Longtemps considéré comme un métier inaccessible sans 2-3 ans d’expérience significative, la croissance du marché et l’augmentation des liquidités mises à disposition des équipes de gestion ont mené les acteurs du Private Equity (PE) à repenser leur organisation.

La maturité de l’industrie incite aujourd’hui une part de plus en plus importante de fonds à recruter leurs propres analystes pour les former au métier d’investisseur au commencement de leur carrière.

Ainsi, bien que les places restent très limitées comparées au recrutement par « pool d’analystes » des banques ou cabinets, il existe des opportunités d’intégrer un fonds d’investissement pour les jeunes diplômés.

 

Suis-je fait(e) pour le Private Equity ? Day to day et culture vs M&A ou conseil

La première question qu’un prétendant au poste d’analyste en Private Equity doit se poser est : Suis-je fait(e) pour le Private Equity ?

Le métier d’investisseur est un métier buy-side. Le « cycle de vie » de l’investissement comprend trois étapes principales :

  1. Le sourcing d’opportunités d’investissement, majoritairement réalisé par les seniors/partners du fonds
  2. L’analyse d’investissements potentiels et le travail de due diligence
  3. Le suivi de participations en portefeuille

 

  • Etre technique

Les entretiens en Private Equity sont particulièrement challengeants. Sous forme d’entretiens oraux ou d’une étude de cas, voire de modélisation sur Excel, ils comprennent à la fois des questions techniques type M&A, de compréhension du métier et de l’écosystème, ainsi que des questions de « business sense » dont l’objectif est de tester l’esprit d’investisseur du candidat. Au niveau analyste, comptez 4 à 5 rounds d’entretiens dont un cas technique comprenant souvent un model LBO, une étude de cas stratégique et/ou une analyse financière.

 

  • Etre intéressé(e) par une pluralité de disciplines

Chaque composante du processus d’investissement nécessite des compétences particulières. La forte diversité des missions de l’investisseur implique une appétence pour la finance mais aussi la stratégie, le management, le juridique et nécessite une agilité dans la gestion des sujets. En comparaison, les banques, cabinets de stratégie, de T&S et d’avocats proposent une expertise, recherchée notamment par les fonds de Private Equity dans le processus d’investissement.

LA4Lire aussi : Qu’est-ce que le Private Equity ?

 

  • Rejoindre une équipe restreinte

De la même manière qu’ils n’ouvrent qu’un poste d’analyste à la fois, les fonds recrutent un nombre restreint de stagiaires tous les 6 mois. A Paris, il n’est pas rare d’être seul(e) stagiaire dans les équipes des fonds internationaux. Le junior se voit alors offrir une exposition considérable, ce qui a l’avantage d’être extrêmement formateur. En revanche, ces équipes n’offrent pas le même réseau et encadrement que les programmes de banques ou de cabinets, qui sont souvent considérés comme la continuité de l’école.

 

  • Etre autonome

Aussi, en M&A/conseil, les tâches des juniors sont bien plus bornées et chacun répond à son supérieur direct. En PE, l’exposition aux deals et aux membres seniors de l’équipe implique que le junior soit rapidement capable de remplir ses missions de manière autonome : production d’analyses, modélisation, recherche de marché, conduite de calls expert, gestion de process. La hiérarchie est souvent moins forte et le junior est plus facilement responsabilisé.

 

  • Se projeter en Private Equity sur le long terme

Prendre sa part de responsabilité en Private Equity est d’autant plus justifié que les membres de l’équipe de gestion touchent du carried interest, mécanisme d’intéressement à la performance des investissements réalisés. De plus, le rôle de l’investisseur prend tout son sens une fois l’investissement réalisé ; la durée de détention dans un fonds classique est d’en moyenne 5 ans. Le métier d’investisseur est donc un métier de temps longs, contrairement aux M&A/conseil qui sont rythmés par les transactions. Commencer sa carrière en Private Equity suppose de souhaiter y rester sur le long terme, ce qui explique que le taux de rotation y soit très peu élevé.

 

Pour résumer, le bon candidat en Private Equity présente de la rigueur et de la curiosité. Bien que le Private Equity ait la réputation d’offrir un meilleur équilibre de vie que la banque d’affaires, les journées de l’investisseur sont denses. L’analyse nécessaire à la réalisation de notes d’investissement requière de très solides compétences techniques ainsi qu’une réelle appétence pour la découverte de business models et la compréhension de différents marchés. Pour autant, ces analyses ne sont que des outils d’aide à la décision. A terme, l’investisseur doit se forger une opinion et construire son « mindset », mix de compétences opérationnelles, commerciales, stratégiques, voire psychologiques.

Par ailleurs, la croissance de l’industrie, en plus d’ouvrir les portes de l’investissement à de jeunes candidats, a permis la multiplication des acteurs du Private Equity. Il existe aujourd’hui une grande variété de fonds investissant dans des tailles d’entreprises différentes et selon des stratégies propres.

 

    TÉLÉCHARGE LE GUIDE DE LA FINANCE GRATUITEMENT

Rédigé par des pro, ce guide décrit les métiers de la finance et t'aidera à y voir + clair dans ton orientation !

 

PE mid cap / large cap. Quelles distinctions ?

  • Large cap

Selon les fonds et les équipes, le rôle du stagiaire et de l’analyste diffère. Le Leverage Buy Out ou LBO est la pratique la plus connue dans l’univers du Private Equity.

Le LBO est historiquement largement pratiquée par des fonds dits large cap. Au niveau junior, le même niveau d’exigence et de rigueur qu’en banque est demandé dans le travail d’exécution. Les missions de l’analyste requièrent des techniques de modélisation financière et de construction d’operating models très poussées. L’étude de business models, de marché, d’opportunité de croissance ou d’amélioration opérationnelle dans la conduite de due diligence s’ajoutent à cette liste non exhaustive. Du fait de la nature des transactions en large cap (LBO secondaire ou tertiaire, Public to Private) et la taille des entreprises étudiées, la valorisation et le suivi des données de marché sont des éléments primordiaux de l’analyse.

En tant que stagiaire, l’organisation encore très processée de certains grands fonds internationaux permet l’apprentissage des codes de la banque tout en offrant une exposition à l’ensemble des acteurs de l’écosystème transactionnel (banquiers et consultants). Certains proposent même des graduate programs similaires à ceux des banques.

En revanche, plus la taille des deals est importante plus l’information, les données opérationnelles des entreprises privées, sont sensibles. De fait, il est plus rare qu’un stagiaire se voit proposer des missions de suivi de participations dans un très grands fonds large cap qu’en PE mid cap, par souci de confidentialité.

 

  • Mid cap

En commençant dans une équipe en mid cap, le stagiaire se voit souvent confier le monitoring d’une entreprise en portefeuille. Aussi, dans des entreprises à taille humaine, les interactions directes avec le management sont favorisées pour le junior.

Sur le segment small/mid cap, l’aspect opérationnel, stratégique et humain prévaut dans la réalisation d’une transaction. Une plus grande liberté peut donc être donnée aux analystes en PE mid cap, la hiérarchie y est moins forte et l’accès à la diversité des missions de l’investisseur plus facile pour le stagiaire/analyste.

De manière générale, se renseigner auprès des stagiaires, passés ou actuels, est la meilleure manière d’apprécier la qualité d’un stage, la culture d’un fonds et l’exposition proposée. Les stagiaires des grands fonds large cap dont les équipes sont denses auront souvent un niveau de responsabilité similaire au stagiaire en banque d’affaires. A l’inverse, les fonds internationaux avec une petite équipe dans un bureau parisien auront tendance à fortement impliquer leur unique stagiaire.

La spécificité de chaque équipe est d’autant plus vraie que les fonds d’investissement se distinguent entre eux par leur positionnement et leur stratégie.

LA4Lire aussi : Venture Capital & Private Equity : quelles différences ? Où postuler ?

 

Où postuler en fonction de ses attentes ? Les stratégies et expertises des fonds de PE

Chaque fonds d’investissement propose une stratégie qui lui est propre. Les fonds généralistes sont les plus connus car présents sur le marché depuis plusieurs décennies. Leur expérience leur confère une expertise et leur assure une base de LPs (Limited Partners) fidèle et récurrente. Les LPs sont majoritairement des investisseurs institutionnels (fonds de pension, assurances) qui, pour investir dans le non-coté, confient la gestion de leurs liquidités à des GPs (General Partners), les fonds d’investissement.

Avec la maturité de l’industrie, de nouveaux acteurs différenciant ont fait leur apparition. Ces fonds de Private Equity proposent des expertises propres et peuvent axer leurs investissements dans des entreprises en fonction du secteur (Tech, Healthcare, Retail, etc.), de la phase de développement (growth, restructuring, etc.), des thématiques de croissance (international, digital, etc.), de critères qualitatifs (politique RSE, diversité, etc.) ou géographiques.

Tout comme le Venture Capital préfère des candidats avec une première expérience de l’écosystème entrepreneurial, avoir un intérêt particulier pour une discipline ou un secteur peut augmenter ses chances de décrocher un stage en Private Equity.

Par ailleurs, une même société d’investissement peut avoir levé différents fonds, aussi appelés véhicules d’investissement. Chaque fonds propose sa propre stratégie et est géré par une équipe dédiée. Si le candidat est intéressé par une maison, il est pertinent de se renseigner auprès de membres des différentes équipes pour multiplier ses chances. En effet, chaque équipe a un processus de recrutement qui lui est propre.

Encore plus qu’ailleurs, le suivi de l’actualité de l’industrie est primordial pour en découvrir les acteurs et prouver sa motivation lors d’un entretien. Aussi, la majorité des fonds n’ont pas de plateformes « Carrières », les offres de stage étant essentiellement communiquées sur les Jobteasers d’écoles. Certains ne postent pas d’offres et le meilleur moyen d’être informé sur le processus de recrutement est d’entrer en contact avec le stagiaire actuel ou un membre de l’équipe.