Qu’est-ce que le Transaction Services ? Interview d’un Analyste en TS en Big 4

Il n’est pas rare de voir des candidats passer par le Transaction Services avant d’aller en M&A ou en Private Equity. Réciproquement, alterner TS et M&A lors d’une césure est un schéma très classique. AlumnEye a voulu vous donner davantage d’informations sur le Transaction Services en interviewant un Analyste en TS dans un des 4 plus gros cabinets d’Audit et de Conseil (les fameux Big 4).

 

Peux-tu présenter ton métier d’Analyste en Transaction Services ? 

Mon métier, analyste en TAS (=Transaction Advisory Services) regroupe 3 grands départements au sein de mon cabinet d’audit, tous liés aux métiers de la transactions (cession, rachat ou autre opération). Ces trois départements sont les suivants :

  • Transaction Support : ce département accompagne le client lors de ses transactions sur les missions de due diligence comptable et financières. Les cabinets se positionnent soit à la vente soit à l’achat. Le but d’une mission est de produire un rapport exhaustif présentant et analysant les performances historiques de l’entreprise, les risques identifiés ainsi que les principales hypothèses du business plan. Le rapport présente également un EBITDA normatif, un BFR normatif ainsi qu’une dette nette qui serviront de base dans les négociations futures.
  • Valuation and Business Modelling : les professionnels de l’évaluation aident les clients à mettre en œuvre avec efficacité leur stratégie financière. Ce département réalise des estimations d’entreprises et d’actifs individuels lors de transaction ou simplement pour assurer leur compatibilité avec les exigences légales, commerciales ou comptables. Ce département assure également des conseils au niveau de la modélisation, pour permettre à leurs clients de prendre les bonnes décisions par la suite.
  • Restructuring : ce département donne des conseils et met en place des objectifs qui permettent d’assurer le bon déroulement de la réorganisation d’une entreprise, l’amélioration de la gestion de la trésorerie, les solutions à mettre en place lors de difficultés financières, ainsi que la vente ou l’achat d’actifs en difficultés.

De façon plus générale, le Transaction Services regroupe 2 grands types de missions :

  • Le Sell-side due diligence ou VDD (Vendor Due Diligence) concerne l’entreprise qui cède l’actif. Le but est d’établir un rapport sur les performances financières passées, avec une information traitée en profondeur, les problématiques étant traitées de manière critique. L’objectif est de délivrer de l’assurance pour l’acheteur et d’optimiser le prix de cession. Ce rapport est donc à destination des acheteurs.
  • Le Buy side due diligence concerne l’acheteur. Il se fait à l’acquisition, et se focalise sur des points plus précis, dans des délais plus court. Le but est d’identifier tous les risques financiers liés au rachat de la cible afin de pouvoir prendre une décision éclairée et de se prémunir sur certains points à l’aide de clauses spécifiques.

Afin d’appréhender ces différentes missions, il est indispensable de bien comprendre comment se déroule une transaction M&A, question très classique en entretien.

LA4  Lire aussi : Interview d’un Analyste en Transaction Services

 

Quel est le quotidien en Transaction Services concrètement ?

L’analyste en Transaction Services a pour mission de rédiger un rapport exhaustif contenant les éléments suivants :

  • Une revue du secteur et du business pour comprendre le modèle économique de l’entreprise considérée ;
  • Une analyse approfondie de la performance historique de l’entreprise ;
  • Le calcul de la dette nette et de l’EBITDA normatif (c’est-à-dire prenant en compte les ajustement des éléments non récurrents). Cet EBITDA sera notamment utilisé pour l’évaluation du prix d’achat ;
  • Le tableau de Cash-Flows ;
  • Une revue du Business Plan ;
  • Le calcul du BFR (=Besoin en Fonds de Roulement) moyen et du BFR normatif ;
  • Une clause d’ajustement de prix.

Les clients sont généralement soit des investisseurs financiers de type fonds de Private Equity, soit des investisseurs industriels, aussi appelés “Corporate”.

 

 

Quelles étaient tes motivations pour postuler à un poste en Transaction Services ?

Plusieurs facteurs m’ont encouragé à postuler en Transaction Services. Tout d’abord, le contexte stratégique des missions m’a fortement attiré. Le fait de travailler en équipe a aussi été un facteur important. Le Transaction Services, c’est aussi une porte d’entrée pour les fonds de Private Equity et les directions financières, au même titre que le métier de conseil en fusions-acquisitions.

On me demande souvent pourquoi faire du M&A et pas du TS ?

La différence par rapport à la banque, c’est qu’on va plus dans le fond des choses, le travail est plus technique, et on a davantage de travail en équipe, avec tout de même un respect du rythme personnel de chacun (les stagiaires ont leurs week-end !). Ce n’est donc pas tout à fait le même profil. Il y a aussi un avantage par rapport à l’audit selon moi, puisque je trouve ça personnellement plus stratégique, plus intéressant et plus orienté finance, sans parler des débouchés qui sont très différents.

Enfin, un autre avantage de ce poste dans certains Big 4 (PwC, Deloitte, KPMG, Ernst&Young) est qu’on nous offre la possibilité, au sein du cabinet, de faire à la fois des missions d’évaluation, de restructuration ou d’optimisation du BFR.  

LA4  Lire aussi : Le jargon de M&A expliqué

 

Quels sont les profils typiques des employés de ton équipe ?

Il y a deux façons de rentrer en Transaction Services :

  • Au niveau junior : avec la crise, les cabinets sont devenus beaucoup plus sélectifs en termes d’école et d’expérience préalable.
  • Au niveau expérimenté : il est possible d’obtenir un transfert en Transaction Services après quelques années en audit par exemple, qui constitue une bonne école pour ce type de métier.

 

Quelles sont les grandes problématiques contemporaines liées à ton métier ? 

  • Le Transaction Services en France souffre d’un recul global de l’activité. Il y a peu de dealflow, ce qui se traduit par moins de deal pour les équipes de Transaction.
  • On observe également un élargissement géographique des missions.
  • Il existe aussi dans le métier une problématique d’indépendance des CAC (Commissaires Aux Comptes). Un cabinet d’Audit ne peut pas à la fois être Commissaire Aux Comptes et Conseil pour une entreprise. Cela créerait un conflit d’intérêt qui mettrait le CAC dans une situation qui l’exposerait à des influences susceptibles de porter atteinte à son impartialité. Selon l’article Article L. 822-10 du Code de Commerce, “les fonctions du commissaire aux comptes sont incompatibles […] avec toute activité commerciale, qu’elle soit exercée directement ou par personne interposée.
  • Enfin, on remarque petit à petit un changement du paysage avec l’émergence de nouveaux acteurs. Auparavant, il n’y avait quasiment que les Big 4 sur le marché des Transaction Services. Désormais, on voit apparaître une concurrence d’experts indépendant qui gagnent des parts de marché. J’ai notamment en tête des noms tels qu’Eight Advisory et Accuracy, même si les Big 4 restent prédominants. Ces cabinets se disent plus indépendants car ils ne font que du TS et du Restructuring (vs les cabinets d’Audit qui font également de l’audit légal). Les rémunérations dans ces cabinets sont en général un peu supérieures. 

 

Merci beaucoup pour ces réponses, à très bientôt !

Si vous avez des questions additionnelles concernant le métier d’Analyste en Transaction Services, n’hésitez pas à les poser en commentaires, nous les ferons passer et les ajouterons en edit de cet article.

Retrouvez des informations sur les différents métiers sur le blog AlumnEye !  

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