Le Financial Times a publié cette année son fameux classement des masters en Finance. Les établissements français confirment leur belle performance de 2018 et occupent les cinq premières places.

Comme très souvent depuis les débuts du classement en 1999, le MSc in International Finance d’HEC Paris s’impose comme le meilleur MiF (Master in Finance) du monde ; talonné par celui de l’ESCP. Skema et l’Essec progressent tous deux respectivement aux 3e et 4e places, et l’Edhec passe de la 3e à la 5e place.

 

Le top 10 du classement 2020 du FT :

Source : Financial Times

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Outre-Manche, l’Université d’Oxford fait son retour dans le top 10 en gagnant une place tandis que l’Imperial College se maintient à la 9e place. Le MIT perd un rang et se retrouve à la 8e place au profit de l’Università Bocconi qui lui chipe sa 7e place.

Comment de petites structures comme Skema ou l’Edhec peuvent-elles devancer des établissements prestigieux comme l’Université d’Oxford ou le MIT ? Une analyse des critères s’impose.

Si l’on ajuste par exemple le classement du Financial Times uniquement en fonction du salaire moyen à la sortie, le top 10 devient :

Source : Financial Times

 

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On remarque que de nombreuses universités chinoises font leur entrée dans le top 10. HEC Paris reste en tête, suivie de près par le MIT. L’ESCP et l’Essec restent dans le top 10 mais ce n’est plus le cas de Skema et de l’Edhec.

Par ailleurs, ce sont Grenoble Ecole de Management et Skema qui sont en tête des écoles françaises pour le pourcentage de femmes dans le corps professoral (47 et 44% respectivement) . Se pose alors la question de la pertinence de ce critère : un étudiant aura tendance à se focaliser sur le placement (« vais-je décrocher ce job ? ») après son Master, il peut dès lors s’interroger sur la pertinence d’un tel critère de parité.

Ces variations s’expliquent par la pluralité des critères qu’a utilisés le FT pour établir ce classement et surtout par la pondération de chacun d’entre eux. Au total, 17 mesures composent le classement telles que le nombre de professeurs titulaires d’un doctorat ou la durée du programme. Cependant (et encore une fois), pour un futur candidat à ces masters, ces critères ont-ils autant d’importance que le salaire de sortie ou l’employabilité ?

La mainmise des écoles françaises peut aussi s’expliquer par le fait que le Master in Finance est un format académique typiquement européen. Le Bachelor et le MBA sont beaucoup plus populaires (et onéreux) en Amérique. La technicité des étudiants français n’est aussi plus à prouver.

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Curieusement, certains des meilleurs masters français en finance n’apparaissent pas. Les Masters 225 en Corporate Finance et 203 en Market Finance de Dauphine ainsi que le Master Finance & Stratégie de Sciences Po sont 3 exemples emblématiques qui devraient figurer dans le classement. Ces programmes placent en effet un grand nombre de leurs étudiants dans les institutions financières les plus prestigieuses. Côté anglo-saxon, ce sont les absences des masters de la London School of Economics et de la London Business School qui surprennent.

Concernant Dauphine, l’établissement a une approche holistique qui l’empêche de figurer dans le classement : lorsque certaines écoles ne feront auditer qu’un seul programme – en général le meilleur – pour figurer dans le classement (par exemple le MSc in Financial Markets pour l’EDHEC ou le Financial Markets and Investments pour Skema), Dauphine ne souhaite pas mettre en avant un seul Master parmi l’ensemble des Masters présents. Cela remet tout de suite en cause l’exhaustivité du classement du FT.

La véritable problématique sous-jacente à ce classement est la manière de juger de la valeur d’un programme de Master. Ce jugement impacte la pondération des différents critères choisis et donc le classement final. Une chose est certaine : aux yeux des ressources humaines des banques d’affaires ou des chasseurs de têtes, le classement des écoles (pour le screening) sera très différent.

Lorsque l’étudiant regardera l’employabilité comme critère principal de choix de Master, un directeur de programme pourra se défendre en arguant qu’une formation académique n’est pas faite uniquement pour placer les étudiants dans le monde professionnel, mais aussi pour leur apprendre un savoir et un mode de pensée. Pas sûr que cet argument soit entendu d’un étudiant qui s’endette pour rejoindre ce programme.

Au final, il n’est pas pertinent de choisir son Master in Finance seulement à partir de ce classement. Les mieux placés pour en parler ne sont autre que les alumnis qui pourront donner leur ressenti sur la qualité des enseignements et les échanges avec les recruteurs.