Nicolas Dumoulin, trader à Wall Street le jour, photographe la nuit

Trader à Wall Street chez Crédit Suisse, Nicolas Dumoulin est également un photographe très suivi sur Instagram, avec plus de 35 000 followers. Comment a-t-il réussi ce parcours ? Du Master 203 à Dauphine en passant par le desk de Londres de Credit Suisse, Nicolas raconte comment il a bâti brique par brique sa vie actuelle. Egalement premier formateur AlumnEye en finance de marché, il nous parle de ses candidatures aux Summers internships et nous donne de précieux conseils !

Cette interview retrace le parcours brillant de ce dauphinois qui a su se construire la vie qu’il ambitionnait au départ : un job de trader qui le challenge au quotidien, dans la ville – New York – de ses rêves, où il peut aussi se consacrer à sa passion, la photographie.

 

Peux-tu nous présenter ton parcours ?

J’ai effectué un parcours de gestion puis finance à Dauphine, avant de finir par le Master 203. Lors d’un passage aux Etats-Unis en 2009, j’ai découvert New York et ai été émerveillé par la ville. J’ai su que je voulais y revenir pour y travailler et y faire une partie de ma vie !

Lors de mon Master 2, j’ai directement candidaté aux Summers ; Crédit Suisse m’a fait une offre à Londres. J’ai d’abord travaillé pendant deux ans en Derivatives Strategy (recherche sur produits derivés), en étant rattaché à l’équipe de trading d’options vanilles sur single stock. Puis, l’arrivée d’un nouveau boss au sein de cette équipe a permis la création d’un poste de junior trader sur la dispersion (une des sous-activités du desk), et je me suis vu proposer ce poste du fait de ma proximité avec l’équipe. L’équipe de dispersion a fortement grossi entre 2015 et 2017 et il a finalement été décidé par le management de la scinder en deux avec une équipe à Londres et une nouvelle équipe à New York. J’ai fait savoir au management mon intérêt pour être transféré dans cette équipe à New York et cela s’est finalement fait assez rapidement. J’ai au total passé 4 ans et demi à Londres et je suis maintenant à New York depuis 2 ans et demi.

 

Le Master 203 est une référence en finance de marché, avec la directrice Gaëlle Le Fol qui le dirige avec succès depuis plusieurs années. Que retiens-tu de cette formation ?

Que du bien ! A la fois des professeurs, des cours, des rencontres, de la préparation, etc. J’ai un très bon souvenir du master.

A l’époque, les Summers étaient relativement peu connus en France, mais le Master 203 nous formait déjà à ces processus de recrutement et était en avance sur les autres écoles et universités. Des rencontres avec des professionnels étaient organisées, ainsi qu’une semaine à Londres pour visiter des banques ; cela était vraiment bien organisé ! Par la suite, il me semble que le master a également mis en place une semaine de découverte à New York ou Hong Kong selon les années.

La plupart des étudiants formés au Master 203 recevaient des offres à Londres et y démarraient leur carrière. Plusieurs amis sont ensuite devenus des collègues, chez Crédit Suisse ou dans d’autres institutions. Un bon ami du master, qui était également mon colocataire, est même parti travailler pour un hedge fund et est devenu mon client ! Le Master 203 permet de développer un excellent réseau.

 

La légende raconte que tu as été le premier formateur en finance de marché d’AlumnEye. Peux-tu nous raconter comment l’aventure a commencé ?

Oui c’est vrai ! J’étais en cours avec Mike (i.e. le fondateur d’AlumnEye) avec qui j’ai gardé contact lorsque je suis allé à Dauphine et lui à l’Essec. Suite à une année aux Etats-Unis (j’ai effectué une année de master en finance à l’université de Rochester avant de revenir à Dauphine pour le Master 203), j’ai constaté que la préparation aux Summers étaient bien plus approfondie là-bas qu’en France. Les étudiants américains consacrent les 3 premiers mois de l’année à la préparation de leurs candidatures aux Summers internships car c’est la voie royale pour être recruté par une banque.

J’avais suivi le projet de Mike et d’AlumnEye et lors de mon retour en France, il m’a parlé de sa formation en corporate finance, et je maîtrisais suffisamment bien mon sujet pour pouvoir m’occuper de la partie finance de marché. J’ai ensuite fait cela pendant près de 3 ans en formations en école ou privées, séminaires, etc. jusqu’à ce que les voyages Londres/Paris les week-ends deviennent trop compliqués.

LA4Lire aussi : Conseils pour réussir un virtual Summer Internship

 

Il paraît même qu’en M2, tu postulais aux Summers et formais pour AlumnEye tes propres « concurrents » d’une grande école de commerce !

J’étais bien préparé aux Summers et ne voyais pas trop les autres candidats comme des menaces. En effet, j’étais sûr de mon projet professionnel et de mon ambition ; cela matchait avec ce que les banques recherchaient. Former mes « concurrents » étaient également une manière de voir ce que je valais. Le projet d’AlumnEye m’intéressait indépendamment de mes propres candidatures et c’est pourquoi j’ai décidé de rejoindre l’équipe.

Pendant le Summer, beaucoup d’interns passaient une grande partie de leur temps à discuter avec un maximum de monde sans vraiment s’intéresser à une équipe en particulier ou travailler sur un véritable projet. Ma stratégie a consisté à me concentrer sur deux équipes en particulier, afin de bien m’intégrer au sein de celles-ci et de pouvoir me concentrer sur des projets intéressants pour eux. Bien sûr, je parlais également aux interns, mais je ne suis jamais rentré dans le jeu de commérage. Cela a payé puisqu’il y a eu peu d’embauches cette année-là, mais j’ai eu une offre !

 

Aux débuts d’AlumnEye en 2012, peu d’étudiants connaissaient les Summers internships. C’est moins le cas aujourd’hui. As-tu vu toi-même une évolution des profils étudiants intégrant les banques d’investissement ?

A l’époque, très peu de français postulaient aux Summer internships alors qu’aujourd’hui c’est très répandu. Il n’y a plus seulement les anglais qui candidatent ; les français sont très présents et sont les mieux préparés grâce aux formations comme AlumnEye. J’ai vu une grande différence dès 2014/2015 où la moitié des Summers étaient français, ce qui pouvait poser des problèmes de diversité. Aujourd’hui, cela s’est plus ou moins équilibré.

Ce qui fait la différence, c’est davantage la motivation que la préparation en tant que telle. Je n’ai pas fait passer d’entretien pour les Summers mais je voyais des interns qui venaient à mon desk. On voit tout de suite la différence entre quelqu’un qui est vraiment motivé et quelqu’un qui fait semblant. Ce que je recherche chez un intern, c’est qu’il soit curieux et intéressé par mon travail, qu’il vienne me poser des questions et me montre qu’il comprend ce que je lui explique. Les Summers doivent être smarts et motivés. Ils sont tous smarts mais tous ne sont pas réellement motivés et intéressés, et ça se voit rapidement.

 

Étant Dauphinois, que penses-tu des gens qui disent que seul un ingénieur peut travailler en trading ?

Il y a tellement de sortes de trading que cela veut tout et rien dire à la fois. Cela dépend de quel trading on parle ! Par exemple, le trading de produits vanille demande une certaine compréhension du marché mais pas de compétences mathématiques spécifiques. D’autres produits sont au contraire plus complexes et nécessitent une compréhension plus scientifique. Par exemple, il y avait deux traders dans mon équipe quand j’ai commencé ; l’un ayant fait Polytechnique et l’autre n’ayant pas suivi de formation spécifique et ayant gravi les échelons depuis le back office de la banque. Le premier a fait perdre de l’argent à la banque deux années de suite puis s’est fait remercier, tandis que le second est l’un des meilleurs traders avec qui j’ai pu travailler. Il n’y a pas de règle !

Avoir un background scientifique est un plus pour être recruté mais ce n’est pas un prérequis ! De nos jours, ce qui est vraiment utile est de savoir coder mais c’est très facile de l’apprendre par soi-même. Ce qui peut être intéressant pour un trader plus senior est d’avoir avec lui un junior qui sache coder et puisse l’aider à automatiser certaines tâches. Cela peut être un vrai plus !

 

Concrètement, que fais-tu en trading ? Comment s’organise ta journée ?

Il n’y a pas de journée type mais je vais donner les grandes lignes. Lorsque j’arrive au travail (avant que les marchés n’ouvrent), je lis mes mails et prends connaissance de l’actualité. Il y a des jours où les marchés sont plus calmes et où on peut se concentrer sur des projets à plus long terme de développement de produits, d’élaboration de nouvelles stratégies à pousser auprès des clients, etc. A l’inverse, lorsque les marchés sont volatiles, on est beaucoup plus dans le feu de l’action. Bien sûr, on passe aussi beaucoup de temps à faire des prix et trader pour les clients, à surveiller nos books pour bien comprendre nos risques. Lorsque les marchés sont fermés le soir, on traite d’avantage l’administratif.

 

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Quelles sont les différences/similarités entre les trading floors de Londres et New York ?

Le trading floor de Londres est très international. Celui de New York l’est également, mais un peu moins car il reste davantage américain. C’est à New York que tout se passe ; le trading floor est donc plus dynamique, tout va plus vite. Ma vision est peut-être propre à ma banque mais c’est l’impression que j’ai. Les différences ne sont finalement pas si grandes car je travaille toujours pour la même équipe (basée entre Londres et New York) ; je suis donc régulièrement en contact avec mes anciens collègues de Londres.

 

En parallèle de ta vie de trader, tu es passionné de photographie, avec 35 000 followers sur ton compte Instagram @nickmillers. Comment expliques-tu ce succès ?

Je me suis acheté un appareil photo Reflex avec mon premier bonus en 2013 car j’avais déjà un intérêt pour la photographie. Néanmoins, je m’y suis réellement intéressé lorsque je suis arrivé à New York. A Londres, je travaillais beaucoup car je couvrais les marchés anglais et américains. Je travaillais en général de 7 à 21h ; j’avais donc très peu de temps pour les loisirs. Lors de mon arrivée à New York, j’ai uniquement couvert le marché américain. Je me suis donc retrouvé avec pas mal de temps libre et ai commencé une collection de livres de photographies. J’ai également fait des recherches et regardé des tutos, lu des livres, etc. pour apprendre aussi bien le côté technique (manipulation de l’appareil) que la partie plus artistique sur la manière de composer une photographie.

New York est une ville qui m’a toujours fascinée ; je me suis donc lancé. Je peux parfois marcher des heures avec mon appareil photo jusqu’à trouver un endroit à photographier. C’est également une ville qui a l’avantage d’être la plus dynamique au monde en photographie. J’ai ainsi pu assister à de nombreux évènements et rencontrer des photographes qui m’ont beaucoup appris. J’ai ainsi pu créer une communauté de fidèles qui suivent mes photos. Par la suite, j’ai étudié le fonctionnement du réseau social. On dit qu’il faut 2 ans pour atteindre les 10k followers, mais cela ne m’a pris qu’un an ! Au début mes photos ont été repostées par des pages connues de photographies de rues. Suite à cela, j’ai commencé à gagner beaucoup d’abonnés. Egalement, lorsqu’une personne s’abonne à un photographe, j’apparais souvent en suggestion, ce qui aide à construire sa communauté.

 

Comment définirais-tu ton « style » de photographie ? On voit que tu aimes beaucoup les photos sombres, de nuit ou tôt le matin.

Je fais de la photographie de rue, souvent dans des conditions dramatiques telle que du brouillard, de la pluie, sous la neige etc. Je m’efforce à adopter un style très cinématique aussi bien au niveau de l’atmosphère, que des couleurs et des lumières. Je veux donner l’impression à la personne qui regarde mes photos qu’il s’agit de Gotham City et non pas de New York, ou qu’il en train de regarder un film neo-noir.

 

Est-ce qu’on te propose de bosser en tant que photographe sur des projets ?

Instagram est devenu une plateforme incontournable pour diffuser tous types de contenus. Même les plus grands photographes l’utilisent maintenant pour communiquer ; c’est devenu la manière d’exposer son travail.

On me propose souvent de faire de la publicité pour des produits, ce que je refuse dans 99,9% des cas car cela ne m’intéresse pas. Je comprends que certains photographes qui vivent de ça acceptent, mais j’ai un salaire confortable qui me permet de faire de la photographie uniquement par passion. La pureté de la photographie et de mon compte Instagram est ce qui attire ; c’est quelque chose que je souhaite conserver. Je ne suis pas non plus intéressé par les shootings photos.

Je ne souhaite pas faire de la photographie mon travail principal, je fais cela pour le plaisir non pas pour l’argent. Par contre, j’aimerais beaucoup publier un livre de photographies ou faire une exposition sur mon travail. Je pense que c’est le rêve de tout photographe.

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Tes collègues de bureau sont au courant de tout cela ? Si oui, ils en pensent quoi ?

Certaines personnes de mon entourage proche sont au courant (telles que mon boss ou quelques collègues). Ils suivent mon travail de manière admirative ! C’est marrant de voir la réaction de certains collègues lorsqu’ils apprennent ma passion pour la photographie car ce n’est pas courant. Beaucoup de collègues excellent à la fois en finance et dans leur passion, le sport le plus souvent. Mais les passions artistiques sont peu répandues.

 

Quelle qualité développée grâce à la photographie mets-tu aujourd’hui à profit dans ton travail ?

La patience ! Depuis que j’ai commencé à faire de la photographie, je me rends compte que je suis plus calme et posé dans mon travail, ce qui n’était pas toujours le cas auparavant. Pour certaines photos je peux parfois attendre durant une ou plusieurs heures le bon moment. Sur mes photos, il y a en général une composition étudiée et réfléchie. Lorsque le décor est fixé, je m’installe avec mon appareil photo et attends qu’une personne ou un sujet intéressant vienne se glisser dans ma composition. Le sujet idéal porte une trench coat et un chapeau, tel un personnage de film noir.

 

S’il faut choisir entre NYC et Londres : quelle ville pour faire du trading ? Laquelle pour faire les plus belles photos ?

New York pour les deux, il n’y a pas photo ! On ne peut pas forcément commencer sa carrière à New York en étant français ou Européen de manière générale, car les visas ne sont pas faciles à obtenir. J’aurais bien aimé commencer à New York mais ce n’était pas possible. J’ai donc commencé quelques années à Londres et ai orchestré mon move lorsque cela a été possible. En effet, il y a des visas spéciaux pour ce type de transfert en interne. Pour toute personne qui travaille en finance de marché, New York est quelque chose de plus gros que l’Europe ; c’est une belle expérience. Après c’est une jungle comparée à Paris ou Londres et il faut aimer. C’est également loin de l’Europe.

Je suis allé pour la première fois à New York en 2009 lorsque j’étais étudiant à Dauphine et je me suis pris une claque. J’ai su que c’était ici que je voulais vivre et travailler. Onze ans plus tard j’aime toujours autant cette ville ! Certaines personnes peuvent trouver cela suffoquant alors que je me sens ici comme chez moi. Au bout de quatre années passées à Londres, je me suis dit que j’y avais fait mon temps. J’aimais bien la ville mais je voulais passer à autre chose. J’étais donc content de partir à New York même si j’ai de bons souvenirs à Londres. Je suis à New York depuis deux ans et demi et je m’y sens bien. Je n’ai pas du tout envie de retourner en Europe !

Pour la photographie de rue, New York c’est une autre dimension. C’est la ville la plus impressionnante à photographier, devant Hong Kong et Tokyo.

Je n’exclus pas de rentrer un jour à Paris, mais pas pour tout de suite. Cela serait pour travailler dans un fonds d’investissement par exemple, ou dans quelque chose de différent car il n’y aura pas d’opportunités en banque. C’est comme un sportif qui va faire sa carrière dans les plus grands clubs d’Europe et qui revient au pays avant sa retraite. C’est là d’où tu viens et où tu te sens le mieux, c’est donc normal de vouloir rentrer à un moment ou un autre. J’ai des idées en tête mais n’ai pas de plan arrêté et défini.

 

Camille Hutt, étudiante à Grenoble Ecole de Management et Responsable Editoriale du blog AlumnEye

 


Conseils pour réussir un virtual Summer Internship

Les banques anglo-saxonnes et institutions financières ont mis en place des « virtual summer internships » qui remplacent l’organisation traditionnelle de leurs summer internships afin de faire face aux restrictions sanitaires mondiales.

Le summer internship est un programme ultra-sélectif. Il a d’ordinaire lieu à Londres, dans les locaux respectifs des employeurs, pendant une durée de 10 semaines. Son objectif est d’évaluer les candidats sur différents critères, afin de faire une offre de CDI aux plus performants d’entre eux. C’est donc un enjeu très important pour toutes les parties prenantes : à la fois pour les recruteurs, qui dénichent leurs pépites de demain, et pour les candidats, qui jouent leur début de carrière.

Le virtual summer internship est un format 100% distanciel, qui ne permet pas d’interaction physique avec ses managers ainsi que ses co-stagiaires. De nombreuses questions se posent pour faire la différence dans ce contexte. Comment démontrer ses compétences ? Comment nouer des liens de confiance avec ses supérieurs hiérarchiques ? Et surtout, comment faire pour avoir une offre de job à l’issue du summer internship ?

Voici quelques conseils pour faire une bonne impression durant votre virtual summer internship.

 

La logistique : une condition nécessaire 

La connexion internet, d’abord

Une excellente connexion internet est une priorité absolue dans le cadre d’un virtual summer internship. Si votre connexion internet n’est pas bonne, investissez dans une carte sim que vous utiliserez comme hotspot. Le risque d’une mauvaise connexion est très élevé : les visio-conférences coupées, les conversations que vous n’entendrez pas correctement, toutes ces interférences feront grandir la frustration auprès de vos managers. Ils risquent alors de vous dé-prioriser lorsqu’ils ont besoin de staffer un summer intern.

 

Le setup, ensuite

Un bon setup vous aidera à faire un bon virtual summer internship :

  • avoir un coin de travail dédié et lumineux sera un plus pour vous et vos interlocuteurs en visioconférence
  • avoir un deuxième écran aidera à travailler plus efficacement
  • avoir une webcam de bonne qualité donnera une meilleure image de vous même

LA4Lire aussi : Summer Internship en Finance : le meilleur moyen d’être embauché en banque ?

 

La bonne communication au bon moment

Une fois la logistique assurée, il va falloir assurer le premier élément clé de succès : la communication. Dans un mode de travail à distance, avec un bon setup et une bonne connexion, il s’agit de comprendre à quel moment, via quel canal et dans quel accoutrement communiquer.

Rater sa communication, c’est risquer deux travers :

  • être le stagiaire fantôme, que personne n’a vu durant le virtual summer internship
  • être le stagiaire lourd, qui harcèle ses équipes avec des invitations Zoom de networking et des appels incessants aux pires moments

 

Le bon timing

Une bonne communication doit impérativement se faire au bon moment. Evitez les moments de stress intense pour organiser un call networking. Evitez également les horaires de marché pour discuter de votre dernière trade idea avec un sales ou un trader. Guettez les moments de battement : après le close du marché, ou encore durant les moments où votre Analyste attend des commentaires de son VP.

Listez vos question au fur et à mesure de la journée de manière à pouvoir grouper vos requêtes et éviter les 10 mails successifs dans la journée. Votre Analyste vous en sera extrêmement reconnaissant.

 

Le bon canal de communication

Bien communiquer, c’est choisir son canal de manière stratégique. Privilégiez les emails et le chat interne pour les Allers/Retours sur des questions sur vos livrables. Privilégiez le téléphone dès que le sujet requiert des clarifications précises, ou bien que le sujet ne se met pas à l’écrit. Enfin, pour ce qui est du networking, privilégiez des visioconférences. Si ça n’est pas possible, organisez des appels téléphoniques.

 

La bonne apparence pour communiquer

Soignez votre apparence en permanence, afin d’être prêt si une visioconférence démarre à l’improviste. Portez en permanence votre costume, chemise, cravate, tailleur ou chemisier. En effet, l’image que vos Managers auront de vous sera la somme des interactions visuelles du summer. Et vous devez laisser une image irréprochable car elle sera le reflet de votre sérieux et de votre professionnalisme. Ce critère pèsera lourd dans la décision de vous embaucher.

 

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La bonne attitude fera la différence au détriment des hard skills

Dans un contexte de travail à distance, il est peu probable que vous soyez impliqués sur des dossiers hautement confidentiels en tant que virtual summer intern.

Vos recruteurs vont donc devoir vous évaluer sur des critères et des signaux ponctuels et incomplets, sans pouvoir vous tester en conditions réelles. Voici nos conseils pour réussir cette épreuve.

 

Simple, mais parfait

Lorsqu’un manager vous assigne une tâche simple, vous devez vous efforcer de la réaliser de manière impeccable. Vous allez être jugé sur des tâches très simples : mettre à jour une présentation, ajouter des chiffres à un fichier excel, récolter de l’information pertinente sur un sujet. Ces tâches, qui sont objectivement simples, doivent être parfaitement réalisées : vérifiez vos chiffres, l’orthographe, le formatting, et respectez vos deadlines.

Si une petite voix vous chuchote que ces tâches ne sont pas à la hauteur de votre talent, soit. Pour passer à des tâches à plus haute valeur ajoutée, vous devrez impérativement être irréprochable sur ce type de staffing. Sinon, c’est la malédiction qui s’abattra sur vous : des coquilles ou un formatting qui laisse à désirer vous catégoriseront immédiatement comme un stagiaire « peu fiable » et aucun manager ne vous accordera des tâches à valeur ajoutée.

 

Disponible, tout le temps

Soyez tout le temps disponible et joignable, même si vous vous déconnectez après votre journée de travail. Un Manager qui cherche à vous staffer essaiera de vous joindre une fois. Peut-être deux. Si vous êtes injoignable, il staffera quelqu’un d’autre. Et retiendra de vous que vous n’êtes pas joignable. Et vous n’aurez pas d’offre à la fin de votre summer internship.

Si une petite voix vous chuchote (encore) que vous n’avez pas signé pour être staffé à 21h après vous être déconnecté, changez d’industrie. Le summer internship est une évaluation de quelques semaines où l’on vous demande de faire du zèle. Si vous n’en ressentez pas l’envie pendant cette courte durée, difficile d’imaginer que la suite de votre carrière dans un secteur aussi exigeant se passera bien.

 

La prise d’initiative, derrière votre écran

Il est indispensable de témoigner votre capacité à prendre des initiatives. Difficile dans le contexte d’un virtual internship : coincé derrière votre écran, démontrer votre prise d’initiative est un vrai casse-tête, et pourtant voici quelques conseils très simples pour le faire correctement.

  • partagez des articles pertinents à votre équipe et vos managers
  • envoyez par mail de courts récapitulatifs de vos échanges téléphoniques avec les idées clés et les étapes suivantes
  • réservez des créneaux téléphoniques avec les membres de votre équipe dès la première semaine de votre virtual summer internship. A cette occasion, passez 2 minutes à vous présenter, demandez quels sont les sujets d’actualité et comment vous pouvez aider
  • proposez votre aide sur des tâches répétitives qui soulageront vos Analystes : mise à jour de base de données, production de profils d’entreprises, récolte d’informations

LA4Lire aussi : Conseils Summer Internship et Offcycle : 8 clés pour décrocher son offre

 

S’assurer de comprendre pour éviter le hors-sujet

Lorsqu’un Analyste vous staff avec une tâche pour la première fois, soyez certain d’avoir parfaitement compris ce qu’il attend de vous. Il est indispensable d’éviter de faire semblant de comprendre pour paraître smart en répondant « oui oui bien sûr ». Ca se retournera contre vous à chaque fois. Validez votre compréhension, reformulez le besoin, et faites en sorte de connaître les détails de ce qui est attendu de vous : quel format ? combien de slides ? quel niveau de détail ? et pour quelle deadline précisément ? Le pire scénario que vous devez éviter : dire que vous avez compris, et livrer un document hors-sujet, ou trop tard, sans avoir compris que c’était urgent.

Pour conclure, il est indispensable, en tant que candidat, de bien comprendre que vous allez être jugé sur un nombre très limité d’interactions et de signaux.

Votre performance ne sera PAS évaluée à travers vos compétences quantitatives ou numériques, ni même à travers votre connaissance des marchés financiers ou des transactions M&A. Au contraire, les critères d’évaluation les plus importants seront : votre attitude, vos capacités de communication, votre pertinence sur un nombre limité d’interactions téléphoniques, et votre capacité à comprendre la culture de l’équipe et à vous y insérer, à distance. Pour performer au mieux étant donné ces critères, n’hésitez pas à contacter des membres de l’équipe, à vous manifester et à proposer votre aide, à vous tenir au courant du business de l’équipe. Et gardez toujours une attitude positive.

 

One last thing…

Enfin, et ce sera mon dernier conseil : n’oubliez pas que votre promotion de co-stagiaires est une ressource précieuse.

Soyez présents pour vos co-stagiaires et nouez des relations fortes avec ces derniers. En effet, au bureau la question de la complicité entre stagiaires semble évidente, car les longues heures de travail créent une solidarité de fait. Le contexte virtuel de cette année ne doit pas vous faire oublier que vous n’êtes pas seul. Alors, proposez votre aide, entrez en contact avec les autres stagiaires, organisez des événements virtuels pour vous connaître, et soutenez-vous !

Car gardez bien en tête une chose qui est une constante, quelque soit les conditions : les top performers sont toujours ceux qui prennent du temps pour les autres, ceux qui restent plus tard pour aider, ceux qui enseignent leur savoir à leurs co-stagiaires.

Ce talent de teamworker ne sera pas nécessairement remarqué par vos Managers durant le Virtual summer internship. Peu importe. Votre carrière ne fait que commencer et votre actif le plus précieux tout au long de votre carrière sera votre réputation, et elle s’écrit dans les premières heures de votre carrière, avec vos co-stagiaires.

Bon courage !

 


Coronavirus : quel impact sur le recrutement en Finance ?

L’épidémie mondiale de Coronavirus va probablement avoir un impact colossal sur le recrutement en finance en 2020.

Cet article a pour vocation de répertorier les impacts concrets de cette crise sur le recrutement en finance à Paris et à Londres. Il sera progressivement complété au fur et à mesure que les décisions sont prises par les banques et institutions financières.

 

La mise en pause des recrutements expérimentés en Private Equity 

Le contexte actuel fait que les fonds d’investissement mettent en pause tous leurs recrutements et ce pour plusieurs raisons :

  • Le réflexe en temps de crise est de geler les embauches, c’est une des façons de préserver la base de coûts dans une période incertaine.
  • La priorité des équipes change. Du jour au lendemain, les investisseurs en Private Equity doivent gérer les sujets urgents de leurs sociétés en portefeuille qui vont être impactées par le Covid-19. Plus le temps ni l’envie de faire passer des entretiens dans ce contexte.
  • Les Partners décisionnaires sont mobilisés sur les LPs, avec qui ils doivent communiquer en permanence pour les rassurer.

LA4Lire aussi : Récap de l’actu liée au Covid-19

 

Toutefois, cette situation ne devrait être que passagère. En effet, étant donné les capitaux levés restant à déployer par les fonds de Private Equity, il est probable que les recrutements redémarrent et soient finalisés une fois la situation normalisée. C’est d’ailleurs d’autant plus probable qu’une fois que l’activité repartie, on observera sans doute un effet de rattrapage sur de nombreuses transactions qui sont actuellement mises en pause par les vendeurs.

La situation est évidemment en constante évolution, nous mettrons à jour en fonction des informations que nous recevrons.

 

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Le maintien des Summer Internships prévus pour l’été 2020

 

Bon courage à tous !

 


M&A : Londres vs Paris — où débuter sa carrière ?

Tandis que les nouvelles générations de banquiers français cumulent les stages à Paris et les Summer Internships à Londres, nombreux sont ceux qui doivent se poser la question fatidique quant à la localisation de leur premier emploi : Paris ou Londres ? Si le Brexit a quelque peu rebattu les cartes et laisse planer de vraies incertitudes sur les embauches des équipes au UK, beaucoup d’étudiants français sont tentés de plier bagages vers Londres pour commencer leur carrière.

Choisir de faire ses années d’Analyst à Londres ou à Paris n’est pas anodin et présente de véritables différences à prendre en compte : nature du travail, ambiance, opportunités de carrière, aspect financier. Bien que le métier ne soit pas fondamentalement différent, le rôle d’un Analyst varie considérablement qu’il soit chez JP Morgan à Londres ou chez Lazard à Paris, tout comme l’environnement dans lequel il évolue.

 

Banques sectorisées VS banques généralistes et bureaux locaux

La première différence fondamentale entre Londres et Paris réside dans l’organisation des banques. Si les banques au UK sont quasi-exclusivement divisées en équipes secteurs (TMT, FIG, Industrials, Retail, etc.) et en équipe produits (M&A, ECM, DCM, LevFin), les banques parisiennes, elles, sont très majoritairement généralistes (à quelques exceptions : BNP CIB, Crédit Suisse, Lazard TMT/FIG, Morgan Stanley Real Estate). De fait, là où les Analysts parisiens peuvent être confrontés à une multitude de secteurs au cours de leurs premières années, les équipes londoniennes se « spécialisent » dans un secteur. L’impact sur le travail quotidien des Analysts est réel : un Analyst généraliste à Paris sera souvent impliqué sur 5-6 dossiers et autant de secteurs alors qu’un Analyst sectorisé à Londres fera un travail de coverage, apportant sa connaissance sectorielle sur des dossiers de façon parfois ponctuelle et faisant un travail permanent de couverture de son secteur (mise à jour de fichiers de multiples boursiers et de transactions, etc). Cela prend aussi un aspect technique dans la mesure où certains secteurs (Real Estate, FIG, Infrastructure) ont des méthodes de valorisation et des metrics qui leurs sont propres et qui permettent aux Analysts d’acquérir des compétences très spécifiques. Enfin, l’organisation matricielle des équipes à Londres et le faible nombre de stagiaires (hors période de Summer) ont tendance à agrandir les équipes sur les deals et à naturellement éloigner l’Analyst du client, celui-ci étant quelque peu « juniorisé ».

Une deuxième variable relative à la structure des banques est la différence entre les bureaux régionaux et les headquarters. Au contraire des banques françaises, les bureaux de banques étrangères à Paris ne sont que des antennes locales et restent très dépendants du bureau londonien. Si rejoindre Goldman Sachs ou JP Morgan à Paris plutôt qu’à Londres n’est en aucun cas plus simple, il demeure que les problématiques les plus stratégiques sont très souvent traitées à Londres, les bureaux locaux étant en charge du travail de relation commerciale avec les clients français et des deals ne nécessitant que peu d’implication de Londres. Aller à Londres permet donc de se retrouver au « cœur » du système et fait sens pour les Analysts souhaitant à terme progresser au sein de l’état-major d’une banque.

 

LA4Lire aussi : M&A : Analyst, Associate, VP, etc., quel rôle selon votre grade ?

Ambiance policée VS ambiance plus rugueuse

Si la structure des banques varie considérablement entre Londres et Paris, l’ambiance se veut elle aussi très différente et certaines cultures d’entreprise à Paris sont aux antipodes de celles que l’on retrouve au UK. Très influencés par la culture anglaise (notamment au niveau RH), les bureaux londoniens se veulent beaucoup plus policés que leurs équivalents parisiens. Les relations hiérarchiques, le mode d’apprentissage ou encore la façon d’interagir au sein du groupe sont autant d’éléments codifiés au sein des structures londoniennes et font partie intégrante de la culture d’entreprise. Élément clé de la culture anglo-saxonne, le networking est un travail à part entière et l’instrumentalisation des relations humaines est totalement acceptée en Angleterre ; le networking étant pris en considération au moment du ranking annuel des Analysts au sein des banques et de l’attribution des bonus.

Au contraire, l’ambiance à Paris se veut plus anarchique et moins sujet aux problématiques RH. A l’exception de certaines branches de banques étrangères (Goldman Sachs par exemple), la culture en banque d’investissement à Paris se veut beaucoup plus « tough » que celle à Londres et le tact anglo-saxon laisse place à un franc-parler beaucoup plus français. Si les RH ont un rôle majeur au sein des banques au UK, à Paris la culture est plutôt dictée par les opérationnels. Bien que les banques parisiennes aient tendance à adoucir leur culture dans un souci d’image, cela demeure sans commune mesure avec Londres ; certaines pratiques comme le networking étant totalement inexistantes.

Enfin, l’aspect international et multiculturel de Londres tranche avec l’environnement très franco-français des banques en France, à la limite de l’entre-soi parisien. Là où à Londres une quinzaine de nationalités pour autant d’écoles peuvent se côtoyer au sein d’une équipe, les profils parisiens sont très similaires, souvent issus d’un ensemble réduit d’écoles, voire de classes préparatoires. Là encore, la forte dichotomie entre ces deux environnements implique pour un jeune diplômé de faire un choix entre des univers très différents, qui sera pour partie influencé par les problématiques de recrutement.

 

    LES SECRETS DU RECRUTEMENT EN FINANCE

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Londres, une place moins élitiste que Paris

 Les différences culturelles influençant l’ambiance au sein des banques à Paris et à Londres ont aussi un impact sur le mode de recrutement, et in fine les profils que l’on retrouve sur ces deux places. Très élitiste et conservateur, le M&A parisien valorise avant tout le cursus académique et limite son recrutement à un nombre très restreint d’écoles. Si quelques profils parviennent à franchir cette barrière, le système français conserve un plafond de verre et réduit fortement les possibilités de carrière pour les étudiants sortant de ce giron à mesure qu’ils progressent dans la hiérarchie.

Bien que la concurrence soit plus forte à Londres (en raison du nombre beaucoup plus important de candidats), le système anglo-saxon accorde beaucoup plus d’importance aux expériences (professionnelles et extracurriculaires) et suit une politique de quotas. De fait, certains profils francophones ne correspondant pas aux prérequis français voient leurs chances s’accroitre en Angleterre et l’école tend à s’effacer beaucoup plus rapidement de l’autre côté de la Manche.

De fait, si le recrutement n’est pas une problématique majeure pour les étudiants issues d’écoles parisiennes (commerces ou ingénieurs), la question se pose pour les étudiants aux écoles moins prestigieuses et qui ont tout intérêt à se tourner vers un début de carrière au UK.

 

Londres, une voie royale vers le buy-side

Première place financière du monde, Londres héberge un nombre de fonds d’investissement sans commune mesure avec Paris. Fonds de private equity, Real Estate, VC, Hedge fund, activistes, dette ; les possibilités sont extrêmement nombreuses en Angleterre en comparaison à Paris.

Si le passage du sell-side (banque d’affaires) au buy-side est structurellement compliqué et très compétitif, il demeure plus simple à Londres qu’à Paris. Effectivement, si le nombre de concurrents est beaucoup plus élevé à Londres, il en va de même pour le nombre d’offres.

A la différence de Londres, les offres se font rare à Paris et les fonds d’investissement représentent in fine un micromarché limité à une trentaine de recrutements annuels sur la place parisienne. Si a priori le nombre de candidats est plus faible, il faut prendre en compte le nombre important de banquiers français basés à Londres souhaitant rentrer à Paris et postulant aux offres proposées par les fonds parisiens. Cette composante tend par ailleurs à avantager les banquiers français travaillant dans les banques américaines à Londres, leurs profils étant les plus convoités avec les juniors travaillant en boutique d’élites (Rothschild & Co et Lazard).

De fait, commencer à Londres augmente considérablement les chances de pouvoir rejoindre un fonds d’investissement et est un choix cohérent pour les étudiants voulant à tout prix passer du sell-side au buy-side. Par ailleurs les chasseurs de tête et recruteurs excluent bien souvent les profils parisiens dans leurs recherches pour des postes à Londres, restreignant les possibilités d’exit pour les banquiers basés en France.

 

LA4Lire aussi : Qu’est-ce-que le Private Equity ?

 

Avantage financier pour Paris

Brexit oblige, l’incertitude régnant autour du pound a grandement impacté la rémunération absolue des postes à Londres. En effet, si longtemps un pound élevé incitait les jeunes banquiers français à travailler à Londres avant de revenir en France, la situation est moins glorieuse à l’heure actuelle. Par ailleurs, le coût de la vie sans commune mesure entre Paris et Londres joue en défaveur de la capitale anglaise et il est beaucoup plus avantageux financièrement pour un junior de commencer en France qu’au UK (Entre 80 et 120 000€ annuel en large cap à Paris VS 70 à 100 000£ à Londres) compte tenu du coût de la vie.

De même, l’accession à la propriété immobilière est quasiment impossible à Londres alors qu’un Analyst parisien pourra très rapidement obtenir un prêt à hauteur de plusieurs centaines de milliers d’euros afin de financer l’achat d’un appartement. Si à long terme les rémunérations tendent à jouer en faveur de Londres (à partir du niveau VP), à court terme les salaires parisiens permettent d’accéder à un niveau de vie bien supérieur qu’en Angleterre.

 

Un choix de carrière décisif

Au-delà des préférences personnelles liées aux villes en elles-mêmes, les différences entre Londres et Paris sont considérables et peuvent avoir un impact fort sur le début voire sur toute une carrière en banque d’affaires. En effet, bien qu’il ne soit pas évident de se projeter au sortir de l’école, ce choix peut avoir des conséquences difficilement réversibles sur le reste de la carrière. Entre autres, commencer à Paris peut complexifier un départ vers l’Angleterre au bout de quelques années, notamment pour les fonds d’investissement. De même, commencer à Paris peut être beaucoup plus complexe pour des profils moins valorisés et subissant une concurrence accrue. Toutefois, la place de Paris offre des avantages certains : une sécurité de l’emploi plus forte au regard du droit du travail, une exposition client souvent plus importante, un solide marché midcap totalement inaccessible aux personnes non francophone

 

  Paris Londres
Ambiance Franco/français
Entre soi parisien
Moins « policé »
Internationale
Equipes plus jeunes
Importance du networking
Rémunération Meilleur niveau de vie Plus compliqué (coût de la vie élevé)
Sélectivité Très axé sur l’école Plus ouvert
Opportunités Moins de fonds de Private Equity Enormément de fonds
Plus de Corporates
Nature du travail Varie en fonction des équipes mais niveau de base des Analysts très élevé avec dès lors des responsabilités sans commune mesure Dépend des équipes, tendance à junioriser les Analysts

 


Entretien en M&A : les questions techniques fréquentes

L’entretien M&A se caractérise par une exigence technique très forte. La technicité financière exigée en entretien M&A s’organise autour de plusieurs grands sujets : analyse financière, valorisation, consolidation, LBO

 

Entretien M&A : questions techniques d’Analyse Financière

 

1 – Mon chiffre d’affaires a baissé de 30%, est-ce une mauvaise nouvelle ? 

Cela dépend ! A périmètre constant, une diminution de 30% du chiffre d’affaires peut apparaître comme une mauvaise nouvelle : en effet, l’activité a, a priori, fortement baissé. Cependant, il faut pouvoir investiguer afin de comprendre cette baisse. Il est possible, par exemple, que l’entreprise ait cédé une activité peu profitable (voire déficitaire), afin de se concentrer sur son activité principale, et maintenir un niveau élevé de marge. Dans ce cas, la baisse de 30% du chiffre d’affaires s’explique parfaitement et ne peut être considérée comme un mauvais signal, mais plutôt comme une réorientation stratégique salvatrice.

 

2 – Quel est l’impact de +10 d’amortissements sur les 3 états financiers, en considérant un taux d’IS de 40% ?

  • Au compte de résultat : +10 d’amortissements diminuera le résultat imposable de 10, et permettra donc une réduction d’IS de 4. Dès lors, le résultat net diminuera de 6.
  • Au tableau de flux de trésorerie : l’écriture des +10 d’amortissements n’a pas d’impact direct sur le cash, néanmoins l’économie d’impôts constatée au compte de résultat permettra un gain en cash de +4 sur le flux de trésorerie d’exploitation.
  • Au bilan : à l’actif d’une part, on observera -10 dans les immobilisations nettes du fait de l’amortissement constaté. De plus, les disponibilités augmenteront de 4 du fait de l’économie d’impôts. L’impact total à l’actif est, dès lors, de -6. Au passif, le résultat net (calculé dans le compte de résultat) est de -6. Ce qui équilibre notre opération.

LA4Lire aussi : Pourquoi le M&A ? les 5 raisons qui en font la voie royale de la banque d’affaires

 

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Entretien M&A : questions techniques sur la Valorisation

 

3 – Considérons deux entreprises totalement similaires, sauf que l’une est cotée en bourse, et l’autre non. Laquelle des deux aura la valorisation la plus grande ?

Selon toute vraisemblance, la société cotée aura la valorisation la plus élevée, étant donné qu’elle bénéficie d’une prime à la liquidité. En effet, un acheteur sera toujours prêt à payer plus cher une action (ou plus généralement un actif) qu’il peut facilement revendre.

 

4 – Vrai ou faux, la méthode DCF nous indique toujours la Valeur d’Entreprise ?

Faux. En effet, cela dépendra du type de Free Cash Flow que l’on utilisera. Un DCF par les FCFF (Free Cash Flows to the Firm) renverra une Valeur d’entreprise, lorsque le DCF par les FCFE (Free Cash Flows to Equity) donnera la valeur des actions.

 

5 – Comment calcule-t-on le Free Cash Flow to the Firm (FCFF) ?

FCFF = EBIT * (1 – Taux d’IS) + Amortissements – Investissements – Variation de BFR

Le FCFF permet donc de calculer le cash généré sur une période donnée (généralement 1 an) et disponible à tous les apporteurs de fonds, aussi bien les prêteurs en dette financière que les investisseurs en capital. Très concrètement, ce cash disponible est l’association de deux choses : la quantité de cash généré par l’activité courante (EBIT * (1 – Taux d’IS) + Amortissements) moins les besoins de financement de son développement (– Investissements – Variation de BFR).

 

6 – Considérons deux entreprises A et B. Le Price / Earnings ratio de A est de 14, celui de B est de 9. A acquiert B avec une offre 100% en actions. L’opération est-elle relutive (augmentation pour A de son EPS – Earnings per share) ou dilutive (diminution pour A de son EPS) ?

Vous n’avez pas les EPS des sociétés A et B, et pourtant on vous demande de savoir si celui de A a augmenté ou diminué. Pas de panique, une technique simple permet de répondre à cette question. En effet, lorsqu’un deal est réalisé 100% en actions (ici, A émet des actions nouvelles qu’elle va distribuer aux actionnaires de B, pour pouvoir racheter B), il suffit de comparer les P/E ratios des deux entités, avec la règle suivante :

  • A acquiert B  (deal 100% actions)
    • Si P/E(A) > P/E(B) –> l’opération est relutive
    • Si P/E(A) < P/E(B) –> l’opération est dilutive

Explication : dans le cas dilutif (P/E(A) < P/E(B)), l’entreprise qui acquiert (A) devra « payer plus » pour chaque euro de bénéfice de B que ce que le marché « price » pour un euro de bénéfice de A. Pour parler plus approximativement, on dira que l’action de B est « moins chère » que l’action de A.

Entretien M&A : questions techniques sur la Consolidation

7 – Donnez la définition des Intérêts Minoritaires.

Les Intérêts Minoritaires représentent les actionnaires minoritaires des filiales qu’un groupe détient majoritairement. Exemple : Une entreprise A détient 80% d’une entreprise B. C détient les 20% restants. Dans les comptes consolidés de A, C représentera donc les intérêts minoritaires. Attention : beaucoup d’étudiants pensent souvent, à tort, que les intérêts minoritaires sont les participations minoritaires du groupe. Ce qui n’est absolument pas le cas selon la définition ci-dessus.

 

8 – Donnez la définition des Associates.

Les Associates (ou Sociétés mises en équivalence en français) sont le pendant parfait des intérêts minoritaires. Il s’agit des sociétés dont on détient une participation minoritaire offrant une « influence notable » dans une entreprise. En reprenant l’exemple précédent : Lorsque C établira ses comptes consolidés, il inscrira sa participation dans B (de 20%) comme « Société mise en équivalence ».

LA4Lire aussi : Question d’entretien: comment se déroule une transaction en M&A ?

 

Entretien M&A : questions techniques sur le LBO

9 – Quel est le rendement généralement espéré par un fonds de LBO ?

En général, on dit qu’un fonds de LBO espère, pour une opération, un rendement de minimum 20%. Dans les faits, celui-ci tentera de maximiser ce rendement afin qu’il soit supérieur à cela. Mais aussi, le contexte économique global (récession, taux bas, etc.) peut amener certains fonds à repenser leurs objectifs.

 

10 – Pourquoi un fonds de LBO va lever une dette financière significative pour financer ses acquisitions ?

L’objectif principal d’un recours massif à la dette financière est de réduire la part d’investissement propre (en Equity) du fonds, ceci afin de maximiser ton TRI (taux de rendement interne). En général, lorsqu’un investissement est rentable, plus on fait appel à de la dette financière, plus le rendement sera élevé.

 

11 – Paper LBO : calculer le rendement d’une opération LBO

Vous achetez une entreprise de distribution pour un multiple de 5,0x. Vous financez cette acquisition à hauteur de 40% de dette financière, et 60% d’Equity. Le coût de la dette est de 10%. L’entreprise prévoit cette année de réaliser 100M€ de chiffre d’affaires, avec une marge d’EBITDA de 40%.

Le chiffre d’affaires prévisionnel devrait croître de 50M€ chaque année, et les marges resteront stables.

Le BFR, lui, est stable chaque année. Les investissements représentent 20% du chiffre d’affaires. Les amortissements sont de 20M€ par an. Le taux d’IS est de 40%. Vous souhaitez réaliser votre sortie dans 5 ans.

En considérant toutes ces informations, pensez-vous que cette opération soit un bon investissement ?

Lorsqu’un fonds de PE annonce une acquisition à multiple de 5,0x, il est implicite qu’il s’agit du multiple « d’EBITDA forward » : On prend comme référence l’EBITDA de l’année N+1. Ici, en N+1, le chiffre d’affaires attendu est de 150M€, l’EBITDA N+1 sera donc de 60M€ (40% de 150M€).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le prix d’acquisition est de 60 x 5,0 = 300M€. La structure d’investissement étant de 40% en dette et 60% en Equity, vous avez levé 120M€ de dette financière, pour un investissement en capital de 180M€. Il vous faut à présent calculer les Free Cash Flows de chaque année à venir (cf tableau ci-dessous).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On considère que les Free Cash Flows accumulés (ici 45M€) chaque année serviront à rembourser la dette financière. Sauf indication contraire, nous supposerons par ailleurs que le multiple de sortie est le même que le multiple d’entrée, soit 5,0x l’EBITDA. Il s’agit ici d’une hypothèse conservatrice et communément admise par les équipes de fonds LBO, on parle alors de raisonnement à « isomultiples ». Calculons donc la sortie :

 

 

 

 

 

 

 

 

Selon les hypothèses retenues, cette opération de LBO permet de réaliser un IRR de 28%, et un multiple d’environ 3,5x (par multiple ici on entend le ratio Equity Value de sortie / Equity Value d’entrée). Il s’agit donc d’un bon investissement !

 

Et c’est tout ? 

Il existe des centaines de questions potentielles pour un entretien en M&A. Voici 15 questions supplémentaires, pour vous entraîner :

  • Comment calculer l’Entreprise Value (Valeur d’Entreprise) d’une société ? (le Bridge)
  • Qu’est-ce qui est le moins cher, la dette financière ou le capital ?
  • Deux entreprises sont exactement similaires, sauf que l’une est endettée, et l’autre non. Laquelle des deux aura le WACC le plus élevé ?
  • Comment calcule-t-on le Beta ? Que signifie-t-il ?
  • Classer ces entreprises, de celle qui a selon vous le Beta le moins élevé à celle qui a le Beta le plus élevé : Peugeot, EDF, Samsung, Total
  • Dérouler un DCF avec un Levered FCF.
  • Pourquoi est-ce qu’on soustrait le cash dans le calcul de la Valeur d’Entreprise ?
  • Quelle méthode de valorisation donne la valeur la plus élevée ?
  • Une entreprise vaut 100M€, et procède à une levée de fonds de 10M€. Quelle est sa nouvelle valeur d’entreprise ?
  • Quels sont les drivers de la réussite d’une opération LBO ?
  • Connais-tu les différents types de dettes utilisées dans un LBO ?
  • Quels sont les multiples de valorisation les plus souvent regardés ?
  • Connais-tu d’autres multiples intéressants ?
  • Comment tu valoriserais une entreprise non cotée ?
  • J’ai beaucoup de cash dans mon bilan. Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle ?

 

En conclusion l’entretien M&A exige une grande maîtrise technique doublée d’une prise de recul indispensable. Inutile de connaître la formule du DCF si l’on n’est pas capable d’expliquer intuitivement ce qu’est un EBITDA.

 

 


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1. Attitude. This is worth 100 times every other advice. Be positive. Embrace feedbacks and quickly use them to improve. Ask for work, help your co-interns.

2. Proofread every document you produce. Being a "good" summer intern vs a "bad" one is often times a function of how many small mistakes you do. Print everything, read it 2 or 3 times and then only send it to your boss.

3. Go the extra mile. Always try to add value, even when you perform grunt work. When compiling data, highlight key insights. When drafting slides, suggest an executive summary.

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Good luck !

 

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