Faire carrière en finance demande aux candidats un investissement important et une motivation à toute épreuve afin d’atteindre l’excellence académique et la maturité professionnelle attendues. Afin d’y parvenir de nombreuses écoles, universités et DUT offrent des cursus de qualité mais tous manquent d’un élément selon Alfonso Lopez de Castro, fondateur et directeur de Financia Business School : du pragmatisme ! Suite à ce constat, cet ancien banquier a décidé de créer Financia Business School afin de proposer des solutions nouvelles aux étudiants pour qu’ils soient plus en phase avec la réalité du monde du travail. Dans cette interview, Alfonso Lopez explique pourquoi et comment il a créé Financia, quelles ont été les facilités et les difficultés de ce projet et surtout les forces de cette école.

Bonjour Alfonso, merci d’avoir accepté de répondre à nos questions.

 

Pouvez-vous nous décrire votre parcours ? Étiez-vous destiné à monter votre entreprise ?

J’ai un parcours classique de financier. Après avoir été diplômé de Kedge Business School, j’ai intégré la Deutsch Bank en tant que trader. Ensuite, j’ai rejoint les équipes trading d’ING avant de partir travailler pour la Financière d’Uzes en tant que gérant action. A cette époque, j’avais déjà une volonté forte de créer une entreprise mais je ne me sentais pas encore prêt. A la Financière d’Uzes, je suis devenu intrapreneur en créant tout un département Corporate au sein de l’entreprise. Il y a quelques années, en parallèle de mon poste à la Financière D’Uzes, j’ai décidé de créer une école à haut niveau en finance. J’avais en projet de construire une école proposant une excellence académique tout en restant très pragmatique, portée vers l’emploi et l’insertion professionnelle dans le secteur de la finance. Pour atteindre cet objectif, je me suis entouré de quelques personnes du milieu de la finance (présidents de banques, fonds d’investissement, family office) partageant le même constat : en France, il y a d’excellentes formations en finance mais elles sont trop éloignées des réalités professionnelles.  Ainsi, en 2014, j’ai créé Financia Business School dont je suis le directeur depuis.

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à créer Financia Business School sachant que vous êtes déjà “au chaud” en tant que Directeur d’une société d’investissement ?

Ce qui m’a donné l’envie de créer Financia Business School c’est le besoin de recruter des étudiants. En effet, au fur et à mesure de ma carrière, j’ai dû recruter des étudiants et j’ai observé que les candidats avaient des connaissances théoriques exceptionnelles mais qu’ils manquaient de réalisme, de pragmatisme, d’indépendance et parfois même de maturité. Suite à ce constat, j’ai décidé de créer Financia Business School, une école alliant excellence académique et réponse aux problématiques professionnelles actuelles. Par exemple, chez Financia, on organise des formations de savoir-être afin d’apprendre aux étudiants la manière de se comporter en entreprise (rédaction d’un mail, dress-code, règles d’un déjeuner d’affaires, etc.). L’excellence académique est quant à elle assurée par un corps enseignant dont la plupart sont des praticiens en activité à très haut niveau.

 

Dans le contexte actuel de multiplication des diplômes, on peut légitimement se demander si on a besoin d’une n-ième Business School : qu’est-ce qui différencie Financia des autres écoles de commerce ? 

Chez Financia, on est totalement en phase avec le marché du travail. En effet, en tant que fondateur et président de l’école, mon travail est de trouver un emploi aux étudiants et je fais en sorte d’y arriver. La vraie force de Financia est d’être portée sur un emploi dès la sortie d’école. Pour vous donner des chiffres : 100% de nos étudiants sont en CDI dont 35% l’ont signé avant la fin de leurs études.

Par rapport aux autres écoles, nous recrutons davantage d’étudiants venant de tout horizon (prépa, université, IUT, etc.) car nous aimons que nos étudiants aient une expérience différente à apporter aux autres. Notre mantra est de se dire qu’il n’y a pas un parcours qui garantit un meilleur succès en finance. Le succès vient de l’étudiant quand il a une idée assez précise d’où il veut aller et que l’école est capable de l’aider à atteindre cet objectif.

 

Comment fait-on en année 0 pour convaincre des étudiants de rejoindre une école qui n’existe pas ?

La différence s’est faite sur le programme pédagogique et la qualité du corps professoral. Être une nouvelle école c’est avoir une image d’innovation, de nouveauté et nous avons beaucoup insisté dessus pour convaincre nos élèves. Par exemple, en M&A, contrairement à d’autres cursus, nous avons des cours de psychologie du cédant. C’est en proposant des enseignements originaux tout en assurant une excellence académique que nous plaisons à autant d’étudiants.

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Quel profil d’étudiant recherchez-vous ?

Premièrement, nous recherchons des étudiants intéressés par la finance car nous sommes une école 100% finance. Deuxièmement, nous souhaitons que nos étudiants soient excessivement motivés et impliqués afin de faire face aux exigences d’une carrière en finance.  Par exemple, une de nos missions est d’assurer à nos alternants un poste à responsabilité et un haut niveau académique. Pour cela, l’étudiant doit accepter d’entièrement s’impliquer tant au niveau professionnel que scolaire.

Le processus d’intégration se déroule de la manière suivante. Nous demandons un dossier d’inscription très complet aux candidats. S’ils passent le screening, ils devront valider un examen en ligne. Les candidats ayant eu la moyenne à cet examen sont ensuite convoqués à un oral durant lequel nous allons regarder le CV, le parcours académique, les potentielles expériences professionnelles et les passions du candidat afin de comprendre non seulement son projet professionnel mais également sa personnalité. Si nous nous apercevons que le candidat a un projet cohérent et que Financia Business School peut réellement lui apporter une valeur ajoutée alors il rejoindra l’un de nos programmes. Nous ne cherchons pas à recruter à tour de bras mais à tirer vers le haut des étudiants prometteurs.

 

Monter une telle entreprise demande forcément des financements. Comment avez-vous réussi à financer ce projet ?

L’éducation de qualité demande en effet un investissement très important. J’ai eu la chance d’être directeur du Corporate à la Financière d’Uzes donc de maitriser les opérations de haut de bilan i.e. les levées de fonds et d’avoir tissé un important réseau professionnel. Mon expertise professionnelle m’a donc permis de créer un dossier de présentation complet et solide puis de le présenter à mon réseau.

La difficulté d’un tel projet d’investissement est qu’il n’est pas basé sur des objectifs de rentabilité mais sur un équilibre financier. Je recherchais donc des investisseurs qui pensaient non pas en termes d’argent mais selon un idéal, celui de créer LA grande école de finance de France. Au début, trouver des investisseurs n’a pas été évident car ces derniers trouvaient le projet sympathique mais trop risqué. C’est en faisant visiter nos locaux et rencontrer nos élèves et nos professeurs que certains se sont finalement décidés à investir. Au contraire, deux ans après la création de l’école et les premiers succès des élèves, trouver des fonds n’étaient plus vraiment difficile car nous avions tenu nos promesses.

Nos investisseurs comprennent très bien la problématique du recrutement de jeunes diplômés car ils y sont confrontés au quotidien. Rejoindre le projet Financia Business c’est réaliser un bon investissement et apporter son expérience, son savoir-faire et son réseau.

 

De très prestigieux professeurs participent à l’aventure Financia, tels que Messieurs De Boissieu et Raimbourg. Comment avez-vous fait pour les convaincre de rejoindre le projet ?

Dès la première année nous avons commencé à enseigner à nos élèves avec de très grands professeurs. Ce point était essentiel pour assurer l’excellence académique de l’école dès ses débuts. Cela n’a pas été facile de les recruter car nous n’avions qu’un dossier à leur présenter donc j’ai écumé de nombreux refus.

Le déclic des professeurs est venu de leur rencontre avec nos étudiants. En effet, je les ai conviés à nos oraux de sélection donc ils ont pu rencontrer et admirer le niveau de nos candidats. Comme nous leur avions assuré, les étudiants qui rejoignent Financia Business School ont le même niveau que les autres étudiants auxquels ils enseignent. J’ai également créé un conseil scientifique grâce auquel les professeurs peuvent améliorer le programme académique ce qui leur a beaucoup plu.

 

Financia est une entreprise en très forte croissance si l’on en croit le nombre d’étudiants : comment gérez-vous la croissance ? comment avez-vous structuré l’école pour y faire face ?

Nous avons une forte croissance que nous contenons et maitrisons grâce à des solutions originales. Nous augmentons petit à petit notre niveau de sélectivité tout en ouvrant des programmes et en augmentant le nombre de places dans ceux existant. En septembre 2019, deux programmes seront désormais accessibles aux étudiants, un sur la cybersécurité et l’autre sur la blockchain. Le seul point sur lequel nous restons intransigeant c’est le fait d’avoir des classes à taille humaine afin de permettre aux élèves de mieux se concentrer et aux professeurs de s’impliquer davantage (25/30 élèves maximum).

 

En quoi votre quotidien de fondateur est-il différent aujourd’hui qu’aux débuts de l’aventure ?

Au départ, mon travail de fondateur était très administratif car je devais embaucher du personnel et répondre aux normes académiques et administratives. J’aimais être en contact quotidien avec les professeurs et les élèves.  Aujourd’hui, j’ai mis en place une équipe administrative de 7 personnes qui gère l’ensemble des besoins de l’école et des étudiants ainsi qu’une équipe de direction des programmes qui assure la qualité académique. Je me suis forcé à déléguer au maximum mon travail pour que l’école tourne d’elle-même.

 

Quels sont les projets à venir pour Financia ? 

A court-terme, nous sommes très fiers d’avoir trouvé un corps professoral de qualité dans la cybersécurité et la blockchain afin d’assurer nos deux nouveaux programmes à la rentrée prochaine. A moyen/long-terme, nous aimerions créer un programme finance et ressources humaines qui aurait pour objectif de former des futurs directeurs financiers de PME à avoir également une casquette RH.

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Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Chers lecteurs, n’hésitez pas à en apprendre davantage sur Financia Business School. Nos classes sont ouvertes à toutes et à tous selon vos besoins et vos envies. Je vous invite donc à nous rejoindre sur nos réseaux sociaux car vous y suivrez toute l’actualité de l’école.

 

Pour en savoir plus sur Financia Business School : http://www.financia-business-school.com/la-business-school.html

 

Ariane Guillaume, étudiante à l’EDHEC Business School et responsable éditorial du blog AlumnEye