Les banquiers d'affaires gagnent-ils trop d'argent ?

L’incompréhension de ces salaires

Il y a 6 mois, suite à une conversation Facebook animée, j’ai compris à quel point la rémunération des banquiers d’affaires était peu acceptée ou mal comprise par les personnes qui ne travaillent pas dans l’industrie.

Et pour cause, il n’est pas évident d’accepter que des « jeunes » de moins de 30 ans gagnent souvent entre 100K€ et 250K€ de salaire brut annuel (voire parfois beaucoup plus s’ils ont commencé à travailler à 21 ans comme au Royaume-Uni).

Pour cette raison, j’ai essayé de lister les raisons plus ou moins rationnelles qui expliquent sinon justifient ces salaires. Cette liste n’a pas vocation à être exhaustive.

Si vous êtes révoltés à la lecture de ces salaires, alors je vous invite fortement à finir la lecture de cet article !

Des salaires justifiés ?

Plusieurs éléments de réponses expliquent les salaires élevés de la banque d’affaires :

  • Le business model de la banque d’affaires explique en partie les rémunérations. Prenons l’exemple du métier de M&A, les opérations de fusions-acquisitions sont gérées par des équipes réduites qui conseillent parfois des transactions de plusieurs centaines de millions, voire milliards d’euros. Sur ces deals, la banque se rémunère en prélevant un pourcentage du montant total de la transaction, ce qui représente souvent plusieurs millions ou dizaines de millions à chaque opération. Les équipes de M&A sont donc rémunérées de manière proportionnelle à la valeur qu’elles ont générée pour la banque.
  • Le rythme de vie du banquier d’affaires est un calvaire, et plus spécifiquement celui des banquiers M&A. Nombreuses sont les journées de 17 heures d’affilées, 6 à 7 jours sur 7. Ce rythme de vie a souvent un impact physique sur les juniors qui enchaînent parfois plusieurs jours à 3 ou 4 heures de sommeil par nuit. Le secteur est assez « unique » de ce point de vue.
  • La concurrence pour les talents est très forte : le conseil en stratégie et les boîtes de tech comme Facebook, Google, Apple, proposent des salaires très compétitifs. Il est donc indispensable pour les banques d’affaires de garder en tête le benchmark de la concurrence pour rester dans le haut du panier.
  • La pression exercée sur les équipes en banque d’affaires est souvent supérieure à celle que ressentent les équipes dans d’autres industries. Ceci s’explique par 2 éléments : la gestion de plusieurs dossiers en même temps, et le niveau d’exigence extrêmement élevé : rigueur, précision, attention aux détails. 
  • La rétention des juniors est difficile. En effet, la proportion de juniors restant plus de 3 ans en banque est extrêmement faible, pour toutes les raisons citées ici. Il est crucial pour la banque de conserver une proportion importante des Analystes pour devenir Associate puis Vice President. Les salaires augmentent donc de manière drastique une fois les 2-3 premières années passées pour inciter les juniors à rester.
  • La disponibilité permanente est souvent évoquée comme le pire aspect du métier. Au delà du nombre d’heures hebdomadaire, le banquier d’affaires est souvent disponible 24/24, 7/7 même s’il n’est pas physiquement au bureau. Il est mobilisable. Les vacances, la vie de famille, les week-ends, les mariages, les naissances ne constituent jamais d’excuses suffisantes pour passer devant un dossier urgent. Conséquence : annulation de  dîners, de week-ends, absence à son propre anniversaire, retour anticipé de vacances annuelles. Impossible de programmer quoi que ce soit sans avoir l’angoisse de l’annulation au dernier moment. Résultat : ils n’organisent quasiment plus rien et ne sont que rarement conviés aux dîners et week-ends car leurs amis ont « compris ».

Alors, heureux ?

Il est ironique que le mot anglais pour désigner la rémunération soit « compensation ». Car c’est exactement de cela qu’il s’agit : la rémunération vient « compenser » cet enfer.

En effet, le résultat du lifestyle en banque d’affaires n’est pas glorieux. Dès les premières années : épuisement souvent, burnout parfois, dépression, cheveux blancs, couple vacillant, ou problèmes graves de santé (sans rentrer dans les détails).

Evidemment, il existe des exceptions à cette règle, des banques dans lesquelles certains juniors s’en sortent mieux que d’autres pour diverses raisons. Mais croire que c’est la règle dans l’industrie, c’est se mentir. De manière générale, c’est un rythme très difficile à tenir sur la durée.

Si ces rémunérations paraissent scandaleuses, on peut désormais en discuter : à quel prix seriez-vous prêt à mettre de côté votre vie sociale, vos vacances, votre santé, votre couple, et votre sommeil ?

Les conditions de travail n’expliquent pas tout

Certes, la pression est forte, la disponibilité permanente est usante, le niveau d’exigence est élevé, les responsabilités sont importantes. 

Mais cela n’explique pas tout, et on pourrait aisément avancer que le métier d’infirmier remplit chacune de ces caractéristiques

Il est donc indispensable de comprendre la dimension de « compétitivité » du marché de l’emploi dans lequel évoluent ces talents. Ces diplômés sont courtisés par tous les acteurs de la finance, de la tech, du marketing, et du conseil. Ils peuvent bénéficier dans ces autres métiers ou industries de salaires intéressants et d’un rythme de vie plus équilibré. Ils ont donc le choix et c’est cette compétition qui tire les salaires vers le haut.

Avec le temps, ça ira mieux

En faisant relire cet article à certains banquiers juniors, plusieurs m’ont fait la remarque suivante : « après quelques années, ça se calme, notamment à partir du grade de VP ». 

Ah, le fameux mythe du grade de VP. 

Il est certain que, de manière générale, le lifestyle s’améliore avec les années. Certes, après 6 ans de banque, la trentaine passée, un VP tente d’arrêter les all-nighters pour s’occuper de sa famille. Pour autant, il reste le garant de l’exécution d’un deal et n’échappe pas aux exigences client. De la même manière, certains Associate s’en sortent très bien : ils ont fait leur trou, gagné la confiance de leurs VP et MD, arrivent à push-back les demandes aberrantes et à protéger leurs week-ends.

Toutefois, cette réalité n’est pas la même dans toutes les banques et dans toutes les équipes. Si certains juniors voient leurs VP quitter le bureau à 19h-20h en semaine, d’autres voient leur VP pousser jusqu’à 23h-minuit très fréquemment, avec une présence le week-end.

En résumé, la meilleure manière pour un Analyste de savoir si le lifestyle s’améliore vraiment, c’est d’observer ses propres Associates, VP et MD. S’ils trainent encore dans les couloirs les samedi du mois d’août, mieux vaut ne pas compter sur cette fameuse « amélioration »


Classement Financial Times des Masters in Management 2017 : Les françaises à la peine

Lundi est sorti le classement tant attendu du Financial Times de 2017. Il s’agit du classement global des meilleurs masters in management.

Si St Gallen en Suisse est toujours en tête, cette année, un changement dans les critères à redistribué les cartes de la suite du classement, aux dépends des écoles françaises.

 

Une nouvelle méthodologie 

Cette année, le Financial Times a décidé de changer ses critères de classement des master in management. Deux nouveaux critères ont ainsi fait leur entrée dans le classement : l’évolution de carrière et l’évolution du salaire. Pour ce faire, le journal a contacté des alumnis diplômés depuis 3 ans pour pouvoir comparer leur travail et salaire avec celui qu’ils avaient à leur sortie d’école.

Coup dur pour les écoles françaises qui sous-performent sur ces critères, au contraire des écoles anglo-saxonnes. A l’inverse, des critères comme l’ouverture internationale qui faisaient la force d’écoles de commerce françaises ont perdu du poids dans la pondération finale faisant baisser au classement ces écoles.

 

L’ESCP sort du top 5

La grande majorité des grandes écoles françaises perd donc des places dans ce classement par rapport à celui de l’année dernière. L’ESSEC passe de la 3ème à la 5ème place alors que l’ESCP sort du top 5 pour tomber à la 6ème place, se faisant doubler par l’IE Business School et la London Business School. La Bocconi clot ce top 10.

LA4  Lire aussi : Les 10 critères de sélection pour un master en finance

Le top 10 du classement, source rankings.ft.com

Les anglo-saxonnes en forme

Si la nouvelle méthodologie n’est pas tendre avec les écoles françaises, c’est tout le contraire pour les écoles britanniques qui progressent presque toutes. Warwick réalise une grosse performance en gagnant 17 places pour atteindre la 21ème du classement. Tout comme l’Imperial College qui gagne 6 places pour atteindre les portes du top 10.

Du coté du reste des écoles françaises, si l’EDHEC se maintient à la 15ème place, les autres se retrouvent autour de la trentième place avec l’EMLyon à la 27ème, et autour de la 50ème place. L’Université Paris Dauphine quant à elle fait son entrée dans le classement à la 68ème place, marquant l’aboutissement de sa stratégie de mise en avant à l’international.

LA4  Lire aussi : Pourquoi faire un Master Spécialisé Finance à HEC, ESSEC, ESCP ?

Les françaises à la baisse alors que les anglaises montent, source rankings.ft.com


Se réorienter en Finance avec le Cnam

AlumnEye reçoit tous les jours des messages demandant comment faire pour se réorienter en finance en venant d’un cursus différent. Plusieurs solutions s’offrent aux candidats, en fonction de leur profil. Parmi celles-ci, il existe le Cnam. Cet établissement de renom, très connu pour la qualité de ses intervenants, propose à qui le souhaite des formations techniques, notamment en Finance. Pour nous en parler, nous avons eu le plaisir de rencontrer Alexis Collomb, actuel directeur du département Economie Finance Assurance Banque du Cnam, qui nous explique les spécificités de cet établissement de renom. Si l’idée d’une formation en Finance vous trotte dans la tête depuis quelques temps, cet article vous aidera certainement à prendre une décision. Bonne lecture !

 

Bonjour Alexis, pouvez-vous d’abord vous présenter ?

Bonjour, je suis titulaire de la chaire de finance du Cnam et responsable de son équipe Economie Finance Assurance Banque (EFAB). J’ai eu auparavant une double formation d’ingénieur et d’économiste financier, et j’ai travaillé dans différentes institutions financières avant de rejoindre le Cnam – essentiellement à l’international, en Californie, à New York et à Londres, avant de revenir à Paris. J’ai également eu une expérience dans un laboratoire d’intelligence articificielle au Japon. Ayant toujours été passionné par la technologie, aujourd’hui je me focalise sur la transformation numérique et co-dirige une initiative de recherche sur les crypto-monnaies et les blockchains.

Quelles sont les formations dispensées par le CNAM ?

Les formations dispensées par le Cnam sont multiples car c’est un établissement par essence pluri-disciplinaire mais leur grande spécificité est de se focaliser sur des adultes et de pouvoir être suivies par des hommes et des femmes qui ont un emploi dans la journée. Ainsi la plupart de nos cours sont donnés les soirs de semaine, en général à partir de 18h30, ou les samedis matins, afin de permettre à des salariés en poste de les suivre.

Au sein de l’équipe, nous avons des formations en finance, en économie, en banque, avec également une grosse composante en actuariat et en assurance avec l’Enass. Les niveaux couverts vont de la licence au doctorat, avec différents masters – niveaux M1 et M2 – et dans certains cas – plus rares bien sûr – des doctorats. Ainsi en finance, nous avons :

  • une licence « Analyse économique et financière » ;
  • un master M1 avec une spécialisation en finance d’entreprise ou en finance de marché ;
  • et un master M2 avec également deux parcours – finance d’entreprise et finance de marché –
  • et plusieurs options possibles (économétrie de la finance, économie des activités et produits bancaires, stratégie et expertise financière, évaluation de l’entreprise et analyse stratégique et boursière, gestion de patrimoine). Certaines de ces options se font en partenariat avec d’autres équipes du Cnam comme celle de statistiques par exemple pour le cours d’économétrie de la finance. Cela permet à nos étudiants de bénéficier d’une exposition à des intervenants très compétents et spécialisés dans le domaine traité.

A quel public cela s’adresse-t-il ? Dans quel objectif ?

Le public visé peut beaucoup varier mais en général il correspond à la mission historique et à l’ADN du Cnam : la formation continue tout au long de la vie. Nous visons donc des adultes qui ont un emploi, ou qui sont en transition et veulent se donner de meilleures chances pour en trouver un qui répondrait mieux à leurs attentes. Mais il ne faut pas nécessairement avoir dix ans d’expérience professionnelle pour s’inscrire au Cnam, loin s’en faut ! Nous avons par exemple beaucoup de jeunes avec deux ou trois ans d’expérience professionnelle qui viennent chez nous, à la recherche parfois d’un diplôme complémentaire – par exemple d’un M2 dans le domaine de la finance. Et nous avons également de jeunes étudiants en fin de formation initiale, et à la recherche d’une formation complémentaire, qui viennent s’inscrire chez nous.

Si je devais classer les motivations de nos auditeurs, je dirais qu’elles procèdent souvent de l’une des trois catégories suivantes : (i) avoir un meilleur diplôme pour favoriser son avancement de carrière, (ii) acquérir des compétences spécifiques pour réponde à une situation professionnelle donnée ou également parfois (iii) la simple curiosité intellectuelle. Dans le premier cas, nous avons affaire à des étudiants qui par exemple savent qu’ils ont besoin d’un M2 en finance pour avancer leur carrière, ou être pris au sérieux pour postuler – en interne ou en externe – à une nouvelle position. Ils suivront un cursus complet et pourront rester deux ou trois ans à suivre des cours chez nous. Dans le second cas, il s’agit d’adultes qui commencent par prendre une unité d’enseignement pour acquérir des compétences spécifiques. S’ils y prennent goût, ils auront tendance à revenir au fil des années, et parfois à se lancer dans un diplôme plus ambitieux comme un M2. Enfin, les simples « curieux » viennent chez nous souvent pour affûter leurs esprits : j’ai vu des auditeurs qui faisaient du marketing m’expliquer qu’ils venaient prendre un cours de macroéconomie financière car ils en avaient assez de ne rien comprendre à la presse économique et financière.

Mais si les motivations sont diverses, il y a une constante dans la plupart de nos cours : nous essayons toujours dans la mesure du possible d’avoir d’excellents professionnels pour intervenir dans nos formations, ainsi qu’une équipe d’enseignants-chercheurs permanents dédiés.  Je passe d’ailleurs régulièrement une bonne partie de mon temps à rechercher de nouveaux intervenants pour enrichir notre offre.

Quelles sont les différences entre les formations proposées par le CNAM et celles d’autres établissements ?

Comme je l’ai déjà dit, les formations proposées par le Cnam ont surtout vocation à être dispensées hors temps de travail, pour des adultes avec un emploi. Notre ADN est donc de se focaliser sur la formation tout au long de la vie. Par rapport à d’autres formations, notamment initiales, nous avons une proportion d’intervenants professionnels forte. Ce qui m’a toujours frappé, c’est de voir à quel point certains de ces intervenants professionnels sont attachés à enseigner au Cnam et prennent plaisir à le faire ; ils apprécient la diversité de nos auditeurs. Un autre facteur différenciant est à mon avis le rapport qualité/prix. Bien sûr, il y a de plus en plus d’enseignements de type executive program qui existent, mais à qualité comparable, les prix de nos formations restent très compétitifs. Nous bénéficions de la vocation historique et sociétale du Cnam qui est de se soucier de l’évolution des métiers et de la réinsertion professionnelle.

Quelles sont les exigences ou pré-requis afin de pouvoir suivre le programme ?

Cela dépend des programmes. Pour certains diplômes, comme les masters, il faudra déposer un dossier d’admission. Pour les unités d’enseignement à la carte, c’est beaucoup plus flexible. Certaines – les unités de master M2 – nécessitent cependant un agrément qui peut être obtenu auprès de l’enseignant responsable. En général, toute unité d’enseignement signalera ses prérequis. Nos assistants pédagogiques font aussi un excellent travail pour orienter les étudiants, et le cas échéant les mettre en contact avec les responsables des cours concernés.

Le CNAM est réputé pour la qualité de ses intervenants, pouvez-vous nous en dire plus sur eux, à travers quelques exemples ?

Nous avons des enseignants-chercheurs permanents bien sûr, qui ont pour la plupart suivi un cursus universitaire et qui sont dédiés. Pour eux, le développement des activités de recherche est souvent essentiel, et cela permet à nos programmes de rester à jour sur le plan théorique. Mais, comme je l’ai dit, nous avons également beaucoup de professeurs associés ou vacataires qui sont des professionnels réputés, et à tous les niveaux. Par exemple, pour le programme de finance, nous avons toutes sortes de métiers représentés : directeur financier, trésorier, économiste de salle de marché, directeur des risques, responsable de conformité, juriste, gérant de portefeuille, informaticien middle- ou back-office, et même trader.

Un autre point qui est vraiment important pour la pertinence de notre offre est notre adossement aux différentes associations professionnelles : l’Association française de gestion (AFG), la Société française des analystes financiers (SFAF), l’Association française des trésoriers d’entreprise (AFTE) ou la Fondation nationale pour la gestion des entreprises (FNEGE) pour n’en citer que quelques-unes, sans oublier les autorités de régulation comme l’AMF, l’ACPR ou même l’ESMA. D’avoir des membres de ces institutions qui viennent régulièrement intervenir dans nos programmes nous permet de garantir que notre offre reste à jour. Nous avons également des interventions ponctuelles de personnalités de l’industrie, dirigeants d’institutions financières ou du monde de l’assurance.

Last but not least, nous avons également différents partenariats avec d’autres établissements académiques ou de recherche. Par exemple nous avons un accord de cohabilitation avec l’Essec pour notre master de finance de marché, et nous travaillons régulièrement avec l’Institut Louis Bachelier pour la recherche, ou avec l’ESCP et Paris 1 Sorbonne dans le cadre du laboratoire d’excellence sur la régulation financière. Tous ces échanges sont essentiels. Le dernier en date est une collaboration avec l’Institut des Hautes Etudes pour l’Innvoation et l’Entrepreneuriat (IHEIE) de Mines ParisTech pour le secteur fintech/insurtech et la blockchain.

Quels sont les débouchés de vos étudiants suite à ces formations ?

Le plus souvent, il s’agit de promotions internes qui ont amené à ces étudiants à chercher des compléments de formation. Il peut également y avoir des reconversions assez spectaculaires, d’un secteur à un autre, mais c’est plus rare. Cela étant dit, pour ma part, je n’aime pas « vendre du rêve ». Je dis souvent qu’on construit une carrière dans la durée. Ce n’est pas juste en prenant un cours d’économie au Cnam que vous allez devenir économiste, ou un cours de gestion de portefeuille que vous allez forcément pouvoir trouver un emploi dans la gestion d’actifs. Mais cela aide bien sûr, et nous avons régulièrement quelques très belles réussites.

Je suis d’ailleurs convaincu que la formation continue va continuer à se développer. Dans le monde qui est le nôtre, avec toutes les transformations en cours – à commencer par la transformation numérique –, la formation tout au long de la vie me semble l’un des grands défis sociétaux. Apprendre et acquérir de nouvelles compétences est l’un des meilleurs moyens de progresser et de s’adapter. Nos étudiants sont en général tous très motivés. Ce n’est pas évident pour un adulte actif d’étudier le soir ou le week-end, après une journée de travail, pour préparer un examen ou obtenir un diplôme. Il faut vraiment le vouloir.

Une autre chose qui nous importe, c’est d’essayer d’anticiper les mutations de nos secteurs et de nos professions, et leurs transformations technologiques – les grandes tendances. Big data, blockchain, IoT, intelligence artificielle… Vous n’arrêtez pas d’en entendre parler dans la presse… Mais concrètement pour les métiers de nos secteurs, à cinq ou dix ans, cela veut dire quoi ? Il faut qu’on reste continûment aux aguets pour faire évoluer notre offre et la rendre plus attractive. Personnellement, j’ai un tropisme de plus en plus fort pour le numérique et la technologie, et nous sommes en train de réfléchir également à voir comment on pourrait orienter nos étudiants vers des entreprises innovantes, fintechs/insurtechs par exemple. Les grands groupes également sont bien sûr de plus en plus intéressés par des profils ayant davantage de compétences numériques.

En termes de tendance, il était également clair après la dernière crise financière que la réglementation devrait être renforcée, et que les métiers de conformité ou de contrôle des risques seraient revalorisés. C’est pour cela que nous offrons à nos étudiants de passer la certification AMF, ou que nous avons mis en place un certificat de spécialisation en « contrôle et gestion des risques dans le secteur banque/finance/assurance ».

Un dernier point qui peut aider nos étudiants en termes de débouchés, c’est bien sûr les réseaux des anciens élèves, des masters par exemple. A l’heure de LinkedIn, le bouche-à-oreille compte encore bien heureusement !

Concrètement, quand démarrent les programmes ? Jusqu’à quand peut-on s’inscrire ?

On peut s’inscrire jusqu’à fin septembre aux cours du premier semestre qui démarrent début octobre. Cela vaut également pour les dossiers d’inscription en masters qui doivent être déposés avant fin septembre, ou les demandes d’agrément aux cours à la carte. Toutes les informations sur nos parcours sont disponibles sur notre site. Le Cnam aura également un forum des inscriptions du 11 au 16 septembre 2017.

 

Alexis Collomb, Professeur du Cnam – Finance, Directeur du département Economie Finance Assurance Banque (EFAB), Expert Fintech/Insurtech IHEIE


Entretien en Finance de marché : les 10 livres à lire

SumZero, un réseau social pour des investisseurs buyside, a demandé à ses membres de partager leurs livres préférés sur l’investissement dans leurs profils utilisateurs.
La liste est basée sur 1,120 réponses et les livres ont été classés du moins recommandé au plus recommandé. Vous pouvez la considérer comme une reading list si vous comptez faire carrière en Finance de marché.

À noter que certains de ces livres ont un coût non négligeable, par exemple « Margin of safety » se vend au moins 900 € d’occasion.

 

1. « The Essays of Warren Buffett » by Lawrence Cunningham

Étant le livre le plus dédicacé par Warren Buffett, sa popularité et sa longévité attestent de l’intérêt généralisé pour cette compilation unique des pensées de Buffett. Ce livre est à la fois exhaustif, non répétitif et facile d’accès. Les lecteurs nouveaux et expérimentés obtiendront une éducation précieuse en parcourant cette compilation classique des meilleurs écrits de Warren.

 

2.« Poor Charlie’s Almanack » by Charlie Munger

Poor Charlie’s Almanack contient l’esprit et la sagesse de Charlie Munger : ses discussions, ses conférences et ses commentaires publics. Il a été écrit et compilé avec les encouragements et la coopération de Charlie Munger et de Warren Buffett. Installez-vous dans votre fauteuil préféré et profitez de l’humour unique, de l’esprit et de l’intuition que Charlie Munger apporte au monde des affaires et à celui de l’investissement. Avec Charlie comme guide, vous êtes sur le point d’entreprendre un voyage extraordinaire vers de meilleurs investissements, de meilleures prises de décision et une réflexion sur le monde et la vie en général. La vision unique du monde de Charlie, ce qu’il appelle une approche multidisciplinaire, est un modèle auto-développé pour une pensée claire et simple tout en étant loin d’être simpliste.

LA4Lire aussi : Les plus grosses pertes du Trading : la finance de marché déconnectée

 

3. »One up on Wall Street » by Peter Lynch

Le gestionnaire de fonds le plus performant d’Amérique raconte comment les investisseurs moyens peuvent se démarquer en utilisant leurs connaissances. Selon Lynch, les opportunités d’investissements sont partout. Du supermarché au lieu de travail, nous rencontrons des produits et des services toute la journée. En faisant attention nous pouvons trouver des entreprises dans lesquelles investir avant que les analystes professionnels ne les découvrent. Une fois découvertes, les investisseurs peuvent trouver des «tenbaggers», les actions qui s’apprécient dix fois plus vite par rapport à l’investissement initial. Quelques tenbaggers transformeront un portefeuille d’actions moyennes en un portefeuille à la performance exceptionnelle.

4. »Reminiscences of a Stock Operator » by Edwin Lefevre

Reminiscences of a stock operator est un récit fictif de la vie du trader en Securities Jesse Livermore. Malgré l’ancienneté du livre, il continue d’offrir des idées sur l’art du trading et de la spéculation. Chez Jack Schwagers Market Wizards, Reminiscences of a stock operator est considéré comme une source d’apprentissage majeure du stock trading pour les traders expérimentés comme pour les nouveaux. Le livre raconte l’histoire de la progression de Livermore, qui passe du day trading dans les boutiques de New England Bucket jusqu’à devenir market speculator, market maker et marker manipulator. L’histoire se poursuit jusqu’à Wall Street où il a fait et défait sa fortune plusieurs fois. Tout au long de sa route, Livermore découvre plusieurs leçons qu’il partage au lecteur avec plaisir.

5. »Common Stocks and Uncommon Profits » by Philip Fisher

Très respecté et admiré, Philip Fischer fait partie des investisseurs les plus influents de l’histoire. Ses philosophies d’investissements ne sont pas seulement étudiées et appliquées par les financiers d’aujourd’hui, elles sont aussi considérées comme une référence quasi biblique. Ce livre est une lecture indispensable et ce depuis sa première date de publication en 1958.

LA4Lire aussi : Quelle question poser à la fin d’un entretien en finance ? M&A, Trading, etc.

 

6. »Security Analysis » by Benjamin Graham and David L. Dodd

Cette nouvelle sixième édition, basée sur la version classique de 1940, est améliorée avec 200 pages supplémentaires de commentaires de certains des principaux money managers de Wall Street. Ces maîtres d’investissements expliquent pourquoi les principes et techniques de Graham et Dodd sont encore très pertinents même dans des marchés différents de ceux d’aujourd’hui. La liste des contributeurs comprend :

  • Seth A. Klarman, président de The Baupost Group, L.L.C. Et auteur de Margin of Safety
  • James Grant, fondateur Grant’s Interest Rate Observer, associé général de Nippon Partners
  • Jeffrey M. Laderman, rédacteur pendant vingt-cinq ans de BusinessWeek
  • Roger Lowenstein, auteur de : The Making of American Capitalist, When America Aged, Outside Director, et Sequoia Fund
  • Howard S. Marks, CFA, président et cofondateur, Oaktree Capital Man

 

7. « The most important thing illuminated » by Howard Marks

Que vous ayez déjà lu The Most Important Thing plusieurs fois ou que vous le découvriez, ce livre vous donnera un regard sans précédent sur la façon dont les principaux investisseurs américains prennent des décisions et réussissent financièrement.

 

8. « You can be a stock market genius » by Joel Greenblatt

LA4Lire aussi : Étudiant à l’IESEG, il décroche une offre dans une américaine

 

Vous êtes sur le point de découvrir les opportunités d’investissements manquées des portfolio managers, des professeurs d’écoles de commerce et des principaux experts en investissement. Découvrez les domaines inexplorés où l’investisseur individuel a un énorme avantage par rapport aux magiciens de Wall Street. Voici votre carte au trésor personnelle pour des situations particulières dans lesquelles de grands bénéfices sont possibles parmi les cas suivants : Spin-offs, Restructurings, Merger Securities, Rights Offerings, Recapitalizations, Bankruptcies, Risk Arbitrage.

 

9. « The intelligent investor » by Benjamin Graham

Le plus grand conseiller en investissement du vingtième siècle, Benjamin Graham, a enseigné et inspiré des personnes dans le monde entier. La philosophie de Graham en matière de value investing, qui protège les investisseurs contre les erreurs substantielles et leur enseigne à développer des stratégies à long terme, a fait du livre The Intelligent Investor la bible du stock market depuis sa première publication en 1949.

 

10. « Margin of Safety » by Seth Klarman

Prenant son titre de l’avertissement souvent répété de Benjamin Graham pour investir toujours avec une marge de sécurité, Margin of Safety de Klarman explique la philosophie de la value investing et peut-être plus important encore, la logique derrière démontrant pourquoi cette approche réussit alors que d’autres non. Le plan d’action de Klarman, s’il est suivi avec précaution, offre à l’investisseur la forte possibilité de réussite en matière d’investissement avec un risque limité.

Margin of Safety vous montre non seulement comment investir, mais comment réfléchir profondément à l’investissement pour comprendre la raison d’être des règles, pour comprendre pourquoi elles fonctionnent, quand elles fonctionnent et pourquoi parfois elles ne fonctionnent pas.

 

Inspiré d’un article de Business Insider, Hedge Fund Reading List: Hundreds of investors say these 10 finance books are must-reads.


Etudiant à l'IESEG, il décroche une offre dans une américaine

La question des « target schools » est récurrente chez les étudiants qui envisagent de postuler en banque d’investissement en M&A, Trading… Si le passage des screenings se fait beaucoup plus aisément lorsqu’on étudie dans ce type d’écoles, leur brand name ne fait pas tout. Pour décrocher un Spring, la voie n’est pas toute tracée et l’inventivité paye car on ne le répètera jamais assez : le networking est essentiel. Que vous postuliez en Spring, en Off-cycle ou en Summer, vous pourrez toujours vous appuyer sur les contacts que vous aurez noués ; en témoigne cet étudiant de l’IESEG qui a réalisé son Spring Internship chez J.P.Morgan.

 

Quel est ton profil ?

Je viens de finir ma première année de Master à l’IESEG et je pars maintenant pour une césure. Lorsque les candidatures pour les Springs ont ouvert, je démarrais mon M1 et j’avais pour seule expérience professionnelle significative un stage en audit de fond de Private Equity chez Deloitte Luxembourg et quelques expériences associatives (Club d’investissement, IESEG Finance, BDS et une association caritative).

Comment s’est déroulé le processus de recrutement ?

Chez J.P.Morgan, le processus de recrutement pour les Springs reste très simple : un screening suivi d’un voire deux entretiens téléphoniques — si l’interviewer n’avait pas réussi à se faire un avis pendant le premier — chacun d’une durée de 30 minutes. J’ai été informé par mail après avoir passé le screening. La banque m’a alors proposé une date et un horaire pour mon phone interview. Le jour J, un Associate m’a appelé, s’est présenté et a commencé à poser les questions de fit basiques travaillées en formation AlumnEye. Dans un second temps, mon interviewer a commencé à me poser des questions plus techniques : différentes méthodes de calcul du beta, comment peut-on évaluer une action — savoir s’il faut acheter ou vendre — et comment était-il possible de « pitcher » une action… Le retour se fait alors sous une voire deux semaines.

Le networking a t-il été fondamental dans ta recherche

Complètement. Je venais d’une école « non target », voire inconnue par la plupart des banques. Décrocher un Spring paraissait perdu d’avance, car passer le screening relevait presque de l’impossible. Pour autant, je ne me suis pas avoué vaincu et me suis raccroché au networking. Pendant la Summer Session AlumnEye à laquelle j’ai participé l’été dernier, j’ai particulièrement apprécié le module « Recruiting Process & Networking » : il m’a permis d’avoir une méthodologie et surtout de savoir par où commencer dans ma démarche. Je me suis plus qu’inspiré des anecdotes de candidats que l’on nous a rapportées pour faire mes recherches et contacter les banquiers dans la plupart des banques londoniennes, ce qui a fini par payer.

LA4Lire aussi : 18 conseils pour maîtriser l’Art du Networking

 

Quels étaient les profils des Springs Interns et comment était l’ambiance ?

Nous étions 114 au total, répartis dans 3 divisions : 50 en Financial Markets, 50 en IBD & Risks et 14 en Asset Management. Ils étaient anglais pour la plupart, étudiants à LSE, Oxford, UCL ou encore Warwick. Si leurs domaines d’études variaient énormément, l’ingénierie, les langues ou bien sûr l’économie revenait régulièrement. Nous n’étions que 8 étudiants provenant d’écoles françaises : 3 HEC, 1 ESSEC, 1 ESCP, 1 EDHEC et 1 EM Lyon. Le premier jour, l’on pouvait palper une once de compétition chez certains étudiants, mais cette année, J.P.Morgan a décidé de ne pas faire d’Assessment Center à la fin de la semaine. Ils ont préféré convoquer la plupart des Interns pour le premier AC de septembre. Selon moi, cette stratégie a permis de calmer les tensions car elle changeait la façon d’appréhender la semaine. De façon générale les relations étaient de fait plus naturelles et moins forcées, ce qui a permis d’instaurer un climat de coopération, plus que de compétition.

Comment était structuré le Spring ?

Il était décomposé en 7 parties, réparties de façon homogène sur la semaine :

  • Les « social events ». Il y en avait deux et consistaient à réunir tous les Spring Interns, le soir, autour d’un verre. Ces événements se sont avérés très utiles puisqu’ils permettaient d’agrandir notre réseau, de faire d’excellentes rencontres dans un cadre informel.
  • Les « Afternoon tea – Networking ». Idem, nous en avons eu deux. Il s’agissait de pauses d’environ 40 minutes au milieu de l’après-midi, nous permettant de networker avec des banquiers juniors et seniors.
  • Les « introduction to X ». Ce sont des présentations des différentes divisions de la banque d’investissement : ECM, DCM, M&A, Leveraged Finance, Global Treasury Management…
  • J.P.Morgan Deal Overview. Deux Vice Presidents sont venus présenter un deal en exécution, de A à Z. Cette intervention était particulièrement intéressante parce qu’ils ont pu vraiment aller dans les détails et raconter quelques anecdotes sur le deal.
  • Fitch Learning. 4 sessions pour nous aider à améliorer nos compétences en présentation, networking, et même apprendre à lire efficacement le Financial Times !
  • Group project. Tous les jours, un créneau de 1 à 2 heures était bloqué pour nous permettre de travailler sur notre projet de groupe qui courait sur toute la semaine. La présentation finale se tenait le vendredi matin devant les Managing Directors de chacune des divisions présentées durant la semaine.
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Que recommanderais-tu à de futurs candidats ?

Il ne faut pas hésiter à postuler pour les Springs. Ce stage vous apportera vraiment beaucoup de choses qui seront plus qu’utiles pour la suite telles que :

  • Rencontrer d’autres étudiants tous aussi brillants les uns que les autres
  • Élargir son réseau
  • Mettre un pied dans la banque d’investissement
  • Avoir une première expérience en finance sur son CV, avec un brand name fort
  • Justifier son attrait pour la banque d’investissement. Et j’appuie vraiment sur ce point, car pour les recherches de stage, avoir fait un Spring confère une certaine légitimité ; il est alors plus facile de justifier son intérêt pour l’IBD.

Enfin, ne négligez pas l’importance du réseau. Même si vous venez d’une école prestigieuse, networker avant le Spring, pendant le processus de recrutement, vous permet d’accroître vos chances d’être sélectionné. Aussi, si vous êtes sélectionné, vous allez pouvoir rencontrer ces nouvelles connaissances que vous aviez contactées durant le Spring. Ils vous présenteront peut-être à d’autres collègues et amis qui nourriront davantage votre réseau. Ainsi, ce sont de multiples opportunités qui s’offriront à vous et constitueront autant d’éléments pour faire la différence lorsque vous postulerez en Summer Internship.

Quels ont été les éléments déterminants dans l’obtention de ton offre ?

Premièrement, comme je l’ai déjà expliqué, le network. Si j’ai réussi à décrocher des entretiens, c’est parce que j’avais la méthodologie adéquate et que je l’ai suivie à la lettre. Aussi, j’ai de la chance, je sais que je souhaite travailler dans la Finance depuis que j’ai 13 ans. Depuis, j’ai eu l’occasion de me construire un CV, même si les expériences restent simples : j’ai créé mon club d’investissement quand j’avais 16 ans, j’ai pu intégrer l’association Finance dès ma première année d’école, etc., etc. Tout ça pour dire que, le plus important lorsque l’on postule pour un Spring, c’est de montrer que vous êtes attiré par ce milieu, que vous êtes passionné et que vous avez vraiment envie de découvrir ce qu’est la banque d’investissement. Normalement, les recruteurs n’attendent pas de vous d’avoir énormément de connaissances techniques. Par contre, ils veulent que vous leur montriez que vous en voulez, et pour de bonnes raisons. Et il ne suffit pas de le dire, il faut pouvoir le montrer. J’ai pu le faire, et je pense que c’est aussi un élément clé dans l’obtention de mon offre.

 

Merci à lui pour ce témoignage !


La garde-robe féminine idéale pour son premier job : les tips indispensables

Qui s’est déjà demandé quelle serait la bonne combine de la Working Girl pour avoir l’air smart au travail ? Certainement tout le monde. Mais lorsque l’on est une femme, et que l’on souhaite débuter sa carrière dans les milieux exigeants et toutefois assez masculins que sont la finance ou le conseil en stratégie, la réponse n’est résolument pas évidente. Vous trouverez ici un petit guide pour garder un certain style (le look Linette Scavo étant à proscrire), tout en évitant le look panthère d’Ivanka Trump. En somme, révélez la Rachel Zane qui est en vous !

 

Conservatisme et non conformisme

Dans l’univers de la banque ou du conseil, la discrétion reste de mise, bien qu’il soit possible de vous distinguer. Le costume féminin et le tailleur sont les premiers uniformes que les femmes se sont appropriés dans ces environnements depuis les années 60s (oui, c’est à partir de là que l’on peut observer une significative hausse des effectifs féminins). Intemporels, ils sont une valeur sure, à condition de suivre quelques règles de base. D’abord, la jupe ne devrait jamais être trop courte. La blouse peut se substituer à la traditionnelle chemise blanche, voire certains tops décontractés avec des manches (hors métiers de vente), s’ils sont portés sous une veste. Concernant les couleurs, c’est à l’appréciation de chacune, et dans la limite de ce qui est acceptable comparé à vos collègues. Par exemple, en France, le blanc rosé est toléré, pas le rose. On pratique pourtant le Pink Friday sur Canary Wharf. Enfin, le décolleté plongeant ne saurait être toléré.

LA4Lire aussi : La garde-robe masculine idéale pour son premier job

 

Halte au bling bling

Si certains prestigieux banquiers ont pu oublier que le plus gros signe de richesse est la sobriété, lorsque l’on commence, autant ne pas se faire remarquer. Les accessoires ont alors toute leur importance. Prenons les sacs : un sac de marque peut avoir sa place dans une tenue, si et seulement si on le remarque par sa qualité et non son aspect ostentatoire. Il en va de même pour les bijoux : les premiers jours, laissez de côté la bague de vos 20 ans et sondez l’ambiance de l’équipe, notamment si d’autres femmes travaillent avec vous. D’autres petits détails sont cruciaux ; le vernis par exemple, saura se faire discret. Enfin, on évitera la surcharge de bijoux car, comme le dirait Cristina Cordula « Ma chérie, tu es banquier, pas sapin de Noël ».

Les intemporels ont un très bon ROI

Fini les temps où vous étiez stagiaire … et fini le salaire de stagiaire. Votre premier job doit aussi être l’occasion d’investir dans des intemporels de qualité, bien taillés, qui s’enfilent sans réfléchir le matin à 5h45. Misez sur les chemises et blouses blanches et crèmes, pantalons fuselés noirs et gris foncés, ou encore robes simples mais impérativement taillées à votre morphologie. Il est possible de trouver ces petites merveilles chez Sezane, APC, Alice + Olivia, Antonio Berardi, Theory, Comme des Garçons, By Marlène Birger, Carven, Jil Sander, DA/DA DIANE DUCASSE, Agnès B… Voir les sites Net à porter et L’exception.

Les conseils de mamie Buffet

  • On s’habille en fonction de son âge. Cela vaut pour les quarantenaires comme pour les trentenaires : la méméisation ne boostera pas votre crédibilité.
  • En été, les manches longues et la petite laine ne sont pas une option. C’est qu’aux côtés de nos collègues masculins en costume, la climatisation tournera à plein régime.
  • Du pareil … mais pas au même : il est possible de dépareiller un ensemble, à condition que ce soit fait avec élégance (voir notre sélection de looks).
LA4Lire aussi : Costume d’entretien : les 10 commandements

 

Tips et idées de génie

  • La jupe longue « midi » portée de façon moderne et casual avec des talons et un haut souple.
  • Le tailleur pantalon se porte slim, mais aussi large. Quant à la veste, elle peut être cintrée ou ceinturée, Vue chez la créatrice Diane Ducasse ici : http://dadaparis.com/
  • Des derbys foncées sauveront celles qui ne portent pas de talons.
  • L’allure stricte mais moderne : le costume à rayures tennis se porte épuré, façon garçonne. Il est possible de le féminiser avec un bijou et une paire de talons.
  • L’esprit sporty : optez pour un Teddy sur votre pantalon de bureau. Les sweets de belle qualité se portent sur la chemise, avec un beau collier.
  • Le masculin/féminin, LA valeur sure. C’est un bon moyen de porter des pièces plus stylée ou décalées, tout en respectant les codes de l’entreprise.
  • Enfin, structurée, vivez le conceptuel avec des lignes. On en abuse sur les manteaux, les pantalons unis, les chemises décalées et on assagit le tout avec des pièces classiques.

 

Don’ts

  • Les collants couleur chair et les mis bas qui plissent.
  • Les chemises trop cintrées, à moins d’avoir le corps de Karlie Kloss et le cerveau de Georges Soros.
  • L’orthodoxie qui souhaite que nous portions des talons tous les jours : adoptez les babies et autres alternatives confortables aux escarpins (vu chez Sézane notamment).

 

Le chantier des accessoires

S’il va de soi qu’il ne faut pas en faire trop, ni étaler tous ses diamants pendant sa période d’essai, voici quelques conseils à adopter :

  • Les bagues : il est préférable de choisir des pièces de qualité, qui ne rouillent pas sur le doigt. On privilégie des choses simples et non clinquantes.
  • Les bracelets : attention à ce qu’ils ne vous gênent pas dans votre travail, et ne soient synonymes de nuisances sonores.
  • Les colliers :  à accorder avec le reste de la tenue. Minimaliste, elle acceptera un gros collier fantaisie. Sinon, on préfère les sautoirs discrets et autres pièces classiques.
  • Le sac à main : pratique il sera. Mon conseil serait d’éviter les sacs ostentatoires et les cabas plexiglas de chez Primark. Encore une fois, tout est une question de juste milieu, du moins lorsque l’on est junior … La bonne idée : la jeune marque Léo et Violette.

 

En fin de compte, l’habit fait beaucoup le moine

  • Gardez à l’esprit que la tenue contribue à forger l’image que l’on renvoie. Ce n’est donc pas quelque chose à prendre à la légère.
  • Cela doit être un moyen de gagner de l’assurance : il s’agit d’être à l’aise toute la journée dans des vêtements qui nous correspondent.
  • Gage de crédibilité, votre tenue induit la confiance que l’on peut vous accorder. Pensez donc toujours à l‘interlocuteur ou au client que vous avez en face de vous et adaptez-vous au message que vous souhaitez transmettre.

 

Lina GHAYOR