Trafigura, sur la voie de la rédemption

Trafigura est une entreprise spécialisée dans le courtage pétrolier et l’affrètement maritime. Elle a su se placer parmi les cadors du marché en moins de trente ans. En effet, l’entreprise est créée en 1993 par Claude Dauphin et Eric de Turckheim et présente un chiffre d’affaires de 180,7 milliards de dollars en 2018 pour un résultat net de 872,8 millions de dollars. Cette croissance exponentielle repose en partie sur des fusions-acquisitions stratégiques comme l’acquisition des activités pétrolières d’Essar pour 12,9 milliards de dollars avec ses partenaires Rosneft (société russe pétrolière) et UCP. L’entreprise emploie 4 316 salariés  et est présente sur tous les continents avec une forte empreinte dans les pays pétroliers en voie de développement (en particulier les pays du continent africain). Cependant, cette vue d’ensemble cache une entreprise qui a dû (et su) renouveler son image et sa stratégie pour pouvoir être ce qu’elle est aujourd’hui, à savoir l’un des principaux piliers du marché pétrolier.

 

Une success story aux débuts houleux

La création de Trafigura est avant tout liée à deux personnalités : le français Claude Dauphin et Marc Rich, le PDG de Marc Rich + Co. U.S. Ce dernier était poursuivi par les autorités américaines pour évasion fiscale, violation d’embargo, extorsion de fonds tandis que Claude Dauphin était courtier de commodities dès 1977 au sein de l’entreprise de Rich et s’occupait du marché bolivien avant de diriger l’équipe londonienne de trading pétrolier. Normand d’origine, il reprend en 1992 la société paternelle Guy Dauphin Environnement spécialisée dans le traitement des déchets après avoir quitté la société de Marc Rich : celui-ci essayait toujours d’échapper à la justice américaine en se réfugiant en Suisse, suscitant l’exaspération du français qui n’y voyait qu’une source d’instabilité pour la firme. Bien que Dauphin s’attela  à faire de l’entreprise familiale une entité internationale (et cela jusqu’à sa mort en 2015), il décide dès 1993 de créer avec cinq anciens collègues de Marc Rich + Co. U.S  Trafigura, la rivale directe de Glencore, elle-même fondée sur les vestiges de la première entreprise de Rich.

Via l’achat de firmes hollandaises et d’affrètement roumain, leur activité a pu se lancer, non sans difficultés. En effet, l’épisode de baisse de prix des matières premières s’est estompé au début des années 1990 pour laisser place à une stabilité des prix peu profitable au trading de ce secteur à laquelle on peut ajouter une demande faible qui limite la croissance d’entreprises juvéniles comme Trafigura alors. Les premières années ne sont pas glorieuses avec des difficultés à générer un résultat net positif puisque les activités sur les métaux par exemple requièrent souvent des contrats à long terme, ce qui est compliqué à avoir avec des fournisseurs qui ont leurs clients traditionnels.

Ainsi, l’eau, jusqu’en 2000, est la principale ressource de Trafigura puis est remplacée par les activités pétrolières et autres matières premières du fait d’un rebond de la demande. Cette dernière est en grande partie permise par le fort dynamisme des pays émergents dont le taux de croissance annuel moyen frôle sur certaines années la barre des 13%. (cf la Chine). Si on additionne la forte hausse de la demande avec une élasticité assez prononcée sur les marchés des matières premières, les entreprises génèrent davantage de profits avec une hausse des prix : pour ordre d’idée, le cuivre passe de 61 cents à 3,80 dollars à partir de 2000. En plus de cela, Trafigura jouit sur le sol domestique de la disparition de ses principales rivales qui se font happées dans des fusions acquisitions de grande envergure comme Elf qui est rachetée par Total alors que la firme française avait la plus grande part de marché sur le continent africain. De facto, le résultat net de Trafigura passe de 25 millions de dollars en 2000 à 500 millions en 2006 tandis que les profits atteignaient 2,2 milliards de dollars en 2013 ; la firme n’a jamais encaissé un recul de l’activité depuis 2013, jamais elle n’a été en déficit. Ces performances ne font pas de l’historique de Trafigura un petit fleuve tranquille, loin de là.

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Malgré les scandales, un fleuron du courtage pétrolier

Effectivement, Trafigura a longtemps été répudiée par l’opinion publique du fait du scandale du Probo Koala de 2006 où un pétrolier de Trafigura qui devait décharger ses déchets de matières premières à Amsterdam s’est vu refuser l’accès à la déchetterie. Suite à cela, le cargo est refusé en Estonie également pour finalement arriver à Abidjan où un opérateur local décharge les détritus un peu partout autour de la ville (18 spots). Par ce geste, toute une partie de la population (95 000 personnes) est touchée par des émanations toxiques et tombent malade, ce qui amène Dauphin à être emprisonné à Abidjan et l’entreprise à verser de lourdes amendes (198 millions de dollars) au gouvernement ivoirien. Jusqu’à sa mort en 2015, le fondateur de Trafigura cherche à redorer l’image de son joyau en luttant avec véhémence contre l’opacité des marchés des matières premières et des contrats officieux qui s’y nouent quotidiennement avec l’objectif de devenir la firme la plus transparente du secteur : Trafigura encourage les lanceurs d’alertes, les enquêtes publiques, a rejoint l’Extractive Industries Transparency –un programme qui lutte contre la corruption-,  et a été la première entreprise à révéler un rapport annuel avec toutes les données et les résultats financiers de ses multiples activités. Même après la mort de Dauphin, Trafigura continue d’aller dans ce sens et de garder l’esprit pionnier de la firme bien que des changements ont été orchestrés ces dernières années comme les activités du middle-office qui déménagent à Mumbaï (avant elles se trouvaient à Genève) ou encore de nouvelles parties contractantes comme Citigroup Inc. pour certaines des filiales de Trafigura, ici Impala.

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Toutefois, il est difficile de dire si Trafigura a réussi son pari et effacé les anciens scandales dans lesquels elle était empêtrée. Effectivement, l’entreprise suisse est toujours liée à des scandales de blanchiment d’argent de pots-de-vin avec un cas de ce type en 2016, au Brésil ; ou encore l’appétit que possède la firme envers les activités de marché risquées, celles qui lui ont permis in fine de connaître une croissance aussi rapide et puissante. Ces dernières sont d’autant plus cruciales que le ROE de Trafigura s’érode, passant de 39% en 2009 à 15% aujourd’hui et que le fleuron genevois  est bien plus endetté qu’auparavant alors que les objectifs de moyen terme au niveau du résultat net restent les mêmes depuis six ans : un résultat net d’un milliard de dollars par an environ. Mike Wainwright, un membre du conseil d’administration rappelait il y a peu que le scandale de 2006 « avait permis à la firme de passer de l’adolescence à l’âge adulte ». Il ne faudrait donc pas que de nouveaux scandales aussi résonnants mènent Trafigura de l’âge adulte à l’âge grégaire, là où la fin d’activité est reine. Heureusement, la relève, dirigée par Weir, a fait de Trafigura une firme bien plus efficiente qu’auparavant avec une réduction des coûts fixes et une hausse des volumes de transaction de matières premières : deux fois plus de barils sont échangés en 2018 qu’en 2013. Finalement, le géant pétrolier poursuit sa croissance à un rythme plus effréné que celui de croisière.

Ulysse M’Bouti, étudiant à l’EDHEC Business School et contributeur du blog AlumnEye


JP Morgan VS Goldman Sachs : une rivalité de longue date

Demandez à un étudiant en finance dans quelle banque il rêve de travailler, il y a fort à parier qu’il évoquera le nom de l’une de ces deux grandes banques d’investissement de Wall Street : JP Morgan ou Goldman Sachs. Si ces deux banques se sont imposées comme références dans le paysage financier, c’est grâce à des cultures d’entreprise très marquées. Qui plus est, ces deux entreprises diffèrent beaucoup dans leur manière de faire des affaires, au point d’en devenir rivales. Retour sur l’histoire, ponctuée par des conflits idéologiques mais aussi d’intérêts, des banques concurrentes les plus connues au monde.

Deux banques issues de milieux sociaux différents…

En 1854, un certain Junius Morgan, natif du Massachusetts rejoint George Peabody & Co, une “boutique” londonienne dirigée par George Peabody. Issu de la haute classe américaine, il se distingue dans les meilleurs milieux, et gagne crédit auprès de ses clients. Il prend rapidement contrôle de l’entreprise, la renommant J.S. Morgan & Co, et développe ses activités financières. Il s’installe ensuite à New York, et emploie son fils John Pierpont Morgan, en 1864. John est le parfait « WASP » (White Anglo-Saxon Protestant). Issu de l’establishment protestant américain, son père Junius lui a fait suivre une éducation exemplaire au sein d’un internat suisse, avant qu’il n’intègre la prestigieuse université de Göttingen en Allemagne. En 1857, les bonnes connexions de son père lui assurent un poste à la banque new-yorkaise Duncan, Sherman & Company. Plus tard, il admettra avoir détourné l’argent de la société pour s’enrichir personnellement, pratique courante chez les notables de l’époque.  Pendant la Guerre Civile, il finance l’armée en vendant des armes à des généraux, et évite le service militaire moyennant 300 dollars (l’équivalent de 8 700 dollars aujourd’hui). En 1890, Junius meurt et John devient président de la banque, qu’il renomme JP Morgan & Company. Il se lance alors dans des fusions de petites entreprises, et les réorganise pour les revendre plus cher qu’à l’achat.

Si la route vers le succès de JP Morgan était pavée de bonnes intentions, les débuts de Goldman Sachs furent, au contraire, bien plus mouvementés.

En 1821, Mark Goldman naît en Allemagne, d’une famille juive ashkénaze de 6 enfants. Son père, Wolf, est négociateur de bétail. Il suit une éducation juive dans une synagogue, où il rencontre un certain Joseph Sachs, qui deviendra, ensuite, son ami de longue date. En 1848, il émigre aux États-Unis, pendant la première vague d’immigration massive des juifs d’Europe. Son prénom est changé en Marcus, à consonance plus américaine. Ses débuts sont difficiles : il vend des charrettes à Philadelphie. Il s’installe ensuite à Brooklyn, où il se fait un nom en tant que broker. Rapidement, il effectue des transactions à plus de 5 millions de dollars, ce qui reste menu par rapport aux montants négociés par certains banquiers installés à New York depuis plus longtemps. En 1882, son ami Joseph le rejoint dans les affaires. Contrairement aux banques de l’époque, ils décident de laisser leur chance à chacun en employant des personnes issues de l’immigration et de mariages mixtes. A partir de 1885, l’entreprise est renommée Goldman Sachs & Co – son nom actuel – et se démarque en finançant les entrepreneurs. Elle rejoint le NYSE en 1999.

Ainsi, Markus Goldman était un entrepreneur idéaliste venu réaliser son « rêve américain » alors que John Pierpont Morgan usait à bon escient des contacts de son milieu pour se hisser vers le haut.

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…Qui ont su développer leurs activités et monter en popularité.

Du fait de la réputation de ses fondateurs, JP Morgan s’impose comme principale banque aux États-Unis, accompagnant le pays dans sa transition économique. En 1895, JP Morgan & Company aide le gouvernement américain à émettre des bons du trésor en lui fournissant l’équivalent de 62 millions de dollars d’or. A partir de 1892, JP Morgan finance la construction du Hartford Railroad, qui deviendra l’un des principaux chemins de fer du pays. Au début des années 1900, John Morgan jouit déjà d’une notoriété importante, puisqu’il est considéré comme le « sauveur de l’économie américaine » après la crise de 1907. A partir de ce moment, la banque gagne en puissance en s’alliant avec de nombreuses institutions déjà bien réputées comme The Manhattan Company, fondée en 1799 pour fournir de l’eau potable à Manhattan puis reconvertie en banque. JP Morgan & Company entre en bourse en 1983. Cette démarche se profile encore aujourd’hui, notamment avec le rachat de Bear Stearns en 2008, cinquième banque américaine à l’époque : alors que la banque était au bord de la faillite, JP Morgan a racheté ses actions pour 2$, pour ensuite les revaloriser à 10$. Si l’institution s’est imposée comme telle aussi rapidement, c’est dû aux connections de ses fondateurs issus de l’establishment i.e. proches du gouvernement.

Le développement de Goldman Sachs s’est plutôt bâti sur l’exploitation des opportunités. En 1906, Henry, le fils de Markus développe l’activité de banque d’affaires en introduisant en bourse Sears, première entreprise d’une longue série. Entre 1920 et 1930, l’institution déménage à Wall Street, et lance son activité de trading. A partir des années 30, la banque qui emploie désormais 1300 employés, déplace ses activités de négoce vers la banque d’investissement. En raison de ses ressources encore limitées, Goldman Sachs ne peut se lancer dans des rachats massifs comme JP Morgan. Henry décide de racheter des petites entreprises de courtage spécialisées dans des activités stratégiques pour son développement. Il acquiert notamment des boutiques de trading en matières premières et développe rapidement une expertise dans le domaine. Aujourd’hui, cette stratégie a payé puisque Goldman Sachs est le leader du secteur commodities depuis plusieurs dizaines d’années. En 1950, Goldman Sachs s’est fait un nom, et le gouvernement lui propose même des introductions en bourse, notamment celle de Ford, en 1956. Cependant, il faudra attendre 1999 pour voir la banque elle-même s’introduire en bourse.

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Une hostilité qui ne date pas d’hier

Alors que Goldman Sachs se développe, elle subit une véritable ségrégation de la part des autres grandes banques, en raison de l’antisémitisme déclaré de l’Amérique protestante. En effet, les « banques juives » étaient exclues des grands financements industriels pendant la première moitié du 20ème siècle. Les institutions catholiques, comme Merill Lynch, n’étaient pas mieux loties, se réfugiant dans la banque commerciale. John Pierpont Morgan affiche lui-même cette hostilité en justifiant son absence dans le trading de commodities par la déclaration suivante : « laissons le petit négoce de la finance aux juifs. ».

De plus, JP Morgan affiche une certaine arrogance envers les banques moins prestigieuses. Elle se proclame banque haut de gamme : “first-class business in a first-class way” (slogan de la marque). Son fondateur a, tout le long de sa carrière, utilisé ses connexions avec le « happy few » américain. Il a même utilisé ses relations avec le gouvernement pour évincer son rival Jay Cooke, en 1873, coupant les subventions dont ce dernier bénéficiait. Goldman Sachs, victime de ségrégation, a dû se tourner vers des acteurs économiques moins traditionnels, en particulier dans les services, comme les caisses de retraite disposants de fonds considérables. Leur histoire explique le fait que leurs cultures d’entreprises soient assez divergentes.

Des banques concurrentes

Alors que les deux banques commencent à devenir des références dans le monde des affaires, elles démontrent régulièrement leur animosité. Après que son père ait fait part de sa non intention de travailler avec des « banques juives », Jack Pierpont Morgan Junior, fils de John Pierpont, essaie de les faire couler. JP Morgan profite également des attaques régulières envers sa concurrente, accusée de manipulation de cours et d’un manque de transparence, pour ternir sa réputation. Cette mauvaise presse la suit depuis lors puisque Goldman Sachs est très souvent évoquée en mal dans les médias.

A partir de 1950, les rivalités sur fonds religieux commencent à s’estomper. Petit à petit, Goldman Sachs va se créer des relations avec le gouvernement, au point de se hisser au même niveau de puissance que JP Morgan. Alors que John Pierpont avait renfloué en 1907 les caisses de l’État et s’était déjà fait des connexions, des anciens de Goldman Sachs vont s’introduire dans le gouvernement américain en toute discrétion. En 2008, quand la crise des Subprimes ternit encore la réputation de la banque, les médias accusent le ‘‘Gouvernement Sachs’’ d’avoir fermé les yeux sur des pratiques peu commodes en interne. En effet, Henry Paulson, ancien président de Goldman Sachs, devient secrétaire du Trésor entre 2006. Il se fait connaître en 2008 pour sa vaste opération de sauvetage des banques – le « plan Paulson » – où l’Etat a acheté les actifs toxiques devenus invendables par celles-ci. Il est notamment critiqué pour avoir délibérément choisi de laisser Lehman Brothers en faillite, l’excluant de son plan. D’ailleurs, cette faillite n’aurait été de si grande ampleur si JP Morgan ne l’avait pas précipitée. En effet, bien que la plus vieille banque de Wall Street aurait renfloué les caisses de la banque en faillite,  elle est aussi accusée d’avoir gelé plus de 17 milliards d’actifs à un moment crucial pour Lehman Brothers, la poussant à déposer le bilan prématurément. Cette opération montre bien que JP Morgan dominait alors la place financière avec Goldman Sachs.

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Les grands gagnants de la crise

Quoiqu’il arrive, les deux grandes banques s’en sortiront indemnes après la crise : JP Morgan, bien qu’affaiblie par l’énorme amende de 44 milliards de dollars dont elle a dû s’acquitter pour mettre fin aux poursuites (l’une des plus grosses amendes jamais infligées à une banque), s’en tire avec le statut de « plus grande banque d’investissement au monde ». De son côté, Goldman Sachs a limité la casse à 7,7 milliards de dollars, et, est désormais connue comme « la banque qui dirige le monde » (documentaire du même nom par Jérôme Fritel). Si ces banques ont su se hisser au plus haut niveau, c’est à force de stratégies gagnantes et de cultures d’entreprise très marquées. Pour les caractériser au mieux, on peut se pencher sur leurs récents dirigeants. D’un côté, Jamie Dimon, directeur de JP Morgan et incarnation de l’élitisme américain. Né à Long Island, dans une famille grecque bourgeoise, il a toujours fréquenté les meilleurs milieux dont la très prestigieuse Harvard Business School. De l’autre côté, Lloyd Blankfein, ancien patron de Goldman Sachs, récemment parti à la retraite, né dans le Bronx dans une famille modeste juive. Élevé dans les logements sociaux de New York, il rappelle les valeurs du fondateur de la banque.

Excellence et haut de gamme chez l’une, talents et opportunités chez l’autre, les deux banques semblent bien positionnées pour continuer à être les leaders de la banque d’investissement.

Si vous souhaitez approfondir vos connaissances sur ces deux maisons, voici quelques livres qui peuvent vous intéresser :

  • La Banque. Comment Goldman Sachs dirige le monde de Marc Roche
  • John Pierpont Morgan : un capitaliste américain d’Anne Kraat
  • The Partnership : The Making of Goldman Sachs
  • House of Morgan : an American banking dynasty

Sources de l’article :

  • https://www.statista.com/statistics/270610/employees-of-jp-morgan-since-2008/
  • https://www.statista.com/statistics/250641/number-of-employees-at-goldman-sachs/
  • https://www.lemonde.fr/idees/article/2010/03/30/goldman-sachs-la-banque-ennemi-public-numero-un-par-marc-roche_1326339_3232.html
  • https://m.zonebourse.com/actualite-bourse/Fusions-Acquisitions-Goldman-Sachs-JP-Morgan-et-Morgan-Stanley-sur-le-podium–27915968/
  • https://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/jpmorgan-premiere-banque-d-affaires-devant-goldman-sachs-532330.html
  • https://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/10/07/une-vieille-rivalite-entre-banque-protestante-et-banque-juive_1103970_1101386.html
  • https://www.lemonde.fr/idees/article/2012/05/jpmorgan_1701494_3232.html15/les-vieilles-histoires-de-
  • https://www.google.fr/amp/s/www.lesechos.fr/amp/030805789033.php
  • https://books.google.fr/books?id=6GhaNf3ke08C&pg=PT83&lpg=PT83&dq=goldman+sachs+jp+morgan+banque+juive&source=bl&ots=lwlrErhttps://books.google.fr/books?
    https://www.atlantico.fr/decryptage/2795160/marcus-goldman-je-suis-convaincu-que-goldman-sachs-travaille-pour-le-bien-commun-jean-marc-sylvestre
  • https://www.google.fr/amp/s/www.challenges.fr/finance-et-marche/lloyd-blankfein-le-pdg-de-goldman-sachs-blinde-contre-l-adversite_479026.amp

Raphael Hassid, étudiant à l’EDHEC Business School et contributeur du blog AlumnEye


Du M&A au rap, retour sur le parcours d’un ex-Goldman Sachs

Prépa, HEC, Summer Internship puis Graduate chez Goldman Sachs, notre témoin du jour a un parcours quasi sans faute, très élitiste. Toutefois il a récemment pris un tournant dans sa carrière professionnelle en intégrant la direction financière d’une application qui permet à de jeunes rappeurs de percer. Quitter la banque d’affaires a été un choix audacieux et nécessaire pour notre témoin. Comment se déroulent un Summer et un Graduate chez GS ? Quelles sont les fautes à éviter en M&A ? Quels débouchés après une carrière en banque d’affaires ? Dans cette interview, il vous livre les réponses à toutes ces questions.

Bonjour, tout d’abord, peux-tu nous décrire ton parcours ?

Mon parcours est assez classique pour de la banque d’affaires : j’ai fait un bac S puis une prépa avant d’intégrer HEC Paris. Pendant mes années à HEC je me suis spécialisé en Corporate Finance et j’ai eu l’occasion de faire 3 stages : 6 mois dans une banque Suisse à Paris dans l’équipe M&A généraliste, 6 mois au bureau de Paris d’un fonds de Private Equity américain et un Summer chez Goldman Sachs. Mon Summer s’étant très bien déroulé, Goldman Sachs m’a proposé un Graduate donc je suis parti travailler pour leur équipe M&A Consumer, Retail and Healthcare à Londres. Après 1 an et demi chez GS, j’ai décidé de quitter le monde de la banque d’aiffaires. J’ai alors profité d’avoir du temps libre pour partir à l’étranger et ai récemment rejoint une application qui propose un mini-studio d’enregistrement à des rappeurs souhaitant se faire connaître. Je suis dorénavant responsable de la gestion financière et administrative quotidienne de cette entreprise, principalement en lien avec une levée de fonds à venir.

Peux-tu nous raconter un peu comment se déroulent un Summer et un Graduate chez Goldman ?

Mon Summer chez Goldman s’est déroulé en deux temps. J’ai d’abord passé 1 semaine à Londres avec tous les autres Summer interns durant laquelle j’ai principalement été formé à la comptabilité et à la valorisation financière. On m’a également sensibilisé à l’importance de la communication et de la gestion du temps dans un environnement où la clientèle est très exigeante. Pour un stagiaire Français, généralement déjà au point techniquement, cette semaine est surtout une excellente occasion de créer du lien au sein de la promotion de Summer interns. Dans un second temps, j’ai travaillé avec l’équipe parisienne de Goldman sur un mandat de vente dans le secteur de l’hôtellerie. Travailler sous la supervision directe d’un Associate (6 ans d’expérience) a été particulièrement formateur. Je travaillais sur la construction du modèle qui servait de base au Business Plan présenté aux acheteurs potentiels, sur la rédaction de l’IM (document marketing présentant l’actif) et sur tout le volet « gestion de projet » en lien avec les avocats et les banques en co-mandat avec GS.  En fait, je dois avouer que je me suis senti bien plus exposé en Summer à Paris qu’en tant qu’Analyste à Londres.

Deux semaines après la fin de mon Summer, Goldman m’a fait une proposition de Graduate à Londres, comme j’en avais fait la demande. Avec le recul, Paris aurait sans doute été un meilleur choix : même si Londres est la plateforme européenne de GS où la plupart des clients se trouvent, l’exécution des deals se fait davantage au niveau local. Avec l’équipe de Londres, je faisais beaucoup d’origination, travail généralement moins valorisant pour un junior.

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Certains disent que dans les américaines, l’ambiance est très (trop) policée, au point de rendre fous certains français. T’en penses quoi ?

 Je suis d’accord pour dire que l’ambiance est plus policée dans les banques américaines. Dans le cas de Goldman Sachs, je dirai que l’ambiance est plus policée d’avantage par souci de respect d’autrui que par snobisme. J’ai adoré travailler là-bas car je me sentais impliqué dans les deals et considéré à ma juste valeur contrairement à des expériences précédentes en banque d’affaires durant lesquelles j’ai eu le sentiment d’être seulement utilisé comme une ressource pour le travail de petite main. En effet, quand tu es stagiaire, tu peux tomber sur des banques qui ne cherchent pas à te former et à te prendre comme un membre à part entière de l’équipe.

Selon toi, quelles sont les qualités requises pour faire du M&A ? et le défaut rédhibitoire ?

Pour moi, les qualités requises en M&A sont la motivation, l’autonomie, l’envie d’apprendre et surtout le fait d’être pro-actif dans son apprentissage. Il faut également avoir une capacité de travail importante et savoir ravaler son égo (i.e. ne pas être trop sensible à la critique). Et surtout, il faut absolument éviter d’être trop grande gueule.

Tu travailles maintenant pour une application permettant à de jeunes rappeurs de se lancer. Peux-tu nous raconter comment tu en es arrivé à travailler dans cet univers ?

Ce n’est pas ma passion pour le rap mais le créateur de l’appli qui m’a convaincu de rejoindre l’équipe. C’est un visionnaire et je vois beaucoup de potentiel dans le business. Mon expérience en banque d’affaires les intéressait et je me suis bien entendu avec l’équipe, c’est donc naturellement que j’ai saisi l’opportunité de travailler avec eux.

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Quel est ton job au quotidien ?

Je m’occupe de toute la partie finance administrative, et en particulier du projet de levée de fonds.

Si tu devais nous donner le nom d’un ou deux rappeurs inconnus du grand public mais qui mériteraient de l’être ?

Axiom, un ancien rappeur et producteur venant de Lille. Il est très engagé politiquement donc il a une vision assez intéressante du monde de la musique et il souhaite vraiment aider de jeunes talents à percer. Il a également fait beaucoup pour les jeunes des quartiers.

Tu as eu un parcours très classique et élitiste avec du M&A, du PE, etc. Et te voilà dans l’industrie du rap, où les gens ont parfois des préjugés. Ça n’a pas surpris tes proches ?

Cette décision n’a pas du tout surpris mes proches car j’avais vraiment besoin de changer d’air et de découvrir de nouveaux horizons. Travailler dans un tel environnement après avoir été en banque d’affaires où tout le monde vient du même milieu représente un réel changement qui pousse à l’ouverture d’esprit. Je découvre des manières de travailler différentes des miennes et c’est très enrichissant car j’apprends énormément de ces personnes-là.

LA4Lire aussi : Entretien en M&A : les questions techniques fréquentes

Certains Analysts en M&A se plaignent que leur boss partent parfois en « freestyle ». Es-tu d’accord avec cela ?

Pas du tout, je dirais même que c’est le contraire. En M&A, les gens ont très peur de produire le moindre élément de jugement qui ne puisse être soutenu par une analyse numérique ou la voix d’un expert. Aucune place n’est laissée à l’improvisation.

Qu’est-ce que tu gardes de ton passé de banquier d’affaires dans ta vie actuelle ?

Je n’ai aucun regret sur mon passage en finance de haut de bilan qui a été particulièrement formateur. Lorsque je travaillais en fonds, j’ai appris à regarder une entreprise sous tous les angles et à réfléchir à un marché en profondeur. J’ai ensuite pu développer plus avant cette compréhension chez Goldman. J’ai non seulement acquis de la rigueur et de l’efficacité, mais surtout, j’ai appris à hiérarchiser les priorités dans un environnement exigeant et amélioré ma compréhension de la façon dont on présente de l’information devant des personnes occupant un haut niveau de responsabilité. La banque d’affaires m’a apporté des compétences techniques et m’a appris à communiquer de façon plus efficace.

Beaucoup de nos lecteurs souhaitent se diriger vers une carrière en banque d’affaires. Quel message tu pourrais leur faire passer, et que tu aurais aimé entendre quand tu étais étudiant ?

Si je devais donner un conseil à mon jeune moi ce serait d’élargir ses horizons et de découvrir d’autres métiers/entreprises avant de se lancer dans la banque d’affaires juste parce que ça brille. J’aurais, par exemple, aimé découvrir des métiers où l’on travaille davantage de façon transversale plutôt qu’en silos hiérarchiques.

Ariane Guillaume, étudiante à l’EDHEC Business School et Responsable Editorial du blog AlumnEye


Damien Beurier, professeur & ex-VP M&A : Sciences Po Paris, Messier Maris, Rothschild, WeShareBonds

Quand il n’enseigne pas les lois de la modélisation financière à des étudiants de Sciences Po Paris, on peut retrouver Damien Beurier en train de négocier la prochaine levée de fonds de WeShareBonds. Cet ancien banquier M&A a travaillé chez Messier Maris puis chez Rothschild avant de quitter le monde de la banque d’affaires pour rejoindre une fintech en tant que dirigeant et associé. Aujourd’hui, il est Directeur Général de WeShareBonds, une plateforme digitale de crédit aux PME.

Bonjour Damien, merci d’avoir accepté de répondre à nos questions.

Pouvez-vous décrire votre parcours ?

Après une maîtrise du droit des affaires à Assas j’ai intégré l’EDHEC (programme grande école) dont je suis sorti avec une spécialisation en finance d’entreprise. J’ai fait différents stages en banques d’affaires : financements structurés chez BNP Paribas, M&A chez HSBC et chez Hawkpoint. J’ai par le suite intégré l’équipe M&A de Messier Maris dans laquelle j’ai travaillé pendant plus de 3 ans avant de rejoindre Rothschild en 2014 toujours en M&A. Finalement, en juin 2017, j’ai quitté le monde de la banque d’affaires pour m’associer aux fondateurs de WeShareBonds, fintech dans laquelle j’ai pris le poste de Directeur Général, en charge du Business Development de plateforme.

En parallèle de votre poste chez Rothschild, vous êtes devenu professeur de finance à Sciences Po Paris, quelles ont été les raisons de ce choix ?

C’est principalement l’envie de transmettre ce que j’avais appris en finance durant les premières années en banque de manière plus opérationnelle comparée à ce que j’avais vu en école qui m’a poussé à enseigner. En effet, Sciences Po cherche régulièrement non pas des professeurs « à l’ancienne » mais des professionnels de la finance en poste pour animer des conférences. Celle que j’anime avec une ex-collègue porte sur la modélisation financière.

Le M&A fait rêver de nombreux étudiants, comment expliquez-vous cela ? Qu’est-ce qui à l’origine vous a poussé à faire du M&A ?

A mon sens, le M&A suscite des fantasmes qui ne sont pas tous justifiés. Pour ma part, j’ai choisi de faire du M&A pour deux raisons principales. D’un côté, il s’agit d’une filière très professionnalisante qui apporte beaucoup de rigueur et permet d’acquérir des méthodes de travail particulièrement efficaces afin d’absorber une forte charge de travail. D’un autre côté, le M&A permet d’être très tôt en contact avec des niveaux de séniorité relativement élevés chez les contreparties (clients, avocats d’affaires, conseillers en stratégie, experts, etc.). Avoir accès à la direction générale ou financière de grands groupes dans ses premières années professionnelles permet d’apprendre davantage sur les enjeux du management.

Qu’est-ce qui motive les gens à travailler autant ? à part un salaire très compétitif évidemment.

On est tout d’abord attiré par l’ambiance d’état-major ou de gestion de crise que l’on rencontre sur les dossiers les plus exigeants. En effet, il y a une vraie émulation qui permet de créer des équipes ou promotions soudées. Le rythme est soutenable parce que l’on travaille ensemble ou à côté de telle ou telle personne. Ensuite, il y a la soif d’apprendre qui peut inciter certains à s’imposer ce rythme sportif. Enfin, le secteur permet de se former efficacement tout en se laissant bon nombre de reconversions professionnelles possibles.

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Vous avez travaillé chez Messier Maris puis chez Rothschild ; y’a-t-il des différences majeures entre ces deux prestigieuses institutions ?

Il est difficile de comparer mes expériences chez Messier Maris et chez Rothschild car c’est comparer des années d’analyste à des années d’associate ou VP. Une différence est que Rothschild est un acteur plus institutionnel avec des méthodes de travail et de management plus éprouvées. Rothschild est une banque d’affaires plus internationales qui s’appuie fortement sur les bureaux étrangers sur certains dossiers. Messier Maris de son côté est une banque d’affaires plus jeune et lorsque j’y suis entré j’ai découvert un esprit entrepreneurial très fort. Je suis reconnaissant d’avoir assisté et participé à ces premières années de forte croissance post association de Jean-Marie Messier et Erik Maris.

LA4Lire aussi : M&A : Analyst, Associate, VP, etc. Quel rôle selon votre grade ?

Comment s’est passée votre transition de Rothschild à WeShareBonds ?

Ce fut un changement de carrière majeur car je suis passé de salarié à dirigeant actionnaire avec un vrai pari financier et des responsabilités plus importantes dans une structure beaucoup plus petite. Il a fallu que je réapprenne totalement un métier même si mon bagage financier et une partie du réseau tissé pendant les années précédentes ont été fort utiles.

Pouvez-vous nous en dire plus sur la fintech WeShareBonds ?

WeShareBonds est une plateforme digitale de crédits pour les PME françaises. On met en relation des investisseurs professionnels et particuliers avec des entreprises qui cherchent à financer leur croissance. Un investisseur particulier peut notamment prêter à partir de 50 euros à une PME et ainsi financer l’économie réelle.

Actuellement, nous préparons la levé de notre 3ème fonds de crédit auprès d’investisseurs institutionnels.

Vous êtes dorénavant DG en charge du développement commercial chez WeShareBonds, en quoi votre carrière en M&A vous aide-t-elle dans un poste très commercial ?

Mon expérience en M&A m’a aidé notamment pour organiser les différentes levées de fonds de WeShareBonds. L’expérience de processus de vente de sociétés valorisées plusieurs centaines de millions ou un milliard d’euros prépare efficacement à lever une quinzaine de millions d’euros pour une fintech ou un million d’euros pour une PME cliente. Mon passage en  banque d’affaires me permet d’appréhender certains aspects de l’analyse financière lors de la sélection des PME à qui nous faisons une offre de crédit. Enfin, il ne faut pas oublier qu’en banque d’affaires le métier devient plus commercial après quelques années ce qui m’a servi dans ce nouveau poste à la fois commercial et technique.

Sollicitons votre œil d’expert : si vous étiez un étudiant souhaitant investir dans un projet proposé par WeShareBonds, quels sont les 2 ou 3 points majeurs que vous regarderiez sur ce projet ?

Il faut savoir que les projets proposés par WeShareBonds font déjà l’objet d’une sélection très stricte par les analystes crédit de l’entreprise puis par un comité de sélection composé de professionnels indépendants. A titre indicatif, WeShareBonds a un rendement brut de 6,5% et les projets proposés sont majoritairement amortissables i.e. que le capital est remboursé de manière mensuelle.

De manière générale, ce qu’il faut regarder avant d’investir dans une entreprise c’est sa croissance, sa rentabilité et les différents risques pouvant peser sur celle-ci. Il est nécessaire de projeter les flux de trésorerie de l’entreprise afin de vérifier que celle-ci a la capacité de faire face aux échéances de remboursement.

Qu’est-ce qui vous manque le plus/le moins dans votre carrière en M&A ?

J’ai beaucoup apprécié la diversité des projets traités mais également les liens (parfois amicaux) que j’ai pu tisser avec mes collègues. Ce que je valorise aujourd’hui, c’est d’être davantage maître de mon propre agenda.

LA4Lire aussi : Faire du M&A en province : où postuler ?

Avez-vous des conseils pour nos lecteurs souhaitant s’orienter vers le M&A ?

Je donnerais trois conseils aux lecteurs souhaitant candidater en conseil en fusions acquisitions : une bonne préparation technique, de l’humilité en entretien et ne pas avoir peur de montrer sa motivation.

Ariane Guillaume, étudiante à l’EDHEC Business School et Responsable Editorial du blog AlumnEye


Comment réussir les HireVues des banques ? 3 AlumnEye témoignent

Réussir l’épreuve de l’HireVue est une condition nécessaire pour décrocher une offre de Spring, Summer ou Graduate Program dans une banque. Cet exercice redouté notamment pour son format est souvent la dernière étape avant d’accéder à l’Assessment Center. AlumnEye vous explique tout sur les spécificités et la manière d’aborder ce test grâce aux témoignages de trois candidats l’ayant réussi.

 

Qu’est-ce qu’un HireVue ?

L’HireVue est un test vidéo de sélection que l’on retrouve dans les processus des banques, que vous postuliez pour un Spring, Summer ou Graduate Program. Cette technique d’entretien s’est peu à peu substituée aux premiers tours classiques, et permet aux banques d’analyser les candidats avec un grand nombre de critères. Concrètement, durant le test, la plateforme vous soumet des questions pour lesquelles vous avez un temps de préparation limité. Vous restituerez ensuite votre réponse face à votre caméra, une manière pour la banque d’enregistrer votre réponse et d’analyser votre respiration, votre vocabulaire ou vos mouvements oculaires.

Lorsque vous vous connecterez sur la plateforme en cliquant sur le lien que la banque vous a envoyé, une vidéo d’introduction vous expliquera ce qu’est un HireVue et les conseils de la banque pour réussir. Quelques exemples pourront vous être proposés afin que vous puissiez vous assurer que votre micro et votre caméra fonctionnent. Attention, cet exercice est différent d’un entretien par visio-conférence notamment parce que vous êtes certes filmé, mais vous n’aurez pas d’interlocuteur. Les questions apparaitront les unes à la suite des autres, et sera à chaque fois précisé le temps de préparation dont vous disposez avant que votre caméra ne se déclenche pour vous permettre de répondre.

Pour les banques, l’introduction de l’HireVue permet d’évaluer un plus grand nombre de candidats tout en mobilisant des ressources limitées. En substituant l’HireVue à des entretiens classiques, les banques élargissent la base de leurs candidats sans engager de frais supplémentaires. Pour réussir, la préparation est primordiale, et c’est la raison pour laquelle AlumnEye a donné la parole à trois candidats (Marion, Nathan et Camille) qui ont réussi cet exercice, respectivement chez JPMorgan, Macquarie et UBS.

 

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Un exercice singulier :

 Nous l’avons vu, l’HireVue est un exercice particulier, mais concrètement qu’est-ce qui le différencie d’un appel téléphonique classique ? « C’est très différent dans le sens où personne ne rebondit sur ce que l’on dit et c’est plus difficile de détourner la question si jamais on ne parvient pas à répondre. Au téléphone, les questions ne sont pas chronométrées, on a le temps de réfléchir, de demander des précisions à l’interviewer, etc. Par ailleurs, le fait d’être filmé nécessite que l’on ait une bonne tenue. ». Vous n’avez pas d’interlocuteur et êtes seul face à votre caméra, il vous sera donc impossible de créer du lien et de l’empathie : « A la différence d’un phone interview, on ne peut pas créer de lien avec l’interlocuteur. C’est déstabilisant notamment parce qu’on ne peut pas à la fin de l’entretien se distinguer des autres candidats avec des questions-réponses. Il y a aussi une pression supplémentaire en raison du timing et de la caméra ».

Sans doute vous posez vous la question de savoir ce qui vous sera demandé lors de l’HireVue et si l’on peut distinguer des grands thèmes lors du test : « Dans l’HireVue que j’ai passé il y avait seulement trois questions. C’est difficile de dégager des thématiques mais c’était principalement des questions de fit de type TMAT. » nous dit Marion à propos de l’HireVue JP Morgan. Nos deux autres candidats ont cependant pu dégager quelques tendances comme en témoignent Camille : « Ça dépend des banques. Chez Goldman Sachs, il y avait 4 questions fit / mises en situation et une question sur notre choix de division. Chez UBS, c’était à la fois fit et des questions sur la banque. » et Nathan : « « Mon HireVue chez Macquarie était structuré de la façon suivante : une première partie – générale : pourquoi cette banque/division ? pourquoi la finance ? Une seconde partie – motivation : type TMAT. Enfin une troisième partie – “technique” avec des questions concrètes ». Retenez que la structure de l’HireVue dépend de la banque dans laquelle vous passez le test. Néanmoins un bon bagage technique est nécessaire pour ne pas être surpris lors d’une question, et la partie fit est très souvent sous forme TMAT.

 

Lire aussi : hirevue et entretien vidéo en banque d’investissement : mode ou futur standard dans le recrutement?

 

Comment se préparer pour votre HireVue ?

Réussir ce test a demandé à chaque candidat une préparation minutieuse, et lorsque nous les interrogeons sur les raisons de leur succès, les réponses sont unanimes : « Avoir eu les questions à l’avance grâce au Forum AlumnEye a été un énorme plus je pense. Cela m’a permis de me concentrer sur la structuration des réponses et de pouvoir énoncer des choses précises. » confie Nathan après son succès chez Macquarie. Marion, elle, insiste sur la qualité de sa préparation : « Honnêtement, je ne sais pas car j’ignore comment ont performé les autres candidats et quelles étaient les attentes précises des recruteurs vis-à-vis de l’HireVue. J’avais vraiment été consciencieuse dans ma préparation en réfléchissant à des exemples différents qui pourraient me distinguer des autres candidats en essayant de préparer le maximum de questions possibles tout en faisant attention au rendu final. ».

L’HireVue est un exercice dans lequel il existe des questions de fit qui reviennent dans chaque process, peu importe la banque dans laquelle vous postulez. Ceci est d’autant plus vrai pour les banques qui recrutent en Spring, Summer ou Graduate Program. Ces questions doivent être préparées minutieusement. Camille nous livre les clés de sa préparation : « « Je me suis préparée comme pour un entretien face to face. Je me suis également entrainée à répondre aux questions classiques en me filmant et en me chronométrant. », Nathan, lui, a pris contact avec d’anciens candidats : « Grâce aux comptes rendus sur le forum AlumnEye, j’ai eu les questions en avance et j’ai donc pu les préparer en amont. Pour ma part (Macquarie), il me semblait très compliqué de réussir cet exercice sans avoir eu les questions en avance car elles nécessitent des connaissances précises sur certains secteurs et leurs key metrics ». Marion se montre très précise lorsqu’elle évoque la manière avec laquelle elle s’est préparée : « J’ai travaillé sur les questions de « fit » classiques (TMAT…) en listant les compétences sur lesquelles on pouvait m’interroger, les questions qui pouvaient être posées sur chacune des compétences en préparant des exemples différents (sur le modèle STAR) pour répondre à chacune d’entre elles. Ensuite, j’ai répété ces réponses à l’oral devant un miroir et ajusté le rendu (ton, débit, expression…) afin qu’il soit le plus fluide possible. Dans un second temps, j’ai effectué une préparation identique à celle d’un entretien classique (glaner des informations spécifiques à la banque, à la division à laquelle j’ai postulé) »

 

Quelques tips pour réussir le HireVue

Interrogés après coup sur les difficultés qu’ils ont rencontrées, les candidats révèlent que la préparation est primordiale pour éviter d’être déstabilisé par une question. Le temps court de préparation ne vous permettra pas de structurer une réponse convaincante. Nathan nous explique : « Le temps de réponse chez Macquarie est extrêmement court, souvent d’une minute. De plus, il est impossible de s’enregistrer une seconde fois, ce qui augmente davantage le stress au moment de restituer sa réponse. ». La forme compte aussi bien que le fond, or si vous n’avez pas préparé les questions en amont il vous sera impossible de paraître avenant lors de votre réponse. C’est ce qu’explique Camille : « Il y a deux éléments que je trouve perturbant dans le format de l’HireVue : d’une part, le temps imparti pour chaque réponse est bref, il faut être à la fois concis et donner des détails. D’autre part, la vidéo est enregistrée, il faut donc tenter de paraître naturel sachant que l’on n’a pas d’interlocuteur et ne pas oublier de regarder la caméra plutôt que l’écran ».

Enfin nous leur avons demandé de donner des conseils aux futurs candidats qui se soumettront au test de l’HireVue, Marion nous donne le sien : « C’est très important de bien préparer les questions de fit et de les répéter devant un miroir ou bien s’enregistrer. Il faut avoir conscience de l’image que l’on renvoie et de la structure des réponses. Il y a aussi des éléments perturbateurs comme le timing, la caméra et les questions auxquelles on n’aurait pas réfléchi. C’est important de garder son sang-froid. Enfin je conseillerais comme pour un entretien classique de ne pas apprendre ses réponses par cœur mais plutôt de constituer des éléments de réponses et des exemples que l’on puisse rattacher. »

 

LA4Lire aussi : Quick advice for your summer internship

 

En effet, le succès à l’HireVue n’est jamais dû au hasard. Qui plus est, une bonne partie de l’entretien peut être préparé en amont afin de faire la différence par rapport aux autres candidats. C’est sur ces questions que vous devez vous démarquer en proposant une réponse très structurée tout en ayant l’air naturel. C’est sur ce point que Camille et Nathan décident d’insister : « Je conseille de faire une liste de questions basiques et de s’entrainer à y répondre en se filmant et en se chronométrant. Lorsque l’on parle, il faut regarder la caméra de la même manière que l’on regarderait un interviewer. Ne pas hésiter à sourire ou à parler avec les mains tout en essayant d’être le plus naturel possible. » ; « Je conseillerais tout d’abord d’enlever l’image de la caméra lors des réponses, car on a tendance à se regarder à l’écran ce qui détourne notre regard de la caméra. Aussi, je dirais qu’il faut absolument structurer ses réponses avec des link words comme first, secondly… pour qu’elles soient claires ».

 

Guillaume Baziadoly, étudiant à l’EMLyon et contributeur du blog AlumnEye

 

 


Tim Muehlenbach, ex-Goldman : 17 ans de carrière en banque, aujourd'hui chez Kantox

Avec 17 années d’expérience en banque d’investissement, Tim Muehlenbach fait partie de cette génération de banquiers ayant (presque) tout vécu. La succession des crises financières depuis 2001 et l’essor des fintechs, des missions au sein de prestigieuses institutions financières telles que Goldman Sachs, BNP Paribas ou RBS, à des postes très différents (marchés des capitaux, Asset Management)… Aujourd’hui, il a rejoint Kantox, une fintech londonienne spécialisée dans la gestion des risques de devises pour les entreprises. Dans cet article, il nous raconte son ancienne vie de banquier, et celle plus nouvelle en startup. Comment son expérience l’a aidé à se diriger vers la fintech, ce qu’il retient de ses années dans les plus belles banques, ses conseils pour les étudiants : une interview pleine d’enseignements.

Bonjour Tim, merci d’avoir accepté de répondre à nos questions.

Pouvez-vous nous décrire votre parcours ?

Après avoir validé mon Master à l’ESCP Europe, j’ai obtenu mon premier CDI, en 2001, à la BNP Paribas en Debt Capital Market. En 2004, j’ai ensuite décidé de suivre une partie de mon équipe et d’intégrer la Royal Bank of Scotland. A l’époque, ils cherchaient des talents parmi les meilleures banques européennes afin de développer considérablement leur présence en Debt Capital Market en Europe. Pendant 7 ans, j’ai travaillé pour la RBS où j’ai évolué très rapidement d’Associate à Executive Director. Ensuite, mes bonnes performances post-crise des Subprimes chez RBS ainsi que mon solide réseau ont convaincu Goldman Sachs  de m’appeler afin de rejoindre leurs rangs.  En 2011, j’ai donc eu la chance d’évoluer professionnellement et d’intégrer une banque d’investissement de renommée mondiale. Après 6 années de dur labeur chez Goldman Sachs, j’ai décidé de prendre un tournant dans ma vie professionnelle et personnelle en intégrant la fintech Kantox.

Vous avez travaillé pour 3 banques internationales différentes : BNP Paribas, RBS, et Goldman Sachs. En quoi est-ce différent d’exercer dans chacune de ces banques ?

J’ai commencé chez BNP Paribas juste après leur fusion donc ce que je vais dire est peut-être différent de la réalité actuelle. Quand j’y travaillais, BNP Paribas était une banque d’affaires, leader européen, aux ambitions très fortes dont le fonctionnement était bien différent du modèle anglo-saxon car il s’agissait d’une banque d’affaires où la structure et la hiérarchie étaient très pesantes. Au contraire, travailler chez RBS a été un véritable changement car je suis passé d’une banque d’affaires très structurée à une banque d’affaires en pleine expansion qui recherchait des talents entrepreneuriaux. C’est cet esprit entrepreneurial, cette volonté de grandir qui m’ont poussé à changer de banque. RBS était une machine de croissance.

Enfin, Goldman Sachs est la seule banque d’investissement non européenne pour laquelle j’ai travaillé. Mon expérience là-bas a été très différente de celles chez BNP Paribas et RBS car les exigences y étaient bien plus élevées. Les targets annuelles et les deals étaient d’une plus grande ampleur. De plus, chez Goldman Sachs, les frontières entre les métiers sont bien moins dessinées et il n’y pas de gestion de la relation-clients (Relationship Management). Ainsi, je me retrouvais à travailler non seulement sur la partie technique des suites de produits dettes mais également sur la partie commerciale avec les relations-clients. Chez Goldman Sachs, les banquiers ont beaucoup plus de responsabilités car ils doivent tout prendre en main. Cette stratégie permet à Goldman Sachs d’avoir une meilleure maîtrise de ses risques  car les banquiers sont beaucoup plus proches des enjeux de chaque transaction.

Vous avez décidé de passer d’une carrière sur les marchés des capitaux à une carrière en gestion d’actifs ; quelles ont été́ les raisons de ce choix ?

Je suis passé à la gestion d’actifs lorsque je travaillais chez Goldman Sachs. Je suis allé travailler pour Goldman Sachs Asset Management en tant que Senior Responsable afin de booster les ventes de certains produits spécialisés dans la gestion de fonds dédiés. J’ai saisi cette opportunité comme une évolution professionnelle vers une  carrière de long-terme en banque d’affaires.
LA4Lire aussi : Préparer le CFA : quand, où, comment?

On dit souvent qu’en banque, le passage d’un niveau junior très opérationnel à un rôle senior plus commercial est un moment clé où plusieurs banquiers échouent. Comment avez-vous réussi ce virage ?

Pour moi, ce virage a légèrement commencé chez RBS. Du fait de leurs fortes ambitions de croissance et de progrès, j’ai rapidement évolué vers un statut de mentor. Chez BNP Paribas, j’aurais mis plus de temps à monter les échelons vers un rôle senior. Grâce aux responsabilités que l’on m’a donné chez RBS, j’ai pu renforcer mon « skills set » et élargir mon réseau professionnel. Ce sont ces deux atouts qui m’ont aidé à conclure de gros deals au point d’être recommandé pour Goldman Sachs.

L’Asset Management attire beaucoup d’étudiants, et pourtant la plupart ne savent pas expliquer le fonctionnement global d’une division AM. Si vous deviez expliquer à un néophyte le rôle du département AM d’une banque, que diriez-vous ?

Le département AM des banques d’investissement est souvent dans l’ombre du département M&A (ou marchés des capitaux) qui génère de plus gros revenus. Toutefois, la division AM permet à la banque de s’intégrer dans une vision plus long-termiste. Les mandats en AM sont de plus longue durée donc ils rapportent un revenu plus visible.  Par contre dans le M&A et les marchés des capitaux, la banque met à disposition un capital plus important qu’elle cherche à faire fructifier, ce qui pousse les équipes à être d’autant plus rigoureux sur les contrats signés.

Je pense que les banques choisissent d’élargir leurs activités à l’AM parce qu’elles veulent augmenter leur visibilité sur les revenus et diversifier leurs activités et risques. Toutefois, les leaders en AM sont les entreprises qui ne font que ça (ex : BlackRock, Allianz/PIMCO, Fidelity, Amundi, etc.)

Vous étiez chez RBS en 2008, banque qui a beaucoup souffert durant la crise. Que retenez-vous de cette période ? Une anecdote marquante ?

Ce fut une période très difficile car nous n’avions absolument pas conscience de la crise à venir et des risques qui planaient sur RBS notamment sur le marché anglais pour lequel je travaillais à l’époque. Chez RBS nous étions déjà fragilisés du fait du rachat de la banque néerlandaise ABN AMRO. En effet, suite à leur rachat en 2007, il y avait 2 banquiers pour chaque poste chez RBS donc personne n’était sûr de rester dans l’entreprise et la crise a amplifié ce sentiment d’incertitude. Cette période était chaotique.

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Qu’est-ce qui a fondamentalement changé dans la banque d’investissement entre les années 2000 et aujourd’hui ?

Dans les années 2000, les banques étaient en pleine mondialisation (ex : l’euro a été introduit dans 12 pays formant la zone euro en 1999) et en plein essor technologique donc elles cherchaient énormément de talents. C’était une période rêvée pour ceux qui souhaitaient travailler en banque car il y avait de l’offre et de l’embauche.  Aujourd’hui, les crises sont passées par là et les banques ont totalement changé d’optique. Il est dorénavant difficile d’intégrer une banque d’investissement. De nombreux talents se voient refuser des offres ou contraints d’en accepter à des salaires inférieurs. Par exemple, aujourd’hui, il n’est plus possible pour un candidat de postuler chez une banque d’affaires pour essayer/voir si cela lui plaît et espérer être pris. Les candidats doivent être motivés, confiants et sûrs de leur choix de carrière pour intégrer les meilleures banques au monde.

Pourquoi avoir, ensuite, décidé́ de quitter Goldman Sachs pour partir travailler chez Kantox ?

J’ai décidé de quitter Goldman Sachs pour des raisons personnelles. J’avais envie de changer de cadre de vie et de passer plus de temps avec ma famille. A l’époque, je connaissais le CEO de Kantox, Philippe Gelis, et je correspondais tout à fait au profil recherché donc j’ai été facilement embauché. Ainsi, j’ai quitté Londres et ma carrière en banque d’affaires pour Barcelone et une vie plus équilibrée.

Pouvez-vous nous en dire plus sur la fintech Kantox ?

Une petite dizaine d’années auparavant, les fintechs avaient pour objectif de concurrencer les banques afin de les remplacer. Aujourd’hui, les fintechs cherchent d’avantage à s’allier aux banques, à leur faire profiter de leur technologie par l’intermédiaire de partenariats ou de plateformes. Chez Kantox, notre technologie permet une autonomisation des fonctions de trésorier et des transactions en différents changes grâce à des solutions de gestion des devises et du risque de change. Nous nous adressons aux entreprises ainsi qu’aux banques et c’est mon métier de trouver et consolider ces partenariats bancaires.

Kantox a une technologie puissante qui maintenant génère un revenu important sur le long terme (Kantox est « self-sustaining »), un tournant important pour une jeune fintech. Nous cherchons une croissance rapide du business.
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En quoi est-ce différent de travailler pour une banque d’affaires telle que Goldman Sachs que pour une jeune fintech comme Kantox ?

Même si tout les oppose, Goldman Sachs et Kantox ont un esprit entrepreneurial assez similaire. Ce qui diffère réellement ce sont leur structure ; Goldman Sachs est la banque d’affaires la plus reconnue au monde, établie et organisée alors que Kantox est une jeune fintech en pleine évolution.

Ce que j’aime particulièrement chez Kantox c’est le fait de l’accompagner dans sa croissance, d’avoir un impact réel et responsable sur l’entreprise.

Avec le recul, et maintenant que vous évoluez en startup, quel regard portez-vous sur vos années dans de grandes institutions financières ?

Je suis très fier de ma carrière dans de grandes institutions financières car c’est grâce à elle que j’ai intégré Kantox. En effet, mon poste actuel nécessitait quelqu’un ayant un bon réseau et sachant parler le langage des banquiers. Ces qualités étaient essentielles afin de signer de nouveaux partenariats avec les banques. Il fallait une personne ayant de l’expérience en banque d’affaires, peut-être pas autant que moi mais de l’expérience. Il ne faut jamais regretter une carrière en banque d’affaires car c’est très enrichissant et formateur pour la suite.

Quels sont vos conseils pour nos lecteurs qui souhaitent s’orienter vers une carrière en banque d’investissement ou en Asset Management ?

S’ils souhaitent s’orienter vers une carrière en M&A, je conseillerai aux lecteurs d’intégrer une banque d’investissement américaine car les États-Unis sont leaders sur ce marché (GS, JP Morgan, Morgan Stanley, BAML, Citi, etc.). Au contraire, l’Asset Management est plus régional, je suggère plutôt de postuler dans des fonds nationaux. Par exemple, les français, les allemands, les anglais sont parmi les leaders dans leur marché et en Europe. Pas besoin de partir aux États-Unis pour faire une belle carrière en AM.

Ariane Guillaume, étudiante à l’EDHEC Business School et Responsable Editorial du blog AlumnEye