Pions avec une couronne (jeu d'échecs)

Réussir son Virtual Summer Internship chez Goldman Sachs, une AlumnEye témoigne

Un Magistère en finance, un master en économie quantitative, de multiples expériences en finance : la recette pour décrocher un Summer et un Graduate chez Goldman Sachs ? Issue d’un cursus universitaire qui ne la prédestinait pas à une carrière en finance, découvrez le récit du parcours d’une jeune Goldmanite.

 

Peux-tu nous présenter ton parcours ?

 

Je ne fais pas partie des personnes qui savent qu’elles veulent faire de la finance depuis toutes petites. J’ai commencé par une classe préparatoire à l’ENS Paris-Saclay ; ce sont les mathématiques qui me plaisaient le plus  et j’avais tendance à penser que la finance c’était principalement des mathématiques. Mais désormais je réaliseque ce n’est pas du tout le cas. Ce qui m’a aussi attirée vers la finance c’est le lien permanent avec l’actualité : c’est quelque chose qui bouge sans cesse. J’avais déjà eu des cours d’analyse financière, et j’aimais beaucoup analyser des sociétés, comprendre comment améliorer la stratégie, la performance, etc. Je me suis donc lancée en finance en me disant que je n’allais pas m’ennuyer. J’avais également envie d’être à Paris et ma classe préparatoire ne m’offrait pas la possibilité d’aller en école de commerce, sauf en passant par les admissions sur titre. D’autant plus que je n’avais pas particulièrement envie d’intégrer une école de commerce : j’avais choisi cette classe préparatoire parce que je voulais Normale Sup’ et rien d’autre. Mais en fin de deuxième année j’ai réalisé que je ne voulais pas faire de la recherche, que cela ne me ressemblait pas du tout. Si j’avais été admise, la question se serait sûrement posée, mais cela n’a pas été le cas et j’en suis venue à m’intéresser aux magistères parce qu’on nous les vendait beaucoup en classe préparatoire. Celui qui m’attirait le plus, car il semblait très dynamique et lié à l’actualité, c’était celui sur la finance. Je me suis alors retrouvée en Magistère en finance et je me suis rendu compte que je ne connaissais rien à la finance ; il a donc fallu apprendre sur le tas.

 

En dépit d’expériences valorisantes et de ton Magistère en finance, tu décides de faire un master en économie. Qu’est-ce qui a motivé ton choix ? Est-ce que tu estimais qu’il te manquait quelque chose ?

 

Photo prise au pied des marches du CapitoleJ’ai conclu mon année de césure avec un stage dans un fonds d’investissement, et c’est alors que j’ai compris que je voulais faire de l’investissement. J’ai l’impression qu’en finance la formation reste très technique, il me manquait une vue d’ensemble. Je voulais prendre du recul sur ce qui se passait réellement dans le monde et faire des parallèles entre l’économie, la finance, etc. Sachant qu’à terme j’avais envie de travailler en investissement, j’ai décidé d’ajouter une corde à mon arc et d’aiguiser mes compétences et ma connaissance du monde économique actuel. Je cherchais donc un master et j’ai trouvé celui-ci. Il m’avait l’air assez challengeant et en effet il exigeait la même rigueur qu’en classe préparatoire. Ce master était un peu plus lié à la recherche : la plupart des étudiants l’ayant obtenu travaillent désormais à Bercy ou bien rédigent leur thèse. Grâce à ce master j’ai l’impression de prendre plus de hauteur, de ne pas uniquement faire des DCF et je comprends non seulement ce qui se passe en finance mais aussi en économie. Ce n’est pas du tout un impératif pour rentrer dans une grosse banque ; si certaines personnes veulent aller plus vite elles n’ont pas besoin de passer par cette étape. Mais aujourd’hui je suis contente de l’avoir fait.

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Et ça ne t’a pas donné envie de faire de la Research ?

 

Oui j’y avais pensé, mais après avoir postulé à des offres en finance, j’ai seulement été recontactée par des gens en M&A ou en IB. J’ai donc fini par me dire que si on me voulait dans ces domaines c’était peut-être pour une bonne raison. Avec du recul, je réalise que toutes ces expériences en M&A et en investissement early stage n’ont pas été vaines parce qu’elle m’ont permis de savoir ce qui m’intéresse le plus. Pour des gens qui veulent travailler en Research, ce master pourrait convenir ; il faut prendre une petite spécialisation en finance également mais ça peut se faire.

 

Sur le plan professionnel tu as mutiplié les expériences en finance : M&A, Private Equity, Venture Capital. Voulais-tu découvrir un maximum de branches en finance pour renforcer ton profil ou étais-tu plutôt à la recherche du secteur dans lequel tu voudrais faire carrière ?

 

Comme beaucoup de gens, je voulais avoir mon stage en M&A parce qu’on me répétait que c’était le mieux à faire. Après ça je me suis un peu cherchée, car en M&A tu consacres ta vie à ton travail et tu n’es pas toujours entouré de personnes très sympathiques. Je savais que ce qui m’intéressait c’était l’analyse de sociétés, le fait de travailler sur des secteurs différents. Je voulais découvrir différents métiers pour trouver celui qui me corresponderait le mieux et celui dans lequel je serais la plus heureuse. Après mon année de césure, je savais que je pouvais travailler en M&A, mais ce n’était pas un secteur dans lequel je me serais épanouie. Ce n’était pas mon premier choix, alors j’ai décidé d’avoir d’autres expériences et un peu de temps pour qu’à terme je puisse me dire que si finalement je décidais de faire du M&A, je saurais que je finis à 4h du matin pour une bonne raison. Toutes ces expériences m’ont surtout permis de me laisser le temps de découvrir ce qui m’intéresse, de mûrir et d’acquérir de l’expérience en même temps.

 

Tu as commencé par du M&A ; considères-tu que c’est ce qui t’a permis de décrocher tes autres stages ?

 

J’ai fait mon tout premier stage, en L3, dans les risques, donc ça ne m’a pas ouvert beaucoup de portes. Par contre, il est certain que mon stage en M&A m’en a ouvertes. De manière générale, quand on décroche un stage en M&A tout est plus simple par la suite.

 

Après toutes ces expériences tu décides d’intégrer le Summer de Goldman Sachs ? Pourquoi ne pas directement avoir postulé à un CDI en Investment Banking ?

 

Photo prise derrière le comptoir d'un bar plein (noir & blanc)C’était ma grande question : est-ce que je devais postuler en Summer ou en Graduate ? Et en allant à des events je me suis retrouvée face à des gens qui me disaient qu’ils n’avaient aucune place ouverte en Graduate et que mon CV ne pourrait pas passer, non pas parce qu’il était mauvais mais parce qu’il n’y avait pas assez de places. Finalement, j’ai un peu fait les deux. Pour Goldman Sachs j’avais déjà postulé en Graduate après être allée à l’event des Graduate et une équipe voulait me rencontrer. Cet évènement a eu lieu en août et ils ont fait finir le Summer à la fin du mois d’août. À la mi-septembre ils faisaient les tables-rondes pour savoir qui ils décidaient de garder et tous les postes étaient pourvus, sauf en FIG, secteur que je n’avais jamais fréquenté auparavant et qui ne m’intéressait pas plus que ça. Ensuite je suis restée en contact avec ces personnes que j’avais rencontrées lors des évènements : des Associate, des VP de chez Goldman Sachs, etc. Et il y en a un qui m’a conseillé de postuler en Summer. C’est pour ça que j’ai postulé un peu tard, à la fin du mois de septembre environ. Mon profil a été retenu, j’ai passé les entretiens et j’ai été prise. Sans ce contact je n’aurais jamais postulé en Summer. Ayant déjà postulé en Graduate, je pensais que ce n’était pas possible mais finalement les RH ont été assez conciliants.

 

Cette année le Summer était un Virtual Summer, tout s’est donc fait en télétravail ; quel a été ton ressenti ?

 

Au début ce n’était pas évident parce que Goldman Sachs est une énorme structure et on a peu d’informations en amont. Ces informations arrivent, mais assez tard, environ deux mois avant le début du Summer donc c’est assez stressant car on a le temps de se poser des questions sur la tenue effective du Summer en dépit du contexte. Il demeure que tout était très bien organisé. En tenant compte du fait que j’avais fait du télétravail lorsque je travaillais dans le fonds VC, j’y étais déjà habituée et ce n’était pas quelque chose de stressant pour moi. Il y a également une excellente communication en interne. L’IB se divise en deux parties : le M&A et le Financing, chaque responsable contacte ses équipes. J’étais en Financing Equity et ma responsable a appelé tous les Summer interns pour qu’on puisse se présenter, être plus détendu, etc. Deux ou trois semaines avant le début du Summer, ils ont fait en sorte que tout le monde se rencontre, qu’on ait les informations. Il y a aussi un système de buddy : on nous a affecté à chacun un contact privilégié au sein de notre équipe quelques semaines avant, donc je l’avais déjà eu au téléphone. Les gens sont opérationnels pour travailler avec les nouvelles recrues et ils leur font sentir qu’elles sont une partie intégrante de l’équipe. Il y a ensuite une semaine de formation durant laquelle on consacre nos journées entières aux formations, à faire des exercices en groupe, et le soir on a un peu le temps pour networker avec les autres Summer interns. Dans mon groupe, on a essayé de bien se connaître dès la première semaine et de prévoir des appels avec les gens de notre équipe avec lesquels on n’entrerait en contact seulement une semaine plus tard. J’ai trouvé la première semaine vraiment cool, il n’y a eu aucun couac, on aurait dit qu’ils étaient déjà rodés. Ils ont aussi mis en place des office hours : des VP s’étaient portés volontaires pour donner dix minutes de leur temps par Summer intern et par semaine, pour nous appeler et nous écouter. Sur deux heures d’office hours, on décidait de prendre un stock de 10 minutes avec l’un des trois professionnels de Goldman Sachs, et on leur posait souvent des questions techniques. C’était top, ça nous permettait de discuter avec des anciens et il y avait le même système avec les RH mais c’était plus détendu avec eux, on posait des questions plus légères. On avait également un mentor, c’est-à-dire un senior avec qui on avait la liberté de déterminer la fréquence de nos discussions. J’ai eu la chance d’avoir un excellent mentor ; on passait une heure par semaine à s’appeler. En résumé, ils ont mis en place un tas de choses qui nous ont permis de ne jamais nous ennuyer. Par la suite, nous avons été affectés à des desks ; je ne sais pas comment ça se passait en présentiel mais en virtuel, bien qu’on soit censés travailler toute la journée, on avait aussi beaucoup de conférences, de discussions avec d’autres équipes qui venaient se présenter avec d’autres interns. Ça finissait par nous prendre 4/5 heures dans la journée, donc ça devenait plutôt difficile de faire son travail. D’autant plus que parallèlement à cela, il faut networker au maximum et là c’est à chacun d’envoyer des mails, appeler des gens, poser des questions intelligentes, etc. C’est assez intense et ça durait cinq semaines, donc il ne fallait jamais s’arrêter. Voilà pour une vue d’ensemble. Ensuite, au sein de mon équipe, j’ai trouvé que leurs attentes étaient moins élevées que pour un stage de six mois à Paris dans lequel on attend du stagiaire un vrai travail d’analyste. Pour un Summer, je ne sais pas vraiment ce qu’on attend. En l’occurrence dans mon équipe, la dernière semaine j’ai eu un entretien avec un MD alors que je lui parlais depuis le début de mon Summer. Il m’a fait passer un entretien semblable à un entretien d’embauche, avec des brainteasers, etc. C’était un peu sorti de nulle part, ça m’a surprise mais il faut s’y attendre. Après, j’ai eu deux exercices de modeling à faire et deux présentations à réaliser devant toute mon équipe. Dans la première je devais parler de quelque chose qui me passionnait en faisant un PowerPoint, l’objectif étant d’évaluer mon aptitude à vendre quelque chose. Pour la seconde, je devais faire une thèse d’investissement en expliquant pourquoi ce serait intéressant d’investir dans une société que je devais choisir ; j’ai choisi une société privée parce que mon équipe travaillait sur le conseil pour des levées de fonds de sociétés privées. Il fallait tout faire du début à la fin, comme un info-mémo mais seul, sur une boîte privée, et ensuite le présenter pendant 45 minutes devant toute l’équipe. Le travail quotidien était raisonnable, mais il y avait beaucoup de projets annexes à construire en autonomie et à présenter devant l’équipe, tout en sachant que c’est sur cette base qu’ils détermineront s’ils vont te garder ou pas. C’était assez stimulant ! Après, encore une fois, cela ne concernait que mon équipe ; je sais qu’en ECM ou en M&A ils n’ont pas du tout eu de tels projets par exemple.

 

 

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En plus d’être une excellente expérience, un Summer c’est l’opportunité de faire du networking. Comment s’y prendre en remote ? D’autant qu’avec tous ces autres projets, cela doit être difficile de trouver le temps de s’y consacrer.

 

Premièrement, je saisissais toutes les opportunités tendues par Goldman Sachs. Par exemple, dès que je pouvais discuter avec mon mentor je le faisais et je lui demandais s’il ne connaissait pas des gens avec qui je pourrais discuter. Mais il a quand même fallu que je détermine une stratégie pour le networking : j’étais en IB, je connaissais le côté M&A, j’étais intéressée par la Tech donc je networkais au sein du M&A Tech ; je connaissais moins le côté Financing donc j’avais envie de rencontrer toutes les équipes, avec un objectif d’au moins une personne par équipe. Ensuite, dès que je parlais à quelqu’un, je lui expliquais ma stratégie pour qu’éventuellement il puisse me transmettre des contacts dans les autres équipes. Lorsque quelqu’un de Goldman Sachs envoie un mail en guise d’introduction, ça aide énormément. Les premières personnes avec qui j’ai parlé étaient d’abord mes mentors, les office hours, les membres de mon équipe ; il y avait aussi tous les groupes présents chez Goldman Sachs, comme Women network, le groupe LGBT, etc. Le groupe LGBT était très bien fait pour le networking : on t’attribuait un buddy dès ton arrivée. En fait, dès que je pouvais intégrer un groupe, rencontrer des gens, je le faisais. Ça permet de s’ouvrir plein de portes, de rencontrer d’autres personnes. Certes, ça passe par mail et on se retrouve à devoir préparer des coffee chats sur Zoom mais tout le monde est habitué à faire ça, personne ne s’étonne de recevoir un message de la part d’un intern qui demande si c’est possible de discuter à propos de son travail. Depuis qu’ils sont en télétravail, les employés de Goldman Sachs font déjà des coffee chats. Voilà ce qu’était ma stratégie, je tenais aussi un Excel pour faire les comptes de ceux qui ne m’avaient pas répondu pour pouvoir éventuellement les relancer. Je m’obligeais chaque jour à envoyer des mails, à faire des coffee chats, parce que ça passe très vite donc on peut facilement se retrouver à la quatrième ou la cinquième semaine sans avoir parlé à beaucoup de personnes. Je n’avais pas peur de dire à ma responsable en Equity Financing que je n’avais pas pu parler à telle équipe, en lui demandant si elle ne connaissait pas des gens susceptibles de m’introduire. Le networking a été la partie la plus fatigante de mon Summer !

 

Comment t’es-tu préparée (mentalement et sur le plan logistique) en amont du Summer ?

 

Je connaissais quelques personnes chez Goldman Sachs donc je les ai contactées pour savoir si je devais me préparer pour le côté technique, et la réponse a été unanime : « Ne t’embête pas, tu vas tout revoir dès la première semaine ». Et c’était vrai. J’ai surtout préparé ma stratégie de gestion de temps et de networking. J’ai cherché à savoir comment avoir une offre en demandant à d’autres personnes qui l’avaient obtenue. J’ai discuté avec la responsable des alumni d’HEC à Londres car elle avait été en contact avec les RH de nombreuses banques, dont Goldman Sachs, qui lui ont expliqué comment les Summer allaient se dérouler, et elle m’a donné des conseils sur ma préparation. J’ai discuté avec des gens qui en savaient plus que moi sur le déroulé d’un Summer, et particulièrement d’un Virtual Summer. J’avais besoin de savoir comment ça allait se passer, comment je devais me positionner. Dès que j’ai pu, j’ai contacté mon équipe pour être plus à l’aise avec eux et pour leur montrer que j’étais là. Ce qui était plus délicat, c’est qu’au début du Summer mon équipe n’avait pas réalisé que ça ne durait que cinq semaines donc ils mettaient du temps à répondre; j’ai donc dû insister en leur expliquant que je n’étais pas là pour longtemps.

 

Penses-tu qu’il serait possible qu’à terme les Virtual Summer deviennent la norme ?

 

Je ne pense pas. Tout le monde était vraiment déçu, surtout les équipes qui auraient préféré rencontrer les gens en personne. Pendant mon Summer, mon équipe m’a même proposé de venir les voir à Londres. C’est tellement court qu’ils ont besoin de rencontrer la personne pour savoir s’ils peuvent lui faire confiance. Et le gros manque des Summer internships en télétravail est, bien sûr, le déficit de communication entre interns. On était tout le temps à fond, on travaillait principalement avec d’autres personnes donc on n’avait pas le temps de nouer des liens entre nous. C’était vraiment dommage et les RH s’en sont rendu compte et ont essayé de trouver des moyens pour qu’on puisse se rencontrer. À vrai dire, j’ai parlé avec trois personnes mais ce n’est pas possible de discuter avec tous les interns, on n’a pas le temps. C’est le point négatif de ce Virtual Summer. À Goldman Sachs ils sont beaucoup portés sur le côté promo, ils veulent que tout le monde s’entende bien, qu’il y ait un vrai esprit d’équipe au sein des promotions. Ça les a beaucoup dérangés donc je suis presque sûre que ça ne deviendra jamais la norme, sauf peut-être avec un COVID qui s’éternise mais tout le monde était dépité.

 

Chez AlumnEye, on a eu l’occasion d’interroger un autre étudiant qui a fait son Summer en télétravail chez Citi, et il nous a expliqué qu’ils avaient un groupe WhatsApp entre interns et que ça avait tout de même permis de créer un lien. Il avait également rencontré tous les Français de sa promo en amont du Summer. As-tu également connu de tels groupes ou évènements ?

 

En effet, il y avait beaucoup de groupes WhatsApp dont certains avaient été créés par les anciens Spring. Il y en avait pour tous les Summers, pour ceux en IB, et au sein de ces derniers il y en avait pour ceux en Financing. On en avait aussi créé un pour les Français et les francophones. C’était très bien, on s’entraidait énormément même sans se connaître. On n’était pas du tout seuls car on communiquait beaucoup entre nous, mais c’était plus difficile de nouer de vraies relations. La première semaine on a essayé de tous se contacter un à un afin de sympathiser ; certains se sont rencontrés à Londres. Certains étaient à Paris, d’autres en Norvège. On a quand beaucoup essayé de créer un lien mais on n’avait pas le temps.

 

LA4Lire aussi : De PSB à Citi, itinéraire peu commun d’un étudiant déterminé

 

Ça ressemble beaucoup au networking que tu devais déjà faire au sein de ton équipe et auprès des membres de Goldman Sachs. Pendant un Virtual Summer, le networking entre interns ne devient-il pas une charge de travail supplémentaire ?

 

En effet. J’imagine qu’en temps normal on se retrouve tous au même endroit pour des cocktails ou autre ; il suffit de discuter, de plaisanter et on sympathise. Là, il fallait organiser des appels et se poser des questions sur notre parcours, etc. Finalement, ça ressemble plus à un entretien.

 

Malgré ce contexte particulier, tu as reçu une offre de Graduate. Comment t’y es-tu prise pour te démarquer ? Tu l’as déjà un peu expliqué mais est-ce que le networking a vraiment été déterminant ?

 

Je ne sais pas trop, je ne pense pas que tout soit dû au networking. Premièrement, on m’a expliqué qu’il fallait me positionner comme quelqu’un qui voulait une offre. Il y a 20 personnes, parmi elles des Anglais et des internationaux qui sont dans leur première année d’études et qui veulent Goldman Sachs parce que c’est un super nom mais qui n’ont jamais fait de finance ou qui ne sont pas sûrs que ça leur plaise. Il faut vraiment montrer que toi, tu es là parce que tu sais ce que tu veux et que si tu avais pu tu ne serais pas passé par le Summer mais tu aurais directement cherché à obtenir l’offre. Dès qu’on te demande un travail, il faut rendre quelque chose d’excellent ; bien sûr ça ne peut pas toujours être parfait mais il faut faire au mieux. Il faut toujours montrer que tu es là, que tu es prêt à tout donner. Il faut beaucoup communiquer, ne pas avoir peur de demander aux autres s’ils ont besoin d’aide ; j’ai même directement contacté une VP pour lui proposer mon aide. Il faut essayer de travailler avec un maximum de personnes. Je ne savais pas que j’allais avoir un travail de modeling à faire, ça s’est fait très vite. Par conséquent, avant ça j’étais un peu stressée parce que j’avais le sentiment de ne pas avoir montré ce que je savais faire, alors j’ai demandé des travaux à faire pour montrer que j’étais un bon élément pour l’équipe. En bref, il faut montrer que tu es prêt à en faire toujours plus pour atteindre tes objectifs. À la fin, ce que j’ai beaucoup fait aussi, c’est me concentrer sur les gens qui pouvaient être influents. Je ne me suis pas contentée de contacter mon équipe mais je suis allée jusqu’à ceux qui dirigent l’Equity Financing. Je voulais tenter de les appeler pour faire en sorte qu’ils sachent qui j’étais. Même si au moment des délibérations, ce sont les MD qui décident, c’est toujours mieux si tu as également discuté avec des gens plus haut placés. Enfin, étant donné qu’il n’était pas toujours simple de communiquer avec mes MD, j’ai décidé que tous les vendredis soirs je leur enverrai un mail pour leur expliquer ce que j’avais fait dans la semaine, les projets sur lesquels j’avais travaillé et avec quelles personnes j’avais pu networker. Si tu ne leur dis pas, ils ne vont pas forcément aller chercher cette information et je ne voulais pas qu’on ne sache pas ce que je faisais. Avec du recul, je pense que c’est vraiment tout ça qui m’a permis d’obtenir l’offre.

 

Cindy Loggins, la directrice du recrutement universitaire chez eBay, a affirmé que le format « à distance » des Summer a permis aux candidats de se sentir plus libres et confiants, et ainsi plus aptes à former une communauté. Qu’en penses-tu vis-à-vis de ta propre expérience ?

 

Peut-être que j’étais un peu plus confiante. Quand on est chez soi on est plus tranquille ; par exemple, on peut corriger un mail en allant sur Google Traduction alors qu’au bureau on ne l’aurait jamais fait, de peur d’être la risée des collègues. En revanche, on évolue dans un contexte d’incertitude constante car on ne sait pas comment va se passer un stage en télétravail. Je ne suis pas d’accord sur le fait que ce soit un environnement dans lequel on se sent particulièrement bien. Certes, il y a des points positifs : on peut faire des petites bourdes et ne pas avoir à sourire constamment. Et concernant les projets, on n’a pas besoin de cacher son stress. A contrario, la communication est beaucoup plus difficile, tout est beaucoup plus long et tu ne te sens pas partie intégrante d’une équipe.

 

D’une manière générale, que retiens-tu de ce Virtual Summer ? As-tu réellement pu découvrir le monde de la finance à Londres et la culture d’entreprise de Goldman Sachs ?

 

Photo de Canary Wharf prise de nuitComplètement ! Ils ont organisé une multitude de conférences, de discussions, pour présenter la culture d’entreprise et la faire découvrir aux interns. Je me souviens très bien de personnes haut placées qui voulaient à tout prix m’expliquer pourquoi Goldman Sachs était vraiment bien. Je ressors de ce Summer en comprenant bien les valeurs de Goldman Sachs et ce que ça pourrait m’apporter. Parfois ça m’a même fait rire ; par exemple, durant mon dernier call avec une personne haut placée, elle m’a dit : « Il ne nous reste plus que 30 minutes, il faut que je te vende Goldman Sachs ! ». Ils sont à fond dans la culture d’entreprise, je pense que c’était une de leurs priorités. Concernant la finance à Londres, je dirais que j’ai pu la découvrir également. On travaille avec des gens au quotidien, et même si j’avais déjà travaillé à Londres, c’est quelque chose qu’on ressent.

 

Pour revenir sur la culture d’entreprise, il faut vraiment comprendre que chez Goldman Sachs on est à un niveau incomparable avec la France. En France, dès qu’on peut trouver un meilleur emploi on le fait, alors que pour les Américains leur emploi c’est leur vie ! Ça se ressent beaucoup chez Goldman Sachs et dans tout ce qu’ils mettent en œuvre pour qu’on se sente comme au sein d’une famille. D’ailleurs mon buddy m’a raconté n’avoir pas ressenti la culture d’entreprise lorsqu’il travaillait chez Bank of America, avant d’arriver chez Goldman Sachs. Il cherchait un support au sein de son travail pour l’aider sur certains points personnels, notamment grâce aux groupes LGBT, et il ne l’a pas vraiment trouvé là-bas. Et lorsqu’il est arrivé chez Goldman Sachs, il a été extrêmement surpris de voir un drapeau LGBT dans le bureau de certains. Il considère que Goldman Sachs l’a aidé sur le plan personnel, et sachant qu’il n’avait pas tendance à enjoliver les choses, j’estime que la culture d’entreprise et le sentiment d’appartenance au sein d’une boîte existent. Toutes les banques disent la même chose, mais ça reflète un petit peu l’ambiance chez Goldman Sachs, leurs employés se voyant même attribuer le surnom de « Goldmanites ».

LA4Lire aussi : Conseils Summer Intership et Offcycle : 8 clés pour décrocher son offre

 

Pour finir, que conseillerais-tu à un étudiant pour décrocher un Summer, et ensuite un Graduate ?

 

Pour décrocher un Summer il faut d’abord avoir les bonnes écoles sur le CV ; il faut reconnaître que ça aide, même si la formation AlumnEye permet de dépasser cette barrière. Il faut aussi participer aux évènements, c’est important. Sans cela, je n’aurais pas rencontré la personne qui m’a conseillé de postuler aux Summer. Et pour le Graduate, je dirais qu’il faut avoir une bonne stratégie, être très bien organisé, bien travailler et s’intéresser à tout. Il faut être extrêmement curieux, poser des questions, rencontrer des gens. Je me suis dit que j’aurais l’offre uniquement en faisant le maximum en cinq semaines, autant sur le côté professionnel que sur le côté personnel et le networking. Ils n’exigent pas de gens parfaits sur le plan technique ; je connais deux personnes qui ont reçu l’offre sans beaucoup d’expérience en finance, dont une qui est arrivée en ECM sans connaître du tout et en ayant dû faire des présentations. Je pense que ce qui a été déterminant, c’est qu’elle a persévéré, elle a beaucoup networké et finalement elle a eu l’offre. C’est une sorte de stratégie pour parvenir à faire le maximum pendant le peu de temps que nous avons.

 

 

Sam M’TAR, étudiant à Grenoble École de Management et responsable éditorial du blog AlumnEye

 


Réussir les tests numériques : les 10 astuces d’un professionnel

Vous venez de postuler au stage de vos rêves mais la perspective des tests numériques vous effraie ? 

Pas de panique ! Notre partenaire JobTestPrep, plateforme de préparation aux tests en ligne, vous révèle les rouages de cette épreuve redoutée des candidats. Retrouvez les tests et corrigés similaires à ceux des banques ! 

Voici deux exemples : 

Découvrez également quelques conseils pour mettre toutes les chances de votre côté…

Tout savoir des tests numériques

Les tests numériques sont l’une des méthodes de sélection parmi les plus utilisées par les recruteurs pour évaluer les capacités cognitives des candidats. Ils sont une étape éliminatoire lors des process de Spring Insight ou Summer Internship. 

Bien que les tests numériques soient la plupart du temps organisés en ligne, vous pourrez difficilement vous faire aider par un ami. Pourquoi ? Parce que beaucoup de banques font repasser ces tests lors de l’Assessment Center

Vous devez donc vous préparer au plus tôt afin de les affronter sereinement. 

 

Comprendre les tests numériques en 10 points

La première étape de votre préparation est de comprendre ce qu’on attend de vous lors des tests numériques et pourquoi ceux-ci sont si spécifiques.

Voici 10 caractéristiques qui leur sont propres :

  1. Incontournables : les tests numériques sont les tests d’aptitude les plus courants et les plus connus des candidats. 
  2. QCM : les réponses sont à choix multiple. 
  3. Temps limité : votre temps est compté lors de ces épreuves !
  4. Réalistes : les données des exercices sont issues de situations réelles. 
  5. Exigeants : les tests numériques sont avant tout des moyens de mesurer votre perspicacité même lorsque vous ne disposez pas de beaucoup de temps pour réfléchir. 
  6. Intuitifs : ce n’est pas votre capacité à mémoriser des équations qui est évaluée, mais votre aptitude à analyser un énoncé mathématique. 
  7. L’énoncé est exhaustif : les tests numériques ne requièrent aucune autre donnée que celles présentées dans l’énoncé. Vous ne devez donc pas émettre d’hypothèse supplémentaire. 
  8. Variés : les données peuvent être de nature très diverse (équations, graphiques, tableaux, etc.).
  9. Assimilation : les réponses à ces tests nécessitent de formuler des déductions et des inférences à partir du seul énoncé. Vous devez donc comprendre pleinement ce dernier.
  10. Toujours répondre : la plupart de ces tests ne compte pas de points négatifs en cas de mauvaise réponse. Il est donc conseillé de répondre à toutes les questions, même si vous doutez. 

LA4Lire aussi : Le déroulement d’un Assessment Center : explication et conseils

 

Les questions des tests numériques

Le meilleur moyen de ne pas être déstabilisé face aux questions reste de connaître les secrets des énoncés.

Premièrement, la question peut porter sur un graphique, un tableau, ou les deux. Elle peut également inclure une difficulté sur le vocabulaire employé. La plupart du temps, un tableau ou un graphique servira de donnée pour plusieurs questions. Il faut donc être attentif et prendre le temps de bien comprendre leurs paramètres. 

Ensuite, les questions n’ont pas toutes le même nombre de réponses proposées. Ces réponses sont souvent très similaires, il faut donc se méfier et les lire avec attention. Plus les réponses sont nombreuses, plus il sera difficile d’en choisir une en quelques secondes seulement ! Généralement, s’il y a peu de choix parmi les propositions, alors la réponse correcte exige d’analyser en profondeur les données du problème.

La calculatrice vous sera essentielle pour répondre à beaucoup de questions. Elle est donc autorisée et les exercices prévoient son usage. 

Contrairement à la plupart des tests mathématiques, les questions des tests numériques se basent sur des scénarios réalistes, qui font le quotidien des analystes financiers. L’objectif est donc d’évaluer vos capacités à trouver des réponses mathématiques à des situations que vous rencontrerez dans votre métier. 

 

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Quel est le niveau de mathématiques attendu ?

À vrai dire, les tests numériques n’exigent pas de grandes aptitudes en mathématiques. La partie la plus dure réside réellement dans la compréhension des données fournies. Grâce à elles, vous serez en mesure de choisir la plus pertinente des options de réponse. 

La gestion du temps est une autre difficulté majeure des tests numériques. Elle rend l’exercice particulièrement stressant et vous risquez de vous sentir dépassé par les énoncés. 

Afin de vous rassurer et de vous aider à vous sentir prêt, voici les opérations que vous utiliserez le plus lors de ces tests : 

  • Addition
  • Soustraction
  • Multiplication 
  • Division 
  • Pourcentage
  • Ratio 

 

10 conseils incontournables pour réussir vos tests numériques

Après avoir lu toutes ces explications sur les tests numériques, vous devez vous demander comment concrètement s’y préparer et par où commencer. Pas de panique, quelques conseils et de l’entraînement vous permettront de les affronter sereinement. 

  1. Avant toute chose, lisez consciencieusement les énoncés et écoutez les consignes édictées au début de l’épreuve si vous êtes conviés à l’Assessment Center. Une fois que le test a débuté, vous ne pourrez plus demander d’explications. 
  2. Soyez très prudents lorsque vous choisissez votre réponse. Les propositions de réponse sont rédigées de façon à vous induire erreur. 
  3. Travaillez de façon méthodique et précise. Ne vous contentez pas de jouer aux devinettes, même si vous ne perdez pas de points pour les mauvaises réponses. C’est en persévérant que vous ferez la différence. 
  4. Restez concentré et ne vous laissez pas distraire ou intimider par les autres candidats. 
  5. Gardez en tête le temps qu’il vous reste pour rester efficace et ne pas être pris de court.
  6. Essayez de savoir au préalable quelle maison d’édition publie le test. Cela vous permettra de vous préparer de manière encore plus précise. 
  7. Couchez-vous tôt la veille afin d’être alerte pendant l’épreuve. 
  8. Repérez le lieu de l’examen en avance afin d’éliminer tous les facteurs de stress extérieurs à l’épreuve. 
  9. Familiarisez-vous avec les formules, le format et les thèmes des tests, afin de ne pas vous laisser déconcerter le jour de l’épreuve.
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LA4Lire aussi : Les 9 erreurs à éviter lors des tests numériques

 

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Nicolas Dumoulin, trader à Wall Street le jour, photographe la nuit

Trader à Wall Street chez Crédit Suisse, Nicolas Dumoulin est également un photographe très suivi sur Instagram, avec plus de 35 000 followers. Comment a-t-il réussi ce parcours ? Du Master 203 à Dauphine en passant par le desk de Londres de Credit Suisse, Nicolas raconte comment il a bâti brique par brique sa vie actuelle. Egalement premier formateur AlumnEye en finance de marché, il nous parle de ses candidatures aux Summers internships et nous donne de précieux conseils !

Cette interview retrace le parcours brillant de ce dauphinois qui a su se construire la vie qu’il ambitionnait au départ : un job de trader qui le challenge au quotidien, dans la ville – New York – de ses rêves, où il peut aussi se consacrer à sa passion, la photographie.

 

Peux-tu nous présenter ton parcours ?

J’ai effectué un parcours de gestion puis finance à Dauphine, avant de finir par le Master 203. Lors d’un passage aux Etats-Unis en 2009, j’ai découvert New York et ai été émerveillé par la ville. J’ai su que je voulais y revenir pour y travailler et y faire une partie de ma vie !

Lors de mon Master 2, j’ai directement candidaté aux Summers ; Crédit Suisse m’a fait une offre à Londres. J’ai d’abord travaillé pendant deux ans en Derivatives Strategy (recherche sur produits derivés), en étant rattaché à l’équipe de trading d’options vanilles sur single stock. Puis, l’arrivée d’un nouveau boss au sein de cette équipe a permis la création d’un poste de junior trader sur la dispersion (une des sous-activités du desk), et je me suis vu proposer ce poste du fait de ma proximité avec l’équipe. L’équipe de dispersion a fortement grossi entre 2015 et 2017 et il a finalement été décidé par le management de la scinder en deux avec une équipe à Londres et une nouvelle équipe à New York. J’ai fait savoir au management mon intérêt pour être transféré dans cette équipe à New York et cela s’est finalement fait assez rapidement. J’ai au total passé 4 ans et demi à Londres et je suis maintenant à New York depuis 2 ans et demi.

 

Le Master 203 est une référence en finance de marché, avec la directrice Gaëlle Le Fol qui le dirige avec succès depuis plusieurs années. Que retiens-tu de cette formation ?

Que du bien ! A la fois des professeurs, des cours, des rencontres, de la préparation, etc. J’ai un très bon souvenir du master.

A l’époque, les Summers étaient relativement peu connus en France, mais le Master 203 nous formait déjà à ces processus de recrutement et était en avance sur les autres écoles et universités. Des rencontres avec des professionnels étaient organisées, ainsi qu’une semaine à Londres pour visiter des banques ; cela était vraiment bien organisé ! Par la suite, il me semble que le master a également mis en place une semaine de découverte à New York ou Hong Kong selon les années.

La plupart des étudiants formés au Master 203 recevaient des offres à Londres et y démarraient leur carrière. Plusieurs amis sont ensuite devenus des collègues, chez Crédit Suisse ou dans d’autres institutions. Un bon ami du master, qui était également mon colocataire, est même parti travailler pour un hedge fund et est devenu mon client ! Le Master 203 permet de développer un excellent réseau.

 

La légende raconte que tu as été le premier formateur en finance de marché d’AlumnEye. Peux-tu nous raconter comment l’aventure a commencé ?

Oui c’est vrai ! J’étais en cours avec Mike (i.e. le fondateur d’AlumnEye) avec qui j’ai gardé contact lorsque je suis allé à Dauphine et lui à l’Essec. Suite à une année aux Etats-Unis (j’ai effectué une année de master en finance à l’université de Rochester avant de revenir à Dauphine pour le Master 203), j’ai constaté que la préparation aux Summers étaient bien plus approfondie là-bas qu’en France. Les étudiants américains consacrent les 3 premiers mois de l’année à la préparation de leurs candidatures aux Summers internships car c’est la voie royale pour être recruté par une banque.

J’avais suivi le projet de Mike et d’AlumnEye et lors de mon retour en France, il m’a parlé de sa formation en corporate finance, et je maîtrisais suffisamment bien mon sujet pour pouvoir m’occuper de la partie finance de marché. J’ai ensuite fait cela pendant près de 3 ans en formations en école ou privées, séminaires, etc. jusqu’à ce que les voyages Londres/Paris les week-ends deviennent trop compliqués.

LA4Lire aussi : Conseils pour réussir un virtual Summer Internship

 

Il paraît même qu’en M2, tu postulais aux Summers et formais pour AlumnEye tes propres « concurrents » d’une grande école de commerce !

J’étais bien préparé aux Summers et ne voyais pas trop les autres candidats comme des menaces. En effet, j’étais sûr de mon projet professionnel et de mon ambition ; cela matchait avec ce que les banques recherchaient. Former mes « concurrents » étaient également une manière de voir ce que je valais. Le projet d’AlumnEye m’intéressait indépendamment de mes propres candidatures et c’est pourquoi j’ai décidé de rejoindre l’équipe.

Pendant le Summer, beaucoup d’interns passaient une grande partie de leur temps à discuter avec un maximum de monde sans vraiment s’intéresser à une équipe en particulier ou travailler sur un véritable projet. Ma stratégie a consisté à me concentrer sur deux équipes en particulier, afin de bien m’intégrer au sein de celles-ci et de pouvoir me concentrer sur des projets intéressants pour eux. Bien sûr, je parlais également aux interns, mais je ne suis jamais rentré dans le jeu de commérage. Cela a payé puisqu’il y a eu peu d’embauches cette année-là, mais j’ai eu une offre !

 

Aux débuts d’AlumnEye en 2012, peu d’étudiants connaissaient les Summers internships. C’est moins le cas aujourd’hui. As-tu vu toi-même une évolution des profils étudiants intégrant les banques d’investissement ?

A l’époque, très peu de français postulaient aux Summer internships alors qu’aujourd’hui c’est très répandu. Il n’y a plus seulement les anglais qui candidatent ; les français sont très présents et sont les mieux préparés grâce aux formations comme AlumnEye. J’ai vu une grande différence dès 2014/2015 où la moitié des Summers étaient français, ce qui pouvait poser des problèmes de diversité. Aujourd’hui, cela s’est plus ou moins équilibré.

Ce qui fait la différence, c’est davantage la motivation que la préparation en tant que telle. Je n’ai pas fait passer d’entretien pour les Summers mais je voyais des interns qui venaient à mon desk. On voit tout de suite la différence entre quelqu’un qui est vraiment motivé et quelqu’un qui fait semblant. Ce que je recherche chez un intern, c’est qu’il soit curieux et intéressé par mon travail, qu’il vienne me poser des questions et me montre qu’il comprend ce que je lui explique. Les Summers doivent être smarts et motivés. Ils sont tous smarts mais tous ne sont pas réellement motivés et intéressés, et ça se voit rapidement.

 

Étant Dauphinois, que penses-tu des gens qui disent que seul un ingénieur peut travailler en trading ?

Il y a tellement de sortes de trading que cela veut tout et rien dire à la fois. Cela dépend de quel trading on parle ! Par exemple, le trading de produits vanille demande une certaine compréhension du marché mais pas de compétences mathématiques spécifiques. D’autres produits sont au contraire plus complexes et nécessitent une compréhension plus scientifique. Par exemple, il y avait deux traders dans mon équipe quand j’ai commencé ; l’un ayant fait Polytechnique et l’autre n’ayant pas suivi de formation spécifique et ayant gravi les échelons depuis le back office de la banque. Le premier a fait perdre de l’argent à la banque deux années de suite puis s’est fait remercier, tandis que le second est l’un des meilleurs traders avec qui j’ai pu travailler. Il n’y a pas de règle !

Avoir un background scientifique est un plus pour être recruté mais ce n’est pas un prérequis ! De nos jours, ce qui est vraiment utile est de savoir coder mais c’est très facile de l’apprendre par soi-même. Ce qui peut être intéressant pour un trader plus senior est d’avoir avec lui un junior qui sache coder et puisse l’aider à automatiser certaines tâches. Cela peut être un vrai plus !

 

Concrètement, que fais-tu en trading ? Comment s’organise ta journée ?

Il n’y a pas de journée type mais je vais donner les grandes lignes. Lorsque j’arrive au travail (avant que les marchés n’ouvrent), je lis mes mails et prends connaissance de l’actualité. Il y a des jours où les marchés sont plus calmes et où on peut se concentrer sur des projets à plus long terme de développement de produits, d’élaboration de nouvelles stratégies à pousser auprès des clients, etc. A l’inverse, lorsque les marchés sont volatiles, on est beaucoup plus dans le feu de l’action. Bien sûr, on passe aussi beaucoup de temps à faire des prix et trader pour les clients, à surveiller nos books pour bien comprendre nos risques. Lorsque les marchés sont fermés le soir, on traite d’avantage l’administratif.

 

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Quelles sont les différences/similarités entre les trading floors de Londres et New York ?

Le trading floor de Londres est très international. Celui de New York l’est également, mais un peu moins car il reste davantage américain. C’est à New York que tout se passe ; le trading floor est donc plus dynamique, tout va plus vite. Ma vision est peut-être propre à ma banque mais c’est l’impression que j’ai. Les différences ne sont finalement pas si grandes car je travaille toujours pour la même équipe (basée entre Londres et New York) ; je suis donc régulièrement en contact avec mes anciens collègues de Londres.

 

En parallèle de ta vie de trader, tu es passionné de photographie, avec 35 000 followers sur ton compte Instagram @nickmillers. Comment expliques-tu ce succès ?

Je me suis acheté un appareil photo Reflex avec mon premier bonus en 2013 car j’avais déjà un intérêt pour la photographie. Néanmoins, je m’y suis réellement intéressé lorsque je suis arrivé à New York. A Londres, je travaillais beaucoup car je couvrais les marchés anglais et américains. Je travaillais en général de 7 à 21h ; j’avais donc très peu de temps pour les loisirs. Lors de mon arrivée à New York, j’ai uniquement couvert le marché américain. Je me suis donc retrouvé avec pas mal de temps libre et ai commencé une collection de livres de photographies. J’ai également fait des recherches et regardé des tutos, lu des livres, etc. pour apprendre aussi bien le côté technique (manipulation de l’appareil) que la partie plus artistique sur la manière de composer une photographie.

New York est une ville qui m’a toujours fascinée ; je me suis donc lancé. Je peux parfois marcher des heures avec mon appareil photo jusqu’à trouver un endroit à photographier. C’est également une ville qui a l’avantage d’être la plus dynamique au monde en photographie. J’ai ainsi pu assister à de nombreux évènements et rencontrer des photographes qui m’ont beaucoup appris. J’ai ainsi pu créer une communauté de fidèles qui suivent mes photos. Par la suite, j’ai étudié le fonctionnement du réseau social. On dit qu’il faut 2 ans pour atteindre les 10k followers, mais cela ne m’a pris qu’un an ! Au début mes photos ont été repostées par des pages connues de photographies de rues. Suite à cela, j’ai commencé à gagner beaucoup d’abonnés. Egalement, lorsqu’une personne s’abonne à un photographe, j’apparais souvent en suggestion, ce qui aide à construire sa communauté.

 

Comment définirais-tu ton « style » de photographie ? On voit que tu aimes beaucoup les photos sombres, de nuit ou tôt le matin.

Je fais de la photographie de rue, souvent dans des conditions dramatiques telle que du brouillard, de la pluie, sous la neige etc. Je m’efforce à adopter un style très cinématique aussi bien au niveau de l’atmosphère, que des couleurs et des lumières. Je veux donner l’impression à la personne qui regarde mes photos qu’il s’agit de Gotham City et non pas de New York, ou qu’il en train de regarder un film neo-noir.

 

Est-ce qu’on te propose de bosser en tant que photographe sur des projets ?

Instagram est devenu une plateforme incontournable pour diffuser tous types de contenus. Même les plus grands photographes l’utilisent maintenant pour communiquer ; c’est devenu la manière d’exposer son travail.

On me propose souvent de faire de la publicité pour des produits, ce que je refuse dans 99,9% des cas car cela ne m’intéresse pas. Je comprends que certains photographes qui vivent de ça acceptent, mais j’ai un salaire confortable qui me permet de faire de la photographie uniquement par passion. La pureté de la photographie et de mon compte Instagram est ce qui attire ; c’est quelque chose que je souhaite conserver. Je ne suis pas non plus intéressé par les shootings photos.

Je ne souhaite pas faire de la photographie mon travail principal, je fais cela pour le plaisir non pas pour l’argent. Par contre, j’aimerais beaucoup publier un livre de photographies ou faire une exposition sur mon travail. Je pense que c’est le rêve de tout photographe.

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Tes collègues de bureau sont au courant de tout cela ? Si oui, ils en pensent quoi ?

Certaines personnes de mon entourage proche sont au courant (telles que mon boss ou quelques collègues). Ils suivent mon travail de manière admirative ! C’est marrant de voir la réaction de certains collègues lorsqu’ils apprennent ma passion pour la photographie car ce n’est pas courant. Beaucoup de collègues excellent à la fois en finance et dans leur passion, le sport le plus souvent. Mais les passions artistiques sont peu répandues.

 

Quelle qualité développée grâce à la photographie mets-tu aujourd’hui à profit dans ton travail ?

La patience ! Depuis que j’ai commencé à faire de la photographie, je me rends compte que je suis plus calme et posé dans mon travail, ce qui n’était pas toujours le cas auparavant. Pour certaines photos je peux parfois attendre durant une ou plusieurs heures le bon moment. Sur mes photos, il y a en général une composition étudiée et réfléchie. Lorsque le décor est fixé, je m’installe avec mon appareil photo et attends qu’une personne ou un sujet intéressant vienne se glisser dans ma composition. Le sujet idéal porte une trench coat et un chapeau, tel un personnage de film noir.

 

S’il faut choisir entre NYC et Londres : quelle ville pour faire du trading ? Laquelle pour faire les plus belles photos ?

New York pour les deux, il n’y a pas photo ! On ne peut pas forcément commencer sa carrière à New York en étant français ou Européen de manière générale, car les visas ne sont pas faciles à obtenir. J’aurais bien aimé commencer à New York mais ce n’était pas possible. J’ai donc commencé quelques années à Londres et ai orchestré mon move lorsque cela a été possible. En effet, il y a des visas spéciaux pour ce type de transfert en interne. Pour toute personne qui travaille en finance de marché, New York est quelque chose de plus gros que l’Europe ; c’est une belle expérience. Après c’est une jungle comparée à Paris ou Londres et il faut aimer. C’est également loin de l’Europe.

Je suis allé pour la première fois à New York en 2009 lorsque j’étais étudiant à Dauphine et je me suis pris une claque. J’ai su que c’était ici que je voulais vivre et travailler. Onze ans plus tard j’aime toujours autant cette ville ! Certaines personnes peuvent trouver cela suffoquant alors que je me sens ici comme chez moi. Au bout de quatre années passées à Londres, je me suis dit que j’y avais fait mon temps. J’aimais bien la ville mais je voulais passer à autre chose. J’étais donc content de partir à New York même si j’ai de bons souvenirs à Londres. Je suis à New York depuis deux ans et demi et je m’y sens bien. Je n’ai pas du tout envie de retourner en Europe !

Pour la photographie de rue, New York c’est une autre dimension. C’est la ville la plus impressionnante à photographier, devant Hong Kong et Tokyo.

Je n’exclus pas de rentrer un jour à Paris, mais pas pour tout de suite. Cela serait pour travailler dans un fonds d’investissement par exemple, ou dans quelque chose de différent car il n’y aura pas d’opportunités en banque. C’est comme un sportif qui va faire sa carrière dans les plus grands clubs d’Europe et qui revient au pays avant sa retraite. C’est là d’où tu viens et où tu te sens le mieux, c’est donc normal de vouloir rentrer à un moment ou un autre. J’ai des idées en tête mais n’ai pas de plan arrêté et défini.

 

Camille Hutt, étudiante à Grenoble Ecole de Management et Responsable Editoriale du blog AlumnEye

 


Conseils pour réussir un virtual Summer Internship

Les banques anglo-saxonnes et institutions financières ont mis en place des « virtual summer internships » qui remplacent l’organisation traditionnelle de leurs summer internships afin de faire face aux restrictions sanitaires mondiales.

Le summer internship est un programme ultra-sélectif. Il a d’ordinaire lieu à Londres, dans les locaux respectifs des employeurs, pendant une durée de 10 semaines. Son objectif est d’évaluer les candidats sur différents critères, afin de faire une offre de CDI aux plus performants d’entre eux. C’est donc un enjeu très important pour toutes les parties prenantes : à la fois pour les recruteurs, qui dénichent leurs pépites de demain, et pour les candidats, qui jouent leur début de carrière.

Le virtual summer internship est un format 100% distanciel, qui ne permet pas d’interaction physique avec ses managers ainsi que ses co-stagiaires. De nombreuses questions se posent pour faire la différence dans ce contexte. Comment démontrer ses compétences ? Comment nouer des liens de confiance avec ses supérieurs hiérarchiques ? Et surtout, comment faire pour avoir une offre de job à l’issue du summer internship ?

Voici quelques conseils pour faire une bonne impression durant votre virtual summer internship.

 

La logistique : une condition nécessaire 

La connexion internet, d’abord

Une excellente connexion internet est une priorité absolue dans le cadre d’un virtual summer internship. Si votre connexion internet n’est pas bonne, investissez dans une carte sim que vous utiliserez comme hotspot. Le risque d’une mauvaise connexion est très élevé : les visio-conférences coupées, les conversations que vous n’entendrez pas correctement, toutes ces interférences feront grandir la frustration auprès de vos managers. Ils risquent alors de vous dé-prioriser lorsqu’ils ont besoin de staffer un summer intern.

 

Le setup, ensuite

Un bon setup vous aidera à faire un bon virtual summer internship :

  • avoir un coin de travail dédié et lumineux sera un plus pour vous et vos interlocuteurs en visioconférence
  • avoir un deuxième écran aidera à travailler plus efficacement
  • avoir une webcam de bonne qualité donnera une meilleure image de vous même

LA4Lire aussi : Summer Internship en Finance : le meilleur moyen d’être embauché en banque ?

 

La bonne communication au bon moment

Une fois la logistique assurée, il va falloir assurer le premier élément clé de succès : la communication. Dans un mode de travail à distance, avec un bon setup et une bonne connexion, il s’agit de comprendre à quel moment, via quel canal et dans quel accoutrement communiquer.

Rater sa communication, c’est risquer deux travers :

  • être le stagiaire fantôme, que personne n’a vu durant le virtual summer internship
  • être le stagiaire lourd, qui harcèle ses équipes avec des invitations Zoom de networking et des appels incessants aux pires moments

 

Le bon timing

Une bonne communication doit impérativement se faire au bon moment. Evitez les moments de stress intense pour organiser un call networking. Evitez également les horaires de marché pour discuter de votre dernière trade idea avec un sales ou un trader. Guettez les moments de battement : après le close du marché, ou encore durant les moments où votre Analyste attend des commentaires de son VP.

Listez vos question au fur et à mesure de la journée de manière à pouvoir grouper vos requêtes et éviter les 10 mails successifs dans la journée. Votre Analyste vous en sera extrêmement reconnaissant.

 

Le bon canal de communication

Bien communiquer, c’est choisir son canal de manière stratégique. Privilégiez les emails et le chat interne pour les Allers/Retours sur des questions sur vos livrables. Privilégiez le téléphone dès que le sujet requiert des clarifications précises, ou bien que le sujet ne se met pas à l’écrit. Enfin, pour ce qui est du networking, privilégiez des visioconférences. Si ça n’est pas possible, organisez des appels téléphoniques.

 

La bonne apparence pour communiquer

Soignez votre apparence en permanence, afin d’être prêt si une visioconférence démarre à l’improviste. Portez en permanence votre costume, chemise, cravate, tailleur ou chemisier. En effet, l’image que vos Managers auront de vous sera la somme des interactions visuelles du summer. Et vous devez laisser une image irréprochable car elle sera le reflet de votre sérieux et de votre professionnalisme. Ce critère pèsera lourd dans la décision de vous embaucher.

 

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La bonne attitude fera la différence au détriment des hard skills

Dans un contexte de travail à distance, il est peu probable que vous soyez impliqués sur des dossiers hautement confidentiels en tant que virtual summer intern.

Vos recruteurs vont donc devoir vous évaluer sur des critères et des signaux ponctuels et incomplets, sans pouvoir vous tester en conditions réelles. Voici nos conseils pour réussir cette épreuve.

 

Simple, mais parfait

Lorsqu’un manager vous assigne une tâche simple, vous devez vous efforcer de la réaliser de manière impeccable. Vous allez être jugé sur des tâches très simples : mettre à jour une présentation, ajouter des chiffres à un fichier excel, récolter de l’information pertinente sur un sujet. Ces tâches, qui sont objectivement simples, doivent être parfaitement réalisées : vérifiez vos chiffres, l’orthographe, le formatting, et respectez vos deadlines.

Si une petite voix vous chuchote que ces tâches ne sont pas à la hauteur de votre talent, soit. Pour passer à des tâches à plus haute valeur ajoutée, vous devrez impérativement être irréprochable sur ce type de staffing. Sinon, c’est la malédiction qui s’abattra sur vous : des coquilles ou un formatting qui laisse à désirer vous catégoriseront immédiatement comme un stagiaire « peu fiable » et aucun manager ne vous accordera des tâches à valeur ajoutée.

 

Disponible, tout le temps

Soyez tout le temps disponible et joignable, même si vous vous déconnectez après votre journée de travail. Un Manager qui cherche à vous staffer essaiera de vous joindre une fois. Peut-être deux. Si vous êtes injoignable, il staffera quelqu’un d’autre. Et retiendra de vous que vous n’êtes pas joignable. Et vous n’aurez pas d’offre à la fin de votre summer internship.

Si une petite voix vous chuchote (encore) que vous n’avez pas signé pour être staffé à 21h après vous être déconnecté, changez d’industrie. Le summer internship est une évaluation de quelques semaines où l’on vous demande de faire du zèle. Si vous n’en ressentez pas l’envie pendant cette courte durée, difficile d’imaginer que la suite de votre carrière dans un secteur aussi exigeant se passera bien.

 

La prise d’initiative, derrière votre écran

Il est indispensable de témoigner votre capacité à prendre des initiatives. Difficile dans le contexte d’un virtual internship : coincé derrière votre écran, démontrer votre prise d’initiative est un vrai casse-tête, et pourtant voici quelques conseils très simples pour le faire correctement.

  • partagez des articles pertinents à votre équipe et vos managers
  • envoyez par mail de courts récapitulatifs de vos échanges téléphoniques avec les idées clés et les étapes suivantes
  • réservez des créneaux téléphoniques avec les membres de votre équipe dès la première semaine de votre virtual summer internship. A cette occasion, passez 2 minutes à vous présenter, demandez quels sont les sujets d’actualité et comment vous pouvez aider
  • proposez votre aide sur des tâches répétitives qui soulageront vos Analystes : mise à jour de base de données, production de profils d’entreprises, récolte d’informations

LA4Lire aussi : Conseils Summer Internship et Offcycle : 8 clés pour décrocher son offre

 

S’assurer de comprendre pour éviter le hors-sujet

Lorsqu’un Analyste vous staff avec une tâche pour la première fois, soyez certain d’avoir parfaitement compris ce qu’il attend de vous. Il est indispensable d’éviter de faire semblant de comprendre pour paraître smart en répondant « oui oui bien sûr ». Ca se retournera contre vous à chaque fois. Validez votre compréhension, reformulez le besoin, et faites en sorte de connaître les détails de ce qui est attendu de vous : quel format ? combien de slides ? quel niveau de détail ? et pour quelle deadline précisément ? Le pire scénario que vous devez éviter : dire que vous avez compris, et livrer un document hors-sujet, ou trop tard, sans avoir compris que c’était urgent.

Pour conclure, il est indispensable, en tant que candidat, de bien comprendre que vous allez être jugé sur un nombre très limité d’interactions et de signaux.

Votre performance ne sera PAS évaluée à travers vos compétences quantitatives ou numériques, ni même à travers votre connaissance des marchés financiers ou des transactions M&A. Au contraire, les critères d’évaluation les plus importants seront : votre attitude, vos capacités de communication, votre pertinence sur un nombre limité d’interactions téléphoniques, et votre capacité à comprendre la culture de l’équipe et à vous y insérer, à distance. Pour performer au mieux étant donné ces critères, n’hésitez pas à contacter des membres de l’équipe, à vous manifester et à proposer votre aide, à vous tenir au courant du business de l’équipe. Et gardez toujours une attitude positive.

 

One last thing…

Enfin, et ce sera mon dernier conseil : n’oubliez pas que votre promotion de co-stagiaires est une ressource précieuse.

Soyez présents pour vos co-stagiaires et nouez des relations fortes avec ces derniers. En effet, au bureau la question de la complicité entre stagiaires semble évidente, car les longues heures de travail créent une solidarité de fait. Le contexte virtuel de cette année ne doit pas vous faire oublier que vous n’êtes pas seul. Alors, proposez votre aide, entrez en contact avec les autres stagiaires, organisez des événements virtuels pour vous connaître, et soutenez-vous !

Car gardez bien en tête une chose qui est une constante, quelque soit les conditions : les top performers sont toujours ceux qui prennent du temps pour les autres, ceux qui restent plus tard pour aider, ceux qui enseignent leur savoir à leurs co-stagiaires.

Ce talent de teamworker ne sera pas nécessairement remarqué par vos Managers durant le Virtual summer internship. Peu importe. Votre carrière ne fait que commencer et votre actif le plus précieux tout au long de votre carrière sera votre réputation, et elle s’écrit dans les premières heures de votre carrière, avec vos co-stagiaires.

Bon courage !

 


Coronavirus : quel impact sur le recrutement en Finance ?

L’épidémie mondiale de Coronavirus va probablement avoir un impact colossal sur le recrutement en finance en 2020.

Cet article a pour vocation de répertorier les impacts concrets de cette crise sur le recrutement en finance à Paris et à Londres. Il sera progressivement complété au fur et à mesure que les décisions sont prises par les banques et institutions financières.

 

La mise en pause des recrutements expérimentés en Private Equity 

Le contexte actuel fait que les fonds d’investissement mettent en pause tous leurs recrutements et ce pour plusieurs raisons :

  • Le réflexe en temps de crise est de geler les embauches, c’est une des façons de préserver la base de coûts dans une période incertaine.
  • La priorité des équipes change. Du jour au lendemain, les investisseurs en Private Equity doivent gérer les sujets urgents de leurs sociétés en portefeuille qui vont être impactées par le Covid-19. Plus le temps ni l’envie de faire passer des entretiens dans ce contexte.
  • Les Partners décisionnaires sont mobilisés sur les LPs, avec qui ils doivent communiquer en permanence pour les rassurer.

LA4Lire aussi : Récap de l’actu liée au Covid-19

 

Toutefois, cette situation ne devrait être que passagère. En effet, étant donné les capitaux levés restant à déployer par les fonds de Private Equity, il est probable que les recrutements redémarrent et soient finalisés une fois la situation normalisée. C’est d’ailleurs d’autant plus probable qu’une fois que l’activité repartie, on observera sans doute un effet de rattrapage sur de nombreuses transactions qui sont actuellement mises en pause par les vendeurs.

La situation est évidemment en constante évolution, nous mettrons à jour en fonction des informations que nous recevrons.

 

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Le maintien des Summer Internships prévus pour l’été 2020

 

Bon courage à tous !

 


M&A : Londres vs Paris — où débuter sa carrière ?

Tandis que les nouvelles générations de banquiers français cumulent les stages à Paris et les Summer Internships à Londres, nombreux sont ceux qui doivent se poser la question fatidique quant à la localisation de leur premier emploi : Paris ou Londres ? Si le Brexit a quelque peu rebattu les cartes et laisse planer de vraies incertitudes sur les embauches des équipes au UK, beaucoup d’étudiants français sont tentés de plier bagages vers Londres pour commencer leur carrière.

Choisir de faire ses années d’Analyst à Londres ou à Paris n’est pas anodin et présente de véritables différences à prendre en compte : nature du travail, ambiance, opportunités de carrière, aspect financier. Bien que le métier ne soit pas fondamentalement différent, le rôle d’un Analyst varie considérablement qu’il soit chez JP Morgan à Londres ou chez Lazard à Paris, tout comme l’environnement dans lequel il évolue.

 

Banques sectorisées VS banques généralistes et bureaux locaux

La première différence fondamentale entre Londres et Paris réside dans l’organisation des banques. Si les banques au UK sont quasi-exclusivement divisées en équipes secteurs (TMT, FIG, Industrials, Retail, etc.) et en équipe produits (M&A, ECM, DCM, LevFin), les banques parisiennes, elles, sont très majoritairement généralistes (à quelques exceptions : BNP CIB, Crédit Suisse, Lazard TMT/FIG, Morgan Stanley Real Estate). De fait, là où les Analysts parisiens peuvent être confrontés à une multitude de secteurs au cours de leurs premières années, les équipes londoniennes se « spécialisent » dans un secteur. L’impact sur le travail quotidien des Analysts est réel : un Analyst généraliste à Paris sera souvent impliqué sur 5-6 dossiers et autant de secteurs alors qu’un Analyst sectorisé à Londres fera un travail de coverage, apportant sa connaissance sectorielle sur des dossiers de façon parfois ponctuelle et faisant un travail permanent de couverture de son secteur (mise à jour de fichiers de multiples boursiers et de transactions, etc). Cela prend aussi un aspect technique dans la mesure où certains secteurs (Real Estate, FIG, Infrastructure) ont des méthodes de valorisation et des metrics qui leurs sont propres et qui permettent aux Analysts d’acquérir des compétences très spécifiques. Enfin, l’organisation matricielle des équipes à Londres et le faible nombre de stagiaires (hors période de Summer) ont tendance à agrandir les équipes sur les deals et à naturellement éloigner l’Analyst du client, celui-ci étant quelque peu « juniorisé ».

Une deuxième variable relative à la structure des banques est la différence entre les bureaux régionaux et les headquarters. Au contraire des banques françaises, les bureaux de banques étrangères à Paris ne sont que des antennes locales et restent très dépendants du bureau londonien. Si rejoindre Goldman Sachs ou JP Morgan à Paris plutôt qu’à Londres n’est en aucun cas plus simple, il demeure que les problématiques les plus stratégiques sont très souvent traitées à Londres, les bureaux locaux étant en charge du travail de relation commerciale avec les clients français et des deals ne nécessitant que peu d’implication de Londres. Aller à Londres permet donc de se retrouver au « cœur » du système et fait sens pour les Analysts souhaitant à terme progresser au sein de l’état-major d’une banque.

 

LA4Lire aussi : M&A : Analyst, Associate, VP, etc., quel rôle selon votre grade ?

Ambiance policée VS ambiance plus rugueuse

Si la structure des banques varie considérablement entre Londres et Paris, l’ambiance se veut elle aussi très différente et certaines cultures d’entreprise à Paris sont aux antipodes de celles que l’on retrouve au UK. Très influencés par la culture anglaise (notamment au niveau RH), les bureaux londoniens se veulent beaucoup plus policés que leurs équivalents parisiens. Les relations hiérarchiques, le mode d’apprentissage ou encore la façon d’interagir au sein du groupe sont autant d’éléments codifiés au sein des structures londoniennes et font partie intégrante de la culture d’entreprise. Élément clé de la culture anglo-saxonne, le networking est un travail à part entière et l’instrumentalisation des relations humaines est totalement acceptée en Angleterre ; le networking étant pris en considération au moment du ranking annuel des Analysts au sein des banques et de l’attribution des bonus.

Au contraire, l’ambiance à Paris se veut plus anarchique et moins sujet aux problématiques RH. A l’exception de certaines branches de banques étrangères (Goldman Sachs par exemple), la culture en banque d’investissement à Paris se veut beaucoup plus « tough » que celle à Londres et le tact anglo-saxon laisse place à un franc-parler beaucoup plus français. Si les RH ont un rôle majeur au sein des banques au UK, à Paris la culture est plutôt dictée par les opérationnels. Bien que les banques parisiennes aient tendance à adoucir leur culture dans un souci d’image, cela demeure sans commune mesure avec Londres ; certaines pratiques comme le networking étant totalement inexistantes.

Enfin, l’aspect international et multiculturel de Londres tranche avec l’environnement très franco-français des banques en France, à la limite de l’entre-soi parisien. Là où à Londres une quinzaine de nationalités pour autant d’écoles peuvent se côtoyer au sein d’une équipe, les profils parisiens sont très similaires, souvent issus d’un ensemble réduit d’écoles, voire de classes préparatoires. Là encore, la forte dichotomie entre ces deux environnements implique pour un jeune diplômé de faire un choix entre des univers très différents, qui sera pour partie influencé par les problématiques de recrutement.

 

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Londres, une place moins élitiste que Paris

 Les différences culturelles influençant l’ambiance au sein des banques à Paris et à Londres ont aussi un impact sur le mode de recrutement, et in fine les profils que l’on retrouve sur ces deux places. Très élitiste et conservateur, le M&A parisien valorise avant tout le cursus académique et limite son recrutement à un nombre très restreint d’écoles. Si quelques profils parviennent à franchir cette barrière, le système français conserve un plafond de verre et réduit fortement les possibilités de carrière pour les étudiants sortant de ce giron à mesure qu’ils progressent dans la hiérarchie.

Bien que la concurrence soit plus forte à Londres (en raison du nombre beaucoup plus important de candidats), le système anglo-saxon accorde beaucoup plus d’importance aux expériences (professionnelles et extracurriculaires) et suit une politique de quotas. De fait, certains profils francophones ne correspondant pas aux prérequis français voient leurs chances s’accroitre en Angleterre et l’école tend à s’effacer beaucoup plus rapidement de l’autre côté de la Manche.

De fait, si le recrutement n’est pas une problématique majeure pour les étudiants issues d’écoles parisiennes (commerces ou ingénieurs), la question se pose pour les étudiants aux écoles moins prestigieuses et qui ont tout intérêt à se tourner vers un début de carrière au UK.

 

Londres, une voie royale vers le buy-side

Première place financière du monde, Londres héberge un nombre de fonds d’investissement sans commune mesure avec Paris. Fonds de private equity, Real Estate, VC, Hedge fund, activistes, dette ; les possibilités sont extrêmement nombreuses en Angleterre en comparaison à Paris.

Si le passage du sell-side (banque d’affaires) au buy-side est structurellement compliqué et très compétitif, il demeure plus simple à Londres qu’à Paris. Effectivement, si le nombre de concurrents est beaucoup plus élevé à Londres, il en va de même pour le nombre d’offres.

A la différence de Londres, les offres se font rare à Paris et les fonds d’investissement représentent in fine un micromarché limité à une trentaine de recrutements annuels sur la place parisienne. Si a priori le nombre de candidats est plus faible, il faut prendre en compte le nombre important de banquiers français basés à Londres souhaitant rentrer à Paris et postulant aux offres proposées par les fonds parisiens. Cette composante tend par ailleurs à avantager les banquiers français travaillant dans les banques américaines à Londres, leurs profils étant les plus convoités avec les juniors travaillant en boutique d’élites (Rothschild & Co et Lazard).

De fait, commencer à Londres augmente considérablement les chances de pouvoir rejoindre un fonds d’investissement et est un choix cohérent pour les étudiants voulant à tout prix passer du sell-side au buy-side. Par ailleurs les chasseurs de tête et recruteurs excluent bien souvent les profils parisiens dans leurs recherches pour des postes à Londres, restreignant les possibilités d’exit pour les banquiers basés en France.

 

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Avantage financier pour Paris

Brexit oblige, l’incertitude régnant autour du pound a grandement impacté la rémunération absolue des postes à Londres. En effet, si longtemps un pound élevé incitait les jeunes banquiers français à travailler à Londres avant de revenir en France, la situation est moins glorieuse à l’heure actuelle. Par ailleurs, le coût de la vie sans commune mesure entre Paris et Londres joue en défaveur de la capitale anglaise et il est beaucoup plus avantageux financièrement pour un junior de commencer en France qu’au UK (Entre 80 et 120 000€ annuel en large cap à Paris VS 70 à 100 000£ à Londres) compte tenu du coût de la vie.

De même, l’accession à la propriété immobilière est quasiment impossible à Londres alors qu’un Analyst parisien pourra très rapidement obtenir un prêt à hauteur de plusieurs centaines de milliers d’euros afin de financer l’achat d’un appartement. Si à long terme les rémunérations tendent à jouer en faveur de Londres (à partir du niveau VP), à court terme les salaires parisiens permettent d’accéder à un niveau de vie bien supérieur qu’en Angleterre.

 

Un choix de carrière décisif

Au-delà des préférences personnelles liées aux villes en elles-mêmes, les différences entre Londres et Paris sont considérables et peuvent avoir un impact fort sur le début voire sur toute une carrière en banque d’affaires. En effet, bien qu’il ne soit pas évident de se projeter au sortir de l’école, ce choix peut avoir des conséquences difficilement réversibles sur le reste de la carrière. Entre autres, commencer à Paris peut complexifier un départ vers l’Angleterre au bout de quelques années, notamment pour les fonds d’investissement. De même, commencer à Paris peut être beaucoup plus complexe pour des profils moins valorisés et subissant une concurrence accrue. Toutefois, la place de Paris offre des avantages certains : une sécurité de l’emploi plus forte au regard du droit du travail, une exposition client souvent plus importante, un solide marché midcap totalement inaccessible aux personnes non francophone

 

  Paris Londres
Ambiance Franco/français
Entre soi parisien
Moins « policé »
Internationale
Equipes plus jeunes
Importance du networking
Rémunération Meilleur niveau de vie Plus compliqué (coût de la vie élevé)
Sélectivité Très axé sur l’école Plus ouvert
Opportunités Moins de fonds de Private Equity Enormément de fonds
Plus de Corporates
Nature du travail Varie en fonction des équipes mais niveau de base des Analysts très élevé avec dès lors des responsabilités sans commune mesure Dépend des équipes, tendance à junioriser les Analysts