Zoom sur : Jean-Marie Messier, l'ancienne gloire du CAC 40 aujourd'hui banquier d'affaires reconnu

Quatrième portrait AlumnEye de la série des grands banquiers français, Jean-Marie Messier est un cas à part. Figure du capitalisme hexagonal du début des années 2000 à la tête de Vivendi, il est ensuite devenu le patron déchu symbole de tous les excès après l’explosion de la bulle Internet. Il est revenu à la banque d’affaires pour fonder la boutique Messier Maris et Associés, devenue incontournable en France.

 JEAN-MARIE MESSIER

 

Ses dates clés

 

1956 : Naissance à Grenoble (Isère).

1982 : Diplômé de Polytechnique, il sort de l’ENA comme inspecteur des finances à 25 ans.

1986 : Plus jeune directeur de cabinet de la Ve République, il dirige à 29 ans le cabinet du secrétaire d’Etat aux Privatisations. Il se fait rapidement remarquer par Edouard Balladur, alors Premier ministre,  qui le nomme conseiller technique de son cabinet. Il est chargé d’étudier le « noyau dur » des entreprises privatisables et devient l’homme incontournable des milieux d’affaires.

1989 : Après la défaite de la droite aux présidentielles de 1988, Jean-Marie Messier devient le plus jeune associé-gérant de l’histoire de la banque Lazard à 32 ans

1996 : Recruté par la CGE (Compagnie Générale des Eaux) en 1994, il devient son PDG.

1998 : La CGE devient Vivendi et multiplie les acquisitions dans les médias et les télécommunications, se désengageant de plus en plus de ses activités traditionnelles.

2000 : Vivendi est scindée en deux et s’organise autour de deux pôles : le pôle communication sous le nom de Vivendi Universal (Havas, Cegetel, Canal+, Blizzard Entertainment) et le pôle environnement nommé Vivendi Environnement (les activités de traitement de l’eau et des déchets aujourd’hui sous le nom de Veolia Environnement).

2002 : Suite à l’explosion de la bulle Internet et à une diversification hasardeuse, Vivendi déclare une perte record de 13,6 milliards d’euros sur l’exercice 2001. Critiqué pour sa mauvaise gouvernance et son style de vie exubérant, Jean-Marie Messier démissionne de son poste de PDG de Vivendi.

2005 : Il fonde une boutique de conseil en M&A, Messier Partners.

2010 : Erik Maris, l’ancien codirecteur de la banque Lazard où ils s’étaient connus, s’associe avec lui pour former Messier Maris et Associés.

 

    PRÉPARE TES ENTRETIENS TECHNIQUES EN CORPORATE FINANCE

Découvre gratuitement les questions techniques en entretien de M&A, Private Equity, etc., corrigées par un pro.

 

Ses faits d’armes

 

Malgré la débâcle de Vivendi, Jean-Marie Messier a conservé un carnet d’adresses imposant, lui qui était omniprésent dans les cercles d’affaires français. Erik Maris est venu compléter cet important réseau qui est atout considérable pour la boutique Messier Maris et Associés. Installée à Paris et à New-York, Messier Maris et Associés est au centre de transactions importantes effectuées ces dernières années, une performance remarquable pour une structure qui reste réduite à une trentaine de personnes. Voici les deals les plus importants de cette boutique en M&A :

 

  • 2011 : Conseil de Total lors de son OPA sur SunPower pour 1,3 milliards de dollars.
  • Conseil de General Electric dans le rachat de Converteam pour 2,7 milliards d’euros.
  • 2011 : Premier deal 100% international de Messier Maris & Associés lors du conseil du fonds américain First Reserve dans l’acquisition du groupe suisse Metallum pour 670 millions d’euros.
  • 2012 : Conseil de Devanlay, filiale de Maus Frères Holding, dans le rachat de Lacoste pour 1 milliards d’euros.
  • 2013 : Conseil de CMA-CGM dans sa restructuration financière.

 

Pourquoi parle-t-on de lui ?

 

Messier Maris et Associés est la boutique qui monte à Paris, en 2014 elle s’est classée 9ème du classement français en M&A avec 2,8 milliards de transactions effectuées selon Thomson Reuters. Quant à Jean-Marie Messier, il s’est fait plus discret et son ascension aussi fulgurante que sa chute sont restées dans les mémoires. Symbole de l’optimisme triomphant dans les nouvelles technologies des années 2000, « J2M » aussi surnommé « J6M » par les Guignols de l’info pour « Jean-Marie Messier Moi Même Maître du Monde », a fait les frais de la bulle Internet. Il a su néanmoins rebondir dans la banque d’affaires grâce à son imposant réseau. Ami des grands patrons, membre des clubs d’influence comme le Siècle et le Club des Cents, Jean-Marie Messier est un pan de l’histoire du capitalisme français des années 1990 à l’ère des grandes privatisations.

 

 

Vous devez connaître le parcours de Jean-Marie Messier, d’autant plus si vous postulez dans sa propre banque. L’influence qu’il a eu et qu’il continue d’avoir en France est considérable et son parcours nous enseigne une leçon : encore et toujours le M&A est une affaire de réseau.

 

Hadrien Comte, étudiant à HEC Paris et Contributeur du blog AlumnEye

 

LA4LIRE AUSSI : Zoom sur : Matthieu Pigasse, le « Che Guevara » de la finance chez Lazard


Zoom sur : Michael et Yoel Zaoui, les deux ex-frères ennemis les plus célèbres du M&A

C’est avec ce dernier double portrait qu’AlumnEye clôt sa série sur les grands banquiers français. Autrefois adversaires, Michael était chez Morgan Stanley quand Yoel était chez Goldman Sachs, les deux frères se sont réunis pour former le duo ultime du M&A lors de la création de leur boutique londonienne Zaoui & Co en 2013. Depuis c’est 152 milliards de transactions conseillées en deux ans soit plus de 15% des transactions M&A européenne … What else ?

 

Leurs dates clés 

 

Michael Zaoui Yoel Zaoui
1956 : Naissance à Fès (Maroc).
1978 : Il commence sa carrière chez Rothschild après Science Po et la London Business School.
1981 : Il obtient un DESS en droit à la Sorbonne.
1983 : Il est diplômé du MBA de Harvard et commence une carrière dans le conseil chez Mac Group à Londres.
1986 : Il rejoint Morgan Stanley à New York.
1993 : Il devient Managing Director de Morgan Stanley.
2001 : Il dirige le département M&A de Morgan Stanley Europe.
2008 : Il se retire de Morgan Stanley pour devenir conseiller indépendant.
2013 : Création de Zaoui & Co à Londres.
1961: Naissance à Casablanca (Maroc).
1982 : Il est diplômé de HEC Paris.
1988 : Il obtient un MBA à Stanford. Il débute la même année chez Goldman Sachs en M&A à New York.
1989 : Il continue sa carrière à Londres.
1998 : Il devient partner de Goldman Sachs à Londres.
2006 : Il devient responsable du département M&A chez Goldman Sachs Europe.
2008 : Il est le premier européen à entrer au comité exécutif de Goldman Sachs.
2012 : Il quitte Goldman Sachs.
2013 : Création de Zaoui & Co à Londres.

 

 

Leurs faits d’armes

 

Avec une centaine de deals chacun, les frères Zaoui sont des dealmakers hors-pairs impliqués dans la plupart des méga-transactions européennes des 15 dernières années. Au fil des années ils sont devenus les spécialistes des OPA hostiles et de la stratégie du « Pac-Man » qui consiste à contre-attaquer en tentant de racheter son prédateur comme lorsqu’ils avaient collaboré pour défendre Elf face à Total en 1999. Car s’ils ont parfois été dans le même camp, c’est comme adversaires qu’ils se sont aussi illustrés à l’image de la bataille épique qu’ils se sont livrés lors du rachat d’Arcelor (conseillée par Michael) par Mittal (conseillée par Yoel) en 2006. C’est depuis 2013 qu’ils officient comme partenaires chez Zaoui & Co et ils se sont adjugés la plupart des deals européens importants ces deux dernières années. Voici une liste de leurs principales transactions :

 

  • 1999 : Total lance une OPA sur Elf, conseillée par les deux frères Zaoui pour le compte de Goldman Sachs et Morgan Stanley. Pour se défendre Elf utilise la stratégie du « Pac-Man » et lance une OPA sur Total ! Finalement les Zaoui perdent et Total rachète Elf mais à un prix 12% plus élevé ce qui satisfait pleinement les actionnaires d’Elf.
  • 2003 : Cette fois-ci les Zaoui sont opposés et Michael assiste les aciéries Alcan lors d’une OPA hostile pour la prise de contrôle de Péchiney pour 4 milliards de dollars. Pechiney, concurrent français du groupe canadien Alcan, était défendu par Yoel.
  • 2004 : Sur leurs conseils, le laboratoire pharmaceutique Sanofi absorbe son concurrent Aventis pour 65 milliards de dollars (55 milliards d’euros).
  • 2004 : Ils conseillent le groupe PPR (aujourd’hui Kering) dans la reprise en main stratégique de sa filiale Gucci lors d’une OPA chiffrée à 2,6 milliards d’euros.
  • 2006 : L’OPA hostile de Mittal sur Arcelor constitue leur plus beau duel dont Yoel sort gagnant à l’issue d’une bataille rangée de 6 mois lorsque Mittal -qu’il conseille- rachète Arcelor -conseillée par Michael- pour 26,9 milliards d’euros. Michael a perdu mais il aura réussi à faire passer le prix d’achat d’Arcelor de 18,6 milliards d’euros à 26,9 milliards d’euros.
  • 2014 : L’Oréal rachète 8% de son capital détenu par Nestlé pour 6,5 milliards d’euros et Zaoui & Co fait parti de ses conseillers. La boutique signe là son premier gros deal.
  • 2014 : Sur sa lancée, Zaoui & Co conseille PSA Peugeot Citroën lors de l’augmentation de son capital à hauteur de 3 milliards d’euros souscrite par le chinois Dongfeng.
  • 2014 : Zaoui & Co a conseillé le cimentier Lafarge lors de sa fusion avec le suisse Holcim pour un montant de 40 milliards d’euros.
  • 2014 : Zaoui & Co conseille Novartis dans la vente de ses activités d’oncologie à GlaxoSmithKline pour 16 milliards de dollars.
  • 2015 : Zaoui & Co est l’unique conseiller d’Alcatel-Lucent dans sa fusion avec Nokia annoncée à 15,6 milliards d’euros.

 

    PRÉPARE TES ENTRETIENS TECHNIQUES EN CORPORATE FINANCE

Découvre gratuitement les questions techniques en entretien de M&A, Private Equity, etc., corrigées par un pro.

 

 

Pourquoi parle-t-on d’eux ?

 

Zaoui-Main-Logo1C’est une véritable révolution du M&A européen qu’ont entrepris les frères Zaoui ! Leur nouvelle boutique Zaoui & Co a été élue meilleure boutique M&A européenne en 2014 par Mergermarket. Zaoui & Co a dynamité la banque d’affaires en Europe et totalise 48 milliards de transactions conseillées en 2014 en seulement 6 deals et avec une équipe de 6 salariés ! Avec un personnel aussi réduit Zaoui fait dans le sur-mesure et s’appuie sur le carnet d’adresse colossal de leurs fondateurs. Fruit de 25 années de M&A chacun dans deux des banques les plus prestigieuses du monde, leur réseau leur donne un accès à n’importe quel grand patron européen. Les Zaoui inaugurent le retour en force des boutiques de M&A « à l’ancienne » de taille plus modeste. Balayées dans les années 1990 par la concurrence des grandes banques de Wall Street, les boutiques des banquiers d’affaires de la vieille école sont en vogue. A l’ère des réseaux sociaux et de l’hyper-connectivité, la discrétion de ces nouveaux ténors du M&A est très recherchée pour éviter toutes formes de fuites dans la presse ou de conflit d’intérêts.

 

Zaoui & Co c’est le nouveau visage de la banque d’investissement, c’est le retour des consiglieri -à la manière de Tom Hagen dans Le Parrain– sur lesquels les grands patrons s’appuient, c’est le talent de deux banquiers d’exception, c’est la réconciliation d’Abel et Caïn et c’est surtout un deal flow hors-norme. Cette boutique de tous les superlatifs reste extrêmement difficile d’accès, mais c’est le prix à payer pour travailler avec Yoel et Michael. Deux stagiaires en Offcycle y seraient actuellement.

 

Hadrien Comte, étudiant à HEC Paris et Contributeur du blog AlumnEye

LA4  Lire aussi : Grégoire Chertok, l’homme aux 150 deals de Rothschild


Zoom sur : Bernard Mourad, l'ovni passé par Morgan Stanley

 

Pour ce troisième portrait dédié à une personnalité de la finance française, AlumnEye vous fait découvrir un symbole de cette nouvelle génération de banquiers aux multiples visages. Star des fusions-acquisitions chez Morgan Stanley, écrivain, entrepreneur et maintenant président d’un groupe de presse, Bernard Mourad a plusieurs vies.

 bernard mourad

 

Ses dates clés

 

  • 1975 : Naissance au Liban, sa famille fuit la guerre civile. Il grandit à Paris.
  • 2001 : Fraîchement diplômé de Sciences Po puis d’HEC, il intègre Morgan Stanley.
  • 2006 : Premier roman, Les Actifs corporels.
  • 2008 : Second roman, Libre échange.
  • 2012 : Il devient Managing Director de Morgan Stanley à Paris de la division Technologies, Médias et Télécommunications (TMT).
  • 2013 : Lancement de l’application mySOS sur iPhone dont il finance le lancement.
  • 2015 : Il quitte Morgan Stanley pour devenir président d’Altice Media Group qui comprend plus de 20 titres de presse.

 

 

Ses faits d’armes

 

Le parcours de Bernard Mourad est indissociable de celui du roi des télécoms et des médias européens, le milliardaire franco-israélien Patrick Drahi. Les deux hommes se rencontrent en 2004 au commencement de l’empire Drahi et Bernard Mourad va devenir le banquier attitré de l’homme d’affaires qu’il conseille dans quasiment tous ses deals. C’est le début de 10 ans de transactions M&A dans les télécoms et les médias :

 

  • 2007 : Il conseille Patrick Drahi dans la fusion de Numéricable et Noos.
  • 2008 : Bernard Mourad est impliqué dans les acquisitions d’Altice – la holding de Drahi et la maison-mère de Numéricable – aux Antilles et dans les Caraïbes.
  • 2011 : Il conseille l’américain Hearst dans le rachat des magasines internationaux de Lagardère pour 650 millions d’euros.
  • 2014 : Altice entre en bourse, épaulée par Bernard Mourad.
  • 2014 : Il fait partie des banquiers qui conseillent Numéricable dans le rachat de SFR pour 17 milliards d’euros.
  • 2015 : Son dernier deal est le rachat de Portugal Telecom par Altice pour 7,4 milliards d’euros.

 

 

Pourquoi parle-t-on de lui ?

 

logo-msDans la même veine que Matthieu Pigasse, Bernard Mourad est un banquier éclectique. Passionné par l’écriture, il trouve le temps malgré ses 4 heures de sommeil quotidien de publier deux romans en 2006 et 2008 : Les Actifs corporels et Libre Echange, deux dystopies sur le capitalisme ultra-libéral. Il écrirait en ce moment une pièce de théâtre. Ecrivain, mais aussi entrepreneur, Bernard Mourad a lancé une application mobile développée avec son argent personnel : MySOS. Fort de 75000 utilisateurs, c’est un réseau social qui peut sauver des vies en mettant en relation victimes, accidentés ou personnes fragiles avec des secouristes. Enfin, Bernard Mourad est depuis 2015 un patron de presse. Il a accepté à la demande de Patrick Drahi de prendre la présidence d’Altice Media Group, quittant par la même occasion Morgan Stanley. Il dirige aujourd’hui une vingtaine de titres de presse comme Libération, L’Express, L’Etudiant, Point de Vue
Bernard Mourad est un personnage atypique qui est la preuve de la richesse intellectuelle et de la diversité des profils du monde de la banque d’affaires. Il appartient aux meilleurs banquiers de sa génération : à la fois incontournables en M&A, mais aussi capables de devenir des capitaines d’industrie.

 

Hadrien Comte, étudiant à HEC Paris et Contributeur du blog AlumnEye

LA4  Lire aussi : Zoom sur Matthieu Pigasse, le « Che Guevara » de la finance chez                     Lazard

 


Zoom sur : Matthieu Pigasse, le "Che Guevara" de la finance chez Lazard

C’est avec ce premier banquier incontournable qu’AlumnEye lance sa série de portraits sur les grands banquiers français. Il est indispensable de connaître ces personnalités de la finance pour comprendre le secteur du M&A.

 matthieu pigasse lazard

Ses dates clés

 

  • 1968 : Naissance à Clichy (Hauts-de-Seine).
  • 1992 : Entrée à l’ENA après Sciences Po.
  • 1994 : À la sortie de l’ENA, il est nommé en tant qu’administrateur à la Direction du Trésor. Il est chargé de la gestion de la dette et de la trésorerie de l’Etat.
  • 1998 : Conseiller technique de Dominique Strauss-Kahn.
  • 2000 : Directeur adjoint du cabinet de Laurent Fabius chargé des questions industrielles et financières à 32 ans.
  • 2002 : Il est élu associé-gérant de Lazard à 34 ans.
  • 2003 : Il prend la tête de l’activité de conseils aux gouvernements, le Sovereign Advisory Group.
  • 2009 : Codirecteur général de Lazard France.
  • 2015 : Responsable mondial des activités M&A et Sovereign Advisory pour Lazard.

 

 

Ses faits d’armes

 

Matthieu Pigasse est avant tout l’expert du conseil aux gouvernements et c’est dans le Sovereign Advisory Group de Lazard qu’il commence sa carrière en finance après son passage dans le public. La politique et la finance dans le parcours de Matthieu Pigasse sont intimement liées pour celui qui se réclame comme un banquier de gauche engagé. Selon lui, l’activité de conseil aux gouvernements se rapproche de ses convictions politiques et ses différents mandats lui donne un air de « Che Guevara » de la finance.

Voici ses principaux mandats en tant que directeur du Sovereign Advisory Group :

 

  • 2002 : Renégociation de la dette argentine pour un montant de 100 milliards de dollars.
  • 2004 : Restructuration de la dette irakienne.
  • 2006 : Conseil sur la nationalisation du gaz bolivien.
  • 2008 : Annulation d’une partie de la dette équatorienne.

 

Il a aussi conseillé de grands groupes français dans leurs opérations de M&A :

 

  • 2006 : La fusion de Gaz de France et Suez dans le but de former GDF-Suez (aujourd’hui Engie) pour 66 milliards d’euros.
  • 2008 : L’augmentation de capital de Natixis.
  • 2011 : La vente du PSG à Colony Capital pour plus de 40 millions d’euros.
  • 2014 : Le rachat de 8% de son capital appartenant à Nestlé par L’Oréal pour 6 milliards d’euros.

 

Pourquoi parle-t-on de lui ?

 

lazardMatthieu Pigasse détonne dans le milieu feutré de la banque d’affaires où la discrétion est de mise. Il a d’ailleurs publié l’essai Eloge de l’anormalité en 2014. L’anormalité, Matthieu Pigasse la cultive : il se présente comme le banquier « rock’n’roll » après son rachat du magasine Les Inrocks en 2009. Il habite l’hôtel Costes, dort 4 heures par nuit et joue aux jeux vidéos à ses heures perdues. Alors que les banquiers sont d’ordinaire discrets sur la question, il n’a jamais caché ses convictions politiques et fait parti de plusieurs think tanks de gauche comme Terra Nova ou Les Gracques. Il devient par ailleurs copropriétaire du journal Le Monde avec Xavier Niel et Pierre Bergé en 2010. Mais Matthieu Pigasse est avant tout un banquier très talentueux et sa récente nomination au poste de responsable mondial de la M&A chez Lazard n’est pas anodine et pour le moins exceptionnelle. Il a fait bouger les lignes tant chez Lazard que dans toute la finance française. Après le départ d’Erik Maris, son concurrent pour la direction de Lazard France, il a redoré le blason de l’emblématique banque franco-américaine qui s’est classée première sur le marché français des transactions M&A en 2014 après une huitième place décevante en 2013.

 

Energique et charismatique, Matthieu Pigasse appartient à cette nouvelle génération de banquiers touche-à-tout aux confluents de la finance, de la presse et du monde littéraire. Si vous deviez l’évoquer en entretien, prenez garde à ne jamais tomber dans des considérations politiques. Insistez plutôt sur le nouvel élan qu’il donne à la finance française. Insistez également sur le recentrage sur Paris de la banque Lazard suite à la nomination de Matthieu Pigasse comme responsable mondial du M&A et du Sovereign Advisory.

 

Hadrien Comte, étudiant à HEC Paris et Contributeur du blog AlumnEye

LA4  Lire aussi : Le Sovereign Advisory Group de Lazard : aux frontières de la finance et                               de la politique

 


Zoom sur : Grégoire Chertok, l'homme aux 150 deals de Rothschild

Second portrait de notre série AlumnEye sur les grands banquiers français. Après Matthieu Pigasse de Lazard, nous dressons le portrait de Grégoire Chertok, un associé-gérant de l’éternelle banque rivale : Rothschild.

 Gregoire Chertok

Ses dates clés

 

  • 1966 : Naissance à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine)
  • 1988 : Diplômé de l’ESSEC.
  • 1991 : Il rejoint Rothschild à 25 ans.
  • 1993 : MBA à l’INSEAD.
  • 2000 : Elu associé-gérant chez Rotschild à 33 ans, un record depuis battu par Emmanuel Macron à 32 ans.
  • 2007 : Membre du Comité Exécutif de Rothschild.

 

    PRÉPARE TES ENTRETIENS TECHNIQUES EN CORPORATE FINANCE

Découvre gratuitement les questions techniques en entretien de M&A, Private Equity, etc., corrigées par un pro.

 

Ses faits d’armes

 

Grégoire Chertok est l’arme secrète de Rothschild. Secrète, car le banquier, qui a fait toute sa carrière dans la maison, est discret. On évoque souvent le couple Pigasse/Chertok comme le feu et la glace car à l’inverse de son confrère de Lazard, Grégoire Chertok ne fait pas la une des journaux. C’est un banquier plus conventionnel qui se veut le « médecin de famille » des grands groupes français. Proche des grands patrons du CAC 40 comme Martin Bouygues ou Gérard Mestrallet, il s’est forgé une solide expérience dans l’énergie, l’industrie lourde et les infrastructures. S’il est fastidieux d’établir la liste de ses 150 transactions en bientôt 25 ans de carrière chez Rothschild, voici une liste de ses principales opérations :

 

  • 2005 : Il sauve Suez d’une OPA hostile du pétrolier italien Enel.
  • 2010 : Il conseille Kering (ex PPR) dans la cession de Conforama pour 1,2 milliards d’euros.
  • 2010 : Accor le mandate pour effectuer la scission du groupe entre ses activités de services et ses activités hôtelières.
  • 2012 : Il conseille GDF-Suez (aujourd’hui Engie) dans l’acquisition du britannique International Power pour 25 milliards d’euros 2010 et 2012.
  • 2013 : Il est classé meilleur banquier français avec un montant de près de 15 milliards d’euros de deals signés cette année là.
  • 2015 : Le consortium chinois Fosun rachète le Club Med qu’il conseille lors de l’OPA la plus longue de l’histoire de France. Fosun acquiert le Club Med pour 939 millions d’euros.

 

Pourquoi parle-t-on de lui ?

 

Rothschild_logo

Grégoire Chertok semble indissociable de Matthieu Pigasse, à l’image de leurs deux banques respectives. En effet c’est une véritable guerre à laquelle se sont livrés les deux hommes lors de la vente de SFR à Numéricable en 2014 pour 17 milliards d’euros. Chertok soutenait Bouygues dans son projet de rachat de SFR mais c’est finalement la banque Lazard menée par Pigasse qui a remporté la généreuse commission de cette transaction puisqu’elle conseillait Numéricable. Les deux hommes s’opposent aussi dans leurs convictions politiques : Grégoire Chertok est l’adjoint au maire UMP du 16ème arrondissement, c’est également un intime de Jean-François Copé, là où Pigasse est surnommé le « banquier rouge ».

 

Grégoire Chertok est la figure de l’ombre du capitalisme français, ami des grands patrons, membre du Siècle, il représente la caste des banquiers d’élite dans la grande tradition corporatiste française. L’homme est un atout considérable pour Rothschild en France et il illustre bien les valeurs de la banque : discrétion et excellence.

 

LA4  Lire aussi : Les enjeux des récentes «méga fusions-acquisitions» en France


Venture Capital & Private Equity : quelles différences ? Où postuler ?

Le Venture Capital et le Private Equity : quelles différences ? Où postuler ?

 

Le Venture Capital (en français le capital-risque) est souvent confondu avec le Private Equity (le capital-investissement). Ce sont deux types de fonds d’investissement dans des entreprises non cotées avec le même objectif de revente pour réaliser une plus-value. En cela, le Venture Capital peut se comprendre comme une branche du Private Equity.

Néanmoins, le Venture Capital et le Private Equity diffèrent selon le type et la taille des entreprises dans lesquelles ils investissent et selon les outils financiers qu’ils utilisent. Nous allons explorer plus en détails leurs différences et les carrières que ces fonds proposent.

 

 

Les différences entre le Private Equity et le Venture Capital

 

Pour saisir les enjeux du Private Equity et du Venture Capital, voici un tableau de comparaison qui résume bien leurs différences :

 

Private Equity Venture Capital
Les entreprises cibles Les entreprises matures souvent sous-évaluées et qui connaissent des difficultés ou qui souhaitent se développer. Les startups, les entreprises en développement.
Les industries cibles Tous les secteurs avec un marché généralement bien établi et des services/produits de référence. Les secteurs à forte croissance comme les technologies, les biotechnologies et les énergies alternatives.
Retour sur investissement attendu Une croissance solide et régulière qui dépend souvent du risque inhérent aux différents secteurs. En théorie les fonds de PE attendent un taux de rendement interne annuel (TRI ou IRR en anglais) de 20%. Un fonds de VC parie sur des entreprises plus risquées dont beaucoup vont échouer. Mais parmi ces échecs se trouve la perle rare qui deviendra un futur leader à la croissance exponentielle.
Taille des investissements Plusieurs dizaines de millions d’euros jusqu’à des milliards pour les gros fonds de Private Equitys. Généralement moins de 10 millions d’euros. Mais certains gros fonds de Venture Capital peuvent investir beaucoup plus.
Horizon de liquidités (sorties de l’acquéreur) Les fonds de Private Equity tablent généralement sur une sortie après l’investissement au bout de 6 à 10 ans. En moyenne les fonds de Venture Capital sortent au bout de 4 ans.
Parts acquises par le fonds Prise de contrôle (souvent 100% de l’entreprise). Le plus souvent une part minoritaire de l’entreprise ciblée.
Structure du financement Financement en capitaux propres et en dette (dette senior et dette mezzanine). Financement en capitaux propres ou quasi capitaux propres.
Rôle de l’investisseur Le fonds peut être passif ou donner des consignes de management. Il peut aller jusqu’à imposer ses propres managers dans le cadre d’un LBO. Le fonds propose ses conseils, son réseau et surveille le cash burn des entreprises.

 

    PRÉPARE TES ENTRETIENS TECHNIQUES EN CORPORATE FINANCE

Découvre gratuitement les questions techniques en entretien de M&A, Private Equity, etc., corrigées par un pro.

LA4  Lire aussi : Qu’est ce que le Private Equity en Real Estate ?

 

Quelles perspectives de carrière en Private Equity et en Venture Capital ?

 

  1. Les recrutements
  • En Private Equity : La plupart des fonds de Private Equity recrutent des anciens banquiers d’affaires généralement après deux à trois années d’Analyste. La plupart des fonds à Paris recrutent des stagiaires mais les places sont rares. Le nombre de poste de junior en Private Equity est faible également. Même en tant que stagiaire, de nombreux fonds vous demanderont une expérience préalable en M&A. Les entretiens en Private Equity sont très techniques et vous serez testés sur des cas de LBO et de modélisation financière.

 

venture capital

  • En Venture Capital : Si les recruteurs vous demanderont une base solide de connaissances techniques, les entretiens seront davantage axés sur votre connaissance du secteur des levées de fonds et des nouvelles technologies. Le « fit », des questions de personnalité et de motivation tient également une grande importance. En fonction de la taille du fonds auquel vous postulez, une expérience en banque d’affaires n’est pas obligatoire et vous devrez plutôt démontrer votre goût pour l’entreprenariat. Les fonds de Venture Capital regroupent des profils plus divers qui peuvent aussi bien venir de la finance, du consulting ou de l’entreprenariat.

 

  1. Les missions quotidiennes
  • En Private Equity : Au niveau d’Analyste, il faut s’attendre à énormément de modélisation financière pour déterminer si votre fonds à intérêt à investir dans une entreprise donnée. Vous aurez également à coordonner le travail des comptables, des avocats, des banquiers et des autres fonds de Private Equity qui travailleront avec vous sur un investissement. Le stagiaire en Private Equity sera plutôt chargé d’établir des profils d’entreprises et de réaliser des recherches sur un secteur ou des cibles potentielles.

 

  • En Venture Capital : Le travail est très similaire à celui du Private Equity et conserve une certaine composante de modélisation financière. Du fait de la taille beaucoup plus petite des entreprises avec lesquelles vous travaillerez, une bonne connaissance du milieu de l’entreprenariat est indispensable. Il s’agit de ne pas passer à côté d’une entreprise prometteuse !

 

  1. Les rémunérations
  • En Private Equity : Les rémunérations en Private Equity sont alignées avec celles de la banque d’affaires souvent avec une proportion de salaire variable plus importante.Venture capitalEn fonction de vos performances et celles de votre fonds, vous toucherez un bonus comme en banque d’affaires, les rémunérations devenant de plus de en plus lucratives à mesure que vous progresserez dans la hiérarchie. En haut de la pyramide, ces montants peuvent devenir colossaux du fait des « carried interests » pour les partners les plus importants qui peuvent toucher jusqu’à 25% des profits annuels du fonds. Il existe en banque d’affaires un « mythe du buy-side » – on désigne par buy-side toutes les fonctions d’investisseurs – et le Private Equity constitue souvent une porte de sortie du M&A où les horaires sont moins conséquents – une affirmation à nuancer pour certains fonds – et les rémunérations « compétitives ».

 

  • En Venture Capital : Sans grande surprise, les salaires en Venture Capital sont moins élevés qu’en Private Equity. La hiérarchie est souvent plus flexible que celle utilisée par le Private Equity qui correspond aux grades hiérarchiques de la banque d’affaires. La pratique des bonus est courante mais ils sont généralement moins élevés qu’en Private Equity. Si les perspectives de plus-value sont moins nombreuses, elles sont aussi très fortes. Par exemple, le fonds de Venture Capital américain Sequoia Capital a empoché 3 milliards de dollars après avoir investi 60 millions de dollars dans WhatsApp en 2011 à l’issue du rachat de l’entreprise par Facebook pour 19 milliards de dollars en 2014.
LA4  Lire aussi : Qu’est ce que la gestion de patrimoine ?

 

                                 Où postuler ?

 

 PE Large Cap
  • Advent
  • Apollo
  • Ardian
  • Astorg Partners
  • Bain Capital
  • BC Partners
  • Blackstone
  • Bridgepoint
  • Carlyle
  • Cerberus
  • Charterhouse
  • Cinven
  • Cobepa
  • CVC
  • Eurazeo
  • Gilde
  • KKR
  • Oak Tree Capital Management
  • PAI Partners
  • Permira
  • Silver Lake
  • TPG
  • Warburg Pincus
  • Wendel
  • 3i Group

 

PE Midcap
  • Abénex
  • Activa
  • Apax
  • Argos Wityu
  • Azulis Capital
  • Chequers
  • Equistone
  • IK Investment Partners
  • L Capital
  • LBO France
  • Lion Capital
  • Montagu
  • Motion Equity Partners
  • Pamplona
  • Parquest Capital (ex ING)
  • Rhône Group
  • Rothschild Five Arrows
  • Sagard
  • Sun Capital
  • TA Associate
  • Towerbrooke
  • Weinberg Capital Partners
  • 21 Centrale Partners

 

PE Small Cap
  • Blackfin
  • Capzanine
  • Céréa
  • CIC LBO
  • Andera Partners
  • Industries & Finance
  • Infragreen
  • Inframed
  • MBO Partenaires
  • Montefiore
  • Nixen
  • Omnes
  • Pechel
  • Square Capital
  • TCR

 

Venture Capital 
  • Accel Partners
  • Advent Ventures
  • Alven Capital
  • Amadeus Capital Partners
  • Atomico
  • Balderton Capital
  • Bridges Ventures
  • DFJ Esprit
  • Index Ventures
  • Livingbridge (ex ISIS Equity Partners)
  • OTC
  • Quilvest
  • Scottish Equity Partners
  • Soffinova
  • Truffle
  • Welligton Partners
  • 123 Venture
  • 360 Capital Partners

 

Small Venture Capital
  • Baronsmead VCTs
  • Beringea
  • Downing
  • Edge Investments Management
  • Foresight Group
  • Hargreave Hale
  • Hazel Capital
  • Mobeus Equity
  • New Media Ventures
  • Octopus Investments
  • Triple Point
  • YFM Equity Partners

 

Cap Dev
  • EPF
  • Naxicap
  • Odyssée Venture
  • Perfectis
  • Turenne
  • UI Gestion
  • XAnge PE

 

Mezzanine
  • Actomezz
  • Capzanine
  • Euromezzanine
  • European Capital
  • Indigo
  • LFPI
LA4  Lire aussi : 9 questions que vous vous posiez sur la finance éthique