La question des « target schools » est récurrente chez les étudiants qui envisagent de postuler en banque d’investissement en M&A, Trading… Si le passage des screenings se fait beaucoup plus aisément lorsqu’on étudie dans ce type d’écoles, leur brand name ne fait pas tout. Pour décrocher un Spring, la voie n’est pas toute tracée et l’inventivité paye car on ne le répètera jamais assez : le networking est essentiel. Que vous postuliez en Spring, en Off-cycle ou en Summer, vous pourrez toujours vous appuyer sur les contacts que vous aurez noués ; en témoigne cet étudiant de l’IESEG qui a réalisé son Spring Internship chez J.P.Morgan.

 

Quel est ton profil ?

Je viens de finir ma première année de Master à l’IESEG et je pars maintenant pour une césure. Lorsque les candidatures pour les Springs ont ouvert, je démarrais mon M1 et j’avais pour seule expérience professionnelle significative un stage en audit de fond de Private Equity chez Deloitte Luxembourg et quelques expériences associatives (Club d’investissement, IESEG Finance, BDS et une association caritative).

Comment s’est déroulé le processus de recrutement ?

Chez J.P.Morgan, le processus de recrutement pour les Springs reste très simple : un screening suivi d’un voire deux entretiens téléphoniques — si l’interviewer n’avait pas réussi à se faire un avis pendant le premier — chacun d’une durée de 30 minutes. J’ai été informé par mail après avoir passé le screening. La banque m’a alors proposé une date et un horaire pour mon phone interview. Le jour J, un Associate m’a appelé, s’est présenté et a commencé à poser les questions de fit basiques travaillées en formation AlumnEye. Dans un second temps, mon interviewer a commencé à me poser des questions plus techniques : différentes méthodes de calcul du beta, comment peut-on évaluer une action — savoir s’il faut acheter ou vendre — et comment était-il possible de « pitcher » une action… Le retour se fait alors sous une voire deux semaines.

Le networking a t-il été fondamental dans ta recherche

Complètement. Je venais d’une école « non target », voire inconnue par la plupart des banques. Décrocher un Spring paraissait perdu d’avance, car passer le screening relevait presque de l’impossible. Pour autant, je ne me suis pas avoué vaincu et me suis raccroché au networking. Pendant la Summer Session AlumnEye à laquelle j’ai participé l’été dernier, j’ai particulièrement apprécié le module « Recruiting Process & Networking » : il m’a permis d’avoir une méthodologie et surtout de savoir par où commencer dans ma démarche. Je me suis plus qu’inspiré des anecdotes de candidats que l’on nous a rapportées pour faire mes recherches et contacter les banquiers dans la plupart des banques londoniennes, ce qui a fini par payer.

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Quels étaient les profils des Springs Interns et comment était l’ambiance ?

Nous étions 114 au total, répartis dans 3 divisions : 50 en Financial Markets, 50 en IBD & Risks et 14 en Asset Management. Ils étaient anglais pour la plupart, étudiants à LSE, Oxford, UCL ou encore Warwick. Si leurs domaines d’études variaient énormément, l’ingénierie, les langues ou bien sûr l’économie revenait régulièrement. Nous n’étions que 8 étudiants provenant d’écoles françaises : 3 HEC, 1 ESSEC, 1 ESCP, 1 EDHEC et 1 EM Lyon. Le premier jour, l’on pouvait palper une once de compétition chez certains étudiants, mais cette année, J.P.Morgan a décidé de ne pas faire d’Assessment Center à la fin de la semaine. Ils ont préféré convoquer la plupart des Interns pour le premier AC de septembre. Selon moi, cette stratégie a permis de calmer les tensions car elle changeait la façon d’appréhender la semaine. De façon générale les relations étaient de fait plus naturelles et moins forcées, ce qui a permis d’instaurer un climat de coopération, plus que de compétition.

Comment était structuré le Spring ?

Il était décomposé en 7 parties, réparties de façon homogène sur la semaine :

  • Les « social events ». Il y en avait deux et consistaient à réunir tous les Spring Interns, le soir, autour d’un verre. Ces événements se sont avérés très utiles puisqu’ils permettaient d’agrandir notre réseau, de faire d’excellentes rencontres dans un cadre informel.
  • Les « Afternoon tea – Networking ». Idem, nous en avons eu deux. Il s’agissait de pauses d’environ 40 minutes au milieu de l’après-midi, nous permettant de networker avec des banquiers juniors et seniors.
  • Les « introduction to X ». Ce sont des présentations des différentes divisions de la banque d’investissement : ECM, DCM, M&A, Leveraged Finance, Global Treasury Management…
  • J.P.Morgan Deal Overview. Deux Vice Presidents sont venus présenter un deal en exécution, de A à Z. Cette intervention était particulièrement intéressante parce qu’ils ont pu vraiment aller dans les détails et raconter quelques anecdotes sur le deal.
  • Fitch Learning. 4 sessions pour nous aider à améliorer nos compétences en présentation, networking, et même apprendre à lire efficacement le Financial Times !
  • Group project. Tous les jours, un créneau de 1 à 2 heures était bloqué pour nous permettre de travailler sur notre projet de groupe qui courait sur toute la semaine. La présentation finale se tenait le vendredi matin devant les Managing Directors de chacune des divisions présentées durant la semaine.
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Que recommanderais-tu à de futurs candidats ?

Il ne faut pas hésiter à postuler pour les Springs. Ce stage vous apportera vraiment beaucoup de choses qui seront plus qu’utiles pour la suite telles que :

  • Rencontrer d’autres étudiants tous aussi brillants les uns que les autres
  • Élargir son réseau
  • Mettre un pied dans la banque d’investissement
  • Avoir une première expérience en finance sur son CV, avec un brand name fort
  • Justifier son attrait pour la banque d’investissement. Et j’appuie vraiment sur ce point, car pour les recherches de stage, avoir fait un Spring confère une certaine légitimité ; il est alors plus facile de justifier son intérêt pour l’IBD.

Enfin, ne négligez pas l’importance du réseau. Même si vous venez d’une école prestigieuse, networker avant le Spring, pendant le processus de recrutement, vous permet d’accroître vos chances d’être sélectionné. Aussi, si vous êtes sélectionné, vous allez pouvoir rencontrer ces nouvelles connaissances que vous aviez contactées durant le Spring. Ils vous présenteront peut-être à d’autres collègues et amis qui nourriront davantage votre réseau. Ainsi, ce sont de multiples opportunités qui s’offriront à vous et constitueront autant d’éléments pour faire la différence lorsque vous postulerez en Summer Internship.

Quels ont été les éléments déterminants dans l’obtention de ton offre ?

Premièrement, comme je l’ai déjà expliqué, le network. Si j’ai réussi à décrocher des entretiens, c’est parce que j’avais la méthodologie adéquate et que je l’ai suivie à la lettre. Aussi, j’ai de la chance, je sais que je souhaite travailler dans la Finance depuis que j’ai 13 ans. Depuis, j’ai eu l’occasion de me construire un CV, même si les expériences restent simples : j’ai créé mon club d’investissement quand j’avais 16 ans, j’ai pu intégrer l’association Finance dès ma première année d’école, etc., etc. Tout ça pour dire que, le plus important lorsque l’on postule pour un Spring, c’est de montrer que vous êtes attiré par ce milieu, que vous êtes passionné et que vous avez vraiment envie de découvrir ce qu’est la banque d’investissement. Normalement, les recruteurs n’attendent pas de vous d’avoir énormément de connaissances techniques. Par contre, ils veulent que vous leur montriez que vous en voulez, et pour de bonnes raisons. Et il ne suffit pas de le dire, il faut pouvoir le montrer. J’ai pu le faire, et je pense que c’est aussi un élément clé dans l’obtention de mon offre.

 

Merci à lui pour ce témoignage !

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