Elève de dernière année à l’école d’ingénieur CentraleSupelec, une étudiante nous explique comment elle a réussi à faire de son background scientifique un atout pour les process de recrutement en finance. Elle revient également sur la stratégie qu’elle a adoptée pour obtenir le Summer Internship dont elle rêvait dans une américaine. 

 

Peux-tu nous présenter ton parcours ? 

J’ai obtenu un bac S dans un lycée à Clermont-Ferrand, puis j’ai effectué une classe préparatoire Mathsup/Mathspé en région parisienne. À la suite de cela, j’ai intégré l’école d’ingénieur CentraleSupelec, où je me suis beaucoup investie dans la vie associative. On y trouve beaucoup d’occasions de s’épanouir, d’apprendre à gérer des projets et ces expériences m’ont permis de mûrir.

 

Tu as effectué des stages à la BNP CIB : qu’en as-tu tiré ?

Mon premier stage de césure s’est déroulé chez BNP Cash Management. J’étais assistante de Gestion de Projet sur l’ouverture de comptes pour les entreprises. Ce fut une opportunité de découvrir de nombreux acteurs de la banque : commerciaux, juridiques, informatiques, gestionnaires des risques, etc. Les projets concernaient des milliers d’entreprises dans toute l’Europe. J’ai beaucoup appris sur l’organisation de la banque en général et le travail dans un contexte international.

J’ai ensuite effectué un stage au sein d’une équipe de trading de BNP Paribas dont la mission était de travailler sur un ensemble de produits dérivés. C’était une petite équipe chaleureuse et accueillante. La salle de marché est un environnement qui demande beaucoup de concentration car la moindre erreur peut être fatale. Mais on ne s’y ennuie jamais et on travaille avec des personnes vraiment très intéressantes. C’est une expérience qui ne m’a pas déçue.

 

Comment t’es venue l’idée de travailler en finance de marché ? 

L’idée m’est venue en première année d’école d’ingénieur lors de rencontres avec le club Finance et Consulting de mon école. Ils mettent à disposition des élèves de nombreux documents qui aident à découvrir les métiers de la finance. Grâce à eux j’ai réalisé que la salle de marché pouvait concilier mes deux centres d’intérêt : les mathématiques appliquées et l’actualité politique et économique. A l’époque, ma culture financière était tellement médiocre que je n’avais pas été acceptée au sein du club mais je ne me suis pas démotivée pour autant. Je ne le regrette pas.

 

Quelles sont les difficultés que tu as dû surmonter pendant tes différents stages ? 

Lorsque l’on n’étudie pas dans une école de commerce ou lorsque l’on ne prépare pas un master en finance réputé, on se sent moins « armé ». C’est une importante source de stress. Chaque salle de marché à Paris comme à Londres a ses « target schools ». Quand on sympathise avec les candidats, on réalise vite qu’ils viennent en majorité des mêmes écoles. Il ne faut pas se laisser décourager par ce constat.

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Quels ont été les moments forts des différents processus auxquels tu as pu participer ? 

J’ai participé à trois assessment centers à Londres. C’est stressant car on a l’impression que chaque minute de la journée compte mais ces expériences n’en sont que plus enrichissantes. On rencontre des personnes intéressantes dans un cadre très stimulant. Cela ressemble un peu à la télé réalité : les candidats sont sympas, on est bien accueillis, il y a même des moments assez drôles et conviviaux, mais on sait tous qu’à la fin, il n’en restera même pas la moitié.

 

Il existe des évènements de networking organisés par les banques spécifiquement pour les femmes et/ou les ingénieurs. As-tu eu l’occasion de participer à l’un d’eux ?

Au cours de la formation Alumneye, on nous prépare aux évènements de Networking organisés par les différentes banques. C’est en suivant leurs conseils que je me suis inscrite aux événements destinés aux femmes s’intéressant à la finance de marché. Pour être précise, j’ai même postulé à tous les événements pour femmes ou ingénieurs d’une dizaine de banques différentes car je ne voulais pas rater d’opportunités.

Je me souviens d’un événement appelé « Women who trade » au cours duquel une femme appartenant à une équipe de structuring nous racontait sa carrière. Elle nous conseillait de ne rien lâcher car elle avait réussi à devenir Executive Director tout en élevant deux enfants ! Ces événements sont très motivants car nous y rencontrons d’autres candidates mais également des femmes qui se trouvaient à notre place quelques années auparavant et qui ont réussi à atteindre les objectifs que nous nous fixons.

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En quoi ces évènements t’ont-ils aidée ?

Au cours de ces événements, j’ai rencontré plusieurs personnes qui m’ont donné de précieux conseils pour bien préparer mes process. Les professionnels qui participent à ces évènements se sont trouvés quelques années en arrière dans la même posture que nous, et c’est pourquoi ils comprennent nos difficultés. J’ai même assisté à un entretien blanc improvisé au milieu d’un cocktail.

 

Tu as décroché un Summer Internship en Sales & Trading. Peux-tu nous en dire plus ?

J’ai postulé aux Summer Internships dans une dizaine de banques via leurs plateformes internet respectives. J’ai suivi à la lettre les conseils d’Alumneye en ce qui concerne CV et lettre de motivation. Au bout de quelques semaines, j’ai été contactée pour planifier les premiers entretiens téléphoniques. À partir de là, tout s’est passé très vite : 1er entretien téléphonique, 2ème entretien téléphonique et enfin assessment center dans les bureaux de la banque à Canary Wharf. Il faut rester concentré jusqu’à la dernière ligne droite !

A ce titre, la formation Alumneye m’a permis de préparer mes process de recrutement de façon méthodique. Les process ont de nombreuses étapes et les banques attendent des candidats rigoureux et bien préparés. Alumneye nous explique de A à Z quelles sont les différentes étapes et comment les aborder. De plus, Alumneye permet de rencontrer d’autres candidats, on peut réviser en groupe, s’échanger des astuces et aller ensemble aux événements de Networking.

J’ai finalement été frappée par la diversité des profils et des origines des candidats. Je pense que c’est une grande spécificité des banques anglo-saxonnes.

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En quoi ton background d’ingénieur t’a-t-il été utile pour tes process ou tes stages ? 

Pendant mon stage au sein d’une équipe de trading, j’ai dû m’approprier très vite les différents logiciels des traders (il y en a beaucoup). Je pense que mes études d’ingénieurs m’ont aidée à être rapide et efficace dans ces tâches.

Par la suite, les traders m’ont demandé des programmes VBA pour les aider dans leurs tâches quotidiennes. C’est le genre de choses que tout ingénieur qui a suivi des cours d’algorithmique peut faire assez facilement.

 

Certaines filles pensent que la finance est un métier très masculin, es-tu d’accord avec ça ? 

Il y a quelques métiers de la finance où l’on rencontre encore peu de femmes, c’est vrai ! Mais cela ne veut pas dire que ces métiers ne sont pas faits pour nous ! Je me souviens d’une trader de produits exotiques chez BNP Paribas. Elle était tout à fait souriante et féminine mais c’était probablement l’une des personnes les plus dynamiques et rigoureuses de toute cette salle de marché.

 

 

Comment fait-on pour s’imposer dans des équipes où les gens ont des égos parfois surdimensionnés ?

Je pense que l’important est de connaître ses atouts, ses faiblesses et de jouer là-dessus.

Je ne pense pas correspondre au stéréotype du « requin » mais je joue sur d’autres traits de caractère. J’aime rire, parler d’actualité, je suis toujours prête à filer un coup de main. Dans la salle de marchés, les gens ont apprécié cela et c’est ainsi que j’ai trouvé ma place.

 

Quels conseils donnerais-tu aux personnes qui se retrouvent aujourd’hui dans la même situation que toi il y a un an ?

Je leur conseillerais de chercher à faire un maximum de rencontres avec des professionnels du métier et de profiter de ces occasions pour poser un tas de questions. C’est le meilleur moyen d’acquérir une bonne compréhension du milieu de la finance de marché et c’est ce que les recruteurs apprécient !