Davos & inégalités : 85 personnes aussi riches que 50% du reste du monde.

A Davos, les inégalités préoccupent les leaders économiques

 

Signal d'alarme à Davos

Du 22 au 25 janvier 2014 se tenait à Davos le Forum Economique Mondial réunissant les plus grands leaders économiques afin de faire le point sur la situation économique actuelle. Les problèmes majeurs ont été abordés et un constat inquiétant ressort de ce rassemblement : les inégalités économiques n'ont jamais été tant prononcées dans le monde. Tant dans les pays émergents où les ressources sont mal distribuées, que dans les pays développés où le chômage ne cesse d'augmenter, les inégalités économiques s'accentuent et deviennent de plus en plus préoccupantes.

Bien que les leaders économiques présents à Davos ne soient pas directement touchés par cette tendance, des conséquences terribles sont à prévoir si la situation continue dans ce sens.

Avant ce grand rassemblement économique mondial à Davos, l'idée selon laquelle les inégalités sont bénéfiques pour l'économie revenait souvent auprès des analystes. Boris Jonhson, le maire de Londres avait même annoncé que l'égalité économique était impossible à atteindre étant donné que les individus eux-mêmes ne naissent pas avec des aptitudes et des QI identiques. Il avait ajouté qu'il croyait en l'importance de ce ressenti d'inégalité pour stimuler l'innovation et l'envie de se surpasser et ainsi augmenter la croissance et l'activité économique.

Ainsi, longtemps perçue comme une invitation à l'innovation et à la croissance mondiale l'inégalité sociale est-elle maintenant pointée du doigt par les riches et puissants leaders mondiaux à Davos.

 

Peu avant l'ouverture du Forum, le FMI et l'ONG Britannique Oxfam ont tiré le signal d'alarme sur le sujet, ce qui a permis de lancer des discussions concrètes et chiffrées. Ainsi, le rapport d'Oxfam révèle que « les 85 personnes les plus riches du monde concentrent autant de richesse que les 3.5 milliards de personnes les plus pauvres, soit 50 % de la population mondiale ». Et, Christine Lagarde s'est inquiétée que « dans de trop nombreux pays, les bénéfices de la croissance ont profité à trop peu de gens, ce qui n'est pas la bonne recette pour la stabilité et la durabilité » de la croissance mondiale.

La conséquence est sans appel : le rapport annuel du Forum sur les risques mondiaux annonce que « le fossé persistant entre les revenus des citoyens les plus riches et ceux des plus pauvres est considéré comme le risque susceptible de provoquer les dégâts les plus graves dans le monde au cours de la prochaine décennie ».

Les causes diffèrent selon les pays

Les causes de cette montée des inégalités diffèrent selon les pays. Les pays émergents, surtout Africains souffrent d'une mauvaise répartition des richesses, de corruption et d'un manque d'équilibre et de légitimité des gouvernements. Au Nigeria par exemple, l'élite bénéficiant du pétrole du pays contraste avec les centaines de millions de Nigériens vivant sous le seuil de pauvreté. Dans les pays développés, la tendance désinflationniste a bloqué les salaires pour limiter l'inflation. La crise économique a provoqué la montée du chômage du fait de cette politique recherchant la stabilité des prix. Occupy Wall Street, « Indignés » et autres mouvements protestataires traduisent le malaise inhérent de sociétés occidentales toujours plus inégalitaires. Ainsi, le chômage, particulièrement élevé chez les jeunes, et la baisse des retraites, qui touchent les personnes les plus fragiles, accentuent encore les inégalités.

 

Des risques sociaux, économiques et politiques

Les conséquences de ces inégalités peuvent être terribles si elles sont accompagnées d'un sentiment d'injustice auprès des populations les plus pauvres. Ces dernières peuvent se sentir volées par des politiques conçues par les riches pour les riches. Et, Jennifer Blanke, économiste en chef du Forum économique mondial explique que « les inégalités de revenus engendrent des conflits sociaux comme on a pu le voir dans les pays émergents, mais également en Grèce et en Espagne, où le chômage des jeunes en particulier a explosé. Et cela inquiète les leaders ».

 

En fait, au-delà de la tension sociale, les conséquences économiques pourraient endommager fortement l'économie. Et, on pourrait même assister à un phénomène contraire à celui attendu. Alors que les inégalités sont censées stimuler l'innovation et la créativité, elles pourraient « priver des centaines de millions de personnes des fruits de leur talent et de leur travail » puisque le fruit de leur travail ne leur servirait qu'à survivre. De plus, baisse des salaires et montée du chômage s'accompagnent d'une baisse du pouvoir d'achat et du nombre de consommateurs et donc ont une influence directe sur les affaires et les entreprises. Jennifer Blanke, résume la situation : « Plus le fossé entre les riches et les pauvres se creusera, plus les tensions sociales seront fortes… Et une société au bord de l’explosion, ce n’est bon pour personne. Y compris pour les plus riches ! » Enfin, Lee Howell, directeur général du Forum inquiet de la situation conclut : « Il faut que les dirigeants politiques s'en préoccupent immédiatement, sans quoi le discours politique visant à répondre à ce malaise social parlera de nationalisme, de protectionnisme et de recul du processus de mondialisation ».

 

Les solutions avancées

Davos, après avoir souligné le problème, a proposé quelques solutions : le démantèlement des paradis fiscaux (qui bénéficieraient essentiellement au monde de la finance), la mise en place de fiscalités progressives à travers le monde. Oxfam explique tout de même qu' « il n’y a évidemment pas une seule cause. Nous sommes bien conscients des dérives de la finance, mais les inégalités sont plus d’ordre structurelles, par exemple assouplir le marché du travail, mieux répartir et exploiter les richesses, une meilleure gouvernance, lutter contre la corruption… ». D'un point de vue social, il faut rétablir la cohésion grâce à une redistribution des richesses, et l'ONG encourage « les Etats à [..] financer une couverture universelle en matière de soins de santé, d'éducation et de protection sociale » ou encore « à défendre un salaire minimum vital dans toutes les sociétés qu'ils contrôlent ».

Le fait que Davos se préoccupe de l'aggravation constante des inégalités est une première louable. Encore faut-il que les solutions proposées par les grands de ce monde soient bel et bien mises en oeuvre.

 

 


Fraudes et délits d'initiés en M&A et Sales & Trading : pourquoi ?

Fraudes et délits d’initiés en M&A et Sales & Trading : pourquoi ? 

Le monde financier est souvent vu d’un mauvais oeil par l’opinion publique. Cette triste réputation est largement alimentée par les nombreux scandales de fraudes qui ont secoué ces secteurs. C’est à croire qu’aucune banque n’a pu échapper à la tentation du délit. Même JPMorgan, l’institution bancaire la plus respectée de la place vient de signer un chèque de $2.6Mds pour ses liens trop étroits avec Bernard Madoff. Plus proche de chez nous, la Société Générale a defrayé la chronique avec la fraude de son célèbre trader Jérome Kerviel. Et la liste n’en finit plus : Crédit Suisse et Serageldin, Goldman Sachs et Fabrice Tourre, UBS et Kweku Adoboli…

Le paradoxe réside dans le fait que la plupart des fraudeurs ne sont pas fondamentalement mauvais. Pour leur vaste majorité, ils n’ont jamais fréquenté le banc des accusés. Au contraire, ils vivaient une vie irréprochable avant leur mise en cause.

Pour autant, la liste des scandales financiers est longue et l’interrogation d’autant plus légitime : pourquoi tant de bons employés se mettent à mal agir ? C’est le sens de la question posée par le juge Hellerstein lors de la condamnation de Serageldin qui gérait une équipe de trading de Mortgage Backed-Securities chez Crédit Suisse pendant la crise de 2008 : « Pourquoi autant des gens bons sont-ils les auteurs d’actions répréhensibles ? »

La recherche du profit personnel

Avant d’aborder l’ensemble des éléments expliquant des comportements déviants, il est indispensable d’aborder le premier d’entre eux : la recherche du profit personnel. A ce titre, l’exemple de Rajat Gupta est effarant : ancien Managing Director de McKinsey, cet ex-membre du Board de Goldman Sachs a été condamné pour délit d’initié après avoir transmis des informations privées à un fund manager. Rien ne laissait entrevoir une telle fin pour Rajat Gupta, marié et père de 4 filles, parti à la retraite avec une fortune personnelle estimée à environ 130 millions de dollars. Malgré cela, il rentre dans le jeu risqué du délit d’initié pour s’enrichir personnellement. Incompréhensible venant d’un multimillionnaire si l’on ne prend pas en compte les fréquentations de M. Gupta : Bill Gates, Henry Kravis, Henry Paulson, autant de multimilliardaires pour qui $130mm semblent être une bagatelle.

Pression

Le contexte de crise et la recherche permanente du profit ont
favorisé une culture d’entreprise qui exerce une forte pression sur les employés pour réaliser leurs objectifs de performance. C’est l’argument principal de la défense de Jérome Kerviel lors de son procès : son avocat rappelle que ses résultats de l’année N devenaient ses objectifs de performance pour l’année N+1. Fraudes et contournement des limites de risque deviennent alors un moyen d’atteindre les objectifs de performance quand la situation est trop stressante.

Sous la pression de générer des bénéfices pour un fonds d’investissement ou une banque, les traders sont à l’affût d’informations sur le marché qui peuvent lentement les rapprocher de la ligne de l’illégalité. Au même titre, les « réseaux d’experts » auxquels font appel les banquiers M&A pour avoir des informations sectorielles sont parfois à la limite de l’information privilégiée.

Auto-persuasion

Beaucoup des fraudeurs se persuadent de ne pas être dans l’illégalité pour mieux soutenir le fondement de leurs actions. Ce type d’individu ne peut donc pas être dissuadé : il est convaincu du bien fondé de sa conduite. Si vous ne croyez pas que votre action est illégale, alors vous ne craignez pas la punition.

 

 

Banalisation

Un autre phénomène est souvent invoqué lors des procès de délits d’initiés : la banalisation des comportements répréhensibles. Ils deviennent monnaie courante et ceux qui ont cédé contribuent à la perversion des autres : si tout le monde a la conviction que l’action n’est pas répréhensible, elle ne peut l’être réellement. La manipulation des taux interbancaire, des taux de change, des devises étrangères des banques mondiales devient une habitude dont se targuent même les coupables après avoir augmenté ou diminué artificiellement un taux de référence.

Et contrairement à ce qu’invoquent systématiquement les employeurs des fraudeurs, il ne s’agit pas là de cas isolés. Pour preuve le nombre de condamnations dans le secteur financier a explosé ces 5 dernières années. Le régulateur semble être conscient du problème et soucieux de l’éradiquer.

A titre d’exemple le juge Hellerstein a été clément dans sa sentence à l’égard de Kareem Serageldin en invoquant la culture toxique qui régnait chez Crédit Suisse et ses concurrents. Ce trader de chez Crédit Suisse a été condamné à 30 mois de prison pour son rôle dans la manipulation des prix de MBS avant la crise de 2008.

Lois imprécises

Le régulateur est également partiellement fautif : les lois sur les opérations de délits d’initiés stipulent que l’information communiquée doit être «importante» (« material » en anglais) pour constituer un délit. La frontière de la légalité est alors facilement dépassée sans même s’en rendre compte du fait du caractère relatif du caractère « important ».

 Et pourtant…

Ce qui reste déroutant sur ​​les personnes qui ont mené une vie droite auparavant, c’est qu’elles sont peu susceptibles de commettre un délit s’il leur est présenté en termes clairs.

Prenez l’exemple d’un trader de Wall Street qui, si on lui demandait d’échanger des informations privées importantes obtenues par un insider de l’entreprise, refuserait sans hésiter – du moins s’il a une chance raisonnable d’être pris.

Comme le juge Hellerstein l’a souligné en condamnant M. Serageldin « Chaque personne doit regarder en lui-même et se demander ce qui est juste  et ce qui est faux. » Les affaires de criminalité en col blanc impliquent trop souvent des accusés qui ne semblent jamais s’être posés de telles questions.

 

En quoi cela concerne-t-il un candidat pour un poste en finance ? 

De plus en plus de questions d’entretien sont posées sur votre éthique personnelle. Chez Barclays par exemple, à plusieurs reprises la question est revenue : « How would you react if your client asked you to do something unethical? » ou encore « What would you do if your friend did something unethical at work? ». Ces questions doivent être prises très au sérieux car l’éthique est devenue un critère central de recrutement. En effet, les malversations ont coûté très cher aux banques en termes financiers mais également en termes d’image de marque. Il s’agit pour ces recruteurs de limiter le risque de fraude dès l’étape du recrutement.

Toutes ces questions sont traitées lors des trainings AlumnEye Finance, avec toutes les questions techniques, tests numériques, ainsi que toutes les astuces pour passer la barrière de la sélection de CV.


Qu'est ce que la Banque Privée (Private Banking) ? Interview AlumnEye

Nous avons interviewé pour vous, au sein du Réseau AlumnEye, un Analyste en Private Banking. Il nous décrit son métier, son équipe, et son quotidien dans le secteur du Private Banking

 

Peux-tu présenter le métier de Private Banker ?

private bankingOn distingue deux grands « corps » de métier : le banquier privé et l’investisseur privé. Il existe aussi des métiers plus spécialisés au sein de la banque comme les équipes chargées de la relation client, des spécialistes du crédit, de l’assurance-vie, des experts patrimoniaux. Les métiers de banquiers et d’investisseurs sont d’ordinaire les plus prisés.

On distingue enfin deux catégories de banquiers privés, les HNW (High Net Worth) qui s’occupent des grandes fortunes (jusqu’à 15 millions d’euros de placement) et les UHNW (Ultra High Net Worth) qui se chargent des clients les plus fortunés.

Le banquier privé a un rôle relationnel : il doit approcher de potentiels clients et « transformer l’essai » en obtenant la gestion de fonds de ces grandes fortunes. Il a donc un rôle de recherche, aidé en cela par une équipe d’analystes brillants : il garde un œil sur les deals M&A pour identifier les richesses soudaines issues de la revente d’une entreprise, et de manière plus générale il recherche des personnalités du monde de l’entreprise ou autre qui font fortune, tout en entretenant un tissu dense de relations parfois très durables avec de plus vieilles familles et clients. Il a un rôle d’écoute puisqu’il doit identifier les besoins des clients et leur proposer une ébauche de stratégie d’investissement et de produits financiers disponibles. Il doit donc faire preuve de qualités relationnelles, marketing, commerciales, mais aussi mémorielles ainsi que d’une grande rigueur dans la gestion de ses relations et de son observation du monde économique.

Les banquiers privés sont classés chaque mois selon leurs performances, il y a donc un challenge. Les horaires sont normaux : 9h00 – 21h00 en moyenne pour un analyste, 9h00 – 20h00 pour les banquiers privés plus seniors. A noter que certaines banques présentent une organisation très structurée, d’autre plus chaotique..

Les investisseurs, comme leur nom l’indique, sont en charge de l’investissement des fonds alloués à la banque par les clients. Ils doivent se tenir à des stratégies prédéfinies par les équipes de « research » de la banque, ainsi qu’au souhait des clients. Il s’agit d’un métier plus technique, moins relationnel, mais avec des responsabilités différentes.

LA4  Lire aussi : Qu’est ce que la gestion de patrimoine ?

 

Quelles étaient tes motivations pour postuler à un Summer Internship dans cette équipe ? 

 

Private Banking - AlumnEyeJe souhaitais avoir une expérience différente de celle de nombreux stagiaires qui ne jurent que par le « tout M&A » afin de m’ouvrir à d’autres opportunités. En l’occurrence cette équipe m’attirait à la fois parce qu’il s’agissait de l’une des meilleurs banques privées au monde, et l’une des plus prestigieuses. Le « ticket d’entrée » pour accéder aux services des gestionnaires des banques privées est de plusieurs millions d’euros d’actifs gérés. J’avais également eu l’occasion d’échanger avec des professionnels du milieu qui ont confirmé mon intérêt pour le milieu. Résultat : j’ai découvert un univers passionnant, une équipe très sympathique et professionnelle, ainsi qu’un rythme « humain » et une vraie implication du stagiaire.

 

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En quoi consistent des tâches quotidiennes et celles de ton équipe ?

Les analystes viennent en soutien des banquiers dans deux tâches essentielles :

–        Les recherches sur de nouveaux clients potentiels et la mise à jour des bases de données internes.

–        La création de nouvelles présentations PowerPoint pour les clients. Dans ce cadre j’ai parfois eu à travailler avec les banquiers sur certaines présentations. C’est une école de la rigueur, avec la même exigence qu’en M&A où il faut parfois refaire 10 fois la même présentation, avec des banquiers extrêmement exigeants. C’est un exercice très formateur, permettant d’appréhender la logique d’un rendez-vous client, la manière dont le banquier structure son approche et sa présentation, et la façon dont il comprend le profil de risque du client.

Des tâches parfois ingrates incombent aux analystes, mais de manière épisodique. J’ai eu, par exemple, à faire une recherche/actualisation de centaines de données, ce qui peut prendre 3 jours.

Avec l’équipe des investisseurs, j’ai pu toucher du doigt des calculs Excel de performances de portefeuille, des rapports de performance, et apprendre à manier un terminal Bloomberg.

LA4  Lire aussi : Qu’est ce que l’Equity Research ?

 

Quels sont les profils typiques des employés de ton équipe ?

private banking - AlumnEyeLes membres de l’équipe sont en priorité issus d’écoles de commerce. On note d’ailleurs une grande proportion d’anciens BDE ou d’associations importantes.

Les analystes sont très impliqués, font preuve d’une grande rigueur, d’un important esprit d’analyse et de disponibilité. Par ailleurs tous étaient très accueillants et avenants, avec le même profil « relationnel » très dynamique, ce qui montre que la culture d’entreprise est très forte.

Chez les banquiers seniors on retrouve des profils similaires issus d’écoles de commerce. Tout indique que le métier de Private Banker devient de plus en plus prisé. Les nouveaux analystes avaient d’ailleurs tous un background impressionnant en termes de stages (M&A, Equity Reearch …).

 

Merci beaucoup pour ces réponses, à très bientôt !

Si vous avez des questions additionnelles concernant le Private Banking, n’hésitez pas à les poster en commentaires, nous les ferons passer et les ajouterons en edit de cet article.

Retrouvez des informations sur les différents métiers sur le blog AlumnEye !  

LA4  Lire aussi : Qu’est ce qu’une OPA ?


Qu'est-ce qu'une OPA (ou tender offer)?

Par  François Longin, professeur de finance à l’ESSEC, chercheur français #1 en finance (classement CNRS). 

 

Qu’est-ce qu’un tender offer ou OPA en français (Offre Publique d’Achat) ? Comment se comporte le marché à l’annonce d’une OPA ? Quelle stratégie boursière mettre en place ? Cet article apporte un éclairage à la fois théorique et pratique sur le sujet en présentant l’état de l’art des connaissances et en introduisant les simulations SimTrade.

 

 

Définition d’une OPA

Une OPA (offre publique d’achat) est une offre d’acquisition d’une partie ou de la totalité du capital d’une société cible permettant à la société acheteuse d’en prendre le contrôle. L’acquisition des actions composant le capital de la société cible est payable au comptant. Le prix d’achat des actions est fixé dans l’offre.

En pratique, les actionnaires de la société cible disposent d’une période courte (quelques semaines en général) pour apporter ou non leurs actions à la société  acheteuse. A la fin de cette période, si le nombre d’actions reçues par la société  acheteuse est supérieur au seuil fixé dans l’offre (un % du capital), alors l’OPA a réussi. Dans le cas contraire, l’OPA a échoué et elle est annulée.

On distingue les OPA amicales et les OPA hostiles. Dans le cas d’une OPA amicale (sollicitée), les deux sociétés (la société acheteuse et la société cible) se sont entendues sur les modalités de l’offre, notamment sur le prix offert aux actionnaires de la société cible pour leurs actions. Dans le cas d’une OPA non sollicitée, les deux sociétés ne se sont pas entendues et la direction de la société cible peut ne pas être d’accord (on parle alors d’OPA hostile).

 

Prix de l’offre

Pour que l’OPA soit attractive pour les actionnaires de la société cible, le prix de l’offre doit être significativement supérieur au dernier cours de l’action de la société cible. La différence entre le prix de l’offre et le dernier cours s’appelle la prime. Plus la prime est élevée, plus les actionnaires de la société cible sont incités à apporter leurs titres à l’opération et plus l’OPA a de chances de réussir. Historiquement, on observe une prime moyenne de 30%.

Suite à l’annonce d’une OPA (ou à la rumeur d’une annonce), le cours de l’action de la société cible évoluera à la fois rapidement et fortement. Que le marché croit ou ne croit pas à l’OPA, le cours de l’action de la société cible évoluera à la hausse, l’annonce d’une OPA étant un signal positif sur la société cible.

Plusieurs cas peuvent se présenter pour l’évolution du cours de Bouse de la société cible :

Si le marché anticipe un échec de l’OPA, alors le cours de l’action de la société cible montera mais restera au-dessous du prix d’offre.

 

 

 

 

OPA cours action 2Si le marché anticipe un succès de l’OPA et juge que le prix de l’offre est correct, alors le cours de l’action s’ajustera sur le prix d’offre.

 

 

 

 

Si le marché anticipe un succès de l’OPA mais juge que le prix de l’offre est trop bas, alors le cours de l’action pourra même aller au-delà du prix de l’offre. Le marché s’attend alors une amélioration du prix de l’offre de la part de la société acheteuse (ou à une contre-offre de la part d’une autre société).

 

 

 

Dans tous les cas, pendant la période de l’OPA, le cours de l’action de la société cible peut évoluer à la hausse ou à la baisse en fonction des nouvelles qui arrivent sur le marché.

LA4  Lire aussi : Les enjeux des récentes « méga » fusions-acquisitions en France

 

Motivations pour une OPA

Différentes raisons peuvent inciter la société acheteuse à lancer une OPA sur la société cible.

–       Générer des économies d’échelle grâce aux synergies entre les deux sociétés (doublon de certaines fonctions comme les fonctions administratives)

–       Se développer par croissance externe

–       Acquérir une nouvelle technologie

–       Intégrer un composant stratégique dans la chaine de production

–       Renforcer sa position de marché

Les OPA hostiles peuvent être le fait de raiders avec un objectif purement financier (et non opérationnel). Une fois que le raider a pris le contrôle de la société cible (en cas de succès de l’OPA), il pourra réorganiser la société et la revendre ou revendre ses filiales les plus profitables, et ainsi faire un profit souvent substantiel.

 

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Simulations SimTrade

SimTrade est un outil pédagogique sur les marchés financiers. A base de simulations de trading, il vous permet de comprendre les marchés financiers et d’apprendre à intervenir sur les marchés. SimTrade est gratuit et ouvert à tous.

Dans la simulation Condensé d’actions, la société Psyon Tech pourrait subir une OPA. Forte de son activité de R&D, Psyon Tech produit des super-condensateurs innovants à base de nanotechnologies ; ces composants sont utilisés comme batteries dans de nombreux produits (stockage d’énergie, véhicules de transport, moyens de communication, etc.). Une telle technologie peut intéresser de grandes entreprises du secteur électronique pour internaliser la fabrication d’un composant jugé stratégique.

Accéder à la simulation (inscription gratuite sur le site)

 

Financement d’une OPA

Dans le cas d’une OPA, la société acheteuse doit acquérir les actions de la société cible aux actionnaires à la fin de la période. Comme le paiement des actions s’effectue au comptant, la société acheteuse doit donc trouver les fonds nécessaires pour financer l’acquisition.

En pratique, la société acheteuse peut lever des fonds sur les marchés (émission d’actions ou d’obligations convertibles) ou obtenir un crédit bancaire. Elle peut aussi s’allier à un ou plusieurs partenaires financiers comme des fonds de capital-risque (private equity).

Dans le cas où la société acheteuse ne peut trouver le financement, elle sera contrainte d’annuler l’OPA.

LA4  Lire aussi : Qu’est ce que le métier d’analyste en Transaction Services

 

A propos de l’auteur

François Longin – L’innovation financière

François Longin poursuit une carrière dans le domaine de la banque et de la finance en alliant recherche, conseil et formation. Il est professeur de finance à l’ESSEC depuis 1994 où il enseigne la finance d’entreprises et la finance de marchés.

Ses travaux portent principalement sur la volatilité des marchés financiers et en particulier sur les événements extrêmes en finance tels que les krachs boursiers. Il a reçu le prix de la bourse américaine Chicago Board of Trade pour sa recherche sur les produits dérivés. Il est l’auteur de nombreux articles publiés dans des revues académiques et professionnelles internationales. Son domaine d’expertise et de conseil couvre la gestion des risques pour les institutions financières, la gestion de portefeuille pour les sociétés de gestion, la gestion financière pour les entreprises et la gestion de patrimoine pour les particuliers. En savoir plus : www.longin.fr

François Longin participe au projet SimTrade, outil pédagogique pour comprendre les marchés financiers et apprendre à intervenir sur les marchés.

 

A propos de SimTrade

SimTrade – Outil pédagogique sur les marchés

SimTrade est une plate-forme de simulation de trading disponible sur le site internet www.simtrade.fr. SimTrade est gratuit et ouvert à tous. De façon fictive mais réaliste, l’internaute-trader (le SimTrader) peut passer des ordres de bourse pour acheter ou vendre des actions d’une entreprise dans le cadre de scénarios prédéfinis et reproductibles. L’originalité de SimTrade est de simuler non seulement les ordres passés par le SimTrader mais aussi le comportement réaliste des autres traders ainsi que l’évolution du prix des actifs financiers (moteur SimTrade), le SimTrader pouvant alors avoir un impact direct sur le marché.

L’objectif de SimTrade est pédagogique : faire comprendre les phénomènes économiques et financiers au travers des marchés financiers. SimTrade permet d’analyser ce qui s’est passé sur le marché au cours de la simulation. Dans quelles conditions mon ordre a-t-il été exécuté ? Pourquoi ma position est-elle perdante ou gagnante ? Pourquoi le prix des actions a-t-il évolué à la hausse ou à la baisse ? Comment le prix des actifs financiers est-il fixé ? Quelle est l’influence des informations économiques et financières sur les cours boursiers ? SimTrade apporte des réponses claires et précises à ces questions.

SimTrade propose plus qu’une simple simulation du marché boursier : une véritable expérience. Le SimTrader va vivre un scénario d’entreprises et de marchés tout en pouvant y participer via le trading. Dans sa déclinaison pédagogique, SimTrade est une nouvelle façon d’apprendre la finance en confrontant ses connaissances aux marchés financiers.

LA4  Lire aussi : Qu’est ce que la gestion de patrimoine ?