"Les tips qui m’ont permis de décrocher un Summer Internship..."

Elève de dernière année à l’école d’ingénieur CentraleSupelec, une étudiante nous explique comment elle a réussi à faire de son background scientifique un atout pour les process de recrutement en finance. Elle revient également sur la stratégie qu’elle a adoptée pour obtenir le Summer Internship dont elle rêvait dans une américaine. 

 

Peux-tu nous présenter ton parcours ? 

J’ai obtenu un bac S dans un lycée à Clermont-Ferrand, puis j’ai effectué une classe préparatoire Mathsup/Mathspé en région parisienne. À la suite de cela, j’ai intégré l’école d’ingénieur CentraleSupelec, où je me suis beaucoup investie dans la vie associative. On y trouve beaucoup d’occasions de s’épanouir, d’apprendre à gérer des projets et ces expériences m’ont permis de mûrir.

 

Tu as effectué des stages à la BNP CIB : qu’en as-tu tiré ?

Mon premier stage de césure s’est déroulé chez BNP Cash Management. J’étais assistante de Gestion de Projet sur l’ouverture de comptes pour les entreprises. Ce fut une opportunité de découvrir de nombreux acteurs de la banque : commerciaux, juridiques, informatiques, gestionnaires des risques, etc. Les projets concernaient des milliers d’entreprises dans toute l’Europe. J’ai beaucoup appris sur l’organisation de la banque en général et le travail dans un contexte international.

J’ai ensuite effectué un stage au sein d’une équipe de trading de BNP Paribas dont la mission était de travailler sur un ensemble de produits dérivés. C’était une petite équipe chaleureuse et accueillante. La salle de marché est un environnement qui demande beaucoup de concentration car la moindre erreur peut être fatale. Mais on ne s’y ennuie jamais et on travaille avec des personnes vraiment très intéressantes. C’est une expérience qui ne m’a pas déçue.

 

Comment t’es venue l’idée de travailler en finance de marché ? 

L’idée m’est venue en première année d’école d’ingénieur lors de rencontres avec le club Finance et Consulting de mon école. Ils mettent à disposition des élèves de nombreux documents qui aident à découvrir les métiers de la finance. Grâce à eux j’ai réalisé que la salle de marché pouvait concilier mes deux centres d’intérêt : les mathématiques appliquées et l’actualité politique et économique. A l’époque, ma culture financière était tellement médiocre que je n’avais pas été acceptée au sein du club mais je ne me suis pas démotivée pour autant. Je ne le regrette pas.

 

Quelles sont les difficultés que tu as dû surmonter pendant tes différents stages ? 

Lorsque l’on n’étudie pas dans une école de commerce ou lorsque l’on ne prépare pas un master en finance réputé, on se sent moins « armé ». C’est une importante source de stress. Chaque salle de marché à Paris comme à Londres a ses « target schools ». Quand on sympathise avec les candidats, on réalise vite qu’ils viennent en majorité des mêmes écoles. Il ne faut pas se laisser décourager par ce constat.

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Quels ont été les moments forts des différents processus auxquels tu as pu participer ? 

J’ai participé à trois assessment centers à Londres. C’est stressant car on a l’impression que chaque minute de la journée compte mais ces expériences n’en sont que plus enrichissantes. On rencontre des personnes intéressantes dans un cadre très stimulant. Cela ressemble un peu à la télé réalité : les candidats sont sympas, on est bien accueillis, il y a même des moments assez drôles et conviviaux, mais on sait tous qu’à la fin, il n’en restera même pas la moitié.

 

Il existe des évènements de networking organisés par les banques spécifiquement pour les femmes et/ou les ingénieurs. As-tu eu l’occasion de participer à l’un d’eux ?

Au cours de la formation Alumneye, on nous prépare aux évènements de Networking organisés par les différentes banques. C’est en suivant leurs conseils que je me suis inscrite aux événements destinés aux femmes s’intéressant à la finance de marché. Pour être précise, j’ai même postulé à tous les événements pour femmes ou ingénieurs d’une dizaine de banques différentes car je ne voulais pas rater d’opportunités.

Je me souviens d’un événement appelé « Women who trade » au cours duquel une femme appartenant à une équipe de structuring nous racontait sa carrière. Elle nous conseillait de ne rien lâcher car elle avait réussi à devenir Executive Director tout en élevant deux enfants ! Ces événements sont très motivants car nous y rencontrons d’autres candidates mais également des femmes qui se trouvaient à notre place quelques années auparavant et qui ont réussi à atteindre les objectifs que nous nous fixons.

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En quoi ces évènements t’ont-ils aidée ?

Au cours de ces événements, j’ai rencontré plusieurs personnes qui m’ont donné de précieux conseils pour bien préparer mes process. Les professionnels qui participent à ces évènements se sont trouvés quelques années en arrière dans la même posture que nous, et c’est pourquoi ils comprennent nos difficultés. J’ai même assisté à un entretien blanc improvisé au milieu d’un cocktail.

 

Tu as décroché un Summer Internship en Sales & Trading. Peux-tu nous en dire plus ?

J’ai postulé aux Summer Internships dans une dizaine de banques via leurs plateformes internet respectives. J’ai suivi à la lettre les conseils d’Alumneye en ce qui concerne CV et lettre de motivation. Au bout de quelques semaines, j’ai été contactée pour planifier les premiers entretiens téléphoniques. À partir de là, tout s’est passé très vite : 1er entretien téléphonique, 2ème entretien téléphonique et enfin assessment center dans les bureaux de la banque à Canary Wharf. Il faut rester concentré jusqu’à la dernière ligne droite !

A ce titre, la formation Alumneye m’a permis de préparer mes process de recrutement de façon méthodique. Les process ont de nombreuses étapes et les banques attendent des candidats rigoureux et bien préparés. Alumneye nous explique de A à Z quelles sont les différentes étapes et comment les aborder. De plus, Alumneye permet de rencontrer d’autres candidats, on peut réviser en groupe, s’échanger des astuces et aller ensemble aux événements de Networking.

J’ai finalement été frappée par la diversité des profils et des origines des candidats. Je pense que c’est une grande spécificité des banques anglo-saxonnes.

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En quoi ton background d’ingénieur t’a-t-il été utile pour tes process ou tes stages ? 

Pendant mon stage au sein d’une équipe de trading, j’ai dû m’approprier très vite les différents logiciels des traders (il y en a beaucoup). Je pense que mes études d’ingénieurs m’ont aidée à être rapide et efficace dans ces tâches.

Par la suite, les traders m’ont demandé des programmes VBA pour les aider dans leurs tâches quotidiennes. C’est le genre de choses que tout ingénieur qui a suivi des cours d’algorithmique peut faire assez facilement.

 

Certaines filles pensent que la finance est un métier très masculin, es-tu d’accord avec ça ? 

Il y a quelques métiers de la finance où l’on rencontre encore peu de femmes, c’est vrai ! Mais cela ne veut pas dire que ces métiers ne sont pas faits pour nous ! Je me souviens d’une trader de produits exotiques chez BNP Paribas. Elle était tout à fait souriante et féminine mais c’était probablement l’une des personnes les plus dynamiques et rigoureuses de toute cette salle de marché.

 

 

Comment fait-on pour s’imposer dans des équipes où les gens ont des égos parfois surdimensionnés ?

Je pense que l’important est de connaître ses atouts, ses faiblesses et de jouer là-dessus.

Je ne pense pas correspondre au stéréotype du « requin » mais je joue sur d’autres traits de caractère. J’aime rire, parler d’actualité, je suis toujours prête à filer un coup de main. Dans la salle de marchés, les gens ont apprécié cela et c’est ainsi que j’ai trouvé ma place.

 

Quels conseils donnerais-tu aux personnes qui se retrouvent aujourd’hui dans la même situation que toi il y a un an ?

Je leur conseillerais de chercher à faire un maximum de rencontres avec des professionnels du métier et de profiter de ces occasions pour poser un tas de questions. C’est le meilleur moyen d’acquérir une bonne compréhension du milieu de la finance de marché et c’est ce que les recruteurs apprécient !

 


Saudi Aramco : l'IPO du siècle

En ce début d’année, le Financial Times a recensé les événements qui marqueront 2018. Cette dernière sera rythmée par de nombreuses élections présidentielles (Russie, Brésil, Venezuela…), des événements sportifs comme les Jeux Olympiques d’hiver en Corée du Sud, ou la coupe du monde de football en Russie, mais aussi des faits économiques d’ampleur internationale. Le plus attendu par les investisseurs du monde entier n’est autre que l’introduction en bourse de la compagnie saoudienne d’hydrocarbures Aramco.

En effet, cette IPO, qualifiée « d’opération du siècle » en raison du montant sans précédent (100 milliards de dollars) que cette dernière permettra de lever pour l’entreprise saoudienne, aura aussi son importance stratégique dans le plan de transformation économique Vision 2030 mené par l’Arabie Saoudite.

 

Saudi Aramco, première compagnie pétrolière au monde

 

Saudi Aramco, officiellement Saudi Arabian Oil Company, est l’entreprise nationale saoudienne spécialisée dans l’exploitation d’hydrocarbures. Créée en 1933 et dirigée par Amin H. Nasser, elle possède la quasi-totalité des réserves du royaume, lui permettant de surclasser ses concurrents.

À titre comparatif, ses réserves prouvées sont estimées à 267 milliards de barils grâce notamment au site de Ghawar, le plus important gisement mondial contre 25 milliards de barils pour son principal concurrent, l’américain Exxon Mobil. Cela permet au géant saoudien d’extraire près de cinq fois plus de barils par  jour à des coûts dérisoires se situant entre deux et quatre dollars par baril.

 

Une IPO de tous les records

 

Afin de préparer son introduction avec une volonté de transparence vis-à-vis des investisseurs, Saudi Aramco a commencé l’année passée par une forte restructuration financière. En effet, étant une société publique, les dirigeants se sont attelés à séparer les comptes de l’entreprise de ceux du royaume mais aussi à redéfinir les activités du groupe.

Dans le but de ressembler à une entreprise pétrolière plus traditionnelle et non étatique, cette dernière se devait de dresser une limite entre les travaux réalisés au nom du gouvernement et ceux exécutés pour son propre développement. En ce début d’année, l’entreprise a également modifié ses statuts pour devenir une société par actions. 

Cette phase étant terminée, l’IPO semble se préciser. Elle devrait avoir lieu au second semestre et concernera environ 5% du capital de la compagnie. Malgré cette infime part, elle permettra de lever jusqu’à 100 milliards de dollars (84 milliards d’euros), balayant au passage le précédent record de 25 milliards de dollars détenu par Alibaba lors de son introduction en bourse en 2014.

Et ce ne sera pas le seul record pour Aramco, qui, à la suite de cette opération, devrait être valorisée à 2,000 milliards de dollars (1,683 milliards d’euros), ce qui constitue de très loin la plus forte valorisation au monde. Les comparatifs sur le marché n’existent pas, elle sera supérieure aux trois plus fortes valorisations (Apple, Alphabet et Microsoft) réunies.

Seul le PIB des sept premières puissances économiques mondiales lui est supérieur.

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Une course effrénée pour les banques et les bourses mondiales

 

Compte tenu de ces chiffres vertigineux, l’ensemble des grandes banques mondiales s’est précipité pour réaliser cette opération. Mais le 30 mars 2017, le groupe pétrolier public a désigné JP Morgan, Morgan Stanley et HSBC, toutes anglo-saxonnes, pour être les book runners de l’opération. Ces banques rejoignent Moelis & Co. et Evercore retenues en tant que conseillers financiers indépendants et chargés de définir le calendrier de cette introduction. S’ajoutent aussi à ce grand projet les établissements saoudiens NCB Capital et Samba Capital, qui représenteront les banques de conseil locales ainsi que le cabinet d’avocats White & Case.

Cependant, les bourses qui accueilleront cette opération sont encore inconnues et la bataille fait rage. Il est certain que la bourse de Ryad, Tadawul, accueillera une partie de ce capital. Khalid Abdullah Al Hussan, le patron de cette place boursière, a même affirmé : « Nous voulons obtenir l’exclusivité de la cotation d’Aramco ». Toutefois, selon de nombreux analystes, une introduction uniquement locale ne permettra pas aux autorités saoudiennes de réaliser leurs objectifs.

Ils doivent alors penser à une introduction multiple, et sur une place étrangère au minimum. Les critères de choix comprennent notamment la profondeur de la place financière en termes de volume d’échange quotidien et de capitalisation boursière, mais aussi les exigences légales en matière de cotation.

Les autorités saoudiennes ont néanmoins une préférence pour le NYSE, non seulement pour son nombre record d’investisseurs, mais aussi dans le but d’entretenir les liens déjà très forts entre les pouvoirs Saoudien et Américain depuis le pacte du Quincy. Pour rappel, ce dernier garantit la protection de la famille saoudienne en contrepartie d’une garantie de l’approvisionnement en pétrole des Etats-Unis. Donald Trump a même expressément invité Aramco à suivre cette voie.

 

Londres fait également les yeux doux à l’Arabie Saoudite puisque cela lui permettrait de montrer à l’ensemble des investisseurs mondiaux que, malgré le Brexit, la City demeure une place forte et attractive. Cette dernière remplit les critères de Ryad et possède l’avantage d’être très tournée vers les matières premières avec notamment la cotation de nombreuses compagnies minières (BHP, Rio Tinto, …). Afin d’appuyer sa candidature, le gouvernement britannique a mis en place une garantie à hauteur de 2 milliards de dollars pour faciliter les achats d’Aramco au Royaume-Uni.

La dernière place susceptible d’accueillir cette cotation est Hong-Kong pour des raisons commerciales. En effet, cet accord permettrait de pérenniser et sécuriser les échanges entre Ryad et Pékin. A l’heure actuelle, l’Arabie Saoudite est le premier exportateur de pétrole vers la Chine.

L’hypothèse d’un placement privé est également à l’étude.

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Pierre angulaire du programme Vision 2030

 

Le 25 avril 2016, le prince héritier Mohammed Ben Salmane Al Saoud, et également président du Conseil suprême d’Aramco, a annoncé la création du plan Vision 2030.

Celui-ci a l’ambitieux projet de restructurer la société saoudienne à l’aide de réformes économiques, politiques et sociales.

Les réformes économiques auront pour principal objectif de diversifier les activités du royaume et mettre fin à l’ultra-dépendance vis-à-vis de l’or noir (en 2015, 90 % des recettes publiques du pays provenaient du pétrole). En effet, depuis la baisse brutale des cours du pétrole, l’Arabie Saoudite connaît un ralentissement de sa croissance et est en proie à des difficultés budgétaires avec l’apparition d’un déficit qui est aujourd’hui évalué à 72 milliards de riyals, soit 16,3 milliards d’euros.

Cependant, cette volonté de transition a un coût exorbitant et pour la financer, l’Arabie Saoudite souhaite mettre en place le plus grand fonds souverain au monde, à l’instar de la Norvège qui a créé en 1990 un fonds souverain permettant de capitaliser ses revenus pétroliers présents pour en faire profiter son économie future. Ce fonds est aujourd’hui évalué à 1 000 milliards de dollars, soit 2,7 fois son propre PIB.

Pour alimenter son fonds, l’Arabie Saoudite compte sur l’IPO d’Aramco. Celle-ci lui permettra de se doter d’une puissance financière évaluée à 2.000 milliards de dollars, et ainsi de pouvoir mener à bien l’ensemble de ses projets, comme celui lancé en octobre 2017, appelé NEOM. Ce projet oeuvre à créer la “nouvelle Silicon Valley” c’est-à-dire une gigantesque cité économique, 2 fois plus grande que la région Île-de-France, ultra-connectée, offrant des conditions de vie inédites et dont la population pourrait être majoritairement des robots. 

L’IPO d’Aramco est démesurée tant sur les montants propres à l’opération que sur les ambitions du régime saoudien. Elle est scrutée et attendue par l’ensemble des acteurs du marché. Néanmoins, le prince héritier Mohammed Ben Salmane Al Saoud a prévenu  que « seuls les rêveurs sont les bienvenus”.

 

 

Adrien Thery, étudiant à EDHEC Business School et contributeur du blog AlumnEye


Master in Finance de l'ESSEC : les secrets des Alumni

Le Master in Finance de l'ESSEC, classé #3 mondial par le Financial Times en 2017, sélectionne tous les ans des talents du monde entier pour un programme d'une année dédié à la finance.

Adapté aux profils venant d'école d'ingénieur comme d'école de commerce ou d'université, le Master in Finance de l'ESSEC s'adresse aux candidats souhaitant évoluer en Finance de Marché, Finance d'Entreprise ou Asset Management.

Nous avons reçus, chez AlumnEye, 4 Alumni du programme qui travaillent actuellement en Trading, en Asset Management et en Fonds d'investissement. Ils nous parlent de leur expérience au Master in Finance de l'ESSEC, de la sélection, des spécificités du programme, de la compétition avec les étudiants de la Grande Ecole, de leur métier actuel en Trading, en Asset Management, ou en Fonds d'investissement après une expérience en M&A.

Plus spécifiquement, les questions abordées par le public lors de ce live facebook s'organisaient en 3 grandes sections.

1. Sur la sélection des candidats au Master in Finance de l'ESSEC

  • Un score au Tage Mage inférieur à 300 est-il éliminatoire ?
  • Est ce qu’il est possible d’y entrer après un M1 et une année de césure dans une école de commerce du Top 10 ?
  • Que peut attendre le jury en plus des arguments qu'on peut trouver sur la brochure du Master in Finance de l'ESSEC ?
  • Quel intérêt pour un ingénieur de faire un Master in Finance ?

2. Durant le Master in Finance de l'ESSEC

  • Est il vrai que le Master in Finance de l'ESSEC est plus orienté finance de marché que finance d'entreprise ?
  • Comment avez-vous choisi entre le campus de Paris et le campus de Singapour ? Peut-on vraiment trouver un job à Singapour ?
  • Quelle force a le Master in Finance de l'ESSEC face à ceux de l'ESCP ou de l'EMLYON ?

3. Après le Master in Finance de l'ESSEC

  • Quelle est la réalité du réseau ESSEC à la sortie du Master in Finance ?
  • La marque ESSEC vous a-t-elle aidé lors de vos changements de métiers respectifs ?

Le son n'est pas excellent au début mais s'améliore, n'hésitez pas à laisser vos questions en commentaire !

https://youtu.be/jG9pObiP-rk.


Le métier de broker est-il en danger ?

Le métier de Broker reste, de nos jours, méconnu du grand public, malgré sa très large mise en valeur cinématographique dans des films comme le Loup de Wall Street ou Boiler Room. L’imaginaire collectif connote péjorativement ce métier, au détriment de sa complexité. Par définition, le Broker est un intermédiaire qui exécute des transactions sur les marchés pour le compte de ses clients. Il peut s’agir de firmes dont c’est l’activité principale – comme Charles Schwab ou Ameritrade aux Etats Unis – ou bien d’une business unit parmi d’autres, tels Merrill Edge chez Merrill Lynch, ou Barclays Stockbroking. Focus sur un univers souvent caricaturé et en perpétuelle évolution.

 

Qu’est-ce qu’un Broker ?

Le Broker réalise des opérations pour compte de tiers, qu’il s’agisse d’entreprises ou de particuliers. Le métier possède donc deux facettes complémentaires : commerciale (s’agissant de la vente d’un service) et financière (plus technique). Par rapport au Sales, le Broker est un apporteur externe, il fait le lien entre des clients et des traders d’une banque. Il doit négocier aussi bien avec le trader qu’avec le client pour assurer sa rémunération. Il se doit également d’être plus pointu en expertise économique, sachant qu’il n’a généralement pas de fonction Research pour le seconder. Cependant les deux fonctions partagent le même rôle hybride financier/commercial et le courtage est généralement une bonne porte d’entrée vers le métier de sales.

On distingue deux catégories de Brokers : le conventional offrant un service complet à ses clients, incluant analyse et gestion de portefeuille, et le discount qui se contente plus ou moins d’exécuter les ordres en pratiquant des prix faibles. Il est facile – et généralement admis –  de simplifier les relations entre investisseurs et Brokers. Animé par l’appât du gain, le Broker pousserait le client à spéculer. Il est donc important de comprendre le métier pour ne pas oublier que le Broker est un acteur souple chargé de trouver l’équilibre entre des logiques opposées.

LA4Lire aussi : Le métier de Sales : tips et décryptage, une interview AlumnEye

 

La tension entre appât du gain et satisfaction client

La nature des produits vendus par le Broker est complexe. Il doit donc comprendre les mécanismes de marché à très haut niveau afin de pouvoir donner des conseils pertinents à ses clients et justifier ses commissions. Ainsi, il doit passer des tests de compétences pour pouvoir exercer son métier – les Series 7 et 63 aux Etats-unis – ou être certifié par l’AMF en France. Ces tests visent à certifier une connaissance des produits et une sensibilité à l’éthique, nécessaires à l’exercice de la profession.  Si sur ce plan, le Broker s’apparente à un opérateur classique de marché, sa méthode de rétribution l’incite à encourager la spéculation. Chaque ordre lui rapporte une commission proportionnelle à la sophistication du produit et à la taille de la position engagée. Dans la mesure où il n’est pas directement responsable des pertes, il fait finalement prendre des risques au client qu’il n’assumera pas lui-même.

Ainsi, le Broker s’éloigne de l’opérateur de marché standard. L’intérêt qui l’anime – détourné de la qualité de l’investissement réalisé – le rapproche des fonctions commerciales. Nombre de litiges tournent donc autour de la bonne foi de cet intermédiaire lorsqu’il a « vendu » à son client. En théorie, l’accès instantané à l’information permis par les nouvelles technologies rend la réputation d’un Broker extrêmement fragile et devrait le dissuader de vendre aveuglément des produits financiers. Autrement dit, selon la formule de Bentham : « the more strictly we are watched, the better we behave ». Par ailleurs les clients du Broker sont généralement des investisseurs avertis et il semble raisonnable de penser qu’ils consacrent du temps à leurs finances, ce qui les préserve des investissements irrationnels. En pratique, le sort médiatisé d’un très gros Broker FX aux Etats-Unis montre combien sont grandes les opportunités de dérive dans des systèmes complexes.

Le défi de la désintermédiation électronique

Les Brokers traditionnels sont exposés à un nouveau risque de désintermédiation. Nombre de Brokers discount en ligne se contentent d’exécuter les ordres des clients. A titre d’exemple, Charles Schwab – Broker d’envergure outre-Atlantique – a été contraint de diviser ses frais de courtage par trois en une vingtaine d’années, sous la pression des plates-formes de trading. Face la concurrence sur les prix, les Brokers traditionnels ont pris le parti d’une montée en gamme de leurs services. Ils mènent ainsi une concurrence hors prix, reposant sur la qualité de leurs analyses. Tous les Brokers rendent aujourd’hui leur recherche accessible aux clients, et font du service l’essentiel de leur valeur ajoutée. Afin de faire la publicité de leur expertise, de plus en plus de Brokers mettent à la disposition de tous une partie de leurs analyses et de leurs conseils d’investissement. Charles Schwab publie, par exemple, ses « white papers » en libre accès sur son site.

La décision de recentrer la valeur du service sur le conseil d’investissement est extrêmement pertinente. Des études comportementales ont par exemple montré que les investisseurs individuels employant des plates-formes en ligne réalisent 50% de transactions de plus que les individus offline. Ces derniers voient leur propension à spéculer augmenter, alors que leurs ordres souffrent d’un timing moins efficace. Dès lors, pourquoi préférer au Broker en ligne un Broker traditionnel ? Pour pouvoir co-construire sa stratégie avec un spécialiste, et placer un intermédiaire entre sa propre impulsivité et le marché.

LA4Lire aussi : Digital et technologie : quels challenges pour les banques d’investissement ?

 

Stratégie de candidature

Si cet article a éveillé votre intérêt pour le métier de Broker, sachez qu’en France plusieurs firmes recrutent pour des stages.  Parmi les plus connues on trouve Kepler Cheuvreux, OTCex, mais il est également possible de candidater chez des Brokers spécialisés sur un marché comme FXCM. Le métier est assez similaire à celui de Sales en banque, et peut donc constituer une bonne porte d’entrée vers cette fonction. La complexité de ce poste tenant avant tout à sa nature hybride, il convient de bien se renseigner sur les différents prérequis de la fonction avant de postuler car une simple connaissance technique ne suffira vraisemblablement pas à faire de vous un bon candidat.

 

Les Brokers doivent faire face à plusieurs défis : il leur faut surmonter les divergences d’intérêts d’une part, et la concurrence de Brokers online bas-de-gamme d’autre part. Le nouveau positionnement vers le service réaligne leurs intérêts sur ceux des clients et préserve les Brokers de la concurrence prix. Néanmoins cela les rend toujours plus sensibles aux questions d’image, tout en réduisant leurs marges. Le futur des Brokers traditionnels passe donc par ces nouveaux impératifs de savoir-faire et d’e-réputation, autant d’axes de réflexion pour imaginer l’avenir du métier. Challenge technique, humain mais aussi éthique, le métier de Broker est à la fois complexe et stimulant; aussi, n’hésitez pas à orienter vos recherches vers ce type de poste.

 

Pierre-Jean COLIN, étudiant à Audencia et contributeur du blog AlumnEye


Les effets, enjeux et réglementations du Trading Haute Fréquence

Rien n’est permanent, sauf le changement. Ce célèbre adage attribué au philosophe grec Héraclite s’adapte parfaitement au monde économique et financier que l’on connaît. Les évolutions technologiques et réglementaires ont modifié les façons d’interagir sur les marchés. Le passage aux bourses automatisées, l’essor du Big Data et du machine learning ont permis l’émergence du Trading Haute Fréquence pendant la décennie 2000. Cette pratique récente s’est fortement développée entre 2005 et 2009. D’après TABB Group et Deutsche Bank, en 2014, le THF a représenté 35% des échanges sur les marchés actions en Europe et 50% aux Etats-Unis.

 

La vitesse, un facteur de compétitivité pour les THFs

Les THFs sont des daily traders qui utilisent des algorithmes de pointe s’exécutant en millisecondes – voire microsecondes – placent et annulent des millions d’ordres dans une journée de trading, liquident leurs positions très rapidement avant la fin de séance. Si les THFs ont une stratégie fondée sur le volume des transactions, la vitesse est un élément clé. Elle permet d’être le premier à recevoir et traiter de l’information issue des bases de données. Plus un THF est rapide, plus il peut repérer des signaux de marché et anticiper des mouvements de prix avant les autres traders. C’est pourquoi un THF ne va pas hésiter à investir des sommes considérables pour gagner ne seraient-ce que quelques nanosecondes.

Après avoir optimisé leurs algorithmes, les THFs ont trois options pour gagner en vitesse :

  • Devenir client des entreprises de marché en ayant recours au système de colocation. Pour cela, le THF va louer un box où il pourra connecter directement ses ordinateurs par fibre optique sur les serveurs de la plateforme.
  • Investir dans les réseaux de télécommunication de pointe. Cela a un coût non négligeable : Spread Network LLC a relié, en 2010, les places boursières de New York et Chicago en fibre optique. Le coût estimé de ce réseau de 1 200 km, où les informations circulent en 0,0065 secondes, est de 300 millions de dollars.
  • Devenir client des entreprises spécialisées dans les réseaux de télécommunication de pointe. A titre d’exemple, le coût d’utilisation du réseau de Spread Network LLC oscille entre 3 et 5 millions de dollars par an.

La course à l’armement technologique a été telle qu’aujourd’hui ce réseau est « périmé » car les transmissions par onde puis par laser sont plus rapides que celles effectuées par fibre optique. Les meilleurs THFs effectuent leurs échanges à la limite des lois physiques. Pour preuve, un ordre envoyé à Frankfort vers Londres met 2,21 ms tandis que la lumière met 2,12 ms.

Des manipulations des cours qui échappent très souvent aux régulateurs

Les THFs utilisent principalement des ordres au marché (OAM) et à cours limité. Ils sont teneurs de marché, arbitragistes, spéculateurs mais aussi manipulateurs de cours. Nous pouvons retenir trois types de manipulation de cours :

  • Le Smoking vise à piéger les traders à basse fréquence (TBFs). Les THFs diffusent des ordres à cours limité qui sont attractifs pour les TBFs. Pour que cette stratégie fonctionne, il faut que les TBFs émettent des ordres au marché. Dès lors, les THFs ont le temps d’annuler leurs ordres afin de les remettre à un prix plus élevé (bas) si l’ordre initial à cours limité était un ordre de vente (d’achat) et de l’échanger aux TBFs sans que ces derniers s’en aperçoivent.
  • Le Quote Stuffing permet de faire perdre de la vitesse à d’autres traders. Pour cela, son utilisateur sature les serveurs d’une plateforme en inondant le marché d’ordres (qui seront annulés par la suite). Ces ordres n’ont aucun but économique et se font généralement de façon répétée afin que les transmissions d’informations entre les plateformes et ses acteurs soient perturbées ou ralenties. Cette stratégie permet à un THF initialement moins rapide que ses concurrents de gagner en vitesse et bénéficier d’une opportunité d’arbitrage inexistante sans cette manipulation. Ici, c’est la vitesse relative qui s’avère plus intéressante que la vitesse absolue.
  • Le Spoofing consiste à envoyer massivement des ordres artificiels et directionnels au marché pour entrainer un mouvement de prix d’un actif à la hausse (ou à la baisse) suivant le résultat souhaité. Le but est d’inciter les autres traders à suivre, puis d’amplifier cette fausse tendance. Une fois que la tendance artificielle est manifeste, les THFs retirent leurs positions initiales pour prendre une position inverse. Autrement dit, ils annulent rapidement leurs ordres afin d’acheter plus bas (ou de vendre plus cher) un titre et réaliser un profit facilement.

Il faut savoir que ces manipulations de cours se font sur une durée très courte. Par conséquent, il est difficile pour les régulateurs d’observer et sanctionner ces pratiques. Ainsi, de nombreux THFs s’adonnent à la manipulation de cours, qui est d’ailleurs souvent gage de compétitivité.

Des conclusions mitigées sur les bénéfices des THFs

Les travaux sur leurs effets sur la volatilité, la liquidité, les coûts de transaction et la découverte des prix sur les marchés ne sont pas concluants. Si les chercheurs ont des avis divergents, c’est d’abord dû à la difficulté d’extraire des données uniquement en provenance des THFs, sans les coupler avec celles des autres catégories du trading algorithmique.

D’après une étude de l’AMF datant de janvier 2017, sur Euronext Paris, les THFs sont présents 90% du temps aux trois meilleures limites ; ce qui améliorerait la liquidité. Néanmoins, leur contribution à l’amélioration du spread dépend des annonces, de la volatilité et du moment de la journée. En effet, les THFs se retirent du marché quand il est trop volatile, impacté par un événement, et en fin de séance. D’une manière générale, quand le marché a besoin d’une contrepartie, notamment en période de crise, les THFs ne jouent pas leur rôle de pourvoyeur de liquidité.

LA4Lire aussi : Le Trading à Haute Fréquence et le Spoofing démystifiés

 

Et des contraintes manifestes

Parmi elles, on compte le risque systémique lié au flash crash; tel celui survenu le 6 mai 2010. A cette contrainte s’ajoutent les manipulations de cours et le mépris de certains THFs envers les régulateurs, le manque de transparence sur leurs algorithmes et leurs transactions, ou encore la défaillance et le vol d’algorithmes. Enfin, citons l’asymétrie d’information sur le marché : les THFs ont une information complète tandis que celle des traders moins rapides est incomplète car ils traitent les ordres dont les THFs ne veulent pas. Les deux principaux risques qu’entrainent le THF sont le risque systémique et le risque que les investisseurs perdent confiance en les marchés à cause des nombreux problèmes créés par cette pratique.

Une réglementation européenne en durcissement constant

Dès lors, on comprend pourquoi cette notion est de plus en plus encadrée. En Europe, les textes MIF II (Marchés d’Instruments Financiers) et MAR (Market Abuse Regulation) traitent du THF. MIF II entrera en application le 3 janvier 2018 et a pour but d’améliorer l’efficience, la résilience et l’intégrité des marchés afin de « Garantir l’égalité des conditions de concurrence sur les marchés financiers et de permettre à ceux-ci de servir l’économie, au soutien de la croissance et de l’emploi. ». MAR est entré en application depuis le 3 juillet 2016 et compte parmi ses objectifs la lutte contre les abus sur les marchés de matières premières, dérivés et financiers, l’interdiction de manipuler les indices de référence (tel le LIBOR), le renforcement des pouvoirs des régulateurs européens (surveillance, enquête et sanctions). L’ESMA (European Securities and Markets Authority) se charge d’élaborer les futures normes techniques et d’application de MIF II et de MAR.

Mais qui demeure lacunaire

Si ces textes donnent une définition du THF en Europe, elle est imprécise sur le nombre de messages par seconde caractérisant un THF. Il s’agit d’« au moins 2 messages par seconde en ce qui concerne tout instrument financier négocié sur une plateforme de négociation ; ou au moins 4 messages par seconde en ce qui concerne l’ensemble des instruments financiers négociés sur une plateforme de négociation ». Selon Finance Watch cette définition engloberait 90% des trappeurs algorithmiques, ce qui limite l’efficacité de la régulation sur les THFs.

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Néanmoins elle pose le cadre légal du THF en Europe

Ces textes traitent également des sanctions, mises en place dès lors que les autorités concernées observent des tentatives de manipulations de cours, des manipulations sur de nouveaux instruments (les indices, les matières premières et les quotas d’émission), et des manipulations sur de nouveaux marchés (marché du carbone, manipulations croisées sur les marchés physiques au comptant des matières premières). Pour encadrer cette pratique, les textes exigent des THFs un agrément pour pratiquer leurs activités, et vont notamment mettre en place une obligation d’enregistrement chronologique des ordres passés (exécutés et annulés) des THFs, un Order to trade ratio (OTR) (ratio qui détermine un seuil d’ordre minimum à exécuter avant sanction) et des structures pour améliorer la transparence, l’égalité entre les acteurs.

Un cadre règlementaire récent aux Etats-Unis

La réglementation des THFs existe outre-Atlantique. La SEC (Securities and Exchange Commission) a pour but de surveiller les marchés financiers et émettre des sanctions en cas de non-respect des règles. Trois éléments en ressortent :

  • Le Market Information Data Analytics System (MIDAS) de 2013. Les THFs doivent dorénavant enregistrer et fournir tous les ordres réalisés, modifiés, annulés et échoués, à la SEC. La surveillance des marchés est plus efficace, les comportements illégaux telle la manipulation de cours sont plus facilement observables et sanctionnés. Pour autant, les régulateurs ne disposent pas des moyens humains et financiers des sociétés de THF.
  • Le Regulation Systems Compliance and Integrity (RSCI) de 2013. L’objectif ici est d’instaurer de nouvelles normes sur les tests et les mises à jour des algorithmes de trading. Cela concerne les entreprises de marché et les courtiers utilisant cette technologie.
  • La Financial Industry Regulatory Authority’s (FINRA) Registration for High Frequency Securities Traders de 2015. La FINRA est responsable de la supervision de pratiquement tous les courtiers opérant sur les marchés financiers ; elle est surveillée par la SEC. Depuis 2015, les THFs ont l’obligation de s’inscrire à la FINRA. Ces derniers sont soumis à plusieurs examens et leurs comportements sont régis par des règles. La surveillance des THFs permet de s’assurer qu’à partir du moment où il y a manquement de conduite observé par le régulateur, le THF sera tenu responsable et sanctionné.

 

Un encadrement propre au marché des matières premières

La Commodity Futures Trading Commission (CFTC) surveille quant à elle les marchés de matières premières et dérivés aux Etats-Unis. Par conséquent, elle y régule les acteurs (notamment les THFs) qui y opèrent. Parmi les éléments clés attrayant à cette structure, retenons :

  • Le Technology Advisory Committee (TAC). Conseil créé en 1999 par la CFTC, il a pour but d’informer la CFTC sur les impacts de l’utilisation des nouvelles technologies sur les marchés à terme et assiste dans l’élaboration d’une régulation adéquate. En 2012, le TAC a créé un sous-comité qui surveille les pratiques des tradeurs algorithmiques.
  • La directive de la CFTC de 2013 modifie la Commodity Exchange Act (CEA) de l’article 747 de Dodd Franck Act (2013). Son objectif est d’interdire les pratiques de trading qui perturbent le bon fonctionnement sur les marchés futures, options, swap (achat d’un produit dérivé à un prix supérieur à la meilleure offre, vente d’un contrat à un prix inférieur à la meilleure demande). La CFTC se pose en garant de la règle du bid-ask. Cette directive met l’accent sur les techniques de manipulation de cours et plus particulièrement sur le Spoofing. La CFTC doit prouver que l’utilisation par le THF de cette pratique était intentionnelle pour qu’il soit sanctionné.
  • La Regulation Automated Trading (Reg AT). La CFTC a proposé une loi de régulation sur le Trading Algorithmique en novembre 2015 pour gouverner certaines pratiques du THF. Elle vise principalement à améliorer le contrôle des risques sur les programmes algorithmiques par les chambres de compensation, les entreprises de marché et les firmes qui font du trading pour compte propre et qui ont un impact sur les marchés dérivés. Pour avoir un accès direct sur les marchés, ces firmes doivent avoir un agrément de la CFTC. De plus, cette loi mettra à jour les régulations de la CFTC sur le Trading Algorithmique afin de limiter les problèmes opérationnels et perturbateurs sur les marchés dérivés et de matières premières.

 

Une bourse anti-THF, Investors Exchange (IEX)

En 2016, la SEC a approuvé IEX en tant que bourse officielle. Créée en 2012 par Brad Katsuyama – un ancien directeur sales et trading de la Royal Bank of Canada – cette bourse résout les problèmes posés par le THF aux investisseurs traditionnels. IEX retarde l’arrivée des flux de données sur la plateforme grâce à une bobine de fibre optique d’une longueur de 38 miles (60 km), mise en place autour du serveur. Grâce à cette technique, un délai de 700 microsecondes (soit 0.0007 s) est à ajouter pour atteindre le marché. C’est un retard considérable pour les THFs qui échangent en microsecondes et se battent pour gagner quelques nanosecondes. L’objectif principal d’IEX est de rassurer les investisseurs en leur promettant d’échanger équitablement, avec transparence et directement avec d’autres acteurs. Cette bourse fonde son succès autrement que sur la vitesse et en mai 2017, 160 millions d’actifs s’y échangeaient chaque jour.

 

L’environnement du trading a véritablement changé grâce au progrès technologique. La vitesse des échanges s’accroit et avoisine désormais celle de la lumière. Mais, l’utilisation du THF pose deux risques majeurs : le risque systémique et la perte de confiance des investisseurs dans les marchés.  Aujourd’hui, 10 ans après la crise mondiale des subprimes, la sphère financière se porte mieux que la sphère réelle. Les crises de 1929 et 2008 ont profondément marqué la population ; l’économie réelle ayant ramassé les pots cassés du monde financier. Après 1929, nous avons eu la Grande Dépression, marquée par une période de chômage de masse, de déflation, d’une montée des extrêmes et d’une guerre mondiale. Si la situation actuelle comporte des points communs avec ce scenario d’après 1929, il s’agit donc de ne pas reproduire les erreurs passées. Si une nouvelle crise financière majeure il y a, le THF peut en être le déclencheur. C’est pourquoi, depuis le flash crash de mai 2010, cette pratique est de plus en plus encadrée. Il est essentiel que les algorithmes des THFs soient régulièrement vérifiés par un organisme spécialisé et indépendant. De plus, les régulateurs doivent être pourvus des moyens financiers et humains suffisants pour lutter contre les méfaits du THF ; les plateformes comme celle d’IEX fournissant un marché exempt de THFs.

 

William HAAS et Mustapha KASKASS, étudiants à l’Université Paris-Dauphine


Entretien en Finance de marché : les 10 livres à lire

SumZero, un réseau social pour des investisseurs buyside, a demandé à ses membres de partager leurs livres préférés sur l’investissement dans leurs profils utilisateurs.
La liste est basée sur 1,120 réponses et les livres ont été classés du moins recommandé au plus recommandé. Vous pouvez la considérer comme une reading list si vous comptez faire carrière en Finance de marché.

À noter que certains de ces livres ont un coût non négligeable, par exemple « Margin of safety » se vend au moins 900 € d’occasion.

 

1. « The Essays of Warren Buffett » by Lawrence Cunningham

Étant le livre le plus dédicacé par Warren Buffett, sa popularité et sa longévité attestent de l’intérêt généralisé pour cette compilation unique des pensées de Buffett. Ce livre est à la fois exhaustif, non répétitif et facile d’accès. Les lecteurs nouveaux et expérimentés obtiendront une éducation précieuse en parcourant cette compilation classique des meilleurs écrits de Warren.

 

 

 

 

2. « Poor Charlie’s Almanack » by Charlie Munger

Poor Charlie’s Almanack contient l’esprit et la sagesse de Charlie Munger : ses discussions, ses conférences et ses commentaires publics. Il a été écrit et compilé avec les encouragements et la coopération de Charlie Munger et de Warren Buffett. Installez-vous dans votre fauteuil préféré et profitez de l’humour unique, de l’esprit et de l’intuition que Charlie Munger apporte au monde des affaires et à celui de l’investissement. Avec Charlie comme guide, vous êtes sur le point d’entreprendre un voyage extraordinaire vers de meilleurs investissements, de meilleures prises de décision et une réflexion sur le monde et la vie en général. La vision unique du monde de Charlie, ce qu’il appelle une approche multidisciplinaire, est un modèle auto-développé pour une pensée claire et simple tout en étant loin d’être simpliste.

 

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3. « One up on Wall Street » by Peter Lynch

Le gestionnaire de fonds le plus performant d’Amérique raconte comment les investisseurs moyens peuvent se démarquer en utilisant leurs connaissances. Selon Lynch, les opportunités d’investissements sont partout. Du supermarché au lieu de travail, nous rencontrons des produits et des services toute la journée. En faisant attention nous pouvons trouver des entreprises dans lesquelles investir avant que les analystes professionnels ne les découvrent. Une fois découvertes, les investisseurs peuvent trouver des «tenbaggers», les actions qui s’apprécient dix fois plus vite par rapport à l’investissement initial. Quelques tenbaggers transformeront un portefeuille d’actions moyennes en un portefeuille à la performance exceptionnelle.

 

4. « Reminiscences of a Stock Operator » by Edwin Lefevre

Reminiscences of a stock operator est un récit fictif de la vie du trader en Securities Jesse Livermore. Malgré l’ancienneté du livre, il continue d’offrir des idées sur l’art du trading et de la spéculation. Chez Jack Schwagers Market Wizards, Reminiscences of a stock operator est considéré comme une source d’apprentissage majeure du stock trading pour les traders expérimentés comme pour les nouveaux. Le livre raconte l’histoire de la progression de Livermore, qui passe du day trading dans les boutiques de New England Bucket jusqu’à devenir market speculator, market maker et marker manipulator. L’histoire se poursuit jusqu’à Wall Street où il a fait et défait sa fortune plusieurs fois. Tout au long de sa route, Livermore découvre plusieurs leçons qu’il partage au lecteur avec plaisir.

 

 

5. « Common Stocks and Uncommon Profits » by Philip Fisher

Très respecté et admiré, Philip Fischer fait partie des investisseurs les plus influents de l’histoire. Ses philosophies d’investissements ne sont pas seulement étudiées et appliquées par les financiers d’aujourd’hui, elles sont aussi considérées comme une référence quasi biblique. Ce livre est une lecture indispensable et ce depuis sa première date de publication en 1958.

 

 

 

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6. « Security Analysis » by Benjamin Graham and David L. Dodd

Cette nouvelle sixième édition, basée sur la version classique de 1940, est améliorée avec 200 pages supplémentaires de commentaires de certains des principaux money managers de Wall Street. Ces maîtres d’investissements expliquent pourquoi les principes et techniques de Graham et Dodd sont encore très pertinents même dans des marchés différents de ceux d’aujourd’hui. La liste des contributeurs comprend :

  • Seth A. Klarman, président de The Baupost Group, L.L.C. Et auteur de Margin of Safety
  • James Grant, fondateur Grant’s Interest Rate Observer, associé général de Nippon Partners
  • Jeffrey M. Laderman, rédacteur pendant vingt-cinq ans de BusinessWeek
  • Roger Lowenstein, auteur de : The Making of American Capitalist, When America Aged, Outside Director, et Sequoia Fund
  • Howard S. Marks, CFA, président et cofondateur, Oaktree Capital

 

7. « The most important thing illuminated » by Howard Marks

Que vous ayez déjà lu The Most Important Thing plusieurs fois ou que vous le découvriez, ce livre vous donnera un regard sans précédent sur la façon dont les principaux investisseurs américains prennent des décisions et réussissent financièrement.

 

 

 

 

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8. « You can be a stock market genius » by Joel Greenblatt

 

Vous êtes sur le point de découvrir les opportunités d’investissements manquées des portfolio managers, des professeurs d’écoles de commerce et des principaux experts en investissement. Découvrez les domaines inexplorés où l’investisseur individuel a un énorme avantage par rapport aux magiciens de Wall Street. Voici votre carte au trésor personnelle pour des situations particulières dans lesquelles de grands bénéfices sont possibles parmi les cas suivants : Spin-offs, Restructurings, Merger Securities, Rights Offerings, Recapitalizations, Bankruptcies, Risk Arbitrage.

 

9. « The intelligent investor » by Benjamin Graham

Le plus grand conseiller en investissement du vingtième siècle, Benjamin Graham, a enseigné et inspiré des personnes dans le monde entier. La philosophie de Graham en matière de value investing, qui protège les investisseurs contre les erreurs substantielles et leur enseigne à développer des stratégies à long terme, a fait du livre The Intelligent Investor la bible du stock market depuis sa première publication en 1949.

 

 

 

10. « Margin of Safety » by Seth Klarman

Prenant son titre de l’avertissement souvent répété de Benjamin Graham pour investir toujours avec une marge de sécurité, Margin of Safety de Klarman explique la philosophie de la value investing et peut-être plus important encore, la logique derrière démontrant pourquoi cette approche réussit alors que d’autres non. Le plan d’action de Klarman, s’il est suivi avec précaution, offre à l’investisseur la forte possibilité de réussite en matière d’investissement avec un risque limité.

Margin of Safety vous montre non seulement comment investir, mais comment réfléchir profondément à l’investissement pour comprendre la raison d’être des règles, pour comprendre pourquoi elles fonctionnent, quand elles fonctionnent et pourquoi parfois elles ne fonctionnent pas.

 

Inspiré d’un article de Business Insider, Hedge Fund Reading List: Hundreds of investors say these 10 finance books are must-reads.