"J'ai décroché un Summer grâce au Master in Finance de l'ESSEC" : témoignage d'un ingénieur

Comment démarrer une carrière en Finance lorsque l’on vient d’une école d’ingénieur ? Pour tenter de répondre à cette question, AlumnEye a rencontré Mohamed, ingénieur de formation, et actuellement étudiant au Master in Finance de l’ESSEC. Son témoignage très instructif vous permettra de comprendre quelle stratégie vous devez adopter afin de connaître une trajectoire similaire à la sienne. L’apport d’une formation complémentaire en Finance, ici le Master in Finance de l’ESSEC, fut décisif dans sa réussite. Il vous explique pourquoi.

Bonne lecture !

Peux-tu nous présenter ton parcours ainsi que tes stages ?

Je suis ingénieur généraliste, diplômé de l’IMT ATLANTIQUE (ex Mines Nantes). Je pense être un exemple patent de la diversité des profils présents en banque d’investissement parce que j’ai effectué une spécialité en automatique informatique industrielle avant de rejoindre l’ESSEC, spécialité qui est un tant soit peu éloignée des marchés financiers. J’ai effectué des stages d’ingénieur pur et dur, de l’optimisation des processus d’archivage à la SNCF au développement d’un système embarqué innovant pour l’automobile à Altran en passant par la création d’interface graphique générique à IAV Automotive à Berlin. J’ai intégré à la rentrée 2016 le Master in Finance de l’ESSEC.

Où en es-tu d’un point de vue professionnel ?

Je m’en sors plutôt bien, j’ai atteint mes objectifs à court terme à savoir décrocher un Summer Internship en Sales & Trading à Londres. Je ferai partie de la prochaine promotion de Summer Analyst en trading chez HSBC et j’ai la ferme intention de convertir ce stage en Graduate Program. D’autres personnes de ma promotion sont également dans ce cas.

Qu’est-ce qui était le plus dur pour toi durant tes recherches de job ?

Comme vous devriez le savoir, les bons stages en banque d’investissement sont pourvus très tôt dans l’année. La difficulté principale qui se heurte généralement à nous est la charge de travail considérable qu’un Master comme celui de l’ESSEC demande pour être à niveau. C’est un programme très intensif qui demande du temps de travail et quand c’est couplé à une recherche active de stage, rigueur et méthodologie deviennent rapidement indispensables. Pour y arriver, il faut avoir une motivation inébranlable pendant plusieurs mois et la formation AlumnEye dispensée en début d’année dans le Master in Finance de l’ESSEC est un réel moteur pour atteindre les résultats escomptés.

Pourquoi avoir fait le Master in Finance de l’ESSEC ?

Pour être tout à fait honnête, les grandes banques d’investissement sont pour la plupart très réglementées (comme le marché) et il y a beaucoup de candidats pour très peu d’élus. Avoir une formation comme le Master in Finance de l’ESSEC dans son CV est quasiment indispensable (il y a des exceptions) lorsqu’on veut accéder rapidement à des postes de Front Office. Bien entendu dans mon cas, c’était également pour acquérir les connaissances financières qui me manquaient. Les professeurs qui viennent à 50% de l’industrie nous permettent d’être rapidement opérationnels et nous inculquent les connaissances clés.

LA4Lire aussi : Pourquoi faire un Master Spécialisé Finance à HEC, ESSEC ou ESCP ? Témoignage

 

Peux-tu nous raconter un peu ton année au Master in Finance de l’ESSEC ?

Comme je l’ai dit précédemment, c’est assez intensif. On a commencé les cours en Août et ça s’est enchaîné crescendo depuis. Les cours sont en anglais et couvrent aussi bien la finance d’entreprise que la finance de marché. Les directeurs du programme l’ont élaboré de telles sortes qu’un étudiant qui sort du programme aura les connaissances de bases dans les deux secteurs, même si durant l’année on se spécialise dans une des disciplines (on peut également prendre une spécialisation Asset Management). L’effectif est assez diversifié avec beaucoup d’internationaux, c’est assez représentatif des effectifs qu’on retrouve en banque. J’ai eu des cours très intéressants mais j’ai également dégagé du temps pour m’investir sur la vie du campus. J’ai d’ailleurs rejoint ESSEC Transaction, l’association de finance de l’ESSEC et j’assiste à de nombreuses conférences qui me permettent de réfléchir sur mon projet à long terme.

Qu’est-ce que tu as le plus aimé durant cette année ?

La finance, la finance et encore la finance. Depuis que je suis arrivé au Master in Finance de l’ESSEC, chaque jour est une nouvelle aventure. L’avantage d’avoir fait un Master in Finance, c’est d’avoir principalement des cours qui m’intéressent. De plus à l’ESSEC, nous pouvons choisir une grande partie de nos cours donc on n’a pas trop de mal à se lever le matin pour y aller. En outre, certains me qualifieront de masochiste mais j’apprécie également la fin des trimestres (lorsque tous les examens s’enchaînent) parce que tout le monde se retrouve et s’entraide et ça renforce les liens dans la promotion.

Es-tu satisfait du Master in Finance de l’ESSEC ?

Je suis globalement très satisfait de mon choix, cela correspond à mes attentes et le niveau de technicité est assez élevé. J’ai fait des rencontres enrichissantes grâce à la pluralité des programmes qui figurent au Master in Finance de l’ESSEC et je me suis également construit un bon réseau. Le Master offre tous les outils pour construire sa carrière et ouvre les portes des plus grandes banques d’investissement. Lorsqu’on entre au Master in Finance de l’ESSEC, on intègre le groupe ESSEC, on intègre une famille qui s’entraide et qui sera présent tout au long de sa carrière. C’est une spécificité propre à l’ESSEC et qu’on ne retrouve pas toujours dans les autres écoles.

LA4Lire aussi : Les 10 critères de sélection pour un Master en Finance

 

En quoi le Master in Finance de l’ESSEC a-t-il été décisif dans ta réussite ?

Comme je l’ai dit précédemment, le Master in Finance de l’ESSEC m’a permis de démontrer un réel intérêt pour la finance aux différents recruteurs. Il m’a ouvert les portes des grandes banques d’investissement et m’a permis d’acquérir les connaissances nécessaires pour réussir mes interviews. Il nous octroie une certaine légitimité et fait intervenir des professeurs de l’industrie qui complètent (par leur vision réelle du marché) les cours théoriques. Mais c’est également le réseau d’anciens auquel on a accès qui nous permet souvent de mieux se préparer aux entretiens. Par exemple, j’ai contacté une ancienne du Master actuellement en poste chez HSBC avant mon interview. Elle m’a explicité les spécificités de HSBC et en quoi ça pourrait être intéressant pour ma carrière. Quand on intègre un Master in Finance, on intègre surtout ce réseau.

Beaucoup de gens se posent des questions quant à l’utilité et la pertinence de faire un Master in Finance, quel est ton avis ?

Une formation comme le Master in Finance de l’ESSEC est un véritable accélérateur de carrière et élargi considérablement le spectre des métiers auxquels on peut être éligible. Hormis les cours, les workshops et les rencontres avec les banques, les différentes conférences qu’on a au cours de l’année nous permettent également de réfléchir à long terme. On ne nous prépare pas juste pour obtenir les meilleurs stages, on nous prépare au job qu’on aura dans 5/10 ans. Ceci étant dit, si vous faites déjà parti d’une des écoles ciblées par les banques, que vous avez des stages en finance et que votre bagage technique est complet, je vois mal ce que pourrait vous apporter une formation supplémentaire à part le fait d’agrandir votre réseau. S’il vous manque l’une des compétences que j’ai citées, je vous conseille de postuler.

Quel est ton regard sur la considération qu’ont les recruteurs (aussi bien du Master in Finance que de banques) pour les ingénieurs comme toi ?

Les ingénieurs sont très appréciés par les banques, surtout à Londres. Nous avons pour la plupart effectué plusieurs stages et cela nous permet comme ils le disent eux même de « Think different ». Nos profils sont très valorisés aussi bien en marché qu’en finance d’entreprise. La plupart des français qui travaillent sur les produits dérivés dans les banques sont des ingénieurs avec une double compétence en finance. En M&A, c’est notre méthodologie et notre précision qui sont mis à l’honneur. En ce qui concerne les recruteurs du Master in Finance, ils sont conscients des attentes du marché et de l’attractivité qu’ont les ingénieurs auprès des entreprises. Ma promotion actuelle est par exemple constituée à plus de 40% d’ingénieurs. Ils sont de plus en plus prisés surtout depuis la digitalisation des entreprises. Evidemment, les profils d’écoles de commerce sont tout autant demandés, mais je pense que c’est cette diversité qui est appréciée, aussi bien en entreprise qu’au sein du  Master in Finance.

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à quelqu’un ayant un profil similaire au tien, et qui souhaite faire de la finance en passant par un Master in Finance ?

C’est sûrement le meilleur choix qu’il pourrait effectuer pour sa future carrière. Il doit surtout gommer de son esprit le traditionnel « mais j’y connais rien » et prendre d’ores et déjà le Hull ou le Vernimmen comme livre de chevet. Il devra se focaliser uniquement sur les meilleurs Masters, et l’ESSEC en fait partie à travers son Master in Finance, avec un programme adapté à notre profil. Je lui conseille de contacter les étudiants qui y sont déjà et d’emmagasiner un maximum d’informations sur le programme et ses spécificités. Pourquoi je veux intégrer cette formation ? Qu’est-ce qu’elle va m’apporter ? Qu’est-ce que je peux y apporter ? S’il a une réponse claire à ces questions, il n’a plus qu’à soigner sa candidature et cliquer sur envoyer.

 

Pour obtenir plus d’informations à propos du Master in Finance de l’ESSEC, rendez-vous au lien suivant.

Merci à Mohamed pour ce témoignage !


Consolidation et expansion : les défis des banques chinoises

Sous Deng Xiaoping, le gouvernement central a entrepris un vaste programme de structuration du système bancaire. Après s’être efforcé de diminuer la part des créances douteuses dans le bilan des principales banques d’Etat, Beijing a continué son œuvre en mettant sur pied la CRBC (Commission de régulation des banques chinoises) en 2003. La troisième étape du développement bancaire chinois a vu l’injection de plus de 110 milliards d’euros dans les banques afin de consolider les passifs de ces dernières. De cette façon, le Parti Communiste a fait émerger un système bancaire conforme aux standards internationaux, et notamment aux exigences de Bâle II.

 

La structuration historique du système bancaire chinois face à ses limites économiques

Pour ce faire, l’Etat central a procédé au dépeçage de l’ancien système communiste mono-bancaire pour passer à un système dominé par quatre consortiums gigantesques, chacun dédié au financement du développement d’un secteur de l’économie. Avec plus de 3 420 milliards d’euros d’actifs gérés, l’Industrial & Commercial Bank of China est ainsi la plus grande banque au monde. Encore méconnue en Europe, son introduction en bourse en 2006 pour près de 19 milliards d’euros — un record depuis battu par une autre banque chinoise (l’Agricultural Bank of China, introduite en bourse en 2010 pour plus de 22 milliards d’euros) — signa l’entrée fracassante des banques chinoises sur un secteur largement dominé par les occidentales.

Quel modèle de développement pour le secteur bancaire chinois ?

Néanmoins, le secteur demeure fragile, notamment du fait de la proportion sous-évaluée de prêts non performants dans l’économie. Ces créances douteuses sont aussi bien le fait du système bancaire traditionnel que du système bancaire parallèle non surveillé (Shadow Banking).

Moody’s estime la taille du Shadow Banking à plus de 3 500 milliards d’euros. Echappant à toute surveillance des autorités de régulation, ces activités de crédit entre particuliers ou entreprises ont explosé ces dernières années en Chine. Confrontés à des conditions d’emprunts parfois rédhibitoires, à un taux de rémunération des dépôts plafonnés à des niveaux très faibles, ainsi qu’à la hausse des prix de l’immobilier, ce système constitue pour beaucoup de ménages et de PME un moyen d’emprunter et de prêter de l’argent facilement, via des intermédiaires financiers peu regardants. De la même façon, chez les grandes banques du pays, le taux de prêts non performants avoisinerait les 15%, voire 19% ; chiffres bien supérieurs aux 1,75% des statistiques officielles. La faute à des usages hérités de la période communiste, une trop grande fluctuation des recettes fiscales et des remboursements de prêts de la part de certaines entreprises publiques en surproduction.

En parallèle, le gigantesque plan de relance de 4 000 milliards de yuans lancé par le gouvernement en 2008 a laissé des traces dans les comptes des provinces chinoises. Financé seulement à un tiers par le gouvernement central, il a poussé les gouvernements locaux à mettre en place des véhicules d’investissement pour émettre de la dette. Ces LGIC (Local Government Investment Vehicles) ont donc contracté les prêts servant à financer des programmes d’investissement, afin de contourner le faible pouvoir d’émission de dettes sur les marchés que la loi confère aux provinces. Cette accumulation de dette pose aujourd’hui problème, alors que seuls 27 % des prêts des LGIV verraient leurs échéances actuelles couvertes par les recettes des investissements réalisés. Ce qui pose la question de la solidité du système bancaire régional chinois, principal apporteur de fonds des secteurs agricole et industriel au sein des zones rurales, et qui fonctionne encore largement sur un modèle de coopératives bancaires.

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Quelle place pour les banques chinoises sur l’échiquier bancaire mondial ?

Face au ralentissement de l’économie sur le marché intérieur, le gouvernement chinois s’est montré très prompt à soutenir l’internationalisation de ses banques. Pour cela, l’Etat central et les dirigeants de ses institutions satellites ont très tôt porté l’idée de l’internationalisation du renminbi. La première étape de ce processus consista en l’établissement d’une plateforme d’usage offshore du renminbi à Hong Kong. Quatrième place financière mondiale, connectée aux bourses de Shanghai et désormais de Shenzhen, l’ancienne colonie britannique a su apporter son savoir-faire en matière de services financiers pour développer l’offre de produits libellés en monnaie chinoise. Ainsi, les succès des émissions obligataires de McDonald, Caterpillar ou encore Renault ont attiré de nouveaux investisseurs. Des fonds de Private Equity dédiés aux investissements en yuan ont ainsi fait leur apparition. Capitalisant sur cette crédibilité nouvelle, Pékin a par ailleurs bénéficié d’une deuxième source d’internationalisation de sa monnaie. En effet, le 1er octobre 2016, le renminbi a officiellement intégré le panier de devises du FMI, aux côtés du dollar, de l’euro, de la livre et du yen.

D’autre part, le gouvernement chinois a taché de poursuivre les efforts de bonne gouvernance déjà entrepris au sein des grandes banques du pays. Les dispositions prescrites par Bâle III furent par exemple intégrées au cadre législatif chinois dès le 1er janvier 2013, soit six mois avant les Etats Unis. Au-delà du renforcement des capitaux propres des banques qu’elles imposent, elles ont aussi poussé les banques chinoises à diversifier leurs activités. Des départements cash management et factoring ont ainsi fait leur apparition. Autre illustration, selon le classement annuel de The Banker, quatre des cinq premières banques mondiales en termes de ratio Tier 1 — mesure de la capacité des banques à absorber des pertes, générer une croissance rentable et résister à des crises — sont chinoises. En 2016, ces dernières représentaient 32% du bénéfice total des mille premières banques mondiales, contre 4% dix ans auparavant.

L’émergence des banques d’affaires chinoises

Les groupes bancaires chinois ne se contentent plus seulement des activités de banques de détail, et se tournent de plus en plus vers les opérations de haut de bilan, au service du développement des entreprises. Dopées par les acquisitions chinoises à l’international, les activités de M&A des banques de l’Empire du milieu ont atteint des sommets. Leur proximité avec les milieux décisionnels et la taille conséquente de ces établissements leur permet de décrocher de nouveaux contrats, là où les banques d’affaires occidentales ne se risquent pas à engager plus de 10% de leur bilan sur une opération. Portés par des coups d’éclat comme l’acquisition par ChemChina de Syngenta pour 43 milliards d’euros, ou l’augmentation de la prise de participation au capital d’Accor Hotels de Jin Jiang, les grands acteurs chinois de la banque d’affaires comme CICC, Citic et la China Construction Bank se frottent les mains.

Au-delà des considérations géopolitiques souvent évoquées, ces acquisitions accroissent les parts de marché nouvelles et apportent une crédibilité supplémentaire aux groupes chinois. En faisant l’acquisition de grandes entreprises, ce sont aussi des actifs valorisables et des marques matures et établies que les entreprises chinoises achètent.

LA4Lire aussi : M&A : vers une concentration du secteur bancaire allemand ?

 

La tech : une aubaine pour les banques chinoises

Sur un marché dominé par des structures soutenues par l’Etat — comme Citic Securities — une nouvelle génération de banques d’affaires a fait son apparition ; à laquelle Renaissance Partners fait partie. Fondée en 2004 par Fao Ban — passé par Crédit Suisse et Morgan Stanley — cette banque-conseil s’est fait un nom en conseillant la majorité des deals sur le marché chinois. A la différence de ses aînées, qui ont perçu de généreuses commissions grâce aux IPO en série des anciennes entreprises d’Etat, Renaissance Partners s’est fixée un crédo : conseiller des opérations pour les géants de la tech chinoise. A la clé ? Des deals fondateurs pour l’écosystème chinois, comme la fusion à plus de 6 milliards de dollars entre les ex-ennemis Kuaidi et Didi, à qui Uber faisait pourtant les yeux doux depuis plusieurs mois. Les synergies créées pourraient permettre à la nouvelle entité de rejoindre le cercle des géants numériques chinois tels Baidu, Alibaba et Tencent. Dans l’Empire du Milieu, la niche du numérique est devenue une véritable mine d’or. Pour ces nouvelles banques d’affaires, il s’agit donc de cultiver la proximité avec la scène entrepreneuriale chinoise à Pékin, Shenzhen et Hong Kong.

Cependant, les activités de M&A des banques chinoises restent encore marginales à côté des activités de DCM. Ce sont les émissions obligataires d’entreprises qui ont joué le rôle de moteur de la croissance intérieure ces dernières années. Avec un montant avoisinant les 170% du PIB, la Chine est devenue le plus gros marché mondial de la dette d’entreprise en 2014. Pour faire face à cette hausse de l’activité, et continuer à diffuser les pratiques de bonne gouvernance, les banques chinoises tentent désormais d’attirer des banquiers seniors issus des acteurs traditionnels de la banque.

Un marché chinois en pleine ébullition, devenu trop étroit

Les activités de banque d’affaires visent notamment à élargir le spectre des revenus des groupes chinois sur un marché de plus en plus concurrentiel. Si les banques chinoises tentent de diversifier leurs activités, c’est également parce que la concurrence se fait de plus en rude sur les activités de détail. En effet, au cours des cinq dernières années, les banques en ligne ont connu un développement exponentiel. Très simples d’utilisation et permettant de dépasser le manque de bureaux de banque physiques, nombre de jeunes consommateurs et de petites entreprises ont rapidement adopté ce service, notamment sur les téléphones mobiles. Les activités des banques Internet ont ainsi augmenté de 248 % l’an dernier, contre une hausse de 20 % pour les transactions entre banques. Même si les sommes échangées restent modestes — 12 000 milliards de yuans (1 700 milliards d’euros) contre 1 106 trillions de yuans (163 000 milliards d’euros) pour les banques traditionnelles — cette croissance exponentielle laisse augurer de belles perspectives de développement pour ce marché. A tel point que l’un des plus grands assureurs chinois, Ping An, a lancé sa propre plateforme de banque en ligne.

Les banques chinoises face à leurs défis

Pour les banques chinoises, une plus grande efficacité économique passera nécessairement par l’assainissement de leurs bilans, afin de diminuer le poids des créances douteuses. Protégées par des taux d’épargne et de dépôt parmi les plus hauts au monde, les géants bancaires chinois devront cependant concilier leurs tentatives de faire respecter des règles de gestion rigoureuses et des incitations politiques à l’égard des banques pour favoriser l’octroi de prêts aux entreprises d’État et ainsi contenir la hausse du chômage. A l’international, la volonté gouvernementale de limiter l’érosion des réserves de change du pays risque par ailleurs de freiner les acquisitions chinoises sur le Vieux Continent.

 

Bastien Le Bars, étudiant à Sciences Po Rennes et contributeur du blog AlumnEye


« J’ai intégré le Master 203 de Dauphine après l’ESSCA »

Etudiant d’école post-bac, Louis a nourri un intérêt pour la finance de marché. Démontrant sa motivation, il a affiné son parcours et ses expériences, pour intégrer à la rentrée le prestigieux Master 203 de l’université Paris‑Dauphine. Son parcours et sa détermination inspireront peut-être certains d’entre vous. Il nous livre son témoignage sur le 203 et les étapes de son parcours. Bonne lecture !

 

Peux-tu nous expliquer ton parcours ?

Après un bac scientifique, j’ai intégré, via le concours Accès, le programme Grande École de l’ESSCA. Afin de renforcer mon profil, j’ai suivi la Summer School de la LSE et réalisé un stage en M&A FIG pour affiner ma connaissance des institutions financières. Toujours aussi motivé à faire carrière en finance de marché, mais grandi par ces expériences, j’ai alors postulé au Master 203 de Dauphine, que j’ai intégré à la rentrée 2016.

Pourquoi as-tu changé d’école ?

Dès ma première année à l’ESSCA, j’ai pris goût aux différentes matières financières, qui regroupaient essentiellement comptabilité et analyse financière dans les deux premières années avant une introduction à la gestion financière en troisième année, pour leurs aspects mathématiques et logique. Je me suis rapidement projeté vers une carrière dans ces métiers‑là, et de fil en aiguille j’ai eu envie de découvrir de façon autonome la finance quantitative. J’ai commencé par acheter un livre couvrant les bases des produits monétaires, obligataires et la gestion de portefeuille, avant d’enchaîner sur des ouvrages de finance quantitative comme le Hull et le Wilmott ; plus j’approfondissais ces notions et plus ces sujets m’intéressaient.

Cependant, après un premier stage en banque d’affaires, j’ai compris en parlant à des opérationnels que les diplômés d’écoles de commerce post‑bac étaient loin des profils‑cibles des banques d’investissement, de surcroît en finance de marché où les étudiants des meilleures écoles de commerce font déjà face à une rude concurrence des profils ingénieurs. J’ai donc voulu me réorienter et faire un Master en université spécialisé en finance de marché. J’ai postulé au M1 Finance généraliste de Dauphine et au Master (MSc) 203, ce dernier étant classé 1er de France et 9ème mondial par Eduniversal.

Pourquoi la Summer School de la LSE ?

Une de mes sœurs avait fait une Summer School en Business English et un des analystes de mon stage en M&A m’a parlé d’un cours de finance quantitative qu’ils proposaient lors de ces sessions. Pour postuler au cours Options, futures and other financial derivatives, il ne me fallait attester que de : mon niveau universitaire (3 ans après le bac), mes connaissances mathématiques et mon niveau d’anglais.

J’ai postulé car j’avais tout à y gagner : une expérience internationale incroyable au sein d’une université parmi les plus prestigieuses du Royaume-Uni et une preuve sur mon CV de mon envie d’apprendre dans le domaine de la finance quantitative. Plus généralement, quel que soit le domaine qui vous intéresse, je recommande ce genre de programmes qui peuvent se faire dans de nombreuses universités à l’étranger. C’est parfois un investissement financier important, mais c’est une occasion unique de découvrir ou d’approfondir des sujets d’études, de rencontrer des étudiants venant du monde entier et de suivre des activités spécialement organisées par les universités pour les étudiants de ces programmes.

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En quoi ton profil est-il intéressant ?

Dans le cadre du semestre international obligatoire en troisième année à l’ESSCA, j’ai fait un stage en M&A à la Société Générale à Londres sur le secteur FIG (Financial Institutions Group) regroupant les institutions financières telles les banques, assureurs, gestionnaires d’actifs, etc. Cette expérience sur mon CV est un indicateur de résistance et de capacité de travail ; et ce même si ce n’est pas du tout le secteur de la banque vers lequel mène mon Master. Je n’ai pas choisi le secteur FIG par hasard : je voulais acquérir une connaissance approfondie des enjeux opérationnels, stratégiques et réglementaires de ces entreprises pour être mieux préparé à y faire carrière. De plus, mon admission à la Summer School de la LSE témoignait de ma motivation qui est – j’en parlerai plus tard – clé dans votre candidature.

Il faut savoir que si une bonne partie des étudiants en M1 sont des licenciés de Dauphine, il n’y a pas de quotas et le processus de recrutement n’est pas fait pour rechercher des profils‑type, mais des individus qui auront les qualités nécessaires pour suivre le Master puis une carrière dans les métiers auxquels il prépare.

Qu’est-ce qui a fait la différence selon toi pour intégrer le Master 203 ?

Je n’ai pas assisté aux entretiens des autres candidats, mais je dirais que le plus important est votre motivation. Lors de l’entretien d’admission, vos examinateurs – dont la directrice du Master Gaëlle le Fol – vont, certes, vous poser quelques questions techniques (économétrie, finance ou mathématiques) car le programme est très quantitatif. Mais ils voudront surtout savoir ce que vous faites là ! Ils ne cherchent pas à vous piéger, mais à saisir la cohérence de votre projet avec le Master. Les métiers en finance de marché sont connu pour être exigeants et stressants, avec des salaires à la baisse ces dernières années en marché, au profit des activités de conseil. L’équation est simple, si vous n’aimez pas réellement ce que vous faites, vous ne tiendrez pas.

Il ne s’agira pas d’afficher cette motivation à tout va, mais véritablement de la démontrer. Il n’est pas obligatoire d’avoir des connaissances techniques en finance, mais vous devez savoir ce qui vous donne envie de travailler sur les marchés. Que vous ayez ou non une idée de ce que vous voulez faire – trading, structuration, gestion des risques – vous devez avoir une idée suffisamment renseignée des métiers auxquels le Master forme.

J’ai joué la carte technique alors que je ne venais pas d’un cursus technique ! Si un de mes examinateurs était surpris qu’un étudiant de mon niveau ait pu lire tant, j’ai pour autant dû montrer que mes lectures avaient été actives et m’avaient vraiment apporté. Lors de l’entretien, j’ai aussi séché sur certaines questions, et ce n’est absolument pas un drame car les quelques questions techniques servent seulement à vérifier que vous pourrez suivre les cours : vous êtes là pour apprendre, pas parce que vous prétendez tout savoir.

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Quel est ton ressenti sur le Master 203 ?

J’étais habitué à une large promo à l’ESSCA (250-300 personnes par campus), et j’ai découvert un Master où tout se déroule dans une classe de 20-25 personnes : différent, mais sympa aussi. Nous croisons rarement les M2 qui commencent les cours un peu plus tard et ont des horaires différents des nôtres, mais Stratéfi, l’association du 203, organise deux voyages d’une semaine à Londres et Hong‑Kong pour visiter les établissements ciblés par le Master (banques d’investissement et gestionnaires d’actifs). C’est l’occasion de mieux faire connaissance et de consolider le réseau du 203 entre les différentes promotions ; sans parler des traditionnels afterworks.

Nous avons l’avantage d’être beaucoup plus accompagnés individuellement par nos professeurs et par la directrice que dans les structures plus larges. Pour autant, si réussir son semestre est faisable, il faut tout de même garder en tête que le 203 est un Master difficile : il est très important de savoir tirer les leçons de ses erreurs et rebondir sans se décourager. Les étudiants ne sont pas à l’abri de mauvaises surprises, peu importe leur background : les examens sont exigeants et il est important de le réaliser. Les cours sont techniques et demandent un important investissement personnel, mais nous avons des professeurs passionnants.

Un conseil à donner à un étudiant visant un Master très sélectif ?

Je dirai qu’il faut avant tout rester humble et persévérer. Le 203 est un programme prestigieux dont les diplômés sont généralement satisfaits, mais il est aussi difficile et il est risqué de prendre la « grosse tête » car le retour à la réalité peut être violent. Au-delà des cours, le monde de la finance est très compétitif et stressant, et le secteur évolue dans un environnement difficile, notamment réglementaire. Être pris en Summer Internship dans une banque n’est pas garanti, même dans ces programmes, et trouver un stage long dans le domaine qui vous intéresse peut être tout aussi fastidieux. Si vous arrivez à rester humble face à vos succès (et intégrer le 203 en est un), vous saurez d’autant mieux rebondir sur vos échecs. Si votre motivation à travailler dans la finance est fondée, ces deux éléments devraient vous aider à ne pas vous décourager, qu’il s’agisse d’entrer au 203 après un parcours atypique, comme de construire votre future carrière.


M&A : vers une concentration du secteur bancaire allemand ?

Pour Deutsche Bank, le bilan des déboires avec le Département de la Justice américain est terrible. En bourse, le groupe a perdu plus de 50% de sa valeur depuis le début de l’année 2016. Sa capitalisation boursière est désormais inférieure à 15 milliards d’euros, soit un peu plus du quart de celle de BNP Paribas. Sa taille boursière ne la place plus qu’au 15e rang européen, alors qu’elle comptait parmi les premières banques mondiales il y a à peine 30 ans. En conséquence, le PDG de la banque, John Cryan, n’a eu d’autre choix que d’annoncer un vaste plan de restructuration, qui comprend notamment la fermeture d’un tiers des agences du pays. Chez la deuxième banque d’Allemagne, la situation est similaire. Commerzbank a ainsi récemment annoncé le licenciement de plus de 9000 collaborateurs. En réponse à ces turbulences, beaucoup d’observateurs ont souligné la possibilité d’une fusion entre les deux groupes. Cependant, malgré des discussions effectives entre les dirigeants, l’opération semble invraisemblable tant les bilans des deux institutions apparaissent profondément fragilisés par des années d’errements stratégiques. Plus généralement, ces deux établissements reflètent un secteur bancaire allemand fragilisé. La concentration apparait alors comme le remède à administer à une industrie morcelée et en perte de vitesse.

 

Quelle structure pour le tissu bancaire allemand ?

Les vicissitudes de la Deutsche Bank ont eu pour effet de braquer tous les projecteurs sur l’Allemagne. Dans le pays de Goethe, la très grande concentration du marché bancaire est à nouveau pointée du doigt.

Pour bien comprendre la chute du géant Deutsche Bank, il faut s’intéresser aux caractéristiques du marché rhénan ; notamment au phénomène de surbancarisation de la banque de détail. Malgré d’importantes concentrations dans les années 90 (le secteur comptait 4582 banques en 1990), on dénombre encore aujourd’hui plus de 2000 établissements bancaires dans le pays (soit 24% des banques de l’Union Européenne), contre seulement une vingtaine en Espagne. Or ces banques affichent parmi les plus faibles marges du secteur en Europe, avec un ratio d’exploitation moyen de 73%, contre 64% dans le reste de la zone euro, selon l’agence de notation Moody’s.

La deuxième caractéristique du marché bancaire allemand, c’est son architecture tripartite lui ayant permis de survivre à la crise financière de 2008. En effet, coexistent Outre-Rhin trois types d’établissements. Des banques privées, des banques publiques – à la fois des caisses d’épargne (Sparkassen) et des banques régionales (Landesbanken) – et des banques coopératives (Genossenschaftsbanken). Mais ce système fait aujourd’hui face à un nouveau défi : s’adapter aux changements réglementaires qui façonnent une nouvelle architecture prudentielle. Pensons notamment à Bâle IV, qui vise à restaurer la stabilité du secteur financier européen. En effet, de nombreuses banques allemandes ont longtemps prêté à des taux inférieurs aux taux de marché, en refinançant des expositions longues sur des maturités courtes : un business model qui a volé en éclats pendant la crise. En septembre dernier, Pascal Ordonneau – ancien dirigeant de HSBC – critiquait le système bancaire régionalisé allemand et rappelait « la trop grande dépendance des banques allemandes aux activités de crédit et d’assurance-vie »; des banques fragilisées par la politique monétaire ultra-accommodante menée par la BCE.

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Une vague de concentrations à prévoir outre-Rhin ?

Plusieurs types d’opérations sont en effet à anticiper dans les mois à venir; même si une restructuration du marché semble nécessaire ex ante afin de convaincre de grands groupes bancaires de prendre position en Allemagne.

Premièrement, pensons à des opérations horizontales qui viseraient notamment à faire émerger des leaders au sein de Länders dominés par les traditionnels Landersbanken publiques. Par ailleurs, le rachat de petites structures bancaires régionales par de grands groupes industriels n’est pas à exclure. Alors que le spectre d’une remontée des taux américains menace, le rachat d’une banque permet en effet aux entreprises de se prémunir contre le risque de change, mais aussi de sécuriser leurs accès à des financements pour leur compte ou pour celui de leurs fournisseurs, grâce aux liquidités de la BCE. Si, en 2014, Airbus faisait ainsi l’acquisition de la Salzburg München Bank, Siemens, Daimler, BMW et Volkswagen possèdent également leurs propres banques.

Enfin, il s’agirait d’opérations pan-européennes car les banques du vieux continent – françaises en tête – ont accumulé des liquidités et assaini leur situation. Des rapprochements pourraient notamment à nouveau intervenir entre les secteurs bancaire et assurantiel. En témoigne le projet de rapprochement entre la Mutuelle Générale et MGEN. De nombreuses banques européennes s’intéressent aux banques allemandes, qui bénéficient de larges réseaux clients et d’une bonne connaissance des marchés d’Europe centrale et de l’Est.

Les acteurs de la banque privée ne sont, quant à eux, pas en reste. Plus que jamais, ils recherchent une taille critique leur permettant de réaliser les investissements nécessaires afin de faire face aux nouvelles réglementations et évolutions du secteur. Selon une étude récente du cabinet McKinsey, la taille critique en banque privée est aujourd’hui évaluée autour de 10 milliards d’euros, contre 5 milliards en 2007.

Trois des principales banques françaises – BNP Paribas Société Générale et le Crédit Agricole – sont d’ailleurs durablement implantées en Allemagne. En ce sens, la récente nomination de Lutz Diederichs à la tête de BNP Paribas Allemagne atteste de l’importance d’un marché sur lequel le groupe vise entre 5 et 10% de croissance pour 2017. Cependant, si le gouvernement allemand voit d’un bon œil l’arrivée des banques françaises sur son marché, les voix ne sont pas toutes aussi concordantes au sein de la BCE. Quelle posture adopterait-elle face à l’émergence d’un mastodonte bancaire européen ? A titre de comparaison, le bilan cumulé de la Deutsche Bank (1621 milliards d’euros) et de BNP Paribas (1987 milliards), Crédit agricole (1526 milliards) ou de Société Générale (1326 milliards) dépasserait largement le PIB français comme allemand (s’élevant respectivement à 2181 et 3032 milliards d’euros en 2015). De surcroît, les exigences de fonds propres posées par les futures règles prudentielles – dites de Bâle IV – risquent de freiner les banques françaises, qui n’ont par ailleurs aucun intérêt à venir secourir leurs homologues allemandes.

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Les prochains mois seront décisifs pour le secteur bancaire allemand. Le renforcement annoncé de Francfort en centre financier du vieux continent pourrait notamment doper des rapprochements entre banques commerciales et/ou banques privées. Les rumeurs vont bon train depuis l’annonce du Brexit. A en croire les informations relayées par Reuters, plus d’une cinquantaine d’établissements, dont Goldman Sachs, songeraient à s’installer sur les bords du Main.

 

Bastien Le Bars, étudiant à Sciences Po Rennes et contributeur du blog AlumnEye


Un Master 2 en Maths & Finance pour devenir Quant ? Découvrez le MMMEF de la Sorbonne

Afin de mieux connaître ce Master en Mathématiques Appliqués, nous avons réalisé une interview croisée du Professeur Joseph Abdou, Responsable du Master 2 MMMEF,  et du Professeur Olivier Guéant, Professeur de mathématiques financières, recruté en septembre 2016 à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, ancien responsable de la voie « Finance de marché » de l’ENSAE.

 

Pouvez-vous nous présenter le Master 2 MMMEF ?

J.A. : Le Master 2 MMMEF (Modélisation et Méthodes Mathématiques en Economie et Finance) est un programme de mathématiques appliquées très complet qui a pour objectif de former des spécialistes de haut niveau (i) en finance mathématique et ingénierie financière, (ii) en économie mathématique, théorie des jeux, et théorie de la décision, et (iii) en optimisation, contrôle et recherche opérationnelle.

 

Quelle est sa spécificité par rapport aux autres Masters de Finance Quantitative tels que EK ou LE ?

J.A. : La finance quantitative fait partie d’un ensemble plus vaste qui comporte l’économie mathématique et la théorie des jeux. Ainsi, les étudiants du Master peuvent se familiariser avec les fondements et pas uniquement avec l’ingénierie.

O.G. : En effet, c’est l’un des avantages comparatifs de ce programme par rapport aux autres programmes parisiens. Les étudiants inscrits dans la dominante « Finance Quantitative » acquièrent des connaissances très solides en calcul stochastique et en finance de marché, à l’instar de ce qui est le cas dans les autres masters, mais ils suivent aussi en général des cours dans d’autres dominantes. Joseph citait l’économie mathématique et je pense qu’il s’agit là d’un exemple important : sur un marché du travail qui a beaucoup changé depuis la crise des subprimes, avoir des connaissances en modélisation économique et en économie financière est indispensable. De plus, les cours de la dominante « Optimisation et Contrôle » permettent aux étudiants d’acquérir des connaissances très utiles sur des marchés financiers qui s’automatisent de plus en plus.

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Comment s’articule le choix de cours vis-à-vis des 3 parcours ? Peut-on aller piocher dans les différents parcours ou bien est-ce totalement figé ?

J.A. : Chaque étudiant est initialement inscrit dans une dominante : Finance Quantitative (FQ), Economie Mathématiques, Jeux et Décision (EMJ) ou Optimisation et Contrôle (ORO) où il prend la majorité de ses cours. Selon son projet il peut ensuite valider des cours d’une autre dominante. Le tout doit simplement être approuvé par le responsable de la Dominante.

O.G. : Nous encourageons vivement les étudiants à choisir des cours variés. Pour ce qui est de la Finance quantitative, l’ère du 100% calcul stochastique touche à sa fin sur les marchés financiers. Le fait de pouvoir choisir des cours d’économie dans la voie EMJ ou le cours intitulé « An introduction to data sciences and big data » de la voie ORO est un « plus » indéniable pour nos étudiants.

Que signifie le partenariat avec l’ENSTA ? Délivrez-vous un double diplôme ?

J.A. : Le partenariat avec l’ENSTA est de type cohabilitation. Les élèves de l’ENSTA ont le diplôme du Master 2 MMMEF en plus de leur troisième année d’Ecole.

 

Le master est enseigné entièrement en anglais. Quel niveau faut-il pour pouvoir suivre les cours ?

J.A. : Les cours sont en effet dispensés en anglais. Toutefois, nous n’exigeons pas un niveau précis en anglais lors de l’inscription.

 

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Qui sont les professeurs et d’où viennent-ils ?

J.A. : Les enseignants viennent de divers horizons. Il y a des Professeurs d’Université et des Maîtres de Conférences, principalement en mathématiques appliquées. Certains enseignants sont aussi des chercheurs, membres du CNRS. Enfin, certains enseignants, notamment dans la voie « Finance Quantitative », sont des professionnels qualifiés qui transmettent des connaissances et des savoirs en prise avec les pratiques actuelles de l’industrie.

O.G. : Cette diversité des profils constitue une richesse pour nos étudiants qui ont ainsi accès à des enseignants-chercheurs et à des praticiens.

 

Quels sont les effectifs chaque année ? D’où viennent vos étudiants ?

J.A. : Il y a chaque année autour de 50 inscrits. Ceux-ci viennent soit directement de l’étranger, soit de nos filières internationales (Erasmus Mundus), soit des M1 de Mathématiques pures ou appliquées, soit d’écoles d’ingénieur (élèves de troisième année).

 

Comment se passent les candidatures au Master ? Quelles sont les différentes étapes ?

J.A. : Les candidatures se font par voie électronique (dès Avril). Une commission d’admission établit ensuite la liste des admis. Pour plus d’information, il est utile de consulter le site www.mmmef.fr.

 

Quel bagage académique faut-il pour postuler ?

J.A. : Les étudiants à l’université doivent avoir ou être en passe d’avoir un M1 de Maths pures ou appliquées. Les élèves des écoles d’ingénieur doivent avoir ou être en passe d’avoir validé leur deuxième année. Pour les étudiants ayant des diplômes étrangers, un niveau équivalent au M1 est requis.

O.G. : Pour ce qui est de la voie « Finance Quantitative », il est préférable d’avoir validé des cours de probabilités.

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Quelle est la part de débouchés non-académiques sachant que le MMMEF est un master orienté recherche ?

J.A. : 80% des lauréats vont dans le monde professionnel, non académique.

 

Existe-t-il un service carrière susceptible d’accompagner les étudiants dans leurs choix de stages et d’employeurs ?

O.G. : Il n’y a pas de service carrière constitué spécifiquement pour le M2 MMMEF. Toutefois, le secrétariat du Master 2 relaye de nombreuses offres de stages à destination des étudiants. Les contacts professionnels des enseignants (qu’ils soient ou non praticiens) jouent ici un rôle clef. A titre personnel, j’ai transmis au cours des mois de novembre et de décembre 2016 trois offres de stages émanant d’HSBC et une offre émanant de la BNP. Il est aussi à noter que les enseignants se montrent en général très disponibles pour échanger avec les étudiants sur leur projet.

 

Avez-vous des exemples de stages effectués par les étudiants et d’employeurs qui recrutent à l’issue du MMMEF ?

J.A. : Chaque année de nombreux étudiants effectuent des stages non-académiques, principalement dans les institutions financières ou bancaires, mais pas seulement. Le secrétariat du Master garde précieusement la liste de ces stages et cela constitue une base de contacts intéressante pour les étudiants.

O.G. : Le nouveau site du Master 2 MMMEF (www.mmmef.fr) détaille les débouchés naturels de nos étudiants et donne des exemples de stages effectués au cours des dernières années. A titre d’exemple, des stages ont été effectués dans les entreprises suivantes : BNP Paribas, ABN AMRO, Goldman Sachs, Reuters, SNCF Réseau, SNCF C6 (iDBUS), CDC, Cacib, Natixis, Cardif, etc.

 

Quelle est la taille du réseau des anciens ? Comment se matérialise-t-il ? Annuaire, adresse e-mail ? Existe-t-il des rendez-vous annuels ?

J.A. : Le réseau des anciens est en formation. C’est un point que l’on essaie de développer.

O.G. : Un groupe LinkedIn existe déjà. Le nouveau site du Master 2 MMMEF va sûrement aider à constituer ce réseau. C’est l’une de nos priorités pour 2017.


Janet Yellen, une colombe à la tête de la Fed ?

Première femme à la tête de la Réserve fédérale américaine, Janet Yellen serait la seconde personne la plus influente du monde financier, selon Business Insider. Encensée tant pour ses qualités professionnelles qu’humaines, elle ouvre notre série de portraits consacrés aux femmes les plus en vue de la finance et de l’économie. Pour autant, Janet Yellen dénote dans les hautes sphères du pouvoir : à son arrivée à la tête de la Fed, on l’a affublée du surnom de colombe. Qu’en est-il du bilan de cette femme de convictions, si remarquée ?

 

Une carrière universitaire prestigieuse

Née à New York en 1946, Janet Yellen a rapidement manifesté un intérêt prononcé pour l’économie. Après des études à Brown, elle obtient un Doctorat d’économie à Yale, et intervient dans les plus prestigieuses universités du monde : Harvard, LSE, ou encore Berkeley. A la suite de ce brillant cursus universitaire, Janet Yellen intègre, dès 1977, l’équipe d’économistes de la Fed, avant d’en prendre la tête 36 ans plus tard.

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Une ascension initiée sous Bill Clinton

C’est en 1994 que, sollicitée par l’administration Clinton, Janet Yellen rejoint le Conseil des Gouverneurs de la Réserve fédérale américaine. Véritable tête pensante de la Fed, le Conseil des Gouverneurs agit en conseil d’administration, et supervise les douze réserves fédérales. Janet Yellen est alors entourée de six autres membres nommés par le Président des Etats-Unis, et dirigée par un Président du Conseil, faisant office de Président de la Fed. C’est dans ce contexte qu’elle poursuit son ascension politique, promue de gouverneur à chef des conseillers économiques de Bill Clinton, pour ensuite devenir vice-présidente de la Fed en 2010.

financialpaper-581f79cf3df78cc2e8fd8cd6Pressentie dès 2009 pour succéder à Ben Bernanke – avant que celui-ci ne soit reconduit dans ses fonctions – Janet Yellen assistera au quotidien son prédécesseur plus de trois années durant. Elle influencera alors pour partie le choix de la politique menée par la Fed. Œuvrant pour le retour de la croissance et le sauvetage de l’économie américaine au lendemain de la crise, la Fed entreprend, entre autres, une injection colossale de fonds, notamment via un rachat massif de bons du Trésor. Cette politique d’assouplissement quantitatif, visant à dynamiser l’économie tout en calmant les marchés, est encore d’actualité 8 ans après son introduction.

En compétition avec Larry Summers pour succéder à Bernanke, Yellen bénéficie d’une très forte côte de popularité dans les médias ; en témoigne le soutien affirmé du Financial Times comme du New York Times. Janet Yellen marque également sa différence en n’appartenant pas au cercle habituel du pouvoir, proche de Wall Street. Celle qui, dès 2005 avait mis en garde l’opinion au sujet d’une bulle financière en passe d’exploser aux Etats-Unis, semble imperméable à la pression des banques. Davantage préoccupée par l’emploi que par le taux d’inflation, elle se positionne en successeur logique au lendemain de la crise financière. Finalement nommée Présidente de la Fed en octobre 2013, elle prendra ses fonctions début 2014.

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Entre continuité et convictions

Si sa politique ne s’inscrit pas en profonde rupture avec celle menée par Ben Bernanke, Janet Yellen dénote d’un point de vue symbolique. Première femme et premier président démocrate de la Fed depuis 30 ans, keynésienne, elle se veut au service de l’économie réelle et fait du retour au plein emploi son cheval de bataille. Pour la première fois depuis 2006, la Fed a pris la décision de relever fin 2015 ses taux directeurs. La politique menée par Janet Yellen est résolument tournée vers une baisse du chômage à moins de 5% – au risque de voir temporairement l’inflation s’élever au-dessus de la cible affichée des 2%. Si une seconde hausse était attendue sur les marchés, et a été actée hier, la Fed semble – sous l’impulsion de sa présidente – continuer son désir de maintenir une économie dite high pressure. Afin de favoriser un cercle vertueux investissement-emploi-consommation-croissance, elle mise sur un marché du travail dynamique, boosté par des taux d’intérêts relativement bas.

background-employmentPour panser les maux de la crise de 2008, Janet Yellen considère que l’économie nécessite un stimulus monétaire afin de continuer sa croissance, et ainsi revenir au plein emploi. Conformément aux convictions de sa présidente, la lutte contre l’inflation n’est pas l’objectif prioritaire de la politique menée par la Fed. L’inflation est jugée acceptable, et ce même au delà des fameux 2%, tant que cela demeure temporaire et non structurel. A la veille des élections américaines, Yellen affirmait encore une fois sa volonté de favoriser la stabilité monétaire malgré la pression des marchés, et a, début novembre, reporté la hausse pourtant si attendue des taux d’intérêts.

 

Des priorités claires et affichées

La décision de maintenir le taux directeur autour de 0,25-0,5% faisait débat au sein du Conseil des Gouverneurs de la Fed. Pour autant, presque trois ans après sa prise de fonctions, Yellen semble en mesure de réussir son pari : loin des 8% de janvier 2013, le taux de chômage a désormais regagné les 4,9%. La « colombe » a su s’imposer au sommet de l’une des institutions financières les plus puissantes au monde, et ce, par delà les critiques – Donald Trump l’accusant notamment de plier sous la pression de l’administration Obama. Elle s’est illustrée par son calme et sa gentillesse, plébiscités par nombre de dignitaires américains. Elle n’en demeure pas moins une redoutable économiste à la vision claire, menant d’une main ferme une politique en accord avec ses convictions.

 

Femme la plus influente de la Finance, son intervention mercredi au dernier meeting de la Fed était très attendue, tout comme son annonce de relever le taux directeur. Le coup de tonnerre provoqué par la victoire de Donald Trump signe le début d’une nouvelle ère dans le mandat de Janet Yellen. Ayant tantôt soutenu puis critiqué la politique menée par la Fed, Trump a affiché son objectif d’y nommer en 2018 un président républicain et n’exclut pas d’en réformer le fonctionnement. Yellen pourrait ainsi jouer un rôle clé dans la période de transition qui s’initie aux Etats-Unis, et s’affirmer davantage en garant de la stabilité financière et économique.

 

Andrea Bossetti, étudiant à PSB et contributeur du blog AlumnEye