La Suisse, une place financière toujours d’actualité ?

En dépit de la levée du secret bancaire dans la confédération helvétique en 2018, le pays est toujours aujourd’hui l’une des principales places financières mondiales, avec une spécialisation marquée dans la gestion de fortune. Décryptage d’un hub financier historique prompt à évoluer avec son temps, à l’heure où les cryptomonnaies et la finance durable émergent aux yeux des acteurs du secteur comme des thématiques incontournables. Dans ce contexte, quelles perspectives de carrière s’offrent aux jeunes diplômés ?

 

Tour d’horizon de l’industrie financière suisse

La puissance de cette place financière se décline principalement à travers deux cités, Genève (en Suisse romande) et Zurich (en Suisse alémanique), ainsi que d’autres comme Bâle ou Lugano, bien que dans une moindre mesure.

Les deux premières ont chacune un profil très international et sont davantage complémentaires que concurrentes. D’après le directeur de la Fondation Genève Place Financière (FGPF), Edouard Cuendet, il y a « une seule place financière suisse, avec deux centres ». Quand Genève est tournée avant tout vers la gestion de fortune, l’accueil de nombreuses banques étrangères et le trading de matières premières, Zurich s’impose comme le leader sur la gestion d’actifs, la banque d’investissement et le secteur de l’assurance.

Les marchés cibles varient également d’un centre à l’autre : alors que Genève vise en premier lieu le monde francophone et le Moyen-Orient, Zurich concentre ses activités sur les pays Anglo-Saxons et l’Asie.

La place financière zurichoise est plus puissante que son homologue genevoise. En 2019, le Global Financial Centers Index (GFCI) classe Zurich au 8e rang mondial des places financières tandis que Genève occupe le 28e rang. Au niveau européen, Zurich se classe en seconde position derrière Londres, et Genève prend la 5e place, après Francfort et Paris, mais devant Luxembourg. Comment expliquer ce statut privilégié de la Suisse (0,1% de la population du globe) au sein des principales places financières mondiales ?

 

De la naissance du taux intérêt à celle du secret bancaire

En mars 2009, l’exécutif fédéral annonce la fin prochaine du secret bancaire en Suisse, une pratique bancaire vieille de plus d’un siècle, consacrée juridiquement dans l’article 47 de la Loi fédérale sur les banques et les caisses d’épargne de 1934, mais de facto appliquée depuis la fin du XIXème siècle. L’abolition de ce particularisme helvétique prend effet début 2018 et se manifeste dès lors par des échanges automatiques de renseignements sur les comptes de ses clients étrangers avec près de 40 pays, dont ceux de l’Union Européenne.

Pourtant, le GFCI montre que la place financière suisse demeure influente au niveau international. En effet, outre le secret bancaire, l’attrait de la Suisse pour les détenteurs de capitaux a très tôt reposé sur les niveaux peu égalés de stabilité et d’expertise qu’elle représentait pour eux. Par ailleurs, ce pays au système politique libéral et décentralisé présente un cadre juridique favorable à l’entrée de capitaux.

Pour comprendre cette réalité, faisons un petit détour par l’histoire. Genève émerge en tant que place financière notable à la fin du XIVème siècle, stimulée par la décision de son prince-évêque d’autoriser le prêt à taux d’intérêt, pratique largement récusée dans les autres foyers de la chrétienté européenne. Cette tradition du taux d’intérêt est renforcée avec l’apparition du calvinisme au XIVème siècle. A en croire le sociologue et économiste allemand Max Weber, « l’éthique protestante », individualiste et favorable à l’esprit d’épargne, aurait été un facteur déterminant dans le développement du capitalisme en Suisse et dans les autres pays marqués par la culture protestante.

Toujours est-il que les volumes de capitaux significatifs laissés en dépôt par les épargnants locaux et étrangers renforcent la réputation des cités helvètes en matière de gestion de fonds, d’où l’apparition d’activités de gestion de fortune dès le XVIème siècle dans toute la Suisse (également à Bâle et Zurich), puis la naissance de la banque privée telle qu’on la connaît aujourd’hui au début du XVIIIème siècle. A la fin du XIXème siècle, le pays possède une industrie financière solide avec un réseau développé d’établissements de crédit. Mais à en croire l’économiste Gabriel Zucman, c’est au lendemain de la Première Guerre mondiale que la place financière suisse décolle pour de bon.

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L’âge d’or de la place financière suisse

En effet, alors que les grandes fortunes européennes avaient bénéficié d’un XIXème siècle libéral sur le plan fiscal, le début des années 1920 marque un tournant radical avec la mise en place de taux d’impôts significativement élevés visant à financer les énormes déficits publics laissés par la guerre dans les pays européens. A titre d’exemple, le taux marginal supérieur de l’impôt sur le revenu en France passe à 50% en 1920, puis 72% en 1924. Ce phénomène constitue un facteur majeur de l’explosion du secteur de la gestion de fortune en Suisse, dont le système financier est déjà solide, et ce pour plusieurs raisons.

D’abord, la neutralité perpétuelle du pays affirmée lors du Congrès de Vienne en 1815 lui a évité les dommages infligés par la Grande Guerre à ses voisins européens, d’où une grande confiance dans les établissements bancaires suisses. Par ailleurs, les banques y sont très profitables dans la mesure où, s’étant cartellisées sous le nom d’Association suisse des banquiers en 1912, elles sont en position d’imposer des taux d’intérêt élevés au gouvernement helvétique. Enfin, la création de la Banque nationale suisse (BNS) en 1907 offre au système financier un prêteur en dernier ressort pour les banques, gage de stabilité. La pratique du secret bancaire – d’abord de façon tacite, puis comme contrainte réglementaire à partir de 1934 – explique l’attrait des grandes fortunes pour la Suisse, qui ne communique pas les noms de ses clients étrangers aux autorités fiscales de leur pays d’origine. Ainsi, entre 1920 et 1938, le montant des avoirs étrangers sous gestion dans les banques suisses passe de 10 à 125 milliards de francs suisses.

Après une fin des années 1940 marquée par une première tentative internationale – infructueuse – de faire pression sur le secret bancaire suisse, la banque privée suisse connaît son apogée entre les années 1950 et 1970. Si les années 1980 voient l’émergence – ou réémergence dans le cas de Londres – de nouvelles places financières spécialisées dans la banque privée telles que Luxembourg, Hong Kong ou Singapour, Gabriel Zucman affirme qu’il convient de nuancer la concurrence dont serait victime la Suisse du fait de cette émergence. En effet, les chiffres montrent que les montants d’actifs étrangers sous gestion par les gérants de fortune suisses n’ont cessé d’augmenter depuis la fin du XXème siècle, jusqu’à atteindre plus de 1 800 milliards d’euros aujourd’hui. Par ailleurs, les établissements installés au Luxembourg ou à Singapour ne sont souvent que les filiales d’établissements de gestion de fortune suisses.

En 1996, deux commissions d’enquête internationales partent à l’assaut du secret bancaire helvétique. La première, présidée par l’ancien banquier central américain Paul Volker, a pour objet d’identifier les comptes dits « en déshérence » appartenant aux victimes de la Shoah et de leurs héritiers. En se penchant sur les archives de plus de 250 établissements suisses ayant eu des activités de banque privée pendant la Seconde Guerre mondiale, la Commission Volker met au jour une quantité inédite d’informations sur les montants gérés par les banques suisses. La seconde commission, présidée par l’historien français Jean-François Bergier, cherche à déterminer le rôle joué par la Suisse pendant la guerre. Dans ce cadre, Bergier est en mesure d’établir l’ampleur des avoirs gérés par les sept plus importantes banques suisses au cours du XXème siècle qui, par des jeux de fusions et d’acquisitions, se trouvent aujourd’hui être UBS et Crédit Suisse, les deux plus gros acteurs nationaux du secteur. Le travail de ces commissions constitue donc le premier coup dur porté au secret bancaire helvétique.

 

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Les vents contraires de la décennie 2010

Dans le sillage de la crise financière mondiale de 2008, le secteur financier suisse essuie des atteintes à sa compétitivité au cours de la première partie de la décennie 2010 : la levée effective du secret bancaire, la mise en application des accords Bâle III et la suppression du taux plancher du franc suisse par rapport à l’euro en 2015.

Comme évoqué précédemment, la levée totale du secret bancaire en Suisse est actée en 2009 et prend effet moins de dix ans plus tard en 2018. Elle se concrétise notamment dans un contexte de litiges juridiques de plus en plus fréquents et coûteux pour les banques suisses avec plusieurs pays, à commencer par les Etats-Unis, qui n’hésitent pas à employer les grands moyens pour obtenir l’identité des américains détenteurs d’un compte en Suisse. Ainsi, la justice américaine a menacé UBS et Crédit Suisse de leur retirer leur licence bancaire aux Etats-Unis, ce qui reviendrait à mettre en péril la survie de ces établissements dont les activités de banque d’investissement sont d’une importance significative outre-Atlantique. Cette pression des autorités américaines s’accompagne d’amendes impressionnantes à l’égard de ces géants suisses, 780 millions de dollars pour UBS en 2009 et 2,6 milliards pour Crédit Suisse en 2014. Dès 2018, ces groupes bancaires n’ont plus le choix, la loi s’applique strictement : le partage d’informations est désormais obligatoire.

Ensuite, le mouvement de réglementation financière décidé par le G20 à la suite du raz-de-marée de 2008 a notamment accouché des accords Bâle III. Le Comité de Bâle a été fondé en 1974 sous l’égide de la Banque des règlements internationaux (BRI), qui siège à Bâle, afin de coordonner la supervision bancaire au niveau mondial. Les accords Bâle III, publiés en décembre 2010, se veulent plus contraignants que les accords Bâle I (1988) et Bâle II (2004), qui avaient introduit deux types de ratios de solvabilité pour les établissements bancaires, respectivement les ratios Cooke et McDonough, visant à garantir la solidité financière des banques. Cette nouvelle norme prudentielle internationale est censée s’appliquer graduellement jusqu’en 2022. La longueur de la période entre la publication de cette nouvelle norme et sa mise en application provient des réticences de plusieurs pays à l’appliquer pleinement, notamment en Europe et aux Etats-Unis, dans la mesure où cela revient à entamer la compétitivité de leurs établissements bancaires, et la Suisse, dont le secteur financier représente près de 12% de son PIB, ne fait pas exception.

Enfin, le 15 janvier 2015, la BNS décide de mettre fin au taux plancher de 1,20 franc suisse pour un euro introduit en 2011 (il s’agissait alors pour la banque centrale helvète de pallier la surévaluation du franc suisse), considérant que cette mesure n’est plus nécessaire. Cette décision a pour conséquence l’envolée du franc suisse par rapport à l’euro, d’où des pertes de changes accusées par les banques suisses sur les valeurs en dépôt en devises étrangères, ce qui concerne au premier chef le secteur de la banque privée.

Pourtant, un rapport du cabinet Bakbasel commandé par l’Association suisse des banquiers, s’il reconnaît les effets négatifs à court terme de ces évolutions réglementaires sur le secteur financier suisse, attribue également son essoufflement aux conséquences globales de la crise de 2008. Il décrit même cette évolution réglementaire comme une aubaine sensée permettre à la place financière helvétique de se réinventer à moyen terme. Au-delà des mots, il avance le chiffre de 2% de croissance à long terme du secteur, c’est-à-dire davantage que l’ensemble de l’économie suisse.

En fait, c’est un tableau en demi-teinte qui se dessine pour le secteur bancaire suisse : si elles ont repris des couleurs à l’occasion du mouvement de reprise économique mondiale initié en 2017, avec des performances financières très satisfaisantes (en particulier dans le domaine de la gestion de fortune), toutes les banques suisses ne bénéficient pas de façon égale de ce redémarrage. En effet, les évolutions récentes se font au détriment des petites banques privées indépendantes (moins de 5 milliards de francs suisses sous gestion) et des géants bancaires suisses. Les premières sont victimes d’un accroissement des coûts dans un contexte d’inflation réglementaire et sont donc de plus en plus nombreuses à être absorbées par des banques privées de plus grande taille, telles que l’Union Bancaire Privée. Selon Christian Hintermann, expert du secteur bancaire chez KPMG, il risque de ne rester qu’une soixantaine de banques privées en Suisse d’ici à 2025. Leur nombre est déjà passé de 163 en 2010 à 101 en 2019. Les secondes, quant à elles, sont souvent engagées dans de vastes plans de restructuration, à l’image de UBS et Crédit Suisse, dont les effectifs, s’ils restent très importants, sont à la baisse ces dernières années.

En fait, plutôt que d’être victime d’une amputation brutale de ses activités suite à la fin du secret bancaire, le secteur financier suisse connaît plutôt une transition en douceur vers de nouveaux secteurs, notamment les fintechs et la finance dite « durable ».

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Un paysage qui se transforme avec son époque

En effet, depuis quelques années, la Suisse cherche à s’imposer comme un leader dans le secteur des cryptomonnaies, et ce avec l’appui enthousiaste des autorités fédérales. Ainsi, le ministre de l’économie Johann Schneider-Ammann annonçait en janvier 2018 vouloir que la Suisse devienne la « crypto-nation ». Ce projet se concrétise déjà à travers l’existence d’une « Crypto Valley » suisse dans le canton de Zoug, qui s’affiche comme un hub dynamique dans l’émission et la gestion des cryptomonnaies, en particulier le bitcoin et l’ethereum (qui a d’ailleurs été créé à Zoug en 2014), avec l’implantation de nombreuses start-ups du secteur de la blockchain.

De même, Facebook a annoncé en juin 2019 que le consortium chargé dès 2020 de gérer sa nouvelle cryptomonnaie, le libra, serait basé à Genève, non en Californie. On peut voir dans cette décision la volonté de profiter d’un écosystème juridique favorable (même après la levée du secret bancaire), fiscalement avantageux et bénéficiant d’importantes ressources en capital humain. Bien sûr, on peut aussi y déceler la volonté d’afficher une neutralité de circonstance, à l’heure où la méfiance à l’égard des grands groupes du numérique est à son comble. Quoi qu’il en soit, cette décision confirme le statut « blockchain-friendly » revendiqué par la confédération helvétique.

Preuve en est, fin août 2019, le gendarme financier suisse, la FINMA, a accordé des licences bancaires à deux acteurs suisses des cryptomonnaies, SEBA et Sygnum. Cette démarche d’ouverture aux technologies de la blockchain constitue un précédent en Europe, où l’ambiance générale reste à la méfiance envers ces modes de règlement non-conventionnels. Chacune portée par des anciens de chez UBS, ces nouvelles crypto-banques prévoient de faire circuler des bitcoins et des ethers, convertibles en euros, dollars et francs suisses. Pour autant, l’anonymat inhérent à ce type de technologie présente à l’évidence des risques d’opacité des transactions, c’est pourquoi la FINMA avance avec prudence, en contraignant ces établissements à limiter les échanges de tokens (jetons numériques) entre leurs propres clients, afin d’être certains de pouvoir identifier l’origine et la destination de ces transferts.

En matière de finance « durable », des initiatives existent, bien que timides pour l’heure. Un premier pas, symbolique, a été franchi en avril 2018 avec l’installation à Genève du siège du nouveau réseau des places financières durables, le FC4S (Financial Centres for Sustainability), créé sous l’égide du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (UNEP). Cette démarche se veut complémentaire de l’étroit maillage de start-ups spécialisées dans les fintechs et le microcrédit à Genève et dans toute la Suisse. Les prochains chantiers de cette nouvelle institution sont relatifs à la finance verte, en particulier les obligations vertes, qui présentent un fort potentiel de développement dans un écosystème de gestion privée qui a jusqu’ici été peu ouvert à cette perspective.

Ainsi, de nouveaux relais de croissance semblent apparaître face aux risques d’obsolescence des modèles de banque traditionnels. A l’évidence, la digitalisation, les cryptomonnaies ou encore la finance verte font partie des défis que doivent relever les banques suisses pour surmonter la perte de compétitivité liée au nouveau cadre réglementaire. Somme toute, une transition semble nécessaire pour que la place financière suisse conserve sa puissance historique.

 

Opportunités de carrière : Zurich ou Genève ?

Quoi qu’il en soit, malgré les incertitudes entourant l’avenir des grandes banques suisses, l’heure est plutôt à l’amélioration du marché de l’emploi sur ce secteur. Cette embellie concerne davantage les banques privées indépendantes (dont le solde d’emploi est positif) que les grandes banques suisses et les banques étrangères (qui perdent des emplois en net). Ainsi, si UBS reste en tête des effectifs bancaires genevois avec près de 2000 employés dans la ville de Calvin, elle est talonnée par plusieurs banques privées dont le recrutement est plus soutenu ces dernières années, à l’image de Pictet & Cie (plus de 1 900 employés à Genève, avec 500 milliards de CHF d’actifs sous gestion), Lombard Odier (plus de 1 400 employés, avec 260 milliards d’actifs sous gestion) ou encore l’Union Bancaire Privée (plus de 800 employés, avec près de 140 milliards d’actifs sous gestion). Les autres grandes banques, suisses et étrangères, représentent des effectifs certes importants (plus de 1 500 employés pour HSBC, 1 400 pour BNP Paribas Suisse ou encore 1 300 pour Crédit Suisse), mais la dynamique de recrutement n’est pas à leur avantage, sachant que la Suisse détient près de 28% du marché mondial de la banque privée.

La dynamique actuelle est portée par un mouvement qui capitalise sur la reprise économique mondiale de 2017. En revanche, la place suisse peut difficilement espérer tirer profit du désamour des grandes banques pour la City à l’occasion du Brexit, dans la mesure où la Suisse n’est pas membre de l’UE, quand d’autres villes centres financiers tels que Paris, Francfort ou Luxembourg espèrent toutes se tailler la part du lion dans cette nouvelle opportunité représentée par l’affaiblissement de la place londonienne.

Reste à savoir quel parti prendre entre Genève et Zurich. Comme évoqué précédemment, ces deux centres financiers ont des spécificités fortes qui méritent d’être soulignées. Aussi, la comparaison se fait à l’aune de plusieurs critères.

En matière de dynamisme du marché de l’emploi, les premiers mois de 2019 donnent l’avantage à Genève avec une hausse de plus de 12% de l’emploi en finance entre janvier et février, contre près de 7% pour Zurich, selon le Swiss Job Index publié par le cabinet de recrutement Michael Page. Les secteurs de la gestion des crédits et des risques apparaissent comme les moteurs de cette forte croissance en début d’année. En revanche, en termes absolus, la cité suisse alémanique bat Genève à plate couture : le secteur financier à Zurich emploie plus de 90 000 personnes, notamment réparties à travers 120 banques, contre près de 36 000 emplois à Genève, qui compte 104 banques.

Pour ce qui touche au nombre de secteurs couverts, Zurich domine son homologue de suisse romande, abritant un vaste éventail d’activités allant de la banque d’investissement à l’asset management, à travers deux grands établissements suisses, UBS et Crédit Suisse. Le domaine de l’assurance est également très développé, avec des groupes tels que le Zurich Insurance Group. Ainsi, Genève se concentre sur un plus petit nombre de secteurs, à commencer par la banque privée, avec également le regroupement d’activités comme le trading de matières premières, activité qui connaît une croissance impressionnante à Genève depuis le début des années 2000. Le secteur compte près de 550 sociétés en Suisse, la plupart concentrées dans les régions de Genève, Zoug et Lugano, avec des acteurs de poids (en particulier dans le domaine des produits pétroliers), tels que Glencore, Trasfigura, Vitol, Gunvor ou encore Mercuria. D’ailleurs, la différence entre Genève et Zurich en matière de secteurs couverts n’est pas si figée, sachant que le géant Goldman Sachs a annoncé son retour à Genève en juin 2019, pour des activités de banque d’investissement, gestion de fortune et asset management, alors qu’elle est implantée à Zurich depuis la fin des années 1970, où elle emploie une centaine d’employés.

Enfin, la question du salaire n’apparaît pas particulièrement discriminante entre Genève et Zurich. A l’évidence, ils sont bien plus élevés que ceux pratiqués en France ou même en Europe. La contrepartie à ces salaires suisses attractifs est un coût de la vie particulièrement élevé dans la confédération (logement, frais médicaux, etc. sans compter le taux d’imposition significatif qui y est pratiqué), l’un des plus élevés en Europe, en particulier dans ces centres financiers. A titre d’exemple, le coût de la vie à Zurich est similaire au coût de la vie à Paris. Pourtant, le salaire moyen (toutes activités confondues) à Zurich est près de 60% supérieur à celui de Paris. Toutes choses égales par ailleurs, même si les rémunérations y ont quelque peu perdu de leur attrait au cours des dernières années, travailler en Suisse dans le secteur de la finance reste encore souvent bien plus avantageux qu’ailleurs.

 

Nathanaël Zobel-Pantalacci, étudiant à Grenoble Ecole de Management et contributeur du blog AlumnEye

 


Stage en M&A : à quoi s’attendre ? 3 AlumnEye témoignent

Le stage en M&A est l’expérience tant attendue de beaucoup d’étudiants en finance, mais avant de s’embarquer dans cette aventure, trop peu d’entre eux savent réellement à quoi s’attendre.  Qu’en est-il du quotidien du stagiaire en M&A ? Quelle est sa charge de travail ? Comment réussir son stage en M&A ?

Afin de vous éclairer sur le sujet, nous avons donné la parole à 3 étudiants passés par une telle expérience. Ces AlumnEye ont découvert le M&A dans des structures très différentes :  Andrea, ancien stagiaire chez Rothschild et Lazard (Large cap) ; Aurélien, qui fut stagiaire chez DC Advisory (boutique Mid cap internationale), et Camille, passée par Capitalmind (boutique Mid cap également), témoignent aujourd’hui pour vous donner un aperçu des points communs et des différences entre leurs équipes respectives.

 

Pourquoi as-tu choisi de faire un stage en M&A ?

 

Andrea : Je pense que le M&A qu’on veuille en faire ou non sa carrière, c’est une excellente école : ça permet de gérer des deadlines dans un environnement très exigent, de voir tout un tas de secteurs, côtoyer des problématiques de niveau CEO, CFO : c’est vraiment passionnant. Aussi faire un stage en M&A permet de prendre du recul sur pas mal de choses, de voir un petit peu la réalité du monde professionnel, et ça permet de commencer par ce qu’il y a de plus difficile, mettre des choses en perspectives et vérifier si c’est vraiment ce que l’on veut faire. A titre personnel j’ai choisi cette voie car c’est un métier technique, où l’on a besoin d’avoir un bon sens business, où il y a pas mal de stratégie et enfin car c’est un métier où l’on apprend en permanence que ce soit sur des entreprises, des secteurs, des façons de faire. C’est vraiment très enrichissant sur ce point-là.

 

Camille : Je dirais que c’est d’abord pour l’aspect stratégique du métier, on conseille les entreprises dans des moments clés. Notre valeur ajoutée est d’autant plus significative en Mid cap car la plupart du temps, le management des entreprises ne connaît rien aux process et se repose vraiment sur le conseil ; on est donc impliqué à 100% dans la stratégie de l’entreprise. Finalement, en M&A on a vite des responsabilités et on apprend beaucoup, c’est ce qui me motive vraiment. Tu dois te débrouiller aussi bien avec des choses basiques (maîtrise d’Excel et de PowerPoint) que dans des tâches plus compliquées comme créer un rapport pour ton client et en se plongeant dans son entreprise afin de la comprendre parfaitement en quelques jours.

 

Aurélien : Au départ, quand je suis arrivé en école de commerce, mon objectif était de faire de la finance de marché. J’ai donc décidé d’intégrer l’association finance de l’école et c’est là que j’ai appris ce qu’était un DCF ou des trading comps par exemple. Cela m’a tout de suite intéressé car contrairement à la finance de marché, la finance d’entreprise permet de se retrouver au cœur du « problème », de la machine. La réflexion stratégique est beaucoup plus présente, poussée et importante. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de changer de chemin et de me diriger en corporate finance. Et quoi de mieux que le M&A pour se retrouver au milieu de toutes ces problématiques ?

 

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Quelles ont été tes tâches au quotidien ?

 

Andrea : Chez Lazard, les stagiaires sont totalement intégrés dans les deals et les différentes opérations. En fonction du projet on peut avoir des tâches très variées : préparation de slides PowerPoint, préparation d’IM (Information Memorandum), de teasers, de documents à rendre au board. On passe aussi beaucoup de temps à chercher des informations, à les préparer pour que l’analyste puisse ensuite les traiter de la façon la plus efficiente.  Il y a également beaucoup de process, c’est-à dire organiser les différentes réunions, suivre les différentes parties prenantes d’un deal : auditeurs, avocats, consultants.

 

Camille : Il y a tout d’abord la gestion de la dataroom qui consiste à vérifier la validité des documents puis les trier. Je participe aussi au travail de valorisation : on me donne un chiffre d’affaires et un périmètre géographique et je cherche des comparables de transactions. Je collabore également à l’élaboration de pitchs : analyse de marchés, analyse de la concurrence…. Il m’arrive aussi de participer à la rédaction de rapports stratégiques ou de notes sectorielles : pour cela je revois les états financiers, j’étudie l’entreprise ou un secteur en détails.

 

Aurélien : Je ne pense pas pouvoir parler de tâches quotidiennes, car une journée ne se déroule jamais de la même manière, mais plutôt de tâches en générale. Personnellement, je pense avoir eu de la chance car j’ai eu l’occasion de travailler sur 7 mandats en 6 mois, que ce soit en buy-side, sell-side ou même pour un refinancement. Cela m’a permis d’avoir des tâches diversifiées. Bien sûr il y a les grands classiques comme faire des trading comps, des transaction comps, des profils, des screening, etc. Mais j’ai aussi pu construire un modèle de rating et faire un peu de modeling.

 

Comment s’organise ta journée ?

 

Andrea : C’est la question à laquelle il est quasiment impossible de répondre en M&A, parce que la nature du travail fait qu’en fonction des deadlines les journées sont toutes différentes. Chez Lazard, j’arrivais vers 9h, la première chose était de prendre connaissance des mails de la nuit, voir quels vont être les top priorités de la matinée puis on se met au travail et on répond aux différentes attentes. Généralement à partir de 15-16h le gros du travail commence car la hiérarchie revient de meetings et a eu des updates de la part des clients. Chez Rothschild j’avais également des side-projects comme la mise à jour de bases de données sur des boites cotées et dont je devais m’occuper lorsque j’avais le temps.

 

Camille : La journée est rythmée par le client et ton donneur d’ordre. Globalement il y a un planning sur la semaine qui te permet de ne pas être débordé et d’allouer le bon temps à chaque sujet. Pour résumer je sais à quelle heure j’arrive mais pas à quelle heure je pars mais en moyenne mes journées s’étendent de 8h30 à 22h30.

 

Aurélien : En général, je suis mobilisé sur plusieurs exécutions et/ou pitch en même temps. Typiquement il m’est arrivé d’être sur trois process simultanément, chacun à un niveau d’avancement différent, et en fonction de cela j’avais des slides à faire, des recherches à effectuer, des documents à télécharger… En début d’après-midi mes propositions étaient revues et je devais passer les marks-up (corrections). En parallèle, il est possible qu’un MD (Managing Director) me demande de travailler sur quelque chose en annexe, et ça peut aller du simple profile au petit book un peu poussé sur un marché qui l’intéresse. Il n’y a pas de journée type, je ne suis jamais entré dans une sorte de routine et c’est ce qui rend le travail passionnant.

 

Comment es-tu formé(e) au cours du stage ?

 

Camille : J’ai été formée dès mon arrivée en stage. Pour ce qui est de l’apprentissage du fonctionnement des bases de données que l’on utilise au quotidien du type CapitalIQ, les prestataires sont venus directement nous former sur place à l’utilisation de leurs outils. En parallèle, nous avons bénéficié de formations des différents membres de l’équipe : quelques heures sur la dataroom, sur les comparables, sur Excel et PowerPoint. C’était vraiment très utile et ça m’a permis d’être opérationnelle dès le début.

 

Aurélien : Il n’y avait pas vraiment de formation au début du stage chez DC Advisory, à part une formation de 2h dans les bureaux de Facset. Dans les boutiques en France, on apprend surtout sur le tas et il ne faut pas être stressé si on a l’impression de faire des tâches ingrates, c’est normal. Il y a un temps pour tout. On apprend petit à petit à se connaître entre analystes et stagiaires. On gagne petit à petit en responsabilité. Je pense qu’il faut surtout montrer que l’on a envie d’apprendre, de poser des questions et ça viendra avec le temps. J’ai beaucoup de chance aussi car l’équipe chez DCA est très pédagogue. Les analystes prennent le temps de nous expliquer ce qu’il faut faire. Il faut juste bien écouter et essayer de comprendre le plus vite possible car ils ont beaucoup de sujets différents et revenir 2, 3, 4 fois pour poser la même question, ce n’est pas faisable.

 

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Quelles sont les qualités nécessaires à la réussite de ton stage ?

 

Andrea : Les qualités nécessaires sont d’abord humaines, on n’attend pas des stagiaires qu’ils soient des brutes en finance, on cherche avant tout des gens rigoureux, disciplinés, débrouillards et surtout agréables. Rigoureux et disciplinés tout simplement car on attend du stagiaire qu’il devienne indépendant et qu’on puisse compter sur son travail. La différence entre un bon stagiaire et un mauvais c’est que le bon sera sûr de son travail, capable d’envoyer un travail sans coquilles et des chiffres surs. Ensuite débrouillard car le stagiaire doit être capable de juger si ce qu’on lui demande de faire est faisable. Par exemple, un jour on m’avait demandé de faire une recherche d’un chiffre et au bout d’une heure je me suis rendue compte que cette information était introuvable car elle n’existait pas, le rôle du stagiaire c’est de prendre son courage à deux mains et d’aller en parler avec l’analyste plutôt que de perdre du temps, il faut prendre des initiatives. Finalement le point le plus important c’est que le stagiaire soit agréable, c’est à dire qu’a niveau égal, on préfèrera le stagiaire qui est souriant, disponible et aimable à 2-3 h du matin.

 

Camille : La première chose c’est qu’il faut être extrêmement rigoureux, rendre des travaux impeccables, s’imposer une vraie discipline en autonomie. Deuxièmement, il faut être à 100% dans son boulot pour être capable de faire la petite chose en plus qu’on ne t’a pas demandé et qui fera la différence : rester 1 h de plus pour faire une recherche en plus ou arriver avant tout le monde le matin pour prendre de l’avance. Et dernièrement, il faut aimer le métier. On travaille beaucoup, il y a peu de moments dans la journée où l’on peut souffler, il ne faut pas se laisser déborder : toujours être à jour, ce n’est pas parce que l’on n’a rien à faire qu’il ne faut pas prendre de l’avance et à l’inverse lorsque l’on est débordé, il faut être capable de dire à un donneur d’ordre qu’on a une autre deadline.

 

Aurélien : La première qualité à avoir selon moi c’est la curiosité car en tant que stagiaire on est souvent amené à exécuter des tâches et si on n’est pas curieux, le travail devient de moins en moins intéressant, la progression ralentie de manière exponentielle et les personnes avec qui l’on travaille peuvent vite se rendre compte du manque d’intérêt du stagiaire et donc lui donner des tâches moins importantes. Nous ne sommes pas uniquement là pour faire des slides, si on pose des questions, les analystes nous font davantage confiance car ils nous sentent impliqués. Le deuxième conseil est d’être proactif. Au vu de la charge de travail, le temps est compté, et si l’on peut permettre à son analyste et à soi-même de gagner une heure dans sa journée en prenant de l’avance ou en commençant une tâche qu’il ne nous a pas encore demandé de faire, c’est valorisant et ça permet au stagiaire de gagner la confiance de ses pairs. Cependant, c’est une qualité qui vient avec le temps car sur un premier stage en M&A, on ne connaît pas très bien les process et on a besoin d’être guidé mais avec l’expérience, on peut mieux anticiper et sentir les choses. Enfin, je pense qu’il faut une certaine capacité de travail. En effet, les heures sont longues, la charge de travail peut-être très élevée et si l’on n’est pas capable de rester concentré 15 heures de suite, je pense que ça peut être compliqué.

 

Quels conseils donnerais-tu aux futurs stagiaires en M&A ?

 

Andrea : Je pense qu’il faut prendre les bons réflexes dès le début : imprimer ses sources, prendre les devants, être très poli, être très carré dans les mails, donner une bonne première impression, se montrer souriant et avenant et motivé. Il faut surtout ne jamais se reposer sur ses lauriers, et surtout rester humble. Ce qui a été particulièrement marquant pour moi, c’est que chez Rothschild j’étais dans une promo de rockstars et du coup ça me permettait de garder les pieds sur terre car je savais que j’avais tout à prouver.

Camille : Au début de son stage, il faut se forcer à prendre les bonnes habitudes sans attendre : apprendre rapidement les raccourcis clavier, tenir au courant ses donneurs d’ordre, prendre des notes, écouter. Au début ça prend du temps et de l’énergie, on emmagasine une importante quantité d’informations dans un laps de temps très court mais il faut prendre le pli pour pouvoir par la suite gagner du temps avec les automatismes acquis. Le deuxième conseil que je donnerais c’est d’être très organisé : il faut être très carré dans la prise de notes, bien comprendre ce que l’on nous demande, gérer ses deadlines et surtout communiquer, ne pas hésiter au début du stage à dire « je n’ai pas compris, vous pouvez me réexpliquer » car il n’y a rien de pire que de revenir à son bureau sans avoir compris ce que l’on devait faire.

Aurélien : Premier conseil sans hésiter : le networking, que ce soit par curiosité pour le milieu ou pour se faire des contacts. C’est quelque chose de beaucoup trop sous-estimé je pense. Personnellement, j’ai commencé quand j’étais en deuxième année d’école de commerce et ça m’a permis d’avoir beaucoup plus de facilités lorsque j’ai commencé à chercher des stages. Le deuxième conseil que je donnerais c’est de s’intéresser au monde de la finance : lire des articles de presse économique, des études de marchés, s’intéresser aux différentes sociétés, et pas seulement Hermès ou LVMH mais aussi les petites ou les moins connues ou reconnues, qui constituent le tissu économique. Cela permet d’avoir une certaine connaissance du marché bien utile car en entretien ça peut jouer énormément.

 

LA4Lire aussi : M&A : Analyst, Associate, VP, etc., quel rôle selon votre grade ?

 

Quel est ton ressenti sur cette expérience ?

 

Andrea : A titre personnel j’ai adoré ma césure en M&A. C’était très fatigant, j’étais vraiment épuisé à la fin mais j’ai rencontré des gens brillantissimes, j’ai vu ce que c’était la réalité du monde professionnel, j’ai travaillé sur des dossiers passionnants, j’ai vu que c’était challengeant mais pas surhumain. Finalement j’ai adoré l’ambiance : le M&A c’est une école accompagnée d’un prestige énorme.  Je me projette vraiment dans ce métier car il est en perpétuel mouvement et à mesure que l’on va progresser dans la hiérarchie, le métier va devenir de plus en plus commercial.

 

Camille : Que du positif et c’est pour cela que je me vois poursuivre ma carrière en M&A. J’ai énormément appris, que ce soit sur la méthodologie, le métier ou l’industrie, je suis toujours très stimulée au quotidien. Je pense aussi que c’est l’équipe qui fait tout, une bonne ambiance est vraiment primordiale dans un environnement aussi exigeant que celui de la banque d’affaires. C’est aussi un stage très responsabilisant car je travaille avec des Associates, VP, Director et même parfois des Partners, la proximité avec le top management est très enrichissante.

 

Aurélien : J’ai adoré. DC Advisory a une vraie culture d’entreprise, les personnes qui y travaillent sont bienveillantes et vraiment très sympas. J’y ai passé de très bons moments, que ce soit tard le soir quand la deadline est à 9h00 le lendemain ou en soirée avec eux. Je me suis vraiment beaucoup amusé et épanoui. En ce qui concerne le travail, je trouve avoir eu énormément d’exposition, ce qu’on ne peut pas ou plus retrouver dans la plupart des grandes banques de la place parisienne car les stagiaires doivent partir à 20h ou 22h. On m’a donné beaucoup de responsabilités, ce qui m’a permis d’apprendre et de comprendre beaucoup plus de choses, que ce soit en matière de process ou de technicité, que lors de mes précédents stages. Je le recommande vivement à quiconque souhaitant s’investir et apprendre.

 

Alessandra Petiot, étudiante à Dauphine et contributrice du blog AlumnEye

 


Où postuler en Wealth Management ?

La gestion privée ou banque privée (wealth management) consiste en un service de conseil spécialisé proposé par des établissements financiers à des clients particuliers ou institutionnels qui disposent de moyens financiers et d’un patrimoine importants. Ce type de conseil s’adresse notamment à des investisseurs privés (particuliers aisés, familles fortunées, entrepreneurs ou dirigeants d’entreprise) qui souhaitent développer et structurer à la fois leur capital et leur patrimoine en investissant dans différents véhicules qu’ils soient financiers et/ou immobiliers, tout en optimisant autant que faire se peut l’impact fiscal. Pour ce faire, les établissements qui pratiquent une activité de gestion privée emploient un large panel d’experts qui couvrent l’ensemble des problématiques liées à l’optimisation d’un patrimoine : banquiers privés, avocats, conseillers en gestion de patrimoine, ingénieurs patrimoniaux, experts-comptables, notaires et asset managers.

 

Travailler dans la gestion privée ?

 

Les établissements financiers qui disposent d’une activité de banque privée ou de gestion de patrimoine/de fortune s’organisent selon différentes structures. Il peut s’agir soit d’une division banque privée adossée à un grand groupe bancaire (Société Générale Private Banking, BNP Banque Privée, CA Indosuez Wealth Management, Natixis Wealth Management (groupe BPCE), HSBC Private Banking), d’une banque privée indépendante (Rothschild Martin Maurel, Oddo BHF, Edmond de Rothschild, Lazard Frères Gestion, Neuflize OBC, Banque Hottinguer) ou d’un cabinet indépendant de conseil en gestion de patrimoine (Meeschaert Gestion Privée, Lonlay & Associés, Agora Finance, Herez, Cyrus Conseil, Cheval Blanc Patrimoine, Dauphine Patrimoine).

Ainsi, ces établissements se différencient non seulement par leur taille et leur degré d’indépendance mais également par la clientèle qu’ils conseillent. En effet, chaque banque ou société de gestion privée dessine sa propre stratégie et propose en conséquence une offre adaptée à la clientèle qu’elle souhaite cibler ; on parle alors de segmentation de la clientèle. A ce titre, on peut distinguer quatre principaux niveaux de segmentation des clients fortunés, hiérarchisés selon les seuils d’actifs gérés par le cabinet ou la banque. On trouve premièrement les Upper Affluent qui ont un patrimoine compris entre 100 000 € et 1 000 000 €. Afin de développer leur patrimoine, ces clients s’orientent majoritairement vers les offres « premium » des banques Retail, les sociétés d’assurance ou les cabinets indépendants de conseil en gestion de patrimoine. On relève ensuite les High Net Worth Individuals (HNWI) qui disposent d’un patrimoine jusqu’à 5 000 000 €. Les HNWI constituent généralement une part importante de la clientèle des banques privées qu’elles soient indépendantes ou adossées à des grands groupes bancaires français ou étrangers. Les personnes justifiant d’un patrimoine estimé compris entre 5 000 000 € et 30 000 000 € représentent les Very High Net Worth Individuals (Very HNWI). Cette clientèle très fortunée et exigeante est généralement conseillée par les départements gestion de fortune des banques privées indépendantes et des banques privées rattachées aux banques de réseaux. Enfin, pour les personnes les plus aisées qui jouissent d’un patrimoine supérieur à 30 000 000 €, il existe des family offices. Il s’agit d’organisations externes de personnes au service d’une (mono-family office) ou de quelques familles fortunées (multi-family office). Les family offices emploient des personnes souvent expérimentées avec des compétences larges et pluridisciplinaires. En effet, ces entités requièrent de maintenir une excellente relation avec la ou les familles conseillées. L’activité des family offices s’inscrit dans une vision à long terme : la préservation du patrimoine est transgénérationnelle. Ils proposent des services variés en ligne avec les intérêts patrimoniaux de leurs clients : ingénierie patrimoniale, gestion de portefeuille, transmission, trustees ou gouvernance familiale…

Ainsi, la clientèle traitée, la complexité et l’intérêt des missions peuvent fortement varier selon la structure dans laquelle vous travaillez, que ce soit en tant que stagiaire ou en CDI.

 

LA4Lire aussi : Qu’est ce que la Gestion de Patrimoine ?

 

Structure à taille humaine et indépendance versus grand groupe bancaire : avantages et inconvénients

 

Comme nous l’avons vu, chaque établissement de gestion privée développe sa propre stratégie en fonction des expertises métier dont il dispose et de la clientèle qu’il désire conseiller. En tant que candidat à un stage ou à un poste en CDI, il est légitime de s’interroger quant à la société que l’on souhaite intégrer en fonction de l’orientation que l’on veut donner à son parcours en école ou à sa carrière.

En intégrant un cabinet indépendant de conseil en gestion de patrimoine, vous bénéficierez premièrement des avantages d’un cabinet à taille humaine, en particulier une proximité entre les équipes de conseillers, les analystes et les associés.  Dans ces sociétés, les équipes sont réduites, de quelques-uns à quelques dizaines de conseillers maximum. Le cabinet profite donc en général d’une grande adaptabilité et d’une flexibilité importante, lui permettant de traiter des clients assez variés tant par leur niveau de richesse que par les problématiques patrimoniales. Vous aurez donc l’opportunité de rencontrer de nombreux clients très différents dans leur parcours : particuliers souhaitant se constituer un patrimoine immobilier et/ou financier, cadres supérieurs, entrepreneurs avec des problématiques de transmission et d’optimisation fiscale, sportifs de haut niveau et héritiers voulant structurer une succession… Aussi, la formation continue des collaborateurs est au centre des préoccupations dans les cabinets de gestion de patrimoine. En rejoignant par exemple des cabinets parisiens comme Lonlay & Associés ou Agora Finance, vous commencerez généralement votre stage ou période d’essai par une formation générale spécifique au métier de conseiller en gestion de patrimoine : fiscalité, droit, marchés financiers, savoir-être et stratégies commerciales… Et, tout au long de votre parcours, vous participerez à des formations de ce type afin de vous maintenir à jour, notamment des dernières dispositions fiscales et juridiques. Par conséquent, vous serez en capacité de conseiller des clients avec des besoins patrimoniaux particuliers en vous appuyant à la fois sur les outils et solutions offerts par le cadre légal et fiscal en vigueur et sur les produits que le cabinet met à disposition de la clientèle. Ces derniers constituent l’avantage majeur des cabinets de gestion de patrimoine : l’indépendance dans les conseils prodigués et les produits financiers proposés. Les sociétés indépendantes de gestion privée travaillent ainsi en architecture ouverte, c’est-à-dire qu’elles sélectionnent des produits selon les besoins de leurs clients et les stratégies d’investissement qu’ils souhaitent développer. La sélection des fonds se fait auprès de sociétés de gestion d’actifs et de fonds qui agissent comme des tierces parties, fournissant ainsi des services d’investissement.

Si vous êtes étudiant en année de césure, le choix de s’orienter vers la division banque privée adossée à une grande banque de réseau comme Société Générale, BNP ou Crédit Agricole peut s’avérer pertinent pour ajouter une expérience notable à votre CV. Ces grands établissements bancaires bénéficient des économies d’échelles et notamment des outils digitaux qu’ils créent lors de leurs développements Retail. Ils disposent également d’offres segmentées adaptées aux différents niveaux de clients qu’ils conseillent : clients patrimoniaux, Upper Affluent en banque privée ou HNWI et Ultra-HNWI qui sont conseillés par le département gestion de fortune. En fonction de votre poste, vous serez donc amené à travailler sur différents dossiers plus ou moins stratégiques. En intégrant une banque privée rattachée à une grande banque de réseau, vous bénéficierez, comme pour les cabinets de gestion de patrimoine, de formations régulières sur les différents domaines de la gestion privée. Vous aurez également l’opportunité d’assister les conseillers en gestion de patrimoine et les banquiers privés lors de leurs rendez-vous clients et vous aurez ainsi l’occasion de voir énormément de clients, ce qui vous permettra notamment de développer vos qualités relationnelles. Néanmoins, il existe quelques inconvénients à ce type de banque malgré l’expérience que cela peut apporter à votre CV. Premièrement, vous serez cantonné à vendre des solutions et conseiller les clients sur des produits « maison » et donc votre marge de manœuvre sera limitée aux seules offres développées par la banque. Enfin, en fonction du segment de clientèle que vous conseillez, les missions peuvent parfois être redondantes ou peu intéressantes, ce qui vaut aussi pour les cabinets indépendants de gestion de patrimoine : demande de financement et crédits basiques, investissement immobilier simple, gestion de compte…

In fine, une autre opportunité s’offre à vous, celle des banques privées indépendantes. Ces banques prestigieuses dont la réputation en matière de gestion de fortune n’est plus à prouver agrémenteront certainement votre CV grâce à une expérience à la fois très exigeante et enrichissante. En intégrant une banque privée comme Edmond de Rothschild ou Lazard Frères Gestion, vous serez entouré d’experts (banquiers privés, ingénieurs patrimoniaux notamment) et apprendrez énormément lors des différentes missions qui vous seront confiées. En tant qu’analyste vous serez certainement amené à réaliser des pitchs d’investissement avec un degré d’exigence similaire à celui attendu en M&A, des missions de développement du portefeuille client, de l’analyse financière et de portefeuille, de la sélection de fonds. Un autre atout de ces banques privées indépendantes est leur proximité avec les autres départements (notamment ceux du Corporate Finance), en particulier s’ils appartiennent à un groupe financier plus important. Vous travaillerez donc possiblement en coopération avec le M&A afin d’identifier de potentiels deals à venir et par conséquent la génération de nouvelles fortunes. Enfin, au regard de leur accessibilité en matière d’actifs à placer, ces établissements de renom conseillent principalement des familles très fortunées. Travailler dans une telle banque vous permettra potentiellement de faire de belles rencontres. Néanmoins, celles-ci resteront rares. Du fait du nombre restreint de clients conseillés et du haut niveau d’exigence et de complexité des besoins patrimoniaux, vous serez sans doute moins en contact direct avec la clientèle.

 

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Vous trouverez à présent une liste non exhaustive de sociétés de gestion privée présentes en France

 

Banque privées rattachées à des banques de réseau

 

  • Société Générale Private Banking

A la Société Générale, les activités de la Banque de grande clientèle et des solutions investisseurs regroupent notamment la Gestion d’Actifs (via la filiale détenue à 100% Lyxor Asset Management) et la Banque Privée qui sont étroitement liées. La division banque privée exerce sous la marque Société Générale Private Banking. Elle constitue un acteur majeur de la gestion privée en France, avec une présence marquée sur le territoire grâce au développement des 80 implantations au sein des plus grandes villes françaises. Depuis janvier 2014, la banque a opéré une réorientation stratégique de son modèle d’affaires en développant, en collaboration étroite avec la banque de détail, son offre patrimoniale à destination des clients particuliers disposant de plus de 500 000 euros d’actifs. Outre sa présence marquée dans l’Hexagone, le groupe est bien implanté à l’étranger notamment en Europe, en Afrique/Moyen-Orient et en Asie. SG Private Banking offre ainsi ses services dans 16 pays. Afin de consolider son modèle dans le cadre du plan stratégique 2016-2020 « Transform to Grow », la banque s’est restructurée en cédant notamment en 2018, ses activités de banque privée en Belgique à la banque néerlandaise ABN AMRO. Fin 2018, les encours d’actifs sous gestion de la Banque Privée de SG s’élevaient à 113 milliards d’euros, en baisse de 5 milliards par rapport à N-1. A la même période, la Gestion d’Actifs et la Banque Privée représentait 11% du PNB.

 

  • CA Indosuez Wealth Management

Indosuez Wealth Management gère l’ensemble des services en gestion de fortune du groupe Crédit Agricole dont elle est la filiale à 100%. La division est intégrée à la banque de financement et d’investissement Crédit Agricole CIB. L’activité de CA Indosuez s’organise en six aires géographiques que sont l’UE, l’Europe de l’Est, l’Asie, le Pacifique, le Moyen-Orient et les Amériques. Elle dispose d’un réseau international d’une trentaine de points de contact. A fin 2017, la filiale employait 3 110 personnes pour 118,3 milliards d’actifs sous gestion et un PNB de 765,3 millions d’euros.

 

  • BNP Banque Privée

BNP Paribas, première banque privée en France, met à disposition des centres de gestion privée auprès des clients disposant de plus de 250 000 euros d’actifs financiers ainsi que des sites de gestion de fortune pour les clients dont le patrimoine financier est supérieur à 5 millions d’euros. La division Wealth Management de BNP emploie 7 000 collaborateurs à travers le monde et gère environ 361 milliards d’actifs. Afin de se consolider à la fois sur les marchés luxembourgeois et européen, BNP Paribas a fait l’acquisition du néerlandais ABN AMRO Bank Luxembourg pour les activités banque privée et assurance. La banque a également pour objectif de conquérir les marchés allemands de la grande clientèle : les HNWI et UHNWI ainsi que les entrepreneurs du Mittelstand.

 

  • Natixis Wealth Management

Filiale du groupe BPCE, le pôle Gestion de Fortune de Natixis Wealth Management cible deux segments de clientèle : la clientèle patrimoniale de la banque de réseau BPCE et de Natixis et les clients directs qu’ils soient de grands investisseurs privés, des entrepreneurs ou des familles. Entre 2017 et 2018, la banque privée a fait le choix d’un repositionnement en se concentrant sur les HNWI pour son métier de gestion de fortune. Fin 2018, les encours d’actifs gérés par Natixis Wealth Management s’élevaient à 26 milliards d’euros, en progression de 3% par rapport à 2017.

 

LA4Lire aussi : Quel avenir pour les banques privées ?

 

 

Banques privées indépendantes

 

  • Rothschild Martin Maurel (Rothschild & Co)

En 2016, le groupe Rothschild & Co a acquis la banque familiale Martin Maurel afin de se renforcer dans ses activités de banque privée. La banque ainsi formée est devenue l’une des plus importantes banques privées indépendantes en France. Le conseil en gestion de fortune est historiquement une spécialité de la famille Rothschild. Cette dernière jouit donc d’une excellente réputation dans le domaine. Rothschild & Co exerce ses activités de banque privée et de gestion d’actifs en Europe de l’ouest, en Asie et aux Etats-Unis. Au 31 mars 2017, la division banque privée et gestion d’actifs de Rothschild & Co disposait de 66,6 Mds d’actifs sous gestion avec une collecte nette de 1,2 Mds sur l’année fiscale 2016/2017.

 

  • Lazard Frères Gestion

Fondé en 1848, le Groupe Lazard est spécialisé dans le conseil financier et l’asset management. Lazard exerce son métier de gestion d’actifs dans 17 pays sur les principaux continents. La maison de Paris, Lazard Frères Gestion, a été créée en 1995 avec l’objectif de constituer « un spécialiste de la gestion d’actifs avec une double culture française et internationale ». La branche Lazard Frères Gestion est présente à Paris, Lyon, Bordeaux, Nantes et Bruxelles et gère plus de 22 milliards d’euros d’actifs pour le compte de clients privés et institutionnels.

 

  • Oddo BHF

Oddo BHF est un groupe financier franco-allemand créé en 1849. La banque est présente dans 3 métiers différents que sont la banque de financement et d’investissement, la banque privée et la gestion d’actifs. En ce qui concerne la banque privée, Oddo BHF dispose de 30 milliards d’euros d’encours sous gestion et emploie 400 collaborateurs au sein d’agences à la fois en France, en Allemagne et en Suisse.

 

 

  • Neuflize OBC

La banque Neuflize OBC est une filiale à 99,90% de la banque néerlandaise ABN AMRO, dont le capital est en parti détenu par l’Etat néerlandais. La banque Neuflize OBC conseille ses clients sur leurs problématiques patrimoniales à la fois dans des bureaux en France (Strasbourg, Bordeaux, Toulouse, Lille, Nantes, Nice, Marseille et Lyon) mais également à l’international via le réseau d’ABN AMRO.

 

 

  • Edmond de Rothschild

Le groupe Edmond de Rothschild (à ne pas confondre avec Rothschild & Co dirigé par David puis Alexandre de Rothschild) est un groupe financier dont le siège social est à Genève sous la Présidence de Ariane et Benjamin de Rothschild. Edmond de Rothschild a pour principales activités la banque privée et la gestion d’actifs. Il emploie 2700 collaborateurs dans 15 pays et 32 implantations. Au 31 décembre 2018, la branche française d’Edmond de Rothschild gérait 53,5 milliards d’euros répartis comme suit : 15,1 milliards d’euros pour la banque privée et 38,4 milliards d’euros pour la gestion d’actifs.

 

 

  • Banque Hottinguer

La banque Hottinguer est l’une des dernières banques privées indépendantes en France dont le capital est encore majoritairement détenu par la famille fondatrice. L’établissement bancaire éponyme a été fondé en 1786 par Jean-Conrad Hottinguer. Aujourd’hui, la banque opère dans trois principaux métiers à savoir la banque privée, la gestion d’actifs et la banque d’affaires. La banque Hottinguer emploie environ 40 collaborateurs pour la gestion privée et gère environ 2 milliards d’euros d’actifs.

 

Cabinets de conseil en gestion de patrimoine/ de fortune ayant une présence significative en France

 

  • Meeschaert Gestion Privée

Le Groupe Meeschaert a été créé en 1935. Le groupe, dont l’actionnariat est majoritairement familial s’est spécialisé dans quatre métiers : la gestion privée, le family office, la gestion d’actifs et le private equity. Il emploie plus de 200 collaborateurs répartis dans neufs bureaux en France et un à New-York. Au 31 décembre 2018, il gérait et supervisait 6 milliards d’euros d’actifs.

 

  • Cyrus Conseil

Le groupe Cyrus Conseil est créé en 1989. Il représente aujourd’hui l’un des leaders de la gestion de patrimoine en France avec 4000 familles conseillées. Le groupe est détenu à 100%

par les managers associés et les collaborateurs. 65 conseillers en gestion de patrimoine opèrent dans les 3 métiers clés de la gestion privée : le conseil en gestion de patrimoine via Cyrus Conseil, le conseil en investissement immobilier avec Eternam et la gestion financière sur-mesure par le biais d’Invest AM.

 

  • Lonlay&Associés

Créé en 2004, Lonlay & Associés est un cabinet de conseil en gestion de patrimoine relativement jeune. L’établissement connait néanmoins une croissance significative depuis sa création et conseille aujourd’hui plus de 6 500 familles pour 1,2 milliards d’euros d’encours sous gestion. Le cabinet emploie une quarantaine de collaborateurs ; un nombre en constante augmentation puisqu’il publie régulièrement de nombreuses offres à la fois en stage et CDI afin de soutenir son développement.

 

 

  • Herez

Herez est un cabinet spécialisé en gestion privée, gestion de patrimoine, gestion de fortune et Family office. Depuis plus de 20 ans, il accompagne ses clients dans l’optimisation de leur patrimoine. Régulièrement cité en référence par la presse spécialisée, le cabinet jouit d’une très bonne réputation dans le domaine de la gestion privée.

 

 

  • Cheval Blanc Patrimoine

Cheval Blanc Patrimoine est un cabinet indépendant de gestion privée fondé par deux associés, passés auparavant par de grandes sociétés aussi bien dans la gestion de patrimoine, que dans l’immobilier ou la gestion de portefeuille. Le cabinet emploie quelques dizaines de collaborateurs répartis en pôles (Opérations de banque, Investissement immobilier, Gestion de patrimoine et Transactions immobilières) qui opèrent depuis 4 sites en France métropolitaine (Paris, Versailles et Bordeaux) et en Outre-mer (Ile de la Réunion). La présence d’équipes pluridisciplinaires encadrées par les associés fait de Cheval Blanc Patrimoine un cabinet capable de traiter l’ensemble des problématiques liées à la constitution ou à l’optimisation d’un patrimoine.

 

Yael Jacob, contributeur du blog Alumneye

 


Avant de monter sa propre agence immobilière digitale, Stanislas de Dinechin a d’abord fait de la finance : Private Equity chez XAnge puis Bpifrance et Transaction Services chez Eight Advisory. Toutes ses expériences lui ont permis d’avoir le recul nécessaire pour se lancer dans l’entrepreneuriat et créer Hosman en 2017.

Stanislas nous explique dans cette interview en quoi consiste le Transaction Services, comment intégrer cet univers, et à quelles difficultés on fait face quand on devient entrepreneur.

 

Pouvez-vous nous décrire votre parcours ?

 

Diplômé du Master 225 de l’université Paris Dauphine, j’ai commencé ma carrière en finance en enchainant plusieurs postes : Private Equity Analyst chez XAnge puis Bpifrance, Transaction Services et restructuring chez Eight Advisory. Ensuite, je me suis lancé dans l’entreprenariat. Je suis parti travailler chez Jumia, l’« Amazon africain ». Je manageais des équipes sur le terrain dans plusieurs pays africains – Nigéria, Kenya, Sénégal – et au Pakistan. Puis, je suis passé Managing Director donc je dirigeais toute la partie East Africa de Jumia. Enfin, en 2017, j’ai créé ma propre entreprise immobilière, Hosman.

 

Pour bien comprendre, pouvez-vous nous expliquer le rôle d’une équipe de TS et le genre de missions sur lesquelles elle intervient ?

 

Au sens large, l’équipe de Transaction Services a pour objectif de donner du sens aux chiffres et aux métriques financières de leurs clients afin de les conseiller. Les clients sont des Corporate ou des fonds de Private Equity.

Il existe plusieurs branches dans le Transaction Services :

  • Le Transaction Services pur qui consiste à conseiller un client sur une opération d’acquisition ou de cession en rédigeant des due diligences i.e. des rapports sur les chiffres de l’entreprise target : buy side/vendor due diligence.
  • Le restructuring qui consiste à conseiller une entreprise en difficulté. Les métriques financières sont ici utilisées pour sauver l’entreprise. Le conseiller intervient comme un médecin urgentiste à un moment critique pour l’entreprise.
  • L’évaluation et la modélisation qui consistent à valoriser et pricer des entreprises.

Les consultants en Transaction Services peuvent également intervenir sur des missions ponctuelles comme l’identification des métriques d’une activité particulière d’une entreprise. Ces opérations interviennent lorsqu’une entreprise souhaite se séparer d’une seule activité seulement. Le Transaction Services est un métier très intéressant car il est non seulement lié à la finance mais également aux contraintes stratégiques et opérationnelles des entreprises pour donner du sens aux chiffres financiers.

 

LA4Lire aussi : Faire carrière en M&A : les conseils d’Irakli, ex-banquier chez Rothschild

 

Il est généralement difficile de décrocher un stage en Transaction Services en 1ère partie de césure, comment expliquez-vous cela ? Quelles qualités recherche-t-on chez un candidat ?

 

La difficulté de trouver un stage en 1ère partie de césure est présente quel que soit le secteur choisi car le problème vient du fait que le candidat n’est pas opérationnel tout de suite et le former pour seulement 6 mois représente un gros investissement. Ainsi, il est toujours plus facile de décrocher un stage en 2ème partie car le candidat est formé.

Les qualités requises sont un bon esprit analytique et beaucoup de rigueur car on traite avec beaucoup de chiffres. Il faut être curieux et avoir envie d’apprendre car pour donner du sens aux chiffres il faut creuser de nombreux sujets. Le candidat doit également être très travailleur comme dans tous les métiers de la finance. Enfin, le plus est d’avoir un gros capital sympathie car on travaille beaucoup en équipe donc bien s’intégrer dans celle-ci est essentiel. Une des questions qu’un recruteur se pose face à un candidat est : est-ce que je me vois travailler avec ce gars-là ?

 

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En finance, vous avez fait du Private Equity et du Transaction Services. Pourquoi pas du M&A ?

 

Je n’ai pas choisi le M&A car je voulais donner du sens au métier que j’allais faire. En Private Equity, j’investissais dans des entreprises mais j’accompagnais également l’entrepreneur dans ses stratégies de croissance. De même, en Restructring, j’intervenais dans des phases critiques de l’entreprise pour la sauver. J’avais l’impression de créer plus de valeur en travaillant en PE ou en Restructuring qu’en M&A. De plus, je pense que le Transaction Services est plus pragmatique que le M&A ce qui m’a plus servi dans ma carrière d’entrepreneur.

 

Ensuite vous êtes parti chez Jumia, le « Amazon africain », quelles ont été les raisons de ce revirement de carrière ?

 

Il y en a plusieurs. Je faisais de la finance et du conseil pour me former mais je savais que je n’en ferais pas toute ma vie. J’ai toujours voulu devenir entrepreneur et chez Jumia, on est justement formé aux meilleures techniques de l’entrepreneuriat. De plus, j’aimais l’idée de partir dans un pays émergeant pour y créer des business. Cette expérience m’a permis de sortir des sentiers battus de Paris. Enfin je voulais plus créer que conseiller comme c’était le cas en finance. Derrière chaque entrepreneur se cache une envie de concret.

Vous avez beaucoup travaillé en Afrique, à Nairobi notamment, comment c’était ? Auriez-vous une anecdote à nous raconter ?

C’était absolument passionnant ! Il y a une énergie extraordinaire en Afrique du fait de ses perspectives de développement. Dans un pays développé, beaucoup de choses sont faites alors qu’en Afrique, beaucoup de choses sont à faire. Travailler en Afrique c’est avoir le sentiment d’être un pionnier de l’entrepreneuriat.

J’ai pleins d’anecdotes à vous raconter, en voici quelques-unes selon les pays dans lesquels j’ai travaillé. À Nairobi, au retour des beaux jours après une saison de pluie, j’ai retrouvé mon bureau envahi d’un nuage d’insectes. Au Nigéria, je me souviens être arrivé au bureau sans que personne ne soit là ; j’ai finalement compris qu’à cause de la saison des pluies, tout le monde était tombé malade de la malaria.  À Dakar, il ne pleut tellement jamais que dès que la pluie arrive, tout le monde se met à danser et à chanter.

 

Finalement vous avez décidé de vous lancer dans l’entreprenariat en créant Hosman, une start-up immobilière. Comment vous est venue cette idée ?

 

L’idée est venue assez simplement d’une expérience d’acheteur. En achetant mon bien immobilier, j’ai découvert à quel point les agences immobilières étaient chères alors qu’elles utilisent des techniques dépassées. Je voulais créer une entreprise, il me manquait juste l’idée. En 6 mois je suis passé de cette idée de révolutionner le monde immobilier à un business plan concret pour créer Hosman. L’immobilier est un univers à la fois challenging et sensé car on rend service aux personnes qui cherchent à acheter. Le besoin de se loger est un besoin fondamental.

 

De nombreux lecteurs de notre blog sont de jeunes actifs qui se posent la question de l’investissement immobilier, une étape importante dans une vie. Un conseil d’expert pour eux ?

 

L’investissement immobilier c’est juste une question de timing. Mon conseil serait d’investir le plus tôt possible. C’est d’autant plus intéressant que les taux sont très bas en ce moment donc les investisseurs peuvent bénéficier d’un effet de levier important.

Pour investir il faut :

  • Le faire le plus rapidement possible
  • Avoir du bon sens
  • S’endetter significativement pour avoir un effet de levier
  • Optimiser son rendement à la vente

Qu’est-ce qui vous manque le plus/le moins dans votre carrière en Transaction Services ?

 

Ce qui me manque le plus c’est l’esprit de corps et la bonne ambiance du cabinet de conseil en TS. Au contraire, ce qui me manque le moins c’est le peu de prise de responsabilité. Personnellement, je trouve que la reconnaissance sociale et les salaires émanant des métiers de la finance sont bien trop importants comparé à la réelle création de valeur de ces métiers.

 

LA4Lire aussi : Le Private Equity raconté par un Directeur d’Investissement

 

Avez-vous des conseils pour nos lecteurs souhaitant s’orienter vers une carrière en Transaction Services/Private Equity ?

 

Quel que soit le métier de la finance que l’on souhaite faire, l’étape préalable est de se préparer à fond afin de décrocher des entretiens et les réussir. Mon vrai conseil c’est d’oser. Il faut arrêter de se dire que nos chemins sont déjà tracés car ce n’est pas le cas, tout est possible, il faut seulement oser.

 

Ariane Guillaume, étudiante à l’EDHEC Business School et Responsable Editorial du blog AlumnEye

 

Le Luxembourg, futur hub financier européen ?

Alors que les conditions pour le Brexit ne sont toujours pas fixées et que l’échéance est régulièrement reportée, de nombreux journalistes et professionnels du secteur financier tentent de prédire la grande capitale européenne qui tirera parti de la sortie de l’UE du Royaume-Uni. Les places financières de Paris et Francfort apparaissent fréquemment comme les premiers points de chute pour les institutions financières établies à Londres. Néanmoins, selon Nicolas Mackel – CEO de l’agence de développement de la place financière Luxembourg for Finance – le Luxembourg pourrait bien ressortir comme l’un des principaux gagnants du Brexit. Le pays présente les avantages d’une « stabilité économique, politique et sociale », « du caractère international de la place » et du support « des autorités à l’égard des acteurs financiers ». En tout cas, le Grand-Duché ne manque pas d’atouts et avance de réelles opportunités de carrière dans la finance. 

 

Luxembourg, centre névralgique européen pour la gestion privée

 

Depuis plusieurs décennies, le Luxembourg offre des services d’expertise en matière de banque privée et de gestion de patrimoine. Du fait de sa situation géographique privilégiée, le Grand-Duché bénéficie d’avantages concurrentiels majeurs qui en font une plateforme européenne et transfrontalière de référence dans le secteur de la gestion privée. La place luxembourgeoise agit comme guichet unique pour la gestion de patrimoine, en concentrant un ensemble de savoir-faire et produits nécessaires pour servir une clientèle internationale. En particulier, le Luxembourg emploie de nombreux professionnels et spécialistes qui lui permettent de répondre à des problématiques patrimoniales complexes, souvent dans un contexte de multiples juridictions. L’offre se concentre notamment sur :

  • Le conseil en investissement financier
  • La gestion d’actifs
  • La stratégie patrimoniale
  • La gestion immobilière
  • Les successions et transmissions
  • Le family office
  • La philanthropie

À titre illustratif, depuis 2008, le secteur de la banque privée au Luxembourg a affiché 35% de croissance. En 2019, il comptabilise 360 milliards d’euros d’actifs sous gestion et 42% des actifs des clients conseillés proviennent de pays non européens.

Les clients cherchent avant tout au Luxembourg selon Jeanne Duvoux – Directrice de Société Générale Private Banking Luxembourg – « une stabilité et des moyens de diversification ».  Cette clientèle comprend notamment des entrepreneurs qui se sont structurés à l’international avec des filiales dans différents pays et qui sont à la recherche d’un point d’ancrage au Luxembourg. Il s’agit également de grands patrimoines qui cherchent une diversification au risque pays en particulier pour des raisons géopolitiques, et qui vont donc trouver au Luxembourg des moyens de sécuriser leurs actifs. Ces familles fortunées sont très bien organisées, de manière presque professionnelle, et se structurent souvent sous la forme de family office. Elles souhaitent ainsi trouver au Luxembourg des services à forte valeur ajoutée pour aider leur family office à structurer leur capital. Les banques privées présentes au Grand-Duché s’adressent donc également aux intermédiaires financiers et juridiques – fiduciaires et family offices en particulier – dans le cadre d’une relation BtoB afin de proposer des solutions patrimoniales complètes.

 

Si le Luxembourg attire autant les grandes fortunes internationales, c’est parce qu’il profite d’une grande stabilité économique et politique. Le gouvernement plutôt « pro-business » et réactif favorise une transposition rapide des directives européennes. Il assure une orientation positive des règlementations en faveur des activités financières. Le Luxembourg offre aussi une expertise de très grande qualité, la fameuse « boite à outils » luxembourgeoise qui fournit les instruments appropriés en termes de structuration du patrimoine.  Chaque client peut ainsi trouver une solution adaptée à son cas, en fonction de son pays de résidence et de son organisation patrimoniale.  Par conséquent, le pays jouit d’une concentration d’expertises (spécialistes en investissements, intermédiaires financiers, fiduciaires, avocats, experts-comptables) et d’une grande ouverture du fait de sa taille, qui permet de conseiller les clients sur des sujets multi-juridictionnels, avec des compétences fiscales et une capacité à traiter les clients selon leur langue d’origine et les spécificités de leur pays de résidence.  Le Luxembourg est donc un hub idéal pour une banque privée qui souhaite se développer sur une clientèle internationale, en fonctionnant comme une plateforme qui utilise l’ensemble de l’écosystème luxembourgeois. Ainsi, beaucoup de banques se structurent à partir du Luxembourg autour d’organisations plus légères comme des bureaux de représentation ou des succursales qui permettent d’avoir des points de contact avec les clients, de comprendre les spécificités du pays tout en utilisant les capacités de la banque au Luxembourg. Par exemple, Société Générale Private Banking Luxembourg a ouvert un bureau de représentation à Milan en 2017 et à Francfort cette année car l’Allemagne se dessine comme le marché le plus important pour la gestion de fortune en Union Européenne. Enfin, la présence d’équipes internationales fortement qualifiées, le déploiement de solutions technologiques avancées et le large portefeuille d’expertises disponibles au Luxembourg en font clairement le leader européen de la gestion de fortune.

 

LA4Lire aussi : Qu’est ce que la Banque Privée (Private Banking) ? Interview AlumnEye

 

Le Luxembourg, berceau des fonds d’investissement, des fonds alternatifs et des fintechs

 

En outre, le Luxembourg permet aux investisseurs privés et institutionnels d’ouvrir leurs investissements à d’autres classes d’actifs comme l’immobilier, l’art, la philanthropie mais également le private equity et les fonds d’investissement internationaux.

Pionnier dans la mise en place des règlementations européennes applicables aux fonds, le Luxembourg joue un rôle fondamental dans l’administration des fonds. La place luxembourgeoise favorise particulièrement l’ouverture des fonds à l’international et donne accès à ces investissements aussi bien aux clients privés fortunés qu’aux institutionnels européens. Les fonds qui sont domiciliés au Luxembourg sont répartis sur de nombreuses zones géographiques, en particulier l’Europe, l’Asie et l’Amérique Latine. Les plus grandes sociétés de gestion d’actifs (par exemple M&G Investments, Janus Henderson) opèrent pour leurs fonds internationaux depuis Luxembourg. Le Grand-Duché offre un éventail large de compétences dans ce domaine et dispose notamment d’une « boite à outils » propre à l’administration des fonds. Parmi ces outils, on trouve par exemple :

– Les OPCVM (organismes de placement collectif en valeurs mobilières) – fonds réglementés qui s’adressent aussi bien aux clients particuliers qu’aux investisseurs

– Les FIS (fonds d’investissement spécialisés) – créés en 2007 par le Luxembourg, ce sont des fonds réservés aux institutionnels et aux investisseurs avertis, ils ont pour atout leur grande souplesse tant du point de vue de la formation que de l’utilisation des véhicules d’investissement

– La SICAR (société d’investissement en capital-risque) – fonds spécialisés dans le private equity

– Les OPC (organismes de placement collectif) – fonds réglementés qui investissent pour le compte d’un grand nombre d’épargnants

– Le FIAR (fonds d’investissement alternatif réservé) – nouveau fonds voté en 2016 au Luxembourg qui présente des caractéristiques proches du FIS (fonds d’investissement spécialisé) mais bénéficie également d’une grande flexibilité car moins règlementé et d’une grande rapidité de lancement.

Ainsi, d’après la CSSF (Commission de Surveillance du Secteur Financier), les actifs sous gestion dans les fonds d’investissement au Luxembourg s’élevaient à 4300 milliards d’euros. Le Luxembourg s’illustre particulièrement dans les organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPVCM). Fin juin 2018, le Luxembourg détenait environ 36% de parts de marché dans les OPCVM européens, totalisant 3,5 milliards d’euros d’actifs sous gestion. Les fonds des OPCVM luxembourgeois jouissent de leur orientation très internationale et du haut niveau de protection qu’ils offrent aux investisseurs. Cette caractéristique émane notamment de décisions politiques favorisant le business puisque le Luxembourg fut le premier pays en 1988 à intégrer les directives relatives aux OPCVM dans le cadre de son droit national.

Le Grand-Duché occupe également une place de choix pour les sociétés de gestion de fonds alternatifs, qu’il s’agisse du capital-investissement, du capital-risque, des fonds spéculatifs ou des fonds immobiliers. La présence d’institutions renommées comme 3i, Blackstone, et The Caryle Group confirme la domination croissante du Luxembourg dans l’administration de fonds alternatifs. L’écosystème financier du pays a permis l’émergence de structures qui facilitent les acquisitions de capital-investissement et d’actifs immobiliers. Les fonds alternatifs font preuve également d’une grande adaptabilité dans un contexte transfrontalier avec des juridictions différentes. Le degré élevé de réglementation garantit un environnement de gestion sain pour les fonds alternatifs. L’entrée en vigueur en 2013 de la directive relative aux gestionnaires de fonds d’investissement alternatifs (Alternative Investment Managers Directive) renforce particulièrement le rôle du Luxembourg en tant que plateforme globale de gestion alternative et confirme la qualité des règlementations pour ces types d’investissement.

Enfin, en ce qui concerne les fintechs, le Luxembourg représente une véritable passerelle pour les sociétés étrangères désireuses de se développer sur les marchés européens. Le Luxembourg abrite notamment les sièges de grandes entreprises de paiement électronique et d’e-commerce telles qu’Amazon, Rakuten et Paypal. Une plateforme nationale dédiée aux fintechs, la LHoFT (Luxembourg House of Financial Technology) a pour objectif d’animer le secteur des fintechs en stimulant l’innovation par le biais des projets de coopération, en favorisant l’intégration des sociétés internationales en collaboration avec les régulateurs et en participant au développement des différentes sources de financement.

 

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Perspectives offertes par le Brexit pour la Place Luxembourgeoise ?

 

Quelles que soient les issues négociées pour le Brexit, les institutions financières doivent se préparer à relocaliser certaines de leurs activités afin d’anticiper la perte de leurs droits relatifs au passeport financier européen. Le Luxembourg a annoncé l’arrivée de 52 institutions financières qui ont décidé d’y placer stratégiquement certaines de leurs activités. Parmi ces établissements, on compte 25 gestionnaires d’actifs (dont Jupiter Asset Management par exemple), 13 sociétés d’assurance (AIG, Hiscox), 8 banques (renforcement de JP Morgan Chase) et 6 entreprises de services de paiement (Alipay, Revolut). Ces arrivées ne bouleversent pas fondamentalement le secteur financier au Luxembourg mais elles confirment bien entendu qu’il est l’une des places fortes en Europe pour la finance. En particulier pour certaines activités dont la gestion de fortune, l’administration de fonds d’investissement, les assurances et les services de paiement.

L’importance de ces relocalisations donne de nouvelles perspectives à la place financière luxembourgeoise non pas tant par le nombre de firmes qui prévoient de s’y installer que par les potentiels développements que ces entreprises vont exporter au Luxembourg dans leurs différents domaines de prédilection. Ces changements stratégiques ne feront que renforcer l’écosystème financier de la Place. Dans le secteur des fonds par exemple, un certain nombre d’entreprises n’ont pas seulement renforcé leurs activités existantes, elles y ont également développé de nouveaux services en particulier des services de conseils en investissement financier en lien avec les entrées en vigueur des réglementations MIFID2. L’importance prise par le Luxembourg est également soulignée dans le domaine du capital-investissement et du capital-risque.

Certaines sociétés de private equity (comme le géant suédois EQT) ne considèrent plus seulement le Luxembourg pour des fonctions administratives mais également pour la prise de décisions. Elles ont en effet déplacé ces fonctions stratégiques de Londres vers Luxembourg. C’est notamment l’un des messages que souhaite faire passer Rajaa Mekouar-Schneider – Présidente de Luxembourg Private Equity & Venture Capital Association – car selon elle, « le Luxembourg est désormais un hub pour le private equity à l’échelle européenne. Les acteurs du secteur n’y viennent plus seulement pour des structures d’administration, on y trouve aussi de plus en plus d’équipes qui prennent les décisions d’investissement et affichent une vraie substance ».

Ainsi, en tant que solution alternative post-Brexit, le Luxembourg pourrait bien se positionner pour devenir l’un des grands acteurs de la finance européenne. Cette potentielle montée en puissance de la place luxembourgeoise sera source d’opportunités pour des carrières en finance.

 

LA4Lire aussi : Où vont les banques après le Brexit ?

 

Luxembourg : quelles opportunités de carrière en finance ?

 

La croissance exponentielle du private equity au Luxembourg et l’accélération des levées de fonds avant le Brexit ont considérablement dopé les perspectives de recrutement, et en particulier dans ce domaine. Les mouvements et les relocalisations de firmes londoniennes vers le Luxembourg contribueront au développement des activités financières de prédilection du Luxembourg et seront créatrices de perspectives d’emploi. Dans le contexte du Brexit, les fonds d’investissement et les asset managers entrent en concurrence pour attirer les talents. Entre janvier et octobre 2018, les offres d’embauches dans le private equity au Luxembourg, qui emploie déjà 6 000 professionnels environ, ont atteint un sommet à 900 demandes. Avant, il s’agissait principalement d’emplois dans le back-office. À présent, des opportunités existent aussi dans la compliance, le risque et de plus en plus dans les métiers liés à l’investissement.

Il est vrai que le Luxembourg offre de nombreux avantages pour une carrière en finance. Parmi les points forts de la place luxembourgeoise, on peut citer en premier lieu la stabilité économique, politique et sociale. Dans le cadre du renforcement des règlementations européennes, le Luxembourg confirme son leadership dans certains secteurs financiers, en particulier la gestion de fortune, la gestion d’actifs et les fonds d’investissements et alternatifs mais aussi la compliance et le risk management.  Le pays démontre aussi un environnement de travail international, idéal pour développer sa carrière en finance. La présence d’équipes multiculturelles en fait un pays multilingue avec l’anglais comme langue dominante. Finalement, le Grand-Duché offre, dans une région transfrontalière, un cadre de vie plutôt agréable avec des salaires élevés, même si le charme de Paris ou la grandeur de Londres pourrait manquer à certaines personnes.

 

 

Yael Jacob, contributeur du blog Alumneye


Tout savoir sur les ETFs grâce à Alexandre Roubaud, responsable du marché secondaire et optionnel des ETFs iShares chez Blackrock

Avec près de 10 ans d’expérience sur le marché des ETFs (Exchange Traded Funds) dans des institutions de renommée internationale telles que BNP Paribas, Crédit Suisse et BlackRock, Alexandre Roubaud a développé une expertise complète sur ce produit. Actuellement en poste chez Blackrock, leader du marché mondial des ETFs, il nous dévoile dans cette interview son parcours, les subtilités de ces produits – définition, construction, intérêt – ainsi que les perspectives d’emploi dans ce secteur.

 

Bonjour Alexandre, merci d’avoir accepté de répondre à̀ nos questions.

 

Peux-tu nous décrire ton parcours ?

 

Après avoir été diplômé du bachelor de l’EDHEC, et un premier stage en salle des marchés chez CACIB (Crédit Agricole CIB), j’ai voulu continuer mes études en validant le Msc Financial Markets & Investment à SKEMA. A la fin de ce dernier, je suis entré en Graduate chez un Market Maker d’ETFs pour ensuite rejoindre l’équipe de structuration indicielle de BNP Paribas. Après un an à la BNP, j’ai eu l’opportunité d’intégrer l’équipe ETF Global Markets de Crédit Suisse. L’émetteur ETF de Crédit Suisse s’étant fait racheter par BlackRock en 2013, j’ai intégré l’équipe Global Markets EMEA de BlackRock dans laquelle je suis actuellement responsable du marché secondaire et optionnel.

 

Qu’est-ce qu’un ETF ?

 

Pour expliquer un ETF simplement, partons d’un indice que tout le monde connaît : le CAC 40. Celui-ci est composé de 40 actions. Si une personne souhaite investir dans le CAC 40, elle peut soit acheter les 40 actions de cet indice selon une certaine pondération prédéfinie par la méthodologie de l’indice, soit acheter une part d’un ETF qui va répliquer exactement la performance du CAC 40. Ainsi, un ETF est un moyen facile d’accéder à la performance d’un indice sans avoir à gérer un panier d’actions comme le ferait un gérant de portefeuille.

 

Comment se construit un ETF ? Blackrock utilise-t-il une méthode en particulier ?

 

Il y a deux méthodologies principales pour construire un ETF : physique ou synthétique. La méthode physique consiste simplement à répliquer un indice en achetant directement les sous-jacents. C’est la méthode la plus utilisée, notamment aux USA. La méthode synthétique quant à elle consiste à recevoir la performance d’un indice via un swap conclu avec une banque d’investissement.

Les institutions américaines comme Blackrock utilisent historiquement la méthode physique.

Les émetteurs français ont quant à eux historiquement plutôt tendance à utiliser la méthode synthétique, car l’émetteur d’ETFs est souvent une entité appartenant à̀ une banque d’investissement.

De manière générique, il n’y a pas de méthodologie à privilégier. Chacune a ses avantages et inconvénients et c’est vraiment du cas par cas en fonction du type de sous-jacent, de la domiciliation de l’ETF etc…

LA4Lire aussi : Le métier de Sales : tips et décryptage, une interview AlumnEye

 

A qui s’adresse ce type de produit ? Quelle est la tendance des ventes en Europe ?

 

Du fait de la diversité des produits proposés, les ETFs s’adressent à tout le monde. Vous trouverez du thématique, facteurs, crédits, matières premières, fx hedge, duration hedge etc… bref tout pour construire et optimiser un portefeuille. Notre clientèle est donc très diversifiée, Asset Managers, Assurances, Fonds structurés, banques centrales etc… c’est en partie ce qui rend notre business si intéressant.

Maintenant la grosse différence avec les US, c’est le marché retail. On peut y voir là-bas ~50% de l’activité venant de ce segment. En Europe la pénétration est pour le moment négligeable. Comment expliquer une telle différence ? Avant toute chose la culture financière y est bien mieux implémentée aux USA. Mais aussi les banques de réseaux en Europe auront tendance à limiter l’accès aux ETFs à leurs clients et privilégieront avant toute chose leurs fonds mutuels. Essayez donc d’acheter des ETFs via une assurance vie…très peu de contrats offrent cette possibilité…mais les choses évoluent dans le bon sens.

 

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Travailler avec des ETFs requiert une certaine technicité. Selon toi, quelles sont les qualités recherchées à l’embauche d’un candidat ?

 

Concernant les juniors, il est toujours appréciable qu’ils aient une expertise en codage. A mon époque c’était VBA, maintenant la tendance se tourne plutôt vers Python ou SQL.

Étant dans une institution américaine, on ne s’intéresse pas réellement aux connaissances techniques en premier lieu. D’ailleurs, il est fréquent que les Graduates chez BlackRocks soient issus d’un master en philosophie ou en histoire de l’art par exemple. On recherche avant tout la flexibilité i.e. que le candidat n’ait pas une approche trop académique des sujets afin qu’il soit capable de se remettre en question.

On attend également que le candidat ait un esprit créatif et soit capable d’être innovant dans son approche. C’est d’ailleurs une question que l’on pose souvent à nos juniors : quel genre d’ETF tu créerais ? L’objectif est que le candidat soit capable de développer une idée novatrice.

 

En quoi consiste ton poste au quotidien ?

 

Je travaille au sein de l’équipe « Global Markets » qui est en charge des interactions entre l’émetteur et le marché. Son but premier de l’équipe est d’assurer la liquidité des ETFs. Chez Blackrock l’équipe est scindée en 2 divisions : le marché primaire, qui assure le bon fonctionnement du processus de création et rédemption des ETFs et le marché secondaire. Je suis en charge de cette seconde équipe dont l’objectif est de stimuler la croissance et l’efficience de l’activité de trading sur nos produits.

Cela se fait par plusieurs axes :

1) Gérer et développer un réseau de market makers et brokers faisant des prix sur nos produits,

2) Travailler avec les bourses et régulateurs pour améliorer l’écosystème européen,

3) Travailler sur des projets annexes ayant un impact direct sur la liquidité de nos produits comme le business optionnel ou de prêt emprunt,

4) Accompagner nos clients lors de leurs exécutions,

5) Un aspect de plus en plus important dans notre industrie, travailler en continue avec nos équipes « tech » pour créer ou améliorer divers outils informatiques nous fournissant un avantage compétitif.

Donc du fait de la diversité des tâches, je n’ai pas vraiment de day to day.

 

Comment s’est porté le marché des ETFs en 2018 ? Quelles seront les prochaines innovations selon toi ? 

 

Ce qu’il faut revenir de 2018 pour le marché ETF, c’est l’implémentation de MiFID II, une directive concernant les marchés d’instruments financiers ayant eu un impact multiple sur notre business.

Le marché des ETFs en Europe est structurellement problématique car il est fragmenté entre plusieurs marchés organisés (chaque pays européen ayant sa bourse), et une grande partie de l’activité se fait OTC (~70%). Donc il était historiquement très difficile d’avoir une visibilité sur l’ensemble des exécutions.

Avec MIFID II, chaque exécution doit être maintenant reportée et rendue public. C’est ce que l’on nomme la Post Trade Transparency. Cela fut déterminant car maintenant le marché peut avoir une vision précise de ce qui se traite réellement sur les ETFs, et cela apaise certaines inquiétudes que pouvaient avoir des clients finaux sur la liquidité des produits – dans certains cas, nous avons observé des volumes moyens sur certains ETFs être multipliés par 20. Cela accélère l’adoption de l’utilisation des ETFs notamment par les clients qui n’étaient pas convaincus initialement de la liquidité de ces produits.

En ce qui concerne les innovations, on observe actuellement un « boom » de la demande sur l’investissement socialement responsable ou encore de l’investissement sur des thématiques particulières. Aujourd’hui, les ETFs peuvent donner un accès très aisé à des thématiques comme la robotique.

 

Peux-tu nous expliquer les différences entre une gestion active et une gestion indicielle d’un ETF ? L’une est-elle préférable à l’autre ? 

La gestion indicielle consiste à suivre la performance d’un indice, le rôle du gérant de l’ETF est de minimiser l’erreur de réplication. Au contraire, la gestion active consiste à offrir aux investisseurs une vision de marché dans le but de surperformer un indice. Les deux sont en théorie opposés, mais finalement elles sont assez complémentaires dans la construction d’un portefeuille.

 

Avez-vous déjà encadré des stagiaires ou des juniors ? Si oui, quelles étaient leurs missions ?  

 

Oui dans les deux cas. Concernant les Summer Interns, nous donnons habituellement un projet à court terme (environ 1 mois) sur différentes thématiques : création d’un outil, veille de marché, etc. Le but du projet est de voir si le stagiaire sait gérer son temps, montrer une certaine indépendance etc…dans l’optique de l’embaucher pour le graduate program de l’année suivante.

Concernant les juniors, en plus du day to day, il est important de leur donner le contrôle de projets plus stratégiques qui vont développer chez eux sur le moyen terme de nouvelles compétences qu’ils pourront réutiliser pour occuper un poste de plus grande ampleur.

LA4Lire aussi : Le métier de Broker est-il en danger ?

 

En quoi le milieu des ETFs a-t-il évolué depuis ses débuts ?

 

Lors de ma première expérience du côté trading, le pricing était pour la plupart des boites encore très manuel et pouvait se faire encore sur un fichier excel. Maintenant la plupart des process ont été entièrement automatisés. Même les demandes OTC, qui historiquement étaient faites au téléphone ou par chat Bloomberg, sont maintenant électroniques avec des algorithmes qui auto-quotent. Tout est de plus en plus automatisé et l’humain a de moins en moins sa place. Mais cela n’est pas spécifique aux ETFs…

 

Quelles sont les perspectives d’emploi dans ce secteur ?

 

En raison de l’évolution du marché décrite à l’instant, le métier de « Sales Trader » est voué à̀ disparaître, un peu comme ce qui s’est passé en Cash Equity. Mais les « Sales Specialists » ont eux un bel avenir. En effet, les ETFs ne se contentent plus de suivre un indice « basique ». Nous voyons de plus en plus d’innovations dans le secteur avec l’arrivée des thématiques, smart beta etc… et les émetteurs vont de plus en plus chercher des Sales avec une expertise produit précise. Concernant le trading, les profils d’ingénieurs vont continuer d’attirer pour leur qualité d’expertise sur la technologie. Enfin, je pense qu’il y aura une forte demande sur les métiers liés à la régulation qui devient de plus en plus un point central de notre métier.

 

Nicolas Sombret, étudiant à l’ESSEC et contributeur du blog AlumnEye