Qu’est-ce que l’Equity Research ? Interview Exclusive

Nous avons interviewé pour vous, au sein du réseau AlumnEye, un Analyste en Equity Research dans une banque Tier 1 à Londres. Il nous décrit son métier, son quotidien dans le secteur de la recherche Action, et d’où il vient.
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Peux-tu présenter ton métier ? 

L’Equity Research, encore appelée Recherche Action,  ou Analyse Sell-Side, est le département d’analyse financière des banques d’investissements  ou des brokers.

Le métier consiste à suivre quotidiennement des entreprises d’un secteur donné ; on appelle ce périmètre le « coverage ». Quelques exemples des différentes équipes existantes : Oil & Gas ; Luxury Goods ; Banks ; Healthcare … L’objectif de cette veille est de communiquer aux clients – gestionnaires d’actifs, asset managers, portfolio managers, … – des idées d’investissement ou, a minima, la température des marchés.

Point important, la Research s’appuie sur la somme d’informations PUBLIQUES fournies par les entreprises cotées elles-mêmes : rapports financiers trimestriels mais

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aussi communiqués de presse (« Press releases ») qui peuvent concerner des opérations de M&A, l’annonce de nouveaux contrats ou encore la décision d’investir dans de nouveaux outils de production. Il n’est pas rare non plus d’utiliser des données économiques issues des grandes institutions internationales pour tout ce qui concerne les données macro (PIB…). Concrètement, le métier consiste en la rédaction de notes sectorielles ou portant sur une seule entreprise (« Single Stock ») . Une fois la note achevée, on s’attelle au marketing de ce produit auprès de la clientèle.

Contrairement à l’idée que j’en avais, la comptabilité et la finance ne sont pas au cœur de l’analyse – c’est juste le langage de base qu’il faut maîtriser ; les Analystes financiers tendent a décrypter les stratégies des entreprises et à porter des jugements sur celles-ci, évidemment à partir de la partie émergée de l’iceberg que sont les états financiers et les news quotidiennes.

LA4  Lire aussi : Les métiers et secteurs de la finance

Quelles étaient tes motivations pour postuler à un poste en Equity Research ?

Ce métier combine les compétences de finance d’entreprise et l’expérience des marchés financiers (et parfois les horaires !). Généralement, les équipes sont de taille réduite.  Il est donc possible, même au niveau junior, d’avoir des responsabilités.

C’est également un métier qui offre la possibilité de devenir un expert dans son domaine. Cela prend quelques années mais au bout de 6 mois, déjà, on devient capable de parler des grandes problématiques de son secteur et d’isoler les winners et loosers au sein de son coverage.

C’est enfin une excellente formation pour, à terme, passer côté investisseur – le fameux « buy-side ».

 

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En quoi consistent tes tâches quotidiennes et celles de ton équipe ? 

Bon à savoir avant d’intégrer une équipe d’Equity Research : les équipes sont assez bipolaires. D’un côté, des seniors qui connaissent parfaitement les entreprises et qui génèrent des idées. De l’autre, des juniors qui fournissent les données nécessaires à étayer ces idées et qui allègent la charge de travail dans tout ce qui est du domaine routinier.

En ce qui me concerne, voici la liste de mes tâches quotidiennes en tant que junior :

  • Mise à jour quotidienne des tableaux de suivi de performance des actions et des résultats financiers des entreprises. C’est un travail important car il permet de voir au jour le jour si des actions sont chères ou pas, ce qui peut nous amener à revoir nos ratings.
  • Préparation de tous les tableaux (« exhibits ») destinés a être publiés lors de la rédaction de notes de recherche. Cela peut aller du très précis (telles données de 20XX a 20XX au plus flou, et dans ce cas, c’est au junior de trouver des données intéressantes à montrer.
  • Au moment des résultats trimestriels : préparation des commentaires destinés a être publiés (en attendant l’annonce des vrais résultats financiers). Puis on complète nos modèles avec les chiffres publiés par les entreprises.
  • Réponse à des requêtes clients. Cela peut aller de la simple transmission de nos données à la recherche d’informations complexes sur internet et dans les archives des entreprises.
  • Recherche sur des projets plus long terme : pas de rush sur ces tâches là. Ces projets sont en toile de fond : les seniors savent qu’ils pourront avoir besoin de ces données dans le futur mais il n’y a pas d’impératif horaire.

Les seniors en Equity Research ont un quotidien sensiblement différent :

  • Ils scrutent le news flow, principalement l’actualité concernant les entreprises qu’ils couvrent mais aussi du ou des secteurs voisins et de l’économie en général, ceci dans le but de glaner des idées et de rédiger des commentaires (courts) ou des notes (plus longues).

50 calls par semaine et par analyste est un minimum requis

  • Ils passent des coups de fils aux clients – 50 calls par semaine et par analyste est un mimimum requis – ainsi qu’aux personnes chargées des relations investisseurs (« IR ») pour prendre la température des entreprises.
  • Enfin, ils animent des meetings clients, souvent directement dans les locaux des clients, ce qui implique des déplacements mais essentiellement à Londres. Les calls et les meetings clients constituent la partie « marketing » du métier d’analyste financier.
LA4  Lire aussi : Qu’est ce que la gestion de patrimoine ?

Quels sont les profils typiques des employés de ton équipe ?

Les profils varient en fonction des nationalités. Les britanniques sont surtout issus d’Oxford ou de Cambridge avec en général un diplôme de Bachelor. Ils sont souvent diplômés en Humanités (philosophie, sociologie, histoire, littérature). On trouve aussi des profils scientifiques.

En ce qui concerne les autres nationalités, les cursus académiques sont orientés Business. On trouve par exemple beaucoup d’italiens de la Bocconi, de français issus des Ecoles de Commerce et Science Po. Contrairement aux britanniques, ils sont généralement recrutés au niveau Master.

A noter pour les profils d’analyste : le CFA level  1 est exigé pour les juniors – ils le passent dans leur première année d’analyste. La CFA Certification (niveau 3) est fréquente pour les plus Analystes seniors.

Peux-tu nous parler un peu plus en détail des grandes problématiques contemporaines liées à ton métier ?  

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Dans le métier d’Equity Research en général, j’identifie les problématiques suivantes :

  • Il existe de nombreux conflits d’intérêtspossibles avec les autres grands métiers de la Banque :
    • Trading : ne pas diffuser nos changements de rating au trading floor avant la publication officielle.
    • Asset Management : même conflit d’intérêt.
    • Investment Banking : ne pas essayer d’avoir des informations confidentielles auxquelles aurait accès les équipes de M&A, ECM, DCM, Leveraged Finance (ayant accès à de l’information privée). Ne pas être influencé dans nos ratings par les opportunités de deals avec les clients corporate (mettre un rating défavorable à l’un de nos clients M&A peut mettre en péril la relation commerciale par exemple).
  • D’un point de vue plus général, il y a une nécessité de rendre les métiers de Recherche plus économiques, afin tout simplement qu’ils puissent perdurer. En effet, le département Recherche est habituellement perçu comme un centre de coûts. Dans un contexte économique difficile et du fait des restructurations récentes, la fonction Research est en plein respositionnement. Dans les faits, il devient difficile d’obtenir le juste prix de la Recherche auprès des clients investisseurs. La rémunération s’effectue en effet par le partage des commissions entre le Trading, les Sales et la Recherche.
  • La grande variété des clients de la Recherche nécessite d’adapter son discours en tant qu’Analyste. Par exemple, la multiplication des HedgeFunds, consommateur de recherche mais avec un horizon temporel souvent différent des fonds Long-Only traditionnels nécessite d’avoir des vues sur un share price à disons 6 mois au lieu de 2 ans.

Quelle différence entre l’Analyste en Equity Research (Sell-Side) et l’Analyste Buy-Side ?

Il y a une vraie distinction entre ces deux métiers : même si le métier paraît semblable, la logique est relativement différente : d’un côté le Sell-Side a pour objectif ultime de générer des commissions auprès de son trading floor – et ce en rendant le marché aussi transparent que possible pour inciter les investisseurs a être actifs ; de l’autre l’analyste Buy-Side est là pour conseiller au mieux son gérant de portefeuille après avoir « digéré » les notes du Sell-Side et s’être fait sa propre opinion sur une entreprise ou un secteur. Le marketing du travail d’analyse

keep calm analyst

est donc très différent  En outre, les Analystes sell-side sont très spécialisés – ils couvrent en général une dizaine d’entreprises alors que les Buy-Side sont plus généralistes – 40/50 entreprises sont en permanence sur leur radar. Pour illustrer ceci je dirais que par exemple, en IBD, le secteur pétrolier sera reparti parmi des Analystes en suivant une structure matricielle : 3 grandes régions (Americas, Europe, Asia) et 4 maillons de la chaîne de valeur (Integrated – Services – Raffinage – Exploration & Production) soit une douzaine d’Analystes . En revanche, selon sa taille, une firme Buy-Side couvrira ce secteur avec seulement 2 ou 3 Analystes.

Il est intéressant de noter que d’’après un sondage auprès des investisseurs en Buy-Side, le principal atout du métier d’Analyste en Sell-Side est le corporate access, i.e. l’accès direct à des investisseurs et des clients corporates grâce aux relations entretenues par les départements de Recherche.

LA4  Lire aussi : Lumière sur le Shadow Banking

Un analyste en Equity Research buy-side est-il destiné à devenir portfolio manager ?

Il n’y a malheureusement pas de réponse unique à cette question, tout dépend de la structure.

Des fonds de taille réduite auront par exemple des positions de type « Analyste-gérant », qui combine les deux facettes.

Un fonds comme Fidelity ne recrute des juniors, dans son département « Investment », que pour des jobs en Equity Research. Selon leurs qualités (synthèse/analyse, vision macro/micro, etc…) et leur choix, les personnes deviendront PM ou resteront analystes.

Ce qui caractérise le plus un analyste (buy-side ou sell-side), c’est l’expertise sectorielle. Si son fonds est également organisé de manière sectorielle le passage d’analyste à PM semble plus évident. Un fond plus généraliste s’appuiera plutôt sur des analystes, qui conseilleront un PM chargé de la gestion du portefeuille…

L’Equity Research sell-side est-il le meilleur moyen de passer buy-side, et si oui après combien d’années ?

A défaut d’y débuter directement, le sell-side représente la meilleure opportunité pour se diriger vers le buy-side, la technique d’analyse financière étant la même.

Le passage peut se faire à peu près à tous les niveaux.  Rare – mais pas impossible – pour un Analyst, il est le plus fréquent au niveau Associate et se corse un peu après – un VP « coûte » cher et le Buy-Side peut se montrer frileux niveau salaire avant d’avoir vu les réelles performances d’un individu (stock picking, market timing, alpha generation). Le fait de couvrir personnellement des entreprises est évidement un plus et en sell-side, l’attribution d’un coverage intervient généralement au niveau Associate, parfois dès l’année d’Analyst 3.

Néanmoins, certaines positions en buy-side privilégient d’autres background : traders pour certains HF voire des profils encore plus mateux (quant/structu…), M&A pour le PE ou certains HF « event-driven », …

LA4Lire aussi : Qu’est ce que le Transaction Services ? Interview

Merci beaucoup pour ces réponses, à très bientôt !

Si vous avez des questions additionnelles concernant le métier de l’Equity Research, n’hésitez pas à les poser en commentaires, nous les ferons passer et les ajouterons en edit de cet article.

Retrouvez des informations sur les différents métiers sur le blog AlumnEye !  


Interview : le métier de Quant en Hedgefund

Nous avons interviewé pour vous, au sein du réseau AlumnEye, un Analyste Quantitatif dans un Hedgefund à Palo Alto. Il nous raconte son parcours et son quotidien.

 

Peux-tu présenter ton métier ?

Je suis Analyste Quantitatif / Trader dans un fonds d’investissement américain spécialisé dans les devises. Au sein d’un fonds d’investissement, l’équipe de Portfolio Management est généralement composée d’un ou plusieurs managers et d’une équipe d’analystes à profils plus ou moins techniques.

Mon rôle en tant qu’Analyste Quantitatif dans ce fonds est principalement de :

  • Suivre l’évolution des stratégies déjà déployées et analyser les performances.
  • Développer et implémenter de nouvelles stratégies de trading systématique.
  • Apporter une analyse technique qui complète les différents projets de recherche menés par l’équipe.

Dans mon cas, je passe environ 50% de mon temps à trader et contrôler les portefeuilles et 50% dans un rôle de pur analyste quantitatif en alternant entre les trois fonctions listées ci-dessus suivant les périodes. Selon la taille de l’équipe et la structure du fonds d’investissement, le Quant pourra être amené à être focalisé plus particulièrement sur une de ces tâches uniquement.

AlumnEye Quant

Enfin, pour apporter plus de couleurs au secteur des devises, j’ajouterais qu’il s’agit d’une classe d’actif classifiée d’alternative par rapport aux classiques : Equities, Fixed Income, Commodities. Elle est donc propice aux stratégies de hedgefunds puisqu’elle permet d’obtenir des performances souvent peu corrélées avec le marché action ou le marché de la dette. C’est donc un moyen diversifier intelligemment un portefeuille. Par exemple, il est peu probable qu’investir sur la paire AUD/NZD (Australian Dollar vs New-Zealand Dollar) ait une quelconque corrélation avec un investissement sur le CAC 40.

Par ailleurs, Il existe deux façon complémentaires de trader les devises : l’analyse technique/graphique (paliers de supports et résistances, retracements de Fibonacci…) ou bien l’analyse macro-économique (étude politique et économique d’une région, analyse des décisions des banques centrales, analyse du pouvoir d’achat…).

Les stratégies appliquées relèvent du trading Moyenne et Basse Fréquence, car nous gardons des positions durant la nuit.

LA4  Lire aussi : Comprendre les stratégies d’investissement des Hedge Funds

 

Quelles étaient tes motivations pour postuler à un poste en Analyste Quantitatif en Hedgefund ?

[pullquote-right]Beaucoup découvrent après les premières années que le terme de trading recouvre essentiellement un travail d’exécution.[/pullquote-right]

De nombreuses personnes sont attirées par la finance de marché pour devenir trader. Cependant, beaucoup découvrent après les premières années que le terme de trading recouvre essentiellement un travail d’exécution. Il m’a paru important de commencer dans un rôle d’analyse dans un premier temps, de manière à avoir une vision plus globale par la suite. La partie trading est évidemment importante, mais lorsque l’on développe des stratégies, on est naturellement amené a les implémenter/trader soit même par la suite. Après quelques années, ce poste d’Analyste Quantitatif évolue généralement vers des rôles de Portfolio Manager (ndlr : gérant de portefeuille, responsable d’un book de trading) ou directeur des recherches.

A savoir, l’analyste quantitatif sell-side (ndlr : travaillant en banque, contrairement à l’analyste buy-side travaillant en fonds) est plus étroitement lié à une équipe de recherche et la partie implémentation/trading est assurée par une équipe différente.

 

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En quoi consistent tes tâches quotidiennes et celles de ton équipe ?

Voici un planning de ma journée-type :
5:30 du matin : Arrivée au bureau (je travaille en effet à Palo Alto, d’où l’horaire matinal).
5:30-6:30 Avant l’ouverture du marché à 6:30 : mise à jour des books. Analyse du marche pré-open. Analyse des indicateurs économiques asiatiques.
6:30-7:30 Recalibrage des modèles. Génération des signaux de trading. Trading.
7:30-8:00 Sales conference call : on informe les sales sur les indicateurs du jour, la performance des fonds de la veille…QA8:00-11:00 Travaux sur projets existants. (Ajustement des portefeuilles les jours où le marché est volatile.)
12:00-13:00 Recalibrage des modèles. Génération des signaux de trading. Trading avant la fermeture des marchés à 13:00.
13:00-14:30 Après la clôture, meeting avec les analystes / Présentations de recherches / Discussions des expositions des portefeuilles / Discussion sur les indicateurs économique du lendemain.
14:30-15:00 Analyse des performances du jour, analyse des risques / Travaux sur projets en cours.
15:00 Je quitte le bureau. Parfois plus tard selon urgence des projets en cours.

A noter : On trade rarement après 1:00PM mais ça peut arriver. Le marché FOREX étant OTC, over-the-counter, ça n’est pas un problème (ndlr : un marché OTC est un marché où l’on peut trader directement avec la contrepartie, sans passer par l’intermédiaire de la Bourse). La liquidité est parfois moins bonne et donc les prix légèrement moins compétitifs, mais cela reste négligeable comparé au mouvement potentiel des devises pendant la nuit.

 

Quels sont les profils typiques des employés de ton équipe ?

Les diplômes les plus représentés sont : MS Computer Science, MS Financial Engineering, MS Political Science, Phd.

 

Peux-tu nous parler un peu plus en détail des grandes problématiques contemporaines liées à ton métier ?

Forex AlumnEye

Le marché du FOREX (ndlr : Foreign Exchange, le marché des devises) est le plus liquide des marchés. Le volume moyen par jour est d’environ 4 trillions de dollars échangés. De par la diversité des acteurs cela en fait un des marchés les plus flexibles d’un point de vue régulation, contrairement aux autres marchés. Par exemple il n’y a pas d’insider trading (théoriquement, aucun acteur ne peux faire bouger le marché à lui seul). Cependant, il est important de noter que, du fait du développement rapide des plateformes de trading électronique, les métiers de trading sur FOREX se réduisent avec le temps (sauf sur produits structurés et d’options). Au contraire, la demande en analystes quantitatifs reste élevée, mais il leur devient obligatoire d’avoir un excellent niveau de programmation.

 

Merci beaucoup pour ces réponses, à très bientôt !

Si vous avez des questions additionnelles concernant le métier d’Analyste Quantitatif, n’hésitez pas à les poser en commentaires, nous les ferons passer et les ajouterons en edit de cet article.

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LA4  Lire aussi : Qu’est ce que le Trading Cash Equity Emerging Market ?


Interview : Qu'est-ce que le Structuring, où structuration ?

Nous avons interviewé pour vous, au sein du réseau AlumnEye, un structureur dans une banque Tier 1 à Londres. Il nous raconte son parcours et son quotidien en structuration.

 

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Quelles étaient tes motivations pour postuler à un poste en structuring dans une banque anglo-saxonne ?

Je voulais un métier à la fois technique et orienté client. Sur les projets techniques, le structurer est bien plus qu’un simple « pricer », il est censé connaitre toutes les étapes nécessaires à la création et à la vente d’un produit. Il doit également connaître tous les interlocuteurs de la salle de marché. C’est beaucoup de gestion de projet.

Le fait d’être dans une banque anglo-saxonne donne davantage de latitude sur les projets, on n’est pas simplement responsable de faire des prix ou de marketing. Et en général on voit les clients plus vite.

 

En quoi consistent les tâches quotidiennes d’un structurer ?

Structuring AlumnEyeLa structuration utilise les outils de pricing et de risque pour pouvoir quantifier le bon prix d’un produit financier, selon son degré de complexité. Les structurers sont en lien avec la force de ventes (les sales) pour proposer les produits qui répondent le mieux au besoin d’un client.
Parfois, la structuration prépare des propositions de marketing sur un produit spécifique et c’est la que les projets longs (quelques semaines, voire quelques mois) commencent. 
Selon les banques, les responsabilités augmentent et on peut se retrouver a exécuter une transaction directement, en ligne avec le trading et les sales.

 

LA4  Lire aussi : Les métiers et secteurs de la finance

 

Quels sont les profils typiques des employés en structuration ?

Tout dépend des classes d’actifs. Sur les classes d’actifs plus techniques (crédit, taux) on recherche des profils ingénieurs, maths ou finance quantitative, et parfois des doctorants en science. Mais du fait de l’orientation « client » de ce métier, on trouve également des diplômés d’écoles de commerce.

 

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Peux-tu nous parler un peu plus en détail des grandes problématiques contemporaines liées aux métiers de la structuration ? 

Le métier de la structuration a profondément changé depuis les débuts de la crise de liquidité de 2008. Avant, tout était question de développer des payoffs (formules financières de paiement) compliquésC’était l’âge d’or des produits dits « exotiques ». Aujourd’hui, on est passé à des produits beaucoup plus simples et bien plus compréhensibles pour les clients.                               

                                   

Quels sont les débouchés du métier de structurer ?

Il n’est pas rare de voir des structurers passer en vente ou en trading. Il est aussi possible d’évoluer du côté des clients en buy-side, dans la gestion d’actif par exemple.

 

Merci beaucoup pour ces réponses, à très bientôt !
Si vous avez des questions additionnelles concernant le métier de structurer, n’hésitez pas à les poser en commentaires, nous les ferons passer et les ajouterons en edit de cet article.

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LA4  Lire aussi : Quelle question poser à la fin d’un entretien en finance ?


Interview : Qu'est-ce que le High Frequency Trading (HFT), ou Trading Haute Fréquence ?

Nous avons interviewé pour vous, au sein du réseau AlumnEye, un trader haute fréquence dans une banque Tier 1 à New York. Il nous décrit son métier, son quotidien de trader haute fréquence, et d’où il vient.

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Peux-tu présenter ton métier ?

Je suis quant-trader dans une équipe de trading algorithmique et plus particulièrement de trading haute fréquence (High Frequency Trading). Mon métier consiste à élaborer et mettre en place des stratégies de trading qui vont intervenir sur le marché de manière automatique. Bien évidemment ces stratégies sont moins performantes que celles d’un humain qui peut réfléchir en temps réel aux décisions qu’il prend, mais l’intérêt de cette activité réside dans le fait qu’un ordinateur pourra traiter davantage d’informations et dès lors passer plus d’ordres. Ainsi, bien qu’un automate génère moins d’argent par trade qu’un trader traditionnel, il traite davantage et on espère qu’il sera plus profitable d’un point de vue absolu.

[pullquote-right]Bien évidemment ces stratégies sont moins performantes que celles d’un humain. [/pullquote-right]
Au sein du trading algorithmique, on distingue la haute fréquence, de la basse et moyenne fréquence. La haute fréquence va traiter intraday et ne pas garder de position après la clôture des marchés. Un algorithme de High Frequency Trading peut traiter toutes les 5 millisecondes comme toutes les 2 heures. En basse et moyenne fréquence on traite une fois par jour ou équivalent. Les problématiques générales sont similaires même si certains détails varient. Ainsi, la problématique de l’exécution ou de l’élimination du bruit est bien plus présente en trading haute fréquence qu’en moyenne et basse fréquence.

 

Le trading algorithmique exploite certaines imperfections de marché et génère un profit en les corrigeant. Il y a alors deux cas de figure : soit on est le seul à connaitre l’imperfection en question, soit tout le monde l’a détectée. Dans le second cas, la vitesse avec laquelle on est capable de la détecter et de la corriger importe beaucoup, et c’est là qu’intervient la course à la vitesse propre au trading haute fréquence.

LA4  Lire aussi : Qu’est ce que le métier de Quant en finance de marché ?

 

Quelles étaient tes motivations pour postuler à un poste en Trading Haute Fréqualumneye-trading-2ence ?

Je suis issu d’une école d’ingénieur avec un bagage très quantitatif. Or quand j’ai voulu allier mise en application de mes acquis scientifiques et bonne situation financière, je me suis naturellement posé la question de la finance, même si ça n’est pas la seule voie. Les métiers principaux auxquels les ingénieurs sont confrontés sont les métiers de Quant, Structurer ou Trader. Or l’image que l’on a des traders est que leur éventuel bagage scientifique leur est d’une utilité limitée dans leur métier : il m’arrive de croiser des traders stars ayant très peu fait d’études ou du moins aucunement des études scientifiques, même s’ils sont de plus en plus rares.

Je jugeais peu judicieux de me tourner vers un métier où ma formation ne me conférerait que peu ou pas d’avantages.

Pour ce qui est des métiers de Quant ou Structurer, bien qu’intéressant sur le plan scientifique, l’image véhiculée par ces métiers au moment où je cherchais a m’orienter était la suivante : ils n’ont pas accès directement au marché et si bons soient les modèles qu’ils développent, leur performance dépend énormément de ce que les traders en font.

En revanche, le métier de quant trader (aussi appelé trader algorithmique) constitue selon moi un juste milieu très acceptable : on développait des modèles (comme un quant) et on les traitait sur le marché (comme un trader).

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Bien sûr ces modèles sont moins compliqués que ceux qui établissent le pricing de tel ou tel produit structuré. De même, la partie trading de mon quotidien, qui consiste à vérifier que les algorithmes fonctionnent comme prévu, est sûrement moins palpitante que celle d’un trader traditionnel, mais le compromis me semblait intéressant.

Pour ce qui est du choix de la Haute Fréquence, c’était un sujet de recherche académique à la mode au moment ou je finissais mes études, et selon moi, c’est le domaine où les modèles et les algorithmes mis en oeuvre étaient les plus intéressants.

LA4  Lire aussi : Fraudes et délits d’initiés en M&A et S&T : pourquoi ?

 

À quoi ressemble ta journée type ?

Mon métier se divise en deux parties distinctes : la recherche et le trading. Côté recherche, je dois essayer de trouver de nouvelles stratégies de trading ou de nouveaux modèles en plus d’améliorer ceux que mes systèmes utilisent déjà. Côté trading, je dois vérifier que mes stratégies ne commettent pas d’erreur et font ce qu’elles sont censées faire. Cette partie peut sembler désuette car tout est automatisé mais il est très important de garder un oeil sur le trading en temps réel.

En effet, il peut arriver qu’un bug dans un algorithme ruine brutalement la performance comme ce fut le cas de Knight Capital cet été.

D’un point de vue plus pratique, environ 20% de mon temps est consacré à la recherche de nouvelles idées ou d’améliorations et 80% à tester ces idées en écrivant des algorithmes. Le tout bien sûr en gardant un oeil sur le trading.

 

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Quels sont les profils typiques des employés en HFT ?

Outre les qualités de base requises pour travailler en équipe, non propres au métier, un goût prononcé pour l’informatique est obligatoire. Une connaissance des statistiques de base (tests d’hypothèse, PCA, régressions…) est aussi très appréciée.

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Il est toutefois faux de croire que seuls seront acceptés des gens capables de coder un moteur 3D en C++ et de manipuler les SVM (Support Vector Machines) comme un élève de classe préparatoire ferait des additions. Le plus important est la capacité à travailler dur, à être honnête intellectuellement (comme dans tout métier de recherche selon moi) et à savoir retranscrire des idées de statistiques simples dans un langage de programmation type R ou Python, voire C#/C++.

 

Merci beaucoup pour ces réponses, à très bientôt !

Si vous avez des questions additionnelles concernant le métier de trader haute fréquence, n’hésitez pas à les poser en commentaires, nous les ferons passer et les ajouterons en edit de cet article.

 

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LA4  Lire aussi : Dossier AlumnEye : le trading de commodities


Les métiers du Risk Management

 

L’industrie du risque de marché s’est véritablement développée dans les années 1990 grâce à deux révolutions : la Value at Risk (VaR) popularisée par la  banque d’investissement J.P.Morgan et les Stress Tests mis au point par le FMI qui les conduisit tout d’abord sur un panel de pays en voie de développement dans le cadre d’une analyse de risque pays. J.P.Morgan, au sein du projet Risk Metrics, a développé l’indicateur de VaR qui permet de calculer, étant donné un horizon temporel et un intervalle de confiance donnés, un seuil de perte extrême. Par exemple, la VaR (95%, 1jour) d’un portefeuille correspond au montant des pertes qui ne devrait être dépassé qu’avec une probabilité de 5% sur un horizon temporel de 1 journée.

De nos jours, cet indicateur est utilisé par toutes les banques d’investissement mais aussi par un grand nombre d’institutions non financières. Cependant, la VaR doit être complétée par des stress tests afin de prendre en compte les valeurs extrêmes que les prix des actifs peuvent atteindre dans un environnement de crise. Pour répondre à ces événements extrêmes, les régulateurs exigent des rapports de risque propres à chaque grande banque d’investissement présentant un risque systémique. En effet, la VaR seule ne permet pas de mesurer le risque que le défaut de paiement de la banque résulte en une contagion de défauts d’autres banques et entreprises. Dans ce cadre, les régulateurs ont mis en place des tests tels qu’ICAAP et CCAR afin de définir le capital que chaque banque doit mettre de côté pour affronter un environnement de marché défavorable.

Les banques doivent donc produire des rapports de risque à une certaine fréquence (mensuelle ou annuelle) à destination des régulateurs. D’autre part, les institutions produisent des rapports de risque internes qui leur permettent d’évaluer puis de réduire le risque de leurs positions. Les différentes équipes de risques travaillent ensembles pour évaluer ce risque, qu’il soit lié au marché (market risk), à une contrepartie (credit risk) ou à l’activité interne de la banque (operational risk). Plus récemment, le « credit crunch », la crise de la dette des Etats Européens, la sortie potentielle d’un pays de la zone Euro, mais aussi les vagues de « Quantitative Easing » menées à bien par l’administration Obama, ainsi que les scandales affectant la réputation de certaines contreparties tels que le scandale du Libor, entrent tous dans le portefeuille de gestion des équipes de risque.

LA4  Lire aussi : Qu’est ce que le métier de Quant en finance de marché ?

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Pourquoi un stage en Risk Management 

Certaines personnes postulent pour les Summer Internships en sachant en amont la division dans laquelle ils pourront s’épanouir et mettre à profit leurs qualités. Si l’on ne sait pas encore ce qui nous passionne, aller voir du côté du risque est une bonne solution :

Le risque se situe au cœur des diverses activités de la banque d’investissement il permet de se placer au carrefour des flux pour choisir une direction, celle qui nous convient le mieux. Il montre l’étendue des activités de la banque d’investissement, permet d’approfondir ses connaissances des différents produits financiers, des multiples industries et surtout de la culture unique de la banque.

Autre argument non négligeable dans un contexte économique trouble : la sécurité de l’emploi. Les métiers du risque sont plus protégés au sein de la banque car les changements régulatoires et les scandales à répétition ont mis les métiers du risque au cœur de la stratégie des banques.

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Enfin, dans la majorité des banques, la mobilité interne est favorisée. Ainsi, les Summer Internships offrent la possibilité de faire des rotations entre équipes. En Risk Management, vous tournez sur diverses activités de risque. Cette mobilité est une constante à travers les banques d’investissement anglo-saxonnes : en postulant en trading, vous pouvez ainsi passer quelques semaines sur des desks de vente et de structuration là ou d’autres commencent en fusions-acquisitions et terminent leur stage en debt capital market. L’avantage de la banque d’investissement est la promotion de la mobilité, qu’elle soit géographique, intellectuelle, ou entre équipes. Dès que la banque vous trouve de la valeur ajoutée, elle ne verra aucun inconvénient à vous faire bouger si ce déplacement vous permet de vous épanouir.

La mobilité externe n’est pas en reste : le turnover reste important dans ces activités et nombre d’employés quittent la banque pour continuer leur carrière dans l’industrie. La destination la plus fréquente est le fond d’investissement, désireux d’améliorer son processus de risk management. Nombreux sont ceux qui rejoignent les rangs des agences de notation ou même des organisations étatiques.

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Le risque de crédit (Credit Risk)

Focalisons-nous maintenant sur le métiers d’Analyste en Risque de Crédit. Son objectif est d’analyser les contreparties de la banque en plus des activités de marché.
Le 
risque de crédit évalue et s’efforce de réduire le risque de contrepartie attribué aux clients avec qui la banque traite. Les équipes de risque sont structurées selon les différents types de contreparties : institutions financières, états, ou hedge funds. Le métier consiste à évaluer au quotidien le risque de contrepartie des clients de chaque catégorie.

Concrètement, cela se traduit par la mise en place de systèmes internes de notation et de prise en compte d’analyses publiques des agences de notations. Ces analyses ont pour but de définir l’exposition de la banque à chaque contrepartie et le montant total que la banque est prête à trader avec chaque contrepartie.

Les équipes de risque sont aussi en charge de traiter directement avec les nouveaux clients de la banque par le biais de due diligence calls et en définissant des contrats de contrepartie : le CSA et l’ISDA. D’autre part, certains produits financiers comportent un risque de contrepartie, tels que les swaps et les CDS (credit default swap). De ce fait, l’analyse de risque de crédit du produit complète l’analyse de risque de marché qui regarde exclusivement les sensibilités liées au marché et non au risque de crédit de la contrepartie.

Enfin, le risque de marché et le risque de crédit travaillent ensemble pour conduire les stress tests internes, ainsi que les stress tests exigés par les régulateurs. Cela permet par exemple de travailler sur les fonds d’investissement, les swaps et la partie crédit des stress tests, et donc de communiquer de façon très régulière avec de nombreux interlocuteurs : les sales, les desks du back office, les traders pour des trades spécifiques, et les équipes de risque, non seulement en Europe mais aussi en Asie et en Amérique du Nord. Les équipes de risque de crédit de certaines banques exercent également une activité de conseil en rating pour des clients de la Banque d’Affaires : si un client des fusions-acquisitions souhaite avoir un credit rating d’une agence de notation, ce qui fera baisser le coût de sa dette, il fera appel à ces équipes pour ainsi optimiser son propre credit rating. Il y a dans ce cas une communication fréquente entre les équipes de risque et les équipes de fusions-acquisitions.

LA4  Lire aussi : Dossier AlumnEye : le trading de commodities

 

risk-management-alumneyeQuels sont les profils recherchés en Risk Management ? 

Il n’y a pas de profil « type » pour travailler dans le risqueEn revanche, si le parcours effectué n’est jamais un obstacle, les équipes de risque emploient la plupart du temps des étudiants spécialisés (Masters plutôt que Licence).

Mais souvent, peu importe la spécialité, la banque veut grandir en maintenant sa culture d’excellence et pour ce faire elle emploie des individus qui lui ressemblent, donc des étudiants qui sont passionnés par les activités de services, désireux de servir leurs clients, stimulés par l’innovationsensibles et réactifs au changement et qui ont une ouverture à l’international. En particulier, les équipes de risque apprécient les qualités analytiques des ingénieurs, les compétences des candidats spécialisés en finance de marché et aussi des étudiants en physique. Ceci est dû au panel diversifié de produits et de problématiques qui doivent être analysés, les équipes de risque n’étant pas spécialisées sur un seul produit ou une région spécifique.

Nous n’insisterons jamais assez là-dessus : les activités extra-académiques, l’investissement associatif, la pratique sportive, les langues et la capacité  de communication et de conviction sont des points extrêmement importants dans le processus de recrutement.

 

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