AlumnEye délivre des formations en finance et conseil avec une spécificité particulière : mettre des professionnels au coeur des formations, pour délivrer le point de vue de praticiens, loin d’une approche académique purement théorique.

C’est pourquoi nous sommes allés à la rencontre de Franck Ceddaha, Managing Partner chez DegroofPetercam et Professeur affilé au Groupe HEC et enseignant à Sciences Po Paris. Tout au long de sa carrière, M. Ceddaha a combiné l’enseignement et la pratique de la banque d’affaires, pour arriver au sommet des deux arts : Partner, Professeur et Auteur. Interview.

De Sciences Po et HEC à DegroofPetercam en passant par Oddo, pourriez-vous présenter votre parcours ?

Plus de 25 ans de banque d’affaires en quelques mots : 12 ans de Paribas (devenu BNP Paribas) puis 3 ans de banque américaine Donaldson Lufkin Jenrette  (devenu Credit Suisse), puis 9 ans comme Associé Gérant chez Oddo (devenu Oddo BHF), j’ai rejoint Degroof en 2013 devenu DegroofPetercam en 2015. Les fusions acquisitions touchent aussi les banques d’affaires !

Votre parcours en tant que banquier d’affaires est impressionnant : quelle opération vous a le plus marqué, et pourquoi ?

La dernière opération annoncée est toujours la plus marquante : chaque deal est une aventure humaine et son annonce publique est toujours un moment particulier dans la vie d’un banquier d’affaires, sans parler du closing dinner ! On oublie progressivement les autres avec le temps même si elles restent prestigieuses ou importantes.

Quel souvenir gardez-vous de vos 9 ans passés chez Oddo ? Quelle différence majeure voyez-vous avec DegroofPetercam ?

Mon passage chez Oddo a été l’occasion d’approfondir ma connaissance du riche tissu de belles PME/ETI familiales et de les aider dans leur développement. Le choix de rejoindre la banque belge privée DegroofPetercam s’inscrit dans cette logique mais avec une dimension européenne plus affirmée et une culture très ancienne de banque privée au service des groupes familiaux.

Vous êtes aujourd’hui professeur de finance à HEC et Sciences Po, qu’est-ce qui vous a conduit à prendre le chemin de l’enseignement ?

Ma rencontre avec Pierre Vernimmen disparu trop tôt a été déterminante dans ma carrière professionnelle et dans ma vocation d’enseignant. J’essaie de faire partager à mes étudiants son charisme intellectuel et les grands concepts de finance d’entreprise qu’il m’a appris et que j’utilise au quotidien dans mon métier de banque d’affaires.

Sentez-vous une perte d’appétit des étudiants pour les métiers de la finance ?

Pour l’instant non, quand je vois le nombre d’étudiants qui suivent mes cours et au nombre de candidatures que nous recevons ! On est revenu à des niveaux pré-chute de Lehman Brothers ! En revanche, cette nouvelle génération plus féminine, plus exigeante mais aussi plus équilibrée dans la gestion de son temps de travail,  a soif d’être envoyée plus rapidement en clientèle et de mettre des deals sur son CV, ce qui est sain.

Quel conseil donnez-vous à vos étudiants qui souhaitent aujourd’hui s’orienter en finance ?

Etre exigeant sur la qualité des gens avec qui vous allez travailler ! Ne vous laissez pas griser par la marque et ouvrez les yeux sur le track-record de l’équipe et la personnalité des gens que vous allez côtoyer. Vous allez passer plus de temps avec eux qu’avec ceux que vous aimez et donc cela vaut le coup d’y réfléchir !

Quels sont selon vous les challenges du métier de la banque d’affaires pour la nouvelle génération de banquiers ?

La banque d’affaires devient pour certains une sorte de sous traitant ancillaire dédié à la gestion à distance d’un deal assorti de travaux d’évaluation sur tableur !  C’est à l’opposé de ma conception qui est celle d’un vrai rôle de banquier conseil (trusted advisor en franglais) qui donne un avis indépendant à son client sur un projet d’opération financière (acquisition, financement, cession , IPO…) ce qui n’est pas toujours facile au vu de la volatilité des marchés financiers ! Cela nécessite de solides compétences. Rien ne remplace l’expérience et la compréhension détaillée des enjeux de l’entreprise !

La 5e édition de votre livre Fusions-Acquisitions est parue en Juillet 2017, quel est l’objectif de cet ouvrage, et à qui s’adresse-t-il ?

Ce livre est un mélange de mes deux vies : ma vie de professeur et ma vie de banquier d’affaires. Les 21 chapitres de cette 5e édition décrivent dans un style vivant le déroulement des différentes étapes d’une opération de M&A d’un point de vue théorique et pratique, avec le souci constant de la clarté pédagogique et le recours à des exemples récents de transactions financières.

Avez-vous un ou plusieurs autres ouvrages à recommander ?

En Finance ou en général ? La dernière édition du manuel Finance d’Entreprise de P. Vernimmen auquel j’ai contribué pendant plusieurs années n’est jamais loin de mon bureau ! Tout comme la dernière édition du Valuation de Tim Koller (McKinsey)…  Pour le reste chaque étudiant devrait lire La promesse de l’aube de Romain Gary pour mesurer la richesse d’une vie !

Découvrez ces ouvrages ici : 

Merci infiniment pour cette interview !

Fondateur d’AlumnEye, Michael Ohana est passionné par la Finance, la Tech, l’Entrepreneuriat, le Coaching et le Networking. Il a accompagné plus de 1600 hauts potentiels dans leurs stratégies de carrière.

Précédemment : diplômé de l’ESSEC, passé par YCombinator à San Francisco, MBA Exchange à Dartmouth, M&A chez Citadel à NYC, intervenant en finance à l’ESSEC.