AlumnEye reçoit tous les jours des messages demandant comment faire pour se réorienter en finance en venant d’un cursus différent. Plusieurs solutions s’offrent aux candidats, en fonction de leur profil. Parmi celles-ci, il existe le Cnam. Cet établissement de renom, très connu pour la qualité de ses intervenants, propose à qui le souhaite des formations techniques, notamment en Finance. Pour nous en parler, nous avons eu le plaisir de rencontrer Alexis Collomb, actuel directeur du département Economie Finance Assurance Banque du Cnam, qui nous explique les spécificités de cet établissement de renom. Si l’idée d’une formation en Finance vous trotte dans la tête depuis quelques temps, cet article vous aidera certainement à prendre une décision. Bonne lecture !

 

Bonjour Alexis, pouvez-vous d’abord vous présenter ?

Bonjour, je suis titulaire de la chaire de finance du Cnam et responsable de son équipe Economie Finance Assurance Banque (EFAB). J’ai eu auparavant une double formation d’ingénieur et d’économiste financier, et j’ai travaillé dans différentes institutions financières avant de rejoindre le Cnam – essentiellement à l’international, en Californie, à New York et à Londres, avant de revenir à Paris. J’ai également eu une expérience dans un laboratoire d’intelligence articificielle au Japon. Ayant toujours été passionné par la technologie, aujourd’hui je me focalise sur la transformation numérique et co-dirige une initiative de recherche sur les crypto-monnaies et les blockchains.

Quelles sont les formations dispensées par le CNAM ?

Les formations dispensées par le Cnam sont multiples car c’est un établissement par essence pluri-disciplinaire mais leur grande spécificité est de se focaliser sur des adultes et de pouvoir être suivies par des hommes et des femmes qui ont un emploi dans la journée. Ainsi la plupart de nos cours sont donnés les soirs de semaine, en général à partir de 18h30, ou les samedis matins, afin de permettre à des salariés en poste de les suivre.

Au sein de l’équipe, nous avons des formations en finance, en économie, en banque, avec également une grosse composante en actuariat et en assurance avec l’Enass. Les niveaux couverts vont de la licence au doctorat, avec différents masters – niveaux M1 et M2 – et dans certains cas – plus rares bien sûr – des doctorats. Ainsi en finance, nous avons :

  • une licence « Analyse économique et financière » ;
  • un master M1 avec une spécialisation en finance d’entreprise ou en finance de marché ;
  • et un master M2 avec également deux parcours – finance d’entreprise et finance de marché –
  • et plusieurs options possibles (économétrie de la finance, économie des activités et produits bancaires, stratégie et expertise financière, évaluation de l’entreprise et analyse stratégique et boursière, gestion de patrimoine). Certaines de ces options se font en partenariat avec d’autres équipes du Cnam comme celle de statistiques par exemple pour le cours d’économétrie de la finance. Cela permet à nos étudiants de bénéficier d’une exposition à des intervenants très compétents et spécialisés dans le domaine traité.

A quel public cela s’adresse-t-il ? Dans quel objectif ?

Le public visé peut beaucoup varier mais en général il correspond à la mission historique et à l’ADN du Cnam : la formation continue tout au long de la vie. Nous visons donc des adultes qui ont un emploi, ou qui sont en transition et veulent se donner de meilleures chances pour en trouver un qui répondrait mieux à leurs attentes. Mais il ne faut pas nécessairement avoir dix ans d’expérience professionnelle pour s’inscrire au Cnam, loin s’en faut ! Nous avons par exemple beaucoup de jeunes avec deux ou trois ans d’expérience professionnelle qui viennent chez nous, à la recherche parfois d’un diplôme complémentaire – par exemple d’un M2 dans le domaine de la finance. Et nous avons également de jeunes étudiants en fin de formation initiale, et à la recherche d’une formation complémentaire, qui viennent s’inscrire chez nous.

Si je devais classer les motivations de nos auditeurs, je dirais qu’elles procèdent souvent de l’une des trois catégories suivantes : (i) avoir un meilleur diplôme pour favoriser son avancement de carrière, (ii) acquérir des compétences spécifiques pour réponde à une situation professionnelle donnée ou également parfois (iii) la simple curiosité intellectuelle. Dans le premier cas, nous avons affaire à des étudiants qui par exemple savent qu’ils ont besoin d’un M2 en finance pour avancer leur carrière, ou être pris au sérieux pour postuler – en interne ou en externe – à une nouvelle position. Ils suivront un cursus complet et pourront rester deux ou trois ans à suivre des cours chez nous. Dans le second cas, il s’agit d’adultes qui commencent par prendre une unité d’enseignement pour acquérir des compétences spécifiques. S’ils y prennent goût, ils auront tendance à revenir au fil des années, et parfois à se lancer dans un diplôme plus ambitieux comme un M2. Enfin, les simples « curieux » viennent chez nous souvent pour affûter leurs esprits : j’ai vu des auditeurs qui faisaient du marketing m’expliquer qu’ils venaient prendre un cours de macroéconomie financière car ils en avaient assez de ne rien comprendre à la presse économique et financière.

Mais si les motivations sont diverses, il y a une constante dans la plupart de nos cours : nous essayons toujours dans la mesure du possible d’avoir d’excellents professionnels pour intervenir dans nos formations, ainsi qu’une équipe d’enseignants-chercheurs permanents dédiés.  Je passe d’ailleurs régulièrement une bonne partie de mon temps à rechercher de nouveaux intervenants pour enrichir notre offre.

Quelles sont les différences entre les formations proposées par le CNAM et celles d’autres établissements ?

Comme je l’ai déjà dit, les formations proposées par le Cnam ont surtout vocation à être dispensées hors temps de travail, pour des adultes avec un emploi. Notre ADN est donc de se focaliser sur la formation tout au long de la vie. Par rapport à d’autres formations, notamment initiales, nous avons une proportion d’intervenants professionnels forte. Ce qui m’a toujours frappé, c’est de voir à quel point certains de ces intervenants professionnels sont attachés à enseigner au Cnam et prennent plaisir à le faire ; ils apprécient la diversité de nos auditeurs. Un autre facteur différenciant est à mon avis le rapport qualité/prix. Bien sûr, il y a de plus en plus d’enseignements de type executive program qui existent, mais à qualité comparable, les prix de nos formations restent très compétitifs. Nous bénéficions de la vocation historique et sociétale du Cnam qui est de se soucier de l’évolution des métiers et de la réinsertion professionnelle.

Quelles sont les exigences ou pré-requis afin de pouvoir suivre le programme ?

Cela dépend des programmes. Pour certains diplômes, comme les masters, il faudra déposer un dossier d’admission. Pour les unités d’enseignement à la carte, c’est beaucoup plus flexible. Certaines – les unités de master M2 – nécessitent cependant un agrément qui peut être obtenu auprès de l’enseignant responsable. En général, toute unité d’enseignement signalera ses prérequis. Nos assistants pédagogiques font aussi un excellent travail pour orienter les étudiants, et le cas échéant les mettre en contact avec les responsables des cours concernés.

Le CNAM est réputé pour la qualité de ses intervenants, pouvez-vous nous en dire plus sur eux, à travers quelques exemples ?

Nous avons des enseignants-chercheurs permanents bien sûr, qui ont pour la plupart suivi un cursus universitaire et qui sont dédiés. Pour eux, le développement des activités de recherche est souvent essentiel, et cela permet à nos programmes de rester à jour sur le plan théorique. Mais, comme je l’ai dit, nous avons également beaucoup de professeurs associés ou vacataires qui sont des professionnels réputés, et à tous les niveaux. Par exemple, pour le programme de finance, nous avons toutes sortes de métiers représentés : directeur financier, trésorier, économiste de salle de marché, directeur des risques, responsable de conformité, juriste, gérant de portefeuille, informaticien middle- ou back-office, et même trader.

Un autre point qui est vraiment important pour la pertinence de notre offre est notre adossement aux différentes associations professionnelles : l’Association française de gestion (AFG), la Société française des analystes financiers (SFAF), l’Association française des trésoriers d’entreprise (AFTE) ou la Fondation nationale pour la gestion des entreprises (FNEGE) pour n’en citer que quelques-unes, sans oublier les autorités de régulation comme l’AMF, l’ACPR ou même l’ESMA. D’avoir des membres de ces institutions qui viennent régulièrement intervenir dans nos programmes nous permet de garantir que notre offre reste à jour. Nous avons également des interventions ponctuelles de personnalités de l’industrie, dirigeants d’institutions financières ou du monde de l’assurance.

Last but not least, nous avons également différents partenariats avec d’autres établissements académiques ou de recherche. Par exemple nous avons un accord de cohabilitation avec l’Essec pour notre master de finance de marché, et nous travaillons régulièrement avec l’Institut Louis Bachelier pour la recherche, ou avec l’ESCP et Paris 1 Sorbonne dans le cadre du laboratoire d’excellence sur la régulation financière. Tous ces échanges sont essentiels. Le dernier en date est une collaboration avec l’Institut des Hautes Etudes pour l’Innvoation et l’Entrepreneuriat (IHEIE) de Mines ParisTech pour le secteur fintech/insurtech et la blockchain.

Quels sont les débouchés de vos étudiants suite à ces formations ?

Le plus souvent, il s’agit de promotions internes qui ont amené à ces étudiants à chercher des compléments de formation. Il peut également y avoir des reconversions assez spectaculaires, d’un secteur à un autre, mais c’est plus rare. Cela étant dit, pour ma part, je n’aime pas « vendre du rêve ». Je dis souvent qu’on construit une carrière dans la durée. Ce n’est pas juste en prenant un cours d’économie au Cnam que vous allez devenir économiste, ou un cours de gestion de portefeuille que vous allez forcément pouvoir trouver un emploi dans la gestion d’actifs. Mais cela aide bien sûr, et nous avons régulièrement quelques très belles réussites.

Je suis d’ailleurs convaincu que la formation continue va continuer à se développer. Dans le monde qui est le nôtre, avec toutes les transformations en cours – à commencer par la transformation numérique –, la formation tout au long de la vie me semble l’un des grands défis sociétaux. Apprendre et acquérir de nouvelles compétences est l’un des meilleurs moyens de progresser et de s’adapter. Nos étudiants sont en général tous très motivés. Ce n’est pas évident pour un adulte actif d’étudier le soir ou le week-end, après une journée de travail, pour préparer un examen ou obtenir un diplôme. Il faut vraiment le vouloir.

Une autre chose qui nous importe, c’est d’essayer d’anticiper les mutations de nos secteurs et de nos professions, et leurs transformations technologiques – les grandes tendances. Big data, blockchain, IoT, intelligence artificielle… Vous n’arrêtez pas d’en entendre parler dans la presse… Mais concrètement pour les métiers de nos secteurs, à cinq ou dix ans, cela veut dire quoi ? Il faut qu’on reste continûment aux aguets pour faire évoluer notre offre et la rendre plus attractive. Personnellement, j’ai un tropisme de plus en plus fort pour le numérique et la technologie, et nous sommes en train de réfléchir également à voir comment on pourrait orienter nos étudiants vers des entreprises innovantes, fintechs/insurtechs par exemple. Les grands groupes également sont bien sûr de plus en plus intéressés par des profils ayant davantage de compétences numériques.

En termes de tendance, il était également clair après la dernière crise financière que la réglementation devrait être renforcée, et que les métiers de conformité ou de contrôle des risques seraient revalorisés. C’est pour cela que nous offrons à nos étudiants de passer la certification AMF, ou que nous avons mis en place un certificat de spécialisation en « contrôle et gestion des risques dans le secteur banque/finance/assurance ».

Un dernier point qui peut aider nos étudiants en termes de débouchés, c’est bien sûr les réseaux des anciens élèves, des masters par exemple. A l’heure de LinkedIn, le bouche-à-oreille compte encore bien heureusement !

Concrètement, quand démarrent les programmes ? Jusqu’à quand peut-on s’inscrire ?

On peut s’inscrire jusqu’à fin septembre aux cours du premier semestre qui démarrent début octobre. Cela vaut également pour les dossiers d’inscription en masters qui doivent être déposés avant fin septembre, ou les demandes d’agrément aux cours à la carte. Toutes les informations sur nos parcours sont disponibles sur notre site. Le Cnam aura également un forum des inscriptions du 11 au 16 septembre 2017.

 

Alexis Collomb, Professeur du Cnam – Finance, Directeur du département Economie Finance Assurance Banque (EFAB), Expert Fintech/Insurtech IHEIE

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