Stage en M&A : il n'est jamais trop tard pour décrocher le stage de ses rêves. Témoignage

Vous pensiez qu’il était trop tard pour candidater pour le stage de vos rêves ? Un membre du Réseau AlumnEye nous fait partager son témoignage sur sa période de candidature. Après avoir passé une longue période de candidatures infructueuses et décourageantes, il a finalement décroché un Summer Internship chez JPMorgan et un off-cycle chez Merrill Lynch. Témoignage.

 

Le stage en M&A, Saint Graal inatteignable

Le stage en M&A dans une grande banque dont le nom fait rêver (Lazard, J.P. Morgan, Merrill Lynch, Rothschild, Morgan Stanley, Goldman Sachs, ou encore Deutsche Bank, Barclays, Crédit Suisse, Nomura, BNP…) c’était votre objectif absolu pour la césure. Seulement, vous voilà début avril, après avoir passé un ou deux médiocres entretiens courant Février/Mars, qui se sont soldés par des refus.

En plus d’être passablement déprimé, vous avez l’impression d’être l’un des derniers à ne pas avoir trouvé de stage. Vous pensez que même si vous vous y remettez, obtenir des entretiens aussi tard pour Juillet ou Septembre semble impossible, et quand bien même cela vous arriverait, vous sentez bien que, sans cadre ni repère, vous ne savez au fond pas quoi précisément travailler pour passer les questions techniques (les cours de finance d’écoles de commerce omettent de nombreux points vitaux, la formule de la valeur d’entreprise ne figure ainsi même pas dans le Vernimmen), ou encore être efficace dans les questions de motivation.

 

Prise de tête

C’est une période cruciale, où beaucoup de personnes cèdent à une forme de pression, faite de « on dit », qui pousse nombre de candidats à chercher un stage ailleurs, dans d’autres domaines, la peur au ventre de se retrouver sans stage du tout. C’a été le cas d’un certain nombre d’aspirants banquiers de ma promotion qui se sont finalement orientés vers d’autres stages, persuadés qu’ils ne pouvaient pas prétendre aux objectifs qu’ils s’étaient fixés en début de recherche.

 

 

LA4  Lire aussi : Les 8 secteurs M&A à connaître avant l’entretien

 

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Nouvelle méthode, nouveaux résultats

Tout d’abord, il n’est jamais trop tard pour trouver un stage en M&A, y compris dans les plus grandes banques. Le marché du stage M&A est très incertain, il dépend certes des cycles de recrutement, mais aussi des désistements, des besoins de stagiaires supplémentaires, et autres inconnues.

Il est tout à fait possible de décrocher un très bon stage, même mi-juin. Il faut simplement changer de méthode de candidature et de méthode de travail concernant les questions techniques des entretiens.

Voici ici un résumé de mon expérience de recherche de stage, qui s’est achevée par une offre mi-Juin. Cette recherche de stage a duré au total 8 mois, mais tout s’est joué dans les 2 derniers mois lorsque j’ai changé d’approche.

A propos de la technique je serai rapide : je ne peux que recommander d’effectuer un séminaire AlumnEye en M&A, qui abordera un grand nombre de questions techniques, mais vous donnera surtout un cadre rigoureux et un prisme efficace des points techniques abordés dans 80% des questions d’entretiens.

Mais c’est principalement sur l’aspect « méthode », que ce séminaire m’a été utile, car j’ai alors adopté une manière bien différente de candidater. Exit les « onlines applications » incertaines et les candidatures simples à une adresse mail anonyme de l’intranet carrière d’HEC. Grâce à la méthode de candidature développée par AlumnEye, j’ai appris à utiliser l’ensemble de mon réseau. Cette nouvelle méthodologie s’est révélée extrêmement payante pour moi, puisque j’ai eu un très important taux de réponses, et tout autant de contacts dans les RH des grandes banques, à contacter directement. Qui plus est, j’étais recommandé par des anciens de ces banques qui ont souvent laissé de très bons souvenirs. J’ai par ailleurs suivi la recommandation décisive de candidater à un très large panel d’institutions financières dont les listes nous sont fournies en formation (Qatalyst Partners, Bucéphale, Greenhill…).

LA4  Lire aussi : Découvrez les boutiques M&A

 

Des résultats

Très vite, après de nombreux contacts amicaux (par mail et téléphone) avec des opérationnels, j’ai eu une série d’entretiens chez J.P. Morgan pour un Summer Internship en Asset Management, certes bien différent du M&A, mais qui m’intéresse tout autant et ouvre des perspectives en finance de marché. Le feeling avec les équipes a été excellent, sûrement ma meilleur expérience en termes d’entretiens. J’avais fin Avril un Summer Internship prestigieux dans la banque qui encore aujourd’hui me fait le plus rêver, et qui me permettait de reporter à Septembre le début de mon stage M&A. Courant Avril et début Mai, j’avais en parallèle été très dynamique dans ma recherche de stage, passant de nombreux coups de fil, envoyant des dizaines de mail, et surtout en étant ultra réactif. Cela a été stressant, fatiguant, m’a empêché de profiter en partie du retour des beaux jours, mais cette période m’a tellement appris pour la suite que je ne la regrette aucunement.

 

C’est elle qui m’a conduit à décrocher entre mi-mai et début Juin des entretiens M&A chez Goldman Sachs, Merrill Lynch, Lazard TMT, Rothschild, DC Advisory, BNP, HSBC, Detroyat Associés. Et c’est le 10 Juin que je me suis décidé avec une grande joie à accepter une offre en M&A chez Merrill Lynch, chez qui j’avais de loin eu le meilleur feeling. En parallèle, j’ai eu des échos de connaissances ayant également décroché des stages chez DC Advisory, Goldman Sachs, Rothschild, Transaction R… le tout à la mi-juin !

Voilà, d’un point de vue personnel, mon expérience qui démontre qu’il n’est jamais trop tard pour décrocher le stages « de rêve » en M&A. Bien entendu, mon parcours est plutôt atypique, il y a eu une bonne dose de malchance à l’origine de mon process, et j’ai dû montrer une volonté à toute épreuve pour aller jusqu’au bout d’un très fatiguant et stressant processus de 8 mois de recherche, dont le séminaire AlumnEye fut le tournant en inaugurant une nouvelle période extrêmement efficace et fructueuse.

Thibault

LA4  Lire aussi : 5 membres du réseau AlumnEye racontent leur Spring Internship


Qu’est-ce que l’Equity Research ? Interview Exclusive

Nous avons interviewé pour vous, au sein du réseau AlumnEye, un Analyste en Equity Research dans une banque Tier 1 à Londres. Il nous décrit son métier, son quotidien dans le secteur de la recherche Action, et d’où il vient.
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Peux-tu présenter ton métier ? 

L’Equity Research, encore appelée Recherche Action,  ou Analyse Sell-Side, est le département d’analyse financière des banques d’investissements  ou des brokers.

Le métier consiste à suivre quotidiennement des entreprises d’un secteur donné ; on appelle ce périmètre le « coverage ». Quelques exemples des différentes équipes existantes : Oil & Gas ; Luxury Goods ; Banks ; Healthcare … L’objectif de cette veille est de communiquer aux clients – gestionnaires d’actifs, asset managers, portfolio managers, … – des idées d’investissement ou, a minima, la température des marchés.

Point important, la Research s’appuie sur la somme d’informations PUBLIQUES fournies par les entreprises cotées elles-mêmes : rapports financiers trimestriels mais

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aussi communiqués de presse (« Press releases ») qui peuvent concerner des opérations de M&A, l’annonce de nouveaux contrats ou encore la décision d’investir dans de nouveaux outils de production. Il n’est pas rare non plus d’utiliser des données économiques issues des grandes institutions internationales pour tout ce qui concerne les données macro (PIB…). Concrètement, le métier consiste en la rédaction de notes sectorielles ou portant sur une seule entreprise (« Single Stock ») . Une fois la note achevée, on s’attelle au marketing de ce produit auprès de la clientèle.

Contrairement à l’idée que j’en avais, la comptabilité et la finance ne sont pas au cœur de l’analyse – c’est juste le langage de base qu’il faut maîtriser ; les Analystes financiers tendent a décrypter les stratégies des entreprises et à porter des jugements sur celles-ci, évidemment à partir de la partie émergée de l’iceberg que sont les états financiers et les news quotidiennes.

LA4  Lire aussi : Les métiers et secteurs de la finance

Quelles étaient tes motivations pour postuler à un poste en Equity Research ?

Ce métier combine les compétences de finance d’entreprise et l’expérience des marchés financiers (et parfois les horaires !). Généralement, les équipes sont de taille réduite.  Il est donc possible, même au niveau junior, d’avoir des responsabilités.

C’est également un métier qui offre la possibilité de devenir un expert dans son domaine. Cela prend quelques années mais au bout de 6 mois, déjà, on devient capable de parler des grandes problématiques de son secteur et d’isoler les winners et loosers au sein de son coverage.

C’est enfin une excellente formation pour, à terme, passer côté investisseur – le fameux « buy-side ».

 

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En quoi consistent tes tâches quotidiennes et celles de ton équipe ? 

Bon à savoir avant d’intégrer une équipe d’Equity Research : les équipes sont assez bipolaires. D’un côté, des seniors qui connaissent parfaitement les entreprises et qui génèrent des idées. De l’autre, des juniors qui fournissent les données nécessaires à étayer ces idées et qui allègent la charge de travail dans tout ce qui est du domaine routinier.

En ce qui me concerne, voici la liste de mes tâches quotidiennes en tant que junior :

  • Mise à jour quotidienne des tableaux de suivi de performance des actions et des résultats financiers des entreprises. C’est un travail important car il permet de voir au jour le jour si des actions sont chères ou pas, ce qui peut nous amener à revoir nos ratings.
  • Préparation de tous les tableaux (« exhibits ») destinés a être publiés lors de la rédaction de notes de recherche. Cela peut aller du très précis (telles données de 20XX a 20XX au plus flou, et dans ce cas, c’est au junior de trouver des données intéressantes à montrer.
  • Au moment des résultats trimestriels : préparation des commentaires destinés a être publiés (en attendant l’annonce des vrais résultats financiers). Puis on complète nos modèles avec les chiffres publiés par les entreprises.
  • Réponse à des requêtes clients. Cela peut aller de la simple transmission de nos données à la recherche d’informations complexes sur internet et dans les archives des entreprises.
  • Recherche sur des projets plus long terme : pas de rush sur ces tâches là. Ces projets sont en toile de fond : les seniors savent qu’ils pourront avoir besoin de ces données dans le futur mais il n’y a pas d’impératif horaire.

Les seniors en Equity Research ont un quotidien sensiblement différent :

  • Ils scrutent le news flow, principalement l’actualité concernant les entreprises qu’ils couvrent mais aussi du ou des secteurs voisins et de l’économie en général, ceci dans le but de glaner des idées et de rédiger des commentaires (courts) ou des notes (plus longues).

50 calls par semaine et par analyste est un minimum requis

  • Ils passent des coups de fils aux clients – 50 calls par semaine et par analyste est un mimimum requis – ainsi qu’aux personnes chargées des relations investisseurs (« IR ») pour prendre la température des entreprises.
  • Enfin, ils animent des meetings clients, souvent directement dans les locaux des clients, ce qui implique des déplacements mais essentiellement à Londres. Les calls et les meetings clients constituent la partie « marketing » du métier d’analyste financier.
LA4  Lire aussi : Qu’est ce que la gestion de patrimoine ?

Quels sont les profils typiques des employés de ton équipe ?

Les profils varient en fonction des nationalités. Les britanniques sont surtout issus d’Oxford ou de Cambridge avec en général un diplôme de Bachelor. Ils sont souvent diplômés en Humanités (philosophie, sociologie, histoire, littérature). On trouve aussi des profils scientifiques.

En ce qui concerne les autres nationalités, les cursus académiques sont orientés Business. On trouve par exemple beaucoup d’italiens de la Bocconi, de français issus des Ecoles de Commerce et Science Po. Contrairement aux britanniques, ils sont généralement recrutés au niveau Master.

A noter pour les profils d’analyste : le CFA level  1 est exigé pour les juniors – ils le passent dans leur première année d’analyste. La CFA Certification (niveau 3) est fréquente pour les plus Analystes seniors.

Peux-tu nous parler un peu plus en détail des grandes problématiques contemporaines liées à ton métier ?  

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Dans le métier d’Equity Research en général, j’identifie les problématiques suivantes :

  • Il existe de nombreux conflits d’intérêtspossibles avec les autres grands métiers de la Banque :
    • Trading : ne pas diffuser nos changements de rating au trading floor avant la publication officielle.
    • Asset Management : même conflit d’intérêt.
    • Investment Banking : ne pas essayer d’avoir des informations confidentielles auxquelles aurait accès les équipes de M&A, ECM, DCM, Leveraged Finance (ayant accès à de l’information privée). Ne pas être influencé dans nos ratings par les opportunités de deals avec les clients corporate (mettre un rating défavorable à l’un de nos clients M&A peut mettre en péril la relation commerciale par exemple).
  • D’un point de vue plus général, il y a une nécessité de rendre les métiers de Recherche plus économiques, afin tout simplement qu’ils puissent perdurer. En effet, le département Recherche est habituellement perçu comme un centre de coûts. Dans un contexte économique difficile et du fait des restructurations récentes, la fonction Research est en plein respositionnement. Dans les faits, il devient difficile d’obtenir le juste prix de la Recherche auprès des clients investisseurs. La rémunération s’effectue en effet par le partage des commissions entre le Trading, les Sales et la Recherche.
  • La grande variété des clients de la Recherche nécessite d’adapter son discours en tant qu’Analyste. Par exemple, la multiplication des HedgeFunds, consommateur de recherche mais avec un horizon temporel souvent différent des fonds Long-Only traditionnels nécessite d’avoir des vues sur un share price à disons 6 mois au lieu de 2 ans.

Quelle différence entre l’Analyste en Equity Research (Sell-Side) et l’Analyste Buy-Side ?

Il y a une vraie distinction entre ces deux métiers : même si le métier paraît semblable, la logique est relativement différente : d’un côté le Sell-Side a pour objectif ultime de générer des commissions auprès de son trading floor – et ce en rendant le marché aussi transparent que possible pour inciter les investisseurs a être actifs ; de l’autre l’analyste Buy-Side est là pour conseiller au mieux son gérant de portefeuille après avoir « digéré » les notes du Sell-Side et s’être fait sa propre opinion sur une entreprise ou un secteur. Le marketing du travail d’analyse

keep calm analyst

est donc très différent  En outre, les Analystes sell-side sont très spécialisés – ils couvrent en général une dizaine d’entreprises alors que les Buy-Side sont plus généralistes – 40/50 entreprises sont en permanence sur leur radar. Pour illustrer ceci je dirais que par exemple, en IBD, le secteur pétrolier sera reparti parmi des Analystes en suivant une structure matricielle : 3 grandes régions (Americas, Europe, Asia) et 4 maillons de la chaîne de valeur (Integrated – Services – Raffinage – Exploration & Production) soit une douzaine d’Analystes . En revanche, selon sa taille, une firme Buy-Side couvrira ce secteur avec seulement 2 ou 3 Analystes.

Il est intéressant de noter que d’’après un sondage auprès des investisseurs en Buy-Side, le principal atout du métier d’Analyste en Sell-Side est le corporate access, i.e. l’accès direct à des investisseurs et des clients corporates grâce aux relations entretenues par les départements de Recherche.

LA4  Lire aussi : Lumière sur le Shadow Banking

Un analyste en Equity Research buy-side est-il destiné à devenir portfolio manager ?

Il n’y a malheureusement pas de réponse unique à cette question, tout dépend de la structure.

Des fonds de taille réduite auront par exemple des positions de type « Analyste-gérant », qui combine les deux facettes.

Un fonds comme Fidelity ne recrute des juniors, dans son département « Investment », que pour des jobs en Equity Research. Selon leurs qualités (synthèse/analyse, vision macro/micro, etc…) et leur choix, les personnes deviendront PM ou resteront analystes.

Ce qui caractérise le plus un analyste (buy-side ou sell-side), c’est l’expertise sectorielle. Si son fonds est également organisé de manière sectorielle le passage d’analyste à PM semble plus évident. Un fond plus généraliste s’appuiera plutôt sur des analystes, qui conseilleront un PM chargé de la gestion du portefeuille…

L’Equity Research sell-side est-il le meilleur moyen de passer buy-side, et si oui après combien d’années ?

A défaut d’y débuter directement, le sell-side représente la meilleure opportunité pour se diriger vers le buy-side, la technique d’analyse financière étant la même.

Le passage peut se faire à peu près à tous les niveaux.  Rare – mais pas impossible – pour un Analyst, il est le plus fréquent au niveau Associate et se corse un peu après – un VP « coûte » cher et le Buy-Side peut se montrer frileux niveau salaire avant d’avoir vu les réelles performances d’un individu (stock picking, market timing, alpha generation). Le fait de couvrir personnellement des entreprises est évidement un plus et en sell-side, l’attribution d’un coverage intervient généralement au niveau Associate, parfois dès l’année d’Analyst 3.

Néanmoins, certaines positions en buy-side privilégient d’autres background : traders pour certains HF voire des profils encore plus mateux (quant/structu…), M&A pour le PE ou certains HF « event-driven », …

LA4Lire aussi : Qu’est ce que le Transaction Services ? Interview

Merci beaucoup pour ces réponses, à très bientôt !

Si vous avez des questions additionnelles concernant le métier de l’Equity Research, n’hésitez pas à les poser en commentaires, nous les ferons passer et les ajouterons en edit de cet article.

Retrouvez des informations sur les différents métiers sur le blog AlumnEye !  


Question d'entretien: comment se déroule une transaction en M&A ?

A de nombreuses reprises lors de votre processus de recrutement, on vous demandera comment se déroule une transaction en fusions-acquisitions. En effet, votre interviewer souhaite tester votre connaissance du métier. Il est important de pouvoir raconter de manière fluide ce processus, et d’identifier les tâches qui reviennent au banquier M&A au cours de ce processus. Cette question, moins fréquente que la fameuse question « Pourquoi le M&A ? », pourra également être posée en entretien en Private Equity.

Pour illustrer cet article. Prenons le cas d’un fonds de Private Equity cherchant à céder une des entreprises de son portefeuille.
La première étape du processus est le choix d’une banque d’affaires mandatée par le fonds de PE pour vendre l’entreprise. On dit que la banque a un mandat de sell-side. Elle va donc identifier les potentiels acheteurs intéressés par la cible et préparer un premier document, le teaser, présentant l’entreprise et ses performances. Ce document porte bien son nom, il est là pour susciter l’intérêt de l’acquéreur, sans rentrer dans les détails. Pour prévenir toute fuite d’information sur le fait que cette entreprise est en vente, un NDA (Non-Disclosure Agreement) ou CA (Confidentiality Agreement) est envoyé avec le teaser.

L’étape suivante est la sélection d’une liste plus restreinte d’acquéreurs potentiels ayant fait part de leur intérêt après avoir pris connaissance du teaser. La banque leur fait alors parvenir un IM (Investment Memorandum) plus communément appelé « pitch book ». Ce document contient les informations sur le développement stratégique de l’entreprise, une analyse macroéconomique, une analyse de l’industrie dans laquelle elle se situe, un descriptif de l’entreprise (ses actionnaires et son organisation), sa stratégie de vente et de production, et une analyse financière de l’entreprise. Le travail du banquier est de compiler l’information et de produire ce document. C’est un travail de longue haleine qui peut prendre plusieurs mois, en général rédigé avant même l’envoi du teaser.
Les acquéreurs potentiels fortement intéressés par la cible après lecture de l’IM font une première offre qui n’a pas de valeur juridique, en anglais non-binding bid. Cette offre n’engage pas l’acquéreur et il peut encore se rétracter à ce niveau du processus de vente. Toutefois, elle traduit un intérêt important et permet de sélectionner des candidats sérieux pour l’acquisition. Le banquier veut cependant garder un maximum de candidats à l’acquisition de manière à faire monter les enchères dans la suite du processus de vente. Il est important de noter qu’à cette étape, un fonds de PE peut négocier l’exclusivité, de manière à travailler de manière sereine sur la transaction.

 

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LA4  Lire aussi : Les 8 secteurs M&A à connaître en entretien

 

Les acquéreurs potentiels accèdent alors à la Data Room. La Data Room est un lieu où sont regroupées toutes les informations confidentielles de l’entreprise. Aujourd’hui, la plupart des data room sont virtuelles et accessibles par internet. Afin de traiter toute cette information, procédure appelée Due Diligence, ou encore « Due Dil », les acquéreurs font appels à des experts dans chaque domaine de compétences : cabinets d’audit (équipes de Transaction Services et de Fiscalistes), cabinets d’avocat et banquiers conseil en buy-side. L’enjeu de la Due Diligence est d’identifier les risques liés à la transaction, ainsi que la validité des projections sur des points financiers comme la structure de capital, le besoin en fonds de roulement (Working Capital) et les dépenses d’investissement (CAPEX). La revue de la due diligence concerne également le business plan de l’entreprise et les projections de ratios financiers. Un autre point important est l’ajustement de l’EBITDA en ne tenant pas compte des évènements non usuels, comme la cession d’une filiale par exemple. C’est en général cet EBITDA normalisé qui sera utilisé pour la valorisation par les banquiers.

L’acquéreur potentiel doit alors déterminer le prix qu’il est prêt à offrir pour l’acquisition. La valorisation est prise en charge soit en interne par un département de M&A dédié, soit en externe par une banque mandatée en buy-side.

Cette analyse s’appuie sur les méthodes de valorisation classiques, et notamment sur l’analyse des multiples sur les transactions comparables. Les multiples les plus utilisés sont EV/EBITDA, EV/EBIT, EV/EBITDAR, EV/trafic pour les sites web, … On regarde quels sont les moyennes, médianes, minimums et maximums de ces multiples sur les transactions comparables et on applique ces multiples aux données financières de la cible analysée. Evidemment, on utilise à ce moment là les données financières issues de la Due Diligence (EBITDA ajusté par exemple). Afin de compléter cette analyse sur les multiples, les banquiers effectuent un DCF (Discounted Cash Flows). En Private Equity, on utilisera la méthode du « Multiple de sortie » pour calculer la Valeur Terminale (là où on pourra utiliser un taux de croissance à perpétuité dans les autres cas). Dans tous les cas, ces analyses nous donnent une Valeur d’Entreprise, et il faut alors passer à l’Equity Value. La formule, à maîtriser absolument pour vos entretiens, est la suivante :

Enterprise Value = Equity Value + Net Debt + Preferred Stocks + Minority Interest + Unfunded Pension Liabilities – Associates (=Investments in unconsolidated entities)

Tout au long du processus de vente, des réunions ont lieu entre le management de la cible et les potentiels acquéreurs. Elles ont pour but de discuter les résultats de la due diligence, des questions de valorisation, d’ajustement de l’EBITDA (ou tout autre métrique) et de familiariser le management avec les potentiels acquéreurs.

En cas d’accord entre la cible et un acquéreur, les deux parties signent un document appelé SPA (Share Purchase Agreement). Ce document est très important et comprend de nombreuses clauses qui peuvent être très techniques. Après la signature de ce document et la clôture de la transaction, les équipes de transaction services vont effectuer la PPA (Purchase Price Allocation), c’est-à-dire soumettre les actifs de l’entreprise acquise à un test de validité, ou impairment test, puis passer des Write-up et allouer le Goodwill.

Ainsi le processus de transaction M&A est plus complexe que ce qu’il ne paraît lorsqu’une transaction fait la Une dans les journaux. Il implique de très nombreuses parties, qui engagent leur responsabilité sur différents domaines de compétence.

N’hésitez pas à corriger les imprécisions ou à compléter cet article !

Mike

Cet article est inspiré d’un post de Wall Street Oasis.

LA4  Lire aussi : Qu’est ce que le M&A en Real Estate ?


Pourquoi le M&A ? Les 5 raisons qui en font la voie royale de la Banque d'Affaires

Pourquoi le métier des M&A, ou Fusions-Acquisitions, est-il plébiscité par les candidats en banque et considéré comme la voie royale de la Banque d’Affaires ?

Plusieurs éléments de réponse existent, du prestige social à l’intérêt du travail en passant par les enjeux stratégiques abordés. Certains éléments vous aideront à répondre à la fameuse question « Why did you choose M&A? », les autres vous permettront de mieux comprendre l’attrait exercé par ce domaine auprès des jeunes candidats qui souhaitent débuter une carrière en finance.

 

    • Le prestige social, d’abord. Les Fusions-Acquisitions sont considérées comme la discipline maîtresse de la banque d’affaires, conférant ainsi aux banquiers M&A un prestige social tout particulier.  Les M&A recrutent d’abord et avant tout des étudiants issus des toutes meilleures Ecoles et Universités du monde. En France, les étudiants issus des Grandes Ecoles de commerce et d’ingénieurs forment la majeure partie des équipes de fusions-acquisitions parisiennes. Les diplômés français sont aussi très présents au sein des équipes londoniennes de M&A, bien plus nombreuses qu’à Paris. Cette culture élitiste renforce encore davantage le statut particulier accordé à ce métier.

 

    • L’intérêt du travail, ensuite. Le métier de conseil en Fusions-Acquisitions met l’Analyste, tout comme le stagiaire, au coeur de transactions massives, internationales et extra-ordinaires.  Ces transactions sont le terrain d’enjeux stratégiques de grande envergure. L’Analyste se trouve dans une situation stimulante où il lui est crucial de saisir rapidement les enjeux d’un secteur, les acteurs d’une industrie, les forces en puissances et leurs différents intérêts: régulateurs, gouvernements, actionnaires, acheteurs potentiels, cibles potentielles, etc. Très tôt, le junior en Fusions-Acquisitions se retrouve à travailler sur des transactions qui défraieront la chronique dans la presse financière: une du Financial Times, des Echos, ou du Wall Street Journal.
LA4Lire aussi : Qu’est ce qu’une boutique M&A ?

 

    • La forte courbe d’apprentissage explique le fait que beaucoup de jeunes diplômés passent les premières années de leur carrière en M&A. Outre les connaissances sectorielles que développe l’analyste en M&A, l’exigence de ce métier impose de développer une rigueur de travail sans commune mesure. A cette compétence généraliste s’ajoutent des compétences techniques:  la capacité de constituer un business plan en quelques heures, ou encore de modéliser sur Excel la stratégie de croissance d’une entreprise selon plusieurs hypothèses.

 

    • Le goût du challenge est un moteur très puissant expliquant la volonté des candidats de poursuivre cette voie. « Vais-je en être capable? ». Tous ont entendu parler de l’intensité du travail, de l’exigence dans la qualité des rendus, de la disponibilité totale dont un Analyste en Fusions-Acquisitions doit faire preuve. Alors nécessairement, l’orgueil du candidat est stimulé, et la volonté de se prouver à soi-même que l’on est capable de tenir la charge devient un critère non négligeable de choix d’orientation.

 

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    • L’environnement de travail joue beaucoup dans le choix du M&A. En effet, il est très agréable de travailler dans une équipe ultra réactive, où l’exigence de la qualité des livrables est une priorité. Il faut pour s’en rendre compte être passé dans une autre organisation où ça n’est pas le cas: quitter le bureau à l’horaire convenu contractuellement, renvoyer des documents qui laissent à désirer, bâcler certains travaux, autant de choses qui n’existent pas dans le métier du M&A. m&a game Vos collègues sont très souvent excellents, et souvent meilleurs que vous. Travailler dans une équipe de qualité est très stimulant, et permet souvent d’aborder la charge horaire avec moins d’appréhension. L’ambiance de travail varie grandement d’une banque à l’autre et d’une équipe à l’autre. Elle peut être excellente, et c’est souvent le cas avec les autres membres de votre promotion, stagiaires, Analystes ou Associates. Elle peut être simplement cordiale, et parfois moins bonne. Il faut pour s’en rendre compte parler à des collaborateurs en interne, ou des anciens de la banque, et le réseau AlumnEye est une très bonne opportunité pour accéder à ce genre de profils.

 

Pour conclure, le statut du métier des Fusions-Acquisitions ne doit pas éclipser une réalité quotidienne du métier extrêmement exigeante. Il est déconseillé de choisir ce métier uniquement pour des considérations de prestige social, ou encore de rémunération: ces candidats seront peu nombreux à tenir le rythme plus d’un an. Le goût d’apprendre sans cesse, l’intérêt pour les questions financières, l’envie de rester au plus proche des enjeux stratégiques des entreprises, et au sein d’équipes de qualité doivent être les principaux moteurs de votre choix.

 Mike

LA4  Lire aussi : Les 8 secteurs de M&A à connaître avant l’entretien


Les métiers de la Banque d'Affaires

Que signifie l’expression Banque d’Affaires ?

 

L’expression « Banque d’Affaires » recouvre en fait une grande diversité de métiers de conseil financier aux entreprises. Le banquier d’affaires conseille les entreprises sur des questions diverses allant du financement de leur activité (émission obligataire, entrée en bourse, augmentations de capital) à la structuration de leurs opérations de croissance externe (fusions, acquisitions). Le banquier d’affaires est mis dans le secret des décisions stratégiques de l’entreprise et la suit tout au long de son mandat. La banque se rémunère en prélevant un pourcentage du volume de la transaction opérée. Cet article a pour objectif de présenter brièvement les différents métiers de la Banque d’Affaires, également appelée Investment Banking.

Le M&A :

Mergers and Acquisitions, soit en français Fusions et Acquisitions. Les équipes de M&A sont chargées de conseiller leurs clients sur des opérations de fusions, d’acquisitions, ou de cessions. C’est un métier de conseil financier avec une forte dimension stratégique: le banquier en M&A est force de proposition sur les opérations de croissance externe de son client. Le banquier en fusions-acquisitions partagera son temps entre l’exécution des transactions pour lesquelles il détient un mandat et les propositions de nouvelles opportunités d’acquisitions (pitch) auprès de ses clients. Le prestige associé à la position est très important, et le M&A est souvent considéré comme la voie royale de la banque d’affaires. Le banquier est au coeur des décisions stratégiques de son client, et à ce titre ses interlocuteurs privilégies sont les plus hauts décisionnaires des entreprises: CEO et CFO. En termes d’horaires de travail, ce métier requiert un investissement très important: il est nécessaire d’être disponible à n’importe quel moment afin de réagir rapidement à une exigence du client.

L’ECM :

Equity Capital Market. Les équipes d’ECM sont chargées de conseiller leurs clients sur des opérations d’introduction en bourse ou d’augmentation de capital. C’est un métier de conseil financier lié au financement par émission d’actions. De manière logique ce métier est davantage lié au marché financier que celui de M&A, ce qui se traduit par moins de travaux de valorisation et davantage de travail d’analyse du marché et de marketing auprès des investisseurs. En termes d’horaires de travail, ce métier demande un investissement personnel important mais reste en général moins prenant que le M&A.

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Le DCM :

Les équipes de Debt Capital Market, ou DCM, sont chargées de conseiller leurs clients sur des opérations d’émission de dette. C’est un métier de conseil financier lié au financement par émission d’obligations. Egalement lié au marché, ce métier requiert une veille constante du marché obligataire afin de déterminer pour son client le moment opportun pour une émission obligataire au meilleur taux. En termes d’horaire de travail, ce métier requiert un investissement important: la journée de travail démarre plus tôt, car il est nécessaire de suivre le marché dès l’ouverture.

Le Financement Structuré :

Les équipes de Financement Structuré, ou Structured Finance, sont chargées d’accompagner leurs clients sur des opérations de financement de projets d’investissements (infrastructures, export…). Ce financement s’appuie sur des instruments obligataires adossés à des actifs liés au projet d’investissement, d’où son appellation de financement structuré. En général, ces équipes se regroupent par métier et on trouvera souvent au sein d’une banque une équipe de Financement Structuré « Aircraft », « Infrastructure », ou d’autres domaines dans lesquels la banque a une expertise.

Le Leveraged Finance:

Les équipes de Leveraged Finance sont chargées de l’origination, de la structuration et de l’exécution d’émission de dette bancaire et mezzanine (« junk bonds ») pour leurs clients. En cela, le métier est différent du DCM qui traite uniquement de la dette obligataire émise sur les marchés. Ce type d’équipe intervient sur des transactions de type LBO (Leveraged Buy Out), sur des restructurations ou sur des refinancements. Le rythme de travail est très intense également, particulièrement lorsque l’équipe intervient sur une transaction. Il reste en général moins effréné qu’en M&A. On observe donc une grande diversité des métiers au sein de la Banque d’Affaires.

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  • Attention toutefois: chaque banque a ses spécificités, et certaines équipes peuvent avoir des rôles hybrides, ou au contraire des fonctions encore plus spécialisés. Il est nécessaire de se renseigner en amont sur le site web de la banque et en contactant si possible des employés de la banque. Découvrez par exemple les formateurs AlumnEye, et intégrez notre réseau en participant à l’un de nos séminaires.