Pourquoi l'entrepreneuriat après Morgan Stanley et McKinsey ? Témoignage de Victor Carreau, fondateur de Comet

Après trois années passées dans le domaine du conseil en stratégie chez McKinsey, Victor Carreau, fort de rencontres humaines aussi enrichissantes que déterminantes, s’est finalement décidé à se consacrer à ce qu’il considère aujourd’hui comme sa vocation : l’entrepreneuriat. Il revient pour nous sur son expérience chez McKinsey, sur les relations humaines formidables qu’il a pu tisser au cours de sa carrière et sur son rôle nouveau de chef d’entreprise. Une nouvelle interview inspirante qui nous éclaire sur la vie après le conseil en stratégie ou la finance.

 

Peux-tu nous présenter ton parcours ?

Diplômé de HEC en 2012, j’ai passé un peu moins de 3 ans chez McKinsey puis j’ai rejoint PJX10, think tank créé entre autres par Pierre Kosciusko-Morizet et Jean-Romain Lhomme. Durant un an nous avons analysé en équipe plusieurs macro-secteurs (agriculture, éducation, santé, immobilier, énergie et FinTech), étudié les enjeux de demain sur chacun d’entre eux et généré plus de 2 000 idées d’entreprises à lancer. Au bout d’un an j’ai lancé Comet Meetings avec deux de mes associés et amis, Nicholas Findling et Maxime Albertus, également membres de PJX10 et anciens consultants en stratégie.

 

Entre le M&A chez Morgan Stanley et le Conseil en stratégie chez McKinsey, tu as finalement choisi la seconde option. Pour quelle(s) raison(s) ?

J’adorais les problématiques discutées en M&A, mais je n’avais pas envie d’attendre d’être Associate pour m’y confronter, avec des contacts clients limités entre temps. Je tire mon énergie de mes rencontres et de la diversité des problématiques auxquelles je suis confronté. Avec un changement d’industrie, de problématique, d’équipe et de géographie tous les 2 mois en conseil, j’ai trouvé ce qui me correspondait. Chez McKinsey aucune de mes journées ne s’est ressemblée en trois ans et je garde un souvenir heureux de ces années.

LA4Lire aussi : Consultant en stratégie la semaine, sur scène le week-end : le parcours fascinant de Julien, leader du groupe de rock Merge

 

(c) Jared Chulski

Peux-tu à présent nous présenter les services proposés par Comet Meetings ?

Avec Comet Meetings nous créons et opérons des lieux de réunion et de séminaire inspirants, pensés pour la productivité, la créativité et le bien-être des participants. En d’autres termes ces lieux dédiés aux réunions d’une journée proposent un univers « à la Facebook » et « à la Google » aux 99,9% d’entreprises qui ne sont ni Facebook, ni Google.

Comment est né Comet Meetings ? Les locaux de McKinsey était vraiment lugubres ?

Pour le coup nous étions plutôt très bien lotis chez McKinsey, quand je comparais nos bureaux à ceux de certains de nos clients ! Mais notre constat nous est effectivement venu de nos années en Conseil en Stratégie durant lesquelles nous avons organisé, participé et animé un grand nombre de séminaires, workshops, formations et réunions stratégiques pour nos clients. Alors qu’il s’agissait de moments clés de la vie de ces entreprises, durant lesquelles d’importantes décisions étaient prises, et alors que la créativité et la productivité étaient stratégiques, l’offre de lieux de réunion dédiés était très décevante. Cette offre oscillait entre des salles de réunion lugubres en sous-sol d’hôtels, avec un service de piètre qualité, et quelques lieux plus qualitatifs mais à la fois trop statutaires et nécessitant d’y consacrer un budget considérable. Avec Comet Meetings nous avons voulu proposer le service et l’expérience client des lieux les plus onéreux, dans un environnement bien plus actuel et proche de ce que l’on peut voir dans des espaces de co-working comme WeWork, le tout au prix de l’hôtellerie milieu de gamme en banlieue parisienne, mais tout en permettant à nos clients de rester dans Paris. L’enjeu était ambitieux, Comet Meetings était né.

Quelques chiffres à communiquer sur ta start-up ?

Nous avons levé environ 10M€ depuis notre lancement à l’automne 2016. Nous avons restructuré et opérons un premier bâtiment de 1500m² dans le XVIIème, dans lequel nous avons déjà accueilli près de 20 000 clients.

 

Vous recrutez actuellement : quels sont les profils que vous recherchez ?

(c) Jared Chulski

Des profils opérationnels avec un sens du service très développé de type hôtellerie, pour s’occuper des opérations et de la vie dans nos futurs bâtiments, des profils commerciaux pour venir étoffer notre équipe de « Meeting Scientists », des spécialistes des sciences cognitives et/ou des techniques de relaxation et de productivité pour accompagner nos clients durant leurs journées, et bientôt de nombreux autres profils !

 

 

Parlons stratégie : Comet Meetings a-t-il vocation à se bâtir autour de son espace actuel, en le valorisant à l’infini, ou en ouvrant de nouveaux lieux dans les années à venir ?

Nous souhaitons devenir l’acteur de référence des lieux de réunion nouvelle génération, d’échange et de co-création en France puis en Europe. Nos premiers bâtiments ne sont que les premiers petits pas d’une série que nous espérons très longue ! Nous devrions d’ailleurs ouvrir plus de 3300m² supplémentaires d’ici à la fin de l’année 2018.

 

L’entreprenariat, c’était écrit ou l’idée t’es venue progressivement ?

(c) Jared Chulski

C’est en deuxième année à HEC que j’ai été pris d’une profonde envie d’entreprendre, de créer, comme l’impression que je ne serai jamais meilleur qu’en répondant à cette envie viscérale. Depuis ce sentiment ne m’a jamais quitté. C’est pour cela que j’ai quitté McKinsey alors que j’adorais ce que j’y faisais. Je ne supportais pas l’idée de me réveiller à 30 ans sans avoir tenté cette aventure de l’entrepreneuriat qui m’énergisait tant. J’aurai 30 ans cet été et suis ravi d’avoir décidé de quitter McKinsey sans savoir exactement ce que j’allais entreprendre. Il faut se jeter à l’eau pour réellement apprendre à nager, se mettre dans une situation où il n’est plus possible de reculer pour se forcer à avancer. Je ne crois pas à l’entrepreneuriat « on the side » d’une carrière en conseil. Si l’on croit en soi il faut se donner la chance de réussir.

LA4Lire aussi : Du conseil en stratégie à l’univers de la mode, rencontre avec Olivier, fondateur d’Office Artist

 

L’aventure PJX10 est en revanche le fruit du plus beau des « heureux hasards ». A l’issue de ma troisième année à HEC j’avais une offre en M&A pour rejoindre Morgan Stanley et une offre en conseil pour rejoindre McKinsey. Le choix royal à l’époque. Mais je savais que ces parcours auraient beau être une superbe école, ils seraient pour moi une sorte de MBA de 3 ans destiné à mieux me préparer pour la suite, et j’hésitais entre les deux voies. C’est alors que j’ai décidé de prendre mon courage à deux mains et d’écrire aux deux alumni HEC qui représentaient pour moi les plus beaux succès de l’entrepreneuriat français, pour leur demander leur avis sur laquelle de ces deux « écoles » choisir pour mieux préparer la suite. L’un ne m’a jamais répondu. L’autre a pris le temps de longuement me répondre. Il s’agissait de Pierre Kosciusko-Morizet. Mon email s’intitulait « Pour entreprendre demain » et je lui demandais conseil sur d’éventuels groupes de réflexion centrés autour de l’entrepreneuriat à rejoindre pour discuter avec des entrepreneurs. Je lui demandais quel choix de carrière faire pour mettre toutes les chances de mon côté. Cinq ans plus tard Pierre décidait de se relancer dans l’entrepreneuriat en créant un groupe de réflexion. J’ai saisi ma chance, ai répondu à ce même échange datant de quelques années, qui décrivait en réalité avec une acuité déconcertante ce qui allait se passer sur les cinq années suivantes. J’ai enfin rencontré Pierre, ai rejoint l’aventure PJX10, et la création de Comet Meetings s’en est suivie un an plus tard.

Comme quoi, je retiendrai toujours qu’un email « bouteille à la mer » peut réserver de très belles surprises. Il faut oser pour réussir.

 

Enfin, nous ne serions pas là où nous sommes si nous n’avions pas développé une complémentarité hors normes avec Nicholas et Maxime, tout en ayant exactement le même mode de fonctionnement et de prise de décisions. L’équipe fait tout, absolument tout.

 

Le fait de travailler depuis plusieurs années avec des personnes comme Pierre Kosciusko-Morizet, qu’est-ce ça apporte concrètement dans la manière de gérer son business ?

Plus généralement je dirais que de travailler au contact d’entrepreneurs, financiers et consultants de grande qualité, comme cela a été le cas chez PJX10, et par la suite interagir avec des investisseurs de tout premier plan, comme c’est le cas pour Comet Meetings, apporte une richesse de points de vue et d’expériences sans précédent. Il y a très peu de problèmes que nous ne puissions pas résoudre en quelques minutes, ou d’actions précises que nous ne puissions pas identifier pour aller de l’avant. La diversité des expériences de Pierre, Jean-Romain et tous nos investisseurs représente autant d’opportunités de ne pas faire les mêmes erreurs qu’eux ont pu faire (comme nous en faisons tous) au fil des années, mais de nous laisser faire nos propres erreurs, que nous conseillons à notre tour à nos amis de ne pas faire. Je pense que le groupe PJX10, en nous forçant à sans cesse creuser les sujets au plus profond tout en restant très « 80/20 » comme on le dit en conseil, a contribué à faire de nous tous associés de ce groupe des entrepreneurs rationnels mais ambitieux, fonceurs mais curieux. Mais vous devriez demander aux autres ce qu’ils en pensent !

 

Pour finir, un conseil à nos lecteurs qui souhaitent soit intégrer le conseil en stratégie, soit monter leur boîte ?

L’équipe d’associés initiaux fait tout lorsque vous montez votre boîte. Si vous avez l’envie d’entreprendre et des associés complémentaires de qui vous entourer dès votre sortie d’école, jetez-vous à l’eau. La France est un très beau pays pour entreprendre.

Si vous n’êtes pas dans cette situation le conseil en stratégie reste une très belle formation complémentaire pour apprendre à toucher à beaucoup de sujets. Mais restez attentifs pour trouver de potentiels associés, dans l’attente du jour où vous vous déciderez à sauter le pas.

La clé si vous comptez entreprendre après le conseil en stratégie ou la banque est simple, et m’a été donnée il y a des années : « prenez tout le bon qu’il y a à prendre mais ne vous habituez pas trop aux moquettes épaisses ».


Consultant en stratégie la semaine, sur scène le week-end : le parcours fascinant de Julien, leader du groupe de rock Merge

Julien travaille dans le Conseil en stratégie chez Accenture depuis presque 8 ans. En parallèle de son travail, l’envie lui est venue de fonder un groupe de musique Pop/Rock, « Merge », qui connait un succès fulgurant depuis ses débuts. Consultant la semaine pour de grands groupes, sa guitare l’accompagne aux quatre coins de l’Europe et peut-être bientôt du globe pour des tournées et concerts le week-end et durant les vacances. Au cours de cette interview, il nous en dit plus sur son expérience atypique mêlant carrière professionnelle passionnante et vie de rockeur trépidante. 

 

Bonjour Julien, merci de prendre le temps de répondre à nos questions !

 

Pour commencer, peux-tu nous présenter ton parcours ?

J’ai suivi un parcours classique d’ingénieur : après avoir obtenu un baccalauréat scientifique, j’ai poursuivi en classe préparatoire Mathsup/Mathspé à Paris et j’ai intégré l’Institut National des Sciences Appliquées (INSA) de Lyon où j’ai fait des études généralistes autour des mathématiques appliquées. Après un stage de fin d’études autour de la finance qui ne m’a pas convaincu, je me suis orienté vers un Master 2 à l’université Paris-Dauphine en Stratégie & Analytics. J’ai ensuite rejoint Accenture fin 2010 en tant que consultant en stratégie.

 

Sur quels types de missions as-tu été amené à travailler ?

Pendant quatre années, j’ai fait des missions de conseil en stratégie classique, accomplissant notamment des missions de pricing, de fusions-acquisitions ou encore de rentabilité.

Puis, en 2014, Accenture a créé la marque « Accenture Digital » et, ayant des connaissances dans le domaine de l’analytique, je me suis naturellement orienté vers ce type de mission. J’interviens désormais en conseil en stratégie analytique à l’appui essentiellement de données chiffrées (datas) sur l’ensemble des secteurs d’activité (énergie, grande consommation, banque, assurance, services publics, médias, hautes technologies, etc). Je définis des cas d’usages métier et pilote leur mise en œuvre avec des équipes de Data Scientists.

 

Quelles sont selon toi les principales qualités d’un bon consultant ?

L’ouverture d’esprit, la capacité de communication, l’esprit d’analyse et de synthèse et la créativité constituent des qualités essentielles d’un bon consultant.

 

À titre personnel, qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce métier ?

Même si le métier a de fortes contraintes, il est plaisant par la variété des missions qui le couvrent. Le roulement des équipes, en fonction des secteurs nécessaires à la réalisation des missions successives, contribue en effet à renouveler sans cesse mon cadre de travail ; c’est comme si je changeais de métier continuellement.

LA4Lire aussi : Le classement 2017 des Cabinets de Conseil en Stratégie

 

À côté de ton job de consultant, tu es le leader d’un groupe de rock, « Merge ». Peux-tu nous en dire plus sur cette aventure ?

« Merge » est un groupe que j’ai créé en 2012, alors que je jouais de la musique pour mon propre plaisir depuis toujours. J’ai cherché des gens motivés pour se lancer dans l’aventure avec moi et le groupe a démarré, d’abord sur un mode de rock agressif puis sur un ton un peu plus pop aujourd’hui. Nous avons très vite eu la chance de réaliser des tournées à travers la France puis en Europe. Au mois de mai prochain nous irons au Royaume-Uni pendant dix jours.

 

Comment fait-on pour concilier une vie professionnelle aussi exigeante que la tienne avec une carrière dans la musique ?

Il faut une certaine organisation pour concilier les deux activités. Je dors parfois peu, mais c’est un choix et j’ai besoin de ces deux activités pour être épanoui dans ma vie. Malgré certains préjugés, la combinaison de ces deux activités ne m’a jamais empêché d’être performant dans mon travail, ou dans la musique.

 

As-tu une anecdote sympa à nous raconter sur ta vie de rockeur ?

 

C’était au début de l’aventure, quand ça commençait à tourner avec Merge : une fois, un vendredi soir, je suis parti de mon bureau chez Accenture en costume et devais partir en tournée le soir même : nous jouions le samedi soir à Nice et le dimanche soir à Montpellier. N’ayant pas le temps de repasser chez moi, je me suis engouffré directement dans le van avec mes cinq acolytes. Nous avons passé tout le week-end sans nous doucher… Nous sommes ensuite revenus dans la nuit du dimanche au lundi sur Paris et je suis arrivé directement au bureau. C’était un week-end très éprouvant, mais un très bon souvenir. Heureusement, à présent, les conditions sont meilleures !

 

Quels sont les projets à venir pour Merge ?

Nous sortons un nouvel album le 4 mai 2018 avec un clip et peut-être élargirons nos tournées à d’autres contrées, à suivre ! Nous serons également présents au plus gros festival de rock en France, le Download festival à Paris, en juin.

 

Où te vois-tu dans 10 ans ? Plutôt sur scène ou en face de hauts dirigeants ?

En réalité, je me vois très bien concilier les deux dans 10 ans. Mon mode de vie actuel me plaît beaucoup et je souhaite à tout prix préserver cet équilibre durant de longues années à venir !

LA4Lire aussi : Passer du Conseil en stratégie à la Tech, un pari risqué ?

 

Pour finir, quel conseil donnerais-tu à nos lecteurs qui visent le conseil en stratégie ?

Avant de vous orienter vers les métiers du conseil, interrogez-vous vraiment sur vos motivations. Le conseil peut convenir à des gens curieux et qui ont peur de s’enfermer dans une routine ou de s’ennuyer. Le conseil, c’est en effet apprendre sans arrêt, s’adapter à de nouveaux clients, à de nouveaux contextes et à de nouvelles équipes.

Au bout de deux à trois ans d’expérience, on comprend tout à fait pourquoi une entreprise est prospère ou non. Le conseil est un métier qui peut faire peur car parfois très exigeant, mais comme partout, cela reste périodique. C’est un très bon tremplin pour commencer une carrière.

 

 


Du conseil en stratégie à l'univers de la mode : rencontre avec Olivier, fondateur d'Office Artist

Après avoir côtoyé les bancs de Dauphine, de la Bocconi ou encore de la LSE, Olivier Cothenet se lance dans une carrière dans le conseil en stratégie. En 2009, il obtient sa place chez A.T. Kearney, où il reste deux ans. De retour d’une mission en Argentine, Oliver est décidé : il va monter sa propre marque de chemises pour hommes, Office Artist. 

Retour sur son parcours plein d’enseignements.

Bonjour Olivier, tout d’abord peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours professionnel ?

Je m’appelle Olivier et j’ai 32 ans. J’ai fait mes études à Dauphine et à la London School of Economics et je me suis dirigé vers un parcours en conseil en stratégie, plus précisément dans le marketing de grande consommation. Pour mon dernier stage, j’ai été assistant du Directeur Général chez Hediard. Après mes études et mes nombreux stages, j’ai été consultant plus de 2 ans chez AT Kearney à Londres, jusqu’à ce que l’on me propose une mission de conseil en Argentine très enrichissante pendant 4 mois. Une fois rentré en France, j’avais envie d’entreprendre. Et c’est là que ma marque Office Artist est née.

 

Tu as fait du conseil en stratégie chez AT Kearney alors que tu viens de Dauphine, qui n’est pas target pour ce type de cabinet. Peux-tu nous expliquer ta démarche pour contourner ce problème ?

Dauphine n’est pas target, mais n’est pas non plus à des kilomètres des écoles qui le sont. J’ai vite fait le diagnostic de mes chances d’intégrer la stratégie, et elles étaient en effet faibles. J’ai alors postulé à la LSE, et j’ai fait des stages en rapport avec le conseil en stratégie, pour avoir un CV cohérent avec mon projet de parcours. J’ai également fait beaucoup de networking pour créer mes opportunités notamment à Londres, et consulté des forums pour comprendre la réalité du process de recrutement. C’était compliqué car à Dauphine, je n’avais pas d’alumni pour m’expliquer tout cela et me donner les bons conseils pour réussir. Forum Hardware m’a beaucoup aidé pour discuter avec des gens du métier et obtenir quelques conseils. Faire ce réseau et apprendre sur le métier m’a pris plus de deux ans avant de rentrer en conseil. J’ai cherché à Paris et à Londres fin 2009, et la crise financière ne m’a pas aidé. En arrivant aux entretiens, je m’étais extrêmement bien préparé, j’avais fait beaucoup de cas, et beaucoup de personnes m’ont aidé à m’entraîner. Lorsque l’on ne vient pas d’une école cible, il faut mettre les chances de son côté et travailler dur sans se démotiver. J’ai eu 2 opportunités : une au BCG à Paris, où j’ai atteint le final round des entretiens mais ils n’avaient pas réellement besoin de quelqu’un, puis chez AT Kearney à Londres. Ils m’ont proposé une offre qui ne commençait pas avant quatre mois, alors j’en ai profité pour faire trois mois de voyage autour du monde avant de commencer chez eux.

 

Tu es formateur AlumnEye sur le conseil en stratégie : quelle est selon toi le domaine où les candidats ont souvent le plus besoin de progresser pour leurs entretiens ?

Ce qu’on donne le plus chez AlumnEye, c’est une méthode, une façon de progresser. On a cette capacité à accompagner les élèves et à leur donner les outils qui leur permettront de progresser plus vite. En 2 sessions de 2h, on les entraîne sur 4 cas différents, avec des enchaînements logiques en terme de complexité, de structure et des corrections adaptées qui permettent de comprendre sur quoi on doit progresser. La progression est donc très forte et le travail beaucoup plus efficace qu’en étant seul. En général les candidats ont moins de mal sur la partie fit mais doivent quand même progresser en parallèle du travail sur les cas. Il ne faut pas se contenter d’être bon pour avoir une offre, il faut être excellent. Il faut penser aux questions que le recruteur va se poser en vous voyant : Est-ce que j’ai envie de présenter cette personne à un client important ? Est-ce quelqu’un de sympa avec qui j’ai envie de travailler ? L’aspect social demandé n’est pas toujours acquis mais peut être travaillé. On cherche des personnes capables de construire des réponses à valeur ajoutée, et d’interagir avec des interlocuteurs de tous niveaux, dans beaucoup de situations différentes. Il faut savoir quel comportement adopter lors d’une conversation, autant avec le CEO qu’avec des salariés, et donc s’adapter à ses interlocuteurs.

 

Quelle est la plus grande différence en termes de recrutement entre Londres et Paris ?

Londres est beaucoup plus internationale, et probablement sélective. Un sortant de HEC va souvent postuler à Paris et à Londres, un sortant de la Bocconi va souvent postuler à Milan et à Londres. Les bureaux à Londres sont assez gros, et servent de hubs pour l’international.

LA4Lire aussi : Où postuler après de la finance ou du conseil ?

 

Qu’est-ce qui t’a donné envie de monter ta propre marque de chemise ?

Tout d’abord, j’avais vraiment envie d’entreprendre, et d’être mon propre patron. Après des années en tant que consultant en stratégie pour de grandes entreprises, je me suis rendu compte que les métiers du conseil ne me permettaient pas de couvrir tous les aspects du lancement d’un projet, surtout en tant que Junior, puisque les missions n’excèdent pas 4 mois. En montant ma boîte, j’étais à même de mener à bien mon projet de A à Z. J’ai pu m’occuper autant du développement, que de la commercialisation et du financement, et ainsi avoir une vraie vision opérationnelle sur la création d’une entreprise.

Dans un second temps, j’ai voulu créer ma propre marque de chemises car c’est un produit que j’affectionne et que je mets beaucoup. L’avantage de la chemise selon moi, c’est que l’on peut rester monoproduit et couvrir pour autant tous les styles de looks. Office Artist mêle le décontracté avec des chemises en jean par exemple, au formel avec des chemises plus sobres et aux tissus plus nobles .

De plus, c’est un secteur dans lequel le marché est large, où les clients sont fidèles, et les marges sont existantes.

 

As-tu toujours été attiré par le milieu de la mode et du textile ?

Je n’ai pas spécialement été attiré par le milieu de la mode auparavant, mais j’aime beaucoup le vestiaire masculin, et je prends du plaisir à m’habiller.

 

Toi qui étais anciennement consultant, quels ont été les changements les plus marquants lors de ton passage de consultant à entrepreneur ?

Premièrement, j’ai commencé à travailler tout seul. En termes d’organisation du travail, et de temps consacré au projet, ça change beaucoup. Finalement, le travail de consultant est assez similaire à celui d’un entrepreneur. On doit être débrouillard et pragmatique. Quand on commence un projet, on est face à une feuille blanche et l’on se pose beaucoup de questions : que faire ? Comment commencer ? Je pense que c’est ici que le métier de consultant m’a vraiment aidé dans la création de mon entreprise, car j’ai acquis grâce à celui-ci, une capacité à m’organiser et à me débrouiller qui sont importantes à l’entreprenariat, au même titre que le fait de devoir être à l’aise au niveau social.. Si je n’avais pas été consultant, je ne m’y serais certainement pas pris de la même manière. Le conseil en stratégie m’a permis d’avoir un certain recul sur le secteur de la mode qui m’était inconnu, et de pouvoir mieux l’appréhender, et mieux le comprendre.

 

La vie d’entrepreneur t’a-t-elle permis de prendre du recul sur certains anciens dossiers de conseil en stratégie ?

Oui, c’est assez intéressant. Ma compréhension des marges est vraiment différente de l’idée que j’en avais à l’époque. Quand on commence en conseil, les marges sont quelque chose d’assez figé. On a l’impression qu’on peut les améliorer un peu, mais en réalité, l’équilibre marge-chiffre d’affaires est relativement figé. Au moment où j’ai créé Office Artist, en démarrant de 0, j’ai découvert des possibilités d’actions sur les marges intéressantes. J’avais entièrement la possibilité de choisir entre volume et marge unitaire importante, ce qui n’est pas le cas dans des business installés.

 

Ce changement de voie a-t-il été spontané ?

En vérité, mon envie de changer de voie a été assez naturelle et soudaine à la fois. Je commençais à avoir fait un peu le tour du conseil, sur la forme et la maîtrise des outils. Il fallait que je me spécialise et je me suis rendu compte que je n’en avais pas spécialement envie. Le seul domaine qui pouvait m’intéresser était le Private Equity, mais 2009 n’était pas la meilleure période pour s’y lancer. Finalement j’ai trouvé presque logique l’idée de créer ma boîte, et c’est d’ailleurs quelque chose d’assez courant dans le monde du conseil en stratégie. Environ un quart des consultants finissent par créer leur boîte.

 

Quels sont les plus gros obstacles que tu as rencontrés lors de la création de ta marque ?

Le plus gros obstacle auquel j’ai dû faire face, c’était le financement. La mode, c’est un secteur assez difficile sur lequel les banques sont très frileuses. L’Etat peut financer quelques parties du projet mais uniquement avec le concours d’une banque. Tant que l’on n’a pas de prêt d’une banque, on n’a pas d’aide de la part de l’Etat. J’ai dû avoir entre 20 et 25 rendez-vous avec des banques pour finalement avoir un financement. J’ai rencontré un banquier intelligent qui a voulu m’aider. Le reste du temps, les banques ne font pas un travail incroyable.

LA4Lire aussi : Les 5 étapes pour intégrer le conseil en stratégie

 

Quels sont selon toi, les points les plus importants à préparer avant de se lancer dans entrepreneuriat ?

L’important, c’est la rapidité d’exécution. Par exemple, ne pas passer 10 ans à préparer le projet mais commencer à le tester assez vite et être réactif en termes de prise de décisions. Il faut également créer un projet capable de répondre à une vraie problématique, une vraie demande. Il ne faut pas se préparer outre mesure, même si c’est intéressant d’avoir des financements assez rapidement car cet aspect-là prend du temps.

 

As-tu un conseil à donner à des étudiants voulant se lancer dans la création de leur marque de vêtements ?

Envoyez-moi un email ! Je serais ravi de partager mon parcours avec vous plus en détails et de vous conseiller dans votre projet.

 


Le classement 2017 des cabinets de Conseil en Stratégie

Chaque année, le site Vault nous révèle le classement des tops cabinets de conseil en stratégie. 2017 ne fait pas exception à la règle, et vous allez découvrir quels cabinets tirent leur épingle du jeu 2017, aussi bien aux USA qu’en Europe. Encore une fois, les MBB occupent les premières places (à l’exception de BCG en Europe, qui ne figure même pas dans le classement, pour des raisons inconnues).

Ce classement vous donnera notamment des idées de cabinets dans lesquels vous pouvez postuler !

 

Le classement aux USA :

Source : Consultor
LA4Lire aussi : Pourquoi le Conseil en Stratégie ? Les 5 raisons qui en font la voie royale

Le classement en Europe :

Source : Consultor

 

LA4Lire aussi : Les 5 étapes pour intégrer le conseil en stratégie

 

Oliver Wyman confirme qu’il est définitivement à placer dans les cabinets prestigieux de la place. A noter également que L.E.K observe la plus belle croissance tant en Europe qu’outre-Atlantique. Le cabinet, spécialisé dans le secteur Private Equity, ne cesse de grappiller des places et de prouver sa valeur. Les cabinets tels que Roland Berger, A.T.Kearney ou OC&C maintiennent leur bon positionnement historique.

 


Passer du Conseil en Stratégie à la Tech : un pari risqué ?

De plus en plus de consultants en stratégie se posent la question d’une évolution de carrière en startup ou en boîte de Tech. Je suis donc allé à la rencontre d’un ex-consultant en stratégie issu d’un cabinet MBB (McKinsey, BCG, Bain) pour en savoir plus. Diplômé d’une Grande Ecole, il a passé moins de 5 ans en cabinet avant de rejoindre une startup mature de l’écosystème français.

Au passage, qu’est-ce qu’une « startup mature » ? La définition n’est pas évidente. D’expérience, une startup mature peut être définie par le fait qu’elle recrute des consultants en stratégie. Belle tautologie ? Pas sûr ! Cela implique que cette boîte dispose d’une certaine assise financière et fait déjà une certaine taille car elle :

  • peut payer un salaire de consultant
  • offre un environnement de travail avec des rôles bien définis et des process en place
  • dispose d’un brand name suffisamment fort pour convaincre un overachiever que ça n’est pas un trop gros risque pour la suite de sa carrière

L’idée derrière cette interview est de comprendre quelles sont les motivations d’un consultant en stratégie qui quitte son quotidien confortable pour rejoindre le milieu très en vogue de la tech et des startups.

Malgré toute la « hype » dont l’écosystème jouit actuellement, cela valait-il vraiment le coup de quitter le doux cocon du conseil en stratégie ?

 

Quelles sont les raisons principales pour lesquelles tu as voulu quitter le conseil en stratégie pour rejoindre une startup mature ?

En quittant le conseil en stratégie pour une startup dans le secteur des Tech je voulais :

1. Avoir un rôle opérationnel avec un impact direct sur le P&L

2. Avoir des responsabilités rapidement

3. Évoluer dans un environnement où je continue à apprendre

4. Pouvoir valoriser cette expérience car j’ai choisi un métier d’avenir en marketing digital

 

Ton expérience de consultant te sert-elle au quotidien, ou as-tu dû apprendre un nouveau métier ?

Mon expérience de consultant me sert tous les jours, sur les aspects suivants :
1. Problem solving : structurer ta pensée, hiérarchiser les problèmes et les traiter

2. Relation client : je suis en relation fréquente avec des fournisseurs et des partenaires

3. Analyse : je gère de très gros budgets marketing en ligne et j’ai un aspect analytique très important au quotidien

4. Owernship : quand tu es consultant, tu es owner de ta mission. Concrètement, si je n’ai pas les documents d’un client, c’est à moi de prendre l’initiative et de résoudre les problèmes. Ça n’est jamais la faute du client. Et je retrouve cet aspect dans mon métier actuel.

Pour autant, j’ai dû apprendre un métier complètement nouveau : le marketing online. En arrivant, je ne comprenais rien aux termes techniques : tracking, bidding, etc. Mais le métier de consultant m’a aussi appris à monter en compétence très vite sur des domaines nouveaux en écoutant les gens de mon équipe, synthétisant et structurant l’information.

LA4Lire aussi : Liste des startups où postuler après de la finance ou du conseil

 

Si tu compares tes journées en conseil et en startup, quelles sont les 3 principales différences dans ton quotidien ?

1. Selon moi, la principale différence entre le conseil en stratégie et la startup c’est qu’ici les opérationnels ont besoin de davantage de suivi au quotidien. En conseil en stratégie, les juniors sont assez vite autonomes. Ici, je dois prendre des micro-décisions au quotidien aux côtés de mon équipe. En conseil en stratégie, s’il y a un problème, c’est un gros problème. Tu sollicites alors ton manager et il va t’aider à trouver les bonnes solutions.

2. La formation n’est pas la même : en conseil en stratégie, si en 2 heures je n’avais pas produit le document qu’avait demandé mon manager, j’avais le droit à une session de feedback sur ma performance. Mon manager avait toujours des inputs pour moi et c’est ce que je tire de mon passage en cabinet de conseil en stratégie : une formation exceptionnelle. On y apprend la rigueur et la capacité à parler avec des clients.

3. En startup je n’ai pas d’infrastructure derrière moi. Il faut se passer de template PowerPoint, il n’y a pas de département IT quand ton PC ne marche pas, pas d’équipe de graphistes, pas de « knowledge center » où est centralisée l’intelligence de la société.

 

Comment a évolué ton work/life balance en startup ? Cela correspond-il à l’amélioration que tu anticipais en quittant le conseil en stratégie ?

Mon équilibre perso / pro n’a pas aussi bien évolué que ce que j’anticipais. Dans mon job actuel, je fais parfois des pics à 21H30-22H. Mais c’est alors mon choix. Mon boss, lui, quitte le bureau à 19H30. Moi ça me plait de rester tard. Ça m’est même arrivé de bosser un week-end, alors que ça ne m’était jamais arrivé en conseil en stratégie. Dans la semaine je n’ai pas le temps de me poser pour prendre le temps et réfléchir, donc je fais ça le week-end.

 

Quelles sont tes désillusions, s’il y en a, par rapport à l’image que tu te faisais de “la startup” ? 

Je pensais que « la startup » c’était « tout le monde a la niak » et « on va conquérir le monde ». En arrivant, je constate que la réalité est très différente : les gens avec qui je travaille n’ont pas tous la niak et ils ne sont pas tous là pour conquérir le monde. Les idées nouvelles font parfois peur car certains n’aiment pas sortir de leur zone de confort. C’est un phénomène que j’observe surtout au niveau des juniors.

 

Quel cut de salaire en % as-tu accepté pour faire le move (par rapport au full package) ?

Après avoir passé de nombreux entretiens, j’avais plusieurs offres de job très différentes, toutes dans des boîtes de Tech ou des startups très matures. Cela m’a permis de négocier un bon package. J’ai choisi une startup mature et ce faisant j’ai fait une croix sur l’upside potentiel d’une exit. En contrepartie, j’ai conservé mon package de consultant en stratégie. Ce choix est aussi un choix personnel : j’aime bien la rigueur et les process. Je n’aime pas le bordel, donc une boîte trop jeune n’aurait pas été un bon environnement pour moi.

interview réalisée par Michael Ohana, fondateur d’AlumnEye


Les 5 étapes pour intégrer le conseil en stratégie

conseil stratégie entretiens

 

Vous visez un poste dans un cabinet de conseil en stratégie ? C’est un long périple qui vous attend…

Les grands acteurs du conseil en stratégie ont la réputation d’être parmi les recruteurs les plus exigeants. Pour intégrer un cabinet, comptez pas moins de cinq étapes : la sélection sur CV ; l’épreuve écrite ou numérique ; trois tours d’entretien mêlant études de cas, rédaction de slides, brainteasers et guesstimates ; pour finir par un entretien final avec un Partner.

 

La sélection sur CV : un premier filtre, sans appel

Ici, le critère principal est l’école d’origine de l’étudiant. Chaque cabinet de conseil en stratégie définit une liste d’écoles cibles. Si le candidat n’est pas issu de l’une de ces écoles, il est immédiatement recalé ! Les cabinets de conseil en stratégie du Top 3 – McKinsey, BCG et Bain – ont une liste composée uniquement des grandes écoles de commerce et d’ingénieurs les mieux classées ; les autres ont des listes élargies.

Si l’école est un critère nécessaire pour la sélection de votre CV, elle est toutefois loin d’être suffisante. Un CV négligé, même en provenance d’une école cible, vous nuira à coup sûr. En effet, pendant l’entretien le recruteur utilise en grande partie le CV du candidat pour lui poser des questions. Il en va de même de la lettre de motivation. Ces documents sont cruciaux pour poser de bonnes bases pour l’entretien.

 

L’épreuve écrite : vos compétences quanti et analytiques sur le gril

La forme de cette épreuve écrite sur ordi et son contenu varient beaucoup selon les cabinets, avec toujours un objectif commun : tester vos compétences quantitatives – analyse de graphes, données et calculs – ainsi que votre capacité d’analyse de ces résultats.

Vous serez seuls devant l’écran ou la feuille de papier. Pour bien cerner cet exercice, il faut se rendre avant sur le site du cabinet et vérifier la durée, la notation, le matériel autorisé, le type de test, et les conseils de préparation. Chez McKinsey par exemple, le PST (Problem Solving Test) nécessite un entraînement bien particulier, tout comme le BCG Potential Test. Il existe des tests en ligne, comme ce test d’entraînement gratuit développé par AlumnEye, pour vous faire une idée du niveau d’exigence requis.

 

Trois tours d’entretien d’une heure : quand les consultants vous jaugent

Généralement, chaque tour se compose de deux entretiens. Lors d’un entretien type, 15 minutes sont dédiées à une discussion – les “questions de fit” – portant sur vos expériences personnelles, professionnelles et sur vos motivations.
Puis 40 minutes sont consacrées à l’étude de cas. Les 5 dernières minutes clôturent l’entretien et vous permettent de poser vos questions au consultant. Chaque partie est décisive et doit être impérativement préparée.

 

> La partie « fit », souvent négligée par les candidats (à tort !)

Elle comporte des questions comme “Présentez-vous”, “Pourquoi le Conseil en Stratégie ?” ou encore “Quels sont vos principaux défauts ?”. Pour y répondre parfaitement, il faut avoir réfléchi en amont à vos expériences principales, les quantifier avec des chiffres concrets et en faire ressortir vos compétences clés. Le recruteur va chercher dans le contenu, mais aussi dans la forme, la clarté d’expression et la pertinence qui font un bon consultant.

 

> L’étude de cas : l’épreuve reine (et piège) des entretiens

L’étude de cas traite souvent d’un problème auquel est confrontée une entreprise. Ainsi un cas extrêmement classique : “Vous avez été engagé par un producteur de coffrets cadeaux pour évaluer la possibilité d’augmenter la profitabilité de son entreprise”.  Le premier enjeu pour le candidat est de bien cerner la question sans hésiter à demander des précisions. Il s’agit ensuite de proposer une résolution du problème ultra-structurée pour aboutir à une conclusion concise et percutante. L’objectif n’est surtout pas de proposer une solution qui viendrait immédiatement à l’esprit. Il faut d’abord identifier la cause du problème. Pour cela, l’étude de cas se résout de manière interactive avec le recruteur.

Chaque cabinet ajoute une ou plusieurs variantes pendant les entretiens. Le « data dumping » en fait partie, il consiste à demander au candidat d’analyser 300 pages de documents pour répondre à 4 questions en deux heures. Il peut également être demandé de rédiger un résumé de ces 300 pages sous forme de slides, et dans une langue que le candidat dit maîtriser sur son CV.

Un autre exercice très classique qui revient systématiquement est la résolution de guesstimates, exercices d’estimations approximatives avec des informations limitées. Ainsi, un consultant pourra demander au cours de l’entretien d’évaluer le nombre de balles de ping-pong qui rentrent dans un A380. Là c’est la logique et le raisonnement qui importent, plus que le résultat.

 

> La dernière étape est l’entretien avec un Partner

Si vous avez réussi les précédentes étapes, ne reste plus que l’entretien avec l’un des partners du cabinet. C’est l’associé dans les cabinets de conseil – qui prendra la décision finale. Très loin de la technicité des tours précédents, cet entretien est l’occasion pour le candidat de démontrer ses qualités interpersonnelles pour convaincre une dernière fois, au terme d’un véritable parcours du combattant.