Le Fonds Monétaire International : une institution en crise ?

« On disait autrefois : lorsque les États-Unis éternuent, le Mexique s’enrhume. Aujourd’hui lorsque les États-Unis éternuent, une grande partie du monde attrape la grippe, et les problèmes actuels de l’Amérique sont bien plus graves que de simples reniflements… »  Joseph Stiglitz, ex vice-président de la banque mondiale, ancien conseiller de Clinton et prix Nobel d’économie émet en 2002 dans son ouvrage la Grande désillusion une critique de la mondialisation, en accusant expressément le Fonds Monétaire International. Quinze années plus tard l’institution est toujours sous le feu des critiques. Souvent décriée pour sa partialité, sa mauvaise gestion des crises financières et sa mise en tutelle des pays d’Afrique et d’Amérique du sud, le FMI apparait aujourd’hui de plus en plus fragilisé. Son rôle historique de garant de la stabilité financière mondiale ne semble plus assuré. Comment cette institution à la visée planétaire a-t-elle évoluée ? Quel est son rôle aujourd’hui ? Le Fonds Monétaire International : une institution en crise ?

 

Le garant de la stabilité des taux de change

En Juillet 1944, une conférence des Nations Unies donne naissance aux accords de Bretton Woods permettant la création d’un organisme chargé de la stabilité monétaire internationale. En effet, les pays membres des Nations Unies ont été durablement traumatisés par les dévaluations compétitives des années 30 contribuant à la crise de la grande dépression.

Le Fonds Monétaire International est donc né de cette volonté de garantir la stabilité monétaire nécessaire pour assurer une croissance durable et favoriser le commerce mondial. Le système monétaire de Bretton Woods était fondé sur des taux de changes fixes (ajustable à hauteur de 1%). Ainsi lorsqu’un pays ne pouvait maintenir la valeur de sa monnaie dans la tranche des 1%, après consultation du FMI il pouvait recourir à une dévaluation ou une réévaluation si le réajustement était supérieur à 10%.

Dans le cas d’une balance des paiements déséquilibrée pouvant menacer la valeur externe d’une monnaie, les pays membres pouvaient récupérer 25% de leur quote-part afin de soutenir leur monnaie nationale en rachetant celle-ci sur le marché des changes. Il faut toutefois noter que cet emprunt du FMI était soumis à certaines conditions. La principale étant que les pays devaient respecter les recommandations et politiques d’ajustements préconisées par l’institution.

En 1976 à la suite de la disparition d’un système de change fixe et l’abandon de l’étalon or-dollar, les accords de la Jamaïque marquent le régime des changes flottants, l’institution financière hérite dès lors d’un nouveau rôle.

 

« La banque centrale des banques centrales »

À partir de 1976 le rôle historique du FMI change. Il se positionne dès à présent comme l’ultime recours des États en cas d’insolvabilité, l’objectif étant d’empêcher l’éclatement d’une crise financière et qu’elle se propage à l’échelle mondiale. Les États qui reçoivent une aide du FMI se doivent de respecter un ensemble de recommandations et de réformes imposées par l’institution afin d’assurer la soutenabilité de leur dette.  Le FMI devient le prêteur de dernier ressort du système financier mondial, il devient ainsi la « banque centrale des banques centrales et des trésors publics ».

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Une évolution avec la crise de 2008

Suite à la crise financière de 2008, le FMI n’a d’autre choix que de revoir ses capacités de prêt. L’institution les a augmentées significativement puisque ses fonds sont passés de 250 milliards avant 2008 à 1000 milliards de dollars en 2013. Aujourd’hui, le FMI accorde plus facilement des crédits, et attache une plus grande importance aux politiques structurelles.

Son rôle évolue à travers trois principaux thèmes : premièrement une mission de surveillance. Le FMI évalue régulièrement les perspectives économiques dans son rapport les « perspectives de l’économie mondiale » et les marchés financiers dans le « rapport sur la stabilité financière dans le monde ». Seconde mission, une assistance financière. En effet, avec la collaboration du FMI, les autorités nationales élaborent des programmes d’ajustement qui bénéficient du financement de l’institution, sous condition de la réalisation effective du programme. Enfin dernière mission, une assistance technique permettant aux pays membres de renforcer leur capacité d’exécution de la politique économique.

 

Une institution sous le feu des critiques

Pour ses détracteurs, le Fonds Monétaire International se caractérise par son ingérence excessive dans la politique des pays qu’elle aide. À défaut d’avoir secouru les pays qui ont fait appel à l’institution, la situation desdits pays a souvent été détériorée. C’est le cas notamment de l’Argentine. En 1991 le pays décide d’aligner le cours de sa monnaie nationale sur le dollar. L’Argentine se retrouve cependant très vite fragilisée du fait de son marché bancaire peu développé. À la suite d’une dévaluation de la monnaie brésilienne en 1990, l’Argentine rentre dans une phase de déflation contribuant à une crise économique galopante.

Certains, comme le journal Les Echos, vont même jusqu’à qualifier l’organisation de « pompier pyromane ». En effet, les interventions peuvent d’une part faire fuir les investisseurs des pays bénéficiaires (une intervention du FMI dans un pays est souvent un mauvais signe sur la santé économique du pays) et d’autre part provoquer un effet pervers, puisque certains investisseurs peuvent au contraire être incités à prendre plus de risques, conscients que le FMI agira si un défaut de paiement du pays se produit.

 

Des interventions nuisibles aux pays en développement ?

L’une des critiques les plus souvent adressées à l’institution concerne ses interventions dans les pays en développement. En effet, même si les plans d’aide et recommandations permettent dans un premier temps d’amoindrir les difficultés du pays bénéficiaire, sur le long terme on constate une augmentation significative de la pauvreté et des dettes des pays « aidés ». Reprenons l’exemple de l’Argentine dont les sept politiques d’austérités imposées par le FMI dans les années 90 ont mené à une paupérisation et une croissance de la dette. Ces politiques d’austérité ont mené à un changement de comportement des acteurs économiques, menant à une baisse de l’investissement et de la consommation. Bilan de la situation en 2002 : une dette de 140 milliards de dollars, un taux de chômage de 23% et un taux de pauvreté de 57%.

La principale critique sous-jacente est le manque d’analyse des fondements structurels des pays bénéficiaires. L’institution préconise les mêmes recommandations économiques (privatisations, ouverture du marché intérieur, austérité budgétaire) à tout pays demandeur d’aide, sans prendre en compte les structures propres de chacun.

Le FMI est aussi critiqué pour la crise asiatique en 1997. Ses recommandations à la Thaïlande et à l’Indonésie portant sur une hausse des impôts et taxes, une forte réduction des dépenses publiques et la fermeture de banques en échange de son aide financière ont eu pour conséquence une baisse des investissements. Les investisseurs, rendus conscients des risques associés au pays, ont pris peur inutilement. Cette réaction a entraîné une fuite de capitaux tant des entreprises stables que de celles qui éprouvaient des difficultés. Le FMI a même reconnu plus tard avoir failli dans sa mission. L’économiste Milton Friedman va même jusqu’à déclarer que « sans le FMI il n’y aurait pas le problème de l’Asie ».

La raison invoquée par certains serait que l’institution travaille en réalité au service de l’occident. Le FMI est une institution internationale comptant près de 189 pays membres. Pourtant, 9 pays seulement détiennent plus de 50% des droits de vote. Les États-Unis en sont le contributeur principal avec près de 16,53 % des droits de vote. L’Union Européenne quant à elle dispose de 29,61 % des droits. Cette disparité fait dire aux détracteurs du FMI que la politique de l’institution est inégalitaire. Ils y voient là un instrument au profit des pays les plus développés, soucieux d’imposer une vision économique néo-libérale.

Par ailleurs, depuis la création de l’organisation, son président a toujours été européen. Cette influence de l’occident est l’objet de critiques de plus en plus importantes. Les dirigeants des pays en développement s’insurgent de cette partialité. Alpha Oumar Konaré, ancien président du Mali, déclare : « Nous pensons qu’il faut une réforme des institutions de Bretton Woods. J’attends de leur part un peu plus d’autocritique. Leurs recommandations de ces dernières années n’ont pas du tout contribué à apporter des solutions à nos problèmes. ».

 

Le FMI a failli à son rôle de surveillance et de gestion de la crise financière de la zone euro

Le 28 Juillet 2016, le bureau indépendant d’évaluation du FMI publie un rapport. Bilan : lors la crise de la zone euro les exigences posées par l’institution à la Grèce étaient inadaptées. En effet, le bureau indépendant estime que la réduction des déficits et l’imposition de réformes structurelles n’ont pas permis à la Grèce de retrouver la confiance des marchés. Si d’une part la Grèce a pu rester dans la zone euro, il n’en demeure pas moins que son économie s’est effondrée avec une baisse de 22% de la production entre 2008 et 2012 notamment.

Le rapport soulève une autre question, celle de l’indépendance de l’institution dans la gestion de cette crise. La mission du FMI aurait été entravée par une coopération trop étroite avec la Banque Centrale Européenne et la Commission Européenne, sans pour autant se soucier du soutien politique d’Athènes. Conséquence : le FMI a cédé trop facilement aux décisions de la Commission de ne pas restructurer la dette grecque lors du premier plan de sauvetage. Le FMI a même reconnu dès 2013 ses erreurs concernant le premier plan de sauvetage, considérant qu’il s’était soldé par des « échecs notables ».

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Des critiques à nuancer

Les actions entreprises par le FMI ne se sont pas toujours soldées par des échecs. En effet, ses recommandations et plans d’aides ont permis la gestion de la crise Mexicaine en 1994 par exemple qui voit sa croissance économique passer de -5,76 % en 1995 à 2,67 % en 1999. C’est aussi le cas pour la crise coréenne, la Corée du Sud qui après avoir connue une récession dans les années 90 retrouve le chemin de la croissance et la confiance des investisseurs.

 

Aujourd’hui, le FMI regroupe 189 pays, et est dirigé depuis juillet 2011 par la Française Christine Lagarde qui a succédé à Dominique Strauss-Kahn, lequel occupait cette fonction depuis novembre 2007. Si son rôle a évolué depuis les accords de Bretton Woods, sa mission se concentre à présent autour d’une surveillance de la stabilité économique et une assistance financière et techniques aux pays en difficultés.

Au fil des années, le FMI a entrepris un ensemble de réformes structurelles pour s’adapter aux changements économiques et sociétaux. Cela se traduit notamment par une mise en avant des pays en développement, en augmentant par exemple le droit de vote de la Chine à son conseil d’administration, passant de 3,8 % à 6%. De nouveaux sujets inédits sont abordés au sein de l’institution, comme le réchauffement climatique. En 2014, l’institution annonce étudier les conséquences budgétaires du changement climatique. D’autres sujets, comme les inégalités sociales ou la place des femmes dans la société, sont autant de nouvelles considérations que l’institution prend en compte. Preuve d’une réelle évolution de sa mission globale.

Mamadou Dembele, étudiant à Dauphine et contributeur du blog AlumnEye

 


Préparer le CFA : quand, où, comment ?

Le Chartered Financial Analyst (CFA) est un diplôme délivré par le CFA Institute qui permet de renforcer un profil orienté Finance. Cet examen difficile est bien considéré par les recruteurs tant dans les pays anglo-saxons qu’en Asie et en Europe, et comporte plusieurs niveaux (I, II et III). Beaucoup d’étudiants se tournent vers AlumnEye et se posent des questions concernant l’intérêt de ce diplôme pour leur carrière et les opportunités qu’il ouvre : « Le CFA est-il nécessaire pour décrocher un premier emploi ? Quelles sont mes chances de réussir ? Ne vaut-il pas mieux entrer d’abord dans la vie active avant de préparer cet examen ? Comment réviser le CFA et à partir de quel moment ? »

A votre service, AlumnEye répond à toutes vos questions.

 

Le CFA, pour qui ?

Pour avoir quelques chiffres en tête, 200 000 candidats du monde entier s’inscrivent chaque année à cet examen difficile. Il représente un atout à l’international car le CFA est reconnu par les recruteurs du monde entier, indépendamment de l’Ecole dont le candidat est issu. Le CFA est même fortement recommandé pour l’obtention de certains postes dans les pays anglo-saxons, même s’il n’est pas une condition sine qua non à l’embauche en France.

15% des candidats sont encore étudiants. En effet, il faut être titulaire d’un Bachelor pour se présenter et il n’est pas impossible de se lancer dès le Master, en parallèle des cours. De plus en plus d’écoles de renom et d’universités françaises comprennent l’intérêt de ce label : le CFA Institute a d’ailleurs créé un partenariat avec les 3 parisiennes (HEC, l’ESSEC et l’ESCP-Europe), ainsi qu’avec l’Insead, Paris-Dauphine, Panthéon-Sorbonne ou encore Neoma Business School à travers le CFA University Recognition Program.

Le niveau 1 du CFA comporte 240 questions de type QCM. Pour passer l’examen, il faut plus de 70% de bonnes réponses.

Une grande variété de matières sont abordées à l’examen : Méthodes de calcul quantitatives, (Quantitative Methods), Economie (Economics), Finance d’entreprise (Corporate Finance) et Gestion de portefeuille (Portfolio Management). L’examen teste aussi les connaissances du candidat sur les décisions liées à l’investissement avec des épreuves telles Investissements en actions (Equity Investments), Investissements à taux fixe (Fixed Income) et Produits dérivés (Derivatives), Investissements alternatifs (Alternative Investments). Attendez-vous à affronter également des matières plus déroutantes comme l’éthique et les standards professionnels (Ethical and Professional Standards), où une approche intuitive sera insuffisante pour réussir.

 LA4Lire aussi : Les tests standardisés (GMAT, CFA, TOEIC…). Lesquels passer et lesquels mettre sur son CV

La certification CFA : un label international pour une carrière en finance

Dans le secteur financier, il n’existe pas de label comparable en termes de reconnaissance internationale. Ce diplôme est un gage de valeur qui garantit des compétences et connaissances pratiques relatives aux décisions d’investissement. La certification CFA comporte 3 niveaux (ou « levels »).

De nombreux candidats voient long-terme dès leurs études et se demandent s’il est bon de se lancer en tant qu’étudiant. Les avis sont partagés, mais passer la certification CFA durant votre cursus comporte 3 principaux points positifs : 

  • Un avantage décisif sur les autres candidats: votre CV sera sensiblement au-dessus du lot lors d’une candidature de stage de fin d’études ou pour une première embauche, notamment si vous avez un niveau 2 ou 3. Le niveau 1 n’est que peu discriminant.
  • Une dimension internationale de fait, qui viendra appuyer votre diplôme de Master quelle que soit la cote de votre Ecole
  • Un emploi du temps bien plus flexible qu’une fois en CDI

 

Comment se préparer ?

  • Premier conseil, gérer son planning de révisions. Deux sessions annuelles accueillent les candidats du Level I du CFA : au mois de juin et au mois de décembre. Il ne faut pas sous-estimer la charge de travail qu’implique une telle préparation : entre 250 et 300 heures de travail recommandées ! Ainsi, si vous vous inscrivez en juin, mieux vaut voir large et commencer la préparation dès novembre ou décembre.
  • Ne pas prendre cet examen à la légère : seuls 43% des candidats ont réussi l’examen Level I de juin 2017. Rassemblez les supports pédagogiques pertinents, et profitez des périodes de cours les moins chargées pour réviser un maximum.
 LA4Lire aussi : Faut-il passer son CFA pendant ses études ? 

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Verbal Reasoning Tests : comment s’y préparer ?


Vous souhaitez vous entraîner sur les tests de raisonnement verbaux ? Consultez les Verbal Reasoning practice tests de JobTestPrep

Avant d’envoyer votre CV pour un stage ou de postuler en ligne à un programme de type Summer Internship ou Graduate, c’est se tirer une balle dans le pied que d’arriver la fleur au fusil. Préparez-vous ! Vous serez très probablement soumis à des tests en ligne, notamment le test de raisonnement verbal, ou verbal reasoning test. De même que les tests numériques en ligne, ce sont les tests les plus communément utilisés par les banques et institutions financières pour écrémer les candidats. L’improvisation n’est pas le talent qui vous sauvera et l’entraînement reste le meilleur moyen d’améliorer ses performances et sa rapidité.

 

Quelques conseils pour s’y préparer

Il existe plusieurs types de tests de « verbal reasoning ». Ces derniers sont voués à tester les compétences des candidats en termes de logique et compréhension. Si l’on peut recourir au bachotage pour les questions de grammaire, seuls la pratique et l’entraînement pourront améliorer vos performances et votre rapidité devant des questions de logique et de compréhension. Il est donc recommandé d’entraîner le cerveau aux questions types et de savoir, lorsque vous candidatez, à quel type de test vous serez confronté afin de s’entraîner en amont et d’être préparé le jour J.

 

Premier réflexe : se renseigner sur l’éditeur de test de votre recruteur

Les recruteurs n’innovent pas beaucoup en termes de verbal reasoning tests et prennent pour source de leurs questions les mêmes bases de données. Ces tests émanent d’éditeurs spécialisés comme Kenexa (PSL), SHL, Talent Q, etc. La plupart des tests de verbal reasoning se ressemblent, mais chaque éditeur de texte utilise un format-type de questions. Renseignez-vous donc sur l’éditeur de test utilisé par le recruteur chez lequel vous avez postulé afin de vous préparer de façon efficace : c’est une information clef et facile à obtenir (elle figure parfois sur le mail d’invitation au test ou en interrogeant un minimum les moteurs de recherche).

Pour vous entraîner, JobTestPrep propose des packs d’entraînement aux verbal reasoning tests spécialement conçus pour chaque éditeur de tests. N’hésitez pas à vous renseigner sur ces packs d’entraînement tests ici :

 

Les questions typiques

Afin de vous préparer au large éventail possible de questions présentes dans les Verbal reasoning tests, nous avons répertorié les principaux types existants :

  • Reasoning test :un texte vous est présenté et les questions portent sur des extraits précis du texte. Une question en rapport avec l’extrait vous est posée avec 3 réponses possibles. Il vous faudra évaluer si la phrase supplémentaire présentée est “Vraie”, “Fausse” ou “Impossible à déterminer” par rapport au texte initial.
  • Verbal comprehension test : comme son nom l’indique, il s’agit de mesurer la capacité de compréhension du candidat. Très fréquemment utilisé, ce test requiert une lecture rapide d’un texte afin d’en tirer les informations principales.
  • Verbal Application : ces tests de raisonnement verbal présentent des phrases partielles à compléter. Toujours sous forme de QCM, il faut choisir l’une des options proposées. Ces tests sont privilégiés pour des postes plus seniors de management.
  • Analogies :ces questions vous testent sur les relations entre différents mots et différentes phrases.
  • Grammar test : assez similaire aux tests d’English proficiency, ce test de grammaire vous demande d’identifier les tournures grammaticales incorrectes parmi un choix proposé.
  • English proficiency test :ce test évalue votre niveau de compréhension de la langue anglaise. Les questions portent sur la compréhension, le vocabulaire, mais aussi l’orthographe.

 

D’autres Verbal Reasoning tests plus atypiques

Il existe d’autres tests d’aptitude basés sur le raisonnement verbal mais qui n’entrent pas dans les catégories mentionnées plus haut. Ces tests différents portent un nom qui leur est propre et peuvent être préparés de façon distincte.

  • Watson Glaser test :répandu chez les recruteurs de cabinets d’avocats, ce test de critical thinking est utilisé par un grand nombre d’entreprises pour sélectionner leurs candidats. Pour en savoir plus, cliquez ici.
  • Logical/Deductive Reasoning tests :ces tests s’apparentent davantage à des tests de logique qu’à d’habituels tests de raisonnement verbal. Il convient lors de ces tests de trouver certaines informations par élimination ou bien par déduction. Pour en savoir plus, cliquez ici. Alors pour réussir, musclez votre cerveau et préparez-vous.

 

Exemple de question tirée d’un Verbal Reasoning Test :

Paragraphe principal :

There is no doubt that vegetarian food can be healthier than a traditional diet – indeed, research has demonstrated that vegetarians are less likely to suffer from heart disease and obesity than those who eat meat. One long-standing concern about a vegetarian lifestyle is the risk of failing to take in enough protein. However, historical calculations as to the amount of protein needed for a healthy lifestyle have recently been shown to overestimate the quantities needed, and if vegetarians select their food carefully they should be able to meet their protein needs.

Question :

A balanced diet is more likely to promote health than any particular food or food group in isolation.

  • True
  • False
  • Cannot Say

 

 


Christine Lagarde, de la fusion acquisition au FMI

Première femme à diriger l’un des plus gros cabinets d’avocats d’affaires au monde, Baker & McKenzie, première femme ministre de l’économie parmi les pays du G7 et première femme à présider le Fond Monétaire International. Avec un tel parcours, difficile de faire l’impasse sur Christine Lagarde dans notre série de portraits sur les personnalités les plus en vue de la finance et de l’économie. Sa carrière professionnelle est remarquable en tout point. De la sphère privée au secteur public, elle parvient aussi à s’imposer sur le plan international. Qui est donc ce personnage atypique du microcosme politique français, celle que Dominique de Villepin surnommera la « femme providentielle de l’international » et qu’en est-il de son bilan au ministère de l’économie et au FMI ?

 

Un parcours marqué par la réussite

Christine Lagarde est dès le début baignée dans un environnement scolaire exigent. Fille d’un père universitaire et d’une mère enseignante, elle excelle en classe comme en sport, qu’elle pratique à haut niveau. À 15 ans, elle obtient une médaille de bronze au championnat de France de natation synchronisée. Après l’obtention de son bac, elle effectue un an de scolarité aux États-Unis, où elle découvre la politique en effectuant un stage au Capitole à Washington. Elle y développe un intérêt pour le continent Américain et un goût pour l’international. « Cette dimension m’a transformée en profondeur. Lorsque vous vous retrouvez seule dans une culture, une langue et un mode de fonctionnement qui vous sont étrangers, vous vous renforcez. » déclare-t-elle.

À son retour, elle enchaine les formations académiques : maîtrise d’anglais, maîtrise de droit des affaires, DESS de droit social, elle poursuit sa formation à l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence. Malgré son goût prononcé pour les études, elle échoue à deux reprises au concours d’entrée de l’ENA.

LA4Lire aussi : Emmanuel Hasbanian, un parcours sans faute

 

Une avocate d’affaires hors norme

Équipée d’un solide bagage juridique, elle devient avocate au barreau de Paris et entame sa carrière au sein du prestigieux cabinet d’avocats Baker & McKenzie. En 25 ans de carrière, elle gravit les échelons jusqu’à prendre la présidence du comité exécutif de Chicago en 1999, avant de présider le comité stratégique monde en 2004. À 43 ans, Christine Lagarde fait partie des plus jeunes associés-gérants à gouverner ce cabinet d’élite, présent dans 35 pays. Sa position la place déjà comme l’une des femmes les plus influentes au monde selon Forbes. À l’apogée de sa carrière d’avocate, elle délaisse les affaires, par esprit Républicain, afin de défendre les intérêts de la France. « La France possède d’immenses talents et d’extraordinaires savoir-faire ; ça valait la peine de tout lâcher pour ce projet-là, changer le regard des étrangers sur la France, valoriser notre pays. » dit-elle.

 

« Meilleur ministre de l’Economie de la zone euro »

C’est en 2005, à la demande de Dominique de Villepin, que l’avocate décide d’abandonner sa carrière juridique aux États-Unis pour prendre ses fonctions en tant que ministre déléguée au commerce extérieur. Elle veillera notamment aux négociations au sein de l’OMC. À la suite de l’élection de Nicolas Sarkozy, elle reste au gouvernement et après un bref passage au ministère de l’agriculture et de la pêche, elle devient, en juin 2007, la première femme ministre de l’économie et des finances en France (et parmi les pays du G7). En pleine crise financière mondiale, le chantier qui attend Christine Lagarde est de taille.

Dès l’été 2007, des mesures sont prises notamment avec la loi Travail Emploi et Pouvoir d’Achat (TEPA) qui introduit une baisse de 60% à 50 % du bouclier fiscal, la défiscalisation des heures supplémentaires (le fameux « travailler plus pour gagner plus »), ainsi que la déduction des intérêts d’emprunts. Toutefois le bilan de ces mesures reste mitigé, d’autant plus que le gouvernement fait un pas en arrière sur le bouclier fiscal et la déduction des intérêts d’emprunts. En matière d’emploi, la ministre de l’économie pilote la fusion entre l’Unedic et l’ANPE pour créer Pôle Emploi.

L’objectif principal de la ministre est de favoriser la concurrence et la compétitivité. Cela se traduit notamment par la mise en place de la loi de modernisation de l’économie (LME), dans l’esprit du rapport de Jacques Attali. Celle-ci instaure le statut d’auto-entrepreneur, une réduction des délais de paiement pour les petites et moyennes entreprises, ainsi que l’instauration d’une libre négociation des tarifs entre fournisseurs et distributeurs. Il en ressort un fort succès pour le statut d’auto-entrepreneur (on en recense 1,075,000 rien que sur le deuxième trimestre 2015), de même pour la réduction des délais de paiement puisque le gouvernement affirme une réduction de délai de 10 jours. Cependant, les règles visant à diminuer les prix dans la grande distribution n’aboutissent pas aux effets escomptés.

Le contexte macro-économique marqué par la crise financière ne facilite pas le travail de la ministre. Cependant, sa gestion de la crise bancaire, sa persévérance remarquée dans le sauvetage de Dexia, comme son abnégation active lors des sommets du G20, permettent d’une part à la France de surmonter la crise avec moins de difficultés que les autres pays, et d’autre part à Christine Lagarde de façonner sa stature internationale. Son travail est massivement salué par la communauté internationale, le Financial Times en 2009 va même jusqu’à la consacrer ministre des finances de l’année.

 

La construction d’une stature internationale

Femme, française, avocate dépourvue de formation universitaire en économie, comme d’expérience professionnelle en banque centrale ; a priori rien ne prédestinait Christine Lagarde à prendre les rênes de cette institution internationale. Mais, une fois de plus, la « femme providentielle de l’international » parvient à s’imposer. Depuis la crise des subprimes, elle a participé à toutes les réunions de premier rang permettant d’éviter le naufrage économique pressenti. Présidant le G20 finance, elle fait preuve de consensus avec les pays émergeants afin de corriger les inégalités. Ainsi, elle a pu démontrer ses talents de négociatrice hors pair et gagner ses galons. Désormais, la ministre possède la légitimité nécessaire afin d‘entrer dans la course à la succession de Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI.

 

Première femme présidente du Fond Monétaire International

Le 5 juillet 2011, elle devient officiellement la nouvelle présidente du Fond Monétaire International. Risque de défaut de la Grèce, guerre des taux de change, nouvelles réclamations des pays émergeants, les dossiers qui attendent Christine Lagarde au FMI sont explosifs.

La première difficulté de la nouvelle patronne est la crise grecque. Si dans un premier temps le FMI est souvent décrié et pointé du doigt, c’est l’Allemagne d’Angela Merkel qui prendra le relai. Dans la gestion de ce dossier, la position de Christine Lagarde est à double sens. D’un côté, c’est la rigueur qui est préconisée au risque d’asphyxier le pays de jour en jour. De l’autre, l’institution défend une restructuration de la dette considérée comme insolvable. Sous l’impulsion de la présidente, le FMI participe à un plan d’aide de 28 milliards d’euros avec pour objectif d’éviter coûte que coûte le « Grexit ». Dès lors, la présidente du FMI sort de ses prérogatives au risque de renforcer un défaut de paiement. Le pire fut évité mais l’économie grecque s’est écroulée du fait des politiques d’austérité imposées. Le premier ministre grec Alexis Tsipras va même jusqu’à qualifier la responsabilité de l’institution de « criminelle ». Aujourd’hui la situation s’est sensiblement améliorée, il n’en est pas moins que l’avenir du pays reste incertain.

À défaut d’avoir modifié la doctrine libérale du Fond, la présidente du FMI peut être saluée pour le vent nouveau qu’elle apporte à l’institution. En effet, elle redore l’image de l’institution après le scandale DSK. L’avocate d’affaires, qui cultive l’élégance française, tout en maniant parfaitement la langue de Shakespeare, a séduit les médias du monde entier et contribué à humaniser l’image du FMI dont les politiques ultralibérales sont controversées.

Dans cet esprit d’innovation, elle mène une réforme qui donne plus de pouvoir aux pays émergents. La Chine ne possédait que 3,8 % de droits de vote au conseil d’administration, contre 6% actuellement, l’Inde, la Russie et le Brésil ont aussi gagné au change. Cette avancée est favorablement accueillie, d’autant plus qu’elle était nécessaire pour éviter la création d’institutions concurrentes comme la Banque Asiatique d’Investissement.

Elle introduit de nouveaux sujets dans les préoccupations du FMI : la place des femmes dans la société, les inégalités sociales, le réchauffement climatique. « Nous sommes arrivés à la conclusion que les inégalités fortes constituaient tout d’abord un frein à la croissance, une croissance durable, forte et équilibrée que chacun appelle de ses vœux. Si nous sommes logiques, nous ne pouvons pas admettre que ces fortes inégalités perdurent », déclara-t-elle.

LA4Lire aussi : Janet Yellen, une colombe à la tête de la FED ?

 

Un nouveau défi : renouer avec la mission historique de l’institution

La mission historique du FMI est de s’assurer de la stabilité du système monétaire international. Il se doit d’éviter la guerre des monnaies à travers des recommandations aux banques centrales quant à leur politique des taux d’intérêt. Lorsque la FED augmenta ses taux directeurs en décembre 2016, des pays émergents comme le Brésil ont directement étés impactés par cette décision. Le rôle du FMI dans ce cas-là est donc de s’assurer que les décisions de la FED et la BCE ne déstabilisent pas le système monétaire, en particulier celui des pays émergents. À cet égard, l’action menée par Christine Lagarde au FMI est vivement critiquée.

 

Christine Lagarde est aujourd’hui l’une des femmes les plus influentes de la planète, au parcours remarquable. Si son image a pu être entachée par sa condamnation pour « négligence » dans l’affaire Tapie, elle a néanmoins su s’imposer et marquer par son style et ses réformes innovantes. Contribuant à redorer l’image de cette institution, de plus en plus critiquée, elle a été reconduite pour un second mandat de cinq ans le 19 février 2016 dans une période où « l’économie mondiale connaît un passage à vide », a annoncé l’institution dans un communiqué.

 

Mamadou Dembele, étudiant à Dauphine et contributeur du blog AlumnEye


Excel : le match VLOOKUP vs INDEX MATCH

Excel est un des sujets préférés de nos lecteurs. Et pour cause, c’est sans doute le logiciel avec lequel vous passez le plus clair de votre temps !

Nous avons donc décidé de vous donner quelques tips utiles qui réduiront vos longues soirées sur Excel, et vous feront passer pour un guru « technique » auprès de votre boss et vos collègues.

INDEX MATCH, le pourfendeur du VLOOKUP

Pour ceux qui ont un Excel en français, le VLOOKUP n’est autre que le fameux RECHERCHEV, très coté, très connu, très simple d’utilisation. Quant à l’INDEX MATCH, son petit nom francophone est INDEX EQUIV, plus timide, moins tapageur, mais bien plus efficace.

Pourquoi vouloir remplacer le VLOOKUP ? 

Il y a 3 principales raisons, qui méritent d’abandonner le VLOOKUP :

1. La contrainte de l’ordre des colonnes

VLOOKUP recherche une valeur dans la « colonne de référence » qui doit être située à gauche de colonne de la valeur retournée. Pour cette raison, il est parfois nécessaire de changer l’ordre des colonnes pour utiliser la fonction VLOOKUP, ce qui est toujours pénible.

2. La contrainte du comptage des colonnes

Lorsque vous cherchez à retourner une valeur située en colonne n°3, ça n’est pas un problème, mais si elle est en colonne n°554, il faut compter ! ça n’est certainement pas le plus gros blocage, mais on s’en passerait bien.

3. La contrainte sur le tri croissant des valeurs numérique

Si l’on utilise le VLOOKUP pour rechercher une valeur numérique, il est indispensable de trier la colonne de valeurs selon un ordre croissant. Encore une manipulation supplémentaire nécessaire pour utiliser cette fonction.

Pourquoi INDEX MATCH est une fonction bien supérieure que VLOOKUP

Pour comprendre la supériorité d’INDEX MATCH, il faut d’abord bien comprendre la fonction INDEX et la fonction MATCH et leur complémentarité.

Rien de tel pour ça qu’une vidéo avec une spreadsheet excel en exemple !

 

Si vous avez compris le principe, tant mieux ! Cette deuxième vidéo vous donnera un exemple plus complexe qui requiert INDEX MATCH


IPOs et les « hot issues » du moment

Dans un précédent article (LA4Lire aussi : IPOs, l'alignement des planètes), nous avons étudié les raisons du regain du marché des IPOs lors de ce premier trimestre de 2017. Nous avons notamment vu que les incertitudes politiques en Europe et aux Etats-Unis se tarissaient, que le climat économique s’améliorait, que les régulateurs financiers se montraient favorables aux IPOs et que cette bonne tenue du marché était garantie par des opérations phares, telle l’introduction de Snap Inc. Pour compléter et conclure cette analyse du marché des IPOs, nous allons maintenant évoquer les innovations observées sur le marché des IPOs et les « hot issues » du moment.

 

Des techniques de vente innovantes

Pour se démarquer dans ce secteur concurrentiel où la visibilité compte pour la réussite d’une IPO, certaines sociétés n’hésitent pas à casser les codes de Wall Street et des autres places financières pour mettre en avant leur opération. YayYo, une start-up de comparaison de services de covoiturage a décidé d’adopter un marketing disruptif. Cette société a entrepris un marketing de son IPO à coups de spots publicitaires diffusés en parallèle sur CNBC – chaîne de télévision américaine spécialiste des marchés financiers – et sur la chaine grand public Fox News. On y retrouve une communication agressive et un call-to-action explicite : « Vous pouvez gagner des millions, comme les premiers investisseurs de Uber ». Cette campagne de publicité est clairement destinée aux investisseurs « bon père de famille ». L’apparition à l’écran de John O'Hurley – qui incarnait le personnage J. Peterman dans la série Seinfeld dans la décennie 90 – vient confirmer ce ciblage.

Ces techniques de communication posent des questions d’éthique et d’objectivité car la société YayYo n’a pas encore développé son produit fini. Pis, le CEO, Ramy El-Batrawi, est connu pour avoir travaillé avec des négociants d'armes tel Adnan Khashoggi (présumé impliqué dans le scandale Iran-Contra), et est accusé de manipulation de cours dans les sociétés cotées où il travaillait. De plus, alors que YayYo se vante d’avoir décroché des partenariats avec les leaders du secteur, Lyft a assuré avoir rejeté son offre et refuse de communiquer les données de ses utilisateurs, pourtant nécessaires au fonctionnement de la future application de YayYo. Pour finir, rappelons que la startup présente un risque d’illiquidité : elle ne compte que $160 000 de cash pour faire fonctionner son cycle d’exploitation. Un scénario similaire semble peu probable dans l’hexagone, à savoir un dossier compliqué d’IPO, médiatisé à coup de publicités à des heures de grande écoute sur des chaines de télévision grand public. C’est bien connu, les américains ont toujours été d’excellents vendeurs.

 

Un service connecté pour les investisseurs

Autre innovation, le service PRE-IPO, lancé par Invest Securities, propose aux particuliers de participer au tour de financement des PME en croissance quelques mois avant leur IPO, activité historiquement réservée aux investisseurs professionnels. Ainsi, les investisseurs particuliers pourront, avec un ticket minimal de 2 500€, investir directement via une plateforme de crowdequity dans le capital de ces entreprises. Ils pourront aussi participer à un « pool » d’investisseurs, constitué d’autres particuliers et d’investisseurs professionnels, pour prendre des participations dans une entreprise avant son introduction. Important à savoir, ces opérations bénéficient d’exonérations d’imposition et d’une exonération d’ISF via la dispositif TEPA.

 

De nouvelles clauses contractuelles

Les innovations sont aussi présentes dans la structure même de l’opération d’introduction en Bourse. Par exemple, certaines IPOs ont recouru à des « cornerstone investors » ou investisseurs piliers. Pratique commune et règlementée en Asie, elle est peu habituelle en Europe et est souvent le lot des petites introductions, du secteur des Biotechs par exemple. Il s’agit pour l’entreprise de garantir la cession d’une partie de son capital à certains investisseurs, avant même l’IPO, lors du « book building » ou établissement du livre d’ordres. Ainsi, ces investisseurs privilégiés bénéficient d’un prix de souscription préférentiel et échappent aux affres de la concurrence. En effet, lors d’IPOs « oversubscribed », les titres de la société sont très convoités car mécaniquement, quand la demande est supérieure à l’offre, les prix s’envolent. Néanmoins, ces investisseurs subissent le risque que l’IPO ne devienne pas effective. Selon le site d’information Dealogic, la part des « cornerstone investors » représentait 58% des montants levés en Chine en 2016 lors d’IPOs. En France, Showroomprivé (2015), Spie (2015), ou encore la Biotech Inventiva (2017) ont eu recours à ces pratiques.

Par ailleurs, certaines sociétés n’hésitent pas à proposer des conditions du moins inhabituelles lors de leur IPO. Ainsi, lors de l’introduction en Bourse de Snap Inc., ils ont consenti à renoncer à tout droit de vote pour se constituer actionnaire de la société. C’est ainsi qu’E. Spiegel et B. Murphy ont conservé le contrôle sur leur société (70% des droits de vote), tout en perdant la majorité au capital (45%). Google avait aussi en son temps proposé plusieurs classes d’actions, chacune possédant des droits différents. Cette pratique ne semble pas séduire les investisseurs européens, pour l’instant.

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Les « hot issues » à venir

Les spéculations vont bon train après la publication des données positives des IPOs pour ce premier trimestre de 2017. Le marché semble être dans l’attente de l’introduction de licornes afin de confirmer la bonne tenue du marché des IPOs. Ainsi, ci-après un tableau récapitulatif qui recense les rumeurs de marché. L’introduction de Saudi Aramco ne fait pas partie de cette liste, car son introduction n’est plus une rumeur et semble déjà actée.

 

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Ici, il est intéressant de noter que de nombreuses sociétés présentes dans cette liste ne sont pas encore profitables, ce qui remet en cause la viabilité de leur Business Model (Uber, Airbnb, etc.). Il convient donc aux investisseurs de ne pas succomber à l’attractivité prétendue de ces dossiers. En effet, les investisseurs ayant manqué certaines introductions capitales, telles celles des GAFA, s’avèrent moins prudents. De peur de voir l’histoire se répéter, ils sont enclins à investir dans des entreprises moins stables, à la visibilité financière inférieure. Rappelons tout de même qu’il existe des gabegies à la Twitter, dont l’action, au 12/09/2017, décote de plus 30% par rapport à son prix d’introduction.

 

Concluons en réaffirmant que le marché des IPOs est animé par des impulsions structurelles et conjoncturelles très positives, que les quelques réserves émises peinent à noircir. Ainsi, le marché des IPOs profite largement d’un effet report suite aux événements géopolitiques de 2016, d’un regain des fondamentaux économiques mondiaux, d’un contexte réglementaire faisant montre d’un intérêt manifeste au développement des opérations d’introduction en Bourse, ainsi que de la vigueur des marchés financiers et des opérations de fusions-acquisitions. Néanmoins, pour ne pas retomber dans les méandres spéculatifs des années pré-crises, il est indispensable que les investisseurs institutionnels et particuliers conservent leur esprit critique lors de ces opérations d’introduction et restent cohérents avec leurs objectifs d’investissement et leur profil de risque. N’oublions pas que les IPOs sont pétries de conflits d’intérêts entre la volonté de l’entreprise d’avoir une valorisation la plus élevée possible, celle de l’« underwritter » d’introduire le plus de sociétés possibles tout en percevant un maximum de commissions, le régulateur soumis à des pressions lobbyistes et motivé par des objectifs d’attractivité des entreprises ainsi que de protection des investisseurs et enfin des effets de mode toujours dévastateurs. Après une revue exhaustive du Business Model, des motivations des parties prenantes et des interactions entre elles, du secteur économique et de l’activité, les IPOs peuvent représenter des dossiers d’investissement très intéressants et retourner aux investisseurs des taux de croissance à deux, voire trois chiffres. Le tout est d’observer un des préceptes fondamentaux du bon investisseur, énoncé par W. Buffet : « Never invest in a business you can't understand ».

 

Migwel Perrin, étudiant à Audencia et contributeur du blog AlumnEye