Qu'est-ce que le M&A en Real Estate ? Interview AlumnEye

Nous avons interviewé pour vous, au sein du Réseau AlumnEye, un stagiaire en M&A Real Estate dans une Bulge Bracket à Paris. Il nous raconte les particularités du métier de fusions-acquisitions en immobilier.

Peux-tu présenter le métier du M&A en Real Estate et ses différences avec le M&A classique ?

Le métier est similaire au M&A « classique », avec des opérations de fusions, d’acquisitions, de cessions, d’augmentations de capital et autres opérations de financement.

La différence principal avec le M&A classique réside dans le fait que l’on travaille :

  • avec des acteurs différents foncières, développeurs, groupes d’hôtellerie
  • sur des actifs différents : centres commerciaux, tours de bureaux, portefeuilles d’hôtels
  • avec des agrégats financiers spécifiques au Real Estate : on raisonne en termes de loyers et non de chiffres d’affaires, en terme de taux d’occupations ou encore de « Net Asset Value ». On établit des comparables en fonction du capitalization rate et pas de multiples d’EBITDA

 

 

Quelles étaient tes motivations pour postuler à un poste en M&A en Real Estate ?

 

Je n’avais pas de volonté particulière à vouloir travailler en immobilier, je voulais avant tout avoir une première expérience en banque d’affaires. En acceptant ce stage, je me suis dit que 6 mois dans une équipe sectorisée me permettrait d’acquérir une réelle expertise dans un métier, ce qui est un atout non négligeable. Au final, je trouve cette industrie très intéressante au sens où on travaille sur des problématiques très différentes selon la catégorie d’actif (residential, lodging, office, logistics, retail). C’est une excellente formation pour ensuite passer du côté corporate !
Enfin c’est l’un des rares secteurs où l’on travaille sur des actifs « corporels » : j’ai eu la chance durant mon stage de réaliser la cession et l’inauguration d’un des plus grands centres commerciaux de Paris !

En quoi consistent tes tâches quotidiennes et celles de ton équipe ?

Comme pour le M&A classique, une partie du métier consiste à pitcher les clients sur de potentielles opportunités M&A ou de financement. Durant des exécutions de mandats, les tâches sont plus variées. Voici une liste non exhaustive des tâches quotidiennes que j’ai pu effectuer en tant que stagiaire dans l’équipe :

  • Mise à jour et suivi des performances boursières d’un fichier de comparables, regroupant une trentaine d’acteurs du Real Estate, actualisation des consensus de brokers, et des résultats trimestriels. C’est un travail de longue haleine qui sert de pilier aux travaux de valorisation réalisés.
  • Assistance des analystes dans les phases « marketing » du métier : production de slides pour les différents pitchs, Info Mémos, recherche d’information de marché / financière, travail de synthèse et de mise en forme.
  • Assistance dans l’exécution de mandat : gestion du processus de data room, répondre aux requêtes urgentes des clients, réalisation de database synthétisant le portefeuille d’actifs cédés…
  • Préparation en vue des meetings : travaux de recherche et d’analyse financière en coordination avec l’équipe Global Capital Market, drafting et mise en forme de présentations destinés aux seniors.

Généralement beaucoup de tâches dans l’urgence, car il y a plusieurs exécutions de mandats simultanées dans une équipe réduite (2 analystes seulement, dont un à Londres) et donc une très forte exposition pour le stagiaire !

Le métier est très différent à un niveau senior :

  • animation de meetings avec les clients, très souvent en déplacement
  • prospection de nouvelles opportunités et de l’actualité financière et immobilière
  • pilotage des différents mandats et du staffing de l’équipe

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Quels sont les profils typiques des employés de ton équipe ?

Les profils sont assez homogènes : école de commerce parisienne, Sciences Po, Dauphine. Les juniors ont tous effectués un stage de césure / fin d’étude au sein de l’équipe avant de recevoir une offre d’embauche. Pour les membres plus seniors, ils ont pour la plupart évolué en tant que junior en banque d’affaires, mais aucun d’eux n’avait travaillé en immobilier avant de rejoindre l’équipe.

 

Peux-tu nous parler  des grandes problématiques contemporaines liées au M&A Real Estate ?

La principale problématique liée au secteur de l’immobilier est son caractère cyclique. Le secteur est fait de phases ascendantes et de pics (avec des niveaux de valorisation et loyers très hauts) puis de chute des prix. C’est un critère essentiel dans l’approche de valorisation d’un actif, qui est donc au cœur des travaux et des modèles de valorisation en Real Estate.

Un second point essentiel est la régulation fiscale : selon le pays où se situe l’actif, on aura des avantages fiscaux liés au contrat de bail, à la cession et il convient de bien connaître les règles en application dans le pays pour en tirer profit.

Merci beaucoup pour ces réponses, à très bientôt !

Si vous avez des questions additionnelles concernant le métier du M&A en Real Estate, n’hésitez pas à les poser en commentaires, nous les ferons passer et les ajouterons en edit de cet article.

Retrouvez des informations sur les différents métiers sur le blog AlumnEye !


Fraudes et délits d'initiés en M&A et Sales & Trading : pourquoi ?

Fraudes et délits d’initiés en M&A et Sales & Trading : pourquoi ? 

Le monde financier est souvent vu d’un mauvais oeil par l’opinion publique. Cette triste réputation est largement alimentée par les nombreux scandales de fraudes qui ont secoué ces secteurs. C’est à croire qu’aucune banque n’a pu échapper à la tentation du délit. Même JPMorgan, l’institution bancaire la plus respectée de la place vient de signer un chèque de $2.6Mds pour ses liens trop étroits avec Bernard Madoff. Plus proche de chez nous, la Société Générale a defrayé la chronique avec la fraude de son célèbre trader Jérome Kerviel. Et la liste n’en finit plus : Crédit Suisse et Serageldin, Goldman Sachs et Fabrice Tourre, UBS et Kweku Adoboli…

Le paradoxe réside dans le fait que la plupart des fraudeurs ne sont pas fondamentalement mauvais. Pour leur vaste majorité, ils n’ont jamais fréquenté le banc des accusés. Au contraire, ils vivaient une vie irréprochable avant leur mise en cause.

Pour autant, la liste des scandales financiers est longue et l’interrogation d’autant plus légitime : pourquoi tant de bons employés se mettent à mal agir ? C’est le sens de la question posée par le juge Hellerstein lors de la condamnation de Serageldin qui gérait une équipe de trading de Mortgage Backed-Securities chez Crédit Suisse pendant la crise de 2008 : « Pourquoi autant des gens bons sont-ils les auteurs d’actions répréhensibles ? »

La recherche du profit personnel

Avant d’aborder l’ensemble des éléments expliquant des comportements déviants, il est indispensable d’aborder le premier d’entre eux : la recherche du profit personnel. A ce titre, l’exemple de Rajat Gupta est effarant : ancien Managing Director de McKinsey, cet ex-membre du Board de Goldman Sachs a été condamné pour délit d’initié après avoir transmis des informations privées à un fund manager. Rien ne laissait entrevoir une telle fin pour Rajat Gupta, marié et père de 4 filles, parti à la retraite avec une fortune personnelle estimée à environ 130 millions de dollars. Malgré cela, il rentre dans le jeu risqué du délit d’initié pour s’enrichir personnellement. Incompréhensible venant d’un multimillionnaire si l’on ne prend pas en compte les fréquentations de M. Gupta : Bill Gates, Henry Kravis, Henry Paulson, autant de multimilliardaires pour qui $130mm semblent être une bagatelle.

Pression

Le contexte de crise et la recherche permanente du profit ont
favorisé une culture d’entreprise qui exerce une forte pression sur les employés pour réaliser leurs objectifs de performance. C’est l’argument principal de la défense de Jérome Kerviel lors de son procès : son avocat rappelle que ses résultats de l’année N devenaient ses objectifs de performance pour l’année N+1. Fraudes et contournement des limites de risque deviennent alors un moyen d’atteindre les objectifs de performance quand la situation est trop stressante.

Sous la pression de générer des bénéfices pour un fonds d’investissement ou une banque, les traders sont à l’affût d’informations sur le marché qui peuvent lentement les rapprocher de la ligne de l’illégalité. Au même titre, les « réseaux d’experts » auxquels font appel les banquiers M&A pour avoir des informations sectorielles sont parfois à la limite de l’information privilégiée.

Auto-persuasion

Beaucoup des fraudeurs se persuadent de ne pas être dans l’illégalité pour mieux soutenir le fondement de leurs actions. Ce type d’individu ne peut donc pas être dissuadé : il est convaincu du bien fondé de sa conduite. Si vous ne croyez pas que votre action est illégale, alors vous ne craignez pas la punition.

 

 

Banalisation

Un autre phénomène est souvent invoqué lors des procès de délits d’initiés : la banalisation des comportements répréhensibles. Ils deviennent monnaie courante et ceux qui ont cédé contribuent à la perversion des autres : si tout le monde a la conviction que l’action n’est pas répréhensible, elle ne peut l’être réellement. La manipulation des taux interbancaire, des taux de change, des devises étrangères des banques mondiales devient une habitude dont se targuent même les coupables après avoir augmenté ou diminué artificiellement un taux de référence.

Et contrairement à ce qu’invoquent systématiquement les employeurs des fraudeurs, il ne s’agit pas là de cas isolés. Pour preuve le nombre de condamnations dans le secteur financier a explosé ces 5 dernières années. Le régulateur semble être conscient du problème et soucieux de l’éradiquer.

A titre d’exemple le juge Hellerstein a été clément dans sa sentence à l’égard de Kareem Serageldin en invoquant la culture toxique qui régnait chez Crédit Suisse et ses concurrents. Ce trader de chez Crédit Suisse a été condamné à 30 mois de prison pour son rôle dans la manipulation des prix de MBS avant la crise de 2008.

Lois imprécises

Le régulateur est également partiellement fautif : les lois sur les opérations de délits d’initiés stipulent que l’information communiquée doit être «importante» (« material » en anglais) pour constituer un délit. La frontière de la légalité est alors facilement dépassée sans même s’en rendre compte du fait du caractère relatif du caractère « important ».

 Et pourtant…

Ce qui reste déroutant sur ​​les personnes qui ont mené une vie droite auparavant, c’est qu’elles sont peu susceptibles de commettre un délit s’il leur est présenté en termes clairs.

Prenez l’exemple d’un trader de Wall Street qui, si on lui demandait d’échanger des informations privées importantes obtenues par un insider de l’entreprise, refuserait sans hésiter – du moins s’il a une chance raisonnable d’être pris.

Comme le juge Hellerstein l’a souligné en condamnant M. Serageldin « Chaque personne doit regarder en lui-même et se demander ce qui est juste  et ce qui est faux. » Les affaires de criminalité en col blanc impliquent trop souvent des accusés qui ne semblent jamais s’être posés de telles questions.

 

En quoi cela concerne-t-il un candidat pour un poste en finance ? 

De plus en plus de questions d’entretien sont posées sur votre éthique personnelle. Chez Barclays par exemple, à plusieurs reprises la question est revenue : « How would you react if your client asked you to do something unethical? » ou encore « What would you do if your friend did something unethical at work? ». Ces questions doivent être prises très au sérieux car l’éthique est devenue un critère central de recrutement. En effet, les malversations ont coûté très cher aux banques en termes financiers mais également en termes d’image de marque. Il s’agit pour ces recruteurs de limiter le risque de fraude dès l’étape du recrutement.

Toutes ces questions sont traitées lors des trainings AlumnEye Finance, avec toutes les questions techniques, tests numériques, ainsi que toutes les astuces pour passer la barrière de la sélection de CV.


Qu'est-ce que le Transaction Services ? Interview d'un Analyste en TS en Big 4

Il n’est pas rare de voir des candidats passer par le Transaction Services avant d’aller en M&A ou en Private Equity. Réciproquement, alterner TS et M&A lors d’une césure est un schéma très classique. AlumnEye a voulu vous donner davantage d’informations sur le Transaction Services en interviewant un Analyste en TS dans un des 4 plus gros cabinets d’Audit et de Conseil (les fameux Big 4).

 

Peux-tu présenter ton métier d’Analyste en Transaction Services ? 

Mon métier, analyste en TAS (=Transaction Advisory Services) regroupe 3 grands départements au sein de mon cabinet d’audit, tous liés aux métiers de la transactions (cession, rachat ou autre opération). Ces trois départements sont les suivants :

  • Transaction Support : ce département accompagne le client lors de ses transactions sur les missions de due diligence comptable et financières. Les cabinets se positionnent soit à la vente soit à l’achat. Le but d’une mission est de produire un rapport exhaustif présentant et analysant les performances historiques de l’entreprise, les risques identifiés ainsi que les principales hypothèses du business plan. Le rapport présente également un EBITDA normatif, un BFR normatif ainsi qu’une dette nette qui serviront de base dans les négociations futures.
  • Valuation and Business Modelling : les professionnels de l’évaluation aident les clients à mettre en œuvre avec efficacité leur stratégie financière. Ce département réalise des estimations d’entreprises et d’actifs individuels lors de transaction ou simplement pour assurer leur compatibilité avec les exigences légales, commerciales ou comptables. Ce département assure également des conseils au niveau de la modélisation, pour permettre à leurs clients de prendre les bonnes décisions par la suite.
  • Restructuring : ce département donne des conseils et met en place des objectifs qui permettent d’assurer le bon déroulement de la réorganisation d’une entreprise, l’amélioration de la gestion de la trésorerie, les solutions à mettre en place lors de difficultés financières, ainsi que la vente ou l’achat d’actifs en difficultés.

De façon plus générale, le Transaction Services regroupe 2 grands types de missions :

  • Le Sell-side due diligence ou VDD (Vendor Due Diligence) concerne l’entreprise qui cède l’actif. Le but est d’établir un rapport sur les performances financières passées, avec une information traitée en profondeur, les problématiques étant traitées de manière critique. L’objectif est de délivrer de l’assurance pour l’acheteur et d’optimiser le prix de cession. Ce rapport est donc à destination des acheteurs.
  • Le Buy side due diligence concerne l’acheteur. Il se fait à l’acquisition, et se focalise sur des points plus précis, dans des délais plus court. Le but est d’identifier tous les risques financiers liés au rachat de la cible afin de pouvoir prendre une décision éclairée et de se prémunir sur certains points à l’aide de clauses spécifiques.

Afin d’appréhender ces différentes missions, il est indispensable de bien comprendre comment se déroule une transaction M&A, question très classique en entretien.

LA4  Lire aussi : Interview d’un Analyste en Transaction Services

 

Quel est le quotidien en Transaction Services concrètement ?

L’analyste en Transaction Services a pour mission de rédiger un rapport exhaustif contenant les éléments suivants :

  • Une revue du secteur et du business pour comprendre le modèle économique de l’entreprise considérée ;
  • Une analyse approfondie de la performance historique de l’entreprise ;
  • Le calcul de la dette nette et de l’EBITDA normatif (c’est-à-dire prenant en compte les ajustement des éléments non récurrents). Cet EBITDA sera notamment utilisé pour l’évaluation du prix d’achat ;
  • Le tableau de Cash-Flows ;
  • Une revue du Business Plan ;
  • Le calcul du BFR (=Besoin en Fonds de Roulement) moyen et du BFR normatif ;
  • Une clause d’ajustement de prix.

Les clients sont généralement soit des investisseurs financiers de type fonds de Private Equity, soit des investisseurs industriels, aussi appelés « Corporate ».

 

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Quelles étaient tes motivations pour postuler à un poste en Transaction Services ?

Plusieurs facteurs m’ont encouragé à postuler en Transaction Services. Tout d’abord, le contexte stratégique des missions m’a fortement attiré. Le fait de travailler en équipe a aussi été un facteur important. Le Transaction Services, c’est aussi une porte d’entrée pour les fonds de Private Equity et les directions financières, au même titre que le métier de conseil en fusions-acquisitions.

On me demande souvent pourquoi faire du M&A et pas du TS ?

La différence par rapport à la banque, c’est qu’on va plus dans le fond des choses, le travail est plus technique, et on a davantage de travail en équipe, avec tout de même un respect du rythme personnel de chacun (les stagiaires ont leurs week-end !). Ce n’est donc pas tout à fait le même profil. Il y a aussi un avantage par rapport à l’audit selon moi, puisque je trouve ça personnellement plus stratégique, plus intéressant et plus orienté finance, sans parler des débouchés qui sont très différents.

Enfin, un autre avantage de ce poste dans certains Big 4 (PwC, Deloitte, KPMG, Ernst&Young) est qu’on nous offre la possibilité, au sein du cabinet, de faire à la fois des missions d’évaluation, de restructuration ou d’optimisation du BFR.  

LA4  Lire aussi : Le jargon de M&A expliqué

 

Quels sont les profils typiques des employés de ton équipe ?

Il y a deux façons de rentrer en Transaction Services :

  • Au niveau junior : avec la crise, les cabinets sont devenus beaucoup plus sélectifs en termes d’école et d’expérience préalable.
  • Au niveau expérimenté : il est possible d’obtenir un transfert en Transaction Services après quelques années en audit par exemple, qui constitue une bonne école pour ce type de métier.

 

Quelles sont les grandes problématiques contemporaines liées à ton métier ? 

  • Le Transaction Services en France souffre d’un recul global de l’activité. Il y a peu de dealflow, ce qui se traduit par moins de deal pour les équipes de Transaction.
  • On observe également un élargissement géographique des missions.
  • Il existe aussi dans le métier une problématique d’indépendance des CAC (Commissaires Aux Comptes). Un cabinet d’Audit ne peut pas à la fois être Commissaire Aux Comptes et Conseil pour une entreprise. Cela créerait un conflit d’intérêt qui mettrait le CAC dans une situation qui l’exposerait à des influences susceptibles de porter atteinte à son impartialité. Selon l’article Article L. 822-10 du Code de Commerce, « les fonctions du commissaire aux comptes sont incompatibles […] avec toute activité commerciale, qu’elle soit exercée directement ou par personne interposée.« 
  • Enfin, on remarque petit à petit un changement du paysage avec l’émergence de nouveaux acteurs. Auparavant, il n’y avait quasiment que les Big 4 sur le marché des Transaction Services. Désormais, on voit apparaître une concurrence d’experts indépendant qui gagnent des parts de marché. J’ai notamment en tête des noms tels qu’Eight Advisory et Accuracy, même si les Big 4 restent prédominants. Ces cabinets se disent plus indépendants car ils ne font que du TS et du Restructuring (vs les cabinets d’Audit qui font également de l’audit légal). Les rémunérations dans ces cabinets sont en général un peu supérieures. 

 

Merci beaucoup pour ces réponses, à très bientôt !

Si vous avez des questions additionnelles concernant le métier d’Analyste en Transaction Services, n’hésitez pas à les poser en commentaires, nous les ferons passer et les ajouterons en edit de cet article.

Retrouvez des informations sur les différents métiers sur le blog AlumnEye !  

LA4  Lire aussi : Venture Capital & Private Equity : quelles différences ? Où postuler ?


Conseils entretien M&A ou S&T : l'entretien téléphonique

Tu as été rappelé par les RH de la banque anglo-saxonne dont tu rêvais ? Ils souhaitent prendre rendez-vous avec toi pour un premier entretien téléphonique et tu ne sais pas à quoi t’attendre ? L’exercice de l’entretien téléphonique nécessite une préparation très spécifique, voici quelques conseils indispensables pour faire la différence.

Comment améliorer son niveau d’anglais pour vos entretiens téléphoniques? La solution ici.

 

Techniques téléphoniques

Entretien M&A téléphonique AlumnEye Il existe des techniques d’entretien propres au format de l’entretien téléphonique. Voici quelques éléments qui vous éviteront de chuter à cette étape décisive :

  • Si vous recevez un coup de fil à l’improviste, 2 réflexes à avoir : noter le nom EXACT de la personne qui vous appelle et prendre un rendez-vous à un moment où vous serez en conditions (cf. plus loin)
  • L’accent anglais de votre interviewer étant parfois très difficile à comprendre, n’hésitez pas à reformuler les questions avec vos propres mots pour être certain de ne pas répondre à côté de la plaque « If I got you well, you want to know more about … ». Dans le même esprit, n’hésitez pas à demander validation de votre réponse : « does that answer your question? »
  • Si vous n’avez rien saisi à une question, demandez à l’interviewer de répéter la question. Vous avez peur de passer pour un idiot ? Dites vous simplement que c’est un moindre mal car l’effet d’une réponse complètement hors-sujet sera bien pire.
  • Souvent, vous sentirez que l’interviewer n’est pas intéressé par vos réponses. En fait, il dispose d’une grille de questions à poser et note la qualité de vos réponses. Nous savons par exemple que certaines banques notent de 1 à 5 ces questions. Si ces dernières sont conformes aux attentes de l’interviewer et répondent à la structure type des réponses à l’anglo-saxonne, votre interviewer vous donnera un 5, tandis que si votre réponse est longue, peu informée et peu structurée, vous écoperez d’un 1. Ne soyez donc pas déstabilisé s’il ne rebondit pas sur l’histoire de votre plus grand succès, ça n’est pas l’objectif de cet entretien.

 

Etre en conditions optimales

Il est indispensable d’être dans des conditions propices au déroulement de l’entretien téléphonique. De nombreux candidats prennent le coup de fil alors qu’ils ont un mauvais réseau, ou des petits cousins qui courent dans la maison. Il est indispensable d’être au calme, avec une bonne connexion téléphonique, un papier, un stylo et toutes les notes que l’on a préparées pour la banque en question. En effet, préparer les questions récurrentes permet d’aborder avec davantage de sérénité et de structure les différentes questions.

 LA4Lire aussi : Votre niveau d’anglais répond-il aux attentes d’un entretien en finance ?

 

Faire ses homeworks

Ce premier entretien téléphonique nécessite une préparation en amont pour répondre aux questions les plus classiques en respectant les règles des entretiens anglo-saxons :  concision, story telling, et quantification du résultat. L’anglais n’étant pas la langue maternelle de la plupart des candidats en France, il est indispensable de se préparer pour éviter de patauger dans les méandres l’approximation franglaise.

Voici quelques questions incontournables que nous avons observées au sein de nos candidats au cours des deux derniers mois sur cet exercice :

  • Tell me about yourself?
  • Why our bank?
  • Why Investment Banking? / Why Sales & Trading?
  • Tell me about a time…
  • Brainteasers
  • If you had $1M to invest, how would you invest it and why?

Financial Times AlumnEyeCes questions sont ultra-récurrentes, et une réponse suivant une méthodologie précise est indispensable. 90% des questions à Londres seront uniquement basées sur le fit et l’actualité financière. C’est pourquoi la préparation AlumnEye traite spécifiquement ces questions de fit avec tous les aspects méthodologiques indispensables.

 

Quid des questions techniques ?

Les questions techniques sont souvent une obsession des candidats. Ils ont peur de ne pas être à la hauteur techniquement. Mais qu’en est-il en pratique ? Il existe bien évidemment un socle de connaissances techniques à maîtriser pour ses entretiens, que ce soit en Investment Banking, en Sales & Trading ou dans les autres divisions. Voici ce que vous devez savoir sur la partie technique des entretiens.

  • D’abord, le niveau d’exigence technique de vos entretiens variera grandement en fonction de votre background. Si vous avez une double compétence ingénieur/finance, il est fort possible qu’on aille vous chercher sur des items quantitatifs que vous êtes supposé avoir développées durant vos études. La base de l’entretien sera en effet votre CV et vos expériences passées et l’interviewer ira puiser son inspiration dans le cours d’Advanced Stochastic Calculus ou dans votre expérience d’Assistant Quant sur exotiques de taux.
  • Ensuite, les questions techniques seront posées quasiment uniquement par des interviewers français et ingénieurs. Pourquoi ? Car la technicité est un critère de recrutement typiquement français. Rappelez-vous, la France sélectionne ses élites sur les sciences dures, le culte des mathématiques et de la technique reste donc culturellement ancré chez les financiers français à Londres. Les anglo-saxons eux ne viendront pas vous chercher sur la technique.
  • Enfin, la composante technique de vos entretiens dépendra de vos réponses durant l’entretien. Par exemple, à la question « Why Sales & Trading? » un candidat a répondu « Because I like financial products ». C’est une réponse qui n’est pas fausse en elle-même, mais l’interviewer l’a ensuite piégé sur des produits financiers complexes à cause de cette réponse.
  • Ce qu’il faut retenir des questions techniques à Londres ? Elles sont loin d’être déterminantes et il n’est pas rare de voir des entretiens pour les banques les plus prestigieuses se dérouler sans une seule question technique. La composante technique en entretien à Londres est très faible. En revanche, il est fondamental d’être ultra-préparé pour les questions de culture financière et les competency-based questions (ce qu’on appelle le « fit » chez AlumnEye).
 LA4  Lire aussi : Comment parler foot en entretien ?

 

Rester ouvert

Vous pensiez faire du M&A ou du Trading durant votre Summer Internship ? Le recrutement anglo-saxon ne fonctionne pas exactement comme ça.

Banque anglo-saxonne AlumnEyeLors de vos candidatures en ligne, vous avez en fait postulé soit en Investment Banking (regroupant M&A, ECM, DCM (parfois situé en S&T) et Leveraged Finance) soit en Sales & Trading (Sales, Trading, Structuring). Vous avez pu également postuler en Risk Management ou en Asset Management. Le recrutement à l’anglo-saxonne accorde beaucoup d’importance au « fit », et la banque vous mettra donc là où elle juge qu’il y a le meilleur fit, mais aussi et surtout des besoins de recrutement. Vous pourrez vous retrouver à faire l’un des métiers de la division sans que votre premier choix ne soit pris en compte. Ainsi, lors de l’entretien, ne motivez pas un choix absolu pour le M&A ou le Trading, car vous passerez sans doute en entretien avec des opérationnels d’autres équipes qui seront étonnés de voir un candidat si fermé dans ses choix de carrière alors même qu’il ne connaît rien à ces métiers. La bonne attitude à adopter est de spécifier un intérêt particulier pour un métier spécifique tout en affirmant sa curiosité pour tous les autres métiers de la division.

 

Le Marathon

L’entretien téléphonique est généralement suivi de l’Assessment Center (AC). Cet exercice typiquement anglo-saxon s’apparente à un marathon.

Chaque AC est spécifique selon la banque. Toutefois on note une organisation générale très semblable : une alternance de tests numériques, d’entretiens individuels, de déjeuners de networking et d’exercices de groupe chronométrés. Pour en savoir plus, découvrez notre article sur une journée dans la peau d’un candidat en Assessment Center dans une banque Suisse.

Le processus de recrutement est parfois différent dans certaines banques, et c’est là que le Réseau AlumnEye est déterminant : il permet à tous nos candidats d’être au fait de toutes les spécificités par banque et par métier. Si vous avez la moindre question, n’hésitez pas à la laisser en commentaire et nous y répondrons le plus rapidement possible.

Mike

 

LA4  Lire aussi : Comment réagir lorsqu’on ne sait pas quoi répondre en entretien ?


Qu'est ce que l'Equity Capital Market (ECM) ?

Nous avons interviewé un Analyste en ECM travaillant au sein de la joint venture Lazard-Natixis.

 

Peux-tu présenter le métier d’Equity Capital Market ? 

L’objectif de l’Equity Capital Market ou ECM est de couvrir les besoins en financement en fonds propres des entreprises via le marché (IPO, augmentation de capital, émission d’obligations convertibles). Bien qu’il s’agisse d’un métier de la banque d’affaires, ce métier est très différent du M&A :

  • Tout d’abord, contrairement au M&A, les opérations sont réalisées sur le marché avec une multitude d’investisseurs. Ainsi, leur réussite dépend d’un nombre de paramètres beaucoup plus vastes et diversifiés, il ne s’agit pas d’un deal entre deux parties.
  • De plus, et sauf dans le cas d’une IPO, l’ECM n’opère qu’avec des clients cotés, ainsi, les dynamiques de marché et les paramètres de volatilité sont déterminants en ECM.

L’ECM se scinde en général en plusieurs divisions. Au sein de mon équipe, on parle d’une « Origination », d’une « Syndication » et d’un « Montage ».

  • L’Origination est l’équipe qui va générer le pricing de l’opération (ie déterminer le price range) et pitcher le client (lui proposer d’acheter les titres émis). Il s’agit d’un métier à la fois technique et commercial, en forte relation avec la clientèle.
  • La Syndication s’occupe de la veille de marché et du placement des opérations sur le marché. Cette équipe communique avec les traders et est donc en relation avec les investisseurs.
  • Le Montage est l’équipe de juristes qui accompagne l’Origination tout au long de la préparation et du déroulement de l’opération. C’est l’équipe qui est en lien avec les Autorités de Marché.

LA4 Lire aussi : Qu’est-ce que le Debt Capital Market ?

Quelles étaient tes motivations pour postuler à un poste dans cette équipe ?

 

Etant à la fois intéressée par le finance d’entreprise et la finance de marché, je n’avais pas envie de choisir … Travailler en ECM me permettait donc d’approcher les deux en travaillant pour des entreprises, mais sur des opérations en relation avec les marchés financiers. Grâce à son orientation « marché », faire de l’ECM permet en outre de travailler sur un nombre de produits beaucoup plus vaste qu’en M&A. L’ECM permet en effet de se pencher sur des sujets « Equity » (IPO, augmentation de capital, rachat d’actions, OPA, OPE) mais également sur des sujets « Debt » (émissions ou rachat d’obligations convertibles OCEANE ou ORNANE). L’ECM est donc très enrichissant intellectuellement.

De plus, les équipes d’ECM travaillent souvent en forte collaboration avec leurs équipes M&A (besoin de financement d’une entreprise cotée faisant une acquisition par exemple). Ainsi, l’ECM permet d’être sur un grand nombre de deals et de problématiques à la fois.

 

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LA4 Lire aussi : Les métiers de la banque d’affaires

 

En quoi consistent tes tâches quotidiennes et celles de ton équipe ? 

 

ECM AlumnEyeFaisant partie de l’équipe « Origination », mes tâches quotidiennes sont fortement liées à la réalisation de pitchs pour nos clients.

  • Il s’agit premièrement de la rédaction du « point de marché ». Le point de marché consiste entre 2 à 5 slides sur le marché de référence de la société étudiée. Il se concentre principalement sur les cours de bourse de la société et de ses comparables et l’évolution des recommandations des brokers, afin d’en extraire le potentiel de hausse du titre. Les équipes sont d’ailleurs très fréquemment amenées à utiliser Bloomberg pour le point de marché.
  • Ensuite, il s’agit de définir le pricing de l’opération, c’est la partie «  marché » de l’ECM, qui requiert une bonne connaissance de la finance de marché (conditions d’émissions d’une convertible, option d’achat, de vente, etc). Les autres parties du pitch sont plus similaires à celles que l’on peut faire en M&A : choix des comparables et valorisation (principalement par multiples, transactions comparables et DCF), étude de l’actionnariat, de l’equity story, considérations stratégiques. C’est là que l’argumentaire commercial rentre fortement en jeu.
  • En outre, l’Origination réalise en lien avec la Syndication des publications périodiques, destinées aux principaux clients, pour présenter les dynamiques du marché. Nous réalisons chaque semaine des rapports sur l’évolution des différents paramètres de volatilités et des spreads de crédit, ainsi que sur l’évolution des principaux titres au sein des secteurs sur lesquels nous opérons.
LA4   Voir aussi : Les métiers de la finance d’entreprise

 

Quels sont les profils typiques des employés de ton équipe ?

 

Les profils ayant un double diplôme école de commerce / ingénieur sont très recherchés en ECM. Leur esprit quantitatif est en effet un atout majeur pour le pricing des opérations. Toutefois, on compte aussi beaucoup de profils « purement financiers » dans l’équipe, car il s’agit avant tout d’un métier commercial. J’observe aussi que beaucoup d’entre eux ont eu, dans leur parcours, un attrait particulier pour le marché (Equity Research, Sales and Trading, etc…).

 

Peux-tu nous parler un peu plus en détail des grandes problématiques contemporaines liées à ton métier ? 

 

A cheval entre le marché et la finance d’entreprise, l’ECM est très propice au conflit d’intérêt. Tout d’abord, l’ensemble des opérations que nous couvrons est susceptible d’influencer fortement les cours de bourse, et c’est pourquoi nous rentrons en liste d’interdiction (ou liste d’initiés) sur l’ensemble des opérations que couvre l’équipe.  Par là, il nous est strictement interdit d’acheter ou de vendre des titres, voire même de communiquer quelque information ou document sur l’opération sur laquelle nous travaillons. Ceci explique l’utilisation de noms de code et de dossiers protégés par exemple.

En outre, le Chinese Wall nous interdit également, en tant qu’originateurs, d’avoir quelque lien que ce soit avec le marché. Ainsi, l’équipe de syndication doit souvent faire le tampon entre l’origination et le marché. Nos conversations avec les syndicateurs sont d’ailleurs enregistrées.

De plus, je dirais que la régulation fait partie intégrante de notre métier d’ECM, puisque nous ne traitons qu’avec des sociétés cotées et que nous communiquons beaucoup avec l’AMF par le biais de notre équipe de Montage. C’est donc un métier en plein cœur des problématiques actuelles de régulation.

Enfin, si je devais dépeindre l’évolution du métier de l’ECM dans les dernières années, je dirais qu’il s’agit d’un métier qui a fortement souffert de la crise… Notre dernière IPO remontant à 2008 ! Toutefois, il s’agit d’un métier indispensable au sein de la banque d’affaire, et la diversité des opérations proposées permet de maintenir un véritable flux d’activité.

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Les métiers et secteurs de la finance : Interviews AlumnEye

Préparation entretien M&A AlumnEye

 

Découvrez les métiers et secteurs de la finance grâce aux interviews des membres du Réseau AlumnEye.

Les métiers de la finance : 

Le métier de Quant en Hedgefund (interview)

Le métier de Trading Cash Equity Emerging Market (interview)

Le métier de Quant en Banque d’Affaires (interview)

Le métier de Sales & Relationship Management (interview d’un Analyste en banque anglo-saxonne)

Les métiers de la Finance de Marché (vidéo)

Les métiers de la Finance d’Entreprise (vidéo)

La Banque Privée (Private Banking) (interview d’un Analyste en banque anglo-saxonne)

La Gestion de Patrimoine (interview d’une Analyste à Paris)

Le Private Equity en Real Estate (interview d’un Analyste dans un fonds majeur américain)

L’Equity Research (interview d’un Analyste en banque anglo-saxonne)

L’Equity Capital Market (interview d’une Analyste en boutique d’élite)

Le Structuring (ou la structuration) (interview d’un structureur en banque anglo-saxonne)

– Deuxième interview d’un Summer Intern en Structuration à Londres (dans une banque française)

Le High Frequency Trading (HFT) ou Trading Haute Fréquence (interview d’un Trader en banque anglo-saxonne)

Le Transaction Services dans un des Big 4 (Deloitte, KPMG, PwC, E&Y)

– Le Sovereign Advisory Group de Lazard

– Venture Capital & Private Equity

 

 

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