une unité d’enseignement pour acquérir des compétences spécifiques. S’ils y prennent goût, ils auront tendance à revenir au fil des années, et parfois à se lancer dans un diplôme plus ambitieux comme un M2. Enfin, les simples « curieux » viennent chez nous souvent pour affûter leurs esprits : j’ai vu des auditeurs qui faisaient du marketing m’expliquer qu’ils venaient prendre un cours de macroéconomie financière car ils en avaient assez de ne rien comprendre à la presse économique et financière.

Mais si les motivations sont diverses, il y a une constante dans la plupart de nos cours : nous essayons toujours dans la mesure du possible d’avoir d’excellents professionnels pour intervenir dans nos formations, ainsi qu’une équipe d’enseignants-chercheurs permanents dédiés.  Je passe d’ailleurs régulièrement une bonne partie de mon temps à rechercher de nouveaux intervenants pour enrichir notre offre.

Quelles sont les différences entre les formations proposées par le CNAM et celles d’autres établissements ?

Comme je l’ai déjà dit, les formations proposées par le Cnam ont surtout vocation à être dispensées hors temps de travail, pour des adultes avec un emploi. Notre ADN est donc de se focaliser sur la formation tout au long de la vie. Par rapport à d’autres formations, notamment initiales, nous avons une proportion d’intervenants professionnels forte. Ce qui m’a toujours frappé, c’est de voir à quel point certains de ces intervenants professionnels sont attachés à enseigner au Cnam et prennent plaisir à le faire ; ils apprécient la diversité de nos auditeurs. Un autre facteur différenciant est à mon avis le rapport qualité/prix. Bien sûr, il y a de plus en plus d’enseignements de type executive program qui existent, mais à qualité comparable, les prix de nos formations restent très compétitifs. Nous bénéficions de la vocation historique et sociétale du Cnam qui est de se soucier de l’évolution des métiers et de la réinsertion professionnelle.

Quelles sont les exigences ou pré-requis afin de pouvoir suivre le programme ?

Cela dépend des programmes. Pour certains diplômes, comme les masters, il faudra déposer un dossier d’admission. Pour les unités d’enseignement à la carte, c’est beaucoup plus flexible. Certaines – les unités de master M2 – nécessitent cependant un agrément qui peut être obtenu auprès de l’enseignant responsable. En général, toute unité d’enseignement signalera ses prérequis. Nos assistants pédagogiques font aussi un excellent travail pour orienter les étudiants, et le cas échéant les mettre en contact avec les responsables des cours concernés.

Le CNAM est réputé pour la qualité de ses intervenants, pouvez-vous nous en dire plus sur eux, à travers quelques exemples ?

Nous avons des enseignants-chercheurs permanents bien sûr, qui ont pour la plupart suivi un cursus universitaire et qui sont dédiés. Pour eux, le développement des activités de recherche est souvent essentiel, et cela permet à nos programmes de rester à jour sur le plan théorique. Mais, comme je l’ai dit, nous avons également beaucoup de professeurs associés ou vacataires qui sont des professionnels réputés, et à tous les niveaux. Par exemple, pour le programme de finance, nous avons toutes sortes de métiers représentés : directeur financier, trésorier, économiste de salle de marché, directeur des risques, responsable de conformité, juriste, gérant de portefeuille, informaticien middle- ou back-office, et même trader.

Un autre point qui est vraiment important pour la pertinence de notre offre est notre adossement aux différentes associations professionnelles : l’Association française de gestion (AFG), la Société française des analystes financiers (SFAF), l’Association française des trésoriers d’entreprise (AFTE) ou la Fondation nationale pour la gestion des entreprises (FNEGE) pour n’en citer que quelques-unes, sans oublier les autorités de régulation comme l’AMF, l’ACPR ou même l’ESMA. D’avoir des membres de ces institutions qui viennent régulièrement intervenir dans nos programmes nous permet de garantir que notre offre reste à jour. Nous avons également des interventions ponctuelles de personnalités de l’industrie, dirigeants d’institutions financières ou du monde de l’assurance.

Last but not least, nous avons également différents partenariats avec d’autres établissements académiques ou de recherche. Par exemple nous avons un accord de cohabilitation avec l’Essec pour notre master de finance de marché, et nous travaillons régulièrement avec l’Institut Louis Bachelier pour la recherche, ou avec l’ESCP et Paris 1 Sorbonne dans le cadre du laboratoire d’excellence sur la régulation financière. Tous ces échanges sont essentiels. Le dernier en date est une collaboration avec l’Institut des Hautes Etudes pour l’Innvoation et l’Entrepreneuriat (IHEIE) de Mines ParisTech pour le secteur fintech/insurtech et la blockchain.

Quels sont les débouchés de vos étudiants suite à ces formations ?

Le plus souvent, il s’agit de promotions internes qui ont amené à ces étudiants à chercher des compléments de formation. Il peut également y avoir des reconversions assez spectaculaires, d’un secteur à un autre, mais c’est plus rare. Cela étant dit, pour ma part, je n’aime pas « vendre du rêve ». Je dis souvent qu’on construit une carrière dans la durée. Ce n’est pas juste en prenant un cours d’économie au Cnam que vous allez devenir économiste, ou un cours de gestion de portefeuille que vous allez forcément pouvoir trouver un emploi dans la gestion d’actifs. Mais cela aide bien sûr, et nous avons régulièrement quelques très belles réussites.

Je suis d’ailleurs convaincu que la formation continue va continuer à se développer. Dans le monde qui est le nôtre, avec toutes les transformations en cours – à commencer par la transformation numérique –, la formation tout au long de la vie me semble l’un des grands défis sociétaux. Apprendre et acquérir de nouvelles compétences est l’un des meilleurs moyens de progresser et de s’adapter. Nos étudiants sont en général tous très motivés. Ce n’est pas évident pour un adulte actif d’étudier le soir ou le week-end, après une journée de travail, pour préparer un examen ou obtenir un diplôme. Il faut vraiment le vouloir.

Une autre chose qui nous importe, c’est d’essayer d’anticiper les mutations de nos secteurs et de nos professions, et leurs transformations technologiques – les grandes tendances. Big data, blockchain, IoT, intelligence artificielle… Vous n’arrêtez pas d’en entendre parler dans la presse… Mais concrètement pour les métiers de nos secteurs, à cinq ou dix ans, cela veut dire quoi ? Il faut qu’on reste continûment aux aguets pour faire évoluer notre offre et la rendre plus attractive. Personnellement, j’ai un tropisme de plus en plus fort pour le numérique et la technologie, et nous sommes en train de réfléchir également à voir comment on pourrait orienter nos étudiants vers des entreprises innovantes, fintechs/insurtechs par exemple. Les grands groupes également sont bien sûr de plus en plus intéressés par des profils ayant davantage de compétences numériques.

En termes de tendance, il était également clair après la dernière crise financière que la réglementation devrait être renforcée, et que les métiers de conformité ou de contrôle des risques seraient revalorisés. C’est pour cela que nous offrons à nos étudiants de passer la certification AMF, ou que nous avons mis en place un certificat de spécialisation en « contrôle et gestion des risques dans le secteur banque/finance/assurance ».

Un dernier point qui peut aider nos étudiants en termes de débouchés, c’est bien sûr les réseaux des anciens élèves, des masters par exemple. A l’heure de LinkedIn, le bouche-à-oreille compte encore bien heureusement !

Concrètement, quand démarrent les programmes ? Jusqu’à quand peut-on s’inscrire ?

On peut s’inscrire jusqu’à fin septembre aux cours du premier semestre qui démarrent début octobre. Cela vaut également pour les dossiers d’inscription en masters qui doivent être déposés avant fin septembre, ou les demandes d’agrément aux cours à la carte. Toutes les informations sur nos parcours sont disponibles sur notre site. Le Cnam aura également un forum des inscriptions du 11 au 16 septembre 2017.

 

Alexis Collomb, Professeur du Cnam – Finance, Directeur du département Economie Finance Assurance Banque (EFAB), Expert Fintech/Insurtech IHEIE