Le métier de broker est-il en danger ?

Le métier de Broker reste, de nos jours, méconnu du grand public, malgré sa très large mise en valeur cinématographique dans des films comme le Loup de Wall Street ou Boiler Room. L’imaginaire collectif connote péjorativement ce métier, au détriment de sa complexité. Par définition, le Broker est un intermédiaire qui exécute des transactions sur les marchés pour le compte de ses clients. Il peut s’agir de firmes dont c’est l’activité principale – comme Charles Schwab ou Ameritrade aux Etats Unis – ou bien d’une business unit parmi d’autres, tels Merrill Edge chez Merrill Lynch, ou Barclays Stockbroking. Focus sur un univers souvent caricaturé et en perpétuelle évolution.

 

Qu’est-ce qu’un Broker ?

Le Broker réalise des opérations pour compte de tiers, qu’il s’agisse d’entreprises ou de particuliers. Le métier possède donc deux facettes complémentaires : commerciale (s’agissant de la vente d’un service) et financière (plus technique). Par rapport au Sales, le Broker est un apporteur externe, il fait le lien entre des clients et des traders d’une banque. Il doit négocier aussi bien avec le trader qu’avec le client pour assurer sa rémunération. Il se doit également d’être plus pointu en expertise économique, sachant qu’il n’a généralement pas de fonction Research pour le seconder. Cependant les deux fonctions partagent le même rôle hybride financier/commercial et le courtage est généralement une bonne porte d’entrée vers le métier de sales.

On distingue deux catégories de Brokers : le conventional offrant un service complet à ses clients, incluant analyse et gestion de portefeuille, et le discount qui se contente plus ou moins d’exécuter les ordres en pratiquant des prix faibles. Il est facile – et généralement admis –  de simplifier les relations entre investisseurs et Brokers. Animé par l’appât du gain, le Broker pousserait le client à spéculer. Il est donc important de comprendre le métier pour ne pas oublier que le Broker est un acteur souple chargé de trouver l’équilibre entre des logiques opposées.

LA4Lire aussi : Le métier de Sales : tips et décryptage, une interview AlumnEye

 

La tension entre appât du gain et satisfaction client

La nature des produits vendus par le Broker est complexe. Il doit donc comprendre les mécanismes de marché à très haut niveau afin de pouvoir donner des conseils pertinents à ses clients et justifier ses commissions. Ainsi, il doit passer des tests de compétences pour pouvoir exercer son métier – les Series 7 et 63 aux Etats-unis – ou être certifié par l’AMF en France. Ces tests visent à certifier une connaissance des produits et une sensibilité à l’éthique, nécessaires à l’exercice de la profession.  Si sur ce plan, le Broker s’apparente à un opérateur classique de marché, sa méthode de rétribution l’incite à encourager la spéculation. Chaque ordre lui rapporte une commission proportionnelle à la sophistication du produit et à la taille de la position engagée. Dans la mesure où il n’est pas directement responsable des pertes, il fait finalement prendre des risques au client qu’il n’assumera pas lui-même.

Ainsi, le Broker s’éloigne de l’opérateur de marché standard. L’intérêt qui l’anime – détourné de la qualité de l’investissement réalisé – le rapproche des fonctions commerciales. Nombre de litiges tournent donc autour de la bonne foi de cet intermédiaire lorsqu’il a « vendu » à son client. En théorie, l’accès instantané à l’information permis par les nouvelles technologies rend la réputation d’un Broker extrêmement fragile et devrait le dissuader de vendre aveuglément des produits financiers. Autrement dit, selon la formule de Bentham : « the more strictly we are watched, the better we behave ». Par ailleurs les clients du Broker sont généralement des investisseurs avertis et il semble raisonnable de penser qu’ils consacrent du temps à leurs finances, ce qui les préserve des investissements irrationnels. En pratique, le sort médiatisé d’un très gros Broker FX aux Etats-Unis montre combien sont grandes les opportunités de dérive dans des systèmes complexes.

Le défi de la désintermédiation électronique

Les Brokers traditionnels sont exposés à un nouveau risque de désintermédiation. Nombre de Brokers discount en ligne se contentent d’exécuter les ordres des clients. A titre d’exemple, Charles Schwab – Broker d’envergure outre-Atlantique – a été contraint de diviser ses frais de courtage par trois en une vingtaine d’années, sous la pression des plates-formes de trading. Face la concurrence sur les prix, les Brokers traditionnels ont pris le parti d’une montée en gamme de leurs services. Ils mènent ainsi une concurrence hors prix, reposant sur la qualité de leurs analyses. Tous les Brokers rendent aujourd’hui leur recherche accessible aux clients, et font du service l’essentiel de leur valeur ajoutée. Afin de faire la publicité de leur expertise, de plus en plus de Brokers mettent à la disposition de tous une partie de leurs analyses et de leurs conseils d’investissement. Charles Schwab publie, par exemple, ses « white papers » en libre accès sur son site.

La décision de recentrer la valeur du service sur le conseil d’investissement est extrêmement pertinente. Des études comportementales ont par exemple montré que les investisseurs individuels employant des plates-formes en ligne réalisent 50% de transactions de plus que les individus offline. Ces derniers voient leur propension à spéculer augmenter, alors que leurs ordres souffrent d’un timing moins efficace. Dès lors, pourquoi préférer au Broker en ligne un Broker traditionnel ? Pour pouvoir co-construire sa stratégie avec un spécialiste, et placer un intermédiaire entre sa propre impulsivité et le marché.

LA4Lire aussi : Digital et technologie : quels challenges pour les banques d’investissement ?

 

Stratégie de candidature

Si cet article a éveillé votre intérêt pour le métier de Broker, sachez qu’en France plusieurs firmes recrutent pour des stages.  Parmi les plus connues on trouve Kepler Cheuvreux, OTCex, mais il est également possible de candidater chez des Brokers spécialisés sur un marché comme FXCM. Le métier est assez similaire à celui de Sales en banque, et peut donc constituer une bonne porte d’entrée vers cette fonction. La complexité de ce poste tenant avant tout à sa nature hybride, il convient de bien se renseigner sur les différents prérequis de la fonction avant de postuler car une simple connaissance technique ne suffira vraisemblablement pas à faire de vous un bon candidat.

 

Les Brokers doivent faire face à plusieurs défis : il leur faut surmonter les divergences d’intérêts d’une part, et la concurrence de Brokers online bas-de-gamme d’autre part. Le nouveau positionnement vers le service réaligne leurs intérêts sur ceux des clients et préserve les Brokers de la concurrence prix. Néanmoins cela les rend toujours plus sensibles aux questions d’image, tout en réduisant leurs marges. Le futur des Brokers traditionnels passe donc par ces nouveaux impératifs de savoir-faire et d’e-réputation, autant d’axes de réflexion pour imaginer l’avenir du métier. Challenge technique, humain mais aussi éthique, le métier de Broker est à la fois complexe et stimulant; aussi, n’hésitez pas à orienter vos recherches vers ce type de poste.

 

Pierre-Jean COLIN, étudiant à Audencia et contributeur du blog AlumnEye


Les effets, enjeux et réglementations du Trading Haute Fréquence

Rien n’est permanent, sauf le changement. Ce célèbre adage attribué au philosophe grec Héraclite s’adapte parfaitement au monde économique et financier que l’on connaît. Les évolutions technologiques et réglementaires ont modifié les façons d’interagir sur les marchés. Le passage aux bourses automatisées, l’essor du Big Data et du machine learning ont permis l’émergence du Trading Haute Fréquence pendant la décennie 2000. Cette pratique récente s’est fortement développée entre 2005 et 2009. D’après TABB Group et Deutsche Bank, en 2014, le THF a représenté 35% des échanges sur les marchés actions en Europe et 50% aux Etats-Unis.

 

La vitesse, un facteur de compétitivité pour les THFs

Les THFs sont des daily traders qui utilisent des algorithmes de pointe s’exécutant en millisecondes – voire microsecondes – placent et annulent des millions d’ordres dans une journée de trading, liquident leurs positions très rapidement avant la fin de séance. Si les THFs ont une stratégie fondée sur le volume des transactions, la vitesse est un élément clé. Elle permet d’être le premier à recevoir et traiter de l’information issue des bases de données. Plus un THF est rapide, plus il peut repérer des signaux de marché et anticiper des mouvements de prix avant les autres traders. C’est pourquoi un THF ne va pas hésiter à investir des sommes considérables pour gagner ne seraient-ce que quelques nanosecondes.

Après avoir optimisé leurs algorithmes, les THFs ont trois options pour gagner en vitesse :

  • Devenir client des entreprises de marché en ayant recours au système de colocation. Pour cela, le THF va louer un box où il pourra connecter directement ses ordinateurs par fibre optique sur les serveurs de la plateforme.
  • Investir dans les réseaux de télécommunication de pointe. Cela a un coût non négligeable : Spread Network LLC a relié, en 2010, les places boursières de New York et Chicago en fibre optique. Le coût estimé de ce réseau de 1 200 km, où les informations circulent en 0,0065 secondes, est de 300 millions de dollars.
  • Devenir client des entreprises spécialisées dans les réseaux de télécommunication de pointe. A titre d’exemple, le coût d’utilisation du réseau de Spread Network LLC oscille entre 3 et 5 millions de dollars par an.

La course à l’armement technologique a été telle qu’aujourd’hui ce réseau est « périmé » car les transmissions par onde puis par laser sont plus rapides que celles effectuées par fibre optique. Les meilleurs THFs effectuent leurs échanges à la limite des lois physiques. Pour preuve, un ordre envoyé à Frankfort vers Londres met 2,21 ms tandis que la lumière met 2,12 ms.

Des manipulations des cours qui échappent très souvent aux régulateurs

Les THFs utilisent principalement des ordres au marché (OAM) et à cours limité. Ils sont teneurs de marché, arbitragistes, spéculateurs mais aussi manipulateurs de cours. Nous pouvons retenir trois types de manipulation de cours :

  • Le Smoking vise à piéger les traders à basse fréquence (TBFs). Les THFs diffusent des ordres à cours limité qui sont attractifs pour les TBFs. Pour que cette stratégie fonctionne, il faut que les TBFs émettent des ordres au marché. Dès lors, les THFs ont le temps d’annuler leurs ordres afin de les remettre à un prix plus élevé (bas) si l’ordre initial à cours limité était un ordre de vente (d’achat) et de l’échanger aux TBFs sans que ces derniers s’en aperçoivent.
  • Le Quote Stuffing permet de faire perdre de la vitesse à d’autres traders. Pour cela, son utilisateur sature les serveurs d’une plateforme en inondant le marché d’ordres (qui seront annulés par la suite). Ces ordres n’ont aucun but économique et se font généralement de façon répétée afin que les transmissions d’informations entre les plateformes et ses acteurs soient perturbées ou ralenties. Cette stratégie permet à un THF initialement moins rapide que ses concurrents de gagner en vitesse et bénéficier d’une opportunité d’arbitrage inexistante sans cette manipulation. Ici, c’est la vitesse relative qui s’avère plus intéressante que la vitesse absolue.
  • Le Spoofing consiste à envoyer massivement des ordres artificiels et directionnels au marché pour entrainer un mouvement de prix d’un actif à la hausse (ou à la baisse) suivant le résultat souhaité. Le but est d’inciter les autres traders à suivre, puis d’amplifier cette fausse tendance. Une fois que la tendance artificielle est manifeste, les THFs retirent leurs positions initiales pour prendre une position inverse. Autrement dit, ils annulent rapidement leurs ordres afin d’acheter plus bas (ou de vendre plus cher) un titre et réaliser un profit facilement.

Il faut savoir que ces manipulations de cours se font sur une durée très courte. Par conséquent, il est difficile pour les régulateurs d’observer et sanctionner ces pratiques. Ainsi, de nombreux THFs s’adonnent à la manipulation de cours, qui est d’ailleurs souvent gage de compétitivité.

Des conclusions mitigées sur les bénéfices des THFs

Les travaux sur leurs effets sur la volatilité, la liquidité, les coûts de transaction et la découverte des prix sur les marchés ne sont pas concluants. Si les chercheurs ont des avis divergents, c’est d’abord dû à la difficulté d’extraire des données uniquement en provenance des THFs, sans les coupler avec celles des autres catégories du trading algorithmique.

D’après une étude de l’AMF datant de janvier 2017, sur Euronext Paris, les THFs sont présents 90% du temps aux trois meilleures limites ; ce qui améliorerait la liquidité. Néanmoins, leur contribution à l’amélioration du spread dépend des annonces, de la volatilité et du moment de la journée. En effet, les THFs se retirent du marché quand il est trop volatile, impacté par un événement, et en fin de séance. D’une manière générale, quand le marché a besoin d’une contrepartie, notamment en période de crise, les THFs ne jouent pas leur rôle de pourvoyeur de liquidité.

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Et des contraintes manifestes

Parmi elles, on compte le risque systémique lié au flash crash; tel celui survenu le 6 mai 2010. A cette contrainte s’ajoutent les manipulations de cours et le mépris de certains THFs envers les régulateurs, le manque de transparence sur leurs algorithmes et leurs transactions, ou encore la défaillance et le vol d’algorithmes. Enfin, citons l’asymétrie d’information sur le marché : les THFs ont une information complète tandis que celle des traders moins rapides est incomplète car ils traitent les ordres dont les THFs ne veulent pas. Les deux principaux risques qu’entrainent le THF sont le risque systémique et le risque que les investisseurs perdent confiance en les marchés à cause des nombreux problèmes créés par cette pratique.

Une réglementation européenne en durcissement constant

Dès lors, on comprend pourquoi cette notion est de plus en plus encadrée. En Europe, les textes MIF II (Marchés d’Instruments Financiers) et MAR (Market Abuse Regulation) traitent du THF. MIF II entrera en application le 3 janvier 2018 et a pour but d’améliorer l’efficience, la résilience et l’intégrité des marchés afin de « Garantir l’égalité des conditions de concurrence sur les marchés financiers et de permettre à ceux-ci de servir l’économie, au soutien de la croissance et de l’emploi. ». MAR est entré en application depuis le 3 juillet 2016 et compte parmi ses objectifs la lutte contre les abus sur les marchés de matières premières, dérivés et financiers, l’interdiction de manipuler les indices de référence (tel le LIBOR), le renforcement des pouvoirs des régulateurs européens (surveillance, enquête et sanctions). L’ESMA (European Securities and Markets Authority) se charge d’élaborer les futures normes techniques et d’application de MIF II et de MAR.

Mais qui demeure lacunaire

Si ces textes donnent une définition du THF en Europe, elle est imprécise sur le nombre de messages par seconde caractérisant un THF. Il s’agit d’« au moins 2 messages par seconde en ce qui concerne tout instrument financier négocié sur une plateforme de négociation ; ou au moins 4 messages par seconde en ce qui concerne l’ensemble des instruments financiers négociés sur une plateforme de négociation ». Selon Finance Watch cette définition engloberait 90% des trappeurs algorithmiques, ce qui limite l’efficacité de la régulation sur les THFs.

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Néanmoins elle pose le cadre légal du THF en Europe

Ces textes traitent également des sanctions, mises en place dès lors que les autorités concernées observent des tentatives de manipulations de cours, des manipulations sur de nouveaux instruments (les indices, les matières premières et les quotas d’émission), et des manipulations sur de nouveaux marchés (marché du carbone, manipulations croisées sur les marchés physiques au comptant des matières premières). Pour encadrer cette pratique, les textes exigent des THFs un agrément pour pratiquer leurs activités, et vont notamment mettre en place une obligation d’enregistrement chronologique des ordres passés (exécutés et annulés) des THFs, un Order to trade ratio (OTR) (ratio qui détermine un seuil d’ordre minimum à exécuter avant sanction) et des structures pour améliorer la transparence, l’égalité entre les acteurs.

Un cadre règlementaire récent aux Etats-Unis

La réglementation des THFs existe outre-Atlantique. La SEC (Securities and Exchange Commission) a pour but de surveiller les marchés financiers et émettre des sanctions en cas de non-respect des règles. Trois éléments en ressortent :

  • Le Market Information Data Analytics System (MIDAS) de 2013. Les THFs doivent dorénavant enregistrer et fournir tous les ordres réalisés, modifiés, annulés et échoués, à la SEC. La surveillance des marchés est plus efficace, les comportements illégaux telle la manipulation de cours sont plus facilement observables et sanctionnés. Pour autant, les régulateurs ne disposent pas des moyens humains et financiers des sociétés de THF.
  • Le Regulation Systems Compliance and Integrity (RSCI) de 2013. L’objectif ici est d’instaurer de nouvelles normes sur les tests et les mises à jour des algorithmes de trading. Cela concerne les entreprises de marché et les courtiers utilisant cette technologie.
  • La Financial Industry Regulatory Authority’s (FINRA) Registration for High Frequency Securities Traders de 2015. La FINRA est responsable de la supervision de pratiquement tous les courtiers opérant sur les marchés financiers ; elle est surveillée par la SEC. Depuis 2015, les THFs ont l’obligation de s’inscrire à la FINRA. Ces derniers sont soumis à plusieurs examens et leurs comportements sont régis par des règles. La surveillance des THFs permet de s’assurer qu’à partir du moment où il y a manquement de conduite observé par le régulateur, le THF sera tenu responsable et sanctionné.

 

Un encadrement propre au marché des matières premières

La Commodity Futures Trading Commission (CFTC) surveille quant à elle les marchés de matières premières et dérivés aux Etats-Unis. Par conséquent, elle y régule les acteurs (notamment les THFs) qui y opèrent. Parmi les éléments clés attrayant à cette structure, retenons :

  • Le Technology Advisory Committee (TAC). Conseil créé en 1999 par la CFTC, il a pour but d’informer la CFTC sur les impacts de l’utilisation des nouvelles technologies sur les marchés à terme et assiste dans l’élaboration d’une régulation adéquate. En 2012, le TAC a créé un sous-comité qui surveille les pratiques des tradeurs algorithmiques.
  • La directive de la CFTC de 2013 modifie la Commodity Exchange Act (CEA) de l’article 747 de Dodd Franck Act (2013). Son objectif est d’interdire les pratiques de trading qui perturbent le bon fonctionnement sur les marchés futures, options, swap (achat d’un produit dérivé à un prix supérieur à la meilleure offre, vente d’un contrat à un prix inférieur à la meilleure demande). La CFTC se pose en garant de la règle du bid-ask. Cette directive met l’accent sur les techniques de manipulation de cours et plus particulièrement sur le Spoofing. La CFTC doit prouver que l’utilisation par le THF de cette pratique était intentionnelle pour qu’il soit sanctionné.
  • La Regulation Automated Trading (Reg AT). La CFTC a proposé une loi de régulation sur le Trading Algorithmique en novembre 2015 pour gouverner certaines pratiques du THF. Elle vise principalement à améliorer le contrôle des risques sur les programmes algorithmiques par les chambres de compensation, les entreprises de marché et les firmes qui font du trading pour compte propre et qui ont un impact sur les marchés dérivés. Pour avoir un accès direct sur les marchés, ces firmes doivent avoir un agrément de la CFTC. De plus, cette loi mettra à jour les régulations de la CFTC sur le Trading Algorithmique afin de limiter les problèmes opérationnels et perturbateurs sur les marchés dérivés et de matières premières.

 

Une bourse anti-THF, Investors Exchange (IEX)

En 2016, la SEC a approuvé IEX en tant que bourse officielle. Créée en 2012 par Brad Katsuyama – un ancien directeur sales et trading de la Royal Bank of Canada – cette bourse résout les problèmes posés par le THF aux investisseurs traditionnels. IEX retarde l’arrivée des flux de données sur la plateforme grâce à une bobine de fibre optique d’une longueur de 38 miles (60 km), mise en place autour du serveur. Grâce à cette technique, un délai de 700 microsecondes (soit 0.0007 s) est à ajouter pour atteindre le marché. C’est un retard considérable pour les THFs qui échangent en microsecondes et se battent pour gagner quelques nanosecondes. L’objectif principal d’IEX est de rassurer les investisseurs en leur promettant d’échanger équitablement, avec transparence et directement avec d’autres acteurs. Cette bourse fonde son succès autrement que sur la vitesse et en mai 2017, 160 millions d’actifs s’y échangeaient chaque jour.

 

L’environnement du trading a véritablement changé grâce au progrès technologique. La vitesse des échanges s’accroit et avoisine désormais celle de la lumière. Mais, l’utilisation du THF pose deux risques majeurs : le risque systémique et la perte de confiance des investisseurs dans les marchés.  Aujourd’hui, 10 ans après la crise mondiale des subprimes, la sphère financière se porte mieux que la sphère réelle. Les crises de 1929 et 2008 ont profondément marqué la population ; l’économie réelle ayant ramassé les pots cassés du monde financier. Après 1929, nous avons eu la Grande Dépression, marquée par une période de chômage de masse, de déflation, d’une montée des extrêmes et d’une guerre mondiale. Si la situation actuelle comporte des points communs avec ce scenario d’après 1929, il s’agit donc de ne pas reproduire les erreurs passées. Si une nouvelle crise financière majeure il y a, le THF peut en être le déclencheur. C’est pourquoi, depuis le flash crash de mai 2010, cette pratique est de plus en plus encadrée. Il est essentiel que les algorithmes des THFs soient régulièrement vérifiés par un organisme spécialisé et indépendant. De plus, les régulateurs doivent être pourvus des moyens financiers et humains suffisants pour lutter contre les méfaits du THF ; les plateformes comme celle d’IEX fournissant un marché exempt de THFs.

 

William HAAS et Mustapha KASKASS, étudiants à l’Université Paris-Dauphine


Entretien en Finance de marché : les 10 livres à lire

SumZero, un réseau social pour des investisseurs buyside, a demandé à ses membres de partager leurs livres préférés sur l’investissement dans leurs profils utilisateurs.
La liste est basée sur 1,120 réponses et les livres ont été classés du moins recommandé au plus recommandé. Vous pouvez la considérer comme une reading list si vous comptez faire carrière en Finance de marché.

À noter que certains de ces livres ont un coût non négligeable, par exemple « Margin of safety » se vend au moins 900 € d’occasion.

 

1. « The Essays of Warren Buffett » by Lawrence Cunningham

Étant le livre le plus dédicacé par Warren Buffett, sa popularité et sa longévité attestent de l’intérêt généralisé pour cette compilation unique des pensées de Buffett. Ce livre est à la fois exhaustif, non répétitif et facile d’accès. Les lecteurs nouveaux et expérimentés obtiendront une éducation précieuse en parcourant cette compilation classique des meilleurs écrits de Warren.

 

2.« Poor Charlie’s Almanack » by Charlie Munger

Poor Charlie’s Almanack contient l’esprit et la sagesse de Charlie Munger : ses discussions, ses conférences et ses commentaires publics. Il a été écrit et compilé avec les encouragements et la coopération de Charlie Munger et de Warren Buffett. Installez-vous dans votre fauteuil préféré et profitez de l’humour unique, de l’esprit et de l’intuition que Charlie Munger apporte au monde des affaires et à celui de l’investissement. Avec Charlie comme guide, vous êtes sur le point d’entreprendre un voyage extraordinaire vers de meilleurs investissements, de meilleures prises de décision et une réflexion sur le monde et la vie en général. La vision unique du monde de Charlie, ce qu’il appelle une approche multidisciplinaire, est un modèle auto-développé pour une pensée claire et simple tout en étant loin d’être simpliste.

LA4Lire aussi : Les plus grosses pertes du Trading : la finance de marché déconnectée

 

3. »One up on Wall Street » by Peter Lynch

Le gestionnaire de fonds le plus performant d’Amérique raconte comment les investisseurs moyens peuvent se démarquer en utilisant leurs connaissances. Selon Lynch, les opportunités d’investissements sont partout. Du supermarché au lieu de travail, nous rencontrons des produits et des services toute la journée. En faisant attention nous pouvons trouver des entreprises dans lesquelles investir avant que les analystes professionnels ne les découvrent. Une fois découvertes, les investisseurs peuvent trouver des «tenbaggers», les actions qui s’apprécient dix fois plus vite par rapport à l’investissement initial. Quelques tenbaggers transformeront un portefeuille d’actions moyennes en un portefeuille à la performance exceptionnelle.

4. »Reminiscences of a Stock Operator » by Edwin Lefevre

Reminiscences of a stock operator est un récit fictif de la vie du trader en Securities Jesse Livermore. Malgré l’ancienneté du livre, il continue d’offrir des idées sur l’art du trading et de la spéculation. Chez Jack Schwagers Market Wizards, Reminiscences of a stock operator est considéré comme une source d’apprentissage majeure du stock trading pour les traders expérimentés comme pour les nouveaux. Le livre raconte l’histoire de la progression de Livermore, qui passe du day trading dans les boutiques de New England Bucket jusqu’à devenir market speculator, market maker et marker manipulator. L’histoire se poursuit jusqu’à Wall Street où il a fait et défait sa fortune plusieurs fois. Tout au long de sa route, Livermore découvre plusieurs leçons qu’il partage au lecteur avec plaisir.

5. »Common Stocks and Uncommon Profits » by Philip Fisher

Très respecté et admiré, Philip Fischer fait partie des investisseurs les plus influents de l’histoire. Ses philosophies d’investissements ne sont pas seulement étudiées et appliquées par les financiers d’aujourd’hui, elles sont aussi considérées comme une référence quasi biblique. Ce livre est une lecture indispensable et ce depuis sa première date de publication en 1958.

LA4Lire aussi : Quelle question poser à la fin d’un entretien en finance ? M&A, Trading, etc.

 

6. »Security Analysis » by Benjamin Graham and David L. Dodd

Cette nouvelle sixième édition, basée sur la version classique de 1940, est améliorée avec 200 pages supplémentaires de commentaires de certains des principaux money managers de Wall Street. Ces maîtres d’investissements expliquent pourquoi les principes et techniques de Graham et Dodd sont encore très pertinents même dans des marchés différents de ceux d’aujourd’hui. La liste des contributeurs comprend :

  • Seth A. Klarman, président de The Baupost Group, L.L.C. Et auteur de Margin of Safety
  • James Grant, fondateur Grant’s Interest Rate Observer, associé général de Nippon Partners
  • Jeffrey M. Laderman, rédacteur pendant vingt-cinq ans de BusinessWeek
  • Roger Lowenstein, auteur de : The Making of American Capitalist, When America Aged, Outside Director, et Sequoia Fund
  • Howard S. Marks, CFA, président et cofondateur, Oaktree Capital Man

 

7. « The most important thing illuminated » by Howard Marks

Que vous ayez déjà lu The Most Important Thing plusieurs fois ou que vous le découvriez, ce livre vous donnera un regard sans précédent sur la façon dont les principaux investisseurs américains prennent des décisions et réussissent financièrement.

 

8. « You can be a stock market genius » by Joel Greenblatt

LA4Lire aussi : Étudiant à l’IESEG, il décroche une offre dans une américaine

 

Vous êtes sur le point de découvrir les opportunités d’investissements manquées des portfolio managers, des professeurs d’écoles de commerce et des principaux experts en investissement. Découvrez les domaines inexplorés où l’investisseur individuel a un énorme avantage par rapport aux magiciens de Wall Street. Voici votre carte au trésor personnelle pour des situations particulières dans lesquelles de grands bénéfices sont possibles parmi les cas suivants : Spin-offs, Restructurings, Merger Securities, Rights Offerings, Recapitalizations, Bankruptcies, Risk Arbitrage.

 

9. « The intelligent investor » by Benjamin Graham

Le plus grand conseiller en investissement du vingtième siècle, Benjamin Graham, a enseigné et inspiré des personnes dans le monde entier. La philosophie de Graham en matière de value investing, qui protège les investisseurs contre les erreurs substantielles et leur enseigne à développer des stratégies à long terme, a fait du livre The Intelligent Investor la bible du stock market depuis sa première publication en 1949.

 

10. « Margin of Safety » by Seth Klarman

Prenant son titre de l’avertissement souvent répété de Benjamin Graham pour investir toujours avec une marge de sécurité, Margin of Safety de Klarman explique la philosophie de la value investing et peut-être plus important encore, la logique derrière démontrant pourquoi cette approche réussit alors que d’autres non. Le plan d’action de Klarman, s’il est suivi avec précaution, offre à l’investisseur la forte possibilité de réussite en matière d’investissement avec un risque limité.

Margin of Safety vous montre non seulement comment investir, mais comment réfléchir profondément à l’investissement pour comprendre la raison d’être des règles, pour comprendre pourquoi elles fonctionnent, quand elles fonctionnent et pourquoi parfois elles ne fonctionnent pas.

 

Inspiré d’un article de Business Insider, Hedge Fund Reading List: Hundreds of investors say these 10 finance books are must-reads.


Comment Goldman Sachs recrutait ses Analystes en 1985

Goldman Sachs a toujours été une marque extrêmement forte dans l'imaginaire des candidats.
Cette réputation s'est construite sur la durée, grâce à une marque employeur parfaitement maîtrisée.

En 1985, Goldman Sachs publiait une vidéo de recrutement à propos de sa division Fixed Income.

Les plus attentifs apercevront John Corzine, ancien CEO de Goldman Sachs, à 7mn30

 

http://www.youtube.com/watch?v=zYIwdcEMUr0

 

A noter : la musique, exceptionnelle.


Ken Griffin, CEO de Citadel parle de Hedgefunds et de Régulation

Bloomberg a réalisé une interview de Ken Griffin, le CEO de Citadel, un des hedgefunds les plus respectés de Wall Street, avec $25 milliards sous gestion et la réputation d'être un des plus agressifs du monde.

Dans cette interview, Griffin aborde :

  • les enjeux pour Citadel dans un contexte difficile pour l'industrie des Hedgefunds
  • Comment Citadel continue à générer de l'alpha et quelles sont les stratégies
  • sa perspective sur les évolutions de la régulation du système financier aux Etats-Unis
  • l'impact du Machine Learning et de l'Intelligence Artificielle dans son métier
  • sa vision des principaux challenges pour le futur des Etats-Unis

https://www.youtube.com/watch?v=3WG00XcLFJs


"J'ai décroché un Summer grâce au Master in Finance de l'ESSEC" : témoignage d'un ingénieur

Comment démarrer une carrière en Finance lorsque l’on vient d’une école d’ingénieur ? Pour tenter de répondre à cette question, AlumnEye a rencontré Mohamed, ingénieur de formation, et actuellement étudiant au Master in Finance de l’ESSEC. Son témoignage très instructif vous permettra de comprendre quelle stratégie vous devez adopter afin de connaître une trajectoire similaire à la sienne. L’apport d’une formation complémentaire en Finance, ici le Master in Finance de l’ESSEC, fut décisif dans sa réussite. Il vous explique pourquoi.

Bonne lecture !

Peux-tu nous présenter ton parcours ainsi que tes stages ?

Je suis ingénieur généraliste, diplômé de l’IMT ATLANTIQUE (ex Mines Nantes). Je pense être un exemple patent de la diversité des profils présents en banque d’investissement parce que j’ai effectué une spécialité en automatique informatique industrielle avant de rejoindre l’ESSEC, spécialité qui est un tant soit peu éloignée des marchés financiers. J’ai effectué des stages d’ingénieur pur et dur, de l’optimisation des processus d’archivage à la SNCF au développement d’un système embarqué innovant pour l’automobile à Altran en passant par la création d’interface graphique générique à IAV Automotive à Berlin. J’ai intégré à la rentrée 2016 le Master in Finance de l’ESSEC.

Où en es-tu d’un point de vue professionnel ?

Je m’en sors plutôt bien, j’ai atteint mes objectifs à court terme à savoir décrocher un Summer Internship en Sales & Trading à Londres. Je ferai partie de la prochaine promotion de Summer Analyst en trading chez HSBC et j’ai la ferme intention de convertir ce stage en Graduate Program. D’autres personnes de ma promotion sont également dans ce cas.

Qu’est-ce qui était le plus dur pour toi durant tes recherches de job ?

Comme vous devriez le savoir, les bons stages en banque d’investissement sont pourvus très tôt dans l’année. La difficulté principale qui se heurte généralement à nous est la charge de travail considérable qu’un Master comme celui de l’ESSEC demande pour être à niveau. C’est un programme très intensif qui demande du temps de travail et quand c’est couplé à une recherche active de stage, rigueur et méthodologie deviennent rapidement indispensables. Pour y arriver, il faut avoir une motivation inébranlable pendant plusieurs mois et la formation AlumnEye dispensée en début d’année dans le Master in Finance de l’ESSEC est un réel moteur pour atteindre les résultats escomptés.

Pourquoi avoir fait le Master in Finance de l’ESSEC ?

Pour être tout à fait honnête, les grandes banques d’investissement sont pour la plupart très réglementées (comme le marché) et il y a beaucoup de candidats pour très peu d’élus. Avoir une formation comme le Master in Finance de l’ESSEC dans son CV est quasiment indispensable (il y a des exceptions) lorsqu’on veut accéder rapidement à des postes de Front Office. Bien entendu dans mon cas, c’était également pour acquérir les connaissances financières qui me manquaient. Les professeurs qui viennent à 50% de l’industrie nous permettent d’être rapidement opérationnels et nous inculquent les connaissances clés.

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Peux-tu nous raconter un peu ton année au Master in Finance de l’ESSEC ?

Comme je l’ai dit précédemment, c’est assez intensif. On a commencé les cours en Août et ça s’est enchaîné crescendo depuis. Les cours sont en anglais et couvrent aussi bien la finance d’entreprise que la finance de marché. Les directeurs du programme l’ont élaboré de telles sortes qu’un étudiant qui sort du programme aura les connaissances de bases dans les deux secteurs, même si durant l’année on se spécialise dans une des disciplines (on peut également prendre une spécialisation Asset Management). L’effectif est assez diversifié avec beaucoup d’internationaux, c’est assez représentatif des effectifs qu’on retrouve en banque. J’ai eu des cours très intéressants mais j’ai également dégagé du temps pour m’investir sur la vie du campus. J’ai d’ailleurs rejoint ESSEC Transaction, l’association de finance de l’ESSEC et j’assiste à de nombreuses conférences qui me permettent de réfléchir sur mon projet à long terme.

Qu’est-ce que tu as le plus aimé durant cette année ?

La finance, la finance et encore la finance. Depuis que je suis arrivé au Master in Finance de l’ESSEC, chaque jour est une nouvelle aventure. L’avantage d’avoir fait un Master in Finance, c’est d’avoir principalement des cours qui m’intéressent. De plus à l’ESSEC, nous pouvons choisir une grande partie de nos cours donc on n’a pas trop de mal à se lever le matin pour y aller. En outre, certains me qualifieront de masochiste mais j’apprécie également la fin des trimestres (lorsque tous les examens s’enchaînent) parce que tout le monde se retrouve et s’entraide et ça renforce les liens dans la promotion.

Es-tu satisfait du Master in Finance de l’ESSEC ?

Je suis globalement très satisfait de mon choix, cela correspond à mes attentes et le niveau de technicité est assez élevé. J’ai fait des rencontres enrichissantes grâce à la pluralité des programmes qui figurent au Master in Finance de l’ESSEC et je me suis également construit un bon réseau. Le Master offre tous les outils pour construire sa carrière et ouvre les portes des plus grandes banques d’investissement. Lorsqu’on entre au Master in Finance de l’ESSEC, on intègre le groupe ESSEC, on intègre une famille qui s’entraide et qui sera présent tout au long de sa carrière. C’est une spécificité propre à l’ESSEC et qu’on ne retrouve pas toujours dans les autres écoles.

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En quoi le Master in Finance de l’ESSEC a-t-il été décisif dans ta réussite ?

Comme je l’ai dit précédemment, le Master in Finance de l’ESSEC m’a permis de démontrer un réel intérêt pour la finance aux différents recruteurs. Il m’a ouvert les portes des grandes banques d’investissement et m’a permis d’acquérir les connaissances nécessaires pour réussir mes interviews. Il nous octroie une certaine légitimité et fait intervenir des professeurs de l’industrie qui complètent (par leur vision réelle du marché) les cours théoriques. Mais c’est également le réseau d’anciens auquel on a accès qui nous permet souvent de mieux se préparer aux entretiens. Par exemple, j’ai contacté une ancienne du Master actuellement en poste chez HSBC avant mon interview. Elle m’a explicité les spécificités de HSBC et en quoi ça pourrait être intéressant pour ma carrière. Quand on intègre un Master in Finance, on intègre surtout ce réseau.

Beaucoup de gens se posent des questions quant à l’utilité et la pertinence de faire un Master in Finance, quel est ton avis ?

Une formation comme le Master in Finance de l’ESSEC est un véritable accélérateur de carrière et élargi considérablement le spectre des métiers auxquels on peut être éligible. Hormis les cours, les workshops et les rencontres avec les banques, les différentes conférences qu’on a au cours de l’année nous permettent également de réfléchir à long terme. On ne nous prépare pas juste pour obtenir les meilleurs stages, on nous prépare au job qu’on aura dans 5/10 ans. Ceci étant dit, si vous faites déjà parti d’une des écoles ciblées par les banques, que vous avez des stages en finance et que votre bagage technique est complet, je vois mal ce que pourrait vous apporter une formation supplémentaire à part le fait d’agrandir votre réseau. S’il vous manque l’une des compétences que j’ai citées, je vous conseille de postuler.

Quel est ton regard sur la considération qu’ont les recruteurs (aussi bien du Master in Finance que de banques) pour les ingénieurs comme toi ?

Les ingénieurs sont très appréciés par les banques, surtout à Londres. Nous avons pour la plupart effectué plusieurs stages et cela nous permet comme ils le disent eux même de « Think different ». Nos profils sont très valorisés aussi bien en marché qu’en finance d’entreprise. La plupart des français qui travaillent sur les produits dérivés dans les banques sont des ingénieurs avec une double compétence en finance. En M&A, c’est notre méthodologie et notre précision qui sont mis à l’honneur. En ce qui concerne les recruteurs du Master in Finance, ils sont conscients des attentes du marché et de l’attractivité qu’ont les ingénieurs auprès des entreprises. Ma promotion actuelle est par exemple constituée à plus de 40% d’ingénieurs. Ils sont de plus en plus prisés surtout depuis la digitalisation des entreprises. Evidemment, les profils d’écoles de commerce sont tout autant demandés, mais je pense que c’est cette diversité qui est appréciée, aussi bien en entreprise qu’au sein du  Master in Finance.

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à quelqu’un ayant un profil similaire au tien, et qui souhaite faire de la finance en passant par un Master in Finance ?

C’est sûrement le meilleur choix qu’il pourrait effectuer pour sa future carrière. Il doit surtout gommer de son esprit le traditionnel « mais j’y connais rien » et prendre d’ores et déjà le Hull ou le Vernimmen comme livre de chevet. Il devra se focaliser uniquement sur les meilleurs Masters, et l’ESSEC en fait partie à travers son Master in Finance, avec un programme adapté à notre profil. Je lui conseille de contacter les étudiants qui y sont déjà et d’emmagasiner un maximum d’informations sur le programme et ses spécificités. Pourquoi je veux intégrer cette formation ? Qu’est-ce qu’elle va m’apporter ? Qu’est-ce que je peux y apporter ? S’il a une réponse claire à ces questions, il n’a plus qu’à soigner sa candidature et cliquer sur envoyer.

 

Pour obtenir plus d’informations à propos du Master in Finance de l’ESSEC, rendez-vous au lien suivant.

Merci à Mohamed pour ce témoignage !