Les grands échecs de l'histoire des LBOs

Crise des subprimes outre-Atlantique se muant en crise mondiale, crise européenne de 2011 : les déconvenues ont rythmé le marché des LBOs au cours de la dernière décennie. Ce marché connaît un retour en grâce, facilité en 2016 par des taux d’intérêts toujours faibles et des possibilités de financements multiples. Depuis le LBO à 24,9 milliards de dollars de DELL en 2013, le rachat de ADT Tops en 2016 pour 7 milliards est le deal le plus important en valeur. Ce dernier fait pourtant figure d’exception dans un marché désormais dominé par des deals d’une ampleur plus raisonnable : inférieure à 5 milliards de dollars. Dorénavant plus averses aux risques et soucieux d’éviter les dérives passées, les fonds de Private Equity (KKR, Blackstone ou TPG pour les plus connus) se concentrent principalement sur ces opérations de taille moyenne. Ainsi, le second LBO le plus cher de l’année – rachat de Team Health Holdings par Blackstone – était évalué à « seulement » 6,1 milliards de dollars.

Initiée à la fin des années 1980 et profitant de l’afflux de liquidité lié aux fameux « junk-bonds », la folie des LBO a vu se créer et se défaire des deals historiques qui ont bouleversé le marché par leur valeur, et ont contribué aux excès si médiatisés du monde de la finance. Ayant trop souvent suivi une logique de « the bigger the better », l’histoire a prouvé que les deals les plus importants en valeur n’étaient pas nécessairement des paris gagnants. Année de tous les records pour les LBO avec six deals dépassant les 20 milliards de dollars, 2007 a marqué l’histoire avec des opérations au sort pour le moins divers.

Mettant en lumière trois deals emblématiques, ce premier volet de notre dyptique sur les LBOs s’intéresse à certains des plus grands échecs de leur histoire, pour ensuite faire la part belle aux deals les plus réussis.

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RJR Nabisco, premier véritable méga-deal de l’histoire

Rendu mythique par le livre Barbarians at the gate, le rachat du groupe RJR Nabisco par KKR demeure le plus grand deal de l’histoire en valeur indexée sur l’inflation : 31,1 milliards de dollars en 1989, soit l’équivalant de 59 milliards actuels. RJR Nabisco est le récit d’une lutte financière intense aboutissant à la fusion de RJ Reynolds – poids lourd de l’industrie du tabac – et de Nabisco : leader sur le marché des gâteaux et chips. Le rachat par effet de levier de RJR Nabisco témoigne de la folie de Wall Street dans la décennie 80. Il demeure un échec majeur de l’histoire des LBO, dans lequel se sont embourbés les plus grands noms de la finance : Morgan Stanley, Goldman Sachs, First Boston, Wasserstein Perella & Co., Forstmann Little, et Merrill Lynch. L’offre initiale d’un groupe de cadres dirigeants de l’entreprise, en partenariat avec la banque Shearson Lehman Hulton, s’élevait à 75$ par action. Le deal fut finalement conclu pour 109$ par action, et ce en faveur de KKR.

Ayant reconnu par la suite que le fonds avait acheté RJR Nabisco à un prix bien trop élevé, KKR ne s’est finalement désengagé de son investissement qu’en 2004. Les souscripteurs du fonds comprenant RJR Nabisco n’ont alors bénéficié que d’un faible retour annuel de 10%; d’ailleurs principalement dû aux retours d’un autre LBO : Duracell. Si la réputation de KKR a grandement souffert de cet échec – le contraignant à revoir ses frais de gestion afin de garder ses investisseurs – le fonds demeure l’un des poids lourds du Private Equity.Véritable cas d’école synthétisant plusieurs clés nécessaires à la réussite d’un LBO, l’épisode RJR Nabisco souligne dans un premier temps l’importance du prix d’achat de l’entreprise. Face à la concurrence acharnée que se livrent les trois principaux acheteurs – le partenariat entre le management et Shearson Lehman Hulton, KKR, First Boston – les enchères ont rapidement pris le pas sur la raison, le prix final ne reflétant que partiellement la valeur réelle d’une entreprise qui, dans les faits, s’est révélée incapable de rembourser le montant de la dette souscrite. Dans le livre star, Ross Johnson déplore que les égos de Wall Street prennent le pas sur le sort de l’entreprise. Histoire de rivalités entre banquiers mythiques – Ted Forstman, Kravis, Roberts, Peter Cohen, Perella ou encore Wassertein – le LBO de RJR Nabisco est bel et bien emblématique.

L’échec de KKR souligne l’importance de la qualité du management d’une cible LBO et de la connaissance qu’a le fonds acquéreur du marché. Le choix hasardeux du nouveau management mis en place par le fonds – méconnaissant profondément le secteur des cigarettes – a contribué à la chute de RJR Nabisco. En effet, la perte de parts de marché sur ce secteur, accentuée après 1989, s’est faite au profit de Philip Morris ; réduisant les cash flows nécessaires au remboursement de la dette et forçant KKR à procéder à une première IPO dès 1991 ainsi qu’à de multiples refinancements.

Conséquence de l’importance des chiffres avancés à l’époque, ce LBO fut très médiatisé et a profondément impacté l’opinion publique, Wall Street ayant craint l’adoption d’une législation anti-LBO suite à l’opération. La presse a alors joué un rôle notable tout au long de l’opération et contribué indirectement à la victoire de KKR. La une du Times de décembre 1988, titrée « A game of greed : Has the buyout craze gone too far ? » asséna un rude coup à Ross Johnson. En publiant des documents relatifs aux accords signés par le management, le papier a très fortement écorné l’image du CEO de RJR Nabisco. Mentionnant notamment un parachute doré de plus de 100 millions de dollars pour Johnson, l’article marqua un tournant dans la conquête de RJR Nabisco. Suite à cette épisode, l’opinion publique s’est violemment retournée contre le personnage, ainsi que le comité en charge d’arbitrer les enchères; prenant alors officieusement parti en faveur de KKR et First Boston. A ce titre, l’offre finale de Johnson de 112 dollars par action fut rejetée, au profit de celle de KKR pourtant moins élevée (109 dollars, avec toutefois une dette mieux structurée).

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TXU, du Buyout à la banqueroute

Avec un retour d’environ 3 à 5% – loin des 35% habituels de TPG –  le LBO de TXU Corp par un consortium composé de TPG, KKR et Goldman Sachs Capital Partner, constitue la plus grande faillite non-financière de l’histoire. Evalué à 44,4 milliard de dollars en 2007 – soit le plus gros deal de l’histoire en valeur nominale –  le cas TXU illustre l’incertitude liée aux entreprises sous LBO. Conclu en 2007 à une époque où les financements abondaient, l’investissement dans TXU Corp – premier opérateur de centrales électriques au charbon du Texas – répondait à une logique d’apparence inébranlable pour l’entreprise. Nombre d’analystes affirmaient que la chute des prix du gaz naturel n’était que temporaire, et que leur remontée assurerait les profits liés à la production d’électricité au charbon. Contre toute attente, le prix de l’or noir a poursuivi sa hausse pendant sept ans, allant de pair avec une réduction des prix du gaz naturel, fatale à TXU (devenue Energy Future Holdings) alors incapable de rivaliser et amenée à la faillite en 2014.

Autre cas d’école, l’échec de TPG, KKR et Goldman Sachs Capital Partner démontre qu’un levier (rapport dette/capitaux propres) trop important peut s’avérer insoutenable. Une entreprise de taille considérable peut alors se voir incapable de rembourser ses créanciers. L’excès de confiance des sponsors financiers quant à l’évolution du marché est une autre clé de compréhension de cet échec. Hypothèse pourtant irréaliste à l’époque (selon les analystes et les modèles mathématiques), la chute du prix du gaz a mis à mal les projections des investisseurs. De fait, ce véritable bouleversement du marché de l’énergie a conduit le projet de LBO à sa perte.

 

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Caesars Entertainment, victime de la crise de 2008

Rachetée par Apollo Global Management et TPG Capital en 2006 pour 27,4 milliards de dollars, la chaîne de casinos Caesars Entertainment est l’un des plus grands échecs de l’histoire du Private Equity. A l’instar de TXU, c’est une victime directe de la conjoncture. Ayant déclaré faillite, elle a été contrainte à suivre un plan de restructuration ; obligeant Apollo à céder une grande partie de son capital engagé afin de rembourser les détenteurs d’obligations senior. Caesar Entertainment illustre comment la crise de 2008 a mis à mal certains LBO qui paraissaient si attractifs.

La crise de 2008 a porté un sévère coup à l’industrie du jeu et du tourisme ; d’où la chute d’activité de Caesars. La baisse générale du pouvoir d’achat de la population américaine a considérablement réduit le chiffre d’affaires du groupe. De plus, point commun à la plupart des méga deals pré-crise, le très fort taux d’endettement de Caesars – ratio Debt/EBITDA passé de 4.7x pré-LBO à 8x post-LBO – est devenu insoutenable pour le groupe incapable de rembourser ses créanciers. Ainsi, en cas de bouleversement économique majeur, un levier trop important peut mener une entreprise à sa perte.

 

Preuve que les deals gigantesques ne sont pas forcément des paris gagnants et que des industries en apparence solides peuvent se révéler être de périlleux investissement, TXU, Caesars Entertainment et RJR Nabisco sont l’héritage d’un emballement pour les LBO et des dérives de Wall Street prévalant avant 2007. Considérés comme des échecs à part entière – TXU dans une autre mesure que RJR Nabisco et Caesars Entertainment – ces transactions ne doivent pas occulter le succès retentissant d’autres LBOs. Ainsi, le second volet de notre dyptique passera en revue d’incontestables réussites ayant marqué l’histoire de la finance par leurs montants records.

Andrea Bossetti, étudiant à PSB et contributeur du blog AlumnEye


M&A : vers une concentration du secteur bancaire allemand ?

Pour Deutsche Bank, le bilan des déboires avec le Département de la Justice américain est terrible. En bourse, le groupe a perdu plus de 50% de sa valeur depuis le début de l’année 2016. Sa capitalisation boursière est désormais inférieure à 15 milliards d’euros, soit un peu plus du quart de celle de BNP Paribas. Sa taille boursière ne la place plus qu’au 15e rang européen, alors qu’elle comptait parmi les premières banques mondiales il y a à peine 30 ans. En conséquence, le PDG de la banque, John Cryan, n’a eu d’autre choix que d’annoncer un vaste plan de restructuration, qui comprend notamment la fermeture d’un tiers des agences du pays. Chez la deuxième banque d’Allemagne, la situation est similaire. Commerzbank a ainsi récemment annoncé le licenciement de plus de 9000 collaborateurs. En réponse à ces turbulences, beaucoup d’observateurs ont souligné la possibilité d’une fusion entre les deux groupes. Cependant, malgré des discussions effectives entre les dirigeants, l’opération semble invraisemblable tant les bilans des deux institutions apparaissent profondément fragilisés par des années d’errements stratégiques. Plus généralement, ces deux établissements reflètent un secteur bancaire allemand fragilisé. La concentration apparait alors comme le remède à administer à une industrie morcelée et en perte de vitesse.

 

Quelle structure pour le tissu bancaire allemand ?

Les vicissitudes de la Deutsche Bank ont eu pour effet de braquer tous les projecteurs sur l’Allemagne. Dans le pays de Goethe, la très grande concentration du marché bancaire est à nouveau pointée du doigt.

Pour bien comprendre la chute du géant Deutsche Bank, il faut s’intéresser aux caractéristiques du marché rhénan ; notamment au phénomène de surbancarisation de la banque de détail. Malgré d’importantes concentrations dans les années 90 (le secteur comptait 4582 banques en 1990), on dénombre encore aujourd’hui plus de 2000 établissements bancaires dans le pays (soit 24% des banques de l’Union Européenne), contre seulement une vingtaine en Espagne. Or ces banques affichent parmi les plus faibles marges du secteur en Europe, avec un ratio d’exploitation moyen de 73%, contre 64% dans le reste de la zone euro, selon l’agence de notation Moody’s.

La deuxième caractéristique du marché bancaire allemand, c’est son architecture tripartite lui ayant permis de survivre à la crise financière de 2008. En effet, coexistent Outre-Rhin trois types d’établissements. Des banques privées, des banques publiques – à la fois des caisses d’épargne (Sparkassen) et des banques régionales (Landesbanken) – et des banques coopératives (Genossenschaftsbanken). Mais ce système fait aujourd’hui face à un nouveau défi : s’adapter aux changements réglementaires qui façonnent une nouvelle architecture prudentielle. Pensons notamment à Bâle IV, qui vise à restaurer la stabilité du secteur financier européen. En effet, de nombreuses banques allemandes ont longtemps prêté à des taux inférieurs aux taux de marché, en refinançant des expositions longues sur des maturités courtes : un business model qui a volé en éclats pendant la crise. En septembre dernier, Pascal Ordonneau – ancien dirigeant de HSBC – critiquait le système bancaire régionalisé allemand et rappelait « la trop grande dépendance des banques allemandes aux activités de crédit et d’assurance-vie »; des banques fragilisées par la politique monétaire ultra-accommodante menée par la BCE.

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Une vague de concentrations à prévoir outre-Rhin ?

Plusieurs types d’opérations sont en effet à anticiper dans les mois à venir; même si une restructuration du marché semble nécessaire ex ante afin de convaincre de grands groupes bancaires de prendre position en Allemagne.

Premièrement, pensons à des opérations horizontales qui viseraient notamment à faire émerger des leaders au sein de Länders dominés par les traditionnels Landersbanken publiques. Par ailleurs, le rachat de petites structures bancaires régionales par de grands groupes industriels n’est pas à exclure. Alors que le spectre d’une remontée des taux américains menace, le rachat d’une banque permet en effet aux entreprises de se prémunir contre le risque de change, mais aussi de sécuriser leurs accès à des financements pour leur compte ou pour celui de leurs fournisseurs, grâce aux liquidités de la BCE. Si, en 2014, Airbus faisait ainsi l’acquisition de la Salzburg München Bank, Siemens, Daimler, BMW et Volkswagen possèdent également leurs propres banques.

Enfin, il s’agirait d’opérations pan-européennes car les banques du vieux continent – françaises en tête – ont accumulé des liquidités et assaini leur situation. Des rapprochements pourraient notamment à nouveau intervenir entre les secteurs bancaire et assurantiel. En témoigne le projet de rapprochement entre la Mutuelle Générale et MGEN. De nombreuses banques européennes s’intéressent aux banques allemandes, qui bénéficient de larges réseaux clients et d’une bonne connaissance des marchés d’Europe centrale et de l’Est.

Les acteurs de la banque privée ne sont, quant à eux, pas en reste. Plus que jamais, ils recherchent une taille critique leur permettant de réaliser les investissements nécessaires afin de faire face aux nouvelles réglementations et évolutions du secteur. Selon une étude récente du cabinet McKinsey, la taille critique en banque privée est aujourd’hui évaluée autour de 10 milliards d’euros, contre 5 milliards en 2007.

Trois des principales banques françaises – BNP Paribas Société Générale et le Crédit Agricole – sont d’ailleurs durablement implantées en Allemagne. En ce sens, la récente nomination de Lutz Diederichs à la tête de BNP Paribas Allemagne atteste de l’importance d’un marché sur lequel le groupe vise entre 5 et 10% de croissance pour 2017. Cependant, si le gouvernement allemand voit d’un bon œil l’arrivée des banques françaises sur son marché, les voix ne sont pas toutes aussi concordantes au sein de la BCE. Quelle posture adopterait-elle face à l’émergence d’un mastodonte bancaire européen ? A titre de comparaison, le bilan cumulé de la Deutsche Bank (1621 milliards d’euros) et de BNP Paribas (1987 milliards), Crédit agricole (1526 milliards) ou de Société Générale (1326 milliards) dépasserait largement le PIB français comme allemand (s’élevant respectivement à 2181 et 3032 milliards d’euros en 2015). De surcroît, les exigences de fonds propres posées par les futures règles prudentielles – dites de Bâle IV – risquent de freiner les banques françaises, qui n’ont par ailleurs aucun intérêt à venir secourir leurs homologues allemandes.

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Les prochains mois seront décisifs pour le secteur bancaire allemand. Le renforcement annoncé de Francfort en centre financier du vieux continent pourrait notamment doper des rapprochements entre banques commerciales et/ou banques privées. Les rumeurs vont bon train depuis l’annonce du Brexit. A en croire les informations relayées par Reuters, plus d’une cinquantaine d’établissements, dont Goldman Sachs, songeraient à s’installer sur les bords du Main.

 

Article réalisé par la rédaction d’AlumnEye


HireVue et l’entretien vidéo en banque d’investissement : mode ou futur standard dans le recrutement ?

Barclays s’est positionné en pionnier l’an dernier en implémentant des entretiens vidéos. Les entretiens de la banque retail de JPMorgan utilisaient déjà HireVue, ce process couvre désormais aussi la banque d’affaire du groupe. Enfin, le Financial Times a annoncé il y a quelques mois que Goldman Sachs se joignait au mouvement cette année. Candidats aux Summer Internships ou Graduate Programs des anglo-saxonnes, lisez attentivement. Cela vous évitera, peut-être, surprises et balbutiements face à votre webcam.

 

HireVue, qu’est ce que c’est ?

Une plateforme digitale qui se substitue progressivement aux premiers tours classiques des entretiens conduits par les banques d’investissement. Concrètement, comment cela fonctionne-t-il ? La question apparaît sur votre écran, vous disposez d’un temps limité pour la lire puis y répondre face à votre caméra. Attention, vous ne pourrez pas réengistrer votre réponse ! Le scénario le plus vraisemblable se décompose en deux étapes. Il vous sera d’abord demandé de vous présenter et exposer votre motivation – sorte de Cover Letter verbalisée – ou de répondre à quelques questions générales. Une fois cette étape éliminatoire franchie, place à un entretien plus structuré. Des questions plus précises vous seront alors posées via cette même plateforme.

Cependant, Hirevue ne se résume pas qu’à des questions préenregistrées… Le système est doté d’une intelligence artificielle compilant et analysant les réponses de chaque personne à partir des réponses des précédents candidats. Les réponses sont alors décortiquées à la lumière des caractéristiques repérées chez les meilleurs. Respiration, vocabulaire, mouvements oculaires, débit, valence, niveau de stress dans la voix, … La liste est longue. Plus de 15 000 traits sont potentiellement identifiables chez les top performers. Les candidats n’ont d’ailleurs conscience que de peu de ces éléments durant leurs entretiens ; HireVue les analyse tous.

 

Pourquoi les banques ont-elles choisi la vidéo ?

On connaissait les processus de recrutement anglo-saxons pour leur objectif affiché d’objectivité et de non discrimination. L’adoption de HireVue s’inscrirait dans cette démarche. Officiellement, les changements permettent d’élargir le panel de candidats interviewés pour deux raisons. D’une part, ce système ne requérant a priori pas d’employés pour conduire l’interview, davantage de candidats peuvent passer l’entretien. D’autre part, les talents ne provenant pas des fameuses target schools voient leurs chances rehaussées en l’absence supposée de biais lors de l’interview. Il est en effet plus probable qu’un candidat ayant suivi un parcours similaire à l’interviewer, développe avec lui des affinités particulières, augmentant ses chances de succès (mêmes centres d’intérêts, associations, connaissances, …).

Ne vous leurrez pas, l’adoption de HireVue obéit essentiellement à une logique financière simple. Les banques cherchent à économiser temps et argent dans le recrutement de leurs juniors. On touche ici du doigt une contradiction fondamentale des banques. Chacune promeut une culture, soi-disant unique, axée autour d’un socle de valeurs. Cependant, en cherchant à recruter des candidats animés par ces mêmes valeurs, les firmes introduisent d’elles-mêmes un biais dans le processus de sélection ! Le fameux biais humain que leurs stratégies de communication décrient est bel et bien présent dans le processus ; et le restera. C’est simple, les seconds tours d’entretiens – même téléphoniques – les assessment centers, et événements de networking demeurent des piliers des processus anglo-saxons. Les entretiens de fit visent à discerner les futurs collaborateurs avec lesquels il fera bon travailler et interagir ; la sacralisation d’un algorithme impartial est donc vite oubliée !

Enfin, la méthode initiale de sélection choisie par les banques n’influera pas sur la réussite des meilleurs candidats qui tireront toujours leur épingle du jeu jusqu’aux assessment centers.

 

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Usez de bon sens et n’oubliez pas les fondamentaux 

L’adoption de HireVue par les banques ne bouscule finalement pas les conseils qu’on ne répète jamais assez. Gardez en tête de formuler des réponses structurées – clin d’œil ici au fameux modèle STAR – tout en veillant à votre body language. Pour autant, ce nouveau mode de sélection implique des recommandations spécifiques qu’il est bon de mentionner.

 Entraînez et enregistrez-vous
Familiarisez-vous avec l’exercice, qui est tout sauf naturel. Mieux vaut vous entraîner et vous enregistrer avec votre webcam avant, afin d’être conscient de l’image que vous renvoyez. Comment vous exprimer, vous comporter, interagir avec, et face, à la caméra ? Autant de questions qu’il faut vous poser avant de passer de l’autre côté de l’écran.

Pour réussir, préparez-vous
Une préparation exhaustive et complète reste de rigueur pour se mesurer à la sélectivité implacable en banque d’investissement. Moins de 2% des candidats décrochent un summer internship. Avec ou sans HireVue, un candidat mal ou peu préparé bafouillera, tournera autour du pot, ne contrôlera pas son débit… Et surtout, ne maîtrisera pas le fameux story telling, cruellement indispensable à la réussite des entretiens de fit.

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Ne devenez pas fade ni antipathique
Certes, vos réponses doivent être claires et structurées. Mais, l’épreuve que vous passez reste un entretien au cours duquel votre objectif est de vous vendre ! Vous vous adresserez à un ordinateur, mais devrez tout de même exploiter au mieux vos talents de communiquant. Usez du story telling précédemment évoqué, pour faire ressortir votre personnalité, car la forme de vos réponses aura autant d’importance que leur fonds.

Même chez vous, respectez le dresscode
Si l’algorithme évaluera votre débit ou votre vocabulaire, il prendra aussi peut-être en compte la façon dont vous êtes habillé. Pas de place pour le laisser aller et l’excentricité : habillez-vous comme si vous vous rendiez au siège londonien de la banque qui vous interview. Vous ne vous rendriez pas au siège de Goldman Sachs en t-shirt…

 

Une sélection de tips de candidats ayant réussi

Au delà de ces considérations théoriques, voici un aperçu pratique de ce qui vous attend et les recommandations de ceux qui vous auront précédé, devant leur webcam.

La principale difficulté réside dans le manque d’humanité : « impossible de créer de lien avec un RH ou opérationnel comme on le ferait normalement dans un 1st round, et impossible de préciser, ou de revenir sur une réponse ». C’est « assez difficile d’avoir l’air enthousiaste à propos d’un poste quand on se parle à soi-même pendant une interview… ». Vous ne bénéficiez par ailleurs pas de feedback en direct, et voir les secondes s’écouler sur le timer constituera un facteur additionnel de stress. « On se retrouve souvent à court de temps à la fin de la question et on bâcle donc la dernière partie. L’autre risque, c’est d’être conscient de ce problème et donc anticiper et être expéditif au début et « meubler » sur la fin ».

Cependant, choisir son horaire d’entretien et le réaliser chez soi peut mettre davantage en confiance. Pour autant ne soyez pas trop à l’aise : trouvez un juste milieu. Vérifiez la posture, l’angle de prise de vue, le son. La préparation se doit d’être encore plus poussée pour ne pas perdre vos moyens face à une question – de surcroît si elle vous surprend. « Mon conseil serait donc d’essayer de paraître le plus naturel possible sur la vidéo, bien préparer les questions et apprendre ou au moins maîtriser ses histoires pour pouvoir les redire devant la caméra sans donner l’impression de lire ».

« Pour préparer au mieux ce type d’entretien, le mieux c’est de récolter les questions déjà posées autour de soi, préparer les réponses (et ne surtout pas les rédiger, mais se contenter de faire des bullet-points qui serviront d’aide-mémoire). Pendant que la vidéo défile, une fois qu’on repère de quelle question il s’agit, on se remémore les points clés de la réponse qu’on aura préparée et on se met en condition pour répondre ».

 

Une chose est sûre,s’il fait ses preuves, ce virage technologique prendra une importance croissante dans les processus de recrutement. Goldman Sachs a déjà implémenté des nouveautés dans son organisation. Une campagne Snapchat à destination des universitaires américains a été lancée fin 2015 ; un « career quiz » disponible sur le site de la banque, s’apparentait à un test de personnalité censé évaluer le succès professionnel des candidats. Ces derniers devront, certes, faire avec ces innovations, mais aussi garder en tête les fondamentaux leur permettant de décrocher l’offre pour lesquels ils triment. Affaire à suivre, donc.

Marine Cocaud, étudiante à l’EDHEC et contributrice du blog AlumnEye


Brexit : quel(s) impact(s) pour les Summers et Graduates ?

Le Brexit a fait la une des medias et continue d’agiter les sphères politique et économique. David Cameron, dans son discours de démission, rassurait tièdement les ressortissants européens : “There will be no immediate changes in your circumstances”, promettait-il. Quant aux établissements basés au Royaume-Uni, ils s’efforcent encore de rassurer investisseurs et salariés.
Nombre d’étudiants nous ont fait part de leurs inquiétudes : Le Brexit sonne-t-il le glas des Springs, Summers ou Offcycles Londoniens ? A quoi faut-il s’attendre en entretien et comment se préparer au mieux ?… Candidats, voici le moment de faire un point sur la situation. Le caractère récent et urgent des événements ne permet de dégager que peu de certitudes, suivez donc assidument l’actualité politique et économique. Voici les perspectives qui se présentent aux futurs Interns.

 

Etat des lieux : certitudes et projections, que sait-on ?

Quelle organisation après l’UE ?

De nombreux modèles existent mais ne correspondent pas aux exigences des deux parties, d’où la nécessaire négociation d’un nouvel arrangement. Les défenseurs du Brexit devront se montrer diplomates : le libre accès au marché commun qu’ils entendent conserver est inconciliable avec leur refus de la liberté de circulation.
Une option, développée notamment par Rupert Harrison – ex-conseiller au Trésor Britannique désormais chez Blackrock – reposerait sur un EEE (Espace Economique Européen) amélioré. Il s’agirait, pour le Royaume-Uni, de jouir d’un meilleur contrôle de l’immigration, mais au prix d’un accès plus restreint au marché commun.

La question du passporting : les institutions domiciliées au RU seront-elles toujours autorisées à opérer dans l’UE ?

En l’absence de certitudes sur cette donnée politique, que penser des déclarations des banques ? Le Brexit risque de mener plusieurs établissements anglo-saxons à déménager tout ou partie de leurs équipes hors de Londres pour les relocaliser en Europe, ceci afin de continuer à opérer avec leurs clients européens. Les rumeurs et leurs démentis immédiats avaient fait la une des medias suite à l’annonce du résultat du référendum : « Morgan Stanley n’a pas d’espaces de bureaux loués d’avance à Francfort ». Teinté de pessimisme, un document interne de Deutsche Bank soulignait le “first mover advantage” dont jouirait les premières institutions à agir. Affaire à suivre, donc.

Quelle place pour la City dans la lutte de pouvoir pour le leadership financier ?

La légitimité de Londres en cœur opérationnel serait remise en cause, notamment en cas de révocation de ce passporting. Cette position de base arrière oubliée, les institutions seraient tentées d’opérer un pivot stratégique vers les places de Paris ou Frankfort. A titre d’exemple, Londres exerce un rôle clé dans le clearing. L’an dernier, le Royaume-Uni avait triomphé en justice face à la BCE qui souhaitait imposer que l’euro-denominated clearing ne soit exercé qu’au sein de la zone euro. Qu’en serait-il désormais ? En sous-jacent se trouve, vous l’aurez compris, la lutte larvée pour le leadership financier européen : la donnée politique est partie intégrante du problème. Des personnalités clés – tel Gérard Mestrallet, président d’Europlace – sont déjà montées au créneau et voient dans le Brexit un tremplin pour renforcer la place de Paris.

Une chute de la proportion de non-britanniques recrutés ?

Les banques – Goldman Sachs en tête, avec un don à 6 chiffres – affichaient un soutient sans faille au camp du “remain” durant la campagne référendaire. Gary Cohn – Président de la branche IB et COO de Goldman Sachs – déclarait d’ailleurs au Forum Economique Mondial de janvier : “It is imperative for the U.K. to keep the financial-services industry in the U.K.” ajoutant “I don’t know what would replace that industry. » Concrètement, les banques s’opposent à une restriction des candidatures, consécutive à l’implémentation d’une réglementation migratoire plus restrictive. Cela reviendrait à se priver d’excellents candidats, quand les plus prestigieuses brandissent l’excellence et la diversité en valeurs.

Quel sera le sort des ressortissants européens résidant au RU ?

L’incertitude reste pesante pour ces 3 millions de ressortissants, parmi lesquels on compte 11% des employés de la City ! Pour autant, à en croire les déclarations des responsables politiques européens, cet aspect ne s’avèrerait pas problématique. Theresa May assurait vouloir garantir les droits de ces ressortissants, en échange de garanties similaires pour ses compatriotes expatriés dans l’UE. François Hollande déclarait alors, non sans humour, que les britanniques pourront passer autant de temps qu’ils le souhaitent dans l’hexagone.

Point annexe

Une course aux accords commerciaux sera lancée dès la sortie effective du Royaume-Uni. L’activation de l’Article 50 du traité de Lisbonne déclenchera des discussions dont la durée est fixée à 2 ans. Theresa May souhaite repousser ce moment clé à la fin de l’année ; délai d’ores et déjà approuvé par la chancelière allemande. Les opérationnels qualifiés y verront une opportunité de choix : le dernier accord commercial négocié par le Royaume-Uni remonte au début de la décennie 70 ! Ainsi, banquiers, conseillers en stratégie, comme avocats : préparez-vous, les chasseurs de têtes sont aux affuts outre-Manche !

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Candidats aux Summer Internships, quel sera votre sort ?

A court terme, le Brexit n’a qu’un impact limité sur la promotion de stagiaires 2016 en Summer Internship dans les grandes banques (les embauches étant décidées fin août). Afin de vous permettre de vous projeter davantage, voici le feedback de deux insiders, Summer Interns AlumnEye dans une banque du top 3.

Le témoignage d’un Summer Intern S&T

« Dans les séances de questions-réponses, le sujet était récurrent, essentiellement au début du Summer. Aucune visibilité à court ou moyen terme, donc aucun changement de prévu. La banque souhaite conserver son implantation et ne serait poussée à agir que si la situation devenait handicapante pour le business. Quant au changement géographique : officiellement rien, officieusement personne ne sait rien. Le papier de Deutsche Bank qui a fuité n’a fait aucune vague.
On parle beaucoup moins du Brexit 6 semaines plus tard, et pour un Intern, le floor ne constitue pas un repaire de gossip. C’était LE sujet de discussion entre desk et Intern au début, ça l’est moins. L’ambiance était tendue début juillet du fait de la grande agitation, mais le floor est beaucoup plus calme depuis. Bémol tout de même pour ceux qui ont une maison ou des actifs UK et la moins value qui les a frappé… »

Le récit d’un Summer Intern IBD

« En interne, on a tous reçu un voicemail du CEO mentionnant le « non changement » du business, le texte a été repris mot pour mot dans la presse. Le flou domine, donc. Le Brexit reste une source de préoccupations : en rendez-vous client, c’était la première question posée au VP (rapidement évacuée, d’ailleurs).
Concrètement, le travail n’est que peu marqué par le Brexit, exception faite de la dizaine de slides en provenance d’ECM sur son impact, insérées au début de chaque pitch. Quelques opérations ont été postponées (aussi bien M&A que IPO), mais certaines sont déjà de nouveau on track, les discours alarmistes des premiers jours placardés dans les journaux sont déjà loin derrière nous. »

En somme, peu de certitudes, encore une fois. Certes, les marchés ont été plus chahutés que l’IB. Pour autant, les Summer Interns n’ont ressenti l’onde de choc du Brexit que de très loin : pas de bouleversements significatifs donc, sur le travail qui vous attend l’an prochain.

LA4Lire aussi : Le Summer Internship : pourquoi, quand, comment ?

 

Que faire donc pour vous préparer en vue d’un Summer ?

Les processus de candidature vont rester rigides sur le plan du calendrier et débutent déjà, selon les banques, pour les Spring, Summer Internships, Graduates, voire Offcycles.
Par ailleurs, ces process resteront très structurés avec plusieurs étapes d’écrémage et différentes dimensions (fit bien sûr, mais aussi technique ou encore logique avec les fameux tests numériques). 

                RAPPEL :

  • Application online (informations personnelles, CV, essays à rédiger, tests numériques…)
  • Phone interview (fit)
  • Assessment Center (fit, brainteasers, technique)

La compétition n’a jamais été aussi forte, notamment en Investment Banking. Sur les 267 000 candidats 2015 aux Summer Internships recensés par Goldman Sachs (soit une hausse de 40% par rapport à 2012), moins de 3% ont reçu une offre. Il est ainsi plus probable d’être admis à Harvard (5,3%) ! Ainsi, le Brexit ne doit avoir aucun impact sur votre préparation. Assidue et complète, elle est certes exigeante, mais indispensable si vous souhaitez vous mesurer à cette sélectivité implacable.
Pour autant, la géographie des stages est conditionnée aux probables déménagements d’équipes évoqués en début d’article. Affaire à suivre donc : Dublin ou Paris étant des destinations considérées. A moyen terme la question des visas de travail des ressortissants européens non-britanniques se posera si un accord n’est pas négocié entre Londres et l’UE.
Toutefois, le nombre de juniors embauchés chaque année ne variera probablement pas. Enfin, en l’absence de certitude sur cette donnée politique, les Summer Internships asiatiques peuvent représenter une alternative de choix pour les candidats.

Vadémécum d’un aspirant Summer Intern  

    • Garder en tête que la sélectivité des process de recrutement tend à s’accroitre, et ce, indépendamment du Brexit !
    • Se tenir au courant de l’actualité (Brexit bien sûr : déroulement des négociations, annonces des banques, … mais pas uniquement)
    • Être prêt à répondre, de façon intelligente, à une question sur le Brexit sans pour autant rentrer dans des considérations politiques, ni pondre un exposé indigeste (comme à chaque question, bien entendu, mais les candidats tendant à l’oublier lorsqu’ils perdent leurs moyens et sont pris au dépourvu…).

Marine Cocaud, étudiante à l’EDHEC et contributrice du blog AlumnEye


Comment j’ai décroché deux Spring dans des anglo-saxonnes sans école cible 

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Postuler lorsque l’on ne vient pas d’une école cible : rien à perdre mais tout à gagner!

Avant de détailler un peu plus le processus de recrutement ainsi que quelques conseils à suivre, il est important de lever un point tabou : le gap existant entre les candidats venant d’écoles cibles et les autres. N’ayant pas effectué de classe préparatoire, un très long chemin m’attendait dans ma quête. Ce dont il faut avoir conscience est que, que ce soit pour un Spring ou un Off-Cycle, un étudiant sans école cible part systématiquement avec un gros désavantage vis-à-vis des recruteurs. Ceci peut être perçu comme ‘injuste’ mais c’est comme ça et il faut savoir l’accepter. Dans cette optique, deux solutions : soit l’on continue à se lamenter sur sa situation en attendant qu’un miracle se produise, soit on agit. 200px-Citi.svg

Lorsque j’ai commencé à postuler aux Spring, je m’étais mise en tête que je n’en obtiendrais sûrement aucun mais que cela constituait un excellent entrainement et une bonne familiarisation avec le système afin de préparer ma césure. Résultat : une quinzaine de candidatures avec certes beaucoup de refus mais également deux offres dont une dans le top five. Alors oui, j’ai perdu du temps pour plusieurs banques, oui j’ai consacré une partie de mes soirées à remplir des dossiers de candidature qui n’ont sûrement jamais été lus, mais cela m’a amené à deux opportunités que jamais je n’aurais pensé pouvoir obtenir il y a encore six mois. Plus les candidatures passaient, plus le process devenait routinier pour moi. La preuve en est que les deux banques m’ayant faites une offre font partie de mes candidatures en Spring les plus récentes. Ironiquement, cette expérience m’a également appris à encaisser les refus et à ne surtout pas me décourager. Je peux affirmer que les heures consacrées à postuler en Spring ont constitué un très bon entraînement pour mes futures candidatures en Summer. J’ai fait de nombreuses erreurs que je ne referai plus et ceci me permettra plus tard de gagner un temps précieux.

 

DB-LOGOAu final, ce frein qui me ralentissait au début s’est transformé en véritable force : l’expérience que j’ai pu acquérir en trois ans d’école de commerce fut un réel atout pour mes entretiens (expériences à l’étranger, associatives, stages, etc). Il est certes très incertain de réussir à décrocher un Spring ou un Summer venant d’une école non cible, mais il est certain de n’en décrocher aucun si l’on ne postule pas. Je ne peux donc que conseiller de tenter l’aventure!

 

Qu’est ce qu’un Spring Internship?

Comme décrit dans un article récent du blog Alumneye, le Spring Internship est un programme de ‘découverte’ organisé par plusieurs banques d’investissement. Il permet à l’étudiant d’y découvrir différentes divisions mais offre également plusieurs opportunités de networking. Ce dernier se déroule à Londres et peut durer une à deux semaines selon l’institution.mslogo

LA4Lire aussi : Spring Internship, Spring Insight : Mode d’Emploi

 

Initialement destiné aux étudiants anglais de première ou deuxième année, il est cependant possible pour des étudiants français de Master d’y accéder à condition que le candidat reçoive son diplôme deux ans après l’année durant laquelle se déroule le Spring. Ce point est essentiel pour les recruteurs : un étudiant postulant pour un Spring en 2017 pourra potentiellement effectuer un Summer en 2018 puis un Graduate en 2019.Card Type: Job Number: Group Name: BAC_Merrill Lynch Sector: BAC_Core Group Code: BAC Plastic Type: Image ID (PictureCard Only): UG ID (Ultragraphix Only):

La majeure partie des participants proviennent des meilleures écoles du Russell Group (Cambridge, UCL, & co) et les seuls français y accédant sont généralement issus d‘écoles dites ‘cibles’. Cependant, mon exemple montre qu’il est tout à fait possible, même lorsque l’on ne vient pas d’une ‘target school’, d’obtenir une place au sein de ces programmes à condition de s’y préparer correctement.

 

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L’intérêt crucial du Spring

Beaucoup moins connu en France que les Summer ou les Off-Cycle, les Spring constituent pourtant un atout majeur : ils peuvent permettre à un étudiant d’être ‘fast-tracked’ et donc d’accéder directement au Summer de l’année suivante avant même l’ouverture du processus de sélection classique. En effet, à la fin de la semaine, certains participants seront sélectionnés pour un Assessment Centre. Ce point est un attrait majeur du programme puisque, même si la compétition y est sévère, il reste néanmoins beaucoup plus accessible que le Summer : il nécessite moins de préparation technique et est davantage axé sur le fit.1358356681172.cached

Participer à un Spring est également une bonne opportunité d’obtenir plus de visibilité sur les différents métiers ainsi que sur la culture de la banque. De plus, il représente une excellente source de networking puisqu’il permet de rencontrer différents opérationnels et RH. Enfin, et ce particulièrement lorsque l’on ne vient pas d’une école cible, il constitue un atout majeur sur le CV lorsque l’on postule pour des Off-Cycle. Parvenir à obtenir un Spring donne plus de crédibilité à notre candidature et peut plus facilement contrebalancer l’absence d’un nom de ‘target school’ dans notre dossier.

 

Le processus de recrutement

La première étape du processus consiste à remplir un formulaire en ligne assez détaillé. Bien que longue, cette étape ne doit surtout pas être négligée et doit être traitée de la manière la plus exhaustive possible. En effet, si votre test numérique s’avère être correct, c’est cette partie là qui peut faire la différence et constituer une valeur ajoutée à votre candidature. Il ne faut donc pas hésiter à donner le plus d’informations pertinentes sur son parcours académique et professionnel. Il est également conseillé de préparer à l’avance et avec précaution des réponses rédigées sur nos motivations, expériences, et sujets d’actualité liés à la division pour laquelle on postule.Credit-Suisse-cs-stock

La seconde étape réside en un test numérique. Concernant ces tests, tout est une question d’entrainement : ce n’est qu’avec la pratique que l’on commence à voir des résultats. Il est effectivement très rare de bien réussir son premier test. Pour remédier à cela deux solutions : soit trouver des entrainements en ligne, soit commencer par les banques que l’on désire le moins.

LA4Lire aussi : Le Spring Internship : cinq membres du réseau AlumnEye racontent leur expérience

 

Barclays_1315929Enfin, la dernière étape du processus réside en un ou plusieurs interviews pouvant prendre différentes formes : téléphoniques, vidéos, etc. Ces entretiens ne sont généralement pas interactifs et comportent des questions prédéfinies sur ses motivations et expériences. Il est essentiel de les préparer à l’avance car il serait vraiment dommage de se faire éliminer à ce niveau du processus. Il est donc fondamental de préparer des éléments de réponse sur la banque, la division, ses motivations, ses expériences (professionnelles, associatives), etc. Il est aussi utile de s’entrainer à répéter plusieurs fois à l’oral ces éléments de réponse afin de parler de manière fluide et compréhensible au moment de l’interview. Il est nécessaire de montrer au recruteur un anglais correct, ce qui requiert un temps de préparation.

 

Conseils clés :

  1. Postulez le plus tôt possible : premier arrivé premier servi ! La plupart des candidats sont sélectionnés avant la deadline des applications. Soyez donc aux aguets entre mi-août et mi septembre.

 

  1. Si vous en avez la possibilité, assistez aux différents ‘Insight Day’ organisés par les banques (généralement courant septembre). Ils vous permettront de networker et constituent un bon point dans votre candidature. N’hésitez pas à en parler durant l’interview.

 

  1. Ne négligez pas la première étape du processus en ligne et soyez le plus pertinent et exhaustif possible concernant votre parcours et vos achievements. Ceci est souvent long mais en vaut réellement la peine lorsque l’on veut parvenir à passer le screening, notamment lorsque l’on vient d’une école non-cible.

 

  1. Consacrez un temps conséquent à la préparation de l’entretien en s’entrainant plusieurs fois à l’oral : cela vous permettra d’être plus confiant et de gagner en crédibilité vis-à-vis de votre interlocuteur.


Pour démarrer en finance en 2016, c'est l'heure de postuler

La course pour décrocher un stage ou un premier poste chez J.P. Morgan, UBS ou Citigroup pour… l’été prochain vient de commencer. Les places sont chères, et vite pourvues. Ne tardez pas à candidater en ligne !

 

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Vous rêvez de démarrer votre carrière dans une banque d’investissement prestigieuse ? Pour décrocher un poste en finance de marché ou en finance d’entreprise, il faudra nécessairement passer par la case stage. Mais la finance internationale a cela de particulier qu’elle propose un tas de programmes, qui suivent des calendriers très précis. Suivez le guide…

 

Quel programme choisir et à quel moment ?

Face à la multiplicité des programmes, des banques, de leurs divisions, des métiers et des dates butoirs, les candidats sont souvent perdus au moment de candidater. Il faut savoir que quatre types de programmes sont ouverts aux candidats en fonction de leur année d’études :

–        Le Spring Program est conçu pour les étudiants qui se trouvent dans l’année précédant leur année de césure. D’une durée d’une à deux semaines, il se déroule à Londres. Tous les grands établissements (HSBC, Deutsche Bank, Goldman Sachs…) en proposent. Les participants y découvrent l’univers de la banque et ses métiers. Ils rencontrent des opérationnels et participent à des ateliers de mise en situation professionnelle. A l’issue du programme, les meilleurs sont sélectionnés pour un Summer Internship l’année suivante, sans passer par le processus de recrutement traditionnel.

–        L’Offcycle est un stage de 6 mois à 1 an, plus répandu à Paris qu’à Londres. Les plus gros pourvoyeurs de stages sont BNP Paribas, Société Générale, Lazard et Rothschild… C’est le stage idéal en césure ou en fin d’études. Attention, il ne mène pas systématiquement à une embauche !

–        Le Summer Internship est la voie royale pour les étudiants en fin de césure, c’est-à-dire l’année qui précède l’obtention du diplôme. Ce programme dure 8 à 10 semaines à Londres pendant l’été et débouche sur une embauche (i.e. un Graduate Program) dans plus de 70% des cas. Il existe également des Summer à Singapour ou à Hong Kong. Là aussi toutes les grandes banques anglosaxonnes et européennes en proposent, y compris les banques françaises. Ces dernières embauchent en revanche de manière moins systématique à l’issue du Summer.

–        Le Graduate Program à Londres est le nom donné par les banques d’investissement au CDI post-diplôme. Les grandes banques d’investissement offrent aux nouvelles recrues un training de 3 semaines à 2 mois, le plus souvent à New-York pour Goldman Sachs, JPMorgan, Merrill Lynch ou Morgan Stanley. D’autres, comme HSBC ou Credit Suisse, organisent ce coaching d’intégration plutôt à Londres. Les rotations dans les services et différents métiers du front-office ont quasiment disparu après la crise. Accéder au Graduate Program sans passer par un Summer Internship préalable relève du défi. En France, ce type de programme est rarissime.

 

Premiers arrivés, premiers servis…

La date de candidature est un premier critère déterminant à prendre en compte pour postuler en banque. Les candidatures pour les Spring, Summer et Graduate dans les grandes banques d’investissement anglo-saxonnes et européennes ouvrent dès le mois d’août / septembre pour un poste en juillet prochain. Malgré des dates butoirs de candidature en novembre ou décembre, il est fondamental de postuler très tôt, dès le mois de septembre, soit près de 10 mois avant le début du programme.

Et pour cause, ces programmes de recrutement sont extrêmement prisés. Les banques n’attendent donc pas les dates butoirs pour faire passer les candidats en entretiens. Résultat : les places sont le plus souvent toutes pourvues quand la « deadline » arrive.

Quant aux Offcycles (les stages de longue durée, version française), le calendrier est moins rigide. Certaines banques recrutent leurs stagiaires 9 mois à l’avance, mais pour la plupart, les processus de recrutement démarrent 3 à 4 mois en avance. La particularité de ces programmes est qu’il est possible de décrocher une offre jusqu’au dernier moment. Chez AlumnEye, nous avons déjà vu des candidats décrocher leur stage 2 semaines avant la date de début effectif !

 

Le petit + : Pour connaître en temps réel les candidatures ouvertes pour les Summer et les Graduate programmes, vous pouvez consulter cette page mise à jour quotidiennement par AlumnEye.