Du conseil en stratégie à l'univers de la mode : rencontre avec Olivier, fondateur d'Office Artist

Après avoir côtoyé les bancs de Dauphine, de la Bocconi ou encore de LSE, Olivier Cothenet se lance dans une carrière dans le conseil en stratégie. En 2009, il obtient sa place chez A.T. Kearney, où il reste deux ans. De retour d’une mission en Argentine, Oliver est décidé : il va monter sa propre marque de chemises pour hommes, Office Artist. 

Retour sur son parcours plein d’enseignements.

Bonjour Olivier, tout d’abord peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours professionnel ?

Je m’appelle Olivier et j’ai 32 ans. J’ai fait mes études à Dauphine et à la London School of Economics et je me suis dirigé vers un parcours en conseil en stratégie, plus précisément dans le marketing de grande consommation. Pour mon dernier stage, j’ai été assistant du Directeur Général chez Hediard. Après mes études et mes nombreux stages, je suis resté consultant plus de 2 ans chez AT Kearney à Londres, jusqu’à ce que l’on me propose une mission de conseil en Argentine très enrichissante pendant 4 mois. Une fois rentré en France, j’avais envie d’entreprendre. Et c’est là que ma marque Office Artist est née.

 

Tu as fait du conseil en stratégie chez AT Kearney alors que tu viens de Dauphine, qui n’est pas target pour ce type de cabinet. Peux-tu nous expliquer ta démarche pour contourner ce problème ?

Dauphine n’est pas target, mais n’est pas non plus à des kilomètres de l’ESCP. J’ai vite fait le diagnostic de mes chances de rentrée en stratégie, et elles étaient en effet faibles. Pourtant, j’ai postulé à LSE, et j’ai fait des stages en rapport avec le conseil en stratégie, pour avoir un CV cohérent avec mon projet de parcours. J’ai également fait beaucoup de networking pour créer mes opportunités notamment à Londres, et consulté des forums pour comprendre la réalité du process de recrutement. C’était compliqué car à Dauphine, je n’avais pas d’alumni pour m’expliquer tout cela et me donner les bons conseils pour réussir. Le Forum Hardware m’a beaucoup aidé pour discuter avec des gens du métier et obtenir quelques conseils. J’ai dû démarcher pendant plus de 2 ans avant de rentrer en conseil. J’ai cherché à Paris et à Londres fin 2009, et la crise financière ne m’a pas aidé.  J’ai eu 2 opportunités : une au BCG à Paris, où j’ai atteint le final round des entretiens mais ils n’avaient pas réellement besoin de quelqu’un, puis chez AT Kearney à Londres. Ils m’ont proposé une offre qui ne commençait pas avant quatre mois, alors j’en ai profité pour voyager un peu avant de commencer chez eux. En arrivant, je m’étais extrêmement bien préparé, j’avais fait beaucoup de cas, et beaucoup de personnes m’ont aidé à m’entraîner. Lorsque l’on ne vient pas d’une école cible, il faut mettre les chances de son côté et travailler dur sans se démotiver.

 

Tu es formateur AlumnEye sur le conseil en stratégie : quelle est selon toi le domaine où les candidats ont souvent le plus besoin de progresser pour leurs entretiens ?

Ce qu’on donne le plus chez AlumnEye, c’est une méthode, une façon de progresser. On a cette capacité à accompagner les élèves et à leur donner les outils qui leur permettront de progresser plus vite. En 2 sessions de 2h, on les entraîne sur 4 différents cas, la progression est donc très forte et le travail beaucoup plus efficace qu’en étant seul. La plupart des candidats a plus de mal en fit mais ont les capacités pour progresser en travaillant les cas. Cependant, il ne faut pas se contenter du minimum, il faut être excellent. Il faut penser aux questions que le recruteur va se poser en vous voyant : Est-ce que j’ai envie de présenter cette personne à un client important ? Est-ce quelqu’un de sympa avec qui j’ai envie de travailler ? L’aspect social demandé n’est pas toujours acquis mais peut être travaillé. On cherche des personnes capables de construire des réponses à valeur ajoutée, et d’interagir avec des interlocuteurs de tous niveaux, dans beaucoup de situations différentes. Il faut savoir quel comportement adopter lors d’une conversation autant avec le CEO qu’avec des salariés et donc s’adapter à ses interlocuteurs.

 

Quelle est la plus grande différence en termes de business que tu as pu constater lors de tes missions entre Londres et Paris ?

Londres est beaucoup plus internationale, et plus sélective. Un sortant de HEC va toujours postuler à Paris et à Londres, un sortant de la Bocconi va toujours postuler à Milan et à Londres. Les bureaux sont costauds, et servent de véritables hubs pour les internationaux. Il est plus facile d’avoir des consultants à Londres pour les envoyer dans les Nordiques que le contraire par exemple.

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Qu’est-ce qui t’a donné envie de monter ta propre marque de chemise ?

Tout d’abord, j’avais vraiment envie d’entreprendre, et d’être mon propre patron. Après des années en tant que consultant en stratégie pour de grandes entreprises, je me suis rendu compte que les métiers du conseil ne me permettaient pas de couvrir tous les aspects du lancement d’un projet, surtout en tant que Junior, puisque les missions n’excèdent pas 4 mois. En montant ma boîte, j’étais à même de mener à bien mon projet de A à Z. J’ai pu m’occuper autant du développement, que de la commercialisation et du financement, et ainsi avoir une vraie vision opérationnelle sur la création d’une entreprise.

Dans un second temps, j’ai voulu créer ma propre marque de chemises car c’est un produit que j’affectionne et que je mets beaucoup. L’avantage de la chemise selon moi, c’est que l’on peut rester monoproduit et couvrir pour autant, tous les styles de looks. Office Artist mêle le décontracté avec des chemises en jean par exemple, au formel, avec des chemises plus sobres et aux tissus plus nobles .

De plus, c’est un secteur dans lequel le marché est large, où les clients sont fidèles, et les marges sont existantes.

 

As-tu toujours été attiré par le milieu de la mode et du textile ?

Je n’ai pas spécialement été attiré par le milieu de la mode auparavant, mais j’aime beaucoup le vestiaire masculin, et je prends du plaisir à m’habiller.

 

Toi qui étais anciennement consultant, quels ont été les changements les plus marquants lors de ton passage de consultant à entrepreneur ?

Premièrement, j’ai commencé à travailler tout seul. En termes d’organisation du travail, et de temps consacré au projet, ça change beaucoup. Finalement, le travail de consultant est assez similaire à celui d’un entrepreneur. On doit être débrouillard et pragmatique. Quand on commence un projet, on est face à une feuille blanche et l’on se pose beaucoup de questions : que faire ? Comment commencer ? Je pense que c’est ici que le métier de consultant m’a vraiment aidé dans la création de mon entreprise, car j’ai acquis grâce à celui-ci, une capacité à m’organiser et à me débrouiller qui sont importantes à l’entreprenariat, au même titre que le fait de devoir être à l’aise au niveau social.. Si je n’avais pas été consultant, je ne m’y serais certainement pas pris de la même manière. Le conseil en stratégie m’a permis d’avoir un certain recul sur le secteur du fashion qui m’était inconnu, et de pouvoir mieux l’appréhender, et mieux le comprendre.

 

La vie d’entrepreneur t’a-t-elle permis de prendre du recul sur certains anciens dossiers de conseil en stratégie ?

Oui, c’est assez intéressant. Ma compréhension des marges est vraiment différente de l’idée que j’en avais à l’époque. Quand on commence en conseil, les marges sont quelque chose d’assez figé. On a l’impression qu’on peut les bouger un peu, mais en réalité, elles restent corrélées au chiffre d’affaires. Si l’on décidait d’augmenter la marge,  on réduisait le chiffre d’affaires mais on augmentait le résultat. Au moment où j’ai créé Office Artist, j’ai découvert des possibilités d’actions sur les marges intéressantes. Je pensais qu’on ne pouvait pas révolutionner les marges.

J’ai aussi pu prendre beaucoup de recul sur ma capacité d’analyse en général, cela m’a permis de collecter beaucoup de données sur mes clients rapidement, et de bien structurer mon business.

 

Ce changement de voie a-t-il été spontané ?

En vérité, mon envie de changer de voie a été assez naturelle et soudaine à la fois. Je commençais à avoir fait un peu le tour du conseil, sur la forme et la maîtrise des outils. Il fallait que je me spécialise et je me suis rendu compte que je n’en avais pas spécialement envie. Le seul domaine qui pouvait m’intéresser était le Private Equity, mais 2009 n’était pas la meilleure période pour s’y lancer. Finalement j’ai trouvé presque logique l’idée de créer ma boîte, et c’est d’ailleurs quelque chose d’assez courant dans le monde du conseil en stratégie. Environ un quart des consultants finissent par créer leur boîte.

 

Quels sont les plus gros obstacles que tu as rencontrés lors de la création de ta marque ?

Le plus gros obstacle auquel j’ai dû faire face, c’était le financement. La mode, c’est un secteur assez difficile sur lequel les banques sont très frileuses. l’Etat peut financer quelques parties du projet mais uniquement avec le concours d’une banque. Tant que l’on n’a pas de prêt d’une banque, on n’a pas d’aide de la part de l’Etat. J’ai dû avoir entre 20 et 25 rendez-vous avec des banques pour finalement avoir un financement. J’ai rencontré un banquier intelligent qui a voulu m’aider. Le reste du temps, les banques ne font pas un travail incroyable.

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Quels sont selon toi, les points les plus importants à préparer avant de se lancer dans l’entreprenariat ?

L’important, c’est la rapidité d’exécution. Par exemple, ne pas passer 10 ans à préparer le projet mais commencer à le tester assez vite et être réactif en termes de prise de décisions. Il faut également créer un projet capable de répondre à une vraie problématique, une vraie demande. Il ne faut pas se préparer outre mesure, même si c’est intéressant d’avoir des financements assez rapidement car cet aspect-là prend du temps.

 

As-tu un conseil à donner à des étudiants voulant se lancer dans la création de leur marque de vêtements ?

Envoyez-moi un email ! Je serais ravi de partager mon parcours avec vous plus en détails et de vous conseiller dans votre projet.

 


Le classement 2017 des cabinets de Conseil en Stratégie

Chaque année, le site Vault nous révèle le classement des tops cabinets de conseil en stratégie. 2017 ne fait pas exception à la règle, et vous allez découvrir quels cabinets tirent leur épingle du jeu 2017, aussi bien aux USA qu’en Europe. Encore une fois, les MBB occupent les premières places (à l’exception de BCG en Europe, qui ne figure même pas dans le classement, pour des raisons inconnues).

Ce classement vous donnera notamment des idées de cabinets dans lesquels vous pouvez postuler !

 

Le classement aux USA :

Source : Consultor
LA4Lire aussi : Pourquoi le Conseil en Stratégie ? Les 5 raisons qui en font la voie royale

Le classement en Europe :

Source : Consultor

 

LA4Lire aussi : Les 5 étapes pour intégrer le conseil en stratégie

 

Oliver Wyman confirme qu’il est définitivement à placer dans les cabinets prestigieux de la place. A noter également que L.E.K observe la plus belle croissance tant en Europe qu’outre-Atlantique. Le cabinet, spécialisé dans le secteur Private Equity, ne cesse de grappiller des places et de prouver sa valeur. Les cabinets tels que Roland Berger, A.T.Kearney ou OC&C maintiennent leur bon positionnement historique.

 


Passer du Conseil en Stratégie à la Tech : un pari risqué ?

De plus en plus de consultants en stratégie se posent la question d’une évolution de carrière en startup ou en boîte de Tech. Je suis donc allé à la rencontre d’un ex-consultant en stratégie issu d’un cabinet MBB (McKinsey, BCG, Bain) pour en savoir plus. Diplômé d’une Grande Ecole, il a passé moins de 5 ans en cabinet avant de rejoindre une startup mature de l’écosystème français.

Au passage, qu’est-ce qu’une « startup mature » ? La définition n’est pas évidente. D’expérience, une startup mature peut être définie par le fait qu’elle recrute des consultants en stratégie. Belle tautologie ? Pas sûr ! Cela implique que cette boîte dispose d’une certaine assise financière et fait déjà une certaine taille car elle :

  • peut payer un salaire de consultant
  • offre un environnement de travail avec des rôles bien définis et des process en place
  • dispose d’un brand name suffisamment fort pour convaincre un overachiever que ça n’est pas un trop gros risque pour la suite de sa carrière

L’idée derrière cette interview est de comprendre quelles sont les motivations d’un consultant en stratégie qui quitte son quotidien confortable pour rejoindre le milieu très en vogue de la tech et des startups.

Malgré toute la « hype » dont l’écosystème jouit actuellement, cela valait-il vraiment le coup de quitter le doux cocon du conseil en stratégie ?

 

Quelles sont les raisons principales pour lesquelles tu as voulu quitter le conseil en stratégie pour rejoindre une startup mature ?

En quittant le conseil en stratégie pour une startup dans le secteur des Tech je voulais :

1. Avoir un rôle opérationnel avec un impact direct sur le P&L

2. Avoir des responsabilités rapidement

3. Évoluer dans un environnement où je continue à apprendre

4. Pouvoir valoriser cette expérience car j’ai choisi un métier d’avenir en marketing digital

 

Ton expérience de consultant te sert-elle au quotidien, ou as-tu dû apprendre un nouveau métier ?

Mon expérience de consultant me sert tous les jours, sur les aspects suivants :
1. Problem solving : structurer ta pensée, hiérarchiser les problèmes et les traiter

2. Relation client : je suis en relation fréquente avec des fournisseurs et des partenaires

3. Analyse : je gère de très gros budgets marketing en ligne et j’ai un aspect analytique très important au quotidien

4. Owernship : quand tu es consultant, tu es owner de ta mission. Concrètement, si je n’ai pas les documents d’un client, c’est à moi de prendre l’initiative et de résoudre les problèmes. Ça n’est jamais la faute du client. Et je retrouve cet aspect dans mon métier actuel.

Pour autant, j’ai dû apprendre un métier complètement nouveau : le marketing online. En arrivant, je ne comprenais rien aux termes techniques : tracking, bidding, etc. Mais le métier de consultant m’a aussi appris à monter en compétence très vite sur des domaines nouveaux en écoutant les gens de mon équipe, synthétisant et structurant l’information.

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Si tu compares tes journées en conseil et en startup, quelles sont les 3 principales différences dans ton quotidien ?

1. Selon moi, la principale différence entre le conseil en stratégie et la startup c’est qu’ici les opérationnels ont besoin de davantage de suivi au quotidien. En conseil en stratégie, les juniors sont assez vite autonomes. Ici, je dois prendre des micro-décisions au quotidien aux côtés de mon équipe. En conseil en stratégie, s’il y a un problème, c’est un gros problème. Tu sollicites alors ton manager et il va t’aider à trouver les bonnes solutions.

2. La formation n’est pas la même : en conseil en stratégie, si en 2 heures je n’avais pas produit le document qu’avait demandé mon manager, j’avais le droit à une session de feedback sur ma performance. Mon manager avait toujours des inputs pour moi et c’est ce que je tire de mon passage en cabinet de conseil en stratégie : une formation exceptionnelle. On y apprend la rigueur et la capacité à parler avec des clients.

3. En startup je n’ai pas d’infrastructure derrière moi. Il faut se passer de template PowerPoint, il n’y a pas de département IT quand ton PC ne marche pas, pas d’équipe de graphistes, pas de « knowledge center » où est centralisée l’intelligence de la société.

 

Comment a évolué ton work/life balance en startup ? Cela correspond-il à l’amélioration que tu anticipais en quittant le conseil en stratégie ?

Mon équilibre perso / pro n’a pas aussi bien évolué que ce que j’anticipais. Dans mon job actuel, je fais parfois des pics à 21H30-22H. Mais c’est alors mon choix. Mon boss, lui, quitte le bureau à 19H30. Moi ça me plait de rester tard. Ça m’est même arrivé de bosser un week-end, alors que ça ne m’était jamais arrivé en conseil en stratégie. Dans la semaine je n’ai pas le temps de me poser pour prendre le temps et réfléchir, donc je fais ça le week-end.

 

Quelles sont tes désillusions, s’il y en a, par rapport à l’image que tu te faisais de “la startup” ? 

Je pensais que « la startup » c’était « tout le monde a la niak » et « on va conquérir le monde ». En arrivant, je constate que la réalité est très différente : les gens avec qui je travaille n’ont pas tous la niak et ils ne sont pas tous là pour conquérir le monde. Les idées nouvelles font parfois peur car certains n’aiment pas sortir de leur zone de confort. C’est un phénomène que j’observe surtout au niveau des juniors.

 

Quel cut de salaire en % as-tu accepté pour faire le move (par rapport au full package) ?

Après avoir passé de nombreux entretiens, j’avais plusieurs offres de job très différentes, toutes dans des boîtes de Tech ou des startups très matures. Cela m’a permis de négocier un bon package. J’ai choisi une startup mature et ce faisant j’ai fait une croix sur l’upside potentiel d’une exit. En contrepartie, j’ai conservé mon package de consultant en stratégie. Ce choix est aussi un choix personnel : j’aime bien la rigueur et les process. Je n’aime pas le bordel, donc une boîte trop jeune n’aurait pas été un bon environnement pour moi.

interview réalisée par Michael Ohana, fondateur d’AlumnEye


Les 5 étapes pour intégrer le conseil en stratégie

conseil stratégie entretiens

 

Vous visez un poste dans un cabinet de conseil en stratégie ? C’est un long périple qui vous attend…

Les grands acteurs du conseil en stratégie ont la réputation d’être parmi les recruteurs les plus exigeants. Pour intégrer un cabinet, comptez pas moins de cinq étapes : la sélection sur CV ; l’épreuve écrite ou numérique ; trois tours d’entretien mêlant études de cas, rédaction de slides, brainteasers et guesstimates ; pour finir par un entretien final avec un Partner.

 

La sélection sur CV : un premier filtre, sans appel

Ici, le critère principal est l’école d’origine de l’étudiant. Chaque cabinet de conseil en stratégie définit une liste d’écoles cibles. Si le candidat n’est pas issu de l’une de ces écoles, il est immédiatement recalé ! Les cabinets de conseil en stratégie du Top 3 – McKinsey, BCG et Bain – ont une liste composée uniquement des grandes écoles de commerce et d’ingénieurs les mieux classées ; les autres ont des listes élargies.

Si l’école est un critère nécessaire pour la sélection de votre CV, elle est toutefois loin d’être suffisante. Un CV négligé, même en provenance d’une école cible, vous nuira à coup sûr. En effet, pendant l’entretien le recruteur utilise en grande partie le CV du candidat pour lui poser des questions. Il en va de même de la lettre de motivation. Ces documents sont cruciaux pour poser de bonnes bases pour l’entretien.

 

L’épreuve écrite : vos compétences quanti et analytiques sur le gril

La forme de cette épreuve écrite sur ordi et son contenu varient beaucoup selon les cabinets, avec toujours un objectif commun : tester vos compétences quantitatives – analyse de graphes, données et calculs – ainsi que votre capacité d’analyse de ces résultats.

Vous serez seuls devant l’écran ou la feuille de papier. Pour bien cerner cet exercice, il faut se rendre avant sur le site du cabinet et vérifier la durée, la notation, le matériel autorisé, le type de test, et les conseils de préparation. Chez McKinsey par exemple, le PST (Problem Solving Test) nécessite un entraînement bien particulier, tout comme le BCG Potential Test. Il existe des tests en ligne, comme ce test d’entraînement gratuit développé par AlumnEye, pour vous faire une idée du niveau d’exigence requis.

 

Trois tours d’entretien d’une heure : quand les consultants vous jaugent

Généralement, chaque tour se compose de deux entretiens. Lors d’un entretien type, 15 minutes sont dédiées à une discussion – les “questions de fit” – portant sur vos expériences personnelles, professionnelles et sur vos motivations.
Puis 40 minutes sont consacrées à l’étude de cas. Les 5 dernières minutes clôturent l’entretien et vous permettent de poser vos questions au consultant. Chaque partie est décisive et doit être impérativement préparée.

 

> La partie « fit », souvent négligée par les candidats (à tort !)

Elle comporte des questions comme “Présentez-vous”, “Pourquoi le Conseil en Stratégie ?” ou encore “Quels sont vos principaux défauts ?”. Pour y répondre parfaitement, il faut avoir réfléchi en amont à vos expériences principales, les quantifier avec des chiffres concrets et en faire ressortir vos compétences clés. Le recruteur va chercher dans le contenu, mais aussi dans la forme, la clarté d’expression et la pertinence qui font un bon consultant.

 

> L’étude de cas : l’épreuve reine (et piège) des entretiens

L’étude de cas traite souvent d’un problème auquel est confrontée une entreprise. Ainsi un cas extrêmement classique : “Vous avez été engagé par un producteur de coffrets cadeaux pour évaluer la possibilité d’augmenter la profitabilité de son entreprise”.  Le premier enjeu pour le candidat est de bien cerner la question sans hésiter à demander des précisions. Il s’agit ensuite de proposer une résolution du problème ultra-structurée pour aboutir à une conclusion concise et percutante. L’objectif n’est surtout pas de proposer une solution qui viendrait immédiatement à l’esprit. Il faut d’abord identifier la cause du problème. Pour cela, l’étude de cas se résout de manière interactive avec le recruteur.

Chaque cabinet ajoute une ou plusieurs variantes pendant les entretiens. Le « data dumping » en fait partie, il consiste à demander au candidat d’analyser 300 pages de documents pour répondre à 4 questions en deux heures. Il peut également être demandé de rédiger un résumé de ces 300 pages sous forme de slides, et dans une langue que le candidat dit maîtriser sur son CV.

Un autre exercice très classique qui revient systématiquement est la résolution de guesstimates, exercices d’estimations approximatives avec des informations limitées. Ainsi, un consultant pourra demander au cours de l’entretien d’évaluer le nombre de balles de ping-pong qui rentrent dans un A380. Là c’est la logique et le raisonnement qui importent, plus que le résultat.

 

> La dernière étape est l’entretien avec un Partner

Si vous avez réussi les précédentes étapes, ne reste plus que l’entretien avec l’un des partners du cabinet. C’est l’associé dans les cabinets de conseil – qui prendra la décision finale. Très loin de la technicité des tours précédents, cet entretien est l’occasion pour le candidat de démontrer ses qualités interpersonnelles pour convaincre une dernière fois, au terme d’un véritable parcours du combattant.

 


Pourquoi le Conseil en Stratégie ? Les 5 raisons qui en font la voie royale

Pourquoi le Conseil en Stratégie ? Les 5 raisons qui en font la voie royale

Pourquoi le métier du Conseil en Stratégie est-il plébiscité et considéré comme la voie royale par les candidats issus des écoles les plus prestigieuses en France (HEC, X, ESSEC, etc) et dans le monde entier (Harvard, Cambridge, Stanford, etc)  ?
Plusieurs éléments de réponse existent, de l’intérêt du travail à la courbe d’apprentissage en passant par les enjeux stratégiques abordés. Certains éléments de cet article vous aideront à répondre à la fameuse question d’entretien « Pourquoi voulez-vous faire du Conseil en Stratégie ? », les autres vous permettront de mieux comprendre l’attrait exercé par ce domaine auprès des jeunes candidats qui souhaitent débuter une carrière en conseil en stratégie ou de candidats plus expérimentés souhaitant changer de voie après plusieurs années passées dans l’industrie ou en finance.

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Voir toutes les industries en 3 ans

La variété des projets et des secteurs est une part importante de ce métier qui motive de nombreux candidats. Aucun autre secteur ne permet à ses collaborateurs de travailler aussi bien en banque, en assurance que dans l’industrie aéronautique ou encore des ONG. Dans chacun de ces domaines, le consultant en stratégie ne se contente pas d’aborder l’industrie, mais il l’étudie et en connaît parfaitement les enjeux à la fin de chaque mission. Cela permet à la fois à des industry hires (consultants ayant une expérience préalable dans une autre industrie) de changer de branche (par exemple du pétrole vers les pure player internet), mais aussi aux étudiants fraichement diplômés de découvrir le plus grand nombre d’industries possibles, pour ensuite choisir une spécialisation, ou même un nouveau métier dans le secteur qu’ils auront préféré.

 

 

Garder toutes les portes ouvertes

Le conseil en stratégie permet de ne pas faire un choix de secteur ou de métier immédiatement dès la sortie de l’école. Or choisir terrorise souvent les jeunes diplômés. C’est la raison pour laquelle ces mêmes personnes ont choisi la classe prépa, puis la Grande Ecole, pour enfin choisir le Conseil en Stratégie. Et ils n’ont pas tort, car le conseil en stratégie permet non seulement tous les choix d’industrie possibles à la sortie, mais il est également reconnu par toutes les entreprises comme une formation d’excellence. Contrairement aux choix tels que la banque par exemple, le conseil est par essence pluridisciplinaire et reconnu en tant que tel par tous les employeurs. Il permet ainsi aux consultants de postuler pour des postes très variés dans quasiment toutes les industries à la sortie. Attention toutefois, car viendra un moment où il faut choisir !

 

 

L’intérêt du travail

C’est une composante essentielle du choix du conseil en stratégie. Il permet aux consultants les plus juniors d’être exposés à des problématiques de haut niveau, de type Comex (Comité Exécutif), contrairement aux autres industries proposant des tâches plus opérationnelles aux niveaux d’entrée. Le junior en conseil en stratégie travaillera avec l’équipe dirigeante des entreprises conseillées, la plupart du temps appartenant au CAC40 pour les consultants travaillant dans les bureaux parisiens.

 

 

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Quelle est la sélectivité en cabinet de Conseil en Stratégie ?

 

 

La courbe d’apprentissage

Pour de nombreux jeunes diplômés ou industry hires, la soif d’apprendre explique le choix du Conseil en Stratégie. Les cabinets de conseil en stratégie vont considérer leurs juniors comme des consultants à part entière dès leur premier jour et attendre d’eux l’excellence à chaque instant, tout en les aidant à se dépasser et à acquérir les outils qui pourraient leur manquer. Cela semble très pompeux n’est-ce pas ? Pour autant, très peu de métiers peuvent se targuer de former leurs juniors aussi rapidement sur tous les plans : communication, présentation, analyse, sens business, modélisation. Toutes les compétences que l’on peut attendre d’un contexte business seront développées au maximum. Après 3 ans de conseil en stratégie, un consultant sera prêt à intégrer n’importe quelle entreprise, ou bien à lancer sa propre entreprise.

 

 

Le prestige social

Même si personne ne sait vraiment ce que fait un consultant en stratégie au quotidien (ndlr : c’est le seul point commun avec le banquier d’affaires), ce métier est reconnu socialement et les cabinets de conseil en stratégie sont identifiés comme des recruteurs prestigieux. Les consultants sont considérés comme des « équipes de choc », appelées pour résoudre des problématiques sur lesquelles les plus grandes entreprises buttent. Les entreprises de conseil en stratégie sont extrêmement friandes de diplômés des écoles les plus prestigieuses même si une ouverture vers d’autres écoles est en cours (en savoir plus sur la sélectivité du recrutement en conseil en stratégie). La rémunération du métier est également un facteur contribuant au prestige du métier. Elle se situe dans la fourchette haute des salaires moyens de sortie d’école mais reste toutefois inférieure aux salaires en Investment Banking.

 

Le métier du Conseil en Stratégie attire chaque année un grand nombre de postulants, avec des taux de réussite très faibles. Ainsi, les cabinets de conseil en stratégie les plus prestigieux reçoivent près de 5000 candidatures par an, rien que sur leur bureau parisien. Si commencer ou continuer sa carrière dans le conseil en stratégie est un atout indéniable en termes de développement, d’opportunité de carrière et de CV, ce métier reste très exigeant au quotidien avec des horaires longs, une pression permanente et une évaluation constante. La douloureuse loi du « up or out » est souvent la règle dans ces cabinets de conseil en stratégie : les meilleurs consultants progressent dans la hiérarchie quand les moins bien notés voient rapidement la porte de sortie se rapprocher.

 

Si vous vous souhaitez en savoir plus sur les entretiens dans ce secteur ultra compétitif, découvrez notre article sur les 5 étapes du recrutement en conseil en stratégie par un consultant BCG.

Pour ceux qui souhaitent être accompagnés dans leurs processus de recrutement, AlumnEye vous propose un coaching individuel avec un consultant du BCG pour préparer vos entretiens en conseil en stratégie.


Test BCG et McKinsey PST : comment préparer les tests en ligne du Conseil en Stratégie

Si votre candidature passe le barrage du CV et de la lettre de motivation, le premier test que vous serez amené à passer est un test d’écrémage, en version papier ou ordinateur. Ce test comprend une grande variété de tâches, allant du calcul basique au cas d’entretien complet. Ce test est notamment utilisé chez McKinsey et BCG, afin de trier le très grand nombre de candidatures qu'ils reçoivent. En effet, chez McKinsey et BCG, le bureau de Paris reçoit environ 5000 candidatures par an.

 

Le test du numéro 1 : McKinsey PST

 

Le test d’écrémage de McKinsey est le Problem-Solving Test, plus communément appelé PST. Il sert à écrémer les candidats du meilleur cabinet de conseil en stratégie au monde.

Le McKinsey PST est conçu pour tester la capacité du candidat à comprendre les données qui lui sont transmises pendant le test, qu’elles soient numériques ou qualitatives. Il peut s'agir d'emails, de comptes-rendus d’entretiens ou encore de rapports d’expert. Ce test est conçu pour exercer une forte pression sur le candidat en termes de temps. En effet, il comprend 20 à 25 questions selon le test, et seulement une heure pour y répondre.

 

Le PST se fait sur papier, sans brouillon, même si le candidat peut écrire ses calculs dans les marges du livret qui contient les questions.

Les calculatrices ne sont pas autorisées et le score dépend du nombre de réponses justes. Ainsi, si à la fin du temps imparti il vous reste des questions sans réponse, vous avez intérêt à y répondre rapidement de manière aléatoire car cela n'impactera pas négativement votre score.

Petit conseil utile : si vous êtes bloqué sur une question du Mckinsey PST, choisissez une réponse au hasard et passez à la suivante sans perdre trop de temps.

Vous trouverez plus loin dans cet article de quoi vous préparer pour le McKinsey PST.

 

Télécharger l'entraînement au test McKinsey PST grâce au Practice Test de McKinsey

McKinsey fait aussi passer un CEB SHL test auquel il faut aussi être préparé.

S'entraîner au CEB SHL test McKinsey grâce à JobTestPrep

Le test BCG : challenger

 

Le test McKinsey PST est très différent du test BCG appelé « BCG Potential Test ». Pour réussir ce dernier, il est indispensable d'être préparé à l'étude de cas. En effet, il s'agit d'une étude de cas virtuelle. La forme du test BCG diffère du PST de McKinsey mais les capacités testées sont les mêmes : business sense, calcul, et mise en équation.

Concrètement, le candidat dispose de 45 minutes pour répondre à 25 questions. La contrainte temporelle est donc plus forte que pour le PST. Concrètement, ça va TRÈS vite. Il faut rester extrêmement concentré, et éviter de perdre 5 minutes sur une question, erreur classique des candidats non préparés et sous stress. Il est d'autant plus important de se préparer en amont.

Point important pour ce test BCG : les calculatrices sont autorisées. Pensez à prendre la votre, et de préférence graphique, car elle retient les calculs, ce qui vous fera gagner un temps précieux. Autre conseil utile : il faut rester cohérent dans les recommandations avec les slides précédentes. Dernière astuce : un consultant du BCG nous souffle que la première intuition est souvent la bonne pour ce test.

Le BCG fournit au candidat une calculette pour le test ainsi que du brouillon et de quoi écrire.

Le score du test BCG est calculé à raison d’un point négatif par erreur et trois points positifs par réponse juste, résultant en une espérance nulle pour votre score dans le cas de réponse aléatoire. Ainsi le remplir aléatoirement vous fera seulement perdre du temps.

Vous trouverez plus loin dans cet article de quoi vous préparer pour le test BCG en ligne.

Chaque cabinet de conseil en stratégie dispose de ses propres tests, à vous de trouver des informations plus spécifiques à chaque cabinet sur leurs sites internet.

 

Télécharger l'entraînement au test BCG Potential Test grace au Practice Test de BCG.

 

Entraînement au test BCG et McKinsey PST

 

Il est crucial de s'entraîner pour ces tests en ligne, qu'il s'agisse du test BCG ou du McKinsey PST. En effet, beaucoup de candidats sont éliminés à ce stade, et un mauvais score est synonyme de fin du processus de recrutement.

Pour préparer au mieux à l'épreuve, vous devez vous entraîner pour les calculs basiques en étant extrêmement à l'aise avec les calculs de pourcentages, les proportionnalités, l’analyse de graphiques, les concepts et les calculs business comme la NPV, le BFR, le CAGR. Une bonne façon de s’entraîner et de se tenir informé est de lire la presse business et de s’autotester pendant la lecture, en extrayant des données des articles et en se fixant des calculs simples par exemple. Lire les rapports d’activité d’entreprises connues est également utile pour préparer le test BCG et le McKinsey PST. Ces épreuves se focalisent sur vos capacités d’analyse et vos capacités numériques et calculatoire, cependant elles requièrent un entraînement intense à l'étude de cas et il est donc crucial d’être préparé pour cette épreuve afin de réussir le test d’écrémage.

Paradoxalement, il n'existe aucune ressource pour s'entraîner au test BCG et au McKinsey PST, mis à part les ressources gratuites proposées par les sites de McKinsey et BCG.

Afin de vous aider à vous préparer, AlumnEye a conçu un test gratuit basé sur le Potential Test BCG. Ce document exceptionnel n'a aucun équivalent sur le marché. Il vous permettra d’évaluer votre niveau et de vous confronter à un véritable test en ligne avant de passer les véritables tests en ligne.

Prenez vos stylos et voyons ce que vous pouvez faire !

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